mardi 18 février 2014

Les cours en ligne transformeront la façon d’enseigner, mais ils sont peu rentables pour l'instant


Les cours en ligne vont transformer le savoir et la façon d’enseigner. C’est ce que relate le magazine français Le Point.

« Lorsqu’on transforme un cours en CLOM (cours en ligne ouvert et massif, un cours consultable sur Internet), on élargit son contenu en le rendant moins technique pour encourager la dissémination du savoir », explique Alberto Alemanno dans les colonnes de l'hebdomadaire. De fait, 20 % de ses « CLOMeurs » sont étudiants. Les autres sont des employés ou des chômeurs à la recherche d’une nouvelle formation. « Les CLOM font tomber les barrières du savoir. C’est un peu la version visuelle d’un livre. D’ailleurs, de nombreuses maisons d’édition m’ont approché pour publier les textes de mon CLOM », s’enthousiasme le professeur de droit. Comme pour toutes les innovations, les CLOM ont d’abord suscité des doutes. À leur lancement, il y a quelques années, les critiques n’ont pas manqué : vol des contenus, diplômes dévalorisés puisque reproductibles… Les universités américaines ont défriché le terrain. Non, les CLOM ne pillent pas plus le savoir des éminents professeurs qu’un manuel de cours écrit par un ponte. Pour Le Point, Harvard n’a pas de souci à se faire : les participants peuvent certes obtenir une certification en passant un miniexamen en ligne, mais elle n’a pas la valeur d’un diplôme, car il est impossible de vérifier si le participant respecte les conditions de l’examen, ni même si c’est bien lui, derrière son ordinateur.

Plates-formes

Une fois les sceptiques rassurés, le système a séduit le monde entier. Les grandes écoles françaises se sont à leur tour prises au jeu. Les plates-formes se sont multipliées : iTunes U, Coursera, edX, Udacity, et la dernière francophone en date, FUN (France université numérique). Lancée par le ministère de l’Enseignement supérieur, elle avait recueilli quelque 100 000 inscriptions lors de la mise en ligne des premiers cours en janvier. Certains résistent à cet engouement. « On réinvente l’eau chaude. Avant, on avait le polycopié du prof, son manuel, puis son PowerPoint. Avec l’accélération technologique, tout est devenu virtuel : les CLOM sont simplement un support supplémentaire à notre disposition. Les outils ont changé, mais la pédagogie n’a que peu évolué », résume Andrés Atenza, directeur de l’ISC.

Comme nombre de ses collègues, il croit à la formation par le professeur, « à celui qui tient le cours et donne un spectacle ». Le manque de « présentiel », comme le répètent en chœur les directeurs des écoles de commerce, serait la principale lacune de ces cours en lignes. « Un CLOM ne peut être considéré seul, il manque l’interaction entre les étudiants et le prof, ainsi qu’entre les étudiants eux-mêmes », insiste Michel-Henry Bouchet, professeur de finance à Skema, qui a mis au point un système de cours en ligne complété par des groupes de travail qu’il coordonne dans cinq campus dans le monde. Cette critique, Alemanno l’a entendue mille fois. « Il y a un malentendu tenace : les CLOM n’ont pas vocation à remplacer les profs, s’emporte-t-il. On est dans l’apprentissage mixte, le savoir mélangé, qui utilise des outils différents, comme les manuels, les fichiers audio, la vidéo… Les CLOM doivent être complétés par des forums, où les participants échangent. On programme même des rencontres physiques, à Bruxelles ou Paris, où le prof est comme une vedette que l’on voit enfin. » De là à estampiller ces rendez-vous d’un « vu dans un CLOM »…

 Rares sont encore les professeurs et les écoles motivés par la production de leurs propres CLOM, comme Alemanno à HEC. Bernard Belletante, président du Chapitre des écoles de commerce qui vient de quitter la direction de Kedge, ne mâche pas ses mots : « Notre métier, ce n’est pas de produire des supports pédagogiques. Notre mission n’est pas la diffusion, mais le développement de la connaissance. Elle n’a de sens que si elle se transforme en action. » Et d’ajouter qu’une école se fait connaître par les diplômés qu’elle a placés dans les meilleures entreprises du monde, pas par ses CLOM. Pourtant, les écoles n’ont d’autre choix que de se lancer dans l’aventure. L’investissement est important : un module de 5 à 10 heures de contenu peut coûter entre 50 000 et 100 000 euros, qu’on l’enregistre dans un labo sur le campus ou via des prestataires extérieurs. Pour pallier le manque de moyens, certaines se font parrainer par des entreprises, qui apposent ensuite leur nom sur le CLOM et l’utilisent pour leurs employés. Parmi les avantages figure celui d’une fantastique vitrine internationale.

« Je ne peux pas passer à côté d’une révolution technique, c’est comme le passage de la télécopie aux courriels. Et puis, il faut produire du contenu, au même titre que des livres, des colloques… Un CLOM est une contribution intellectuelle comme une autre. Je ne peux pas être absent de la vitrine si toutes les autres écoles y sont », reconnaît Andrés Atenza. Pour se démarquer, chaque école tâche d’identifier ses particularités et ses thématiques, cherchant la visibilité grâce à des enseignants-chercheurs autant que par la création d’un nouveau support utile à ses élèves. « Les CLOM participent à une remise à niveau des étudiants lors de leur expérience à l’international ou pour leur admission parallèle, et peuvent même assurer le service après-vente pour les anciens étudiants : aujourd’hui, un jeune cadre doit continuer à se former aux nouvelles techniques et aux pratiques de gestion », note Armand Derhy de l’ESG. Le CLOM répond à un besoin croissant d’uniformisation des connaissances des étudiants, qui se différencient désormais sur le savoir-faire.

« Certifiés »

C’est alors le temps de classe « physique » qui fera la différence. Marie-France Derderian enseigne depuis 2008 à Grenoble EM et elle a trouvé la parade au manque de « présentiel ». Avant sa séance, ses étudiants suivent les neuf cours en ligne de Steve Blank, un ponte de Stanford, « How to Build a Start Up » sur la plate-forme Udacity. Les apprentis entrepreneurs appliquent ensuite la théorie à leur idée de création d’entreprises. « Plus qu’un professeur, je suis désormais un mentor pour leur projet », analyse Marie-France Derderian. Au terme des 45 heures avec leur professeur, les étudiants lanceront leur entreprise grâce au partenariat avec un fonds d’investissement. « Je ne dis pas “Venez dans mon programme, vous allez apprendre à créer votre entreprise”, mais “Vous allez créer votre entreprise !” » Et d’insister sur la volonté des élèves, comme des entreprises, d’une expérience pratique, professionnelle et concrète. L’enseignante vante le temps dégagé en cours grâce aux CLOM pour la pratique. Ses trente-deux élèves – de 21 nationalités – pourront non seulement se targuer d’avoir une mini-expérience professionnelle, mais pourront aussi indiquer sur leur CV qu’ils sont « certifiés » du module de la vedette américaine dans le domaine. « Le prof qui dispense son CLOM donne son accord, et les élèves valident les étapes imposées pour recevoir le certificat, avec ou sans mention. En revanche, la validation de leur diplôme de Grenoble EM tient aussi compte de la pratique, via mon évaluation », précise Marie-France Derderian.

« Le CLOM seul, sans l’expérience en classe, cela ne m’intéresse pas, assure Jad Khalil, l’un de ses étudiants. Avant le cours, je visionne la théorie chez moi, quand je suis le plus disponible pour étudier. Je peux ralentir, arrêter le cours, reprendre à mon rythme, pour mieux prendre des notes. Ensuite, je discute de ce que j’ai compris (ou non) avec les autres élèves ou la prof : c’est pour ça qu’il reste indispensable d’aller en cours. » Son acolyte, Sebastian de Bruyne, ajoute : « Je préfère un prof local qui connaît les interlocuteurs utiles et peut partager son expérience. » Il plébiscite la démocratisation du savoir, accessible à tous, aussi bien physiquement (dans les régions les plus reculées, ou en temps de guerre) qu’économiquement (la plupart des CLOM sont gratuits). À 21 et 23 ans, Jad et Sebastian s’en servent pour leur culture personnelle : «  On a suivi des CLOM de Photoshop, de stylisme, d’architecture, d’histoire, de finance… et même de cuisine ! » De quoi rêver à l’élargissement de ce « nuage éducatif » aux petites classes, pour qu’un enfant américain puisse partager ses expériences avec un Indien. Le CLOM n’a pas fini de faire des émules.

Impact linguistique et culturel ?

Le magazine Le Point ne s'attarde pas sur l'aspect linguistique et culturel de ce marché mondial de l'éducatif. Avec une part grandissante de l'enseignement pris en charge par les CLOM, quel sera l'impact sur le nombre de professeurs dans les universités et sur le coût lié à cette éducation universitaire dans des bâtiments en dur ? On aurait également voulu une réflexion sur la menace que ces CLOM peuvent poser au monopole de collation des grades dans des pays jacobins comme la France (et le Québec).

Financement et externalisation

Le journal économique Les Échos se penche, pour sa part, sur la difficile équation économique des CLOM.

Depuis plusieurs mois, des jeunes pousses ont prévu un changement dans le mode de consommation des contenus éducatifs : le grand public peut désormais avoir accès à tous types de cours, même les plus pointus, donnés par des professeurs de grandes universités. L'éducation se mondialise et les étudiants indonésiens, tunisiens ou argentins veulent pouvoir accéder aux cours des écoles américaines, britanniques ou allemandes. D'où l'émergence d'acteurs comme Coursera, qui hébergent et agrègent les cours de grandes universités.

Les écoles, aujourd'hui, n'ont pas vraiment le choix : elles doivent lancer leurs propres cours en ligne, sous peine d'être dépassées. Mais un CLOM coûte cher et peu d'écoles peuvent se permettre de se lancer seules. « Même Harvard [qui dispose d'une dotation de 32,7 milliards de dollars] ne s'est pas lancé seul et s'est associé au MIT pour créer edX », explique Pierre Dubuc, cofondateur de la plate-forme française (comme son nom ne l'indique pas) OpenClassrooms. « Les CLOM changent le métier d'enseignant, ajoute Matthieu Cisel, doctorant sur le sujet à l'ENS Cachan. Pour créer un CLOM qui fonctionne, il faut toute une équipe : un professeur compétent, qui soit aussi un bon acteur [les cours sont souvent présentés en vidéo, NDLR], il faut aussi être bon en commercialisation sur internet, en graphisme. » Autant de compétences que les écoles et universités ne possèdent pas forcément en interne. D'où l'appel à des plates-formes externes.

Différence de moyens, faibles chiffres d'affaire des plates-formes américaines

En France, il en existe quelques-unes. OpenClassrooms, par exemple, travaille avec l'ESG et Sciences po. Mais, là aussi, les Français se heurtent à un manque de moyens par rapport à leurs rivaux anglo-saxons. Coursera, par exemple, a pu lever 85 millions de dollars pour financer ses développements (voir ci-dessous). « La lutte est compliquée, mais elle n'est pas impossible. Les Américains ont levé beaucoup de fonds, mais, pour le moment, nos structures sont assez similaires, avance Pierre Dubuc. Et en France, nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre trois ou quatre ans pour engendrer des revenus, comme le font les Américains. Nous nous posons déjà la question du modèle économique. »

Deux modèles principaux sont aujourd'hui explorés : l'un gratuit financé par la publicité, l'autre avec des cours gratuits et d'autres payants, la « certification » (différente du diplôme délivré par l'école ou l'université) étant facturée. OpenClassrooms mise pour sa part sur un modèle d'abonnement en donnant accès à tout son catalogue de cours pour 9,99 euros (14 dollars) par mois.



« Aujourd'hui, les modèles économiques ne sont pas viables, explique Matthieu Cisel. Seuls de 0,5 à 1 % des gens vont réellement aller au bout d'un cours en ligne et payer pour la certification. » Les plus grandes plates-formes américaines ne génèrent pas plus de 1 à 5 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel. Les françaises sont à peu près au même niveau. Et celles qui travaillent avec les écoles conservent une grande majorité des revenus générés (50 % pour edX et jusqu'à 85 % pour Coursera). Le salut viendra peut-être de la mutualisation des ressources entre écoles. Pour tenter de doper le secteur et de plancher sur les modèles, le gouvernement vient de lancer France Université numérique, une plate-forme regroupant plusieurs acteurs et dotée d'un budget de 8 millions d'euros, qui viennent s'ajouter aux 12 millions prévus dans le programme des investissements d'avenir.


Cinq millions

C’est le nombre d’abonnés à un CLOM dans le monde. Certains remportent un succès gigantesque, comme un cours de robotique, à Stanford, qui attire 160 000 abonnés. Seuls 5 à 10 % des participants parviennent au bout de leur module. La très grande majorité des cours est gratuite et accessible après une simple identification en ligne. La certification authentifiée est payante (une cinquantaine d’euros en moyenne), nécessitant des informations plus détaillées sur l’utilisateur.
« Professeurs trophées »  américains

Les prestations de ces profs vedettes rencontrent un succès tel que les écoles ne sont pas près de les remplacer par des acteurs professionnels. Esther Duflo : l’économiste franco-américaine spécialiste de la pauvreté fait partie du comité qui conseille Barack Obama sur les questions de développement. Ses cours au Massachusetts Institute of Technology sont en ligne. Aswath Damodaran : « Je veux devenir le Lady Gaga de la finance », de déclarer ce professeur de l’université de New York qui a convaincu des milliers d’élèves que sa matière était exaltante. Michael Sandel : ce philosophe américain est la référence en matière de justice, égalité et démocratie. La première leçon du cours en ligne de cette figure de Harvard a été visionnée près de 5 millions de fois sur YouTube. Un hollywood universitaire américain qui écrasera la concurrence des petits pays ?

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lundi 17 février 2014

Les gens travaillaient-ils tout le temps au Moyen Âge ?





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Québec — L’anglais intensif à toute vapeur


Lettre ouverte de Frédéric Lacroix de Québec :

Lors de l’étude en commission parlementaire du projet de loi 14 (« loi modifiant la Charte de la langue française ») en juin 2013, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Mme Diane De Courcy, avait affirmé que, bien que son gouvernement n’ait pas mis de frein tel que promis au programme d’anglais intensif en sixième année du primaire (cinq mois d’anglais exclusif et cinq mois pour les autres matières), elle s’attendait à ce que le niveau d’implantation du programme dans les écoles françaises ne varie pas et reste stable au niveau de 2012 « à 12 % des écoles primaires du Québec », avait-elle affirmé.

Bref, le gouvernement péquiste revenait sur sa promesse électorale d’abolir la « mesure » d’anglais intensif si chère à Jean Charest, mais il fallait comprendre que cela n’aurait aucune conséquence pratique dans la vie concrète.

Février 2014 : dans la région de Québec, l’implantation du programme continue à toute vapeur comme si le Parti libéral était encore au pouvoir. Environ le tiers des écoles primaires l’ont déjà implanté. Une seule école, soit l’école Anne-Hébert du quartier Montcalm, offre encore le programme standard « d’anglais enrichi » dans lequel l’inscription est à la discrétion des parents. Dans les écoles offrant l’anglais intensif, tous les élèves doivent suivre le programme et les parents n’ont pas le choix d’y inscrire leur enfant ou non. Tous les élèves suivent le programme, oui, même ceux qui ont l’anglais pour langue maternelle ! Les commissions scolaires emploient des permanents chargés d’implanter le programme (souvent des professeurs d’anglais) et certaines affirment ouvertement que leur « plan de match » est d’implanter le programme dans toutes les écoles primaires relevant de leur autorité.

Cobayes

On pourrait penser que des résultats exceptionnels peuvent possiblement justifier l’absence de choix des parents et une implantation menée au rythme d’une Blitzkrieg. Que nenni ! Il n’existe aucune étude scientifique digne de ce nom prouvant la pertinence et l’intérêt d’un programme d’anglais intensif non sélectif (obligatoire !) et aucune démonstration convaincante de l’effet prétendument « bénéfique » du programme sur des matières telles que les mathématiques et le français. L’anglais intensif est une expérience à grande échelle où nos enfants jouent le rôle de cobayes.

Et quid des conseils d’établissement (CE) ? Selon la Loi sur l’instruction publique, ceux-ci sont responsables d’autoriser la création de programmes dans les écoles. Il faut cependant comprendre que les CE, structures décisionnelles dans lesquelles siègent des parents bénévoles pas nécessairement experts en éducation, ne sont pas équipés pour résister aux pressions des commissions scolaires et pour remettre en cause les études douteuses sur lesquelles celles-ci se fondent pour chanter les louanges de l’anglais intensif. L’anglais intensif est généralement présenté aux parents par les responsables d’implantation et les conseillers pédagogiques — souvent des professeurs d’anglais, l’avais-je mentionné ? — comme étant l’invention la plus géniale depuis l’eau chaude. Dire qu’il y avait une demi-année en trop dans la sixième année du primaire depuis toujours et que personne ne s’en était jamais rendu compte ! Bravo aux perspicaces professeurs d’anglais !

J’ai voulu vérifier avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ce qu’il en était du niveau d’implantation du programme d’anglais intensif au Québec. Cela a nécessité plusieurs semaines d’attente et une demande d’accès à l’information pour apprendre finalement que le MELS ne tenait plus de statistiques sur le sujet depuis… 2012. Un simple hasard sans doute ?

Mesdames Diane De Courcy et Marie Malavoy (ministre de l’Éducation), serait-il possible d’avoir l’heure juste concernant l’anglais intensif au primaire ? Et pendant que vous y êtes, pourrait-on aussi savoir pourquoi l’anglais intensif est obligatoire et pourquoi les parents ne peuvent pas choisir d’y inscrire leurs enfants ou non ?

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mercredi 12 février 2014

Théorie du genre — entretien avec Yann Carrière, docteur en psychologie

Yann Carrière, docteur en psychologie, souligne ce qu'il nomme le caractère totalitaire et artificiel de la théorie du genre.





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« Le pacte de confiance entre l'État, la famille et l'école a été rompu »

ANNE COFFINIER — directrice générale de la Fondation pour l’école — rappelle que la Déclaration universelle des droits de l’homme réserve aux parents, par priorité, le droit de choisir l’éducation donnée à leurs enfants. On remarquera que pour Mme Coffinier l’école n’est pas une institution sujette au monopole de l’État, mais une institution indépendante.

Diplomate, Anne Coffinier est ancienne élève de l’École Normale Supérieure et diplômée de l’École Nationale d’Administration. Elle est directrice générale de la Fondation pour l’école.



L’affaire du « genre » a le mérite de nous faire réfléchir sur le partage des responsabilités éducatives entre l’État, l’école et la famille. L’école — dont la mission fondamentale est d’instruire — a son autonomie par rapport à la famille comme à l’État : elle apporte une ouverture et un enrichissement par rapport à la cellule de base qu’est la famille. Sur un plan politique, elle initie le futur adulte à la vie de la cité. L’enfant y apprend à servir son école, cette première communauté après sa famille. En Grande-Bretagne, cette logique est très perceptible : l’enfant porte l’uniforme de l’école, et assume des responsabilités croissantes au sein de la communauté scolaire. Il y apprend à connaître et honorer les anciens de son école et les grands noms de son pays. La volonté de contribuer positivement à la vie de la communauté (to be an effective contributor to the community) s’acquiert naturellement à l’école, parce qu’on y apprend sous un jour positif l’histoire culturelle, sportive, militaire, religieuse… de son pays. Le patriotisme britannique ou américain fait bien sourire le Français davantage enclin à la critique, mais il facilite indubitablement la cohésion nationale et le désir des citoyens d’apporter leur pierre à l’aventure nationale. « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » : cette formule de J F. Kennedy résume bien cet état d’esprit.

Mais cette fonction extra-académique de l’institution scolaire doit demeurer très accessoire au regard de la mission de transmission des connaissances ; elle ne peut être remplie qu’en harmonie avec la famille, qui est le premier et principal responsable de l’enfant. A défaut, l’enfant est déchiré de façon schizophrène entre deux tendances contradictoires, ce qui est très déstructurant. Pour que règne la confiance, il importe que l’école reconnaisse le primat éducatif de la famille, et qu’elle les informe en toute transparence de ses buts, moyens et résultats. C’est précisément là que le bât blesse en France. Les droits des parents sont réduits à la portion congrue. Depuis la circulaire de juillet 2013, l’Éducation nationale se dispense d’informer les parents des sorties scolaires dès lors qu’elles ont lieu sur le temps scolaire normal ; de même, rien n’est prévu pour informer des interventions extérieures, alors même que la liste des institutions agréées est tout sauf consensuelle : SOS racisme (émanation directe du parti socialiste), SOS homophobie, Mouvement du planning familial…. Depuis 2000, les jeunes filles peuvent recevoir la pilule du lendemain à l’école ou être orientée par l’infirmière scolaire vers un centre d’avortement extérieur à l’insu total des parents. On aura beau jeu ensuite de déplorer la perte d’autorité des parents et les accuser d’être démissionnaires.

Lorsqu’il assigne à l’école publique la fonction d’« arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel », le ministre Peillon ne craint pas de s’opposer frontalement aux familles, lors même qu’on se situe sur le terrain de la vie privée, de la conscience et de l’intimité. C’est même un devoir pour l’école que d’émanciper les enfants de l’emprise présumée réactionnaire et obscurantiste des parents. Comment s’étonner alors que les enfants deviennent si souvent étrangers à la culture de leur propre famille ?

En agissant ainsi l’Etat s’auto-investit d’une mission illégitime. Qu’il procède à coup de lois n’y change rien. Si l’enfant n’appartient pas à ses parents, comme l’a dit justement la sénatrice PS Rossignol, il est clair qu’il appartient encore moins à l’État. Cette évidence est un pilier du droit reconnu par tous, comme le rappelle l’article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Seuls les totalitarismes — et Sparte ! — ont considéré que l’enfant appartenait à l’État, à la suite de Robespierre et de Danton qui dénonçaient l’effet rétrécissant de la famille sur le décor mental de l’enfant. Il est donc troublant de constater que le ministre Peillon met en place une politique éducative délibérément totalitaire.

Mais par sa violence inouïe, ce projet doctrinaire a tiré de sa torpeur cette majorité de parents qui pensait par principe pouvoir faire confiance à l’école publique. Le pacte de confiance entre l’État, la famille et l’école a été rompu. Il ne pourra être restauré que dans le cadre d’un modèle éducatif substantiellement différent où l’État garantirait activement les droits et libertés des parents en matière éducative, à commencer par leur droit à pouvoir choisir librement l’école de leur enfant, sans discrimination financière pour le cas où ils opteraient pour une école libre.

Source : Figarovox




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dimanche 9 février 2014

Les garderies en Cour supérieure du Québec en février 2014 pour le maintien de la liberté religieuse

Mise à jour 9 février 2014

Ce procès a été remis à une date ultérieure à la demande des avocats des demandeurs en raison du débat actuel sur la « Charte des valeurs » qui pourrait être préjudiciable et influencer le jugement.


Billet original du 17 janvier 2013



Veuillez prendre note que la Cour supérieure, district de Montréal, a fixé les dates du procès dans le dossier de la Directive sur les apprentissages religieux dans les garderies et CPE subventionnés.

Rappelons que par cette directive, le Ministère de la Famille et des Aînés interdit tout apprentissage religieux à caractère confessionnel dans les garderies et CPE subventionnés mais encourage l'exposition des enfants à des contenus culturels d'une diversité de religions.

L'Association des parents catholiques du Québec (APCQ) fait partie des demandeurs qui contestent la légitimité de cette directive et qui plaident en faveur d'une liberté religieuse pour les garderies selon la volonté des parents Le procès a été fixé du 10 au 24 février 2014.

No. de référence : No: 500-17-065791-116

VIRGINIE AFLALO et al., demandeurs

c.
PROCUREUR GÉNÉRAL DU QUÉBEC, défendeur.


Voir aussi

Religion à la garderie : membres d'un comité-conseil disent avoir été ignorés

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État

«  Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire






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samedi 8 février 2014

Si euthanasier c'est « mourir dans la dignité »...


...les autres formes de mort sont-elles indignes ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ne pas parler clairement et parler d'« euthanasie » plutôt que de « mort  dans la dignité ».



Voir cette vidéo sur Jean-Luc Roméro qui avait déjà désinformé les spectateurs français sur le mariage homosexuel au Canada (et même au Québec s'il a confondu les deux).

Voir aussi

France — On désinforme sur le Canada et le « mariage » homo

Des médecins contre « l'assistance à mourir » par euthanasie





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Allemagne — Un père en prison pour avoir refusé que sa fille suive un cours d’éducation sexuelle en primaire



Un père et une mère condamnés à de la prison ferme pour avoir refusé que leur fille en primaire suive des cours d’éducation sexuelle.

L'État premier décideur de l'éducation de tous les enfants.



Le reportage date du 21 septembre 2013, il est très bien doublé en français.


Voir aussi

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Allemagne — juge refuse la garde des enfants pour empêcher l'émigration des parents

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne —  Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

Québec — 
Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner (suite : La DPJ recule après plus 3 ans d'interrogatoires, de tests et de procès : une famille recouvre sa liberté).

Allemagne — Parents inquiets protestent contre l'imposition de la théorie du genre






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vendredi 7 février 2014

Québec — Premier pour le suicide des hommes

Denise Bombardier revient sur cette triste première place.

« C’est au Québec que l’on retrouve le plus haut taux de suicide chez les hommes. À hauteur de 80 % de l’ensemble des suicides. Cette statistique s’ajoute à toutes les autres qui renvoient une image des Québécois à l’opposé du lieu commun répété sans cesse sur la joie de vivre et la jovialité des gens de party que nous serions. À preuve, la place surdimensionnée des humoristes désormais transformés en agents de changement social, en commentateurs politiques [politiquement corrects], en icônes laïcs de la nouvelle société dont la soif de rire semble insatiable.

J’écoutais cette semaine la psychiatre Suzanne Lamarre commenter ces statistiques plus élevées qu’à peu près partout au Canada. Elle disait qu’au Québec, contrairement au reste du pays, le suicide semble une option parmi d’autres pour ceux dont la souffrance psychique est intolérable. Hélas, l’option est irréversible. Comment expliquer qu’une société en arrive à croire que la mort soit une solution au mal de l’âme et que les hommes désespérés transforment le désir de vivre, donc de lutter, de s’affirmer, de s’engager, en désir de disparaître, de se « libérer » oubliant les survivants plongés dans la détresse ? Il est impératif de s’interroger sur certains aspects de la culture québécoise afin de mieux cerner cette distinction qui est la nôtre. On ne répétera jamais assez qu’une forme de matriarcat psychologique a modelé nos valeurs et nos comportements. Les femmes apparaissent moins fragiles que les hommes. Elles se déploient mieux préparées sur le terrain émotionnel, mieux armées qu’eux. Les hommes sont demeurés plus taiseux, plus renfermés, incapables souvent d’expliquer leur angoisse. [Mme Bombardier vaudrait-elle que les hommes deviennent des femmes comme les autres ?] Et le machisme ne leur est plus d’aucun recours. Alors, le romantisme morbide qui transforme le suicide en geste courageux – bien qu’il soit plutôt l’expression d’un découragement abyssal – apparaît comme une option parmi d’autres.

Libres de choisir ?

S’ajoute à cela la position, appelons-la juridique ou philosophique, qui se résume par deux phrases : « C’est un droit. On est libre de choisir de mourir. » Malheureusement, cette façon de voir chez nombre de gens qui usent de la Charte des droits et libertés d’une manière pour le moins surprenante peut faciliter sans doute le passage à l’acte de personnes en détresse. Sous une apparence de tolérance et de respect de l’autre, n’y aurait-il pas une indifférence doublée d’un refus d’être soi-même dérangé ou remis en question ? Pourquoi plus de suicides au Québec qu’ailleurs au Canada ou que chez les anglophones du Québec ? Pourquoi des hommes à 80 % ? Pourquoi faut-il une semaine de la prévention du suicide pour regarder ce phénomène en face en découvrant les témoignages bouleversants et empreints de dignité des proches, brisés à vie par le geste de leur mari, épouse, frère, sœur, cousin, ou ami ? Il n’y a pas de lien de cause à effet avec ce qui précède. Mais que penser du fait que le seul projet de loi qui fasse quasi-consensus au Québec porte sur la fin de vie alors que tous les projets de loi sur la vie provoquent des débats houleux qui nous déchirent ? Le poids d’une culture de la mort pèserait-il sur nous ? »

On parle peu des suicides des hommes, quel que soit le pays. On parle de la violence contre les femmes, mais peu de la violence contre les hommes ou de leurs suicides. Voir ici. Ci-dessous les causes de morts violentes aux États-Unis. Il apparaît que le suicide et le meurtre touchent principalement les hommes.





Voir aussi

Violences conjugales : les hommes battus oubliés en France comme au Québec ?

« Le délit de violence psychologique est liberticide et contre-productif »


Real Women of Canada, Violence against women — a money grabber (en anglais).

Le 25 novembre et le 6 décembre, hier et aujourd’hui
 



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jeudi 6 février 2014

Interdiction potentielle de rites et explications religieuses dans certaines résidences privées ?

En principe, le champ d'application de la charte (projet de loi 60) doit être restreint aux lieux de travail des employés de l'État et se limiter uniquement aux heures de travail.
Or, pour 15 000 responsables de garderies familiales subventionnées, le lieu de travail se confond avec la résidence privée.

Le respect de la vie privée de ces milliers de Québécoises pourrait ainsi être éventuellement menacé par l'application de la charte.

Le projet de loi 60 vise ces personnes. Le gouvernement du Parti québécois étend aux garderies familiales la directive religieuse déjà en vigueur dans les Centres de la petite enfance (CPE) contestée en justice, et ayant pour effet d'interdire l'apprentissage d'une croyance religieuse, que ce soit par des chants, prières ou à l'aide d'objets religieux.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) se pose des questions sur la légalité de cette approche et se demande comment Québec entend l'appliquer, compte tenu qu'on parle de services offerts dans des résidences privées.

« On estime que c'est au gouvernement à faire la démonstration qui justifie de faire une mise en application qui irait jusque dans le domicile des travailleuses autonomes dans notre réseau », a commenté le directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal, en entrevue à La Presse Canadienne, mercredi.

« Le caractère privé de ce mode de garde et le fait qu'il est assuré par des travailleuses autonomes rendent son application complexe », écrit l'organisme dans son mémoire à présenter en commission parlementaire, dans le cadre de la consultation menée sur le projet de loi 60, qui définit la charte de la laïcité de l'État. La date de sa présentation n'est pas encore fixée.

L'AQCPE espère que toutes les zones d'ombre de l'application de la charte, tant en CPE qu'en garderie familiale, seront élucidées avant l'adoption du projet de loi.

« Qui sera chargé en milieu familial de l'application de la charte ? », s'interroge-t-il, en disant craindre un problème d'équité avec les CPE, qui seront eux plus faciles à contrôler par Québec, vu leur caractère plus institutionnel.

Source




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