Anne Coffinier, présidente et fondatrice de la Fondation pour l’École, lance son carnet. Extraits d'un entretien autour de son combat.
1/ Vous venez de lancer un nouveau blog, quelle est son adresse et quel est son but ?
L’adresse de notre nouveau blog est www.liberte-scolaire.com, avec son équivalent sur Facebook et Twitter. Son but ? Apporter toutes les informations et réflexions qui peuvent être utiles pour relever l’école en France. Notre prisme : la liberté scolaire, car nous avons la ferme conviction que c’est en appelant les acteurs éducatifs à leurs responsabilités et à leurs libertés propres que nous parviendrons ensemble à sauver l’école. C’est au niveau local, à savoir au niveau de l’établissement scolaire et peut-être aussi de la commune, qu’aura lieu le sauvetage de l’école. La rue de Grenelle [le Ministère] a, quant à elle, fait la preuve ces quarante dernières années de son incapacité à conduire les réformes qui s’imposaient. En raison de son gigantisme, de sa gestion centralisée, de sa politisation et de son conservatisme corporatiste, l’Éducation nationale est incapable de se réformer d’elle-même. Pour sauver l’école de la Nation, il est urgent de stimuler l’Éducation nationale de l’extérieur. Le développement d’un secteur privé dynamique, réellement libre de ses choix de programmes, de méthodes et de recrutement pour assurer la meilleure efficacité pédagogique possible, est indubitablement un aiguillon précieux pour l’école publique. Notons d’ailleurs que le monopole dans lequel l’Éducation nationale s’est installée ne va pas de soi. Il n’est en tout cas pas conforme à la conception qu’en avaient les pères fondateurs de la République, telle que définie brillamment par le grand Condorcet (cf. nos articles du 11 août 2011 (vidéo) et du 15 février 2010 sur Pour une école libre). Selon l’auteur des Cinq mémoires sur l’instruction publique (1791), l’école publique a un besoin vital d’écoles privées qui lui fassent concurrence ; ce serait le meilleur moyen pour que les écoles publiques ne s’endorment pas sur leurs lauriers mais que, cherchant toujours à supplanter les écoles privées, elles soient poussées à se dépasser elles-mêmes. L’école publique monopolistique actuelle est donc, dans son principe comme dans ses résultats, une trahison de l’école républicaine authentique.
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