dimanche 19 décembre 2021

Pourquoi le Danemark s’oppose désormais à l'immigration

Pourquoi les Danois s’opposent-ils désormais à l’immigration ? Pour faire bref, parce que bon nombre d’entre eux craignent que les réfugiés ne sapent leur État-providence. […]

Le 1er décembre, [le gouvernement social-démocrate danois] a promulgué une loi pour empêcher la formation de sociétés parallèles en obligeant les autorités locales à privilégier dans les « zones de prévention » [de formation de ghettos ethniques] les personnes instruites et occupant un emploi lors de l’attribution des logements. Il est encore plus soucieux de dissuader les migrants d’arriver en premier lieu. En mars, le Danemark fut le premier pays de l’UE à annoncer qu’il renverrait des Syriens en Syrie, arguant que Damas et ses environs sont désormais sûrs. Mette Frederiksen, la Première ministre danoise, s’est fixé un objectif de « zéro demandeur d’asile ». Le 13 décembre, un tribunal danois a condamné Inger Stöjberg, qui était ministre de l’Immigration dans un précédent gouvernement de centre droit, à 60 jours de prison pour avoir ordonné illégalement que les demandeurs d’asile mariés de moins de 18 ans soient hébergés séparément de leur conjoint. Elle a déclaré que l’intention de cette politique était de décourager le mariage des enfants. Les partis anti-immigrés la considèrent comme une martyre.

Le Danemark est loin d’être le seul pays à fermer les portes. L’Europe a été secouée de convulsions politiques après un afflux de réfugiés en 2015 ; la plupart des gouvernements sont désireux d’éviter que cela se répète. […]

La différence danoise a des racines profondes. Après la perte par la couronne danoise des duchés largement germanophones du Schleswig et du Holstein au profit de la Prusse en 1864, elle a tiré la leçon que le pays doit « rester solidaire [et] être homogène », déclare Ulf Hedetoft, spécialiste du nationalisme à l’Université de Copenhague. Une loi deux ans plus tard stipulait que seules les personnes qui parlaient danois et portaient des vêtements danois pouvaient devenir Danois. […]

Dans les années 1960 et 1970, le Danemark a recruté des « travailleurs invités » ; des réfugiés du Vietnam et d’Iran sont arrivés dans les années 1970 et 1980. L’accueil est devenu moins chaleureux dans les années 1990 avec l’arrivée de réfugiés de guerre dans ce qui avait été la Yougoslavie. Le Parti nationaliste du peuple danois (df), fondé en 1995, s’est alors mobilisé pour leur fermer la porte. En 2001, il a soutenu un gouvernement conservateur-libéral, qui a conçu la stratégie actuelle à deux volets qui consiste à repousser les migrants potentiels et à assimiler ceux qui s’installent.

Ses politiques comprennent l’allongement de la période d’attente des immigrants pour obtenir la résidence permanente, qui passe de trois à sept ans, et la fin de l’obligation pour les écoles d’enseigner dans la langue maternelle des élèves. Pour renforcer la danoisité, il a introduit un « canon » culturel, historique et démocratique dans les programmes scolaires. Sans ces mesures, « la situation aurait été vraiment catastrophique », déclare Peter Skaarup, chef de file parlementaire du df.

En Suède, ces mêmes sentiments se répandent ; au Danemark, ils font désormais partie des idées reçues. « L’État-providence social-démocrate ne peut survivre que si nous maîtrisons les migrations », déclare M. Tesfaye, dont le père était un réfugié éthiopien. Le Danemark est peut-être le deuxième pays le plus heureux du monde, selon un récent sondage, mais son bonheur semble fragile.

La défense par le Danemark de son État-providence est impitoyable et, selon ses critiques, raciste. En octobre, le ministère des Finances, dans son rapport annuel sur la question, a estimé qu’en 2018, les immigrés de pays non occidentaux et leurs descendants ont drainé des finances publiques 31 milliards de couronnes nettes (4,9 milliards de dollars), soit environ 1,4 % du PIB. Les immigrés des pays occidentaux, en revanche, ont contribué pour un montant net de 7 milliards de couronnes (voir le graphique ci-dessus). Les données sur l’effet de l’immigration sur les finances publiques sont ce qui « a changé le point de vue des sociaux-démocrates », explique Torben Tranaes du Centre danois de recherche en sciences sociales.

Les musulmans sont au cœur du problème. Cette année marquait la première fois que le ministère faisait un rapport séparé sur les contributions de personnes de 24 pays musulmans. Ils représentent 50 % des non occidentaux, mais 77 % du fardeau économique. Outre cette inquiétude, les Danois craignent que les musulmans apportent des conceptions menaçantes quant à la démocratie et au rôle des femmes. Les musulmans sont les bienvenus, dit M. Tesfaye, mais « nous ne pouvons pas ménager le chou et la chèvre. On ne peut avoir une moitié de charia et une moitié de constitution danoise. »

Pour les oreilles musulmanes, cela ressemble à un parti pris. Une loi votée en 2018, destinée aux musulmans conservateurs, oblige les nouveaux citoyens à serrer la main d’un fonctionnaire municipal lors des cérémonies de naturalisation. Les politiciens « vous font sentir que vous ne devez pas célébrer le ramadan ou l’Aïd ou quoi que ce soit », dit Agob Yacoub, un réfugié syrien. D’autres groupes ne sont pas soumis à de telles pressions. Les immigrés chinois ne sont pas devenus culturellement danois, mais sont néanmoins « extrêmement bienvenus », note M. Hedetoft. La ponction des musulmans sur le Trésor public a probablement peu à voir avec la religion. Plus de la moitié sont venus en tant que demandeurs d’asile ou dans le cadre du regroupement familial, contre 30 % des autres non occidentaux.

Comme ses voisins scandinaves, le Danemark inscrit les nouveaux migrants dans des programmes qui incluent des cours de langue et d’éducation civique. Mais son système de prestations est, clairement, un peu plus strict. Les aides sociales sont inférieures pour les personnes qui n’ont pas passé sept ans sur huit au Danemark. Cela sert à la fois à dissuader les immigrants et à encourager ceux qui s’installent à travailler. Le Danemark peut se vanter que l’écart de chômage entre les autochtones et les immigrés non européens est inférieur à celui de la Suède. Mais cela peut être en partie dû au fait que la Suède a un salaire minimum réel plus élevé par rapport à son salaire moyen, ce qui prive de nombreux nouveaux immigrants d’emploi, surtout s’ils ne parlent pas bien le suédois. […]

Source : The Economist

Plus de détails sur l’aspect économique de l’immigration en Scandinavie (en anglais)
 
 
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Panem et circenses (bis) : la désindustrialisation mentale de l'Occident

Tout au long de l’histoire, le travail a été le lot commun de l’humanité — si l’on exclut les riches oisifs et les chômeurs. Les calvinistes capitalistes et Weber, dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, considéraient le travail comme un moyen pour les gens d’atteindre leur « propre salut ». Les marxistes ont également célébré le travail, c’est ainsi que Friedrich Engels écrivit qu’il « est la condition fondamentale première de toute vie humaine, et il l’est à un point tel que, dans un certain sens, il nous faut dire : le travail a créé l’homme lui-même. »

Pourtant, la pénurie déconcertante de travailleurs d’aujourd’hui dans les pays à revenu élevé peut présager un avenir différent : une société post-travail, dans laquelle seuls quelques privilégiés travaillent. Pour la majorité, leur maintien économique proviendrait d’une certaine forme de revenu universel de base (RUB). Cette notion a été mise à l’essai par plusieurs pays occidentaux pendant la pandémie de Covid-19..

Mondialisme, automatisation et ses effets

Il est plausible de considérer que notre avenir consistera en une société dans laquelle une petite élite technique et managériale hyper-productive fournira de la nourriture, des logements et du plaisir à la plèbe, un peu à l'instar de celles des derniers siècles de l’Empire romain. Ces distributions frumentaires n’étaient cependant réservées qu’aux citoyens romains mâles. Leur seul rôle de cette plèbe dans la société serait de prendre et de ne pas menacer l’État impérial — un système qui ne fonctionnait que grâce à la présence d’esclaves et d’immenses territoires à piller.

En Occident, la mondialisation libérale a abouti à éliminer ou saper nombre d’emplois et a favorisé un sentiment omniprésent de ce que l’historien Martin Wiener appelle la « désindustrialisation psychologique » — une perte d’intérêt pour la fabrication d’objets. Entre les seules années 2000 et 2007, les États-Unis ont perdu 3,4 millions d’emplois industriels, soit environ 20 % du total de ce secteur. Le déficit commercial avec la Chine, selon l’Institut de politique économique, a coûté jusqu’à 3,7 millions d’emplois depuis 2000, et des symptômes similaires se sont propagés à l’Allemagne, longtemps un modèle industriel.

Bon nombre de ces problèmes sont de notre propre initiative. Les experts prédisent depuis longtemps la disparition des emplois dans les usines, et à l’heure actuelle, selon Jeremy Rifkin, les usines devraient être « presque sans travailleurs ». Pourtant, à mesure que l’automatisation s’installe, les directeurs d’usine se plaignent de plus en plus d’un manque criant de travailleurs qualifiés. En raison d’une main-d’œuvre vieillissante, jusqu’à 600 000 nouveaux emplois dans le secteur manufacturier états-unien devraient être créés cette décennie et ne pourront être pourvus. La pénurie actuelle de soudeurs pourrait atteindre 400 000 postes d’ici 2024 aux États-Unis. Au milieu d’une légère reprise aux États-Unis, en mai, on estime que 500 000 emplois dans le secteur manufacturier n’étaient pas pourvus.

En revanche, les concurrents des pays occidentaux, notamment la Chine, forment une main-d’œuvre qualifiée capable d’exploiter des installations automatisées perfectionnées. Comme le note un rapport d’American Compass, seuls cinq pour cent des étudiants américains se spécialisent en ingénierie, contre 33 pour cent en Chine ; en 2016, la Chine a diplômé 4,7 millions d’étudiants dans le domaine des STIM (sciences, techniques, ingénierie et mathématiques) contre 568 000 aux États-Unis, ainsi que six fois plus d’étudiants titulaires d’un baccalauréat en ingénierie et en informatique. Pendant ce temps, aux États-Unis, le PDG d’Apple, Tim Cook, a observé : « Si on organisait une réunion d’ingénieurs en outillage aux États-Unis, je ne suis pas sûr qu'on puisse remplir une salle. En Chine, vous pourriez remplir plusieurs terrains de football. » Cela permet d’expliquer pourquoi l’entreprise à la pomme conserve la quasi-totalité de sa production dans l’Empire du Milieu.

L’aube verte du post-industrialisme

Canada, champion de l'augmentation du prix du logement depuis 2000, aussi un pays à très forte immigration...

 


Le graphique ci-dessus représente le rapport des prix des logements aux revenus standardisés. Il indique à quel point les logements étaient abordables pour les ménages sur la période de 2000 à 2020 : plus il est bas plus un logement ou une maison est abordable. On le calcule en prenant le prix des logements nominaux divisés par le revenu disponible nominal par tête. Les données du revenu disponible des ménages net sont utilisées.

On remarque qu’alors que le Canada était un des pays où le logement était le plus abordable en 2000 (80,2 en bas à gauche sur le graphique ci-dessus), ce même pays était le pays où le logement était devenu le moins abordable en 2020. En revanche, les pays où la population décroît depuis quelques années, comme l’Italie et le Japon, sont les pays où en 2020 le logement était le plus abordable.

Il est évident que le prix du logement dépend de plusieurs paramètres dont celui de l’offre, à savoir construit-on assez de logements ? 

Mais l’augmentation de la demande joue, bien évidemment, aussi un rôle. Cette demande augmente pour plusieurs raisons : la plus évidente est l’augmentation de la population. Notons cependant le fait que la désintégration de la famille en Occident a également un effet : les gens se marient moins, divorcent plus et vivent plus souvent seuls. La croissance la plus rapide des gens vivant seuls a été constatée au sein des adultes de 35 à 64 ans, où la proportion de Canadiens vivant seuls est passée de 8 % à 13 % entre 1981 et 2016.

Mais considérons ici l’augmentation de la population. Aucun de pays énumérés ci-dessus n’atteint le taux de natalité de remplacement (2,1 enfants/femme). Leur population n’augmente plus qu’à cause de l’immigration. 

Or de nombreux pays à forte immigration sont parmi ceux où le logement est devenu le moins abordable.

Voici le taux de migration nette en 2020 pour les mêmes pays. Ce chiffre correspondant à la différence entre le nombre de personnes entrant dans un pays et quittant un pays au cours de l’année pour 1 000 personnes (sur la base de la population au milieu de l’année) :

Taux de migration nette pour 1000 habitants en 2020
Pays
Taux
Allemagne   2
Australie   8
Belgique   5
Canada   6
États-Unis   3
France   1
Italie   3
Japon   0
Royaume-Uni   2

Et voici l’augmentation de la population de ces pays entre 2000 et 2021 :

         
Pays Pop. en 2000   Pop en 2021
(est)
  Augmentation
Allemagne 82 000 000 83 129 285 1,38 %
Australie 20 000 000 25 917 345 29,59 %
Belgique 10 495 000 11 601 753 10,55 %
Canada 31 689 000 38 514 333 21,54 %
États-Unis 281 421 923 332 903 852 18,29 %
France 58 921 000 67 505 000 14,57 %
Italie 57 620 000 59 097 904 2,56 %
Japon 127 000 000 125 070 000 -1,52 %
Royaume-Uni 58 459 000 67 081 234 14,75 %

 

Source : OCDE, CIA

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Bloomberg: les salaires canadiens stagnent en raison de l’immigration de masse alors que l’inflation grimpe

samedi 18 décembre 2021

Ontario — Tribunal déclare que l'épreuve de compétence en mathématiques de l'Ontario est inconstitutionnelle

La Cour divisionnaire de l'Ontario a statué que l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario doit accorder la certification aux candidats à l'enseignement qui n'ont pas encore réussi l'épreuve de compétence en mathématiques, mais qui ont par ailleurs satisfait à toutes les autres exigences de certification des enseignants.

La Cour divisionnaire a conclu que le test de compétence en mathématiques avait un impact négatif sur l'accès à la profession enseignante pour les candidats racisés — comprendre les non-Blancs et non-  Asiatiques — à l'enseignement et que des solutions de rechange raisonnables auraient dû être mises en œuvre. [Les Blancs et les Asiatiques réussissent ces épreuves à 87 %, alors que seuls 58 % des Africains y parviennent. Les candidats enseignants francophones non blancs ne réussissent qu'à 55 % cette preuve alors que leurs homologues francophones blancs réussissent cette épreuve à 84 %.]

« La FEO [Fédération des enseignants de l'Ontario] applaudit les efforts du Conseil des candidats à l'enseignement de l'Ontario (OTCC) pour avoir mené à bien cette contestation judiciaire. Aucune recherche ne suggère qu'un test standardisé améliorerait les résultats des élèves ou la pédagogie des enseignants. L'Ontario compte certains des enseignants les mieux éduqués au monde et cette décision renforce leur professionnalisme », a déclaré le président de la FEO, Chris Cowley.   

Cliquez sur les images pour les agrandir   
 La décision du tribunal (en anglais)

Source: FEO

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Pendant le Grand Réveil woke, l'écart des résultats en maths et en lecture entre les élèves noirs et blancs a cru de 20 % 

Progrès : la nouvelle production de La Belle et la Bête de Disney donne le rôle de Belle à une femme noire, obèse et «queer» 

Épreuve de natation serait discriminatoire à l'égard des noirs, selon une plainte  

États-Unis — 34% des étudiants blancs ont menti sur leur race pour être admis ou bénéficier d'aides

 
 
  
 
 
  
 

jeudi 16 décembre 2021

Noël et la jeunesse « conscientisée » (par qui ?)


Noël — Nier ce qui nous relie, c'est détruire toute possibilité d'appartenir à une culture commune

Le député français au parlement de Bruxelles, François-Xavier Bellamy parle de Noël:

Le Parlement européen s’est divisé en deux camps, d’un côté, les « Joyeux Noël ! », de l’autre, les « Bonnes fêtes ! » On a les batailles sémantiques qu’on peut à Strasbourg à l’approche du 25 décembre, après l’affaire du « guide inclusif » élaboré puis promptement retiré par la commissaire maltaise Helena Dalli. L’autrice a surtout brillé par son absence, n’osant pas affronter la bronca des parlementaires chrétiens-démocrates du PPE. Ceux-ci ont imposé ce débat sur leur créneau parlementaire. Les autres partis de la majorité, sociaux-démocrates et Renew, n’avaient pas vraiment souhaité marquer le coup. Les Verts, très favorables au langage inclusif, y étaient farouchement opposés.

Helena Dalli n’était donc pas présente dans l’hémicycle pour expliquer son raté.

Source: Le Point

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« Noël » et « Marie », tous ces mots que la Commission européenne veut ou voulait bannir

mardi 14 décembre 2021

France — Depuis que les maths ont été sorties du tronc commun, de moins en moins d’élèves choisissent cette matière

Selon l’association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (Aphec), les effectifs ont chuté de 9 % en un an dans les prépas économiques et commerciales, qui préparent les candidats aux concours des grandes écoles de commerce comme HEC ou l’Essec. L’association a demandé aux lycées adhérents un état des lieux à la rentrée 2021. Ce chiffre est à manier avec précaution, car seuls 70 % des adhérents ont répondu, mais pas les prépas les plus cotées. Conséquence de ce phénomène, des classes ferment, comme au lycée Rodin à Paris. « Les prépas de proximité ont peiné à se remplir, analyse Christine Pires, vice-présidente de l’Aphec. Les grands lycées de centre-ville, eux, ont dû descendre dans les rangs des admis sur Parcoursup. » Face au phénomène, l’association réclame un moratoire national sur la fermeture des classes. Sans réponse du ministère à ce jour.


Pourquoi cette désaffection ? L’une des explications pointées par les enseignants se trouve du côté de la réforme du bac, menée en 2018 par Jean-Michel Blanquer. Depuis que les maths ont été sorties du tronc commun — la matière est désormais une spécialité —, de moins en moins d’élèves la choisissent. Selon une note du ministère de l’Éducation nationale de décembre 2021, seuls 37 % des élèves de terminale ont gardé les maths comme spécialité, contre 41,2 % l’an passé. Avoir sorti les maths du tronc commun laisse à penser aux lycéens que la matière n’est plus déterminante pour l’orientation, notamment en école de commerce. Ce qui est faux. « C’est une répercussion de la réforme dans toute la filière », regrette Christine Pires.

Dans le même temps, entre 2018 et 2020, les heures d’enseignement des mathématiques ont diminué de 20 % au lycée, toujours selon une note, publiée en novembre 2021. « Le dernier bac S remonte à 2019. Entre les filières S et ES, environ 330 000 élèves avaient les maths en tronc commun. Aujourd’hui, ils sont à peu près 150 000. », explique Denis Choimet, président de l’UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques), qui observe, lui, une stabilité dans ses effectifs. Cette chute de l’enseignement en maths n’est pas rassurante sachant que le niveau des jeunes Français est en chute libre, selon le classement Timms de l’OCDE.

Concurrence des admissions parallèles

Évidemment, le Covid-19 n’a pas aidé. « Les lycées n’ont pas pu faire leur promotion, les salons et portes ouvertes étaient annulés », relève Denis Choimet.

Pourtant, sur Parcoursup en 2021, les prépas économiques et commerciales ont vu un afflux de candidatures inédit (+ 61 %). Mais cet engouement profite surtout aux prépas commerciales les plus réputées, les moins cotées ont du mal à remplir. Il faut dire qu’elles souffrent de la concurrence des admissions parallèles mises en place par les écoles de commerce pour intégrer à bac+3. Herbert Casteran, directeur général de l’EM Strasbourg avoue son inquiétude, même s’il reconnaît que « le phénomène n’est pas nouveau ». Et de préciser : « Les écoles de commerce ont beaucoup grossi, mais le vivier d’étudiants en classes préparatoires n’a pas évolué. »

« L’Aphec doit et va mener avec les écoles une réflexion sur la filière », conclut Christine Pires.

Source : Le Figaro

France — Malgré une forte demande, l’apprentissage du latin et du grec stagne dans les collèges et lycées

« L’étude du latin et du grec ancien est un complément indispensable à la formation de nos élèves pour en faire des citoyens éveillés, raisonnés et cultivés. » À 100 jours de la présidentielle, l’association de promotion des langues et cultures de l’Antiquité « Arrête ton char ! » interpelle les candidats sur l’avenir de l’enseignement des langues en France, après 2022.

« Dans cette drôle de campagne, on n’entend pas beaucoup parler d’éducation, et encore moins de latin et de grec, explique son président, Robert Delord, professeur de lettres classiques dans un collège de la Drôme. Pourtant la maîtrise des bases du latin permet d’asseoir la maîtrise de la langue française. »

Cible des attaques « woke »

« Je suis convaincu que nous devons à la fois proposer l’apprentissage des langues anciennes à davantage d’élèves et raffermir les liens entre cet enseignement et les autres disciplines », affirmait encore récemment le ministre de l’Éducation. Après avoir signé une déclaration avec ses homologues grec, italien et chypriote pour « promouvoir une Antiquité qui éclaire et nourrit le présent », Jean-Michel Blanquer annonçait le 15 novembre, dans une interview au Point, le développement des options latin et grec au collège et au lycée.

« Des lycéens canadiens ont brûlé L’Odyssée. Aux États-Unis, des universitaires rédigent des chartes pour décoloniser les auteurs antiques… Je trouve de telles interprétations absolument sidérantes », expliquait encore le ministre, alors que les cultures antiques sont aujourd’hui la cible des attaques woke.

Mais dans le même temps, la Rue de Grenelle, par un texte publié le 12 novembre, a mis fin au système de bonus dont pouvaient bénéficier les élèves présentant l’épreuve facultative de latin au bac. « Les élèves qui poursuivent l’option latin jusqu’au bac, soit six ans d’investissement dans cette option à des horaires souvent ingrats, vont perdre la bonification », résume le président de l’association « Arrête ton char ! », créée début 2015, juste avant que la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem vienne porter un coup fatal au latin.

Mais Robert Delord, n’est pas surpris. Le fossé entre les grandes déclarations politiques en faveur des langues anciennes et la réalité de leur enseignement est un grand classique. « On fait porter le chapeau à Jean-Michel Blanquer, mais il faut regarder du côté de Bercy, glisse-t-il. La volonté de faire des économies sur le dos des langues anciennes remonte à loin. » En 1969, c’est sous le mandat de Georges Pompidou, agrégé de lettres classiques, que fut supprimé l’apprentissage pour tous du latin en 5. L’année précédente, il avait déjà disparu du programme de 6. Il deviendra ensuite une initiation obligatoire en 5, avant que le ministre Claude Allègre la rende facultative à partir de 1998.

Une variable d’ajustement

« Jusqu’aux années 1960, on apprenait le français à travers le latin. Au début du XXe siècle, il n’y avait d’ailleurs pas de matière appelée “français”, rappelle Robert Delord. Si les élèves d’aujourd’hui maîtrisaient les bases du latin — avec sa grammaire rigoureuse, mais pas compliquée —, ils n’arriveraient pas en 3e sans reconnaître un sujet ou un complément d’objet », poursuit le professeur, qui ne veut pas « faire le vieux réac » mais se souvient avec amertume de cet enseignement du latin décrit, à gauche, comme « poussiéreux » et « élitiste », au moment de la réforme du collège, sous le quinquennat Hollande. Une réforme qui a achevé de faire du latin une variable d’ajustement, en mettant fin au « fléchage » des heures et en laissant l’organisation des enseignements à la main des chefs d’établissement.

Par ailleurs, au lycée, la réforme du bac de 2019 a créé 13 « spécialités », parmi lesquelles « langues et cultures de l’Antiquité ». Mais celle-ci est faiblement proposée par les établissements, à part dans les lycées réputés.

Chaque année, 500 000 élèves étudient le latin de la 6e à la terminale. Un chiffre qui n’a pas évolué depuis quarante ans. « La démocratisation du latin s’est arrêtée, car il y a un numerus clausus établi, de fait, par les chefs d’établissement. Pourtant, la demande est là ! affirme Robert Delord. Parmi les collégiens qui veulent s’inscrire en option latin, certains restent parfois sur le carreau. On choisit les meilleurs élèves — ce qui est une véritable erreur — ou on tire au sort. »

« L’autonomie des collèges et des lycées ne saurait avoir pour conséquence la dégradation de l’enseignement du latin et du grec », a pour sa part martelé Jean-Michel Blanquer, le 15 novembre, en annonçant, pour la rentrée prochaine, la mise en place dans chaque académie de missions chargées de veiller à cela.

Source : Le Figaro

Questionnements de genre chez les enfants : un colloque pour éclairer parents et professionnels


Le 20 novembre 2021, l’association Juristes pour l’enfance organisait un colloque en partenariat avec Famille et Liberté sur les « questionnements de genre chez les enfants et les adolescents ». Un colloque destiné à répondre à « une attente importante des parents et des professionnels engagés auprès des enfants, d’être informés et éclairés pour adopter une attitude constructive auprès des jeunes confrontés à une souffrance, un mal-être lié à leur genre ». Sans les laisser croire qu’un garçon pourrait être fille et vice versa.

Maires transgenres, artistes, athlètes, miss… La question transgenre semble être apparue brusquement pour envahir la scène médiatique. Sans épargner les enfants (cf. Entre pronom « iel » et télé transgenre pour les 9/12 ans).

Avant les années 2010, la question du transsexualisme était marginale, rappelle Olivia Sarton, directrice scientifique de Juristes pour l’enfance (JPE). Elle touchait cinq à six fois plus souvent les garçons. Après une mue vers le concept de genre et de transidentité, l’approche désormais « trans affirmative » exclut toute approche psychique ou psychiatrique pour soutenir qu’il s’agit d’un ressenti intime légitime qui doit déboucher sur un « choix autodéterminé » de chacun.

Le résultat : la première consultation pour mineurs a ouvert ses portes en France en 2013 et, à présent, environ 700 enfants sont suivis dans ces consultations spécialisées, rien qu’en Île-de-France, précise Olivia Sarton. En très grande majorité des filles. Au Royaume-Uni, le nombre d’enfants pris en charge a augmenté de 3264 % entre 2009 et 2019. Aux États-Unis, quand une étudiante sur 2000 se déclarait « trans » il y a quelques années, elles sont maintenant une sur 20 à le faire.

En 1959, une classe de catéchisme dans une école primaire au Québec