samedi 14 avril 2012

France — La « gauche » progressiste parle-t-elle encore aux ouvriers et au peuple ?



France Inter, Les Matins, 14/XII/2011

Christophe Guilluy
Géographe
Consultant spécialiste des nouvelles dynamiques sociales et territoriales
Vient de publier : Plaidoyer pour une gauche populaire (ouvrage colletif) éditions Le Bord de l’eau

Hervé Algalarrondo
Journaliste au Nouvel Observateur
Vient de publier chez Plon La gauche et la préférence immigrée




Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de "Fractures françaises".
France Culture - Les Matins - 27/X/2010

Christophe Guilly cite les travaux de Robert Putnam sur la perte de confiance dans les sociétés multiethniques. Dans un article retentissant publié en juin 2007, ce sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d'un « progressiste », et qu'on peut réduire à quatre thèses :
  1. Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s'affaiblit  ;
  2. dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins  ;
  3. dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu'ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l'est aussi ;
  4. la diversité ethnique conduit à l'anomie et à l'isolement social.
Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d'une enquête conduite d'une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d'environ 30 000 individus, ne peuvent qu'affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d'immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme. D'où sans doute l'idée qu'il faut agir au plus tôt sur les enfants en les « socialisant » correctement par des cours idéologiques comme le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR). Pour être honnête, il faut dire que Putnam qui est un « liberal » américain pense que ces difficultés liées à la diversité sont passagères et que, sur le long terme, l'immigration est une bonne chose (ou plutôt l'immigration passée, c'est-à-dire très majoritairement européenne, aux États-Unis aurait été une bonne chose).



Écouter une débat radiophique avec Robert Putnam (en anglais)




Éric Zemmour et Éric Naulleau reçoivent Christophe Guilly
Christophe Guilluy a publié « Fractures françaises » en 2010

Paris Première, le 14/IV/2012


Des banlieues aux zones rurales, des métropoles aux petites villes, dans quel état se trouvent les couches populaires, après vingt ans de mondialisation ? Dans Fractures françaises, Christophe Guilluy nous propose une leçon inédite de géographie sociale. S'appuyant sur sa discipline, il révèle une situation des couches populaires très différente des représentations caricaturales habituelles. Leur évolution dessine une France minée par un séparatisme social et culturel. Derrière le trompe-l'oeil d'une société apaisée, s'affirme en fait une crise profonde du " vivre ensemble ". Les solutions politiques et une nouvelle attitude sont possibles, pour peu que les nouveaux antagonismes qui travaillent la société soient reconnus et discutés publiquement. Il y a urgence : si la raison ne l'emportait pas, les pressions de la mondialisation qui élargissent les fractures sociales et culturelles risqueraient de faire exploser le modèle républicain.

En bon géographe qu'il est, l'auteur tente de démonter un certain nombre de clichés qui ont cours depuis quelque temps et qui appuient une conception politique, notamment développée par la gauche. Le principal de ces clichés tient dans une vision de la société française qui se résumerait, pour l'essentiel, à une césure entre une minorité de pauvres issus de l'immigration et concentrés dans plusieurs banlieues urbaines, et une majorité de Français relevant des « classes moyennes », vivant en zones périurbaines et rurales. Voir les choses ainsi tend à déplacer la question sociale vers la lutte contre les discriminations ethniques et la promotion des minorités. Il en résulte une conception largement favorable à la mondialisation et au multiculturalisme. La réalité, pourtant, est bien différente. Quand bien même, pour les élites, la « France populaire, industrielle et rurale a vécu » (p. 105), elle demeure bien vivace. Sa population augmente dans les zones pavillonnaires et les espaces ruraux. Loin de se confondre avec les fameuses « classes moyennes », elle cumule plutôt les indicateurs socioéconomiques défavorables. Les taux de pauvreté sont plus élevés dans le Cantal (21, 6%), la Corse (21,4 %), l'Aude (21,4 %) qu'en Seine-Saint-Denis (18 %). Cette France-là n'abrite guère les élites bénéficiaires de la mondialisation. Elle la craint plutôt et en souffre fréquemment avec les délocalisations.

Fractures françaises
par Christophe Guilly
chez Bourin Éditeur
à Paris, le 21 octobre 2010
206 pages
ISBN-10: 2849412015


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Les femmes qui ont plusieurs enfants vivent plus longtemps

Selon une recherche publiée récemment (mars 2012) dans la revue britannique Age and Ageing, les femmes qui ont des enfants vivent plus longtemps que celles qui n’en ont pas.

Ces résultats se fondent sur une étude de la communauté des habitants âgés de Dubbo, une ville de Nouvelle-Galles-du-Sud en Australie. Les chercheurs ont constaté une augmentation de la mortalité, toutes causes confondues, à un âge avancé, chez les femmes nullipares (sans enfants) alors que plus une femme avait eu d’enfants plus elle était susceptible de vivre longtemps.

L'étude s’est penchée sur l'association de la parité (le nombre de fois qu'une femme a donné naissance) et la mortalité à un âge avancé. 1233 hommes et 1571 femmes âgés de 60 ans ou plus se sont inscrits pour participer à l'étude en 1988-89. Chaque participant a déclaré le nombre d'enfants qu'ils avaient eus. La population étudiée était largement représentative de la population australienne née avant 1930 selon le sexe, l'âge, l'emploi, le statut socioéconomique, l'usage du tabac, la pression artérielle moyenne et d'autres variables. Tous les participants ont subi des évaluations psychosociales et de risques cardio-vasculaires au début de l'étude. Pendant les seize années suivantes, les dossiers d'hospitalisation et de décès ont été surveillés en permanence. En outre, une enquête postale a été organisée tous les deux ans afin de confirmer l’état de santé des participants.

Les chercheurs ont examiné les liens entre la parité et les variables suivantes: âge, tabagisme, consommation d'alcool, indice de masse corporelle (IMC), lipides et lipoprotéines sériques, diabète, hypertension, débit expiratoire de pointe, maladies cardiaques ou AVC préalables, fibrillation auriculaire, note aux tests de dépression, taux d’activité physique quotidien et auto-évaluation de la santé.

L'étude a démontré que la mortalité, toutes causes confondues, diminue en même temps que la parité croît. La mortalité est la plus élevée chez les femmes nullipares (femmes sans enfants), elle diminue progressivement jusqu'à ce que les femmes aient trois enfants ou plus. Les femmes ayant six enfants ou plus bénéficiaient d’un risque de mortalité de 40 % inférieur à des femmes nullipares.

Les résultats de cette étude confirment ceux de recherches effectuées en Norvège et en Israël, mais elle contraste avec une étude menée en Angleterre et au Pays de Galles et publiée en 2005 qui suggérait que, à la fois, les femmes nullipares et celles ayant eu cinq enfants ou plus avaient des risques supplémentaires de décès. L'étude Dubbo n'a produit aucune preuve statistiquement significative qui relierait la mortalité masculine au nombre d'enfants engendrés.

Pour le professeur Simons qui a dirigé l’étude, « les résultats contradictoires de notre étude et ceux de l’étude menée en Angleterre et au Pays de Galles il y a quelques années ne peuvent pas facilement s’expliquer. Il est possible que ces différences soient liées à la conception de l’étude ou à des aspects sociodémographiques de la population étudiée. »


Source : Age et Ageing, 29 mars 2012 (Simons et al.)

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Passer aux bons scolaires : approche progressive ou bang créateur ?

Le chèque scolaire est la solution qui permettrait à la libre entreprise pédagogique de concurrencer à armes égales l’administration pédagogique qu’est l’Éducation nationale. Mais s’il se répand dans des pays anglo-saxons, peut-on l’acclimater à des pays dirigistes tels que la France ?

Par Jacques Bichot, économiste, professeur émérite à l’université Lyon III*.


Au pays de la carte scolaire, la liberté de choix de l’école par les familles est vaille que vaille assurée par l’existence d’établissements dits « libres » qui produisent un petit quart de l’enseignement des premier et second degrés.

Pourquoi « dits » libres ? Parce que ces institutions vivent très majoritairement grâce à un contrat léonin passé avec l’État : celui-ci prend en charge les salaires de leurs enseignants, mais en contrepartie leur impose des règles de fonctionnement calquées sur celles de leurs homologues publiques. La liberté de ces établissements « sous contrat » [nos écoles privées au Québec qui sont toutes sous la coupe du Monopole de l'Éducation] est donc limitée, qu’il s’agisse des programmes, des méthodes pédagogiques ou des équipes.

Certains d’entre eux envient les rares adeptes du loup de Jean de La Fontaine, qui ne portent aucun collier ; mais la maxime « point de franche lippée, tout à la pointe de l’épée » leur ferait perdre la plus grosse partie de leurs effectifs ; de nombreux enfants et adolescents seraient privés de services éducatifs qui leur conviennent mieux que ceux des établissements publics situés à proximité ; ils conservent donc le collier de la sujétion.

Le chèque scolaire est la solution qui permettrait à la libre entreprise pédagogique de concurrencer à armes égales l’administration pédagogique qu’est l’Éducation nationale. Il consiste en effet à fournir un budget par élève à tout établissement répondant à de strictes normes de qualité, qu’il soit public ou privé. Le financement reste assuré par l’impôt, ce qui garantit à tout citoyen, fut-il pauvre comme Job, que ses enfants pourront être scolarisés où il veut dans de bonnes conditions.

L’impôt, dès lors, ne servirait plus à soumettre les enfants et les jeunes à un enseignement « politiquement correct », mais à concilier concrètement les trois principes de la République : la liberté (pour les familles et pour les équipes pédagogiques), l’égalité (entre les enfants de riches et les enfants de pauvres), et la fraternité (les riches payant une bonne partie de la scolarité des enfants des pauvres).

Le chèque scolaire existe depuis fort longtemps aux Pays-Bas, et prend de l’extension dans divers pays anglo-saxons ; il fait également son apparition dans certains pays émergents. Pourrait-on l’acclimater à des pays dirigistes tels que la France ? L’amorce d’étude de faisabilité que j’ai réalisée il y a deux ans, et un récent colloque, montrent qu’il ne faut pas rêver : les obstacles à une réforme de grande envergure sont puissants, du fait des institutions, des statuts, et des mentalités.

Dans beaucoup de domaines, le « big-bang » serait en France la meilleure façon de réaliser un véritable changement institutionnel, si les dirigeants de ce pays avaient l’intelligence et l’audace requises pour mener une telle opération. Mais la ligne Maginot qui protège l’enseignement traditionnel est probablement beaucoup plus complète que celle qui, en 1940, a été débordée par la blitzkrieg allemande. Il faut donc réfléchir à une stratégie d’infiltration.

À cet égard, plusieurs « niches » mériteraient un examen attentif. Certains types d’études supérieures sont en contradiction avec le principe d’égalité, par exemple les études de gestion, tantôt prises en charge par l’impôt (Instituts d’administration des entreprises) et tantôt principalement financées par les étudiants ou leurs parents (écoles de commerce). Dans d’autres domaines, l’Éducation nationale est visiblement dépassée par les besoins de la population (handicapés, surdoués, quartiers défavorisés). En faisant des propositions constructives pour améliorer les choses dans de tels domaines grâce au chèque scolaire, peut-être pourrait-on commencer à faire comprendre l’intérêt qu’il présente pour la liberté, l’égalité et la fraternité, et aussi pour l’efficacité.




* Dernier ouvrage paru de l’auteur : Les enjeux 2012 de A à Z, éd. l’Harmattan, 2012.

Source

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vendredi 13 avril 2012

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec, voici ce qu'il pense de l'étude de Pierre Fortin et al. sur les garderies :

Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. Le faible coût des frais de garde ? Oui. Grosse différence.

Une nouvelle étude des professeurs Luc Godbout, Pierre Fortin et Suzie Saint-Cerny révèle que le système de garderies subventionnées est « payant » pour Québec. La logique est la suivante  : les garderies à 7 $ permettent à des milliers de mères de participer au marché du travail. Ces mères (et pères) gagnent des salaires et payent des impôts, ce qui gonfle les revenus de l’État. Au-delà de ce que coûte le programme.

[...]

[I]l existe une nuance dans le débat sur les garderies à 7 $. Nuance qui échappe à beaucoup de monde. Mais vendredi matin à la radio, l’animateur Paul Arcand a eu l’intelligence de poser LA question à Luc Godbout en début d’entrevue :

« Est-ce que toute forme d’investissement, de crédits d’impôt, ou des montants versés directement aux familles auraient le même effet ? » Réponse de M. Godbout : « l’effet pourrait être similaire, oui. » De l’avis du fiscaliste, c’est le faible coût des services de garde qui permet aux mères d’accéder au marché du travail. Et non pas le système de garderies en tant que tel.

L’argent aux parents

Autrement dit, ce ne sont pas les CPE qui permettent à ces femmes d’aller sur le marché du travail. Mais plutôt le faible coût des services de garde. C’est-à-dire les subventions, gracieuseté de vous, contribuables.

Comme j’ai déjà écrit, si on prenait ces milliards $ pour donner une allocation directement aux familles afin qu’elles placent leur enfant dans une garderie de leur choix, on verrait grosso modo les mêmes effets sur le taux d’activité des femmes. Et sur les rentrées fiscales du gouvernement.

Et qui sait ? Les rentrées fiscales seraient peut-être plus élevées. Puisqu’avec le système actuel, les enfants de milliers de femmes végètent sur des listes d’attente (car l’État freine la création de nouvelles places). Il y a donc beaucoup de femmes qui ne peuvent joindre le marché du travail.

Surtout : en donnant un bon de garde aux parents (pas pour acheter des chips [Note du carnet: et pourquoi ne pas pour payer le parent s'il éduque son enfant à la maison ? Il n'y a pas que le PIB dans la vie !], mais pour des services de garde seulement), on épargnerait sur le complexe bureaucratique-syndical qui fait exploser les coûts (trois fois plus vite que le nombre de places). Et qui, tous les 2 ou 3 ans, prend les parents — et les contribuables — en otage.

Bref, les défenseurs du système actuel peuvent vanter ses mérites financiers. Mais ils devraient considérer que si l’on donnait l’argent aux familles, au lieu de le donner au système, ce pourrait être encore plus « payant » pour l’État.

Source

Voir aussi

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire


« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Mise à jour du 18 avril 2012

Critiques de l'étude de Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie Saint-Cerny :



Mise à jour du 13 avril 2012

L'étude de Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie Saint-Cerny dont il est fait mention ci-dessous est enfin parue. Mais apparemment pas dans une revue scientifique, uniquement sur internet, ici. Rappelons que cette étude prétend que, pour l'année 2008, environ 70 000 mères sont retournées au travail grâce au programme québécois des services de garde à contribution réduite et que cet afflux de femmes en emploi a entraîné une majoration d’environ 5,1 G$ (5,1 milliards) du revenu intérieur (PIB) du Québec dans la même année.



La semaine passée, la troisième version de l'étude Le point sur la petite enfance a été publiée. Les médias canadiens ont en fait grand cas, sans aucune distance. C'est ainsi que le quotidien Métro titrait, par exemple, sans guillemets et sans conditionnel : « Le Québec, leader en matière de petite enfance ». La première phrase de l'article continuait sur le même ton : « Avec ses garderies à 7$, le Québec est le leader canadien des politiques en matière de petite enfance. » Quant à Radio-canada, elle titrait avec la même confiance en citant la même étude : « Piètre performance de la Saskatchewan en éducation à la petite enfance ».

Notons tout d'abord que cette étude a été rédigée par des militants de longue date, comme feu Fraser Mustard, d'un programme gouvernemental pancanadien de garderies subventionnées. L'étude en elle-même n'apporte rien de neuf en termes scientifiques : il ne s'agit pas d'une nouvelle étude fondamentale, ni même d'une nouvelle métaétude rigoureuse. Il s'agit plutôt d'un long plaidoyer partisan, militant, dont la nouveauté est un classement des provinces en matière de petite enfance selon les critères choisis par ces partisans de programmes gouvernementaux.

Disons d'emblée, pour qu'on ne nous méprenne pas, que nous ne sommes pas opposés à des garderies pour certaines familles, selon leur besoin. Ce que nous défendons c'est le choix des parents et que la garde à la maison des jeunes enfants par les parents ne s'accompagne pas d'un coût prohibitif (de forts impôts pour financer les programmes subventionnés et une forte subvention accordée uniquement aux familles qui confient leurs bambins à des tiers).

L'« étude », il faudrait sans doute mieux parler du manifeste, n'hésite pas à afficher ses couleurs « progressistes ». C'est ainsi que, sans rire, ce manifeste déclare avec grandiloquence l'importance des services de garderie universels car « Comment les citoyens peuvent-ils participer à la prise de décisions en matière de changement climatique et de l’avenir de l’espèce humaine sans avoir les aptitudes nécessaires pour comprendre la complexité du problème ? » ou encore « Aujourd’hui, notre tâche, en fait, notre survie même en tant qu’espèce,  consiste à réduire la différence entre les pays riches et les pays pauvres et à s’assurer que les prochaines générations détiennent la capacité de mettre sur pied des sociétés démocratiques, pluralistes et prospères. » La survie de notre espèce dépendrait des services de garde gouvernementaux. Excusez du peu.

Mais comment le Québec a-t-il atteint sa première place et la Saskatchewan sa mauvaise note ? Par un effet de système qui favorise les provinces dépensières dans le domaine, pas par une mesure réelle de l'efficacité quelconque des sommes dépensées.

Voici le tableau utilisé :


Ainsi sont favorisées les provinces qui paient le plus les gardiennes d'enfants, ainsi que les provinces où celles-ci sont accréditées par l'État, ont des « qualifications » et les provinces qui dépensent au moins 3  % de leur budget à l'éducation de la petite enfance. Il s'agit de critères bureaucratiques : plus les parents gardent eux-mêmes leurs enfants dans une province, plus cette province aura de mauvais points. Peu importe si les enfants de ces provinces (ou ces familles) sont moins stressés et réussissent mieux que ceux des provinces dépensières. Les provinces peu étatisées seront moins bien classées. Rappelons que les jeunes d'Alberta réussissent mieux que les jeunes Québécois  dans les études internationales comme le PISA ou le PIRLS alors que l'Alberta a une « très mauvaise note » dans le classement de cette étude sur les garderies. (Il existe bien une étude interprovinciale où les jeunes Québécois font mieux que les jeunes Albertains, mais elle est entachée par un absentéisme très important chez les élèves du Québec).

Ignorer les désagréments et les désavantages

Notons aussi que les enfants des CPE connaîtraient une épidémie de détresse. Mais l'« étude » Le point sur la petite enfance ne s'encombre pas de ce genre de détails. L'étude en général ne s'embarrasse guère plus des études qui affirment que la maternelle publique et gratuite est sans effet sur les résultats au primaire, ou encore de l'étude de chercheurs américains (qui ne dépendent donc pas des munificences de l'État québécois) sur le système de garderies québécois. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants:
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »
Ignorer les vœux des parents

Le manifeste Le Point sur la petite enfance s'inquiète peu de ce genre de choses, il a également tendance à passer par pertes et profits ce que les parents préfèrent : avoir de l'argent pour garder eux-mêmes leurs enfants comme plusieurs sondages l'ont déjà montré. On comprend bien que l'avis des parents ne pèse pas lourd quand la « survie de l'espèce est en jeu » et face à des bureaucrates qui savent, eux ! Peu importe donc si 77,9 % des parents canadiens préféraient en 2006 qu'un parent reste à la maison plutôt que de l'envoyer en garderie toute la semaine.

Au Québec, un sondage de Léger Marketing de 2010 a permis de constater que, dans les deux tiers des familles québécoises, l'un des parents serait prêt à rester à la maison pour prendre soin des enfants d'âge préscolaire si l'État lui versait une allocation équivalente à la subvention qui est accordée pour une place en garderie subventionnée (CPE ou autre). On parle ici d'une subvention annuelle d'environ 9 000 dollars.

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
La « logique » étatiste... confrontée à la réalité

À la base de ce rapport, on retrouve les mêmes raisonnements simplistes et implicites : il existe des cas (extrêmes) d'enfants mal entourés, des immigrants qui connaissent mal la langue locale, des enfants mal nourris, peu sollicités intellectuellement, les parents ne sont pas formés à leur métier de gardes d'enfant. De cas regrettables et très minoritaires, on tire une conclusion hâtive : le mieux est de confier l'éducation de vos bambins à des tiers et d'aller travailler. On a l'impression que les auteurs de ce rapport pourraient facilement dire aux parents : « Félicitations, c'est une fille ! Merci, vous pouvez nous la donner maintenant, à partir d'ici l'État s'en chargera. N'oubliez pas de payer vos factures et impôts ! »

Pierre Lefebvre, professeur au Département de sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) précisait pourtant récemment qu'« [i]l y a un sérieux problème de qualité. J'irais même jusqu'à dire que la qualité est très basse, dans les garderies, que ce soit au niveau de la formation du personnel ou, encore, des interactions entre les éducatrices et les enfants ».

Toute l'expérience le l'État Nounou nous montre bien que l'État n'est pas en moyenne un meilleur parent que les parents biologiques. Les enfants instruits à la maison s'en tirent très bien. Après tout, les masses d'argent dépensé depuis des décennies sur les services sociaux, l'éducation, la « prévention » par l'État-providence n'ont pas corrigé la nature humaine.

Des services de qualité

« Ah, mais si seulement les services de garde étaient de qualité ! » de nous dire les défenseurs de garderie. On ne peut évidemment pas s'opposer à une meilleure qualité. L'ennui c'est qu'on se demande si la qualité ne coûtera pas finalement plus cher que de laisser un des parents s'occuper lui-même de ses enfants en bas âge. On voit bien la tendance au Québec où les coûts des CPE et autres garderies augmentent nettement plus vite que l'inflation ou le nombre de places disponibles. Selon Antagoniste, « les budgets des CPE sont passés de 417 millions à 1 898 millions de dollars, soit une augmentation de… 355 %. Vous avez bien lu, pour augmenter le nombre de places de 188 %, les budgets ont été augmentés de 355 %.  »

Aucun effet prouvé sur la natalité

Un des plus grands partisans des milliards dépensés dans les garderies du Québec est Pierre Fortin, pour lui revenir sur l'énorme réseau de garderies étatisées serait « rétrograde ».  Pierre Fortin déclarait encore en décembre 2010 :
« La fécondité est maintenant plus élevée au Québec qu'ailleurs au Canada. L'an dernier, il y a eu 64 naissances par tranche de 1 000 femmes de 18 à 44 ans au Québec, et 61 dans les autres provinces canadiennes. Les Québécoises ont aussi été les plus actives : 80 % des femmes de 25-44 ans occupaient un emploi au Québec, contre 77 % ailleurs au Canada. Conciliation travail-famille, vous dites ? »
Notons d'abord que le taux de fécondité est bien supérieur dans les provinces « mauvaises élèves » selon le manifeste Le Point sur la petite enfance comme l'Alberta, le Manitoba ou la Saskatchewan. La fécondité de ces provinces de l'Ouest continue d'augmenter alors que celle du Québec plafonne au mieux malgré des sommes de plus en plus importantes consacrées à la politique dite « familiale » (mais uniquement certains types de familles, celles où les deux parents travaillent et confient leur enfants à des tiers).

L'Institut de la statistique du Québec admet d'ailleurs que :

« [O]n a toujours refusé de parler d’un baby-boom. Il y a eu un report des naissances – les femmes se sont mises à avoir leurs enfants plus tard, a-t-elle expliqué à mon collègue Gabriel Béland. On a donc connu un creux au début des années 2000. Les hausses des dernières années s’expliqueraient par le rattrapage. Mais ce rattrapage s’essouffle et ne semble plus faire augmenter les chiffres.

[...]

Or, absolument rien ne prouve que l’augmentation des naissances au Québec soit due aux mesures pro-famille mises en place au cours des dernières années. En effet, le nombre de naissances et l’indice de fécondité ont également crû dans les autres provinces du pays. La hausse semble avoir été un peu plus prononcée ici, mais il faudra du recul pour évaluer si la politique familiale a joué et comment. »

Pertes de liberté

Rappelons que la « politique familiale » étatiste du Québec s'accompagne d'une perte de liberté et de choix des parents. C'est ainsi qu'on interdit désormais tout acte religieux ou explication d'un fait religieux dans les garderies subventionnées et que l'on songe à faire de même dans les garderies en milieu familial ! Alors que, si les parents recevaient directement des allocations de garderie (ou étaient moins imposés) égales aux subventions perçues par les garderies, ils pourraient plus facilement choisir des garderies religieuses ou non, selon leur préférence.

« Les garderies se paient d'elles-mêmes »

Dernier argument en faveur du programme de garderies québécois : il ne coûterait rien. Notons d'abord que, si la qualité des services est très médiocre comme l'affirme le professeur Pierre Lefebvre (voir ci-dessus), on peut se demander si, même gratuit, un tel programme est opportun. Ne parlons pas du fait que les parents voient moins leurs enfants grandir (comment quantifier cela ?) et que l'État limite l'éducation de ceux-ci (pas de religion, par exemple ! ).


C'est à nouveau Pierre Fortin (voir ci-dessus) qui avance cette idée de « gratuité » pour l'État de ces services. Selon lui, grâce aux CPE, lancés en 1997, le marché du travail peut en effet maintenant compter sur 70 000 Québécoises de plus qui engendrent toutes sortes de revenus et d'économies pour la société. Ce chiffre de 70 000 femmes supplémentaires qui travailleraient est basé sur le fait qu'en 1996 (une année avant la mise en place des garderies dites à 7 $), le taux d'activité des femmes québécoises mères d'enfants de moins de six ans se chiffrait à 63 %, comparativement à 67 % en Ontario. En 2008, ce même taux d'activité se chiffrait à 74 % au Québec, et à 71 % en Ontario. Ces 70 000 femmes auraient ajouté 5,2 milliards de plus dans l'économie québécoise.

Pour les auteurs de cette étude (mise à jour en avril 2012), « comme les 69 700 mères de plus au travail ont fait augmenter l’emploi total du Québec de 1,78 %, c’est de 95,6 % [la productivité de ces jeunes mères par rapport à la moyenne selon d'aucuns] de 1,78 %, c’est-à-dire de 1,7 %, que le programme a finalement dû faire augmenter le revenu intérieur (PIB) du Québec en 2008. L’augmentation du PIB induite par le programme des services de garde à contribution réduite est finalement estimée à 5,1 G$ ».

Quelques objections semblent pouvoir être faites à cette étude très souvent citée :
  • 5,2 milliards cela fait beaucoup : un surprenant 74.000 $ de plus par femme dans l'économie québécoise ! La majorité des mères sont relativement jeunes et gagnent donc relativement moins que la moyenne des salaires et sont donc sans doute nettement moins productives que la moyenne des employés. D'ailleurs, un calcul sur la moyenne comme le font Fortin et al. a-t-il même un sens  ?
  • Dans quelles mesures ces jeunes mères n'occupent-elles pas des postes que d'autres auraient pu occuper sans ces subventions ?
  • Est-ce que l'argent donné directement aux parents pour qu'ils choisissent eux-mêmes la forme de garde ou la garderie de leurs enfants n'aurait pas eu le même effet ? Peut-être un effet supérieure puisqu'on aurait court-circuité la bureaucratie des CPE actuelle ?
  • Le taux d'activité des Québécoises entre 1996 et 2008 a également augmenté parmi les femmes qui n'ont pas d'enfants en bas âge et là encore nettement plus vite qu'en Ontario. Il est désormais de 87 % pour les Québécoises (contre 84 % pour les Ontariennes) dont l'enfant le plus jeune à plus de 6 ans. Dans quelle mesure l'augmentation n'est-elle pas le résultat d'autres variables que la disponibilité de garderies à bon marché ?
  • Selon le même organisme Le Point sur la petite enfance, les dépenses totales pour l’éducation de la petite enfance (garderie, maternelle, prématernelle) s'élèvent en 2010-2011 à 3 349 431 000 (3,35 milliards de dollars). Cela revient à 47 849 $ par femme employée supplémentaire...
  • Quel est le coût d'opportunité ? Quels autres emplois l'État (ou les contribuables) pourrait-il faire de ce même argent ?
  • Pourquoi la comparaison avec l'Ontario ? Que donneraient ces mêmes comparaisons avec l'Ouest  ? Ou avec les provinces Atlantique où l'on a aussi pourtant assisté à un rattrapage dans le taux d'emploi des femmes mais sans garderies subventionnées ! Qu'est-ce qui permet de penser que les choses sont comparables, que les femmes veulent autant travailler en Ontario qu'au Québec, que les emplois disponibles sont les mêmes, que les qualifications des femmes sont restées les mêmes ?

Nous ne sommes pas les seuls à demander à voir ces données mieux étayées que par un PowerPoint, et comme le disait l'Institut du mariage et de la famille Canada,  « Que l'on accepte ou non les calculs qui sous-tendent ces prétentions  — ce qui est loin d'être certain — il demeure qu'un système de garde universel gouvernemental n'a de sens que si la qualité de celui-ci est haute. » Et c'est loin d'être prouvé comme on l'a vu...


Voir aussi :

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l'obésité de leurs enfants

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

The Child care debate (en anglais)




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Raymond Boudon et l'inégalité des chances scolaire

Le sociologue Raymond Boudon sur l'inégalité des chances scolaire : c'est en s'assurant que l'école est le lieu privilégié de la transmission des savoirs (et non de socialisation et de vivre-ensemble !) qu'on lutte le mieux contre l'inégalité des chances. Il revient sur l'opposition des « experts » quant à l'évaluation des enfants. S'il exclut le rôle des parents biaisés dans l'orientation scolaire des enfants (ils idéalisent leurs enfants, l'ambition des parents est inégale), il ne privilégie pas toutefois l'État, mais plutôt le rôle des enseignants proches des enfants.








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jeudi 12 avril 2012

Bock-Coté : le multiculturalisme, l'anthropologie des progressistes et son refus du péché




« Le libéral pense que l'homme est médiocre, le conservateur croit qu'il est mauvais, le réactionnaire qu'il est terrifiant et le progressiste croit qu'il est bon. »
Pour le progressiste, la cité avilit l'homme qui est foncièrement bon. Il faut donc transformer la culture pour délivrer l'homme. Le délivrer des institutions, de la culture, qui développent chez lui des pulsions mauvaises. Il nous faut rencontrer l'homme originel.

Aujourd'hui, dans la sociologie héritée du marxisme, puisque l'ouvrier ne veut plus jouer le rôle de l'exclu par excellence — c'est la découverte du XXe siècle : l'ouvrier préfère l'abondance à la révolution — on s'est donc retourné vers un ouvrier de remplacement : c'est l'exclu, le marginal, le minoritaire. La majoritaire est alors toujours coupable, le minoritaire légitime. Pour le progressiste, il faut donc condamner les institutions et la culture majoritaire.

Si l'on croit comme les conservateurs et les libéraux que l'homme est un peu médiocre, les institutions ne répriment pas, bien au contraire, elles civilisent, elles refoulent en nous la part d'ombre.

L'authenticité, la transparence, est un mythe étrange chez les progressistes. Car, si tout est transparent, ce qui apparaîtra n'est pas nécessairement beau. Les cloisons sont nécessaires dans une vie.

« Les intellectuels ont les mains pures, mais ils n'ont pas de mains » disait Charles Péguy.

Bock-Côté se penche ensuite sur l'Éloge du sens commun par le sociologue Raymond Boudon et Marc Crapez. Dans Défense du bon sens, Marc Crapez définit le sens commun comme l’appréciation logique que porte la sagesse ordinaire. Il est combattu par un parti-pris scientiste dépréciant la perception spontanée.

La « règle du demi-savoir », fondée par Érasme, enseigne qu’une zone à risque sépare les connaissances courantes des connaissances savantes. Ceux qui méprisent le bon sens cèdent au dogmatisme d’un personnage bien connu de la philosophie et de la littérature : le pédant ou Trissotin de Molière.

Marc Crapez distingue les intellectuels, dénonciateurs du bon sens, des hommes d’étude et de réflexion que le bon sens préserve de l'esprit systématique.







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« On récolte ce que l’on sème »

Nathalie Elgrably-Lévy revient sur le boycott des collégiens et étudiants au Québec :

Le bras de fer se poursuit entre les étudiants et le gouvernement du Québec. Dans ce dossier, l’État bénéficie de la sympathie de la majorité des citoyens. Pourtant, il est partiellement responsable de l’attitude des étudiants, car il a lui-même, jadis, semé les graines du mécontentement.

En 1997, la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, avait annoncé son plan d’action pour la réforme de l’éducation. Ses intentions étaient claires : passer de « l’accès du plus grand nombre au succès du plus grand nombre ». Elle avait même fixé des cibles pour le taux de diplomation.

Puis, en 2000, c’était au tour de son successeur, François Legault, de dévoiler sa Politique québécoise de financement des universités et d’annoncer l’instauration de contrats de performance.

Dans ces contrats, l’État obligeait les universités à se fixer des cibles de performance (dont les grands thèmes étaient imposés par le ministère de l’Éducation) et, en contrepartie, il s’engageait à augmenter le financement des institutions qui atteignent leurs objectifs.

La hausse du taux de diplomation était l’un des critères de performance.

Nivellement par le bas

Ne soyons pas naïfs ! Le nivellement par le bas est le moyen le plus simple et le plus rapide d’augmenter les taux de réussite et c’est précisément l’avenue empruntée par de nombreux établissements d’enseignement. Aujourd’hui, les nouveaux analphabètes fonctionnels ont en fait fréquenté l’école jusqu’à 16 ans. Voilà qui en dit long sur la qualité de l’enseignement au secondaire !

Comme les élèves qui terminent le secondaire sont moins bien formés, les cégeps doivent ensuite adapter leurs program­mes à cette nouvelle clientèle.

Ensuite, c’est au tour des universités de revoir leurs exigences à la baisse, d’une part pour tenir compte des capacités des étudiants et, d’autre part, pour atteindre le taux de diplomation visé. C’est ainsi qu’au lieu de réformer l’éducation, notre ministère l’a plutôt déformée.

Le nivellement par le bas est d’ailleurs confirmé par ce qu’il est convenu d’appeler « l’inflation des notes », un phénomène amplement documenté.

Deux chercheurs canadiens, James Côté et Anton Allahar, ont d’ailleurs montré que la note moyenne qui était de C il y a 30 ans oscille aujourd’hui entre B+ et A-. [voir Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?]

Dévalorisation des diplômes

La classe politique voulait démocratiser l’éducation. Force est de constater que ses initiatives se sont soldées par la dévalorisation des diplômes.

Or, les employeurs ne sont pas dupes, ils ont ajusté les salaires en conséquence. L’Annuaire québécois des statistiques du travail indique d’ailleurs que, de 2000 à 2010, des diplômés universitai­res ont vu leur rémunération horaire croître plus lentement que n’importe quel autre groupe. C’est aussi le groupe où le nombre de chômeurs a augmenté le plus vite.

Nul doute que les étudiants doivent payer pour leur éducation. Mais, de grâce, ne banalisons pas les diplômes ! Quand les établissements d’enseignement ne seront plus obligés de privilégier le taux de diplomation, quand ils abandonneront le nivellement par le bas et qu’ils privilégieront la qualité des diplômes plutôt que le pourcentage de diplômés, les étudiants pourraient alors accepter plus facilement une hausse des frais de scolarité !




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Québec — À nouveau une légère baisse de la fécondité en 2011

Comme nous l'avions déjà mentionné, selon les données démographiques provisoires de l'Institut de la statistique du Québec, 88 500 enfants sont nés au Québec en 2011, un nombre à peu près semblable à celui enregistré en 2010 (88 300). Le nombre de naissances a entamé un lent déclin après avoir connu une sommet en l’année 2009 pour atteindre 88 891 naissances. Rappelons que la population du Québec a continué de croître pendant cette période (principalement en raison de l'immigration) et que, en conséquence, même avec 200 naissances supplémentaires en 2011 par rapport à 2010, le taux de natalité a légèrement baissé.

L’indice synthétique de fécondité est estimé à 1,691 enfant par femme en 2011, loin du taux de remplacement des générations fixé à 2,1 enfants par femme.

En 2010, il était de 1,704 alors qu'en 2008 et 2009 il s'élevait à 1,738 enfant par femme.

Seules trois régions québécoises ont un indice supérieur ou égale à 2,1 enfants par femme : Nord-du-Québec (2,8), Abitibi-Témiscamingue (2,1) et Côte-Nord (2,1). Toutes des régions à forte population autochtone.



Entretemps, le nombre de décès au Québec ne fait qu'augmenter :

20072008200920102011
   56 748 57 14957 20058 40059 300



Voir aussi

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

L'État-providence québécois insoutenable sans les transferts fédéraux

Natalité québécoise toujours à plat, plus de vieux que de jeunes désormais

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Assurance parentale : la facture explose de 400 millions de $

Québec — taux de natalité baisse, coûts de la politique dite familiale augmentent sans cesse





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