samedi 16 novembre 2013

Au printemps 2015, « La revanche des Yvettes » ?

 Extrait d'un billet de Jérémie :

Affiche soviétique de 1931.
« À bas l'esclavage de la cuisine !
Vive le nouveau mode de vie ! »
« Le ministre des Finances du Canada, M. Jim Flaherty, dans sa mise à jour économique de l'automne 2013 nous annonce aujourd'hui – non seulement le retour à l'équilibre budgétaire pour 2015, tel que promis lors de la dernière campagne électorale –, mais encore un surplus de 3,7 milliards $ cette année-là. Ce surplus permettrait de mettre en place une des promesses phares du Parti conservateur du Canada – PCC soit le fractionnement des revenus pour les couples qui ont des enfants âgés de moins de 18 ans. Les Conservateurs sont souvent nonos, ils manquent sérieusement de fibre morale, les préoccupations sociales ne les réveillent pas la nuit et leur premier ministre lui-même vient de se faire prendre à mentir à propos des sénateurs dans un invraisemblable imbroglio. Si on est pas toujours fiers de leurs actions, je dois cependant ici m'incliner devant cette promesse qui semble s'approcher d'un des principes fondamentaux de la Doctrine sociale de l'Église soit d'améliorer la proposition économique pour la maman qui souhaiterait demeurer à la maison pour s’occuper de ses enfants. Lisons ce que dit la doctrine à ce sujet :
250 Pour protéger ce rapport entre famille et travail, un élément à apprécier et à sauvegarder est le salaire familial, à savoir un salaire suffisant pour entretenir la famille et la faire vivre dignement564. Ce salaire doit permettre la réalisation d'une épargne favorisant l'acquisition de telle ou telle forme de propriété, comme garantie de la liberté : le droit à la propriété est étroitement lié à l'existence des familles, qui se mettent à l'abri du besoin, grâce aussi à l'épargne et à la constitution d'une propriété familiale565. Il existe plusieurs façons de rendre concret le salaire familial. Certaines mesures sociales importantes concourent à le déterminer, telles que les allocations familiales et autres contributions pour les personnes à charge, ainsi que la rémunération du travail au foyer d'un des deux parents566.
Affiche soviétique de 1932.
« Le 8 mars, jour de l'insurrection
contre l'esclavage des travailleuses de cuisine.
 À bas l'oppression et
la mesquinerie de la vie domestique ! »
OK, techniquement parlant, le fractionnement des revenus n'est pas un salaire pour un parent qui demeure à la maison, mais il commence à s'en approcher drôlement. Ainsi, un papa qui a un revenu de 65 000 $ pourra en attribuer la moitié à son épouse, réduisant d'autant leur fardeau fiscal familial. C'est en milliers de dollars supplémentaires qui se calculent l'augmentation du revenu, une mesure onéreuse, car elle coûtera, au bas mot, près de 3 milliards $ par an au trésor public. [En réalité, l'État rendra plutôt 3 milliards $ d’impôts qui défavorisaient injustement les familles.] En additionnant les allocations familiales, on arrive ma foi à un pécule non négligeable, libre d'impôt. Continuons notre lecture… 
251 Dans le rapport entre la famille et le travail, une attention spéciale doit être réservée au travail de la femme dans le cadre de la famille, c'est-à-dire tout le soin qu'elle lui consacre, qui engage aussi les responsabilités de l'homme comme mari et comme père. Ce travail, à commencer par celui de la mère, précisément parce qu'il vise le service de la qualité de la vie et s'y consacre, constitue un type d'activité éminemment personnel et personnalisant, qui doit être socialement reconnu et valorisé,567 notamment par une compensation économique au moins égale à celle d'autres travaux568. En même temps, il faut éliminer tous les obstacles qui empêchent les époux d'exercer librement leur responsabilité de procréation et, en particulier, ceux qui contraignent la femme à ne pas accomplir pleinement ses fonctions maternelles569.
Cette mesure lorsqu'elle rentrera en vigueur deviendra une reconnaissance de facto du rôle de la maman qui demeure au foyer pour s’occuper de sa famille. Elle sera une compensation économique, pas encore équivalente à d’autres, mais certainement un pas dans la bonne direction. Elle constituera un encouragement à l’exercice de la maternité en réduisant l'obligation économique d'aller travailler à l'extérieur. Et elle corrigera enfin une grande injustice qui fait que présentement, si j'ai un seul revenu et que je suis marié, je suis, à revenu égal, le plus taxé de tous les ménages dans ma situation qui vivent sur deux salaires ou comme conjoints de fait. Il est sérieusement temps qu'on mette fin à cette discrimination contre les familles, nucléaires, traditionnelles ou tout bonnement normales!

Jouons au prophète deux minutes... ça m'amuse. Une fois la mesure en place, je crois bien que quelques femmes feront vite le calcul que d'éliminer la deuxième voiture, la garderie avant cinq ans et le service de garde à l'école plus le camp de jour, le restaurant et les vêtements, il vaut peut-être mieux en bout de ligne rester à la maison, recommencer à mitonner de bons petits repas pour toute la famille, s’occuper des devoirs au retour à la maison et s’offrir des fins de semaine de loisirs en famille plutôt qu'à coordonner tous les devoirs et leçons de la semaine et préparer sept soupers. Ça risque aussi de faire baisser de deux ou trois crans le niveau de stress familial, et, qui sait, de devenir plus sensible aux signes subtils que le grand ado s'apprête à décrocher...


J'imagine, en jubilant, Pauline, Françoise, Jeannette et surtout Lise Payette et leur cohorte de féministes échevelées rager et hurler leur dégoût de cette politique paternaliste qui enferme les femmes dans leurs rôles traditionnels. Les Yvettes dont on avait tant ri, mais qui ont joué un bien mauvais tour aux péquistes lors du premier référendum viendront elles de nouveau hanter nos politiciennes apôtres de la pensée unique dans les prochaines années ? »

Voir aussi

A+ pour l’enseignement à la maison selon une étude des universités Concordia et Mount Allison

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l'obésité de leurs enfants

Les enfants dont la mère reste à la maison ont de meilleurs résultats à l'école

Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques




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Réflexes communautaires : un candidat blanc se fait élire à l'université de Houston en se faisant passer pour un Noir


Dave Wilson, un républicain, s'est fait passer pour un Noir pour entrer au conseil d'administration du collège communautaire de Houston au Texas. Les collèges communautaires sont, aux États-Unis, des établissements universitaires qui offrent des formations généralement limitées à un premier cycle de deux ans.

Pendant sa campagne, M. Wilson a usé de plusieurs stratagèmes pour déloger de son siège au conseil d'administration du collège communautaire de Houston le démocrate — noir — Bruce Austin, qui y avait été élu quatre fois consécutives ces vingt-quatre dernières années dans ce district principalement peuplé d'électeurs noirs. Sur les tracts électoraux du républicain blanc figuraient exclusivement des visages de personnes noires, afin de créer la confusion. L'heureux candidat a trouvé ces photos sur Internet via une banque d'images. Cette manœuvre n'est sanctionnée par aucun texte de loi. Et il l'a exercée dans d'autres domaines. Par exemple, ses annonces radiophoniques ont été enregistrées avec des voix de Noirs. Elles évoquent les dons du candidat au bénéfice des différentes associations de communautés noires et hispaniques, cultivant encore la confusion.

Affichette de Dave Wilson

Enfin, le stratagème le plus grossier de sa campagne fait sourire le républicain. Il aura consisté en la mention dans chacune des annonces et affichettes du soutien d'un certain « Ron Wilson ». Ce nom évoque pour tout un chacun au Texas le démocrate — noir — représentant de l'État du Texas au Congrès pendant plus de vingt ans, célébrissime à Houston. Mais il s'agit en réalité du cousin de Dave Wilson ! Interrogé par les journalistes locaux sur l'identité de cet homonyme, Dave Wilson sourit : « Oui, parfaitement, Ron est mon cousin, il est épatant et il soutient ma candidature ! » Afin d'éviter de se mettre hors-la-loi, Dave Wilson a bien pris soin de préciser en plus petits caractères sur ses tracts que « Dave Wilson et Ron Wilson sont cousins » !

Déterminisme communautaire

Pourquoi Dave Wilson a-t-il eu besoin de tromper ses électeurs pour gagner ? Le candidat invoque à demi-mot le déterminisme communautaire qui régit les élections aux États-Unis. En effet, si le Texas est connu pour être depuis toujours en majorité acquis aux républicains, la ville de Houston, quant à elle, n'a plus connu de maire de droite depuis 1991. En 2009, elle est même devenue la première ville américaine de plus d'un million d'habitants à élire un maire homosexuel : la démocrate Annise Parker. Et ce n'est pas tout : en 2005, les sociologues de la même université publique de Houston ont mené une étude sur l'orientation politique des communautés présentes en grand nombre à Houston.

Les résultats sont édifiants : 62 % des hispaniques et 91 % des Noirs disent voter démocrate. Rappelons que le président Obama (un métis) a bénéficié d'un vote stalinien parmi les afro-américains, 93 % des suffrages en sa faveur en 2012 contre, toutefois, 96 en 2008. Dans un tel contexte, Dave Wilson « ne s'attendait pas du tout à gagner l'élection ».

À noter que si ses manières de jouer avec les réflexes de ralliements communautaires ne sont certainement pas flatteuses pour la démocratie, elles ne sont guère attaquables du point de vue de la légalité.

Sources: Le Point, KHOU, Texas, Diversity Inc.

Décrochage — les experts évacuent les parents...


Lettre ouverte de Denis Lyonnais dans Le Devoir :

J’ai eu l’occasion d’assister aux Grandes Rencontres sur la persévérance scolaire la semaine dernière à Montréal. Plus de 1400 personnes et 150 spécialistes et experts s’étaient donné rendez-vous. On nous a fait un portrait type du jeune de 4 à 16 ans, on l’a étudié, disséqué, mis en tableau, en statistique. On nous a présenté des recherches sur ce qu’il aime, ce qu’il aimerait, ce qu’il n’aime pas, ce dont il a besoin. On a évalué ses chances de décrocher s’il n’est pas « dépisté » à temps. Soudain, une réflexion m’a traversé l’esprit. Misère, mais on parle de mon enfant ! Comme parent, n’aurais-je pas un mot à dire parmi tous ces experts ?

En aucun temps, pendant ces trois journées, on a parlé de l’importance de la relation parent-enfant sur la persévérance scolaire. En aucun moment on a parlé de l’influence du parent comme modèle auprès de son enfant. Jamais on n’a discuté des bienfaits d’un bon encadrement parental et du soutien affectif sur la persévérance scolaire.

Où est la reconnaissance du parent-travailleur qui s’efforce de concilier travail, famille et réussite de son enfant ? À plusieurs occasions, je me suis senti aspiré par ce tourbillon de connaissances que faisaient virevolter tous ces penseurs qui, eux, savaient ce qui était bon pour mon enfant. Et si la persévérance était aussi une question de valeur et la réussite, une notion de culture, qui serait le mieux placé pour transmettre cette valeur sinon le parent ?

Il est grand temps de cesser de déresponsabiliser le parent dans son rôle premier et qu’il soit reconnu comme le premier responsable de l’éducation de son enfant.





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vendredi 15 novembre 2013

Les Français de plus en plus réticents face à l'immigration



Pour une large majorité de Français, l’immigration est aujourd’hui perçue de manière négative. Ils sont ainsi 86 % à penser qu’« il faut passer d’une immigration subie à une immigration choisie », au lieu de 62 % en avril 2006.

Pis : la proportion de sympathisants de gauche à partager cette opinion s’élève à… 82 % (avec la plus forte progression : 33 points en sept ans), quand ceux de l’UMP (centre-droit) sont 96 %, et ceux du Front national, 92% !


Source : Valeurs actuelles



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La vieillesse, l'enfance, les transports au quotidien vus de Chine et d'Allemagne


Yang Liu est une artiste née en Chine, mais qui a vécu en Allemagne depuis ses 14 ans. Elle a conçu une série d'infographies pour représenter ses observations sur la culture chinoise et la culture allemande. Ci-dessous sa perception du quotidien des pensionnés en Allemagne et en Chine.


En Occident, l'enfant est éduqué principalement par ses parents, beaucoup moins par ses grand-parents contrairement à la Chine.




L'Occident est de plus en plus vert, son industrie disparaît en même temps. Inversion des trajectoires ?



Le reste des infographies.




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Quarante enseignants, trois familles d'accueil parmi un vaste réseau pédophile arrêté


La police canadienne a annoncé jeudi avoir démantelé un vaste réseau pédophile au terme d'une enquête ayant abouti à l'interpellation de 348 personnes dans le monde, dont des religieux, des enseignants et des personnels de santé.

L'enquête a abouti dans une cinquantaine de pays à l'arrestation de six représentants des autorités publiques (policiers ou magistrats), 40 enseignants, trois familles d'accueil, neuf médecins et infirmières et neuf responsables religieux.

Au total, sur 348 personnes interpellées, 108 l'ont été au Canada, 76 aux États-Unis et 164 dans d'autres pays, dont la Suède, la Norvège, l'Espagne, l'Irlande, la Grèce, le Japon, l'Argentine, le Brésil, l'Australie ou l'Afrique du Sud, a indiqué la police de Toronto.

L'inspecteur-adjoint associé à l'enquête a cité quelques exemples des personnalités interpellées comme un avocat qui était aussi entraîneur d'une équipe de jeunes de baseball dans l'État de Washington, dans le nord-ouest des États-Unis, et qui a reconnu avoir produit plus de 500 vidéos avec des enfants de moins de 16 ans. Un enseignant en classe de maternelle, quand il était employé au Japon, a également plaidé coupable de production de matériels à caractère pédophile, selon la police qui a également mentionné le cas d'un officier de police du Texas.

Voir aussi

France — Pédophilie à l'école, la hiérarchie mute simplement l'enseignant

Pédophilie dans l'enseignement

Pédophilie — Autre scandale dissimulé par la hiérarchie ? (Grande-Bretagne)

Complicité de la hiérarchie de l'institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie

États-Unis — Pédophilie dans une école primaire

Canada — La pédophilie : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

Scouts Canada s'excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment

Deux poids, deux mesures ? (artistes pédophiles excusés par des journaleux)

Complicité de la hiérarchie de l'institution pour dissimuler de nombreux cas de pédophilie (Pennsylvanie).






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jeudi 14 novembre 2013

Elle a 13 ans, très bonne élève, harcelée, vit le calvaire, se suicide


Marion, 13 ans, s’est pendue chez elle, à Vaugrigneuse, dans l’Essonne (grande région parisienne, au Sud de Paris) en février dernier. Avant de commettre son geste, la jeune fille avait envoyé une lettre à son collège pour dénoncer le harcèlement qu’elle subissait de la part de certains de ses camarades. Aujourd’hui, neuf mois après, les parents de Marion sont toujours dans l’incompréhension.



L’enquête menée par la gendarmerie n’a toujours pas désigné de responsables et le couple a le sentiment d’être abandonné et ignoré par le ministère de l’Education Nationale. Jeudi, avec le concours de leur avocat, Me David Père, ils vont saisir un juge d’instruction au tribunal de grande instance de Paris. Les parents vont également déposer une lettre au cabinet de Vincent Peillon.

En quoi consistaient ces faits de harcèlement ? « Marion, en 6e, avait été embêtée. Mais à l’époque, en 6e et en 5e dans ce même collège, il y avait un principal-adjoint, qui prenait la mesure des faits, qui était très vigilant sur les violences verbales, les violences physiques. Je passais un coup de fil, je mettais un mot dans le cahier de correspondance et le lendemain c’était réglé. En 4e, nouveau principal adjoint et là, tout a basculé. Dès les premiers jours, Marion, quand on a vu la liste des élèves, on a eu très peur. »

Pourquoi ces élèves s’en prenaient spécifiquement à elle ? « Marion était embêtée à la fois par des élèves de 5e, de 4e et principalement des élèves de sa classe de 4e, qui s’en sont pris à d’autres. Une jeune fille, qui a été prise à partie à plusieurs reprises, qui a été bloquée dans les vestiaires également, avec un briquet et un déodorant en lui disant : ‘on va faire de toi un chalumeau’. Son ex petit ami a été battu, mis à terre avec une photo sur Facebook. Alors, ce sont les témoignages que j’ai recueillis, mais sur 600 élèves, bien d’autres doivent subir la même chose, puisque 15 % des élèves se disent harcelés et ne le disent pas [selon les chiffres de l’Éducation nationale française]. 40 % des bons élèves s’en plaignent. Marion faisait partie des très bons élèves, elle était brillante. Aujourd’hui, les bons élèves sont stigmatisés ».

Les causes de l'intimidation en Ontario

Selon une étude de Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 », l'intimidation liée à l'orientation sexuelle des élèves (orientation souvent simplement supposée au début du secondaire) est loin, mais très loin, d'être une des raisons principales des brimades à l'école. En effet, le premier sujet des moqueries et insultes est lié au physique des élèves. Railleries parce qu'un élève est trop gros, trop petit, lent à la course, roux, laid, trop grand, trop maigre, etc. À la fin du secondaire, les motifs reliés au « genre » sont même parmi les moins fréquents loin derrière l'intimidation au physique, aux notes en classe, l'origine culturelle, la langue familiale, la religion et les revenus des parents !



Matéo, harcelé parce que roux, se suicide




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L'école socialiste en France pour Farida Belghoul : athée, illettrée, LGBT ?

Entretien avec l'enseignante Farida Belghoul sur la théorie du genre et la politique de Vincent Peillon, le ministre socialiste de l'Éducation, pour l'école.




Farida Belghoul est née à Paris en 1958, dans une famille immigrée d’origine kabyle et algérienne. Cinéaste, enseignante et militante, elle a été à l’origine de Convergence 84 qui, un an après La Marche des Beurs, chercha une voie opposée « au repli communautaire et à la position victimaire de SOS-Racisme »

Télécharger le rapport Teychenné (pdf) : « Discriminations LGBT-phobes à l’école : état des lieux et recommandations – Rapport de Michel Teychenné à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale – Juin 2013 »

Télécharger le document du syndicat de gauche SNUipp (pdf) : « Éduquer contre l’homophobie dès l’école primaire »



Voir aussi

Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre

L'affaire Bruce/Brenda/David Reimer c. la théorie du genre

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

France — La morale laïque de Peillon, un ultra-moralisme obligatoire

Pour le ministre de l'Éducation français, le socialisme est une religion

L'école doit-elle enseigner le bien et le mal ? La morale laïque ? Laquelle ? (vidéo)

États-Unis — une école publique intimidée par le lobby LGBT

L'école de l'État « n'a pas suffisamment travaillé sur les mentalités »







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Le Portugal sur la voie du chèque scolaire

Le Portugal se met sur la voie de la liberté scolaire. Sofia Reis (ci-contre), trésorière de l'ECNAIS, a répondu aux questions d’Anne Coffinier. Elle nous explique comment ce pays a pu changer de cap en matière d’éducation.

Comment se présente la liberté scolaire au Portugal : quel est le pourcentage d’enfants dans le privé ?

Au Portugal, environ 20 % des élèves sont inscrits dans des écoles privées. Celles-ci ont une bonne réputation. Le secteur des écoles privées est très varié. Il y a des écoles catholiques, des écoles à but lucratif, des écoles dirigées par des coopératives de parents ou de professeurs, ou encore des écoles tenues par des associations. Ces écoles offrent aux choix un cursus général, professionnel, un baccalauréat international, des cursus étrangers. 47 % de ces élèves bénéficient d’aides financières de l’État pour financer leur scolarité dans ces écoles privées.

Le privé est-il réellement libre par rapport au public (plan, horaires, programme, spirituel, pédagogique, diplôme, manuels scolaires) ?

Jusqu’à présent, les écoles privées sont contraintes en théorie de suivre le programme fixé par l’État, d’adopter les manuels scolaires et rythmes scolaires officiels. Beaucoup d’écoles les suivent. Quelques écoles ont une approche plus souple et peuvent ne pas les remplir intégralement (en adaptant le cursus, les programmes ou en utilisant leurs propres livres). Les nouveaux statuts des écoles privées qui doivent être publiés ce mois-ci changent considérablement la donne. Les écoles privées vont être libres de définir leur cursus avec une certaine latitude (30 %); elles seront libres de choisir leurs programmes, leur rythme scolaire, etc.

Comment est financé le privé, pareil que le public ? Est-il coûteux pour les parents ?

Autour de 47 % des élèves des écoles privées bénéficient d’une aide de l’État. Cette aide varie selon les types de contrats des écoles les liant à l’État. Il y a :
  • (i) les contrats simples – l’État prend en charge les frais de scolarité. Cette aide est destinée aux élèves pauvres et ne couvre pas plus de la moitié des frais de scolarité – c’est pour le cursus général ;
  • (ii) les contrats d’association – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. L’État paie un montant fixe par classe à l’école pour couvrir toutes les dépenses – c’est pour le cursus général ;
  • (iii) les contrats de parrainage – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. L’État paie un montant fixe par élève à l’école pour couvrir toutes les dépenses – c’est pour les écoles de musique ;
  • (iv) financés par le fonds social européen – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. Les écoles perçoivent un montant fixe par classe qui couvre toutes les dépenses – c’est pour les formations professionnelles.
A contrario, 53 % des élèves des écoles privées paient l’intégralité des frais de scolarité.

Dans les écoles détenues et dirigées par l’État, le ministère de l’Éducation paie directement les professeurs et donne de l’argent à l’école pour les autres dépenses.

Quel est l’argument gouvernemental pour justifier que les écoles privées soient payantes ?

Au début des années 70, il y a eu un “boom” d’écoles. L’État a construit des écoles dans tout le pays et a embauché des professeurs. Même là où il y avait une école privée, où les élèves auraient pu aller dans la mesure où l’État payait leur scolarité (il s’agissait d’enfants pauvres).

De nos jours, les gouvernements disent que si l’État aide les parents d’écoles privées, il paierait deux fois, car il doit, de toutes les manières, payer les professeurs de l’État (les fonctionnaires ne pouvant être licenciés). De plus, les partis de gauche sont puissants au Portugal et ils défendent l’idée que l’État a l’obligation de scolariser tout le monde, et rien de plus. Ainsi, les parents souhaitant scolariser leurs enfants dans le privé n’ont qu’à payer.

Quels sont les résultats des écoles privées aux tests de référence nationaux et internationaux (type PISA) ?

Les écoles privées ont de très bons résultats dans les examens nationaux et internationaux. Même les écoles privées avec un contrat d’association (ces écoles privées doivent se soumettre aux mêmes règles que les écoles publiques concernant la sélection des élèves) ont de meilleurs résultats que les écoles publiques.

Le débat sur le chèque-éducation s’est-il imposé ces derniers mois comme le sujet majeur en matière de politique scolaire ?

Le libre choix scolaire et des chèques éducation ont été au centre des débats depuis août. Le Gouvernement, qui s’appuie sur une majorité de deux partis de droite et centre droit, a introduit le débat à travers la révision des statuts de l’école privée ainsi que la réforme de l’État. De même, le FMI et la Banque mondiale, en lien avec le programme d’ajustement du Portugal, ont mis en lumière les avantages de l’élargissement du choix scolaire et des contrats d’association.

Comment cela se fait-il ?

Étant donné que nous n’avons pas d’autres informations, à part la parole du gouvernement de faire quelque chose, tout le monde débat – pour ou contre – avec des arguments basés sur des suppositions. Le débat est important, car il crée une prise de conscience, mais il ne mène nulle part, car il manque trop d’informations.

Qui propose l’introduction du bon scolaire ? En quoi consisterait-il ?

Le Gouvernement, mais jusqu’à présent seulement à titre d’expérimentation.

À quel horizon pourrait-il être introduit ?

Nous ne le savons pas encore. Pour l’heure, nous n’avons que l’engagement de cette introduction, à l’essai.

Quels sont les arguments contre ?

L’argument le plus courant est que les écoles financées par des chèques éducation vont créer une ségrégation, que ce qui compte c’est de donner aux écoles en échec, que les chèques éducation sont seulement un moyen de privatiser l’école. Tous les arguments connus du statu quo. Un système scolaire basé sur le choix doit être régulé ; le ministère doit s’assurer que les lois sont appliquées et que les élèves non privilégiés ne sont pas oubliés. Les opposants les plus farouches au choix scolaire sont les syndicats d’enseignants de gauche. Mais ils s’opposent également à l’autonomie scolaire et à tout autre outil permettant de donner plus de pouvoirs aux professeurs (parce qu’ils évolueraient d’une position de fonctionnaires vers celle de professionnels et bénéficieraient ainsi d’une plus grande liberté).

Quel modèle de chèque-éducation visez-vous ?

Nous pensons qu’un système avec un seul type de chèque éducation risque d’être décevant. Notre expérience montre qu’en disposant de plusieurs instruments, il est plus facile de s’adapter aux différents besoins (ceux des parents et des écoles).

L’OCDE dit que seul le bon scolaire ciblé sur les enfants défavorisés et non un chèque universel est socialement efficace : qu’en pensez-vous ?

Les comparaisons internationales sont difficiles à conduire valablement. Les informations ne sont pas complètes, les contextes culturels et historiques peuvent mener à des conséquences différentes alors même que les instruments utilisés sont les mêmes, aucun pays n’a le même “marché éducatif” (avec des conditions d’entrées claires et accessibles, avec des écoles qui ne sont pas réellement choisies par les parents, etc.) Ainsi, les conclusions faites sur ce sujet doivent toujours être maniées avec précautions.

Cependant, nous pensons que l’essentiel est qu’il y ait plus de choix. Ainsi, nous sommes très favorables et soutenons les chèques éducation qui permettent de couvrir tous les frais pour les élèves défavorisés. Beaucoup de nos écoles ont un caractère religieux et désirent recevoir des élèves défavorisés. Ce sont ceux-là qu’elles veulent instruire. C’est le monopole de l’État en matière d’éducation qui a maintenu les élèves défavorisés en dehors des bonnes écoles !

Propos recueillis par Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école.

Voir aussi

« Le combat pour la liberté scolaire est un combat pour la démocratie »

Essor des écoles indépendantes et du chèque scolaire au Royaume Uni

Les Québécois veulent des bons d’étude et que le cours ECR soit optionnel ou aboli

George Leroux : L’État doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance des parents

« Georges Leroux est mon gourou », déclare directeur de la fédération des écoles privées...

Comment concilier financement juste et recherche de l'amélioration des écoles




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Afrique du Sud — Déconfiture de l'école publique, succès de l'école privée

De nombreuses écoles privées voient le jour en Afrique du Sud ces jours-ci.

L'augmentation précise est difficile à estimer. Le ministère de l'Éducation estime que le nombre d'élèves inscrits dans les écoles privées a augmenté de 76 % entre 2000 et 2010, une époque où de nombreuses écoles publiques étaient fermées pour des raisons de contestations syndicales. Le ministère évaluait le nombre de ces écoles en 2012 à 1.571, soit 6 % du total. Selon Ann Bernstein du Centre pour le développement et l'entreprise (CDE), ce chiffre est certainement trop bas. Le CDE, un réseau pensant, vient de publier un rapport sur les écoles privées abordables. Umalusi, une agence d'accréditation, a déclaré récemment qu'elle avait la responsabilité d'accréditer 3.500 de ces écoles privées. Beaucoup d'autres écoles ne s'inscrivent pas pour éviter les frais d'accréditation.

La raison pour laquelle les écoles privées prolifèrent ne fait pas de doute. Bien que l'Afrique du Sud soit un pays à revenu intermédiaire, son système d'éducation est loin d'être dans la moyenne mondiale. Le Forum économique mondial basé en Suisse l'a classé en 146e positon sur 148 pays — et dernier en mathématiques et en sciences. Ce n'est pas faute d'argent. L'éducation engloutit un cinquième du budget de l'État, un des plus hauts pourcentages au monde. Les enseignants sont relativement bien payés. Mais les normes sont peu élevées et les résultats lamentables. Seuls quatre élèves sur dix qui commencent l'école obtiennent le diplôme d'études secondaires même si la note de passage n'est que de 30 %, déclare le CDE. Seuls 12 % des élèves obtiennent des notes suffisamment élevées pour entrer à l'université. Et seuls 11 % obtiennent une note de 40 % ou plus en mathématiques.

Selon l'étude internationale Tendances de l'étude des mathématiques et des sciences (TEIMS) en 2011, les enfants sud-africains se plaçaient en dernière position parmi les 21 pays à revenu intermédiaire. L'enseignement des mathématiques est souvent très médiocre avec des enseignants qui souvent ne sont même pas en mesure de répondre aux questions dans les programmes qu'ils doivent enseigner... Une étude antérieure portant sur les enseignants de 6e année, seuls 23 % d'entre eux étaient parvenu à répondre correctement à une question précise.  Pour Nick Taylor, chef du service au centre d'évaluation nationale (Needu), de nombreux enseignants ne sont pas nommés au mérite, se reposent sur leurs lauriers et sont trop confiants quant à la manière dont ils enseignent leur matière. C'est ce qui ressort d'un sondage du TEIMS de 2011 parmi les professeurs de mathématiques de 9e année : 89% des enseignants sud-africains s'y déclaraient très confiants pour ce qui était de donner leur cours, comparés à 69 % des enseignants finlandais, 59% des professeurs de mathématiques de Singapour et 36% des professeurs en Chine.

Les syndicats d'enseignants ont interdit par leurs pressions l'inspection des écoles et toute évaluation du rendement des enseignants.

C'est pourquoi même les parents moins bien nantis sont prêts à payer pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées, de ces écoles qui perdent de l'argent et leur clientèle si leurs élèves ont de mauvais résultats.

Vuleka, une chaîne de sept écoles primaires et maternelles à Johannesbourg facture des frais de 14.000 rands par an (environ 1.400 $/an). Ses résultats en lecture et en mathématiques sont bien au-dessus de la moyenne, mais elle paie ses institutrices un peu moins que l'école publique pour garder les frais d'inscription bas. « Les enseignants qui veulent enseigner savent qu'ils seront soutenus ici », précise Melanie Sharland, directrice générale. Mais Vuleka doit encore trouver 2.400 rands (240 $) par élève pour couvrir les frais d'enseignement. Un cinquième des élèves bénéficie d'une réduction des frais d'inscription. Beaucoup sont orphelins. Les bailleurs de fonds doivent donc contribuer encore plus.

Vuleka reçoit également une subvention équivalant à 25 % des 11.000 rands (1.100 $) que l'État considère comme le coût pour éduquer un enfant. Les écoles privées dont les frais d'inscription sont assez bas peuvent obtenir une subvention pouvant aller jusqu'à 60 % de ce montant. Selon Mme Bernstein du CDE, cette proportion devrait atteindre au moins 90 % comme au Pakistan et au Chili. Pourtant, de nombreuses écoles refusent de dépendre de ces subventions gouvernementales qui arrivent souvent en retard quand elles arrivent.

Le Congrès national africain (ANC), dont les dirigeants étaient des adeptes du marxisme[1] avant la fin de l'apartheid, ne se félicitera sans doute pas de l' essor de ces écoles privées pour pauvres. Mais aujourd'hui, il serait malvenu qu'il les condamne.

Sources : The Economist du 26 octobre 2013, The Sunday Times (Johannesbourg) du 27 octobre 2013 et Die Beeld (Johannesbourg) du 28 octobre 2013.

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[1] Le président de l'ANC et de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, n'a pas perdu certains réflexes de cette époque. Il a ainsi déclaré le 15 mars 2004 : « L'ANC dirigera l'Afrique du Sud jusqu'au retour de Jésus ». Le 4 février 2011, il ajoutait : « Quand vous avez une carte de membre de l'ANC, vous êtes béni. » Et le 12 janvier 2013, il précisait : « J'ai toujours dit qu'un homme d'affaires avisé soutiendrait l'ANC... parce que soutenir l'ANC signifie que vous investissez à très bon escient dans vos affaires. »