jeudi 13 mai 2010

Humour — la pédagogie évolutive

Avertissement

Cette saynète est une œuvre de fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière. En outre, il s'agit d'une satire de la situation française et bien sûr pas québécoise.





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Pourquoi un modèle d'éducation unique ?

Extrait d'une chronique d'Éric Lanthier :

C’est lorsque l’on vit en région qu’on se rend compte que les décisions de nos gouvernements viennent d’une mentalité métropolitaine, comme si tout le monde pense comme les gens de la grande région de Montréal. Or, c’est faux !

En région, tout le monde se connaît, on ne barre pas nos portes, on n’appelle pas avant de visiter un ami, on passe et on repart après avoir mis notre placotage à date. Puisque la vie est si différente en région, pourquoi l’État nous impose-t-il un modèle unique ? Prenons par exemple la « déconfessionnalisation » des écoles. Lorsqu’il était temps d’enlever des pouvoirs décisionnels aux parents en milieu scolaire, on nous disait qu’il fallait procéder de la sorte parce que la situation à Montréal était ingérable. Premièrement, c’était faux. Le programme d’Enseignement moral et religieux protestant (EMRP) faisait le travail. Une fois implanté dans les centres multi-ethniques, ce programme aurait réglé le problème de Montréal. Effectivement, ce programme satisfaisait l’ensemble des parents non catholiques de la région métropolitaine. Le problème, c’est que l’État ne voulait pas faire la promotion de ce programme. Il a préféré l’abolir, enlever tous les droits confessionnels des parents et endoctriner tous les enfants du Québec par un cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR).

Or, pendant que l’appareil « fonctionnarial » convainquait le gouvernement que le système confessionnel ne fonctionnait pas, les régions exclusivement chrétiennes de souche ne vivaient aucun de ces problèmes. Quand a-t-on vu dans les journaux, à la fin des années 90 un problème d’accommodements raisonnables en Abitibi, en Gaspésie ou en Beauce ? Or, l’État a décidé d’enlever à tous les parents Québécois, leur droit d’avoir des écoles confessionnelles subventionnées, leur droit d’inscrire leur enfant à un cours d’enseignement religieux chrétien ou de leur choix et leur droit d’avoir recours à des services d’animation pastorale.

Au lieu de mieux gérer la problématique à Montréal, l’État a préféré enlever les droits confessionnels à tous les parents du Québec. Encore une fois, les régions ont payé le prix au profit d’un groupe d’idéologues. Une fois de plus, l’État ne s’est pas préoccupé des régions, il a opté pour la dimension idéologique et non pour la logique. Il préfère endoctriner nos jeunes dans le multiculturalisme que de dynamiser le pouvoir de ses concitoyens.




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PQ  : confusion entre ethnique et confessionnelle pour restreindre le choix ?

On sait que c'est une vieille marotte du Parti québécois (PQ) : il faut chasser la religion des écoles privées. M. Curzi était déjà revenu sur ce projet dans les colonnes du Devoir.

Le sujet sera à nouveau à l'ordre du jour du prochain colloque du PQ cette fin de semaine, 15 et 16 mai, à Drummondville.

On ne voit pas très bien en quoi cela améliorerait la qualité de l'enseignement, accélèrerait l'indépendance du Québec, ni pourquoi le PQ veut absolument restreindre le choix en enseignement.

Analysons le texte explicatif qui précède une des questions qui sera soumise aux congressistes du PQ :
Par ailleurs, le réseau scolaire québécois a été déconfessionnalisé
Le réseau scolaire public en prétendant qu'il ne s'agissait pas de chasser la religion, mais de créer des commissions linguistiques. Lire la relation de Jacques Brassard, le ministre du PQ en exercice à l'époque, sur ces événements.
depuis plusieurs années, mais l’État continue de subventionner des écoles privées religieuses qui utilisent le temps de classe régulier pour donner des cours de religion.
Cette partie du temps n'est pas subventionnée par l'État.
Ces écoles sont en outre « exclusives », refusant d’admettre des enfants qui ne sont pas de « la bonne » origine religieuse.
C'est certainement faux pour l'immense majorité des écoles privées confessionnelles au Québec : les écoles catholiques et protestantes. Elles sont en fait souvent d'excellents vecteurs d'intégration, car, si elles prennent vraiment à cœur leur confession, on peut argumenter qu'elles enseignent mieux les valeurs historiques de notre société judéo-latino-chrétienne que les écoles publiques.
Si la société québécoise est une société laïque, le gouvernement devrait cesser de subventionner les écoles qui ont pour mandat d’enseigner la religion.
Laïque ne veut pas dire opposé aux religions, mais neutre vis-à-vis de celles-ci, qui ne s'immisce pas dans le domaine de la religion. En subventionnant toutes les écoles privées, l'État fait abstraction de leur appartenance, il est neutre et laïque dans ce sens-là.
Le ministère de l’Éducation ne comptabilise pas les écoles privées selon leur confession, mais plutôt par communauté culturelle. Il existe présentement 34 écoles culturelles qui reçoivent des subventions : 19 juives, 9 musulmanes, 3 arméniennes, 2 grecques et 1 turque. Pour le reste, il est facile de déduire que la majorité des écoles privées qui ont une charte confessionnelle est catholique.
Il faudrait savoir, les auteurs du « Cahier de réflexion » de ce colloque sont-ils contre les écoles ethniques qui probablement, il est vrai, recrutent parmi une clientèle homogène ou les écoles confessionnelles, y compris les écoles catholiques multiethniques comme Loyola qui poursuit déjà en justice le Monopole de l'Éducation au Québec ?
Question 7 : Faut-il aller plus loin dans la déconfessionnalisation du réseau des écoles privées subventionnées?

Notons au passage que la question suivante nous semble plus intéressante et moins marquée au coin d'un laïcisme jacobin de mauvais aloi (bien que le rôle des parents mériterait d'être précisé dans ce nouvel arrangement) :

Le système d’éducation québécois est performant à bien des égards, mais avec son imposant ministère de l’Éducation et ses commissions scolaires aux pouvoirs étendus, son système de gestion est lourd, bureaucratisé et il laisse peu de place aux décisions de la base, soit celles des parents et des directions d’écoles.

D’autre part, les taux de participation dérisoires aux élections scolaires indiquent une désaffectation palpable des parents envers ce système.

Dans la plupart des pays, l’école a une autonomie beaucoup plus grande, ce qui lui permet de s’adapter à son environnement et aux besoins de sa communauté. De plus, une plus grande autonomie des écoles encourage les parents et la communauté à s’impliquer davantage puisqu’ils ont un plus grand impact sur les décisions et les modes de fonctionnement.

Pour offrir ce type d’autonomie aux écoles québécoises, il faudrait limiter le mandat du ministère de l’Éducation, mettre fin aux élections des commissaires et remplacer les commissions scolaires par des agents du ministère avec un rôle limité de coordination.

Question 8 : Croyez-vous qu’un allègement des structures scolaires (ministère et commissions scolaires) permettrait d’augmenter d’autant les ressources financières et humaines dédiées à nos enfants et l’autonomie de nos écoles ?




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mercredi 12 mai 2010

Espagne — suppression de l'allocation à la naissance

Le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Zapatero a annoncé de sévères mesures d’austérité pour réduire les déficits.

Parmi celles-ci, la suppression à partir de 2011 de l’aide de 2 500 euros (3 220 $ canadiens) à la naissance de chaque enfant. C’était l’une des mesures phares du Parti socialiste (PSOE), adoptées en 2007, pour relancer la natalité anémique de la péninsule. L'opposition conservatrice du Parti populaire (PP) avait dénoncé cette mesure qu'elle qualifiait d'« électoraliste ». Cette mesure avait coûté 1,23 milliard d'euros en 2008, soit 1,57 milliard de $ canadiens.

Une aide supplémentaire de 1 000 euros (1290 $ canadiens) était octroyée aux mères monoparentales, aux familles nombreuses et pour les enfants handicapés.

Faible hausse démographique compromise ?

L'indice synthétique de fécondité espagnol était de 1,44 enfant par femme en 2009. Il faut 2,1 enfants par femme pour assurer le renouvellement des générations. Au Québec, l'indice synthétique de fécondité s'établissait à 1,731 enfant par femme en 2009, en légère baisse par rapport à celui de l'année 2008 (1,735).

Après 13 années d'une lente augmentation de la fécondité espagnole (elle était de 1,2 enfants/femme en 1997) — dont une grande part due à des mères étrangères — plusieurs indices semblent faire penser que cette très relative embellie a pris fin.

Parmi ces indices, les chiffres de la natalité en Catalogne où le nombre de naissances en 2009 a atteint 85 916, alors que ce chiffre était de 89 327 en 2008. Ce qui représente une baisse de 3,8 %. Et plus l'année a progressé, plus la baisse s'est renforcée. C'est ainsi que le nombre de naissances pendant le premier trimestre de 2009 (20 941 naissances) fut pratiquement identique au premier trimestre de 2008 (20 928 naissances), mais, à partir d'avril 2009, la baisse enregistrée s'est stabilisée pour atteindre 5 %.

Cette baisse semble s'être poursuivie lors du premier trimestre 2010, comme l'indiquent des données de huit hôpitaux publics catalans.

Importance de la crise et de l'immigration dans la natalité

Selon Andreu Domingo, chercheur au Centre d'études démographiques (CED) catalan, la population immigrante pourrait jouer un rôle très important dans la baisse de la natalité. En effet, la hausse de la natalité jusqu'en 2008 était soutenue, en grande partie, par l'arrivée de mères immigrantes d'âge fécond. Si, entre 2000 et 2008, le nombre de naissances dont la mère est espagnole avait augmenté de 11 %, le nombre de naissances de mère étrangère avait augmenté de 340 % (en d'autres termes, leur nombre avait été multiplié par 4,4).

Avec le début de la crise en Espagne, où le chômage avoisine désormais 20 %, l'arrivée d'immigrés d'âge fécond a été freinée, ce qui peut expliquer une baisse de natalité globale en Espagne.

La crise n'est évidemment pas sans effet sur la population espagnole en générale. De très nombreux travailleurs espagnols, principalement du secteur de la construction, se trouvent au chômage. « Ils ne se trouvent pas dans une situation économique propice à avoir des enfants » d'observer Domingo. « Tout entre un peu en jeu pour faire baisser la fécondité ».




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Québec ne connaît pas sa capacité d'accueil d'immigrants et évalue mal le dossier d'un immigrant sur deux

Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, a déposé mercredi le premier tome de son rapport annuel 2010-2011. Il y pose un regard sévère sur le travail et le processus de sélection du ministère de l'Immigration du Québec.

L’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains attribue au Québec la responsabilité exclusive de sélectionner les immigrants de la catégorie de l’immigration économique. En 2009, ces immigrants représentaient 70 % des 49 489 admissions du Québec et 91 % d’entre eux étaient des immigrants travailleurs qualifiés (donc très peu d'investisseurs).

L'équipe du vérificateur Lachance a d'abord constaté que « le ministère n’utilise pas d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité réelle du Québec à accueillir et à intégrer en emploi les nouveaux arrivants. Sans évaluation, le ministère ne peut s’assurer que la province est capable de supporter les hausses progressives des volumes d’immigration, tout en optimisant les retombées de l’immigration sur le développement du Québec. »

Hausse de l'immigration à visée électoraliste ?

En 2007, le gouvernement Charest a augmenté de 20 % les cibles à atteindre en matière d'immigration. L'objectif se situe cette année à « entre 52 000 et 55 000» pour 2010. Plusieurs commentateurs, comme Mario Dumont, ont fait un rapprochement entre cette hausse des taux d'immigration et la volonté électoraliste du Parti libéral du Québec. En effet, les immigrants votent massivement pour le PLQ, 55 000 cela représente « quasiment un nouveau comté par année » qui vote libéraux de déclarer M. Dumont à son émission Dumont 360 ° du lundi 10 mai (à 17 h 05).

Inadaptation des critères de sélection aux conditions économiques ?

Le vérificateur note un taux de chômage plus élevé chez les nouveaux arrivants que dans le reste de la population. Mais il n'est pas à même juger si le Québec outrepasse sa capacité d'accueil à l'heure actuelle.

« Nous, on ne le sait pas, déclare M. Lachance. Mais on dit que le ministère, lui, devrait le savoir. C'est pour ça qu'on invite le ministère à se donner un indicateur de cette capacité d'intégration. »

En 2009, le taux de chômage des immigrants du Québec s’élevait à 13,7 % comparativement à 7,6 % pour la population native et à 10,7 % pour les immigrants de l’Ontario.

Malgré ces données, le ministère n’a pas évalué sa grille et ses conditions de sélection, notamment par rapport aux pratiques étrangères. Certains pays ont fixé des conditions préalables au traitement d’une demande d’immigration. Ainsi, la candidature d’un travailleur qualifié n’est recevable que si sa profession figure sur la liste des professions privilégiées.

La grille de sélection a « une efficacité limitée », juge M. Lachance. Le critère « d'adaptabilité », par exemple, pourtant encore modifié en 2006, favorise les jeunes scolarisés qui parlent français, plutôt que de s'assurer que leur formation répond à un besoin réel de main-d'œuvre au Québec. Entre 2006 et 2008, à peine 9 % des candidats sélectionnés présentaient un profil répondant aux domaines de formations privilégiées par le Québec.

Soixante pour cent des travailleurs qualifiés sélectionnés par Québec n’ont obtenu aucun point pour un domaine de formation adapté aux besoins québécois. La note de passage a été obtenue surtout grâce à d’autres caractéristiques (niveau de scolarité, âge et connaissance du français).

Moitié des dossiers des candidats est lacunaire

Le vérificateur général critique la grille de sélection des immigrants du ministère. Il a étudié un échantillon de 91 dossiers de nouveaux arrivants. Il voulait vérifier s'ils répondent à l'adéquation recherchée entre la sélection des immigrants et les besoins en main-d'œuvre au Québec.

Parmi ces 91 dossiers, le ministère a délivré des certificats de sélection dans 38 cas et a refusé 6 demandes, sans que les dossiers respectent la réglementation ou les instructions du Guide des procédures d’immigration, ou encore sans que des documents ou des commentaires des conseillers à l’immigration soutiennent cette décision.

Par ailleurs, en extrapolant les résultats de nos travaux à l’ensemble des dossiers des territoires visés pour la période couverte, le vérificateur déclare (avec un degré de confiance de 90 %) :
  1. Entre 40 et 57 % des dossiers (de 11 826 à 16 853 dossiers) comportaient des erreurs dans l’attribution des points de la grille de sélection ou ne contenaient pas tous les éléments nécessaires pour justifier les points attribués.

  2. Pour 34 à 51 % de ces dossiers (de 10 052 à 15 079 dossiers), le ministère ne peut s’assurer de la justesse de sa décision d’attribuer ou non un certificat de sélection du Québec à cause de l’absence de toutes les informations nécessaires la soutenant.
Le rapport signale également que, de 2005 à 2009, « la proportion des demandes acceptées en sélection sur dossier sans entrevue [avec l’agent d’immigration] est passée de 17 à 29 %, phénomène que le Ministère explique par un besoin d’accélérer le processus de sélection et son souci de générer des économies tout en atteignant les cibles visées ».

Réactions timides de l'opposition

Pour Mme Lise Beaudoin, porte-parole du Parti québécois en matière d'immigration, le rapport du vérificateur montre que le ministère est « complètement à côté de la coche ». Le nombre d'anomalies constatées dans les dossiers remet même en cause « l'intégrité du système », croit-elle.

« Pour moi, ce n'est pas le nombre (d'immigrants) qui pose problème, mais les moyens qu'on met pour les intégrer », de déclarer Mme Beaudoin. Mais si on doit y mettre beaucoup de moyens, cela ne pose-t-il pas aussi un problème ?

Le chef de l'Action démocratique, Gérard Deltell, croit pour sa part qu'il faut revenir au niveau d'immigration de 2006, soit 10 000 personnes en moins : « On souhaiterait qu'il y en ait davantage, mais notre société n'est pas en mesure d'accueillir tous ces gens-là comme il se doit ».

Voir aussi :

L'immigration paiera-t-elle les retraites, enrichit-elle les pays d'accueil ?

Faible fécondité qui stagne, immigration massive : le Grand Montréal s'anglicise rapidement





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Violences scolaires au Québec, dès le préscolaire...

Un sondage Léger Marketing réalisé en mars 2010 et auquel plus de 2000 enseignantes et enseignants ont participé révèle que 85 % des enseignantes et enseignants affirment être victimes de violence psychologique ou verbale et la moitié d’entre eux a vécu une forme de violence physique.

En avril 2008, le Monopole de l'Éducation du Québec (MELS) lançait un plan d’action pour prévenir la violence à l’école. Pour la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), deux ans plus tard, force est de constater que le ministère n’a toujours pas produit l’état de situation promis et qu’il n’a surtout pas respecté ses engagements pour préserver et réduire la violence dans les écoles du Québec.

Formes de violence

Les formes de violence psychologique ou verbale les plus couramment rencontrées par le personnel enseignant sont :
  1. les propos méprisants (74 %) ;

  2. l’intimidation (46 %) ;

  3. les menaces d’agression physique (35 %) ;

  4. le harcèlement (25 %).
Fait non négligeable, le sondage démontre que cette violence psychologique ou verbale apparaît dès le préscolaire et demeure constante jusqu’à la fin du secondaire. Près du quart (23 %) des enseignantes et enseignants indique subir des actes de violence psychologique ou verbale sur une base régulière.

De plus, la moitié des enseignantes et enseignants sondés a été victime de violence physique.


Fin à l'intégration

Pour la FAE, il est temps que le gouvernement cesse de seulement parler de la prévention de la violence pour réellement agir dans les milieux. « Les professeurs ne peuvent plus enseigner en plus de contrôler la violence. Quand un enseignant doit faire sortir ses élèves de la classe pour pouvoir contrôler un seul élève en crise, c'est tous les autres qui en souffrent. Ça ne peut plus durer », commente M. St-Germain, président de la FAE.

La première solution réclamée par la FAE est la fin de l'intégration massive des élèves en difficulté dans les classes régulières.




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Les commissions scolaires seraient peu économes dans leurs dépenses d'administration

Dans son rapport rendu public mercredi, Renaud Lachance, vérificateur général du Québec, s'est penché sur les frais d’administration des commissions scolaires. Il estime qu'un exercice de dégraissage des commissions scolaires pourrait permettre d'économiser des millions de dollars.

Au cours de l’année 2007-2008, les dépenses des C.S. ont totalisé, selon les données du ministère, quelque 9,9 milliards de dollars dont 561 millions ont servi à des activités de nature administrative, comme celles liées à la gestion des ressources financières, humaines et matérielles ainsi qu’à différents services administratifs. Le principal bailleur de fonds des C.S. est le Monopole de l'Éducation du Québec : il leur alloue environ 7,5 milliards de dollars.

Les frais d’administration sur lesquels ont porté les travaux du vérificateur général s’élèvent annuellement à plus de 350 millions de dollars pour l’ensemble des C.S., soit environ 3,7 % de leurs dépenses de fonctionnement.

Le vérificateur a étudié le cas spécifique de cinq commissions scolaires. Il en conclut qu'il serait possible d'épargner, pour ces cinq commissions, entre 4,6 et 8,1 millions de dollars uniquement en frais d'administration, sans affecter les services.

Son rapport remet aussi en question le nombre de commissions scolaires (72 dans toute la province) par rapport au nombre d'élèves desservis. Il laisse entendre que des fusions seraient possibles dans certaines régions du Québec où le nombre d'élèves est en forte décroissance. C'est le cas, entre autres, pour certaines commissions scolaires du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le chapitre du rapport du vérificateur général du Québec consacré aux commissions scolaires.







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mardi 11 mai 2010

Michelle Couchesne fait marche arrière sur le calendrier scolaire

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a annoncé mardi que tous les congés, incluant les congés fériés, seront réintroduits dans le calendrier scolaire.

Le projet de réforme du calendrier scolaire, par une modification administrative en apparence anodine au régime pédagogique, avait été déposé en février dernier, notamment comme on l'avait appris par la suite pour accommoder les écoles confessionnelles juives sans prendre en considération tous les parents. Les critiques avaient fusé de toutes parts.

La ministre Courchesne a précisé que les écoles pourront désormais donner des cours la fin de semaine, uniquement si les parents sont d'accord.

Elle a aussi affirmé que les ententes avec les écoles juives, qui souhaitent réserver un certain nombre d'heures à l'enseignement religieux, pourront être respectées.

Maintien de la possibilité d'enseigner ECR en 3e secondaire

Si Mme Courchesne revient sur sa réforme en catimini du calendrier scolaire, elle maintient la modification qui permet l'enseignement du programme d'Éthique et culture religieuse de 4e année du secondaire — l'année double-dose d'ECR — à des élèves de 3e année du secondaire.

Report des élections scolaires

Le gouvernement a aussi indiqué qu'il reportait les élections scolaires, prévues le 6 novembre 2011. La date de la prochaine élection scolaire générale sera fixée ultérieurement par décret gouvernemental.

La ministre Courchesne a annoncé la création d'une table de consultation pour déterminer s'il serait préférable de tenir les élections scolaires la même journée que les élections municipales. Les commissions scolaires et les unions municipales prendront notamment part à cette consultation.

Cette décision vise à augmenter le taux de participation des élections scolaires, qui est beaucoup plus bas que celui des élections municipales.

Le prochain scrutin municipal doit avoir lieu en 2013.




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Conférence des « laïques » autour du cours ECR

5e colloque du Mouvement Humanisation (proche du Mouvement laïque québécois), le samedi 5 juin 2010.

Le nouveau programme Éthique et culture religieuse qui a débuté en septembre 2008 offrait au peuple québécois une chance unique de se doter d’une éthique fondée sur l’humain, par l’humain et pour l’humain. Malheureusement ce programme est critiqué de toutes parts autant par les croyants que par les partisans de la laïcité. Voila pourquoi le 5e colloque du Mouvement Humanisation espère apporter une réponse originale à une question cruciale pour l’avenir du Québec et de l’humanité : Quelle éthique pour la jeunesse ? En d’autres mots, est-ce que le programme Éthique et culture religieuse respecte le droit inaliénable d’un être, qui ne naît humain qu’en potentiel, à une éthique humanisante.

Dans des annonces du mouvement humanisation distribuées lors de conférence du personnel de plusieurs écoles, le Mouvement Humanisation est plus cinglant avec le programme ECR : « Ce colloque offre à tous les enseignants responsables des cours d’éthique et de culture religieuse un moyen de s’extirper du cul-de-sac professionnel dans lequel ce programme les a plongés. »

Conférenciers

Dany Rondeau est professeure de philosophie et d’éthique au département des lettres et humanités de l’Université du Québec à Rimouski. Ses travaux actuels portent entre autres sur les théories en philosophie morale qui permettent de penser les conditions du vivre ensemble dans un contexte de pluralisme social, culturel et religieux. Dans sa conférence, après avoir rappelé quelques-unes de ces conditions, elle examine la possible contribution du programme d’Éthique et culture religieuse à leur réalisation.

Titre de la conférence : « Quelle éthique pour quelle société ? »




Marie-Michelle Poisson est professeure de philosophie au collège Ahuntsic de Montréal. Elle est également présidente du Mouvement Laïque Québécois qui préconise l’abolition du volet culture religieuse du programme Éthique et culture religieuse (ECR). Elle expliquera par quels stratagèmes l’essentiel de l’enseignement confessionnel a pu être préservé dans un système d’enseignement qui se prétend non-confessionnel et démontre comment l’idéologie du cours ECR menace sérieusement l’héritage des Lumières en habituant les jeunes esprits au retour du religieux dans l’ensemble des institutions publiques.

Titre de la conférence : « Programme Éthique et culture religieuse (ÉCR) – Arguments contre une propagande »





François Couillard est détenteur d’une double formation en Éducation physique et en Éthique et culture religieuse [sic], il a enseigné le nouveau programme ÉCR à tous les niveaux du secondaire. Il a également participé à la préparation d’un matériel didactique sur l’éthique à des fins professionnelles et corporatives. Dans sa présentation, il dressera un portrait de la situation actuelle et proposera des solutions aux nombreux défis qui attendent les enseignants s’ils espèrent respecter le droit fondamental des enfants et des adolescents à une éthique « humanisante ».

Titre de la conférence : « Défis et espoirs d’un enseignant d’ÉCR. »





Gaston Marcotte est professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et président-fondateur du Mouvement Humanisation. La « faillite des religions » et des idéologies sociales du XXe siècle (socialisme, communisme, fascisme, nazisme, capitalisme[!], etc.) ont privé les humains des balises et des repères qui donnaient jadis un sens et une direction à leur vie individuelle et collective. Le professeur Marcotte entend démontrer que seule une éthique fondée sur une conception naturelle de l’être humain et ses exigences de bon développement et de bon fonctionnement dans ses nombreux rapports pourra produire non pas un monde et un humain nouveaux, mais meilleurs.

Titre de la conférence : « Fondements d’une éthique naturelle »




Inscription ici.

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Jeudi soir, Catherine Lachaussée de Radio-Canada a animé, au Musée de la civilisation de Québec, une table ronde sur le cours d'éthique et culture religieuse sur le thème « Quels outils pédagogiques ? »

Les panélistes étaient Carole Couture, directrice du Bureau d'approbation du matériel didactique au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (accompagnée de Chantal Rainville, responsable du dossier), Roger Girard, ex-enseignant et chercheur en éducation, et Simon Mathias Poulin, enseignant au programme international à l'école secondaire de Rochebelle.

Carole Couture du BAMD

Madame Couture, une jeune dame dans la trentaine aux longs cheveux noirs, a longuement expliqué le processus d'approbation du matériel didactique qui passe par son bureau.

Le but de son exposé était évident : montrer le sérieux du processus, garant selon elle de la qualité des manuels. Trois enseignants valident le contenu pédagogique des manuels, huit experts religieux le contenu religieux, un expert le contenu éthique et le dialogue, puis les aspects socioculturels du manuel sont validés (est-il politiquement correct, fémi­niste, multi­cul­turel ?) et, enfin, on inspecte son aspect publicitaire et matériel (qualité de la reliure, de l'impression, etc.)

Madame Couture était très fière de ce que presque aucun manuel ne fût approuvé dans son état initial, les éditeurs étaient « impressionnés » par le rapport d'analyse que produisait le BAMD. Rapport qui aboutissait à une série de modifications que les maisons d'édition « exemplaires », elles aussi, devaient apporter à leurs manuels. Parfois, des chapitres complets devaient être réécrits.

Parmi les changements fréquemment demandés dans les manuels ECR :
  1. la proportion accordée à chaque tradition religieuse ;

  2. avoir autant d'éthique que de tradition religieuse ;

  3. corrections à apporter à des erreurs de fait (liste très longue souvent) ;

  4. s'assurer de l'approche culturelle de la religion ;

  5. adopter une approche éthique [dans le sens particulier de ce mot que lui attribue le MELS] et non morale ;
Madame Couture a de nouveau insisté sur l'analyse détaillée et rigoureuse qui caractérisait le processus d'approbation. La ministre encourageait l'utilisation des manuels plutôt que le matériel non approuvé comme les cahiers d'exercices.

Des guides destinés aux enseignants qui accompagnent les manuels de chaque collection seront bientôt approuvés, ils comprendront des corrections à apporter aux manuels et préciseront ou rappelleront la posture correcte à adopter pour les enseignants.

Roger Girard

Roger Girard, ex-enseignant et chercheur en éducation, a ensuite pris la parole, « à titre personnel » a-t-il insisté.

Le début de l'intervention de M. Girard était théorique et un peu décousu. M. Girard parlant sans notes et sans PowerPoint contrairement à Mme Couture. Laquelle fonctionnaire s'impatientait d'ailleurs, la langue dans la joue.

Enfin, à l'instigation de Catherine Lachaussée, la modératrice, M. Girard a rappelé les principales critiques qui avaient été faites sur les manuels :
  1. celles de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec ;

  2. celles de la Table de concertation protestante en éducation [qui incidemment ne regroupe pas les églises évangéliques opposées au cours ECR] ;

  3. celles de ce carnet.
Inutile de revenir sur ces critiques, on les trouvera principalement ici et .

Remarquons que M. Girard ne revient pas sur les critiques des manuels du philosophe et théologien Guy Durand, celle de la sociologue Joëlle Quérin sur le multiculturalisme, et celle de la présidente du Mouvement laïque québécois.

M. Girard a conclu en rappelant que le matériel pédagogique n'était qu'un instrument pédagogique et que le rôle de l'enseignant était déterminant en classe.

Simon Poulin

Vint ensuite le tour de Simon Poulin un jeune enseignant qui avait servi de conseiller pour le ministère et qui voulait témoigner de trois années de formation qu'ils avaient données.

Simon Poulin est un disciple convaincu du cours d'ECR, pour lui ce programme « permettra d'arriver dans une société plus ouverte d'ici quelques années. » M. Poulin n'a pas précisé plus ouverte sur quoi.

La contribution de M. Poulin était intéressante par sa franchise. Nous énumérerons ici quelques-unes des leçons qu'il a tirées ces trois dernières années :
  • les enseignants n'ont reçu que 2 ou 3 jours de formation alors qu'il y aurait dû en avoir 10 à 20.

  • L'année 2008 a été difficile en ECR.

  • Les enseignants n'ont pas reçu assez de formation en « renouveau pédagogique  » (à savoir le socio­cons­truc­tivisme radical, l'approche par compétences).

  • Devant les attaques des groupes qui critiquent le programme ECR plutôt de tenter de l'améliorer, les gens ne veulent pas s'approprier ce programme, ils hésitent.

  • Ce cours est plus « rigoureux » que l'ancien cours de morale.

  • Plusieurs enseignants de l'ancien cours de religion ont arrêté d'enseigner ou ont pris une année sabbatique plutôt que de donner le cours ECR.

  • Au primaire, ECR est la 7e matière pour le titulaire, on n'a pas de temps, « beaucoup, beaucoup, beaucoup » la laissent tomber.

  • Ailleurs, les écoles et les commissions scolaires ne donnent pas assez de temps d'appropriation aux enseignants.

  • Heureusement que l'on a le BAMD. À ce moment, Carole Couture, directrice dudit BAMD, rougit et paraît tout émoustillée.

  • De nombreux enseignants auraient voulu plus de matériel clé en main, certaines collections de manuels comme Tête-à-tête (éditions du Grand-Duc) illustrent de nombreux points de vue, mais contiennent peu d'encadrement pédagogique.

  • Il existe des erreurs de fait dans les manuels, M. Poulin semble chagriné qu'un nénufar illustre la fleur de lotus, or c'est totalement différent, etc.

  • Certains récits sont sans queue ni tête : on décrit le récit de Noé en commençant ex abrupto avec le Déluge, sans expliquer la raison de celui-ci et on n'explique pas l'arc-en-ciel à la fin (signe de l'Alliance). Les enseignants sans formation seront déroutés.

  • Au secondaire, plusieurs enseignants se plaignent du caractère trop intellectuel du matériel pédagogique, il n'opère pas assez au niveau de l'affectif. Le contenu est froid. Les enseignants et les élèves délaissent le matériel.

  • Il y a eu des écarts de la part de professeurs moins motivés, un certain laisser-aller, on a montré en classe des films inappropriés. Pourquoi ? Parce que les enseignants se trouvaient dans une situation de survie avec des élèves non intéressés.

  • Malheureusement, il y a eu des coupures dans la formation ECR depuis 2009.

  • Les guides destinés aux enseignants sont coûteux (400-500 $ pièce). En outre, les écoles qui n'ont les manuels qu'à l'essai pour l'instant ne savent pas encore quels guides acheter.

  • Sans guide, les enseignants interprètent les manuels à leur façon.

  • Il n'y a assez d'argent que pour un manuel par élève en classe. L'élève ne peut donc pas l'emmener à la maison pour le lire. Les enseignants se tournent donc vers des cahiers d'ECR non approuvés de moindre qualité.

  • Il est également démotivant de devoir enseigner ECR à des classes plus âgées alors qu'ils n'ont pas les bases, le cours ECR ayant introduit brusquement en 2008 pour toutes les cohortes. Les élèves manquent donc souvent de bases et il faut utiliser du matériel du primaire avec des élèves du secondaire pour combler ces lacunes.

  • La conclusion de M. Poulin fut pour le moins paradoxale quand on se souvient de son éloge appuyé en faveur du BAMD : pour M. Poulin le meilleur matériel pédagogique en ECR est le programme officiel d'ECR ! Oui, ces deux documents répétitifs et abscons : primaire et secondaire.
Échanges et Période des questions

La période interactive de la table ronde a commencé par une intervention de M. Girard qui a rappelé un scandale des manuels scolaires des années 50 apparemment publiés par des congrégations religieuses. Il a ajouté cette remarque troublante aux sujets de ces congrégations : « Comme s'ils en avaient le droit » de publier des manuels. On comprend que, pour M. Girard, c'est l'État — à vrai dire quelques fonctionnaires et experts fantomatiques — qui doit décider quels sont les bons manuels, pas un genre de marché où les écoles ou des associations d'écoles décident d'acheter ce qu'elles considèrent comme de bons manuels. Le monopole, d'État ici, garantirait la qualité...

Opacité du processus d'approbation

Peu après, un membre du public a demandé qui étaient ces experts qui révisaient les manuels et décidaient des modifications obligatoires qui devaient y être apportées. Leurs noms sont confidentiels a déclaré en substance Mme Couture, c'est notre politique. Ce manque de transparence, cette opacité n'a pas eu l'heur de convaincre celui qui avait posé la question. On se rappellera une islamiste radicale, Mme Najat Boughaba, qui apprenait à ses lecteurs qu'on lui avait également donné l'occasion de répondre à un questionnaire pour évaluer trois manuels du cours d'éthique et de culture religieuse et qu'elle a remis au ministère de l'Éducation une série de recommandations « en tant que pédagogue » !

Le manque de transparence ne s'arrête pas là :
  1. On ne connaît pas les corrections « socioculturelles » exigées par le BAMD, à savoir les changements demandés non pour corriger des faits, mais rendre les manuels conformes aux diktats politiquement corrects du « Politburo » comme l'appelleraient certains éditeurs.

  2. On ne connaît pas plus les raisons « idéologiques » qui font que certains sujets sont tus : pourquoi ne parle-t-on pas des raisons du Déluge... ? Comme on l'apprendra ci-dessous « un expert » a décidé qu'ils valaient mieux que les manuels n'en parlent pas. Savoir qu'on ne veut pas en parler est pourtant révélateur, c'est par accident qu'on l'a appris lors de cette table ronde.

  3. On ne connaît pas pour le BAMD la proportion accordée dans un manuel à chaque tradition religieuse.

  4. Le BAMD ne publie pas les erreurs constatées dans les manuels après l'approbation de ceux-ci. Ils sont silencieusement corrigés lors d'éditions ultérieures de ces manuels ou ces erreurs sont relevées dans les guides destinés aux enseignants, mais ils sont très coûteux comme on l'a vu ci-dessus. Un membre du public a d'ailleurs suggéré que ces errata soient plutôt rendus publics sur le site internet du BAMD pour que tous en profitent.

Réponse aux évêques et aux protestants « progressistes »

Mme Couture a commencé par dire avec une satisfaction affichée que le dossier des évêques catholiques était fermé, qu'on avait répondu à leurs inquiétudes.

Mme Couture a ensuite affirmé que leur critique se basait en partie sur du matériel non approuvé, ce qu'a récusé un membre du public qui avait rencontré des évêques à ce sujet. D'ailleurs, la ministre Courchesne dans sa réponse (évasive) aux évêques le rappelle : les évêques ne parlaient dans leur lettre de septembre 2009 que des manuels approuvés pour le primaire. Mme Couture s'est alors repliée sur une autre explication : les évêques n'avaient pas nommé chacun des manuels analysés...

Qu'est-ce que prédominance du christianisme signifie ?

Une personne présente dans la salle a alors demandé de chiffrer en termes de pourcentage la prédominance que devait avoir le christianisme dans les manuels.

Mme Rainville a refusé de donner un chiffre se contentant de relire les prescriptions du programme :
« le christianisme (le catholicisme et le protestantisme) est traité tout au long de chaque année d’un cycle  ;
le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones sont traités à plusieurs reprises, chaque année d’un cycle ;
etc. »
Le membre du public au micro a soulevé que l'orthodoxie était la grande oubliée dans cette liste et puis « En quoi ces prescriptions empêcheraient-elles que le christianisme ne corresponde qu'à une minorité importante du contenu des manuels ? » de demander la personne de l'assistance. Rappelons que M. Bergevin à Valcourt avait fait comprendre que prédominance pouvait signifier la partie la plus grande prise individuellement et pas nécessairement la majorité absolue.

Ah, mais le BAMD ne compte pas uniquement le nombre de pages de répondre Mme Rainville. Il se penche sur le temps alloué à chaque tradition... Comment ? En comptant les pages, le nombre de questions par tradition ? Mystère et boule de gomme. Mme Rainville ne peut que dire que le BAMD prend « tout » en compte. « Que signifie tout ? » de demander son contradicteur quand on approuve des manuels sans savoir ce qui se passera en classe ? Et puis comment expliquer qu'on trouve des manuels avec un peu plus de 30 % du contenu de culture religieuse réservé au christianisme de demander cet empêcheur-de-fonctionnariser-en-rond ? Les évêques catholiques et les protestants de la TCPE ont d'ailleurs dit la même chose en substance. Pas de réponse, mais de simples moues désapprobatrices.

Avant de se rasseoir, le mal pensant au micro a accusé le BAMD et le MELS de vouloir noyer le poisson et d'induire les gens en erreur en répétant la litanie des vagues prescriptions (« le christianisme est traité tout au long de chaque année d’un cycle, le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones, etc. ») chaque fois qu'on aborde ce sujet. Pourquoi le MELS refuse-t-il de dire clairement que prédominant ne signifie en rien majoritaire quand on parle du contenu du cours ECR ?

352 millions pour les manuels de la réforme pédagogique

Madame Couture a indiqué que 352 millions avaient été dégagés pour l'achat de manuels conformes à la réforme pédagogique. Voilà de juteux contrats pour l'édition québécoise.

Le milieu lassé par la polémique

Selon M. Poulin, le milieu est lassé des polémiques qui entourent le cours ECR. Toujours selon cet éducateur, le cours ECR serait le fruit d'un consensus... On se demande bien parmi qui. M. Poulin s'est ensuite quelque peu emporté en déclarant qu'après onze ans les élèves connaîtraient tout du phénomène religieux. Excusez du peu. Ceci alors que plusieurs architectes du cours ont clairement dit que le programme n'était pas à visée encyclopédique...

Où l'on parle de ce carnet

Mme Rainville a brièvement abordé les critiques de manuels exposées par Pour une école libre. De manière peu convaincante. Les critiques auraient été passées aux experts confidentiels du BAMD et ils auraient déclaré que les manuels étaient corrects... Euh, pourtant certaines critiques portent sur des erreurs de fait évidentes... On n'en a pas appris plus.

Erreurs fréquentes

Plusieurs intervenants ont relevé des erreurs manifestes dans des manuels : mauvaise description de ce qu'est une cathédrale, une basilique, des erreurs sur des calendriers, quand les camps de concentration ont été inventés.

Est-ce que cela n'indique pas des faiblesses dans le processus opaque d'approbation ?

Les faits sont-ils moins importants que les aspects « socioculturels » politiquement corrects ? (Il n'y a aucun historien dans la liste d'experts par exemple, mais bien une cellule qui s'assure que les manuels respectent les canons graphiques et lexicaux du multiculturalisme et du féminisme.)

Arche de Noé, pas de péché...

On se rappellera que M. Poulin s'était demandé pourquoi on ne parlait pas des causes du Déluge dans un manuel ECR. Un membre de l'assistance, ayant observé la même chose, a voulu connaître la réponse de Mme Rainville qui avait fait un fugitif commentaire à ce sujet.

Pourquoi ne parlait-on donc pas des causes du Déluge ? Parce qu'un de nos experts nous a dit qu'il valait mieux ne pas le faire de répondre évasivement Mme Rainville.

Une autre question a fusé : serait-ce parce qu'on ne parle pas du péché dans les manuels ECR ? Où parle-t-on d'ailleurs du péché dans le programme ECR ? Mme Rainville de conjecturer à la fin du secondaire. On demande pourquoi si tard ? Pas de réponse.

Mais on insiste sur l'autonomie dès six ans...

Par contre, s'interroge un membre de l'assistance, on insiste dès le primaire sur l'autonomie. Pourquoi ? Mme Rainville tente de répondre en disant que le terme d'autonomie n'est au programme qu'à la fin du secondaire. Sans doute voulait-elle dire l'étude du terme de manière explicite, car le programme du primaire mentionne cette notion dès la première année :
« Du début du premier cycle à la fin du troisième cycle [du primaire], […] l’élève gère ses apprentissages avec de plus en plus d’autonomie »

(Programme ECR du primaire, p. 316)

Sur l'insistance placée sur l'autonomie, voir ici.

Comme le rappelle Marc Chevrier dans Par-delà l'école-machine, « Pour mettre en chantier leur projet d’autonomie radicale, les sciences de l’éducation opèrent un déplacement sémantique en substituant à la « transmission des connaissances » l’autodéveloppement des compétences. Ce glissement sémantique n’est pas innocent. Les connaissances connotent justement l’idée d’un ensemble de vérités, de propositions, de règles, de résultats établis, qui précèdent l’enfant, accumulés par le travail anonyme des siècles. Les connaissances renvoient à tout ce qui n’est pas soi, en dehors de sa subjectivité, et qui a été soumis à la vérification permanente des esprits critiques. Pour la vision radicale de l’autonomie, c’est trop. C’est un rappel fastidieux de tout ce que l’enfant devra apprendre en dépit de ses envies et de ses besoins immédiats. »

Confrontée au fait que l'on peut mettre en œuvre une notion comme l'autonomie avant d'en faire un objet d'étude explicite et se pencher sur le terme d'autonomie en lui-même en classe, Mme Rainville ne comprenait pas. La réponse est venue de l'assistance où une série de fonctionnaires occupait apparemment une rangée de sièges : l'éthique ce serait l'apprentissage de l'autonomie. « Dès six ans ? » a demandé la personne qui avait lancé le débat. « Pas de péché, mais l'autonomie dès six ans, c'est intéressant » a-t-il conclu alors que la modératrice rappelait que le thème de la table ronde était le matériel pédagogique et non le programme.

Tout cela évoque fortement le pélagianisme : une des premières hérésies chrétiennes qui insistait sur la puissance du libre arbitre de l'homme, l'autonomie et niait la nécessité de la grâce et le péché originel.

Le matériel des CS

Les panélistes ont enfin rappelé le travail des commissions scolaires qui produisent aussi des leçons (des SAÉ). Elles ne sont pas approuvées par le BAMD, mais leur rédaction est supervisée par les directions générales des commissions scolaires et des formateurs du Monopole de l'Éducation du Québec (MELS).

La table ronde s'est rapidement conclue après cela. La modératrice a annoncé que c'était la fin de cette série de conférences sur le programme ECR et qu'on songeait à un autre cycle de conférences sur le programme ECR pour l'année prochaine.