dimanche 26 septembre 2010

Critiques de la position « docile » du CAF (Estrie) quant au rôle de l'État

Nous avons annoncé ci-dessous l'assemblée générale de fondation du CAF Estrie.

Toutefois, il faut indiquer ici aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison que l'attitude de la CAF en matière de relations avec les commissions scolaires ne suscite pas l'unanimité.

C'est ainsi que certains parents craignent que, en suivant les recommandations du CAF et en recevant de la part des commissions scolaires ou du gouvernement des subventions ou divers services (tutorat, évaluations, labos ou autres), les parents en viennent à compromettre la liberté des familles qui ont choisi d'éduquer leurs enfants à la maison, car l'État imposera des conditions à l'obtention de ces services ou subventions.

Quand on considère la liberté des parents et leur autonomie, il est préférable pour eux que les familles qui ont fait ce choix, se prennent en main avec leurs associations et groupes de soutien, en s'organisant elles-mêmes. Pour ces défenseurs de la liberté des parents, à la limite, peut-être qu'un crédit d'impôt de la part des gouvernements pourrait être acceptable.

Enlèvement par la police d'enfant éduqué à la maison
Couverture de Is Public Education Necessary?,
 l'enlèvement par la police d'un enfant
 éduqué à la maison sous les yeux effarés de sa mère.
Ce dernier point soulève beaucoup de discussions partout en Amérique du Nord, au sein de la communauté des familles qui ont opté pour l'école-maison. D'une part, on affirme que la liberté acquise par les pionniers du mouvement dans les années 80, souvent au prix de sacrifices (litiges devant les tribunaux et parfois même la prison), est compromise par les familles qui acceptent les offres souvent alléchantes des instances scolaires, dans le but de les rapatrier sous leur parapluie. Si de plus en plus de familles vont dans ce sens, il est plus certain que les gouvernements finiront éventuellement par imposer à toutes les familles ce qu'ils veulent (à savoir leurs programmes et toutes leurs exigences), et que tous les parents finiront faire l'école à la maison, tôt ou tard, en utilisant la même pédagogie et le même programme que dans les écoles gouvernementales.

D'autre part, certains ne voient pas le danger lié à cette démarche, ou ne veulent pas le voir en pensant seulement aux avantages du moment. Le conseil d'administration de la plus grande association pour l'éducation en famille en Alberta, l'AHEA, a pris position sur cette question, et tente de renverser une tendance qui s'est installée avec le temps, puisque les gens ne voyaient aucun préjudice pour leur liberté, dans les offres de service et les subventions du gouvernement et des instances scolaires. Cette association a pris position après s'être davantage informée auprès du ministère de l'Éducation de cette province. La Colombie-Britannique, qui peut être perçue comme un modèle par certains, laisse toujours le choix aux familles d'utiliser les programmes et services gouvernementaux ou non, bien qu'elle offre des avantages alléchants, financiers et autres, aux familles qui ont fait le choix de les utiliser. Mais encore ici, des voix commencent à informer les gens des conséquences à long terme de ce choix pour les familles qui scolarisent leurs enfants à la maison. Il faut dire que l'école-maison est établie dans ces deux provinces depuis plus longtemps qu'au Québec.

Pour ce qui est de l'intention du CAF d'intervenir auprès d'une ou de plusieurs commissions scolaires, il faut mentionner que les balises pour l'école-maison se décident au niveau du MELS. À preuve, la nouvelle politique du MELS (juin 2010) pour la scolarisation à domicile. Les commissions scolaires ont donc une marge de manoeuvre restreinte puisqu'elles doivent suivre les balises du MELS ou le consulter si elles veulent en déroger. Par conséquent, des négociations à ce niveau, s'il y en a, se font généralement dans un cadre délimité figé et préétabli.

Il va de soi que les commissions scolaires et le MELS préféreraient avoir des interlocuteurs dociles qui vont répandre la vision Monopole de l'Éducation, c'est l'intérêt du MELS mais pas nécessairement celui des familles.

C'est la raison pour laquelle, il est primordial, pour toute famille qui instruit ses enfants à la maison, de bien se renseigner sur les associations qui disent avoir leur intérêt à coeur.

Dans ce sens, les gens qui souhaitent adhérer au CAF devraient poser des questions pertinentes quant aux intentions et buts du CAF, dans son intention de représenter les familles auprès des instances scolaires dans la région de l'Estrie, et probablement éventuellement auprès du MELS.

Quelles sont ses propositions de gouvernance pour l'école-maison et le suivi qu'il souhaite tant établir avec les commissions scolaires? Est-ce que les familles seront redevables aux commissions scolaires pour plus qu'une évaluation annuellement ? Si le CAF souhaite établir des rencontres de suivi entre les familles et leur commission scolaire, n'est-il pas en train d'établir un rapport où l'on verra d'un côté des experts (le MELS, la commission scolaire) et de l'autre des parents considérés comme non experts et intimidés par le jargon et la machine du Monopole de l'Éducation du Québec. Quelles en seront les conséquences ? Des experts régulièrement « consultés » qui diront aux parents que faire, quel programme utilisé, quelle pédagogie ?

Est-ce que la collaboration très proche et fréquente que préconise le CAF avec l'État ne risque pas de rendre les familles tributaires d'un système qui cherche à les contrôler davantage ? Dans un autre ordre d'idées, pourquoi semble-t-on si sûr de réussir au CAF dans ces démarches, alors que les autres associations de parents éducateurs (AQED, ACPE, HSLDA) n'ont jamais réussi jusqu'à présent à obtenir une entente satisfaisante avec le MELS pour la très grande majorité des familles qui instruisent leurs enfants à la maison au Québec et cela après des années d'efforts intenses de lobbying, de rencontres et de discussions ?

Est-ce parce que la CAF sera nettement plus docile comme le craignent, à la lumière des axes d'intervention que le CAF a fait connaître,  plusieurs parents que nous avons rencontrés ?




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L'assemblée générale de fondation du CAF Estrie en soutien à l'éducation en famille

Nous avons reçu l'annonce suivante.

Le CAF Estrie est un regroupement estrien de familles qui ont choisi de vivre l’expérience de l’apprentissage en famille (l’« école-maison »). Les objectifs de ce regroupement sont de :
  1. Soutenir les familles membres par le biais d’activités collectives.
  2. Se pourvoir de ressources éducatives adaptées à l’apprentissage en famille.
  3. Établir les liens nécessaires à la satisfaction des besoins du groupe et à la défense de ses intérêts auprès des acteurs scolaires, communautaires et du secteur privé.

L'assemblée générale de fondation du CAF Estrie se tiendra au

dimanche le 26 septembre 2010
75, rue Chartier
à Sherbrooke
à 19 heures.

La réunion aura lieu dans un local des Scouts de l'Estrie situé derrière le Végétarien.

Pour l'assemblée, il serait sage d'avoir lu les règlements généraux et d'avoir pris connaissance de l'ordre du jour. N'oubliez pas de les apporter avec vous pour l'assemblée. Pour ceux et celles qui voudraient revoir ou faire connaître nos valeurs, notre mission et notre vision, ces informations sont désormais accessibles sur notre site internet en construction : www.cafestrie.org.

Veuillez s.v.p. confirmer votre présence dès que possible par courriel :
téléphone : 819.829.5178 (Vicky).




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samedi 25 septembre 2010

On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même

Amusant dans le genre « on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même »...

Article de l'ancien journaliste du Devoir Jean-Pierre Proulx dans ce même journal pour vanter la réforme Marois qui a permis la prétendue laïcisation des écoles publiques québécoises en imposant unilatéralement le cours d'éthique et de culture religion à tous, même aux écoles privées confessionnelles ! Réforme recommandée par le rapport de ce même Jean-Pierre Proulx.

Ou comment faire l'éloge de son propre travail, en faisant semblant de louer celui d'autrui.





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École, ça se joue au primaire et dans les familles soudées

Une étude du ministère compare le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième en 1989 et en 1995.

La dernière note statistique émanant du ministère de l'Éducation nationale risque fort de donner du grain à moudre à ceux qui ne cessent de dénoncer son inefficacité. Selon une étude de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) comparant le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième, les uns en 1989, les autres en 1995, les chances d'obtenir le bac [le diplôme d'études collégiales au Québec] restent plus que jamais liées au niveau acquis dès l'école primaire, au retard scolaire et à l'origine sociale.

En clair, l'institution n'est guère performante lorsqu'il s'agit de combler les retards des plus faibles : seul un quart des élèves ayant redoublé une fois dans l'enseignement primaire obtiennent le bac. Mieux, obtenir un bac scientifique, dès lors que l'élève a redoublé, ne serait-ce qu'une seule fois, au cours de sa scolarité primaire, constitue un événement rarissime. Seul 1 % des élèves du panel 1995 y sont parvenus !

Autre enseignement peu réjouissant à l'heure de la montée en flèche des divorces dans la société française : les élèves vivant en famille monoparentale ou décomposée ont moins de chances de devenir bacheliers que ceux qui vivent avec leurs deux parents. Seulement 51 % des premiers le deviennent contre 67 % des seconds. Ce n'est pas une bonne nouvelle dans une société où le nombre de familles décomposées et monoparentales croît sans aucune stigmatisation sociale.

Source : note sur l'étude (PDF, 6 pages)




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France — les écoles libres (hors contrat) n'en font qu'à leur tête

À côté des établissements publics et privés subventionnés, sous contrat comme on dit en France, une troisième voie s'élargit, aux antipodes des méthodes centralistes de l'Éducation nationale française. Rappelons que ces écoles déterminent leur programme et leur recrutement, contrairement aux écoles privées québécoises. Le magazine Challenge y consacre un article.

Ses grandes parois vitrées évoquent davantage le siège d'une entreprise que celui d'une école. À l'intérieur, sur un immense plateau, les ouvriers posent des cloisons qui formeront dès la rentrée les nouvelles salles de classe. Pour la cour, un morceau de parking fera l'affaire. Quant à la cantine, il n'y en aura pas, les élèves viendront avec leur panier-repas. Victime de son succès, l'école primaire hors contrat du Blanc Mesnil de Wasquehal, dans la banlieue chic de Lille, a dû trouver de nouveaux locaux.

« Nous croulons sous les demandes », se réjouit Françoise Candelier, directrice de cet établissement non confessionnel, qui ne comptait en septembre 2009 que 28 élèves et en accueillera près de 80 cette rentrée. Après plus de trente ans de carrière comme professeure des écoles dans le public, elle a créé son propre établissement : « J'ai une dette vis-à-vis de plusieurs générations d'élèves que nous avons trompées. »

Retour aux vieilles méthodes

Dans l'école de Françoise Candelier, ce sont les vieilles méthodes qui font recette, comme Le Pensionnat de Chavagne, diffusé sur [la chaîne] M 6 en 2004 : port de la blouse, écriture au porte-plume, apprentissage syllabique de la lecture et des huit temps de l'indicatif dès le CE 1 [7-8 ans]. En maths, les quatre opérations sont abordées dès le CP [6-7 ans]. En somme, les élèves apprennent « à lire, écrire, calculer et compter, ce qui aujourd'hui n'est pas une évidence », souligne-t-elle. Statistiquement, ces établissements hors contrat ne pèsent pas lourd au regard de la masse du système scolaire. Le ministère évalue leur poids à « moins de 1 % ». La Fondation pour l'école, qui regroupe l'essentiel du réseau des « écoles indépendantes », estime qu'il existe aujourd'hui environ 460 écoles hors contrat (Montessori incluses), accueillant près de 47 000 élèves. Et cela ne cesse de croître. Une quarantaine d'écoles s'ouvriraient chaque année en marge du système classique. « C'est un phénomène plus prononcé en province qu'en Île-de-France », nuance l'universitaire Bruno Poucet, auteur de La Liberté sous contrat (Fabert, 2010). [Principalement parce que le prix de l'immobilier est prohibitif en Île-de-France pour ces écoles qui ne reçoivent aucune aide gouvernementale]

Débordée, désorganisée, l'Éducation nationale peine à remplir son rôle. Les chiffres sont connus : un enfant sur trois ne sait pas bien lire en sixième. Une réalité qui a d'abord profité aux établissements privés sous contrat. Mais limités par l'État dans leur capacité à ouvrir de nouvelles classes [le nombre relatif de places dans le privé subventionné est fixé par rapport au nombre de places dans le public], ces établissements voient leur liste d'attente s'allonger. Les « hors contrat » bénéficient de ce trop-plein d'élèves. Ils accueillent aussi beaucoup de familles d'expatriés qui ont apprécié à l'étranger un mode de scolarisation similaire.

Forte empreinte religieuse

Mais ce ne sont pas les seules raisons. Anne Coffinier, 33 ans, directrice de la Fondation pour l'école a une autre explication. Pour elle, le privé sous contrat a perdu son âme : « Les écoles sous contrat n'ont qu'une obsession : vouloir à tout prix préserver la paix scolaire, au point de perdre toute leur spécificité », analyse-t-elle en regrettant au passage que dans certaines écoles catho l'enseignement religieux soit devenu facultatif. [Note du carnet : il en va, grosso modo, de même au Québec où les écoles privées essaient de faire le moins de bruit possible — sauf Loyola — de se conformer à toutes les réformes du ministère et à devenir une grosse commission scolaire comme les autres.]

Dans le hors contrat, on ne badine pas avec la religion. Même s'il accueille quelques établissements laïcs, comme les écoles Montessori, le système des écoles hors contrat prône un catéchisme traditionaliste. « Nos établissements sont autonomes, c'est aussi leur force, soutient Anne Coffinier. Nous recrutons et payons nos professeurs, ce qui les responsabilise davantage. »

[...]

« Hors contrat ne signifie pas hors de contrôle. Nos établissements sont même beaucoup plus contrôlés que les autres », jure Anne Coffinier. La force des écoles hors contrat, c'est leur autonomie. Une conception aux antipodes des méthodes centralisatrices de l'Éducation nationale qui, signe des temps, teste pour cette rentrée, dans 106 établissements, le recrutement de professeurs sur profil. Petite révolution : le chef d'établissement pourra définir des critères pour sélectionner un enseignant.

Budgets serrés

Le problème du hors contrat, c'est, évidemment, son financement. À 150 euros (200 $) de cotisation par enfant et par mois, l'équilibre budgétaire d'une école primaire hors contrat se situe autour de 80 élèves et de 150 pour un collège. Nombre d'établissements n'y parviennent pas. Les familles seules ne peuvent les faire tourner. D'où l'idée de structurer le secteur en créant une fondation habilitée à recueillir des fonds. Le carnet d'adresses d'Anne Coffinier a fait le reste. Et près de la moitié des patrons des sociétés du CAC 40 ont sorti leur carnet de chèques. « Ils partagent le même constat avec nous : l'école publique n'assure même plus le minimum, au point qu'ils sont obligés de rajouter des cours d'orthographe dans les programmes de formation de leurs cadres », assure la jeune énarque. En 2009, le budget de la fondation s'élevait à 635 000 euros ; en 2010, il dépasse le million. De quoi financer la mise aux normes ou l'agrandissement d'une trentaine d'établissements.

Une jeune maîtresse à penser

Mère de trois enfants, Anne Coffinier veut réformer l'Éducation nationale. Pur produit du système, normalienne, énarque, elle en connaît tous les arcanes. De ses parents antiquaires, elle apprend « la culture de l'indépendance ». Grande gueule, catho convertie sur les bancs de l'ENA, elle a réalisé « les travers du système » en voyant une partie de sa promo d'Ulm [l'École normale supérieure] « atterrir dans des collèges difficiles sans aucune formation ». Son premier grand combat sera la remise en cause de la lecture globale en CP. Elle inonde de notes ses copains du cabinet du ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Gilles de Robien. L'entrée de ses enfants à l'école finit de la convaincre de la nécessité d'agir. Elle abandonne alors sa carrière au Quai d'Orsay pour se consacrer à son projet : faciliter la création d'écoles modèles. Son site Créer-son-école.com est une boîte à outils pour les parents ou enseignants désireux de fonder leur établissement. Combien payer les profs ? Comment rédiger un contrat de travail ? Que dire devant l'inspecteur d'académie ? Son réseau lui a permis de structurer cette troisième voie d'enseignement 100 % indépendant, à côté de l'enseignement public et du privé sous contrat. En mars 2008, le Premier ministre, François Fillon, a signé le décret reconnaissant d'utilité publique sa Fondation pour l'école. Outre le fait que la structure lui permet de recueillir des dons d'entreprises ou de particuliers, elle lui sert aussi à faire passer des messages sur l'autonomie des établissements, sur le chèque éducation ou sur la formation des enseignants. En guerre contre les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et leur esprit « post-soixante-huitard », elle n'a pas attendu leur suppression programmée par le ministre Luc Chatel pour créer sa propre école de professeurs des écoles.




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Le Texas dénonce « la dérive pro-islam » des livres scolaires

Le Conseil de l’Éducation du Texas a adopté une résolution qui dénonce avec vigueur le parti pris pro-islam et antichrétien de manuels scolaires. Il avertit qu’il rejettera désormais toutes les nouvelles éditions de manuels qui consacrent plus de place à l'islam qu'au christianisme, proposent une « définition aseptisée du jihad » ou décrivent les Croisés comme des « agresseurs » et des « envahisseurs » tandis que les conquêtes musulmanes sont présentées comme des « migrations » ou la « construction d'un empire ».

Il dénonce notamment le « badigeonnage politiquement correct de la culture islamique et la stigmatisation de la civilisation chrétienne, mettant en accusation le christianisme pour les mêmes pratiques (par exemple le sexisme, l’esclavage, la persécution des contestataires) qu’ils traitent sans porter de jugement, en minimisant, en édulcorant, ou par la censure, quand il s’agit de l’islam. »

Il souligne que, depuis que l’État de Californie a suspendu les approbations de livres scolaires, l’État du Texas est « de facto aux États-Unis la voix principale des acheteurs de livres pour l’école publique. »




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jeudi 23 septembre 2010

Déconcertés par le manque d'ouverture et de dialogue, les parents sont toutefois résolus

Interrogé par la Voix de l'Est de Granby, Sylvain Lamontagne dit ne pas comprendre pas le refus de commissaires. « Ils m'avaient dit que si j'arrivais avec des papiers de médecin, ils pourraient être favorables à l'exemption. »

Des parents de Valcourt ont, pour la troisième année consécutive, fait face à un refus devant la Commission scolaire des Sommets (CSS), mardi soir, à Valcourt. Et ce, malgré huit lettres appuyant la demande d'exclusion de leur fille du cours d'Éthique et de culture religieuse (ÉCR), dont une provenant de leur médecin de la famille.

Mot du médecin de famille

Le Dr Jean Turcotte, de Valcourt, écrit notamment : « Qui donc, parmi les responsables qui doivent se prononcer sur cette demande, peut garantir l'absence de risque de préjudice grave »? Le « psyché humain est complexe, fragile et j'ai pu être témoin des influences religieuses, tantôt positives, mais aussi tantôt négatives. J'ai hélas pu constater les effets dévastateurs qu'ont subis sur leur santé mentale certains membres de sectes. Tout comme j'ai été témoin du désespoir de gens qui n'avaient aucun repère religieux dans leur quête de sens. »

Le père de l'adolescente, Sylvain Lamontagne, et sa conjointe, Marthe Morin, affirment pour leur part : « En tant que parents croyants, nous savons que ce cours créera un préjudice grave [...] si l'enfant est exposé à des convictions et croyances différentes de celles privilégiées par ses parents. »

Le refus des commissaires et l'absence d'écoute des commissaires déconcertent ce père de famille : «Ils (des commissaires) m'avaient dit que si j'arrivais avec des papiers de médecin, ils pourraient être favorables à l'exemption », a-t-il expliqué hier, au téléphone. « On amène de plus en plus de matériel » a-t-il déclaré tout en regrettant l'absence d'ouverture et de véritable dialogue de la part des commissaires.

Lettres pas considérées avant d'énoncer le verdict

Concernant la lettre du médecin, le directeur de la Commission scolaire des Sommets, Christian Provencher, a affirmé à la Voix de l'Est que les commissaires n’en ont pas tenu compte puisqu’il l’a déposée « séance tenante », alors que la décision de l’assemblée du conseil des commissaires était « basée sur les recommandations du comité de révision ». Le comité restreint de révision n’avait pas reçu la lettre du Dr Turcotte présentée mardi par M. Lamontagne. « Ça sortait un peu de nulle part », a prétendu M. Provencher en parlant du parent à qui la commission avait suggéré d'apporter un tel mot à la réunion précédente.

Le fonctionnaire ajoute que la décision du conseil serait fondée sur la loi qui les « oblige à faire en sorte que les élèves fréquentent le système scolaire ». Ce que font les enfants des parents opposés au cours ECR pourtant. « C’est comme si des parents demandaient de ne pas suivre le cours de français », a  affirmé le directeur général. Justification amusante : le cours d'éthique aborde des sujets liés à la morale et aux convictions profondes, la liberté de conscience protège les convictions philosophiques et religieuses des parents, pas leurs conceptions grammaticales ou orthographiques en français.

Impuissance des parents et manque d'écoute

La Granbyenne Marie-Josée Croteau était du nombre des parents sidérés par le manque d'ouverture de la Commission scolaire des Sommets. « Ça démontre l’impuissance des parents à faire respecter leurs choix dans l’éducation de leurs enfants », dit-elle tout en déplorant « la rigidité du système bureaucratique ».

Avis d'experts

Certains de ces propos sont aussi présents dans les lettres déposées au conseil par M. Lamontagne. Paul Gosselin, anthropologue de formation, auteur et parent, soutient que « le fait d’aligner dans un même cours Bouddha, Jésus, Mahomet et le Carcajou amérindien implique que bientôt […] on imposera à tous les enfants un cours de religion polythéiste, et ce, sans l’accord du moindre accommodement raisonnable. »

De même, Louis O’Neill, ancien prêtre, professeur à l’Université Laval et ancien ministre de la Culture sous René Lévesque rappelle que la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». « Le droit d’exemption en fait partie », termine-t-il.

Guy Durand, théologien et juriste éthicien, répond à l'avance aux objections du fonctionnaire Christian Provencher : « Et qu'on n'aille pas évoquer à l'encontre de ce droit que le programme d'ÉCR est "neutre" comme les cours de mathématique, géographie, français, etc. Trop de valeurs morales et religieuses y sont en cause, sans même évoquer les notions d'éthique et de religion sous-jacentes, ni la conception de l'éducation déployée. La "qualité" du docurs dépendra évidemment de l'enseignant qui le donne. Cela ne change pas la nature et les objectifs du programme officiel. »

M. Durand termine sa lettre en faisant appel aux valeurs de dialogue paisible des commissaires : « je voudrais rappeler que l'acceptation de l'exemption du cours ECR favoriserait le climat social, la collaboration avec les parents et, plus globalement, la réputation et la fréquentation de l'école publique commune. Il est injuste de renvoyer les parents à l'école privée [Note du carnet : comme Loyola], où ils doivent payer une partie des coûts, s'ils ne sont pas satisfaits de l'école publique qui devrait être l'école de tous. »

D'autres actions en vue

M. Lamontagne n’a pas l’intention d’abandonner. « Jamais mes enfants n’iront à ce cours », dit-il. Il s’est d’ailleurs tourné vers le bureau de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et a contacté le bureau de Sylvie Roy, députée de l’ADQ. « Eux à l’ADQ, normalement, ils nous défendaient », rappelle-t-il.

Voir aussi

ECR — Marie s'est fait violer, elle invente l'histoire du Saint Joseph a gobé son histoire






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Éthique — L'élection des juges pour résoudre la crise de légitimité ?

L'Occident vit une crise de légitimité de l'autorité judiciaire et la magistrature n'échappe pas aux traditionnels soupçons de soumission au pouvoir ou de justice de classe. L'élévation de la justice aux fonctions de mainteneur de l'État de droit impose une évaluation sans exclusive des divers modes de sélection et de désignation des magistrats.

Or, le procédé électif est aujourd'hui systématiquement écarté en France ou Canada, jugé contraire à nos traditions, alors même qu'il fut pratiqué à la Révolution française, puis revendiqué jusqu'au début du XXe siècle par un large secteur de l'opinion républicaire comme l'authentique moyen de légitimation du pouvoir du juger. Maintenu en France pour les tribunaux de commerce, appliqué aux conseils de prud'hommes et encore aux tribunaux paritaires de baux ruraux, les expériences françaises de justice élective sont suffisamment prégnantes pour mériter une analyse historique susceptible de rendre compte des vertus et des faiblesses d'un tel recrutement. C'est le régime de Vichy qui récemment a restreint le plus sévèrement la présence des jurys populaires dans les prétoires.

En Suisse, pour les juges cantonaux et fédéraux, on pratique l’élection, de toute ancienneté. L’originelle structure fédérale de cette république ne saurait expliquer seule cette spécificité. L’élection des magistrats y est tenue pour la modalité la plus conforme à la nature démocratique du régime. Trois modes électifs sont pratiqués : le suffrage universel direct, l’élection par le pouvoir législatif, l’élection par un collège de magistrats. Les conditions d’éligibilité varient, mais en pratique les choix bénéficient aux candidats à forte qualification et expérience juridiques préalables. La plupart des mandats sont de quatre ans et la réélection est la règle. De nombreuses incompatibilités visent à préserver l’indépendance des magistrats.

Aux États-Unis, l’électivité des juges des États tient à une tradition juridique et politique situant le magistrat en principal agent de l’État de droit. À peine institué (première fois en 1832, par l’État du Mississippi) le procédé électif suscita des flots de protestations. Le peuple, faisait-on déjà valoir au siècle dernier, est le plus mauvais juge des qualités nécessaires au bon magistrat, et les élections contrôlées par les partis politiques sont outrageusement partisanes. Restaurer la confiance publique dans la justice et recruter des juristes qualifiés a conduit depuis 1940 certains États à combiner le modèle de la nomination avec celui de l’élection. Là où le système électif intégral a été conservé, les modalités n’en demeurent pas moins variables.



Histoire du syndicat de la magistrature française




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France — Les tombes et temples profanés sont massivement chrétiens

Quand les médias parlent des profanations de tombe en Europe, c'est souvent pour agiter le spectre du nazisme résurgent (contre les tombes ou synagogues juives) ou du racisme le plus abject (tombes juives et musulmanes).

Or, voilà que Le Figaro s'est procuré une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, qui indique que pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l'année dernière en France :
« Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours.

«Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l'essentiel des dégradations de stèles, d'ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes - qui couvrent 95 % du territoire — touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises». Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer.

[...]

Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d'Halloween et jour de l'An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d'équinoxes. »






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mercredi 22 septembre 2010

« Le ministère de la Rééducation »

Texte de Mathieu Bock-Côté publié dans Écho Montréal, Vol. 17, n° 9, septembre 2010, p. 8.

Raymond Aron, certainement un des plus grands intellectuels du 20e  siècle, a consacré une partie substantielle de son œuvre à la critique du socialisme. Lorsqu’on lui demandait s’il n’était pas las de cette polémique, il répondait que tel était bien le cas, mais qu’il n’y pouvait rien dès lors que cette idéologie menaçait activement les sociétés occidentales.

Depuis 40 ans, les choses n’ont changé qu’en apparence. La haine de l’Occident n’est pas disparue, elle s’est métamorphosée. Le philosophe Alain Finkielkraut l’a noté, le multiculturalisme est le communisme de notre siècle. Il en est l’héritier et a pris le relais comme expression d’un égalitarisme si radical qu’il est traversé par une tentation autoritaire. Il représente aujourd’hui l’idéologie dominante.

Le multiculturalisme repose sur une idée mortifère : les sociétés occidentales seraient coupables de racisme. On devrait pour cela déconstruire leur identité. La société d’accueil n’aurait plus le droit d’exiger des immigrés qu’ils prennent le pli culturel de la majorité. En fait, ce serait à la société d’accueil à « s’adapter à la diversité ».

De manière surprenante, le ministère de l’Éducation (MELS) est devenu le principal promoteur du multiculturalisme au Québec. On l’a vu il y a encore quelques semaines lorsque il a annoncé la réalisation d’un « calendrier multiconfessionnel » permettant aux écoles de planifier leurs examens sans vexer la « sensibilité religieuse » des communautés culturelles.

L’initiative, faussement généreuse, vient bouleverser la question de l’intégration : de plus en plus, chaque communauté disposera pratiquement d’un droit de veto dans l’aménagement du calendrier scolaire. Noël comme Pâques ne seront plus que des fêtes parmi d’autres. Au pire, l’ouverture à l’autre exigerait la disparition de l’identité québécoise de l’espace public. Au mieux, elle ne sera qu’une identité parmi d’autres.

Sur le site internet du MEQ, on présente ainsi la société québécoise : « d’abord occupé par une population autochtone, le Québec a successivement accueilli des arrivants de France, des îles Britanniques, puis d’un nombre toujours croissant de pays. Il reçoit plus de 38 000 nouveaux arrivants par année ». Il n’y a plus de culture fondatrice, seulement un territoire où s’accumulent des vagues migratoires également importantes dans la formation de l’identité québécoise. Pour le MEQ, nous sommes tous des immigrants.

Sans surprise, cette vision se répercute dans le nouveau cours d’histoire du Québec, radicalement dénationalisé. Par exemple, dans ce cours, la Révolution tranquille est dénaturée. On ne dira plus Maîtres chez nous, lorsqu’on examinera l’élection de 1962. On se demandera plutôt si le « nous » en question était suffisamment inclusif. Toujours, on filtrera le passé dans le tamis de le la diversité obligatoire.

C’est un nouveau peuple qui n’aura plus de « québécois » que le nom que le MELS entend fabriquer. Le nouveau cours Éthique et culture religieuse en accouchera. Comme ses théoriciens l’ont avoué, les jeunes Québécois, une fois passés par ce cours, adhèreront à la religion de « l’accommodement raisonnable ». En définitive, ils auront été endoctrinés.

Le MELS entend immuniser les enfants contre leur culture nationale. Il les rendra étranger à leur peuple. On devrait désormais parler du ministère de la Rééducation.




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