lundi 22 septembre 2008

Un enseignant sort de son silence devant le pluralisme et le multicularisme imposés par l'État

Antoine Brunet, enseignant dans la ville de Québec, sort de son silence pour dénoncer, dans le Soleil, le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse imposé au nom du pluralisme et du multiculturalisme.

Quelques extraits de cette lettre d'opninion ci-dessous, les intertitres sont de nous.

Séance de novlangue

Au mois de février de l'an dernier, lors d'une journée pédagogique, nous avons reçu la visite des pédagogues de notre commission scolaire travaillant au nom du Ministère de l'Éducation. Ils venaient instruire notre équipe d'enseignants sur le contenu du programme Éthique et culture religieuse afin que nous puissions bien le comprendre et, qu'à travers de petits ateliers, nous soyons mieux préparés à l'appliquer ou « l'adapter » à la réalité de la classe. Bref, ils étaient là pour nous familiariser avec la « novlangue » ou le nouveau discours du ministère en matière de morale et de religion.

[...]

Multiculturalisme obligatoire pour tous

Au nom du multiculturalisme, et dans l'esprit idéologique qui règne au Ministère de l'Éducation, le gouvernement du Québec expose maintenant les jeunes du primaire à une pluralité de religions, et ce, dès la première année du primaire.

[...]


Malléables comme de la pâte à modeler

Mais qui sommes-nous véritablement ? Comment nous identifions-nous par rapport aux autres ? Qu'est-ce que la nation québécoise ? Nos esprits sont-ils aussi malléables que de la pâte à modeler, acceptant de nous modeler selon ce que nous propose la mode du jour ou le parti au pouvoir ? Suivrons-nous le dogme postmoderne de l'ouverture qui dit que toutes les valeurs se valent ? Serons-nous à l'image de ces petits bouddhas en pâte à modeler que fabriquent nos enfants ? Nos petits, avec leurs esprits encore plus malléables, sont-ils suffisamment enracinés dans leur propre culture pour être abandonnés devant cette vitrine de réalités qui leurs sont étrangères ? À quoi s'attend-on de leur part, à la fin d'un tel cours ? Retiendront-ils les différentes notions sur ces religions à la manière d'automates ? Quel progrès ! En vérité, ce cours de « culture » religieuse ne les rendra pas plus cultivés. Les enfants n'étudieront ces religions qu'en surface, sans véritablement baigner dans aucune d'entre elles. Et toutes ces religions seront considérées sur le même pied d'égalité dans un heureux relativisme. Nos enfants, dont l'identité est encore fragile et qui connaissent mal leur héritage, seront noyés dans cette multitude.

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Comparer sans avoir une base de comparaison ?

Ces petits ne sont pas encore enracinés dans leurs propres traditions et ne possèdent pas leurs propres points de repères fermes ! Plutôt, on exige d'eux qu'ils puissent se comparer aux autres traditions religieuses, et encore, de pouvoir comparer ces religions étrangères entre elles. Il me paraît évident qu'ils doivent d'abord grandir et approfondir leurs propres racines avant de s'aventurer dans le monde de la diversité religieuse. N'est-ce pas en s'appuyant sur son propre patrimoine culturel qu'on apprend à se tenir debout devant l'autre pour mieux le comprendre ? Il semble que l'État n'ait pas voulu choisir et s'affirmer, de peur de se faire taxer de conservatisme ou de xénophobie. C'est bien plus simple d'accepter la pluralité comme fondation de notre mosaïque québécoise que de défendre une position de principe. On demande donc aux Québécois d’élargir toujours plus leurs horizons... mais avec le risque de perdre de vue de ce que nous sommes nous-mêmes ! Il est proche le jour où certains de nos enfants, des enfants du Québec de demain, dénonceront leurs propres parents parce que ceux-ci ont été intègres ou parce qu'ils n'ont pas voulu suivre l'idéologie relativiste du parti ! Nous aurions alors à craindre nos propres enfants à cause du mal qu'on leur a fait en demeurant passifs.

Restaurons enfin l'éducation

Personnellement, je suis plus qu'incommodé par l'enseignement d'un tel cursus. À mon avis, on ne rend justice à personne dans ce programme : ni aux petits ni aux étrangers nouveaux venus, sûrement pas à la nation québécoise (dont la grande majorité est culturellement chrétienne) et certainement pas aux religions qui n'y sont étudiées qu'en surface. Que faire, donc ? D'abord, manifestons notre opposition à ce programme du ministère. Ensuite, comme le dit si bien le jeune intellectuel Mathieu Bock-Côté, « profitons du malaise que le programme Éthique et culture religieuse génère pour formuler un tout autre discours sur l'éducation qui permettra enfin d'ouvrir le chantier de sa restauration. » Si chacun met la main à la pâte, il sera possible d'espérer que demain, deux et deux font quatre.

Rencontres lénifiantes devant des salles vides

Extraits d'un article de L'Action week-end de Joliette du 21 septembre 2008. Les intertitres sont de nous.

Manque d'intérêt des parents pour les séances organisées par l'État

Les assemblées publiques mise de l'avant par la Commission scolaire des Samares afin de répondre aux questions des parents concernant le nouveau cours éthique et culture religieuse ne passeront pas à l'histoire comme des succès de foule. Quatorze parents ont répondu à l'invitation à Sainte-Julienne mardi. Mercredi, neuf parents ont écouté les explications présentées à l'auditorium de la polyvalente L'Érablière de Saint-Félix-de-Valois. [Le 3 mai, seules seize personnes avaient assisté à une réunion similaire à Westmount, les fonctionnaires avaient alors balayé du revers de la main les questions relatives aux droits des parents.]

Préparer les enfants à un marché du travail international ?

Conseillère pédagogique du cours éthique et culture religieuse, Johanne Domaine a, pendant plus de 30 minutes, exposé la démarche provinciale entreprise il y a des années. Peu importe la matière, dit-elle, nos écoles préparent les élèves pour le marché du travail dans 20-25 ans. « Nos enfants voyageront sans doute plus que leurs parents. Ils côtoieront des travailleurs d'ethnies différentes. L'objectif du programme, c'est apprendre à vivre ensemble avec nos différences », a-t-elle mis en relief.

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« Une théorie superbe mais j'ai des doutes au niveau de l'application. Les élèves au secondaire font preuve de jugement. Par contre, au primaire, tout ce que dit l'enseignant est force de loi », a fait valoir une mère de famille.

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Quand avez-vous consulté les parents  ?

« Oui, mais quand avez-vous consulté les parents ? », a demandé une intervenante mercredi.

samedi 20 septembre 2008

M. Jean-Pierre Proulx sur les poursuites en justice

Enfin un article dans la presse papier sur les actions en justice contre l'imposition du programme d'éthique et de culture religieuse. Nous en avions parlé ici il y a quelques jours. Un billet concernant l'école privée Loyola et l'autre sur deux écoles publiques de Drummonville.

Croisade ou défense contre un monopole envahissant ?

Notons d'emblée l'entrée en matière du Soleil : « La croisade contre le programme d’éthique et culture religieuse se transporte devant les tribunaux. » Croisade ? Une offensive religieuse et moyen-âgeuse ? Il s'agit plutôt de la défense de parents contre le monopole d'État ou, si l'on tient à une image religieuse, du combat de David contre Goliath. Mais on comprend, cette image serait positive ; elle ne peut donc s'utiliser.

M. Jean-Pierre Proulx s'attendait aux recours en justice

Jean-Pierre Proulx, omniprésent dans ce dossier et toujours accueilli dans les colonnes des journaux, ne se dit pas surpris par les recours en justice. Mais n'explique pas pourquoi disant, au contraire, que c'est « pour régler la question sur le plan juridique qu’on a adopté un cours non confessionnel. » Humm.

Les droits des catholiques et protestants étaient des privilèges...

Selon M. Proulx, « On savait que l’enseignement confessionnel portait atteinte au droit à l’égalité, parce qu’on offrait l’enseignement religieux uniquement aux catholiques et aux protestants. »

D'une part, les droits au Canada ne sont pas nécessairement octroyés à tous. C'est le cas quand des raisons pratiques ne le permettent pas. C'est ainsi que les pouvoirs publics du Canada n'octroient le droit de correspondre avec eux, en général, qu'en anglais et en français. Et dans certaines régions, les droits linguistiques des francophones sont également limités par un critère de « demande suffisante ». D'ailleurs, ce critère s'applique dans le programme d'ECR : toutes les religions ne doivent pas être enseignées, mais uniquement les plus importantes pour le gouvernement (avec un accent étrange sur les spiritualités autochtones).

D'autre part, qu'est-ce qui empêchait d'octroyer l'enseignement confessionnel à d'autres groupes religieux, là où le nombre le justifierait, comme cela se fait dans les écoles publiques d'autres pays occidentaux comme la Belgique, l'Allemagne, etc. ?

« Explication »

Selon le Soleil, Jean-Pierre Proulx explique « C'est pour régler la question sur le plan juridique qu’on a adopté un cours non confessionnel ».

On ne voit pas très bien l'explication.

Le beau sophisme ! Il n'y avait aucun problème juridique avant qu'on ne supprime les articles qui permettaient cet enseignement confessionnel. D'ailleurs, l'Ontario finance toujours les écoles publiques catholiques.

On a vu également qu'on aurait pu adopter une autre voie : permettre des cours de religion pour d'autres confessions. On aurait également pu décider de ne pas aborder les religions à l'école sauf quand leur mention se justifiait dans des cours d'histoire ou de littérature par exemple. C'était d'ailleurs la recommandation de Régis Debray en France pour palier le manque de culture religieuse des élèves français incapables d'appréhender la culture occidentale et l'histoire mondiale : pas de cours de culture religieuse à part qui serait relégué au rang de cours mineur comme la musique, mais une intégration franche et objective dans les matières de base.

Enfin, il est tout à fait possible de supprimer un privilège (disons) dans un premier temps pour ensuite imposer un cours qui enfreint un autre droit, celui des droits des parents de pouvoir décider de la formation spirituelle ou philosophique de leurs enfants.

Or, en quoi l'État respecte-t-il ce droit quand il impose son cours en la matière à tous, même dans les écoles confessionnelles privées ? On a bien supprimé le droit de décider puisqu'il y a imposition.

Formation ECR — « Le dialogue, ça peut se faire seul »

Extrait vidéo savoureux où Mme Lily Cloutier, coauteur des six manuels d'éthique et culture religieuse chez Modulo, explique ce que le dialogue peut être... On apprend ainsi que le dialogue peut se pratiquer tout seul. Le Québec est décidément très en avance.



Définition du Petit Larousse illustré : DIALOGUE, n. m. 1. Conversation, échange entre deux ou plusieurs personnes ; 2. Discussion visant à trouver un terrain d'entente; fait de dialoguer. 3. Ensemble des répliques échangées.


vendredi 19 septembre 2008

Réunion publique sur l'ECR en Beauce, 30 septembre

Annonce de la Coalition pour la liberté en éducation :

Depuis septembre, le gouvernement du Québec impose ce cours dans toutes les écoles primaires et secondaires.

Prêchant la tolérance, il ne tolère que sa propre vision des religions et de l'éthique et brime les droits de tous les enfants, parents et enseignants du Québec.


Réunion d’information
Mardi le 30 septembre à 19 h 30

Salle des Chevaliers de Colomb
3295, boulevard Dionne
St-Georges de Beauce

Venez entendre nos conférenciers :
  1. Mme A. de Champlain, présidente du comité de la région de Québec;
  2. M. P. Andries, présentation de 8 manuels du cours;
  3. Me J.-Y. Côté, avocat spécialisé en jurisprudence.


Parents, c’est à vous de choisir pour vos enfants!

Pas au gouvernement !



Coalition-CLE.org     Soyez des nôtres !    infos@coalition-cle.org

Autre poursuite en justice contre le cours d'éthique et de culture religieuse

Une poursuite en justice contre la commission scolaire des Chênes (Drummondville) a été déposée cette semaine auprès de la Cour supérieure du Québec. Les parents sont soutenus par la Coalition pour la liberté en éducation.

Objet du litige : le refus d'exemption au cours d'ECR pour les enfants de parents qui envoient ceux-ci dans des écoles de ladite commission scolaire. Le recours intenté contre la commission scolaire estime que le programme d'ECR porte atteinte à la « liberté de conscience et de religion ».

La poursuite vise à annuler ce refus de la commission scolaire, à accorder la demande d'exemption et à déclarer anticonstitutionnels les articles 1, 3 et 13 de la Loi 95. Il s'agit par là d'invalider le caractère obligatoire du cours, la disparition du libre choix de la formation religieuse et philosophique et la modification de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés. L'article 41 garantissait aux parents le droit d'exiger l'éducation religieuse et morale de leurs enfants dans les établissements publics mais, en 2005, la référence aux établissements publics a été supprimée.

Rappelons que Stéphane Dion, à titre de ministre des Affaires intergouvernementales, déposa en 1997 une résolution permettant d’amender la Constitution de telle façon que la loi abolissant le système scolaire confessionnel puisse devenir effective. Stéphane Dion précisa à ce moment que « le droit à une instruction religieuse est toujours garanti sous la Section 41 de la Charte des droits et libertés qui possède un statut quasi constitutionnel selon la Cour Suprême du Canada ». Mais cette garantie s’avéra sans valeur. Quand la loi 95 fut présentée en 2005, la Charte québécoise elle-même fut amendée à l’insu du public, sans débat significatif et sans même qu’il y ait enregistrement d’un vote.

La version originale de la Section 41 accordait aux parents « un droit permettant d’exiger dans les établissements scolaires publics que leurs enfants reçoivent une éducation religieuse ou morale en conformité avec leurs convictions. » La nouvelle version concède seulement « un droit de donner à leurs enfants une éducation religieuse et morale conforme à leurs convictions et respectueuse des droits et des intérêts des enfants. » Tant pis pour la quasi-constitutionnalité. Et qui donc, je me le demande, déterminera ce qui est ou non dans les meilleurs intérêts des enfants, quand il s'oppose à ce que les parents désirent, si ce n'est l'État ?


Ces demandes rejoignent celles de l'Association des juristes catholiques du Québec.

mercredi 17 septembre 2008

L’école Loyola poursuit en justice la ministre Courchesne

L’école secondaire Loyola, un établissement catholique privé situé à Notre-Dame-de-Grâce, a décidé de poursuivre en justice la ministre de l’Éducation, Mme Courchesne. Loyola s’est tourné vers la Cour supérieure du Québec pour exiger que le ministère de l’Éducation du Québec (MELS) lui accorde une exemption au nouveau cours d’éthique et de culture religieuse (ECR), pour peu que Loyola enseigne son programme d’éthique et des religions du monde que cette école estime équivalent au programme d’ECR, mais débarrassé des aspects contraires à sa vocation d’institution catholique.

La requête de Loyola se fonde en droit sur l’article 22 du règlement d’application de la Loi sur l’enseignement privé, R.Q. c. E-9.1, r.1 :
« 22. Tout établissement est exempté de l'application du premier alinéa de l'article 32 pourvu que l'établissement offre des programmes jugés équivalents par le ministre de l'Éducation. »
Imposition de l'uniformité contraire à la loi

Dans une lettre en date du 7 août 2008, le ministre de l’Éducation a refusé à Loyola sa demande d’exemption, mais en invoquant une raison sans rapport avec la seule condition de refus : la non-équivalence du programme de Loyola. En effet, Mme Courchesne invoquait comme motif au refus d’exemption que celui-ci « empêcherait les élèves visés de recevoir la formation souhaitée pour tous les élèves du Québec ».

Mme Courchesne désire donc imposer l’uniformité alors que nulle part celle-ci n’est mentionnée dans le règlement et la Loi, au contraire, le règlement d'application, et plus particulièrement l’article 22, admet l’équivalence de programme et différentes formes d’exemption.

Loyola a répliqué en détail à la ministre en lui envoyant une autre lettre où Loyola insiste sur le caractère équivalent du cours que cet établissement donne à la place du cours d’ECR. En réalité, selon Loyola, son cours allait bien plus loin que le cours du ministère. En effet, plutôt que de réduire les religions à leur dimension purement culturelle, Loyola aborde l’étude des autres religions d’une telle façon que ses étudiants puissent apprécier les dimensions profondément spirituelles de ces autres religions. Cette perspective adoptée par Loyola prendrait racine dans l’intime conviction de la direction de l’école qu’on enseigne plus sûrement la tolérance et un vivre ensemble pacifique dans notre société quand chacun est ancré dans sa foi et son identité, plutôt qu’en imposant à tous une seule idéologie approuvée par l’État.

Amorcer le dialogue...

Interrogé par la Gazette, le directeur de Loyola, Paul Donovan, a déclaré qu’il n’avait jamais reçu de réponse de la part de la ministre de l’Éducation, Mme Michelle Courchesne. « Il semble que c’est la seule manière d’amorcer un dialogue » a-t-il ajouté en parlant de la poursuite en justice.

Objections au pluralisme normatif du volet éthique

Si le monopole de l’Éducation impose son programme d’ECR aux écoles privées, il permet à celles-ci d’enseigner leur propre confession en sus du programme imposé par l’État. Mais cet enseignement doit se faire dans un cours séparé, à une heure différente du cours d’ECR. La requête, déposée par Loyola à la Cour supérieure de Montréal le 15 septembre au nom de l’école Loyola et d’un parent d’élève, considère cette situation comme « inacceptable, car ceci revient à inculquer aux étudiants deux conceptions du monde diamétralement opposées ».

L’objection principale de Loyola se concentre sur le volet éthique du cours que l’école considère comme une perspective relativiste ou pluraliste normative de la morale. Le programme gouvernemental d'ECR préciserait que les arguments religieux ou la dimension religieuse ne peuvent borner les discussions éthiques ce qui est contraire à un établissement dont le projet éducatif est précisément d’enseigner l’éthique dans une dimension religieuse.

Archevêque de Sherbrooke blâme le gouvernement qui n'a pas trouvé la façon d'assurer une exemption à ceux qui la demandent

Selon Corus Nouvelles, Monseigneur André Gaumond considère que le débat autour du cours d'Éthique et de culture religieuse est sain.

L'archevêque du Diocèse de Sherbrooke soutient que les gens ont toute la liberté de s'exprimer sur le sujet comme ils le font.

Au nom des évêques du Québec, Mgr Gaumond blâme plutôt le gouvernement qui n'a pas trouvé la façon d'assurer une exemption pour les parents qui le désirent.

De son côté, le coordonnateur du boycott du cours, Sylvain Lamontagne indique que peu de gens qu'il rencontre connaisse le nouveau programme et qu'il poursuit son combat en informant le plus de monde possible.

Un rassemblement de la CLÉ est prévu à Montréal le 18 octobre.

Écoutez le reportage

Écoles conservatrices juives contre le cours d’ECR

Le Canadian Jewish News rapporte que plusieurs écoles juives, orthodoxes et hassidiques, disent qu’une bonne partie du nouveau programme obligatoire d’éthique et de culture religieuse (ECR) est « irréconciliable avec leurs convictions ».

Elles cherchent toutefois à collaborer avec le Ministère de l’Éducation du Québec afin de trouver un moyen de respecter la loi sans enfreindre leurs croyances, a déclaré le rabbin Yochanan Kuhnreich, directeur de l’école Beth Jacob qui accueille quelque 500 jeunes filles.

« Nous enseignons déjà une grande et importante partie du programme, celle qui traite de l’éthique et du dialogue [peut-être pas de manière relativiste et « neutre » comme prescrit toutefois]. Mais les autres aspects posent de sérieuses difficultés, irréconciliables avec nos convictions. » Le rabbin Yochanan Kuhnreich n’a toutefois pas voulu préciser quels étaient ces aspects.

Les écoles traditionnelles orthodoxes juives qui ne sont pas hassidiques, mais religieuses (« frum »), ont été jusqu’ici réticentes quant à ce nouveau programme.

Le rabbin Mendel Marasow, directeur de l’Académie Beth Rivkah placée sous les auspices du mouvement loubavitch, a par le passé exprimé des doutes quant à savoir s’il serait possible d’enseigner complètement le programme d’ECR dans son école. Contacté la semaine passée par la journaliste du Canadian Jewish News, il lui a demandé de s’adresser au rabbin Kuhnreich qui, pour sa part, a répondu de façon prudente et à mots choisis.

À titre confidentiel, les chefs hassidiques ont indiqué qu’ils seraient prêts à quitter le Québec s’ils devaient enseigner un contenu religieux qu’ils considèrent inadéquat pour leurs enfants.

Le Congrès juif du Canada avait souligné, l’année passée, devant la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables que beaucoup de membres de la communauté juive préfèreraient que le cours d’ECR commence au secondaire. Il déclarait alors que de nombreux parents veulent que leurs enfants aient une bonne assise dans leur religion avant d’être exposés à d’autres religions.

mardi 16 septembre 2008

45 % des Québécois contre le cours d'éthique et de culture religieuse qui leur est imposé !

Alors que le Ministère vend depuis des mois son cours d'éthique et de culture religieuse comme un cours qui ouvre sur le monde dans un Québec de plus en plus divers et va permettre aux jeunes Québécois de développer un nouveau « vivre ensemble » empreint de tolérance et de dialogue, ce cours est désapprouvé par 45 % des Québécois selon un sondage commandé par Le Devoir, journal favorable à ce programme.

Petite remarque liminaire sur l'ouverture...

Les programmes d'éducation morale et religieuse précédents remplacés par le cours pluraliste (ou relativiste) d'éthique et de culture religieuse consacraient déjà une part de leur contenu aux cultures religieuses autres que la leur, comme le rappelait récemment M. Bergevin du ministère de l'Éducation à Valcourt, mais dans une perspective protestante ou catholique comme désire encore le faire l'école secondaire catholique Loyola.

Information sur le sondage du Devoir

Ce coup de sonde a été réalisé par téléphone entre le 13 et le 17 août auprès de 1005 Québécois. Pourquoi attendre un mois avant d'en sortir les résultats ? La marge d'erreur est de plus ou moins 3,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Ce qui veut dire que de 41,6 % à 48,4 % des Québécois ne voient pas d'un oeil favorable le cours d'ECR. C'est beaucoup pour un cours imposé à tous !

La seule question posée sur le cours ECR a été « À votre avis, est-il préférable qu'à l'école primaire et secondaire les enfants reçoivent...?

 Le nouveau cours ECR... 52 %
 Aucun cours ayant trait à la religion... 29 %
 Une éducation religieuse confessionnelle... 16 %
 Je ne sais pas, je refuse de répondre...  2 %

Apparemment le Devoir n'a pas demandé aux personnes sondées si elles étaient d'accord pour que les parents perdent leur liberté de choix entre l'enseignement moral et religieux, dans le but d'implanter ce cours de façon obligatoire.

Sondés sans être au courant

Ce qui est frappant dans ce sondage ce n'est pas tant les résultats qui, selon nous, peuvent encore beaucoup varier à l'avenir, mais c'est le fait qu'il ait été effectué alors qu'il n'y avait quasiment aucun manuel de paru (mi-août), que les professeurs n'avaient reçu qu'une formation des plus rudimentaires et que bien entendu les parents québécois moyens ne connaissaient quasiment rien du contenu de ce cours sauf ce que la machine éducative leur en avait dit avec toute l'ambiguïté de formules comme mettre « un accent particulier sur les traditions chrétiennes » (Le Devoir) ou le « caractère prédominant » (Bergevin du MELS) du christianisme. À quel point les parents savent-ils que souvent le christianisme est réduit à un rôle minoritaire ? Que savent-ils du volet éthique — vanté en répétant sans cesse les vertus du dialogue — et de son aspect relativiste ?

Façonner l'opinion grâce aux sondages

On est donc en droit de se demander si ce sondage ne sort pas aujourd'hui (un mois après avoir été effectué) pour tenter de façonner l'opinion et créer un consensus autour du cours imposé d'ECR alors que la critique semble pourtant se faire de plus en plus entendre (enfin, peu dans le Devoir bien sûr).

Qu'il nous soit permis à ce sujet d'évoquer The Opinion Makers un essai publié à la mi-août aux États-Unis et qui porte le sous-titre de « Un initié dévoile la vérité derrière les sondages ».

Son auteur, David W. Moore, ancien rédacteur principal à l'institut de sondages Gallup, y révèle que les enquêtes d'opinion aujourd'hui reflètent plus les caprices du public que sa volonté parce qu'elles souffrent d'un défaut méthodologique inhérent : les résultats des sondages ne font pas la différence entre ceux qui ont des opinions bien arrêtées et ceux qui ont à peine, voire pas du tout, réfléchi à la question.

Les personnes sondées se voient donc sommées de fournir une opinion, irréfléchie ou peu mesurée, parce que les sondages ne permettent pas d'exprimer un avis nuancé.

Selon David Moore, les firmes de sondage ont tendance à fabriquer un faux consensus sur les questions sociales et politiques en passant sous silence les réponses indécises ou peu sûres. Inévitablement, à ce régime, les sondages se trompent parfois dans leurs prédictions comme ce fut le cas récemment lors de la primaire du Nouvel Hampshire où tous les instituts de sondage prévoyaient une victoire de Barack Obama alors que Mme Hillary Clinton devait en réalité emporter une victoire « surprise ».

Moore révèle que les échantillons sont désormais prélevés à partir d'une population de plus en plus restreinte : les abonnés au téléphone fixe et ceux qui veulent bien répondre (les sondeurs hésitent à en parler, mais aujourd'hui près de 8 personnes sur 10 qu'ils essaient de contacter filtrent leur appel ou leur raccrochent au nez).