mardi 7 novembre 2023

Baisse du PIB/habitant prévue pour l'Ontario (et sans doute le Québec)

Malgré une croissance démographique plus forte que prévu et quelques révisions à la baisse de l’expansion économique, le PIB réel par habitant du Québec devrait encore se situer à moins de 10 % de celui de l’Ontario d’ici le milieu de la présente décennie.

Rappelons que cet « objectif de richesse collective » a été mis en place en 2018. Toutefois, ce résultat prévu comporte deux mises en garde. 
 
Premièrement, il est probable que la population du Québec croisse davantage, ce qui présente un risque à la baisse pour le PIB par habitant. 


Toute baisse dans les lignes vertes indiquent une baisse du PIB/habitant.

Notons qu’à la suite du relèvement de ses prévisions démographiques, l’Ontario s’attend désormais à une diminution de son PIB par habitant l’an prochain.  (Il est donc possible que le Québec voit son PIB/habitant baisser, mais simplement moins fort que celui de l'Ontario. Cela dépendra de la force de l'immigration, une immigration forte faisant baisser plus vite le PIB/habitant).
 
Deuxièmement, même si le PIB par habitant prévu au Québec est sur une trajectoire qui devrait permettre de réduire l’écart avec l’Ontario au fil du temps, les prévisions sont inférieures à celles établies il y a à peine huit mois.

lundi 6 novembre 2023

Proposition : 40 % des étudiants non québécois atteindront un niveau B2 de français au diplôme en échange de ne pas augmenter les frais de 100 % de ceux-ci

 
« La rencontre avec les recteurs des universités McGill, Concordia et Bishop’s (ci-dessous) a donné lieu à des discussions franches.

Ils ont reconnu le déclin du français au Québec, particulièrement à Montréal, et l’importance d’agir pour renverser la tendance. On s’en réjouit.

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On salue leur volonté de franciser davantage les étudiants anglophones. C'est un pas dans la bonne direction.

Maintenant, on reste fermes sur nos principes : ce n’est pas aux contribuables québécois de financer la formation de milliers d’étudiants canadiens hors Québec.

On doit aussi corriger le déséquilibre financier dans le réseau universitaire.

On va poursuivre nos discussions avec les universités anglophones pour la mise en oeuvre du nouveau modèle de tarification et trouver une solution spécifique à la réalité de Bishop’s. »
 
Billet du 6 novembre 
 
Selon la Presse, les universités anglophones du Québec ont offert au premier ministre François Legault de franciser au moins 40 % de leurs étudiants non francophones venant du reste du Canada et de l’étranger, notamment avec l’instauration de cours obligatoires.

Elles veulent en contrepartie que son gouvernement renonce à doubler les droits de scolarité pour les étudiants des autres provinces et abandonne la nouvelle tarification pour les étudiants étrangers.

Les recteurs des universités McGill, Concordia et Bishop’s ont rencontré François Legault à ses bureaux de Montréal en fin d’avant-midi lundi.
 
Le très riche campus urbain de McGill à Montréal

Ils lui ont fait une proposition pour convaincre le gouvernement de reculer sur son nouveau modèle de tarification annoncé le 13 octobre.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, entend faire passer de 9000 $ à 17 000 $ les droits de scolarité des étudiants canadiens non résidents du Québec pour la rentrée de l’an prochain, ce qui représenterait 110 millions de dollars. Elle veut fixer un tarif plancher à 20 000 $ pour les étudiants étrangers, montant sur lequel le gouvernement entend percevoir 3000 $. Les sommes amassées serviraient à augmenter le financement des universités francophones. Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’action du gouvernement sur l’avenir de la langue française.

Les trois universités anglophones condamnent cette décision et prévoient une baisse du nombre d’étudiants venant d’ailleurs. Selon leurs recteurs, la survie de Bishop’s est en jeu, alors que McGill et Concordia pourraient essuyer des pertes combinées de plus de 100 millions par selon des « scénarios prudents ».

« Nous reconnaissons par ailleurs que le français demeure menacé au Québec, en particulier à Montréal, et réaffirmons que toutes les universités sont les alliées naturelles du gouvernement dans la protection, la promotion et le rayonnement du français au Québec et ailleurs dans le monde », peut-on lire dans leur proposition.

« Il est primordial de protéger la langue française ; nous en sommes profondément convaincus. Toutefois, nous croyons qu’il vaut mieux franciser les personnes étudiantes venant de l’extérieur du Québec quand elles arrivent ici, plutôt que de les écarter d’emblée par l’entremise de politiques tarifaires prohibitives », ajoute-t-on.

Ainsi, « les universités de langue anglaise du Québec se mobiliseront pour accroître l’intégration linguistique et culturelle de leurs personnes étudiantes non francophones ». Elles prennent « l’engagement » de déployer « une gamme complète de nouvelles initiatives visant la promotion du français et une meilleure connaissance de la société québécoise ».

Les universités Concordia et McGill « s’engagent à instaurer, dans un délai de trois ans, des cours et des activités obligatoires de français langue seconde, en vue de soutenir efficacement l’intégration professionnelle au sein de la métropole. » Un étudiant qui aurait un tel cours obligatoire dans son cheminement devrait le réussir pour obtenir son diplôme, selon des précisions que nous avons obtenues.

« Certes, l’objectif est ambitieux, mais témoigne d’une volonté résolue : viser qu’au moins 40 % des personnes étudiantes non francophones inscrites dans les programmes de premier cycle atteignent un niveau de français 6 de l’Échelle québécoise, équivalent à un niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues, lors de l’obtention de leur diplôme », ajoutent les trois universités. Le niveau 6 est le stade intermédiaire de connaissance du français dans l’échelle comprenant 12 niveaux.

[Notes du carnet  : Pourquoi seulement 40 % ? Pourquoi pas 100 % ? Pourquoi attendre trois ans avant de mettre en oeuvre ? Un niveau B2 ne permettrait pas à un médecin de parler correctement français (avec une vocabulaire technique suffisant)... Pour tous les métiers en contact avec le public, il faut viser un niveau C1 ou C2 avant tout stage au contact avec le public : médecin, infirmière, avocat, etc. Rappelons que maîtriser le contenu du premier Assimil (débutant) correspond pour les langues comme l'espagnol ou le français à un niveau B2]





Pour arriver à atteindre l’objectif, les recteurs proposent d’introduire, « avec la collaboration du gouvernement », des « incitatifs considérables » comme des bourses récompensant les étudiants qui « parviennent à certifier officiellement ce niveau de maîtrise du français ».

[Comment ? Des dépenses gouvernementales supplémentaires en sus d'un renoncement aux hausses ? Alors que cette francisation constitue une amélioration et un enrichissement de la formation universitaire qui appellerait donc à une hausse des frais de scolarité...]
 
 

Les universités se disent prêtes à augmenter l’offre de cours de français langue seconde adaptée aux compétences des étudiants, à multiplier les stages en français, à élaborer des initiatives pour assurer la réussite des examens des ordres professionnels et pour favoriser l’arrivée sur le marché du travail, à organiser des activités de promotion de la culture québécoise.

Elles demandent au gouvernement de maintenir le statu quo dans la tarification des étudiants canadiens non résidents du Québec (9000 $). Elles réclament également l’abandon de la nouvelle tarification pour les étudiants étrangers et « la mise en place de solutions de rechange pour équilibrer le financement des universités […] afin de s’assurer qu’elles soient durables et équitables pour l’ensemble du réseau ».

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dimanche 5 novembre 2023

« Dans certaines des écoles, le tiers des classes sont des classes d’accueil pour des immigrants qui souvent ne maitrisent pas le français »

Le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre-Plamondon (PSSP), a publié sur X ce dimanche ce communiqué :

 
POLITIQUES COMPLÈTEMENT IRRESPONSABLES EN IMMIGRATION: VERS UNE CRISE SOCIALE SANS PRÉCÉDENT

La CAQ [au pouvoir] a présenté cette semaine un plan sur deux ans en immigration et annoncé une hausse des seuils à environ 64 000. Non seulement il s’agit à nouveau d’un bris évident d’une promesse électorale qui avait été jouée à gros trait, lorsque le premier ministre disait que c’était « suicidaire » d’augmenter à plus de 50 000 et que la « Louisianisation » nous guettait, mais en plus, la CAQ se joue de nous à nouveau en trafiquant les chiffres pour nous faire croire que les seuils demeurent à 50 000, ce qui est absolument faux. La CAQ a simplement changé la méthode de calcul pour camoufler la hausse, un autre épisode où le gouvernement prend les électeurs pour des valises en les induisant en erreur. Plus les semaines passent depuis la défaite dans Jean-Talon, plus ce gouvernement nous confirme qu’il ne comprend pas les raisons profondes qui ont amené les Québécois à lui retirer leur confiance.

Or, ce 180 degrés en matière d’immigration n’aura pas que des conséquences sur les intentions de vote de la CAQ. Un regard lucide sur la situation sociale et économique qui découle de ces seuils d’immigration doit nous amener à conclure que nous construisons de toute pièce une crise sociale sans précédent. L’effet conjugué des seuils astronomiques du fédéral, de modifications des règles aux aéroports pour faciliter les demandes d’asile qui le plus souvent dissimulent une démarche d’immigration économique en marge du système, et de la mollesse de la CAQ qui n’a aucun rapport de force avec Ottawa, nous entraine dans des perturbations sociales qui sont déjà amorcées et qui ne peuvent que s’aggraver au cours des prochaines années : crise du logement, crise du français, crise au niveau des services essentiels.

Cette crise sociale découle d’abord d’un manque de logements : il nous en manque 1,2 millions d’ici 2030. Pendant que le gouvernement caquiste a mené un grand débat pour savoir s’il devait y avoir 50 000 ou 60 000 immigrants permanents, entre janvier et juillet de cette année, le nombre de temporaires sur le territoire du Québec a augmenté de 85 000. On est rendu à 471 000 au total. Pour vous donner une idée de l’ordre de grandeur de cette augmentation, la CAQ accueille 9 fois plus d’immigrants temporaires à un rythme annualisé cette année que les libéraux de Philippe Couillard. Neuf fois plus. Au même moment, jusqu’à maintenant cette année, on aura construit un total de 19 500 logements. Ainsi, lorsqu’on inclut les permanents, on parle au minimum de 120 000 nouvelles personnes (et ces chiffres sont en retard, ils datent de cet été).120 000 nouvelles personnes pour seulement 19 500 nouveaux logements, c’est la recette parfaite pour un désastre. C’est ce que la Banque du Canada, la Banque nationale et la Banque de Montréal ont mis par écrit de manière limpide récemment: il y a un déséquilibre majeur entre l’offre et la demande en raison d’une immigration trop forte pour notre capacité à bâtir du logement, ce qui entraîne une hausse des prix.

L’impact concret de ces politiques est l’étranglement des finances des ménages. Les locataires font face à des hausses de loyers sans précédent, des augmentations de près de 50% dans certaines régions, parce que l’offre et de la demande de logement est complètement déséquilibrée. L’itinérance a bondi de 44% au Québec sous la CAQ, on parle de 4500 personnes en situation d’itinérance juste pour Montréal. Depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ, le prix moyen d'une maison a augmenté de 64%. Dans toute l’histoire du Québec moderne, jamais une génération complète de jeunes premiers acheteurs n’aura vu sa capacité à accéder à la propriété disparaître aussi rapidement que depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement. En l’espace de cinq ans, nous avons créé une toute nouvelle génération de jeunes Québécois qui pourraient demeurer locataires pour toujours. C’est un bris du contrat social sans précédent puisque des jeunes qui occupent d’excellents emplois et qui se sont forcés toute leur vie pour y arriver n’auront pas la même chance que leurs parents d’être propriétaires. Tout ça parce qu’on a des gouvernements qui sont soit incompétents, soit de mauvaise foi, et certaines élites médiatiques qui trop souvent font tout pour contourner le sujet et ne pas nommer ce phénomène pourtant très bien documenté.

Ce qui m’amène à la question du français : après des décennies et des décennies de travail, on est en train de défaire tout l’héritage des 40 dernières années en protection du français en accueillant un nombre d’allophones beaucoup plus élevé que notre capacité d’intégrer et de franciser. Cela s’explique notamment à travers des techniques du fédéral qui visent à faire rentrer des demandeurs d’asile qui sont pour une partie d’entre eux des immigrants économiques. Nous avons eu le chemin Roxham pendant une longue période et aussitôt qu’on l’a fermé, le fédéral a changé ses règles aux aéroports en catimini pour alléger les critères d’obtention d’un visa touristique au Canada, créant une arrivée massive de demandeurs d’asile aux aéroports et par le fait même, pérennisant le phénomène de Roxham. Cela n’est évidemment pas la faute des gens qui procèdent selon les règles du jeu qu’on leur a données; c’est la faute du gouvernement fédéral qui a complètement détourné une filière d’immigration, avec les conséquences que nous connaissons sur le Québec.

L’effet tangible sur le français est que jamais dans toute l’histoire du Québec notre langue aura décliné et reculé aussi rapidement : rappelons que presque un allophone sur deux s’intègrera à l’anglais. C’est donc le summum du ridicule de voir le premier ministre s’autoféliciter et parler de fierté d’être celui qui en fait le plus pour le français depuis René Lévesque, alors que les livres d’histoire retiendront sans l’ombre d’un doute qu’il aura été le premier ministre qui aura vu le déclin le plus important du français de toute l’histoire du Québec, un recul qui découle d’abord de son propre aveuglement volontaire. L’impact sur la langue est indéniable : on ajoute à l’écosystème linguistique montréalais un groupe d’allophones et d’anglophones équivalent en population à la ville de Sherbrooke, et ce à chaque 5 ans.

Un autre sujet qui n’est toujours pas amené avec transparence est l’impact sur les services. Dans certaines des écoles de ma circonscription, le tiers des classes sont des classes d’accueil pour des immigrants qui souvent ne maitrisent pas le français. Cela veut dire qu’une bonne partie des ressources de l’école est dirigée vers l’adaptation à une vague migratoire inédite. C’est aussi le cas en santé et pour les organismes communautaires qui, sous le couvert de l’anonymat, nous disent qu’ils ont largement excédé leur capacité à livrer et qu’ils ne voient pas comment ils vont réussir. Certains ont eu le courage d’en parler publiquement et nous avons appris, il y a quelques jours, que 40% des dormeurs dans certains refuges pour sans-abri sont des immigrants. Ce genre de situation est indigne de ce que le Québec a à offrir en matière d’intégration et est uniquement le résultat d’une absence de planification dans le mépris complet de notre capacité d’accueil.

Comme le disait l’ambassadeur du Danemark à l’Union européenne pour expliquer la raison pour laquelle le Danemark a complètement changé son fusil d’épaule en immigration en décidant de limiter ses seuils : le Danemark avait le choix entre conserver le modèle d’État-providence avec des services à la population, ou abandonner ce modèle pour consacrer toutes les ressources à accueillir un nombre illimité de personnes dont l’intégration ne se fait pas facilement dans la société danoise. Les Danois ont fini par choisir de maintenir les services à la population en ayant une immigration en proportion de leur capacité d’accueil. Le même dilemme se pose au Québec et seul le Parti Québécois a le courage d’aborder cette question de manière transparente.

Il y a une hypocrisie [ou lâcheté] dans une partie des élites médiatiques et d’affaires qui consiste à éviter par tous les moyens de nommer ces constats, dans un désir de bien paraître, de signaler sa vertu ou simplement d’échapper à toute critique et intimidation idéologique. Cette hypocrisie consiste également à véhiculer des mensonges comme celui que la hausse des seuils mènera à une solution à la pénurie de la main d’œuvre, alors qu’il n’y aucune donnée au soutien de cette affirmation qui a été largement démentie par de nombreux économistes. La raison est simple : en faisant venir un nouveau travailleur, on fait aussi venir un consommateur, qui aura des besoins comme tout le reste de la population. L’effet macroéconomique, au final, est donc nul, peut-être même négative lorsqu’on considère la main d’œuvre nécessaire à la construction de nouveaux logements et pour offrir de nouveaux services d’accueil. À ce titre, la CAQ souscrit à ce mensonge dans la planification de l’immigration qu’elle a présenté cette semaine.

Le Parti Québécois est dédié [a pour mission, s'engage] à donner l’heure juste sur cette question, comme sur tous les autres sujets. Même si une frange très minime de la population tente d’imposer un agenda  [ordre du jour/programme] idéologique en accablant d’intolérant ou de raciste toute personne qui nomme publiquement ces dynamiques et pose des questions sur nos politiques publiques. On le voit dans le reste du Canada : les mêmes questions se posent et les réponses sont encore plus vigoureuses. Il est temps qu’on se donne un espace de réflexion objectif, avant que les conséquences de ces mauvaises politiques s’aggravent davantage.

J’ai eu l’occasion de le répéter à de nombreuses reprises, mais le débat ici que nous amenons en est un sur le modèle et les politiques publiques en matière d’immigration. Il n’a rien à voir avec les néo-Québécois individuellement, pour qui nous souhaitons tous qu’ils puissent s’épanouir et réussir l’aventure québécoise. Je l’ai dit durant la campagne électorale et je vais le redire ici pour que ce soit très clair : il n’y a AUCUN lien entre le nombre de personnes que nous souhaitons accueillir et notre niveau d’ouverture. Ce qui importe, c’est la manière dont nous accueillons les gens et les opportunités que nous leur donnons de se sentir un jour pleinement Québécois, pleinement chez eux. C’est ce que le Parti Québécois vise et nous devons nous donner un modèle durable à long terme pour y arriver, tant pour la société d’accueil que pour les gens qui la joignent.


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samedi 4 novembre 2023

Immigration : les pays nordiques renforcent leur coopération pour faciliter les expulsions de clandestins

Le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l'Islande organiseront notamment des « vols Frontex communs » afin de transporter les clandestins vers leur pays d'origine.

Les pays nordiques durcissent leur politique d’immigration. Au terme d’une réunion de deux jours, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l’Islande ont convenu de renforcer leur coopération afin de faciliter le renvoi de sans-papiers. Pour ce faire, les pays nordiques se sont entendus sur trois mesures cruciales, rapporte Le Figaro.

En premier lieu, les représentants de ces cinq pays se rencontreront régulièrement, afin de « renforcer ensemble la coopération avec les pays tiers pour mieux réaliser les retours vers les pays concernés, et pour apporter un soutien à la réintégration », a annoncé le ministère danois des Migrations, mardi 31 octobre. Deuxièmement, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l’Islande organiseront des « vols Frontex communs », afin de renvoyer les migrants qui se trouvent en situation irrégulière sur leur sol. Créée en 2004, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes vise à aider les États membres de l’UE à protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen.

Une politique migratoire dissuasive

En outre, ces pays nordiques se sont mis d’accord afin « d’aider ensemble les migrants en situation irrégulière en Afrique du Nord ». Ces clandestins se verront ainsi « proposer un rapatriement volontaire vers leur pays d’origine ainsi qu’une aide à la réinstallation dans le pays tiers », a précisé le ministère danois des Migrations.

Depuis maintenant dix ans, le Danemark mène une lutte acharnée contre l’immigration illégale. Si les expulsions sont facilitées, les conditions du droit d’asile ou de l’acquisition de la nationalité ont elles aussi été durcies. Ainsi, toute condamnation à une peine d’amende entraîne un report de l’examen de la demande d’asile, et une peine de prison empêche définitivement un étranger de demander la nationalité.

La France vire-t-elle à droite ? La réalité derrière les chiffres et les cartes - Jérôme Fourquet

Jérôme FOURQUET est analyste politique, expert en géographie électorale et directeur du département Opinion à l’IFOP. Il est notamment l'auteur de « L’Archipel français » et tout récemment de « La France d'après. Tableau politique » (éditions du Seuil).


PARTIE I - LA FIN DU CLIVAGE GAUCHE-DROITE ?

00:02:57 - La fin du clivage gauche-droite ?
00:06:36 - Un autre clivage : le rapport à la mondialisation
00:14:04 - L'électorat macroniste
00:24:55 - Les raisons de l'évolution du clivage

PARTIE II - LES TROIS FRANCES

00:28:28 - Les 3 Frances
00:34:35 - La sociologie des Gilets Jaunes
00:38:59 - Les performances régionales du RN
00:41:20 - Évolution de l'électorat de Macron
00:44:50 - La poussée du RN

PARTIE III - LES CAUSES DE LA "DROITISATION" DE LA FRANCE

00:53:37 - Pourquoi la France se droitise
01:00:18 - La décivilisation (profs moins respectés, impacts du manque de maîtrise de la langue)
01:06:11 - L'insécurité linguistique
01:08:05 - Les conséquences de l'individualisation
01:11:14 - Évolution de l'immigration
01:17:24 - Les préoccupations des électeurs RN
01:19:19 - L'influence du terrorisme
01:24:47 - Regain de la religiosité (musulmane, il parcourt tout le monde musulman)
01:31:58 - L'extrême droite au pouvoir en 2027 ?
01:35:29 - Question finale (passage de 30 % de classe d'âge qui obtenaient le bac il y a 30 ans, à 80 % aujourd'hui et ses répercussions importantes sur la société)

vendredi 3 novembre 2023

« Malgré » une forte immigration, le taux de chômage du Québec et du Canada augmente

Les milieux d'affaires et donc les gouvernements fédéral et provincial aiment répéter que l'immigration de masse est nécessaire pour soutenir la croissance et l'économie (peut-être en termes de PIB brut, mais c'est nettement moins évident en termes de PIB/habitant).

Or voici que, malgré une envolée de l'immigration ces dernières années, le taux de chômage vient de grimper à 4,9 % au Québec en octobre et à 5,7% au Canada encore plus accro à l'immigration de masse que le Québec...

Le marché du travail s’est détérioré en octobre au Québec. La province a perdu 22 100 emplois, au net, en octobre, après un gain important en septembre (+38 700). Le taux de chômage grimpe à 4,9 %, comparativement à 4,4 % le mois précédent.

Le manque de vigueur du secteur privé ainsi que celui de l’emploi à temps plein sont notables. Et la décélération des salaires est un signal supplémentaire de la baisse de tension sur le marché du travail.

Les signaux de faiblesse du marché du travail québécois étaient anticipés. Alors que le PIB stagne, que la confiance des entreprises pointe vers le bas et que les dossiers d’insolvabilité se multiplient, les effets décalés des hausses de taux d’intérêt se font de plus en plus ressentir dans l’économie. Reste à voir la rapidité de la détérioration à venir. Ce premier résultat pour le quatrième trimestre semble toutefois annonciateur du ralentissement attendu de l’économie québécoise.

Supercherie: la chanteuse oscarisée Buffy Sainte-Marie se serait inventé des origines autochtones

Buffy Sainte-Marie, compagne de l’Ordre du Canada est une interprète, musicienne, compositrice, éducatrice, pacifiste et activiste sociale américano-canadienne.

Son répertoire aborde également les thèmes de l’amour, de la guerre, de la religion et du mysticisme. Elle a été reconnue, récompensée et honorée pour sa musique ainsi que pour son travail dans le domaine de l’éducation et de l’activisme social. En 1983, sa chanson Up Where We Belong, coécrite pour le film Officier et Gentleman, a remporté l’Oscar de la meilleure chanson originale lors de la 55e cérémonie des Oscars. La même année, la chanson a également remporté le Golden Globe Award de la meilleure chanson originale.

Dès le début de sa carrière de musicienne, Sainte-Marie a prétendu être Indienne. En 1963, à l’âge de 22 ans, elle s’est revendiquée d’abord Algonquine, puis Micmaque avant de se contenter d’être une Crie née au Canada. Trois tribus qui traversent la moitié du continent en un an… Par la suite, elle a usé de son « origine indienne » pendant toute sa carrière.
 
En 1977, Buffy Sainte-Marie est invitée par le Premier ministre Pierre Trudeau à se produire devant la Reine Elizabeth lors d’un concert au Centre national des arts d’Ottawa.

En 2022, la chaîne publique canadienne, la CBC, a diffusé un concert organisé en son honneur au Centre national des arts d’Ottawa, au cours duquel la musicienne anichinabée ShoShona Kish s’est adressée au public : « Buffy Sainte-Marie a ouvert la voie à la musique indigène sur cette belle terre depuis son premier album ».

Cependant, près de 50 ans après être apparue à la très populaire émission enfantine américaine Sésame Steet, les affirmations de l’auteur-interprète sur son ascendance autochtone sont contredites par des membres de sa propre famille et par une enquête approfondie de la chaîne CBC.

À la fin de l’année dernière, la CBC a été informée que Mme Sainte-Marie n’était pas d’origine crie, mais qu’elle avait en fait des racines européennes. Elle est la dernière personnalité publique de premier plan dont la prétendue ascendance autochtone a été contredite par des documents généalogiques, y compris son propre acte de naissance, des recherches historiques et des récits personnels. On désigne parfois ces faux indiens sous le terme de « prétendiens ».

Le certificat de naissance de Sainte-Marie indique qu’elle est née le 20 février 1941 au New England Sanatorium and Hospital à Stoneham, Massachusetts. Ses parents, Albert et Winifred Santamaria, sont tous deux de race blanche.

Une enquête menée en 2023 par la CBC a révélé que Sainte-Marie était née au New England Sanitarium and Hospital à Stoneham, dans le Massachusetts, de parents biologiques Albert et Winifred Santamaria Les Santamaria, par qui elle a prétendu avoir été adoptée. Les parents de son père Albert sont nés en Italie, tandis que sa mère Winifred est majoritairement d’origine anglaise. Sa famille a changé son nom de famille de Santamaria à Sainte-Marie en raison d’un « sentiment anti-italien » pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des universitaires autochtones comme Kim TallBear, professeur d’études autochtones à l’université de l’Alberta à Edmonton et membre de la « nation » Oyate Sisseton-Wahpeton, estiment qu’il est inacceptable que des non-autochtones parlent au nom des autochtones et s’approprient des distinctions qui leur sont réservées.

« C’est un vol de débouchés, de ressources. Du vol de nos histoires », a-t-elle déclaré.

Pendant de nombreuses années, Mme Sainte-Marie a prétendu être née dans la Première nation Piapot, près de Regina. C’est ainsi que, dans le Buffy Sainte-Marie Songbook de 1971, qu’elle a écrit et illustré, Sainte-Marie dit : « Lorsque je rentre chez moi, sur la réserve crie au Canada où je suis née, je passe généralement quelques heures par jour à enseigner la langue crie. » Dans une interview accordée en 1986 au Los Angeles Times Magazine, elle a déclaré : « Je suis née dans la réserve crie de Piapot, près de Craven, en Saskatchewan. »

Puis, selon ce récit, elle aurait été adoptée par un couple du Massachusetts, Albert et Winifred Santamaria, qui l’ont élevée près de Boston.

Elle a déclaré que plus tard dans sa vie, elle a retrouvé sa famille Piapot et a été adoptée par la communauté.

Sainte-Marie, dont la carrière musicale a décollé dans le Greenwich Village de New York au début des années 1960, a même écrit une chanson sur ses liens avec la Saskatchewan.

« Take me back to where my heart belongs—Qu’Appelle Valley, Saskatchewan » (Ramenez-moi là où mon cœur appartient — La vallée Qu’Appelle, Saskatchewan), dit la chanson.

Mais certains membres de la famille de Sainte-Marie pensent que ce récit est une véritable supercherie.

« Elle n’est pas née au Canada.... Elle est clairement née aux États-Unis », a déclaré Heidi St. Marie, fille d’Alan, le frère aîné de Sainte-Marie. « Il est clair qu’elle n’est ni indigène ni amérindienne. » Cette affirmation est étayée par des documents obtenus par la CBC, notamment l’acte de naissance de Sainte-Marie à Stoneham, dans le Massachusetts. L’enquête montre également que le récit qu’elle fait de son ascendance est changeant, plein d’incohérences et d’inexactitudes.

Dans un courriel envoyé le 18 septembre à la CBC, l’avocate de Mme Sainte-Marie, Josephine de Whytell, basée en Ontario, a déclaré : « À aucun moment Buffy Sainte-Marie n’a personnellement déformé son ascendance ou des détails de son histoire personnelle auprès du public. »

Toute incohérence perçue par la CBC dans l’histoire de Mme Sainte-Marie, a déclaré Mme de Whytell, « peut être expliquée par la vérité ».

Mme Sainte-Marie a décliné les demandes d’interview de CBC.

Mais dans une déclaration vidéo publiée sur Facebook jeudi, elle a réitéré qu’elle est « un membre fier de la communauté autochtone avec des racines profondes au Canada » et a dit qu’il y a beaucoup de choses qu’elle ne sait pas au sujet de son ascendance. Mme Sainte-Marie n’a pas proposé un test ADN pour prouver qu’elle n’est pas liée génétiquement à sa parenté adoptive…

L’enquête de CBC a révélé de nombreuses déclarations contradictoires de la part de la chanteuse au fil des ans concernant son histoire personnelle.

jeudi 2 novembre 2023

Québec — Chute des naissances de 3,9% de 2022 à 2023 pendant les 8 premiers mois alors que la population a crû de 2,34 %

Selon les chiffres publiés ce matin par l’Institut de la statistique du Québec sur la base des huit premiers mois de l’année, le Québec a connu une baisse de 3,92 % des naissances passant en 2022 de 53 600 naissances à 51 500 en 2023.


Pendant la même période, la population du Québec est passée de 8 672 185 habitants au 3e trimestre de 2022 à 8 874 683 au 3e trimestre 2023, soit une augmentation de 2,34 %. Le taux de natalité (exprimé en nombre de naissances pour 1000 habitants) devrait donc atteindre environ 8,8 ‰, un nadir historique.

Si l’on se penche sur l’évolution sur deux ans, le nombre des naissances pour les huit premiers mois est passé en 2021 de 56 459 à 51 500 en 2023, soit une chute de -8,78 %. Alors que la population à la mi-2021 de 8,57 millions est passée à la mi-2023 à 8,87 millions, c’est-à-dire une hausse de 3,53 %.


Le gouvernement québécois n’a annoncé aucune politique nataliste.

L’indice synthétique de fécondité du Québec est passé de 1,73 enfant/femme en 2008 à 1,49 en 2022. Cet indice devrait fléchir encore un peu cette année (de l’ordre de 2 à 3 %), pour se situer à environ 1,46 enfant/femme.

La Hongrie qui a mis en œuvre une politique familiale importante a, par contre, vu son indice synthétique de fécondité passé de 1,27 enfant/femme en 2003 à 1,59 en 2021.


Novlangue et copier-coller des médias : « ambitieux » et « plafonner »

Les médias qui ne prennent aucune distance par rapport aux communiqués de presse gouvernementaux publient qu'Ottawa «plafonne» l'immigration, alors que les cibles augmenteront pendant encore deux ans, passant de 465 000 cette année à 500 000 en 2025, soit une hausse de 7,5%

Ottawa dit qu'il plafonnera en 2026 sa cible, pour la maintenir alors à 500 000. Mais 2026, c'est dans trois ans, et surtout après la prochaine élection fédérale. Si le ministre Marc Miller (grand ami de Trudeau depuis le collège Brébeuf) estime que la crise du logement justifie une pause, alors pourquoi attend-il  trois ans pour la mettre en œuvre ?

« va plafonner ... dès 2026 ». Ajoutons que « dès », contrairement à  « à partir de » qui est neutre, indique une urgence, un événement qui aura lieu plus vite, plus tôt que prévu, pas dans 3 ans.

 

Il en va de même pour le gouvernement de Québec qui « plafonnerait » le nombre d'immigrants permanents et qu’il fixe son seuil annuel d’immigration à 50 000 nouveaux arrivants pour les deux prochaines années. Or, en décortiquant les chiffres qui ont été présentés par le premier ministre François Legault et par la ministre de l’Immigration Christine Fréchette, on s'aperçoit que le chiffre sera en fait de 64 000 immigrants permanents. En effet, le plan gouvernemental prévoit pour l’année 2024 :

  • un maximum de 51 500 immigrants dans les « admissions régulières » (immigration économique, regroupement familial et réfugiés) ;
  • 6500 étudiants étrangers sélectionnés dans le volet diplômés du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ;
  • l’écoulement de 5400 à 6600 demandes dans la catégorie des gens d’affaires.


Un plafonnement « dès maintenant » pour deux ans qui commence par une hausse de 28 % en 2024...

Un petit mot sur l'euphémisme « ambitieux » utilisé par le ministre fédéral Marc Miller quand il a déclaré: « J'ai l'intention d'être ambitieux dans les cibles que je vais annoncer au cours des prochains jours, mais je veux aussi rester réaliste ». Le mot cache souvent des politiques idéologiques, ruineuses ou irréalistes qu'un politicien s'entête à vouloir à mettre en œuvre.

 

 Retour sur les annonces d’Ottawa et de Québec sur l’immigration

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