jeudi 26 octobre 2023

La plaque commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu'elle "venait de Chypre"

La plaque de Beachy Head Lady a été retirée du club de cricket d’East Dean

La plaque de la BBC commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu’elle « venait de Chypre ».

Une nouvelle analyse ADN suggère que les affirmations de l’émission Black and British sur les origines de la « Beachy Head Lady » étaient erronées.

Une plaque de la BBC célébrant la « première Britannique noire » a été retirée parce que des preuves scientifiques montrent qu’elle n’était pas d’origine africaine.

La plaque honorant les restes vieux de 1 800 ans de la « Beachy Head Lady », une femme censée être d’origine africaine, avait été érigée dans un village de l’East Sussex dans le cadre de la série Black and British 2016, présentée par l’historien David Olusoga.

Selon le Telegraph, la plaque célébrant ce qu’un documentaire de la BBC présentait comme le premier « Britannique noir » a été retirée.

L’analyse de l’ADN effectuée par l’Institut Francis Crick a révélé que Beachy Head Lady était originaire du « sud de l’Europe — très probablement de Chypre », selon un article du chercheur qui a été le premier à étudier ses restes.

Les conseillers municipaux du village d’East Dean, où les archéologues ont découvert les restes de Beachy Head Lady, ont voté en faveur du retrait de la plaque qui avait été installée près d’un pavillon de cricket.

Afrique ou Chypre ?

La plaque du projet Histoire de la BBC, qui doit maintenant être entreposée au club de cricket, était ainsi libellée : « Les vestiges de Beachy Head Woman ont été découverts par des archéologues : Les restes de la femme de Beachy Head ont été découverts près de ce site. D’origine africaine, elle a vécu dans l’East Sussex aux IIe et IIIe siècles après J.-C. ».

L’affirmation sur ses origines a été faite dans la série documentaire du professeur Olusoga intitulée Black and British : A Forgotten History (Une histoire oubliée), qui raconte la « relation durable entre la Grande-Bretagne et les peuples d’origine africaine ».

Dans le premier épisode de la série, Beachy Head Lady est présentée comme étant « d’origine africaine subsaharienne » et le programme présente une reconstitution de ses traits.

Le professeur Olusoga faisait remarquer que « c’est une Britannique noire », tandis que Jo Seaman, archéologue expert, expliquait que ses origines africaines et l’âge de ses restes en faisaient probablement la « plus ancienne Britannique noire ».

 

Extrait du « documentaire » inventif de la BBC

Dans le cadre de la série de la BBC, des plaques ont été installées pour commémorer les Britanniques noirs à travers l’histoire.

Un article de M. Seaman, un expert de Beachy Head qui a mené les premières recherches sur les restes, a été mis à jour en 2022 pour inclure la note suivante : « L’analyse ADN a depuis conclu que, bien qu’elle ait grandi à Eastbourne, le lieu de son ascendance se situe dans le sud de l’Europe — très probablement à Chypre ».

Un message en ligne du Beachy Head Story, un espace dédié aux visiteurs, indique également que : « Le lieu de son ascendance se situe dans le sud de l’Europe, probablement à Chypre ».

À la suite d’une plainte déposée par un habitant de la paroisse d’East Dean et de Friston à la lumière de ces recherches, le conseil a déposé une motion visant à faire retirer la plaque à l’automne 2022.

Débat sur la composition ethnique des Britanniques

La prétendue composition ethnique de la Grande-Bretagne a récemment fait l’objet d’une controverse, et un livre intitulé Brilliant Black British History a récemment été critiqué pour ses affirmations sur les populations historiques de la Grande-Bretagne.

Le livre pour enfants de l’auteur britannique d’origine nigériane Atinuke affirme que « chaque Britannique est issu d’un migrant », mais que « les tout premiers Britanniques étaient noirs ».

Le livre, publié par Bloomsbury et promu par l’organisation caritative The Book Trust, financée par le Conseil des arts, affirme en outre que « la Grande-Bretagne a été un pays noir pendant plus de 7 000 ans avant l’arrivée des Blancs, et c’est à cette époque qu’a été construit le monument britannique le plus célèbre, Stonehenge ».

Des études génétiques ont montré que les habitants de la Grande-Bretagne à l’époque où Stonehenge a été achevé, vers 2 500 avant J.-C., étaient des agriculteurs à la peau pâle dont les ancêtres étaient venus d’Anatolie.

Les chercheurs ont déclaré qu’il était difficile de savoir avec certitude à quoi ressemblaient les premiers habitants chasseurs-cueilleurs de la Grande-Bretagne.

Source : Daily Telegraph


L’assimilation et l'intégration sont-elles des lubies ?

C'est ce que pense Bernard Lugan, historien et essayiste:


mercredi 25 octobre 2023

Dysphorie du genre : on nous rejoue l'intimidation par « consensus scientifique »

Un texte de Nicole Desjardins, Sexologue et psychothérapeute paru dans le Journal de Québec, samedi 21 octobre.

En regard des obligations déontologiques et professionnelles et plus particulièrement de la liberté d’expression chez les professionnels de la santé, la soumission à l’idéologie du genre est consternante.

Dans une déclaration récente, la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ), madame Joanie Heppell, alléguant qu’il y aurait un consensus dans la communauté scientifique, considère qu’un débat sur toutes questions relatives aux enfants trans et l’identité de genre est inapproprié. Manifestement, elle passe sous silence les conclusions récentes de plusieurs pays, dont la Finlande ainsi qu’un récent jugement — l’affaire Bell — de la Cour d’appel au Royaume-Uni.

Elle souligne aussi que la loi 70 interdit les thérapies de conversion au Québec. Or il faut savoir qu’actuellement la distinction pourtant essentielle avec les thérapies exploratoires n’est pas juridiquement établie, ce qui suscite des craintes chez plusieurs professionnels. Selon madame Heppell, il suffit d’éduquer la population. De quoi faire taire toute forme d’opposition.

Professionnels

Alors que les dissidents ne sont pas conviés à la conversation, de nombreux journalistes, chroniqueurs et personnalités de tout acabit agissent comme de puissants porte-voix. Ils martèlent en boucle les informations transmises par les mêmes « experts », souvent des chercheurs militants, sans oublier ceux qui multiplient les insultes à l’égard des voix dissidentes. Penser différemment est risqué.

Interpellés par ce qu’on nomme communément « l’idéologie du genre » qui entend transformer l’organisation et les pratiques de la société, comment ces professionnels dissidents peuvent-ils, dans ces conditions, participer pleinement à la réflexion collective en toute sécurité ? On attend d’eux qu’ils répondent gentiment à la promotion de la servitude volontaire ?

[…]

Depuis quelques années, plusieurs [sexologues], y compris des militants des milieux communautaires, semblent s’être donné pour mission d’éduquer la population, y compris les enfants en milieu scolaire, à la théorie de l’identité du genre, affirmant par exemple que des « garçons » peuvent être menstrués. Ces garçons sont en fait des personnes nées biologiquement filles qui ont [auraient] changé de genre pour devenir [prétendre être] des garçons, se sentant mal dans leur corps de fille, mais ce détail est rarement précisé.

Pour leur part, les représentants de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) ainsi que le Collège des médecins se font discrets. On souhaiterait pourtant les entendre. Face à ce silence, on peut se demander s’ils craignent, eux aussi, le militantisme de certains de leurs membres, ainsi que des sociétés savantes telles que la Société canadienne de pédiatrie et l’UNESCO qui n’émettent pourtant que des recommandations et non des exigences.

De plus, la population est habituée à ce que différents psychologues et médecins vedettes renseignent la population sur de nombreux sujets traitant de santé psychologique et mentale, du développement des enfants, de compétences parentales, etc. Pourtant, aucun de ceux-là n’a encore osé s’exprimer publiquement sur la dysphorie de genre et l’idéologie du genre. N’ont-ils vraiment rien à dire ou craignent-ils des reproches s’ils apportent la moindre nuance sur la question ?

Existe-t-il vraiment au Québec un consensus chez les psychologues, médecins, pédiatres et pédopsychiatres ?

Qu’en est-il des données scientifiques dites probantes ? Le psychologue Pierre Desjardins souligne les risques de dérives dogmatiques, la croyance d’une panacée, les guerres de clochers et l’importance d’une attitude critique devant les résultats. Il nous rappelle que « l’esprit scientifique, la pensée scientifique […] doivent présider à une posture, à une démarche rigoureuse, professionnelle : ne rien tenir pour acquis, observer, mettre en doute, soulever des hypothèses, chercher des preuves, tirer des conclusions, mettre ces conclusions à l’épreuve. »

Des professionnels de la santé dissidents et soucieux du bien-être de tous les enfants, de leur famille et de la société, devraient se mobiliser et commencer à se joindre au débat.

Contrairement au Québec [on peut donc se demander s’il est important qu’il y ait un consensus au Québec dans une communauté restreinte, régie par un Ordre centralisé, et donc d’autant plus facilement intimidée], on retrouve ailleurs, que ce soit au Canada, en Europe ou aux États-Unis, des regroupements de chercheurs et professionnels qui remettent en question l’approche transaffirmative, dont le SEGM.

Puis-je me permettre de rêver, tout comme Normand Baillargeon, et cela dans un avenir pas trop lointain, que naîtra la « collaboration conflictuelle » en recherche ? Ainsi il sera possible de lutter contre la transphobie, tout en disant les choses comme elles sont, sans créer un raz-de-marée idéologique diviseur, et en évitant de faire naître de possibles confusions angoissantes chez les jeunes. 

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« Nous nous reprochons d'avoir bâti Casablanca, alors que les Romains étaient tout fiers d'avoir détruit Carthage »

Pourquoi cette Europe, qui a conquis les cinq parties du monde, a-t-elle honte de les avoir colonisées ? Nous nous reprochons d'avoir bâti Casablanca, alors que les Romains étaient tout fiers d'avoir détruit Carthage.

Emmanuel Berl, dans Le Virage, 1972


Argentine — le candidat Javier Milei, libertarien, hors système et pro-vie, se prononce pour la liberté scolaire des parents

Arrivé au second tour de l’élection présidentielle ce dimanche, le candidat radical antisystème, Javier Milei, pourrait créer la surprise.
 
Milei au centre lors d’une réunion politique

Dimanche 22 octobre, les Argentins votaient au premier tour de l’élection présidentielle. Le second tour, qui se tiendra le 19 novembre, verra s’affronter le ministre de l’Économie centriste, Sergio Massa, et le candidat « anti-système », Javier Milei, surnommé le « Trump argentin ». Le ministre est arrivé en tête avec 36,3 % des voix, suivi par son concurrent avec 30,2 %. Patricia Bullrich, présidente de Proposition républicaine, est arrivée 3e avec 23 %. Le report des voix de ses électeurs est crucial pour la victoire. Elle a annoncé ce mercredi apporter son appui au candidat Javier Milei pour le second tour et son ambition de former une alliance avec lui…

Javier Milei est un libertarien de 53 ans qui se revendique « hors système ». Il a fait des études d’économie avant de travailler pour la Banque HSBC. En 2014, il se fait connaître en tant que chroniqueur économiste sur les plateaux de télé et de radio. Il est la personnalité la plus invitée par les chaînes argentines en 2018. Le personnage se fait remarquer par son agressivité et son franc-parler. En 2021, il n’hésite pas à traiter le maire de Buenos Aires, Rodrigo Hernandez Larrita, de « putain de gauchiste ». Il rentre en politique en 2021 lorsqu’il fonde son parti La liberté avance, avant d’être élu député de Buenos Aires en décembre de la même année.

Son rival, ministre de l’Économie et candidat du mouvement péroniste doit défendre un bilan catastrophique, 140 % d’inflation en 2023, plus de 40 % de la population considérée en état de pauvreté, les réserves de la Banque centrale au plus bas, une balance commerciale considérablement dégradée et un peso argentin menacé de dévaluation.

Argentine : lors de ses réunions, le candidat à la présidentielle, Javier Milei, apparaît souvent muni d’une tronçonneuse, symbole des coupes qu’il entend faire dans les dépenses publiques. Ici en déplacement à La Plata.

Javier Milei tient ses réunions de campagne sur fond de vidéos d’immeubles s’écroulant et d’explosions nucléaires. Il n’est pas rare de le voir monter sur scène avec une tronçonneuse, symbole de sa volonté de « tronçonner l’État ». L’économiste aime à ponctuer ses discours de « Vive la liberté, putain ! » ou « Nous sommes un phénomène mondial… Je suis le roi, je suis le lion ! »

Cet admirateur affirmé de l’ancien président américain Donald Trump a fait campagne sur la promesse de « mettre fin à la caste politique qui parasite l’Argentine ». Grâce à son caractère anticonformiste, Javier Milei a réussi à séduire une partie de la population désabusée par la classe politique classique, notamment les jeunes. Un succès qui se traduit notamment par une forte popularité sur les réseaux sociaux : 1,5 million d’abonnés sur Tiktok et plus de 3 millions sur Instagram.

« Nous devons faire une réforme intégrale [de l’État] pour redevenir la première puissance mondiale que nous étions au début du XXe siècle ». En économie, il prône de « fortes coupes de budget dans l’État, des baisses d’impôts massives, une flexibilisation du droit du travail pour favoriser la création d’emplois ». Milei fustige les politiciens, les entrepreneurs et les journalistes qui forment une « confrérie de voleurs qui ont appauvri le pays ». S’il est élu, il dit vouloir supprimer même la Banque centrale argentine, remplacer le peso par le dollar américain et privatiser les entreprises publiques déficitaires.
La campagne de Milei (Libertad) insiste sur la différence de prix du panier de la ménagère sous le régime actuel (le kichnerisme) et le sien avec la baisse d’impôts qu’il préconise. Milei bénéficie d’un fort appui dans les classes populaires, mais pas seulement.

Pour réduire les dépenses de l’État, Milei préconise de supprimer les aides sociales, ainsi que les ministères de la Santé et de l’Éducation, du Développement social et de la Condition féminine. Mais aussi de réduire les budgets de tous les ministères sauf ceux de l’Armée et de la Sécurité. Il défend également un système de bons éducatifs distribués aux parents pour que « le budget de l’éducation aille aux parents plutôt qu’au ministère ».

Sur le plan social, l’ancien député ne mâche pas non plus ses mots :
Lorsqu’on part d’un principe moral erroné, le résultat est immonde — comment peut-on considérer comme un droit acquis le fait de pouvoir tuer d’autres êtres humains ? En tant que libéral, je crois au droit illimité à la vie d’autrui, fondé sur la défense de la vie, de la liberté et de la propriété. Je défends la vie qui commence dès la conception.

S’il est élu, Javier Milei prévoit d’interdire l’avortement, légalisé en 2020. Milei nierait également l’importance du changement climatique.

mardi 24 octobre 2023

Loïk Le Floch-Prigent : « Les Européens sont en train de disparaître de l'histoire »

À la 29e min.


« il n'y a pas de civilisation qui soit resté dans l'histoire qui n'a pas eu une énergie abondante, bon marché et souveraine. »

Loïk Le Floch-Prigent est ex-président de grandes entreprises françaises telles que Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine, GDF et la SNCF, critique la politique énergétique du président Emmanuel Macron. Il affirme que ce dernier « ne maîtrise pas les enjeux énergétiques actuels » et renchérit en disant que « la sobriété c'est la pénurie, et la pénurie, c'est être le choix entre la vie et la mort ».

Emmanuel Macron, ce président qui malmène la langue française

Jean-Marie Rouart, écrivain et académicien, fustige le président français qui n’a fait que malmené la langue française dans ce texte d'opinion paru dans Le Figaro.

[...]

Comme s’il était subitement pris d’un remords, comme si soudain, à l’instar de saint Paul sur le chemin de Damas, il était tombé de son cheval sous le coup d’une révélation divine, [Macron] se lance (à grands frais, c’est peu de le dire) dans la restauration d’une ruine, certes en mauvais état, mais à tout prendre moins en ruine que la malheureuse langue française elle-même. C’est dans ce château de Villers-Cotterêts que François Ier a signé l’édit qui proclamait la naissance de la langue française et sa suprématie sur le latin. On peut relever des pierres on ne relève pas une langue d’une si longue maltraitance et d’une malveillance aussi obstinée. Aussitôt se pose une question brûlante : pourquoi sanctifier un symbole dans le même temps où l’on abandonne la langue française à une inéluctable détérioration qui la condamne à devenir une langue morte remplacée peu à peu par un sabir franco-anglais. Il suffisait de suivre l’exemple des Canadiens qui, eux, résistent courageusement, et se désolent de notre laxisme.

Restaurer un vieux château chargé d’histoire, qui s’en plaindra ? Louable entreprise, certes coûteuse (209 millions d’euros) et d’autant plus coûteuse qu’elle risque de n’être qu’un château d’illusions. Sans parler des frais de fonctionnement. Est-ce vraiment un service à rendre à la langue française que d’inaugurer en grande pompe un lieu de réflexions platoniques qui risque de tenir le pompon dans la vaste farandole des comités Théodule et des usines à gaz bureaucratiques si vaines sur le plan pratique mais si utiles pour recaser les recalés des officines politiques dont on ne sait plus que faire. Usine à colloques, couveuse de symposiums, grande pondeuse d’acronymes, il offrira un véritable paradis pour les linguistes qui se livreront avec ivresse à leurs absconses turlutaines sémantiques. Beaucoup sont à la langue française ce que le pédagogisme est à l’éducation.

À quoi servira ce « laboratoire de la francophonie » situé à trois heures de Paris et baptisé « Cité internationale de la langue française » ? Oui, à quoi servira ce joujou présidentiel ? Rien n’est plus flou que sa mission. Une mission qui, telle que la définit Paul

Rondin, le nouveau directeur, ancien président du Festival d’Avignon, cofondateur de la French Tech Culture (non, cher lecteur, ce n’est pas une blague) laisse rêveur : « La langue est un nuage qui se défait, qui se refait, et qui crée des formes nouvelles à chaque fois. » Avec une telle déclaration, nous voilà bien armés pour lutter contre la détérioration de notre langue. Ce qu’on sait dans ce brouillard d’intentions, c’est qu’il sera beaucoup question de francophonie : le soutien du président qui a contribué à placer à la tête de cette organisation une ancienne ministre rwandaise de Paul Kagamé, connue pour avoir promu dans son pays l’anglais au détriment du français, accroît notre perplexité.

La grande idée du règne en matière de français, c’est le plurilinguisme. Derrière ce vocable pompeux qui dissimule une véritable abdication au nom du relativisme, il y a la volonté de ne plus affirmer la priorité du français. On considère que la véritable langue française se fait hors de France et que, puisque cette langue a accueilli tout au long de son histoire des vocables étrangers (arabes, allemands, anglais, etc.) il faut non pas stopper la gangrène du franglais mais au contraire l’encourager. Enfin pour parachever la visite de ce château par une note comique, il paraît que sous la verrière flotteront suspendus au plafond des mots désuets employés par le président « saperlipopette », « carabistouille », ce qui prouve que les organisateurs ont trouvé leur inspiration chez Kim Jong-il junior, autocrate d’un pays où l’on a porté la flagornerie au niveau d’un art.

Tout cela prêterait à sourire si le président lui-même ne s’était pas rendu coupable des plus graves entorses à la langue française. Ce qui lui a valu en compagnie de Guillaume Pepy (Ouigo) d’obtenir le prix de la Carpette anglaise, donné par une académie parodique à ceux qui se soumettent éperdument au franglais. Après avoir posé avec un sourire réjoui lors du « One Planet Summit » à Paris, tenant une pancarte « Make our planet great again » : il nous a asséné un « Choose France » à Versailles, « une start-up nation » et il a fait école : Olivier Véran, pendant qu’il nous bassinait avec des conseils d’hygiène élémentaire pendant le Covid, n’a pas pu trouver un autre mot que « cluster » [foyer].

Un rapport de l’académie française a relevé tous les manquements qui contreviennent à la loi Toubon de la part des responsables des institutions de la République. De la carte d’identité traduite en anglais, de « Sorbonne Université » à « Lorraine aéroport » (syntaxe anglaise) aux niaiseries régionales « Sarthe Me Up », « Oh My Lot », c’est un accablant florilège de notre soumission au franglais. Une abdication qui nous mène tout droit, si on ne réagit pas (je crains hélas qu’il ne soit trop tard) à devenir, comme tant d’autres pays sous-développés, une province « gallo-ricaine » pour employer la si juste expression de Régis Debray. Désastre d’une langue qui aura pour corollaire la fin de la civilisation française puisque leurs destins sont liés.

Le général de Gaulle doit bouillir dans sa tombe lui qui, déjà, se désespérait en 1962 de cette corruption galopante, écrivant à son ministre des Armées, Pierre Messmer, de veiller dans les services de l’état « à éviter un emploi excessif de la terminologie anglo-saxonne chaque fois qu’un vocable français peut être employé, (et il soulignait) c’est-à-dire dans tous les cas ». Quelques années plus tard, le philosophe Cioran, roumain converti au français, s’exclamait, désespéré :

« Aujourd’hui que cette langue est en plein déclin, ce qui m’attriste le plus, c’est de constater que les Français n’ont pas l’air d’en souffrir. Et c’est moi, rebut des Balkans, qui me désole de la voir sombrer. Eh bien, je coulerai, inconsolable, avec elle. »

Belle initiative, digne de Tartuffe, de mettre la langue française dans un musée pour ne pas avoir à se préoccuper de sa lente destruction à laquelle on a soi-même participé.

lundi 23 octobre 2023

La foi est-elle morte ? Pas en politique, si l'on en croit Juppé et son « je veux encore le croire »

Incidemment, la foi en de premiers principes non démontrés semble aussi exister en sciences.

En effet, les processus scientifiques reposent sur plusieurs hypothèses philosophiques, appelées « axiomes » ou « premiers principes ». Ils sont nécessaires pour effectuer des déductions à partir des données scientifiques et, en fait, même pour l’application et la méthode de la science elle-même. Nous les tenons pour acquis — comme la plupart des philosophes — et nous n’y pensons guère.

Les principes du tiers exclu (principium medii exclusi), de non-contradiction, d’identité, d’intelligibilité, de raison suffisante, de fermeture causale, de finalité et au moins un principe de substance sont tous des « premiers principes » qui ont été démontrés par leur application après avoir été utilisés, mais qui ne peuvent être eux-mêmes que supposés a priori.

On doit supposer que l’univers est un lieu fondamentalement rationnel, que les causes et les effets sont rationnellement prévisibles, au moins avec probabilité, et que les données passées fournissent une base rationnelle pour étudier le présent et faire des prévisions. En d’autres termes, nous devons supposer les lois de la causalité et l’uniformité de la nature pour la science et aussi pour la connaissance elle-même.

En mathématiques, il existe un axiome de l’infini qui assure l’existence d’un ensemble infini, plus précisément d’un ensemble qui contient une représentation des entiers naturels. Par définition, cet axiome n’est pas prouvé.

En outre, si on définit la foi comme une hypothèse qui n’a jamais été démontrée, mais qui rassemble un large consensus, ce fut le cas de la théorie des cordes qui connut son heure de gloire dans la seconde moitié du XXe siècle. La théorie des cordes est peut-être la grande idée la plus controversée de toute la science actuelle. D’une part, il s’agit d’un cadre mathématique séduisant qui offre la possibilité d’unifier le modèle standard et la relativité générale, en fournissant une description quantique de la gravité et en apportant des connaissances approfondies sur la manière dont nous concevons l’univers tout entier. D’un autre côté, ses prédictions sont très variables, ne peuvent être testées dans la pratique et nécessitent un énorme ensemble d’hypothèses qui ne sont étayées par aucun élément de preuve scientifique. Depuis près de 40 ans, la théorie des cordes est l’idée dominante de la physique théorique des particules. Pourtant, pendant tout ce temps, elle n’a pas produit la moindre prédiction vérifiable, ce qui a conduit récemment de nombreuses personnes à déclarer qu’elle ne respectait même pas les normes de la science. Elle semble être tombée en défaveur sans qu’elle soit prouvée fausse : à l’heure actuelle, la théorie des cordes ne peut être falsifiée par aucun résultat expérimental concevable. Elle semble surtout non productive, de plus en plus complexe et détourne de projets plus proches de la réalité empirique.

Israël retire Greta Thunberg des programmes scolaires en raison d'un message pro-Gaza

Selon le Jerusalem Post, Israël retire Greta Thunberg des programmes scolaires en raison d’un gazouillis jugé anti-israélien. Chute d'une icône moderne
?

Plus de 100 signataires ont envoyé une lettre ouverte à Greta Thunberg, et plusieurs militants lui ont également répondu directement sur X.

Le ministère de l’Éducation a déclaré qu’il supprimerait toute référence à l’activiste climatique Greta Thunberg après qu’elle a publié un message au cours du week-end, tenant une pancarte anti-israélienne sur laquelle on pouvait lire « Stand with Gaza » (Soutien à Gaza).

« Le Hamas est une organisation terroriste responsable du meurtre de 1 400 Israéliens innocents, dont des enfants, des femmes et des personnes âgées, et il a enlevé plus de 200 personnes à Gaza », a déclaré le ministère. « Cette position l’empêche d’être un modèle éducatif et moral, et elle n’est plus éligible pour servir d’inspiration et d’éducateur aux étudiants israéliens.

 
Au cours de la fin de semaine, Mme Thunberg a fait l’objet de critiques de la part de centaines de militants israéliens pour le climat après avoir posté sur X qu’« aujourd’hui, nous faisons grève en solidarité avec la Palestine et la bande de Gaza. Le monde doit s’exprimer et appeler à un cessez-le-feu immédiat, à la justice et à la liberté pour les Palestiniens et tous les civils touchés ».

Elon Musk contre Wikipédia, jugé trop « wokiste » : Idiopédia/Bitopédia/Wokopédia

Elon Musk a fait de l’encyclopédie en ligne la nouvelle cible de ses gazouillis assassins. La cause ? La partialité de l’encyclopédie en ligne. Le week-end dernier, le propriétaire de X (ex-Twitter) a publié sur sa plateforme plus d’une dizaine de réflexions au sujet de Wikipédia.

Auparavant, Musk avait déjà relativisé l’aphorisme selon lequel « l’histoire est écrite par les vainqueurs ».

Devant Netanyahou, Musk avait déclaré : « Il y a un vieux dicton selon lequel “l’histoire est écrite par les vainqueurs”, sauf si vos ennemis sont encore en vie et ont beaucoup de temps libre pour éditer Wikipédia. Les perdants ont simplement beaucoup de temps libre. » Netanyahou d’opiner du bonnet de ricaner bruyamment.

« Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la fondation Wikimedia reçoit autant d’argent ? », a notamment interrogé le PDG de X. « Ce n’est certainement pas nécessaire pour faire fonctionner Wikipédia. Vous pouvez littéralement faire tenir un examplaire de l’intégralité du texte sur votre téléphone ! Alors, à quoi sert l’argent ? Des esprits curieux voudraient savoir… » s’est demandé l’entrepreneur milliardaire.


Elon Musk, qui accuse le site de biaiser sa propre fiche Wikipédia avec de fausses informations, a donc proposé, usant de l’un de ses jeux de mots osés qu’il affectionne, d’offrir 1 milliard de dollars à l’encyclopédie pour la renommer « Dickipedia » (« Bitopedia » ou « Idiopedia », si l’on devait traduire en français, le mot « dick » étant polysémique).

Il a également évoqué dans des réponses à des internautes le nom de « Wokopedia », pour souligner que l’encyclopédie servirait l’idéologie « woke », un terme qui désigne un état d’alerte face à l’oppression pesant sur les personnes issues de minorités, qu’elles soient sexuelles, religieuses ou encore ethniques.


Modèle hiérarchique opaque contre modèle décentralisé transparent
 
Pour Musk, le modèle de X (Twitter) est foncièrement différent du modèle de Wikipédia. Selon lui, Wikipédia est intrinsèquement hiérarchique et donc soumis aux préjugés des éditeurs de rang supérieur, indépendamment de leurs mérites. Alors qu'avant qu'une note de la communauté sur X ne soit publiée, il faut que des personnes ayant des points de vue historiquement différents, en fonction de la manière dont elles ont évalué et rédigé des notes précédentes, soient d'accord. Tout le code et les données sont ouverts, on peut donc recréer le résultat soi-même.
 
 
 
Wikipédia a un an de réserves de fonctionnement

Wikipédia est géré par une équipe de bénévoles et son accès est gratuit. Les bénévoles aident à maintenir le site à jour et rédigent de nombreuses traductions pour divers articles afin d’en améliorer l’accessibilité et assurent aussi la modération. La sélection des modérateurs et leurs partialités ont déjà attiré les foudres d’un des fondateurs de Wikipédia, Larry Sanger. Les dons demandés par la plateforme servent donc à financer ce travail pour partie. Dans une enquête du Washington Post, Samantha Lien, porte-parole de la fondation Wikimedia, a expliqué le fonctionnement interne de l’encyclopédie.

« Selon les directives du conseil d’administration de la fondation Wikimedia, notre réserve s’élève à un an de budget de fonctionnement, a-t-elle assuré. Si des circonstances affectaient notre capacité à collecter ces fonds pendant cette période, nous pourrions nous retrouver dans une situation d’urgence — la réserve est un filet de sécurité pour protéger Wikipédia contre une telle éventualité », avait conclu la représentante.

Voir aussi

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé (vidéo + exemples de parti-pris)

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Wikipédia et le gouvernement britannique auraient décidé de censurer le débat sur le climat

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia