vendredi 26 août 2022

Le grand bouleversement démographique allemand

En 2021, 22,3 millions de personnes et donc 27,2 % de la population allemande étaient issues de l’immigration. Cela correspond à une augmentation de 2,0 % par rapport à l’année précédente (2020 : 21,9 millions). Selon la définition utilisée ici, une personne est issue de l’immigration si elle-même ou au moins un parent n’est pas né avec la nationalité allemande.

En 2021, 53 % de la population issue de l’immigration (près de 11,8 millions de personnes) avaient la nationalité allemande et un bon 47 % avait la nationalité étrangère (près de 10,6 millions de personnes). L’écrasante majorité de la population étrangère issue de l’immigration a elle-même immigré (84 %), parmi les Allemands issus de l’immigration, elle n’était que de 43 %.

Plus de la moitié des 11,8 millions d’Allemands issus de l’immigration ont la nationalité allemande depuis leur naissance (54 %). On peut être issu de l’immigration parce qu’au moins un de ses parents est étranger, naturalisé, allemand par adoption ou rapatrié (tardivement) principalement de Russie. 23 % sont venus eux-mêmes en Allemagne en tant que réinstallés (tardifs), 22 % sont naturalisés et environ 1 % ont la nationalité allemande par adoption.

Migrants principalement issus d’Europe

Près des deux tiers (62 %) de toutes les personnes issues de l’immigration sont des immigrés d’un autre pays européen ou leurs descendants. Cela équivaut à 13,9 millions de personnes, dont 7,5 millions ont des racines dans d’autres États membres de l’Union européenne. La deuxième région d’origine la plus importante est l’Asie. Les 5,1 millions de migrants venus d’Asie et leurs descendants représentent 23 % des personnes issues de l’immigration, dont 3,5 millions ayant des liens avec le Moyen-Orient. Près de 1,1 million de personnes (5 %) ont des racines en Afrique. Un autre 0,7 million de personnes (3 %) sont des immigrants et leurs descendants d’Amérique du Nord, centrale et du Sud et d’Australie.

Les principaux pays d’origine sont la Turquie (12 %), suivie de la Pologne (10 %), de la Fédération de Russie (6 %), du Kazakhstan (6 %) — souvent des Allemands ethniques rapatriées dans les années 1990-2000  - et de la Syrie (5 %). Seul 1 % ou 308 000 des personnes issues de l’immigration vivant en Allemagne en 2021 étaient originaires d’Ukraine, la grande majorité (82 %) ayant immigré elles-mêmes et ayant vécu en Allemagne pendant 19 ans en moyenne. En raison de la récente immigration de réfugiés, le nombre de personnes issues de l’immigration ukrainienne pourrait augmenter considérablement à l’avenir.

Près de la moitié des personnes issues de l’immigration parlent principalement l’allemand à la maison

Sur les 22,3 millions de personnes issues de l’immigration, 7,2 millions (32 %) parlent exclusivement l’allemand à la maison et 3,1 millions (14 %) principalement. Cela correspond à près de la moitié (46 %) de toutes les personnes issues de l’immigration. Outre l’allemand, les langues les plus parlées sont le turc (8 %), suivi du russe (7 %) et de l’arabe (5 %).

Près de la moitié (49 %) de toutes les personnes issues de l’immigration sont multilingues et parlent à la fois l’allemand et (au moins) une autre langue à la maison. Cela ne s’applique qu’à 2 % des personnes non issues de l’immigration.

 
AnnéePopulation
totale
De souche Issu de
l’immigration
2005 80 52 8 66 10 6 14 421
200 9 79 66 3 64 66 4 14 999
201 3 79 68 3 63 13 7 16 546
201 7 81 74 0 61 44 3 20 297
201 8 81 61 3 60 81 4 20 799
201 9 81 84 8 60 60 3 21 246
202 0 81 86 1 59 97 6 21 885
202 1 81 87 5 59 56 5 22 311

Source : DeStatis

jeudi 25 août 2022

Canular ? Une collégienne australienne s'identifierait à un chat, l'école la soutiendrait

Une école secondaire privée de Melbourne soutient le choix d’une élève « non verbale » de s’identifier à un chat, aurait révélé une source proche de la famille. Un élève non verbal ne parle pas ou a des difficultés à se faire comprendre ou à percevoir les intentions des autres. C’est le cas notamment des enfants autistes ou atteints de déficience intellectuelle.

Le Herald Sun rapporte que l’enfant « phénoménalement brillant » a été autorisé à assumer l’identité et le comportement lié à la sous-culture « des animaux à fourrure » adoptée par certains cercles d’adolescents.


 

« Personne ne semble avoir de protocole pour les élèves s’identifiant comme des animaux, mais l’approche a été que si cela ne perturbe pas l’école, tout le monde est solidaire », a déclaré une source proche de la famille.

« Le comportement est en train de se normaliser. Maintenant, de plus en plus de gens s’identifient à tout ce à quoi ils veulent s’identifier, y compris les chats ou les chiens. »

Bien que l’école n’ait pas confirmé la présence de la jeune fille, elle a déclaré que sa stratégie de santé mentale « s’adapte toujours à l’élève et prendra en compte les conseils professionnels et le bien-être de l’élève ».

Plus tôt cette année, dans le Michigan, un État du Midwest américain, une école a été forcée de démentir les affirmations selon lesquelles elle avait mis en place une « litière pour les enfants qui s’identifient comme des chats ». Ceci en réponse à un parent inquiet qui avait fustigé l’école lors d’un forum scolaire.

« Je suis tout à fait pour la créativité et l’imagination, mais quand quelqu’un vit dans un monde imaginaire et s’attend à ce que les autres l’acceptent, j’ai un problème avec ça », a déclaré un parent inquiet à l’époque, qui définissait les « animaux à fourrure » comme quelqu’un qui s’identifie comme un « chat ou un chien, peu importe ».

En réponse, le surintendant des Midland Public Schools, près de Detroit, Michael E. Sharrow avait déclaré qu’il n’y avait « aucune once de vérité à cette fausse déclaration/accusation ! ».

Les incidents ci-dessus surviennent alors que certains adolescents de la génération Z ont adopté la sous-culture des animaux à fourrure. Les membres de cette sous-culture anthropomorphisent les animaux et leur attribuent des caractéristiques humaines.


mardi 23 août 2022

Novlangue — « diversité linguistique »

Diversité linguistique [croissante] : déclin du français au Québec.

Exemples :  « La diversité linguistique ne doit pas être assimilée au déclin du français » (The Gazette of Montreal)

« Alors que le français et l'anglais demeurent les principales langues parlées au Canada, la diversité linguistique continue de s'accroître au pays » (Statistiques Canada) [Selon les chiffres mêmes de Statistiques Canada : l'anglais a augmenté de 74,8 % en 2016 à 75,5 % en 2021 alors que le français a diminué de 2016 (22,2 %) à 2021 (21,4 %).

Voir aussi

Orwell dans l’Allemagne de 2022 : L’obligation aboutit au volontariat   
  
 

Le charabia de la Fédération des femmes du Québec

Humour — Manuela retourne à l’école

Ne dites plus… parlez pédagogiste…

Novlangue du jour : « fragilité blanche »

Novlangue : « dialoguer », « appropriation culturelle » et « ouvrir une discussion sur le privilège blanc »

Novlangue : « offrir » à tous les élèves et « avoir droit » à la place de « imposer » et « être obligé »

Novlangue : « Interruption volontaire de vie, sans demande du patient »

Novlangue — « migrant » le mot amalgame

Remplacement du mot « principes » par celui de « valeurs »

Novlangue — Exit les immigrants illégaux, fini les sans-papiers, désormais c’est migrant au statut précaire

Novlangue : « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble »

Novlangue — « au centre d’une confrontation » 

Novlangue : afrodescendant Parlez-vous le français socialiste ?

Sélection novlangue de la semaine (en construction)

Sélection novlangue de la semaine (2)

Novlangue au Monopole : le mot athée désormais tabou

Ne dites plus… parlez pédagogiste…

Lexique du Plateau

Novlangue — OQLF prescrit « action positive » plutôt que « discrimination positive »

  
 
 
 
 

Campagne publicitaire (subventionnée) de l'homme « enceint » dénoncée par des féministes

Le planning familial, une association féministe française (publiquement subventionnée), met de l’avant cette publicité, qui suscite une vive controverse.

Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre française, Élisabeth Borne, Marguerite Stern, militante féministe à l’origine du mouvement « Collages féminicides », et Dora Moutot, auteure, analysent la dérive idéologique de cette association.  Elles écrivent « Nous voulons néanmoins attirer votre attention sur les dérives de cette institution. La polémique récente au sujet du Planning familial se base sur le visuel ci-dessous, sur lequel on peut voir un “homme enceint”, c’est-à-dire une femme (femelle) transidentifié.  Cette affiche n’est pas un hasard. Elle reprend un vocabulaire utilisé par les militants transactivistes. Sa publication est donc l’occasion de vous alerter sur les problématiques que soulève l’idéologie transactiviste qui est en train de parasiter cette institution. »

Réagissant à la campagne de communication du Planning familial mettant en scène un « homme enceint », l’historienne et féministe Marie-Jo Bonnet dénonce une destruction des combats féministes par une « idéologie transhumaniste ».

 

Dans un communiqué, le Planning associe ensuite sans surprise ses critiques à… « l’extrême droite ».

Voir aussi 

BBC : six hommes blancs d’Oxford ne peuvent-ils plus faire un spectacle comique ? (rediff) [« Je ne veux plus être un mâle blanc, je ne veux plus qu’on me reproche tout ce qui ne tourne pas rond dans le monde : maintenant, je dis aux gens que je suis une lesbienne noire. Je m’appelle Loretta (voir vidéo ci-dessous), je suis une LNT, une lesbienne noire en transition. »] 

La couleur du pouce en l’air (était L’Homme enceint d’Unicode et Apple)

Émojis : le drapeau trans (mais pas de drapeau du Québec), un Père Noël asexué 

Transsexuelle « homme aujourd’hui » allaite en public et est « enceint »  

Universités : après le mot « nègre » devenu tabou, le bannissement de « femme » et « homme » pour transphobie ? 

Explosion de jeunes ados qui se disent « transgenres » à l’école… Épidémie psychologique à la mode ? 

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté  

Théorie du genre — les fauteurs de trouble de la gauche woke

Norvège — féministe risque 3 ans de prison pour avoir dit qu’un homme ne peut être lesbienne

lundi 22 août 2022

BBC : six hommes blancs d’Oxford ne peuvent-ils plus faire un spectacle comique ? (rediff)

Suite à Actrice noire joue Marguerite d’Anjou : nécessaire diversité, chants d’esclaves chantés par une blanche : horrible appropriation culturelle

Les questions liées à la représentation de la diversité à l’écran agitent un peu plus chaque jour le monde occidental. Au risque d’agacer certains artistes… comme Terry Gilliam.

Parmi les membres les plus illustres des Monty Pythons, Terry Gilliam, qui a fraîchement réalisé L’Homme qui tua Don Quichotte, est en outre devenu un cinéaste émérite et adulé. Pour autant, il vit l’importance actuelle prise par les questions de représentativité comme une souffrance.

Ainsi, la BBC a annoncé durant le mois de juin qu’elle allait commander un tout nouveau programme comique à l’artiste. Une nouvelle qui réjouira les amateurs de son humour déjanté et gentiment absurde. Sauf que parallèlement, l’employé de la BBC en charge du contrôle des comédies, Shane Allen, s’est fendu d’un commentaire assez malvenu.

[...]

Si vous rassemblez une équipe aujourd’hui, ce ne sera pas six types blancs d’Oxford. Ce sera une collection de gens variés qui représentent le monde actuel.

Alors en conférence de presse du côté du Festival de Karlovy Vary (Carlsbad), Terry Gilliam ne s’est pas fait attendre et a répondu, avec humour et émotion.
J’en ai pleuré : l’idée que… six hommes blancs d’Oxford ne puissent plus faire un spectacle comique. À présent il nous faut un peu de ceci, un peu de cela, représenter tout le monde… C’est de la connerie.

Je ne veux plus être un mâle blanc, je ne veux plus qu’on me reproche tout ce qui ne tourne pas rond dans le monde : maintenant, je dis aux gens que je suis une lesbienne noire. Je m’appelle Loretta (voir vidéo ci-dessous), je suis une LNT, une lesbienne noire en transition.

Les Monty Pythons avaient prophétiquement prévu en 1979 ce qui agiterait notre époque (les « droits » LGBTQQIP2SAA+, ici le droit des hommes qui se disent femmes à avoir des enfants et à nier la réalité biologique) :






Source : Écran large

dimanche 21 août 2022

21 août 1758 — Ordre anglais de tout détruire dans la Baie de Gaspé

Le 21 août 1758, James Wolfe reçoit l’ordre de se rendre dans la Baie de Gaspé et de tout détruire. Le 11 septembre, c’est chose faite. Désertée par la plupart de ses habitants, Gaspé est réduite en cendre. Tous les bateaux, entrepôts, filets et poissons séchés sont brûlés par Wolfe et ses hommes. Désireux d’en finir une fois pour toute avec les Canadiens, Wolfe aurait voulu que l’armée britannique attaque Québec dès 1758.

En route vers Québec le printemps suivant, James Wolfe ne cache pas son aversion pour les Français établis en Nouvelle-France. « J’aurai plaisir, je l’avoue, à voir la vermine canadienne saccagée, pillée et justement rétribuée de ses cruautés inouïes », écrit-il à un correspondant. Il fait référence aux victoires franco-canadiennes des années précédentes, insupportables pour ce Britannique convaincu de la supériorité de sa civilisation. « Si nous jugions peu probable que Québec tombe entre nos mains, écrit-il à Amherst le 6 mars 1759, je propose que nos canons mettent le feu à la ville, qu’ils détruisent les récoltes, les maisons et le bétail, tant en haut qu’en bas, et je propose d’expédier en Europe le plus grand nombre possible de Canadiens en ne laissant derrière moi que famine et désolation ».


vendredi 19 août 2022

Le poids du français baisse au Québec, celui de l'anglais remonte

Les données du Recensement de 2021 révèlent que le français continue de reculer au Canada comme au Québec, tandis que le nombre de personnes dont l’anglais est la première langue officielle dans la province dépasse maintenant le million de locuteurs, du jamais-vu.

 

Charles Castonguay dit que la sous-natalité des francophones est une fausse piste comme source du déclin du français. Il est vrai que les anglophones (de naissance) ont une fécondité aussi désastreuse que les francophones. Mais, dans un contexte de minorité continentale et au sein du Canada, une meilleure natalité francophone au Québec serait une des pistes de solution. Si, depuis que les indépendantistes pensent que l’indépendance est la seule solution (ce qui n’est pas peut-être faux à moyenne ou longue échéance), si depuis plus de 50 ans donc, la natalité des francophones avait été meilleure, le Québec serait nettement plus français et homogène. Mais voilà, l’indépendance c’est toujours pour bientôt, une loi 101 draconienne est pour demain, entretemps, depuis 50 ans, faisons très peu d’enfants car augmenter la natalité serait une fausse piste selon les experts... Ajoutons que plus de jeunes francophones, c'est aussi renforcer les institutions francophones y compris l'école et y faciliter l'assimilation des immigrés.

 

Poids démographique du français et de l’anglais, langues maternelles, au Québec après répartition égale des réponses multiples (pour permettre le suivi dans le temps) :

Poids démographique du français et de l’anglais, langues parlées le plus souvent à la maison, au Québec, après répartition égale des réponses multiples (pour permettre le suivi dans le temps) :

Pour la première fois en 50 ans, la proportion des transferts linguistiques effectués par les allophones vers le français est en baisse.

L’assimilation des francophones à Montréal (oui, au Québec) a augmenté très fortement entre 2016 et 2021, passant de 30 000 à 41 000, soit un bond de 37 %.

Marc Termote avait prédit la chute du pourcentage de francophones au Québec à 77 % dans ce livre en 2003 (voir ci-dessous). Cependant, il prévoyait que ce seuil serait atteint vers 2040 et non au début des années 2020 comme le révèle le recensement publié ce mercredi. La chute est donc beaucoup plus rapide que prévu…

Sources : Frédéric Lacroix et Guillaume Rousseau, selon recensement du Canada 2021.


jeudi 18 août 2022

La mort de Rodney Stark, le sociologue agnostique qui appréciait la religion

Rodney Stark, éminent sociologue des religions, est décédé le 21 juillet 2022. En tant qu’agnostique, il a fait voler en éclats de nombreux lieux communs et préjugés, notamment anticatholiques. Selon Stark, la religion n’est en aucun cas « l’opium du peuple » et la société du troisième millénaire sera encore une société religieuse, malgré les prophéties positivistes. Avec un avenir jusqu’en Chine.

La lecture de l’œuvre de Rodney Stark permet de dépasser la vision de la religion comme « opium du peuple », selon la vulgate marxiste, à celle d’un facteur de civilisation et de progrès. Le plus grand sociologue des religions s’est éteint à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui des pages extrêmement importantes qui allient rigueur scientifique et prose vulgarisatrice, permettant même aux non-initiés d’aborder son œuvre et de démystifier de nombreux lieux communs, démasquant ce subtil complexe d’infériorité dont souffrent de nombreux catholiques intimidés par les défauts qu’on leur prête avant même de les vérifier.

La religion serait moribonde, la religion ne causerait que le mal et l’existence de multiples religions ferait en sorte que l’on ne croie en aucune. Tels seraient certains des « dogmes » répandus parmi notamment les gens ordinaires. Idées reçues même parmi ses collègues, ces sociologues de la religion — dont Stark se moquait — qui, pourtant, méprisaient a priori leur « objet » d’étude. Avec Discovering God (Découvrir Dieu), le regretté sociologue « a voulu répondre aux universitaires spécialistes des religions, dont beaucoup — assez curieusement — ne sont pas religieux, détestent les religions et considèrent les personnes religieuses comme des arriérés incurables qui souffrent souvent d’une maladie qu’il faut guérir », comme le rapporte le sociologue Massimo Introvigne, directeur du Cesnur et co-auteur de plusieurs titres avec Stark qui n’avait aucun parti pris…

« Je ne suis pas catholique et je n’ai pas écrit ce livre pour défendre l’Église. Je l’ai écrit pour défendre l’histoire » : ainsi Stark dans Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques. Un titre que l’on attendrait d’un apologiste, pas d’un agnostique issu d’une famille luthérienne. Stark a, par ailleurs, enseigné à l’université de Washington et à l’université Baylor (une université baptiste) et est l’auteur de dizaines de publications. Outre les titres déjà mentionnés, on trouve, par exemple, The Triumph of Christianity (Le Triomphe du christianisme), dans lequel il renverse l’étiquette des « âges sombres » médiévaux, qui étaient au contraire denses en ferveur culturelle et en innovations technologiques (évidemment avec les moyens de l’époque). Ou Le Triomphe de la raison, où Stark ose une opération considérée comme « blasphématoire » par le correctivisme politique, à savoir combiner raison et religion. Et encore One true God (Un seul vrai Dieu), sous-titré Les conséquences historiques du monothéisme.

La religion a aussi des implications notamment historiques et sociales : celui d’une religion stérile ou non pertinente (pour ne pas dire négative) est l’un des premiers mythes à s’effondrer grâce à la lecture de Rodney Stark. Elle joue un rôle dans l’histoire, ce qui constitue en soi un fait historique tout sauf marginal. Après tout, il est curieux que le préjugé antireligieux très répandu (à une époque qui s’enfonce dans le respect relativiste de toute croyance) se concentre de manière obsessionnelle sur le christianisme, en particulier le catholicisme, et donc avec une singulière obstination sur le Moyen Âge. Au lieu de cela, Stark cite le philosophe et mathématicien anglais Alfred North Whitehead, selon lequel « la science ne s’est développée que dans l’Europe chrétienne parce que seule l’Europe médiévale croyait que la science était possible et souhaitable » parce qu’elle croyait que l’univers avait été créé par un Dieu rationnel [« Le Verbe », le logos].

Selon Stark, certains athées modernes sont nettement moins rationnels quand ils « ne comprennent pas que la science se limite au monde naturel, empirique, et ne peut rien dire d’un monde spirituel, non empirique — sauf nier son existence », bien sûr a priori, avec un flair dogmatique pour éviter les professions de foi de laïcité. Ils sont en outre minoritaires, puisque malgré la disparition de la religion prophétisée par le positivisme, « 74 % de la population mondiale considère que la religion est une partie importante de leur vie et que les athées s’ils existent sont peu nombreux ». Par ailleurs, le christianisme continue de croître : ce n’est pas un « phénomène linéaire et continu » et il pourrait ralentir en Afrique, où il y a déjà eu beaucoup de conversions, et « continuera en Asie, surtout dans les pays économiquement plus développés », déclarait-il en 2015 lors d’une interview dans Cristianità.

Stark n’a pas seulement étudié le rôle passé de la religion, mais aussi le présent. Et même là, il a été capable de proposer une lecture originale par rapport au courant dominant, comme dans ces lignes rapportées par Tempi : « Je ne crois pas que l’Occident chrétien devienne intolérant. Je crois que l’Occident non chrétien devient intolérant : dans certains pays européens, il existe des lois contre les prétendus discours de haine qui interdisent la lecture en public de certains passages de la Bible ». [Au Canada, l’affichage de simples versets condamnant la sodomie a été puni par des commissions des droits de l’homme et sévèrement limité par les tribunaux. voir Cour suprême du Canada — limites aux propos chrétiens « haineux » « homophobes » ?, Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » et Professeur de cégep suspendu pour prétendue « homophobie », la haine est peut-être ailleurs]

Mais même le rôle historique de la religion finit par contenir des références à l’actualité. Dans L’Essor du christianisme, qui décrit — sur un plan sociologique — les débuts de la foi chrétienne, Stark inclut, parmi les facteurs qui ont contribué à sa diffusion, la réponse concrète — inspirée par un élément religieux, comme l’amour chrétien — à une situation dramatique : l’épidémie de variole qui a frappé l’empire sous le règne de Marc Aurèle. Là où le fatalisme des païens les poussait à fuir et à abandonner les pestiférés, les chrétiens leur venaient en aide. [Autre facteur du succès : l’aide aux enfants « exposés » condamnés à la mort, la lutte à l’infanticide fréquent chez les païens]. En bref, il ressort des écrits du grand sociologue tardif que le christianisme était (et est) tout sauf stérile et tout sauf moribond. Il a résisté à la modernité (réfutant les prophéties positivistes selon lesquelles la science prendrait sa place) et même à la concurrence. Rodney Stark est connu pour sa théorie de « l’économie religieuse », fondée sur une analogie entre la dynamique déclenchée par le libre marché dans la sphère économique et la dynamique correspondante dans la sphère religieuse, comme le montre la situation aux États-Unis, où la multiplicité des religions n’a nullement conduit à leur extinction.

Bref, le troisième millénaire ne sera pas celui de l’irréligion. Et la religion jouera un rôle même là où elle semble la plus étouffée : même en Chine, où le communisme a poussé les chrétiens non seulement à se faire tuer, mais aussi à s’organiser pour survivre. Les chrétiens chinois, a-t-il déclaré au Compass en 2014, sont 5 % : une minorité, mais destinée à croître, notamment parmi les plus éduqués, et donc à influencer : « il faut tenir compte du fait qu’ils constituent l’élite de la nation, avec une possibilité d’influence culturelle bien plus grande que les simples données numériques ne le laissent supposer ». Pour Stark, tout cela dément le mythe de la religion de « l’opium du peuple », ou plutôt — en s’adressant à ses collègues — « le mythe de la Chine communiste comme société athée et post-religieuse est devenu l’opium des sociologues ».

Source

Voir aussi 

Livre de Rodney Stark : Faux Témoignages. Pour en finir avec les préjugés anticatholiques 

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ? 

Grande Noirceur — Non, l’Église n’était pas de connivence avec le gouvernement et les élites

 

Français: il faut agir avant qu'il ne soit trop tard

Un texte de Mathieu Bock-Côté. Ce carnet ne voit qu’une alternative pour sauver le français au Canada : soit l’indépendance du Québec, soit l’imposition au sein d’un Canada nettement plus fédéralisé de l’unilinguisme territorial au Québec (et peut-être ce qui peut encore être sauvé de l’Acadie, des régions limitrophes au Québec majoritairement francophones). 

Nous aimerions également que Mathieu Bock-Coté, sans enfant, et le commentariat francophone en général parlent de la natalité et de la valorisation de celle-ci dans la société (alors qu’on ne semble plus parler que de plans de carrière, de confier ses rares enfants à des tiers le plus vite possible, du droit fondamental à tuer les fœtus, des droits des trans et autres LGBT2QAI+, de la culpabilité des blancs, de l’apocalypse climatique ou pandémique, etc.).

Tout le monde sait que le français régresse au Québec. Il suffit de se promener un peu à Montréal et Laval pour le savoir.

Mais de temps en temps, nos impressions quotidiennes sont confirmées par des études. Le recensement est la plus importante d’entre elles, évidemment.

Et les résultats du recensement dévoilés hier, même s’ils sont traficotés par la bureaucratie fédérale, confirment cette tendance.

Résumons la chose ainsi : le français s’effondre non seulement au Canada, mais aussi au Québec.

 Régression

Le poids des francophones de langue maternelle continue de baisser : ils ne représentent plus que 76,3 % de la population, alors qu’ils étaient autour de 81,5 % en 1995.

Cela veut dire que la majorité historique francophone continue de fondre démographiquement, et que son rapport de force politique continuera de diminuer. La tendance s’accélérera.

Cela veut dire que notre capacité d’intégration des immigrants sera complètement anéantie.

Honnêtement, devant de tels résultats, l’effroi est une réaction bien plus rationnelle que la fausse mesure de ceux qui, comme Dominique Anglade, ne se disent en rien inquiétés.

Nous sommes en droit d’y voir une forme de déloyauté grave à l’endroit du peuple québécois, comme si le PLQ le reniait officiellement.

Ne soyons pas surpris : le PLQ a tout avantage à ce que le Québec se défrancise. Car moins le Québec sera français, et plus le PLQ pourra s’y imposer comme le parti naturel de gouvernement. Je veux croire, toutefois, que la grande majorité des Québécois ne contemplent pas avec joie leur disparition comme peuple. 

L’ancien Premier ministre Duplessis au début des années 1940 :  « Ce n’est pas compliqué quand on a signé la Confédération on était la moitié de la population du Canada, là on n’est même pas le tiers, et bientôt en bas du quart ». En 2021, c’est moins d’un cinquième. [Incidemment, la proportion des francophones remontera pendant la 2e GM grâce à l’arrêt de la politique d’immigration encouragée par Ottawa.]

 

Et ne nous laissons pas bluffer par ceux qui se contentent du français langue commune comme indicateur. S’il n’a pas d’ancrage sociologique, lui aussi s’effondrera.

Ceux qui se disent nationalistes ont de vraies questions à se poser. Le français pèse pour moins de 20 % comme langue parlée à la maison dans le Canada. Croient-ils sérieusement qu’il peut faire valoir ses droits dans un tel environnement démographique, linguistique et politique ?

À quel moment ceux qui se disent ailleurs et qui ont déserté la question nationale reprendront-ils la question de l’indépendance au sérieux ?

Depuis quelques années, déjà, le Canada anglais prend tous les prétextes pour se libérer du bilinguisme officiel, qui n’était finalement qu’une concession temporaire faite aux francophones pour calmer leurs ardeurs indépendantistes. Maintenant qu’il les croit vaincus, il veut s’en délivrer, quitte à s’appuyer sur les autochtones pour le liquider au nom de raisons vertueuses.

Le Canada, plus que jamais, deviendra un pays bilingue de langue anglaise.

Loi 96 insuffisante

On voit, plus que jamais, à quel point la loi 96 sera insuffisante pour stopper ce déclin.

Le Canada sera le tombeau de la langue française et du peuple québécois. Il ne peut qu’y contempler sa décroissance, jusqu’à l’extinction.

La question du déclin du français, c’est-à-dire celle des raisons de son déclin, sera au cœur de l’élection. Autrement dit, on ne pourra plus esquiver celle de l’immigration massive.

Il nous faut agir avant qu’il ne soit trop tard. S’il ne l’est pas déjà.

Voir aussi

Le poids du français baisse au Québec, celui de l’anglais remonte 

« Le français hors Québec ? C’est terminé. » Sauvons les meubles…  

Les entrées illégales par Roxham atteignent un sommet historique, Ottawa reste de marbre  

Français, que fait l’école québécoise ?  

Le mépris du français parlé au Québec par les allophones et anglophones du Québec

Le bilinguisme, l’apanage des francophones

Le bilinguisme, l'apanage des francophones

Le bilinguisme anglais-français est l’apanage des francophones. Ce n’est pas le signe d’une supériorité intellectuelle, mais de l’inutilité structurelle du français au Canada pour avoir un emploi. 

Les zones majoritairement francophones au Nouveau-Brunswick correspondent aux zones avec le plus haut taux de bilinguisme.

De même c’est au Québec que la proportion des bilingues augmente alors qu’elle baisse au Canada. C’est que le français ne sert à rien au Canada alors que l’anglais s’impose à tous, même à la majorité des francophones du Québec (où on l’exige parfois à tort et à travers pour de nombreux emplois).
 
Le taux de bilinguisme français-anglais augmente au Québec et diminue hors Québec depuis 2001
 
 
Le fait que les anglophones (unilingues) gagnent nettement plus que les francophones (unilingues) au Québec montre bien que c’est l’anglais qui prime. Les personnes qui utilisent uniquement l’anglais au travail gagnent annuellement en moyenne 46 047 $, comparativement à 38 346 $ pour celles qui utilisent seulement le français. Les personnes qui disent utiliser les deux langues au travail gagnent un peu plus (51 294 $) que les anglophones unilingues en moyenne. Cependant, ceux qui gagnent le plus au Québec sont souvent des anglophones de naissance unilingues alors que la moyenne salariale « anglophone » baisse à cause d’un grand nombre de travailleurs pauvres immigrants récemment installés au Québec qui ne parlent pas français, mais bien la langue des vrais patrons.
 

 

L'importance déterminante de l'anglais au Québec est encore illustrée par le fait que les francophones qui utilisent seulement le français au travail gagnent 38 737 $, ceux utilisant le français et l'anglais gagnent 55 021 $ tandis que ceux utilisant seulement l'anglais gagnent 56 439 $. Un peu plus de 20 % de ces emplois se trouvent dans le secteur de la santé, enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux (20,8 %). Secteur qui pourrait être francisé puisqu'il n'implique pas le contact avec l'étranger.


Une solution partielle : le Québec devrait imposer l’emploi du français dans la correspondance avec l’administration publique du Québec et la tenue des dossiers des hôpitaux, des assureurs, des avocats, des ingénieurs, des architectes, des professions de la santé et des services sociaux. Mettre fin au financement public des cégeps et universités anglophones. Plus de services de l’administration en anglais, plus de « Press ‘9″ for English ». Faire comme la Flandre en Belgique vis-à-vis du français.