jeudi 9 juin 2022

Covid 19 à jamais pour Parcs Canada — deux touristes prennent un égoportait en pleine nature, masqués...

Comment rassurer les touristes internationaux (comme ce couple), comment les inciter à venir visiter le Parc de Banff ? Simple : rappeler que la Covid-19 sévit toujours au Canada et promouvoir par l’image le port du masque à l’extérieur au beau milieu de nulle part, alors que ce masque y est inutile.
 
Le gouvernement fédéral semble vouloir perpétuer l’état de sidération qu’il a imposé deux ans durant à cause de sa gestion de la pandémie Covid-19.
 

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lundi 6 juin 2022

Des personnes ayant la nationalité américaine réclament le statut de réfugié au Canada

Des enfants détenant la citoyenneté américaine font partie des quelque 10 000 migrants qui ont traversé de manière illégale la frontière canado-américaine à partir du chemin Roxham depuis sa réouverture, en novembre dernier.

Personnes se disant réfugiées accueillies par un gentil organisateur du service social canadien des frontières sur le chemin Roxham à l'entrée du Québec

Des documents obtenus par La Presse de Montréal en vertu de la Loi sur l’accès à l’information indiquent le pays d’origine des milliers de migrants qui sont arrivés au Québec en passant par le fameux chemin Roxham, situé à proximité du poste-frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Ces documents révèlent qu’au moins 137 enfants nés aux États-Unis et détenant ainsi la citoyenneté américaine font partie des 9632 personnes qui ont franchi la frontière d’une manière illégale entre le 21 novembre, date de la réouverture du chemin par le gouvernement de Justin Trudeau, et le 23 mars. Ces documents permettent donc d’établir pour la première fois que des personnes ayant la nationalité américaine réclament le statut de réfugié.

Bon nombre des migrants irréguliers qui ont été interceptés par les autorités canadiennes au cours des derniers mois étaient originaires de pays tels que le Pakistan, la Colombie, l’Éthiopie, Haïti, le Zimbabwe, le Yémen, le Cameroun, le Congo, le Chili, le Sri Lanka, le Rwanda, l’Angola, le Gabon, la Syrie, le Nicaragua et le Nigeria, entre autres.

Ces documents permettent aussi d’établir qu’une moyenne de 79 personnes par jour a traversé la frontière québéco-américaine durant cette période de quatre mois. Sur une période de 12 mois, une telle moyenne se traduirait par l’arrivée de près de 29 000 migrants illégaux.

Or, les autorités fédérales s’attendent à ce que cette moyenne quotidienne augmente avec l’arrivée du beau temps, comme ce fut le cas avant la pandémie de COVID-19, prévient-on en coulisses.

Quel sort est réservé aux mineurs qui détiennent la citoyenneté américaine et qui accompagnent leurs parents ayant une autre nationalité ? Le ministère de l’Immigration a indiqué à La Presse que les procédures habituelles s’appliquent et que leur demande est traitée de la même manière que les autres.

« Tous les demandeurs d’asile bénéficient d’une audience équitable à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, un tribunal quasi judiciaire indépendant. Chaque cas est évalué selon les circonstances qui lui sont propres, en fonction des éléments de preuve et des arguments présentés », a-t-on indiqué au Ministère.

Au préalable, les autorités canadiennes font les vérifications nécessaires pour s’assurer que les migrants interceptés ne posent pas une menace à la sécurité du Canada et pour déterminer si elles sont admissibles à présenter une demande d’asile. Ce filtrage de sécurité comprend des vérifications des données biographiques et biométriques comme la prise d’empreintes digitales. Par la suite, la démarche visant à obtenir une demande d’asile peut être entamée.

La reprise du flot de migrants irréguliers au chemin Roxham constitue une pomme de discorde entre Ottawa et Québec.

« Urgence de modifier l’Entente sur les tiers pays sûrs »

Selon le député conservateur Pierre Paul-Hus, l’arrivée d’enfants ayant la citoyenneté américaine confirme l’urgence de modifier l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis.

« C’est une situation qui démontre que les libéraux doivent réparer la brèche dans l’Entente sur les tiers pays sûrs. Quand des enfants nés aux États-Unis de parents immigrants demandent refuge au Canada, on voit bien qu’il y a un problème. Pourquoi les parents n’ont-ils pas demandé asile aux États-Unis pendant toutes ces années ? », s’est interrogé M. Paul-Hus.

Le Bloc québécois réclame la suspension de cette entente dans les plus brefs délais pour faciliter encore l’arrivée des soi-disant « réfugiés » pour les faire passer par les postes-frontière officiels.

« Ce qui est certain, c’est que ce ne sont pas les demandeurs qui sont le problème, mais bien le gouvernement qui refuse de prendre en main la situation. On anticipe l’arrivée de 35 000 personnes au chemin Roxham cette année et le Premier ministre reste les bras croisés, alors qu’il peut unilatéralement fermer le chemin Roxham en suspendant l’Entente sur les tiers pays sûrs », a affirmé le député Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration.

Permettre aux femmes, enfants et familles qui traversent actuellement par la porte de côté de traverser par une entrée officielle, sécuritaire et régulière, c’est quelque chose qui devrait aller de soi et de surcroît, qui est réclamé par les associations qui défendent les réfugiés.

Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration.

En vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, seuls les individus qui présentent une demande d’asile à un poste frontalier officiel sont refoulés en territoire américain. En décembre, La Presse a rapporté qu’Ottawa et Washington avaient convenu de colmater la brèche qu’est devenu le chemin Roxham.

Les deux pays sont prêts à modifier cette entente de sorte que les autorités canadiennes auraient le pouvoir de refouler un demandeur d’asile aux États-Unis, peu importe s’il se présente à un point d’entrée officiel de la frontière canado-américaine pour faire cette demande ou s’il la dépose après avoir traversé la frontière d’une manière irrégulière.

Loin d’être prioritaire

Mais avant de mettre en œuvre cette nouvelle entente, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, et le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, doivent adopter les règlements pertinents appliquant les changements. Leurs homologues américains doivent en faire autant. Et à Washington, ce dossier est loin d’être prioritaire, ce qui retarde l’entrée en vigueur des modifications.

Le mois dernier, le Premier ministre du Québec, François Legault, a réclamé qu’Ottawa procède sans délai à la fermeture du chemin Roxham, qui est devenu selon lui une « passoire ».

Mais son homologue fédéral Justin Trudeau a écarté une telle option au motif que cela ne ferait que déplacer le problème à un autre point d’entrée de la frontière.

« Si on fermait le chemin Roxham, les gens passeraient ailleurs. On a une frontière énorme. On ne va pas commencer à l’armer ou mettre des clôtures dessus », avait-il fait valoir. « S’il y a des gens qui vont arriver de façon irrégulière, on peut au moins les contrôler, on peut au moins faire des vérifications de sécurité, on peut au moins s’assurer qu’ils ne soient pas perdus à l’intérieur du Canada. »

Très généreux, le gouvernement Trudeau accueille environ les deux tiers des demandes d’asile. Selon la commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), près de 85 % de ceux qui ont essuyé un refus à leur première demande d’asile ont contesté les décisions devant la division d’appel de la commission. « Dans un grand nombre de dossiers, l’agence n’est pas en mesure d’engager des procédures de renvoi » pour diverses raisons, a déclaré la porte-parole de l’ASFC, Rébecca Purdy, dans un courriel à La Presse en 2019.

Quant aux personnes perdues dans la nature à l’intérieur du Canada, la plupart sont traçables : ils profitent souvent de services de l’État (leurs enfants vont à l’école publique subventionnée par exemple, ils perçoivent des prestations, voir le cas du terroriste Ahmed Ressam ci-dessous).

Ce laxisme dans l’expulsion n’est pas sans conséquence, le cas Ahmed Ressam

Les politiques d’immigration du Canada ont également des conséquences pour d’autres nations. Ahmed Ressam, le demandeur d’asile algérien qui avait l’intention de faire sauter l’aéroport de Los Angeles, est souvent cité comme un exemple de la façon dont le laxisme du Canada met en danger les États-Unis. Lorsqu’il a été arrêté alors qu’il tentait d’entrer aux États-Unis en 1999, Ressam vivait au Canada depuis cinq ans, même si la France avait prévenu le gouvernement canadien qu’il était un terroriste.

Ressam était entré au Canada le 20 février 1994, en utilisant un faux passeport français falsifié au nom de « Anjer Tahar Medjadi ». Lorsque les agents d’immigration de l’aéroport international Montréal-Mirabel l’ont arrêté et l’ont confronté au sujet du passeport falsifié, il a divulgué son vrai nom et a demandé le statut de réfugié. Dans ses efforts pour obtenir l’asile politique, il inventa une histoire selon laquelle il aurait été victime de sévices et de tortures de la part des autorités algériennes. Il a été libéré dans l’attente d’une audience et approuvé pour un maximum de trois ans de prestations sociales. Sa demande de statut de réfugié a été rejetée le 6 juin 1995 et son appel a été rejeté.

Le 4 mai 1998, un mandat d’arrêt a été lancé contre lui par Citoyenneté et Immigration Canada. Au moment où le mandat a été délivré, Ressam était en Afghanistan, participant à un camp d’entraînement terroriste. Il s’est par la suite soustrait à la déportation en utilisant un passeport canadien qu’il avait obtenu en mars 1998 en présentant un certificat de baptême ; il a utilisé un certificat vierge volé, le remplissant du faux nom, « Benni Antoine Noris ».

Il subvenait à ses besoins grâce à des larcins (vol des valises des touristes dans les hôtels, vol à la tire et vol à l’étalage) et grâce à des prestations sociales mensuelles de 500 $ canadiens. Il a été arrêté quatre fois, mais jamais emprisonné. En 1999, Ressam avait des antécédents criminels au Canada pour vol de moins de 5 000 $, un mandat d’arrêt pancanadien en instance pour l’immigration et un mandat d’arrêt à l’échelle de la Colombie-Britannique pour vol de moins de 5 000 $ canadiens.

S’installant dans l’est de Montréal, il a vécu avec d’autres immigrants algériens dans un immeuble d’habitations de l’avenue Malicorne, identifié plus tard comme le siège local d’une cellule liée au Groupe islamique armé, qui avait des liens avec Oussama ben Laden. Il a été recruté par al-Qaïda.

Il serait faux de supposer que Ressam n’était pas une menace pour son pays hôte, ainsi que pour les États-Unis où il comptait s’attaquer à l’aéroport de Los Angeles. Au cours de son procès, il a témoigné que lui et un associé, Samir Aït Mohamed, avaient comploté pour faire exploser une bombe dans un quartier de Montréal avec une importante population juive, mais avaient abandonné ce plan pour se concentrer sur l’attaque de Los Angeles.

Le continent immergé de la violence domestique par les femmes


Billet originel du 10 mai 2022

Johnny Depp (à gauche) et Amber Heard
Atlantico — Très médiatisé, le procès entre Amber Heard et Johnny Depp fait couler beaucoup d’encre, de surcroît outre-Atlantique. Cet effet de loupe est-il en partie dû au fait que l’opinion publique a, pour une fois, l’impression que la femme est aussi l’agresseur ?

Pascal Combe — Je pense que ce procès peut faire évoluer les esprits et permettre de mettre en avant une vérité que beaucoup ne veulent pas admettre, c’est-à-dire que les hommes peuvent aussi être victimes de violences conjugales. En effet, c’est sans doute une des raisons qui explique une telle médiatisation.

Remettons cependant les choses dans leur contexte. La violence existe sous quatre formes : physique, morale, sexuelle et financière. Je pense que Johnny Depp est violent, car il est alcoolique. De son côté, Amber Heard est violente, car elle a des troubles de la personnalité. Dans la plupart des pays, les féministes sont tellement puissantes que l’on ne parle pas de la violence des femmes, c’est une sorte de tabou. Ainsi, on ne connaît pas suffisamment bien l’existence des hommes battus, notamment en France. Cela s’explique par le fait que de nombreuses féministes se sont infiltrées dans la sphère politique. De ce fait, elles influencent les gouvernements et les instituts de recherche, tout comme les universités et les administrations. Ces femmes tentent de cacher les hommes battus et leurs enfants, ce que je qualifie de criminel puisque de nombreux hommes se suicident suite à ces violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Les féministes sont d’ailleurs très puissantes aux États-Unis puisque c’est de ce pays que vient le mouvement MeToo.

— Pourtant, oublie-t-on qu’il existe une réalité statistique non négligeable au sujet des hommes victimes de violences conjugales ? Comment expliquer que ce facteur soit trop souvent oublié ?

— 80 000 hommes sont battus en France chaque année. Pourtant, c’est selon moi le seul pays de la planète ou ne reconnaît pas l’existence des hommes battus. Comment l’expliquer ? Les féministes, qui sont désormais au pouvoir, cachent cette réalité et tentent de faire croire que les hommes sont violents à cause du patriarcat. Dès lors, les femmes violentes le seraient à cause du matriarcat, et cette vérité n’est pas bonne à dire pour de nombreuses personnes.

Lors de la libération de la femme, dans les années 1960, les institutions ont commencé à émettre des chiffres sur les femmes battues. Or, ces mêmes institutions n’ont pas voulu reconnaître l’existence des hommes battus, pour des raisons idéologiques, mais aussi financières. Il y a une quinzaine d’années, lorsqu’on a mis en lumière l’existence des hommes battus, il fallait aussi reconnaître que l’homme n’est pas violent à cause du patriarcat. Selon moi, la seule raison qui peut expliquer la violence est d’ordre médical, psychiatrique. C’est ce que l’on voit à travers le procès de Johnny Depp et Amber Heard. L’un des protagonistes est alcoolique alors que l’autre souffre de troubles de la personnalité.

— Dans quelle mesure les victimes masculines souffrent-elles d’une double peine en raison du manque de visibilité de cette problématique ? Les victimes masculines sont-elles trop souvent ignorées ?

— Les hommes ne souffrent pas d’une double peine, mais d’une triple peine !

La première peine réside dans le fait que les chiffres sont cachés, ce qui veut dire que les forces de l’ordre ne sont pas au courant que les hommes battus existent, faute de formation adaptée. Quand ces derniers veulent porter plainte, ils ne sont pas reçus. Il y a ainsi 5 fois moins d’hommes battus qui portent plainte que de femmes.

La deuxième peine se situe au niveau de la justice, qui ne connaît pas les chiffres. Si un homme battu porte plainte, bien souvent la femme en fait de même. Deux plaintes arrivent donc sur le bureau du juge, celle de l’homme et de la femme, qui se revoient la balle. Bien souvent, c’est l’homme battu qui est condamné. Nous le savons grâce aux chiffres de l’ONDRP et du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, que nous avons croisés. Selon ces chiffres, seulement 3 % des femmes violentes sont condamnées, contre 50 % des hommes.

Troisième peine, lorsque ces hommes sont condamnés, parfois injustement, ils sont contraints d’aller voir des psychologues ! Au sein de notre association Stop hommes battus, nous avons justement connu un homme dont le psychologue refusait de reconnaître son statut de victime.

En conclusion, les victimes masculines sont oubliées pour de multiples facteurs, notamment historiques. Seule une évolution profonde de la société pourrait permettre de changer les choses, et le procès entre Amber Heard et Johnny Depp pourrait permettre de lever ce tabou.

Source : Atlantico

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« Le délit de violence psychologique est liberticide et contre-productif »

Real Women of Canada, Violence against women—a money grabber (en anglais).

Le 25 novembre et le 6 décembre, hier et aujourd’hui

dimanche 5 juin 2022

La menace stéréotypée n'expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite)

La menace stéréotypée a été proposée comme l’une des causes des différences entre les sexes dans la participation post-obligatoire aux mathématiques. 

Danaher et Crandall ont fait valoir, sur la base d’une étude menée par Stricker et Ward, que s’enquérir du sexe d’un étudiant après avoir terminé un test, plutôt qu’avant, réduirait la menace des stéréotypes et augmenterait donc la réussite des étudiantes. Selon eux, un tel changement pourrait permettre à près de 5 000 femmes de plus de recevoir des crédits en calcul intégral par an. Une étude effectuée sur un grand échantillon a reproduit l’étude de Stricker et Ward dans le contexte du Junior Mathematical Challenge du UK Mathematics Trust. Elle ne trouve aucune preuve de cet effet de menace stéréotypée. Elle conclut que la « solution miracle » consistant à déplacer les questions démographiques (êtes-vous un garçon/une fille ?) pour les déporter à la fin des questionnaires est peu susceptible de fournir une solution efficace aux inégalités entre les sexes dans l’enseignement des mathématiques. 

Source: PLOS ONE, Stereotype threat, gender and mathematics attainment: A conceptual replication of Stricker & Ward, par Matthew Inglis et Steven O’Hagan (2022)

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Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons
Cerveau masculin et cerveau féminin

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Mythe : le traitement de l’« hystérie » féminine à l’époque victorienne

Une anecdote à la mode ces dernières années sur les origines du vibromasseur et le traitement de l’hystérie à l’époque victorienne serait un mythe.

Depuis sa publication en 1999, The Technology of Orgasm de Rachel Maines est devenu l’un des ouvrages les plus cités sur l’histoire du sexe (Maines, 1999). Selon cet opuscule, au plus fort de l’ère victorienne, les médecins auraient régulièrement traité leurs patientes en les stimulant jusqu’à l’orgasme. Ce traitement de masse — un remède à la maladie désormais disparue de « l’hystérie » — aurait selon Rachel Maines été rendu possible grâce à une nouvelle technologie : le vibromasseur. Les vibromasseurs auraient permis aux médecins de masser rapidement et efficacement le clitoris des femmes, sans épuiser leurs mains et leurs poignets.

Cette thèse a été répétée dans des dizaines d’ouvrages universitaires et citée avec approbation dans de nombreux autres. Quelques érudits ont contesté diverses parties du livre. Pourtant, aucun chercheur n’a contesté sa thèse principale, du moins pas dans des articles évalués par des pairs. Son message s’est même répandu dans la culture populaire, apparaissant dans une pièce de Broadway, un long métrage, plusieurs documentaires et de nombreux livres et articles grand public. Cette idée autrefois controversée est maintenant devenue un fait accepté. 

Le film sorti en 2011 s’appelle Hysteria dans la version originale (mais Oh, my God! en France…)

L’ennui c’est que cette histoire semble totalement fausse.

Il n’y a absolument aucune preuve que les médecins victoriens utilisaient des vibromasseurs pour stimuler l’orgasme chez les femmes en tant que technique médicale, affirme l’article, rédigé par deux historiens de Georgia Tech. Pire : « Le massage manuel des organes génitaux féminins », écrivent-ils, « n’a jamais été un traitement médical de routine pour l’hystérie ».

En quelques mots voici la thèse de Maines : « Le massage jusqu’à l’orgasme des patientes était un élément de base de la pratique médicale chez certains médecins occidentaux (mais certainement pas tous) depuis l’époque d’Hippocrate jusqu’aux années 1920, et la mécanisation de cette tâche a considérablement augmenté le nombre de patients qu’un médecin pourrait traiter en une journée de travail » (Maines, 1999, p. 3).

Selon les auteurs de Georgia Tech, cette affirmation est entièrement fausse. Il existe quelques preuves circonstancielles que peu de médecins et de sages-femmes ont pratiqué le massage génital avant le XXe siècle, mais aucune preuve ne soutient l’affirmation selon laquelle le massage génital a été un « élément de base de la pratique médicale ». En ce qui concerne la deuxième partie de cette affirmation, à savoir que les médecins utilisaient des vibromasseurs pour mécaniser le processus de massage génital jusqu’à l’orgasme, il n’y a pas la moindre preuve que cette pratique ait jamais eu lieu. Un tel « traitement » n’a jamais été un élément de base de la pratique médicale, et il n’aurait pas non plus été considéré comme non sexuel.

« Il n’y a aucune preuve de cela », déclare Hallie Lieberman, un des auteurs de l’article.

Manque de rigueur dans le processus de publications universitaires

Le succès ces 19 dernières années de Technology of Orgasm met en évidence un échec fondamental du contrôle de la qualité dans les publications universitaires. Cet échec s’est produit à chaque étape, à commencer par l’évaluation de l’ouvrage aux presses de l’université Johns Hopkins. Mais le plus flagrant est le fait que pas une seule publication universitaire n’a mis en évidence les failles empiriques des principales affirmations du livre au cours des 19 années qui ont suivi sa parution.

Hallie Lieberman et Eric Schatzberg estiment que Technology of Orgasm n’est pas un cas isolé. Les pressions qui poussent à publier des recherches défectueuses dans les sciences naturelles et les sciences sociales quantitatives existent également dans les sciences humaines et les sciences sociales qualitatives. Dans les sciences humaines et sociales qualitatives, ces pressions encouragent la recherche étroite, banale et non pertinente, souvent déguisée par une prose jargonnante et une théorisation insipide (Billig, Learn to Write Badly: How to Succeed in the Social Sciences, 2013). Mais ces pressions participent également à la publication de recherches empiriques bâclées dans des domaines qualitatifs.

Il existe peu de garanties contre les recherches empiriques défectueuses dans les sciences humaines.

L’édition savante implique rarement une quelconque vérification des faits. On pourrait croire que les pairs examinateurs et les relecteurs des presses universitaires s’assurent que les affirmations empiriques d’un manuscrit sont prouvées, Ce n’est pas le cas, ces évaluateurs ne mettront en doute que les données qui s’opposent à ce qu’ils savent déjà. De même, les critiques de livres examinent rarement les citations ou les sources d’un ouvrage. La vérification des faits est beaucoup plus fréquente dans un article de magazine typique que dans une publication universitaire, malgré les plaintes des journalistes concernant le déclin de cette pratique (Canby, Fact-Checking at the New Yorker dans V. S. Navasky & E. Cornog [rédacteurs], The Art of Making Magazines: On Being an Editor and Other Views from the Industry, 2012). Comme la vérification des faits n’est pas une pratique courante dans les publications savantes, les contestations factuelles de ces articles, en particulier dans le domaine de l’histoire, sont rares et peuvent être perçues comme des attaques personnelles plutôt que comme faisant partie du processus scientifique. Par conséquent, pour Lieberman et Schatzberg, les universitaires sont peu incités à remettre en question la recherche établie.

Il est révélateur que les critiques les plus virulentes à l’encontre de la thèse de Maines soient parues dans la presse populaire et les carnets et forums en ligne notamment sur H-NET, et non dans les revues savantes.

Source : Échec du contrôle de la qualité universitaire : la technologie de l’orgasme 

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Recherche — Failles dans le mécanisme de relecture par des pairs

Comment la science se trompe.... (The Economist)

Comment publier un article scientifique en 2020 

Reproduction d'études marketing — Jusqu'à présent (2022), seules 3 tentatives de réplication sur 34 (8,8 %) en marketing ont réussies sans ambiguïté.

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Covid-19 : étude affirme que confinement et fermeture des commerces ont peu d’utilité une fois mesures plus douces prises  

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Le British Medical Journal se plaint des “vérificateurs de faits” de Facebook

Parodier le vocabulaire des études de genre : un nouveau genre à succès ? 

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

samedi 4 juin 2022

France — Le français menacé par le franglais dans les écoles de commerce

Des étudiants de HEC (ici un cours), ont décidé de traduire tous les mots en français

Le franglais est le quotidien des étudiants en école de commerce qui découvrent avec stupéfaction cette nouvelle « langue ». Certains étudiants ne l’acceptent pas.

« L’accélérateur emlyon business school propose une gamme de programmes […] destinés à différentes catégories d’entrepreneurs early stage et late stage avec des objectifs précis : élaboration du business model, connexions à des users et clients […] ». Voici le charabia qu’on peut lire en ce moment sur le site de l’EM Lyon à propos d’une session de cours d’entreprenariat.

Après toute une scolarité en français, les étudiants qui arrivent en école de commerce se heurtent à un mélange d’anglais et de français, qui s’impose aussi bien en cours que dans les associations étudiantes. Une pratique largement encouragée.

« Cette invasion de l’anglais est grave : on se saborde culturellement »

Jean-Marie Rouart

Déjà, les étudiantes d’HECJF (École de haut enseignement commercial pour les jeunes filles) fondée en 1916, qui sera intégrée à HEC en 1975, mettaient déjà le holà dans un rapport, « L’invasion des mots anglais dans le français moderne », en 1964. Aujourd’hui, Jean-Marie Rouart, ancien directeur du Figaro littéraire, académicien et auteur engagé pour la défense de « l’âme française », s’indigne depuis longtemps de cette dérive : « Cette invasion de l’anglais est grave : on se saborde culturellement et on doit donner un signal d’arrêt sinon le français ne sera plus qu’un pidgin. Notre langue est en train de mourir ».

Le vocabulaire utilisé en école de commerce est le même que celui en entreprise

Pour beaucoup pourtant, ce n’est pas si choquant, car [pour eux] c’est la langue des affaires. « Le monde du business est international, ce serait archaïque de franciser des termes techniques venus du monde anglo-saxon », soutient Benoit, 48 ans, associé dans un fonds d’investissement. Le vocabulaire utilisé en école de commerce est le même que celui en entreprise, où on staffe un event (s’occuper d’un évènement), on « brainstorm » (on réfléchit), on se retrouve pour un « after-work » (soirée [, après-turbin]) sur le « rooftop » (terrasse de toit), après le cours de « corporate finance » (finance d’entreprise). Julien, co-fondateur d’une start-up dans la foodtech, avoue en utiliser quelques-uns comme « after work, team building, lunch, food et click and collect ».

Des mots porteurs de nouveaux sens

Dans une émission de France culture, intitulée Pourquoi s’inquiéter du franglais ?, Julie Neveux, linguiste et auteur de Je parle comme je suis (Grasset) explique que ces nouveaux termes sont porteurs de nouvelles pratiques : parler de la fin de semaine au lieu du week-end occulte une nuance de sens. [Notons qu’il y a une différence entre fin de la semaine et fin de semaine.] La professeur à Sorbonne-Université, conclut en disant : « Il y a certes beaucoup de mots anglais, mais ce sont les pratiques et la réalité de cette domination économique qui est le problème de l’Académie française, et non pas la langue qui ne fait que refléter cette réalité ».

Des réunions en anglais alors que les professeurs comprennent le français

Bernard Laurent, professeur d’économie à l’EM Lyon, explique que ce phénomène est aussi lié à l’internationalisation des écoles de commerce, où les étudiants étrangers sont nombreux. Désormais, environ 25 % des cours ont en anglais selon Bernard Laurent. [Aargh !] Mais si le professeur considère qu’il est normal que les étudiants aient des cours en anglais, celui-ci déclare toutefois ne pas comprendre « l’invasion de la langue française par les mots anglais ». Il déplore aussi le ridicule des réunions en anglais alors que la plupart comprennent le français. [pas tous !?]

Une langue qui fait « chic »

Car utiliser des mots anglais, c’est aussi un effet de mode, « ça fait chic, c’est une forme de snobisme », ajoute Jean-Marie Rouart. L’anglais sonne moderne avec ses mots [souvent] plus courts et donc plus « marketing » dans un monde de la publicité où le slogan prédomine. [Pourtant « challenge » et « opportunité » remplacent les plus courts « défi » et « chance » ou « occasion »].  L’adopter permet de s’afficher en tant que « jeune cadre dynamique ». Benoit, habitué à travailler à l’international pour son fonds d’investissement, voit dans cet usage des termes anglais une forme d’appartenance à une communauté.

Des étudiants d’HEC ont banni le franglais

Malgré tout, certains étudiants n’acceptent pas ce qui leur apparaît comme une fatalité. Et si préserver le français devenait un jeu ? Des étudiants d’HEC Paris, notamment les membres de l’association de rugby, ont décidé de bannir les mots anglais dans leur quotidien. « Tu m’envoies le Puissance Point par courriel s’il te plaît ? ». 

Alexis, président de l’association de rugby HEC, en relate les origines : « Au début, c’était simplement pour marquer à l’oral notre rivalité avec l’Angleterre. C’est notre ennemi historique ; pour les partisans de rugby, ça fait sens. Et puis ça me fait marrer », explique-t-il avec un sourire en coin. 

Une particularité vite adoptée par l’ensemble des élèves : tous se rendent en soirée parés de leurs plus belles écotasses, un terme qui semble un brin suranné pour désigner les ecocups (littéralement, des gobelets réutilisables, terme qu’auraient pu emprunter nos étudiants). « Je pense que c’est un peu un moyen de repousser ce qui nous attend plus tard dans notre vie pro, où on ne pourra pas se passer d’anglais », nous explique Alexis. Seul le rugby ne risque pas d’être traduit. En effet, il tient son nom du Rugby College, où furent définies les règles de ce qui deviendra le rugby. [Ah, la soule…, les Italiens ont relevé le mot de calcio (une forme de soule médiévale) dès le début du XXe siècle et ce terme a remplacé le terme anglais jusqu’à aujourd’hui. Plus de détails sur l’italianisation du langage des sports.]

Source : Figaro étudiant

Près de 69 % des francophones croient que la loi 101 doit être appliquée aux cégeps

La survie du français ne serait pas assurée avec la réforme actuelle de la Charte de la langue proposée par François Legault, selon un sondage.

À la faveur d’un sondage qu’il a commandé à Léger pour connaître l’opinion des Québécois sur des enjeux d’actualité, le Parti Québécois souhaite donner un nouveau souffle aux mesures qu’il propose pour la survie du français.

Seulement 22 % des Québécois estiment que la loi 96 que le gouvernement Legault a fait adopter est suffisante pour renverser le déclin du français au Québec, selon un récent sondage Léger. Mais le tiers des sondés n’avaient pas d’opinion sur la question.

Le sondage effectué pour le compte du Parti Québécois révèle qu’un très faible pourcentage de la population croit que la réforme de la Charte de la langue est assez solide pour freiner la dégringolade du français sur le territoire Québécois.

« Là, on a un sondage Léger qui démontre clairement que les Québécois pensent également que la CAQ ne va pas assez loin et manque de courage en matière de protection du français », affirme le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Il estime qu’avec cette loi, le Premier ministre est « complice d’une éventuelle Louisianiation du Québec ».

Toutefois, près du tiers des personnes sondées, soit 34 %, ne savait pas quoi répondre à cette question. La proportion est élevée.

Pourtant, le débat sur la langue fait rage depuis des mois au Québec.

Chef émotif

Il s’agit néanmoins d’un baume pour le chef de la formation souverainiste, à la suite d’une semaine émotive et des sondages nationaux difficiles.

Lors du dévoilement du monument de Jacques Parizeau, mercredi à l’Assemblée nationale, l’ex-Premier ministre du Québec Lucien Bouchard a parlé du PQ au passé.

Mercredi matin, Saint-Pierre Plamondon a d’ailleurs répondu aux questions des journalistes, la gorge nouée par l’émotion.

« Je suis devenu émotif. À la question : est-ce qu’un jour il sera trop tard [pour la suivie de la nation et l’indépendance] ? Et j’ai été obligé de répondre oui », a-t-il affirmé.

« Je m’explique très mal l’absence du manque de responsabilité vis-à-vis notre destin. »

Appui des francophones

Avec ce coup de sonde, le PQ souhaitait donner un nouveau souffle aux mesures qu’il propose pour la survie du français et qui sont absentes de la loi 96.

« Spécifiquement chez les francophones, il y a un appui très marqué aux cinq mesures structurantes », indique Saint-Pierre Plamondon.

Par exemple, avant même la répartition des indécis, près de 69 % des francophones croient que la Charte de la langue française (loi 101) doit être appliquée aux cégeps.

La loi 96 impose de suivre trois cours de français ou trois cours de français langue seconde. Elle plafonne également le nombre de places dans les cégeps anglophones.

Le PQ a voté contre la loi, réclamant carrément l’application de la loi 101 au niveau collégial.

Près de 75 % des francophones sont en faveur avec la mise en place de cibles et d’indicateurs précis sur la situation du français et 66 % pour que la maîtrise du français soit une condition obligatoire pour tous les immigrants économiques avant leur arrivée.

« Pour nous, c’est un signal qui est important. Il ne faut pas lâcher », a dit Saint-Pierre Plamondon.

« Il faut continuer de réclamer des mesures qui garantissent notre pérennité linguistique et culturelle. »

La culture importante

D’ailleurs, en culture, 66 % des répondants sont en faveur de la mise en place d’un Bureau de promotion du contenu québécois comme le propose la formation de PSPP.

Ce dernier aurait comme mandat de faire la promotion des productions québécoises auprès des grandes plateformes télévisuelles numériques mondiales, comme Netflix et Amazon Prime.

Le but serait d’augmenter le nombre de téléséries et de films québécois qui s’y retrouvent. Chez les francophones, cet appui grimpe à 71 %.

LOI 96

À votre avis, est-ce que la loi 96 adoptée récemment par l’Assemblée nationale du Québec pour protéger la langue française est suffisante pour renverser la tendance du déclin du français au Québec ?

  • Oui : 22 %
  • Non : 44 %
  • Ne sait pas : 34 %

MESURES POUR PROTÉGER LE FRANÇAIS

Êtes-vous en faveur, ou opposé, aux mesures suivantes pour protéger et promouvoir le français au Québec ?

Que soit mis en place un Bureau de promotion du contenu québécois, qui aurait comme mandat de faire la promotion des productions québécoises auprès des grandes plateformes télévisuelles numériques mondiales (Netflix, HBO, Apple TV, Amazon Prime Video, etc.) ?

  • Pour : 62 %
  • Contre : 22 %
  • Ne sait pas : 16 %

Que soit mesurée l’évolution de la situation du français au Québec par la mise en place de cibles et d’indicateurs précis ?

  • Pour : 62 %
  • Contre : 21 %
  • Ne sait pas : 17 %

Que la maîtrise du français soit une condition obligatoire pour tous les immigrants économiques avant leur arrivée ? 

  • Pour : 55 %
  • Contre : 31 %
  • Ne sait pas : 15 %

Que la Charte de la langue française (loi 101) soit appliquée aux cégeps ?

  • Pour : 55 %
  • Contre : 30 %
  • Ne sait pas : 15 %

Que le statut de ville bilingue soit retiré aux villes comptant moins de 30 % d’anglophones dans leur population ?

  • Pour : 43 %
  • Contre : 35 %
  • Ne sait pas : 23 %

Source : Journal de Québec


jeudi 2 juin 2022

Montréal — écoles privées ajoutent 12e année pour éviter aux élèves d'apprendre le français et aller ensuite à l'université anglophone

D’autres écoles privées vont permettre à des élèves du Québec de ne pas suivre des cours de français avant qu’ils ne s’inscrivent le plus souvent dans une université anglophone financée par les contribuables québécois. C’est ce que nous apprend maintenant le Journal de Québec.

Des collèges privés s’attendent à une hausse de la demande pour leur programme de 6e secondaire, qui permet d’éviter les obligations de la nouvelle loi sur la langue officielle dans les cégeps anglophones.

North Star Academy de Laval
 
« On a beaucoup de demandes pour l’an prochain. Surtout avec la loi 96… C’est un enjeu », indique la directrice générale de l’Académie Étoile du Nord de Laval, Josée Pépin.

Au Québec, le cursus scolaire ne compte que cinq années d’études secondaires. Dans le reste du Canada et aux États-Unis, il y en a une sixième étant donné qu’il n’y a pas de cégep entre le secondaire et l’université.

Plusieurs écoles privées offrent donc la 6e année, dite grade 12 en anglais, qui mène en général à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires ontarien.

Les élèves peuvent ensuite entrer directement dans les universités du monde entier, mais aussi au Québec, comme à McGill et Concordia, à Montréal, sans passer par le cégep.

La nouvelle Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) oblige les étudiants des cégeps anglophones à suivre plus de cours de français.

Selon un reportage de Global News, l’anxiété générée par cette nouvelle disposition aurait poussé l’Académie Kuper, à Kirkland, sur l’île de Montréal, à devancer l’annonce de son nouveau programme de 6e secondaire.

La direction de l’Académie Kuper n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

La moitié

Le Journal a parlé aux responsables de quatre autres collèges privés qui offrent déjà la 6e année.

À l’école Alexander von Humboldt, à Baie-d’Urfé, les cours se donnent en allemand de la maternelle à la fin du secondaire. Chaque année, environ la moitié des élèves de 5e secondaire choisissent de continuer en 6e, tandis que les autres décident d’aller au cégep, indique le directeur adjoint Tobias Grygier.

« Mais si la loi est maintenue telle quelle, on peut penser que ça [incitera] d’autres à rester en 6e », suppose-t-il.

Capacité limitée [pour l’instant]

La plupart des responsables interrogés croient toutefois que c’est leur approche personnalisée qui attire les élèves, plus que la langue.

« De toute façon, on a une capacité limitée », dit Philippe Bertrand, directeur général du Collège Bourget, un établissement bilingue situé tout près de la frontière ontarienne à Rigaud.

Il compte cette année 28 élèves dans son programme de 6e secondaire non subventionné.

« Certains sont un peu dépassés par le système collégial », explique Suzanne Bailey, de l’Académie Kells, une école privée de Montréal.

Parmi la quarantaine d’élèves inscrits cette année, on compte des élèves qui ont fait toute leur scolarité à Kells, mais aussi des jeunes qui n’ont pas été acceptés dans leur premier choix au cégep, illustre Mme Bailey.

Au Collège Bourget, ce sont surtout des sportifs de haut niveau qui y sont inscrits en raison de leur horaire complexe, explique Philippe Bertrand.

Grâce à un partenariat avec une école virtuelle ontarienne, l’enseignement peut se faire à distance, ce qui permet aux jeunes hockeyeurs qui sont constamment sur la route de continuer à étudier, par exemple.

Plus cher que le cégep

La 6e secondaire offre une panoplie d’avantages, dit Josée Pépin de L’Académie Étoile du Nord. Plus de flexibilité dans le cursus pour obtenir les prérequis, pas de cote R, une bonne reconnaissance de la part des universités, la création d’un réseau de contacts dans le domaine rêvé, relate-t-elle.

Avec des frais de scolarité allant de 13 000 $ à 15 000 $, une année à Étoile du Nord est toutefois bien plus dispendieuse que le cégep.

Plusieurs programmes de 6e ont vu le jour dans les dernières années : en 2015, 2017 ou 2019.

Mais le Collège Stanstead, situé sur la frontière américaine, offrait déjà une 6e secondaire bien avant l’invention des cégeps et n’a tout simplement jamais cessé de l’offrir, explique la directrice Joanne Carruthers.

« Il y en a qui pensent que la 6e année, c’est une façon de sauter une année, mais ce n’est pas le cas puisque la plupart font ensuite [l’équivalent d’un baccalauréat] de 4 ans à l’université. C’est juste un système différent », résume-t-elle.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas répondu à nos questions, hier.


Billet originel du 31 mai 2022

Une école privée de Montréal ajoute une 12e année pour éviter d’apprendre le français, circonvenir aux trois cours de français devenus obligatoires au cégep, pour s’inscrire directement à une université anglophone québécoise (il y en a trois !).


Répartie dans trois bâtiments à Kirkland (Ouest de l’île de Montréal), la Kuper Academy propose actuellement des classes préscolaires, élémentaires et secondaires.

Bientôt, l’école ajoutera un nouveau programme — la 12e année sera disponible à l’école à partir de 2023.

« J’ai entamé le processus il y a plusieurs années et j’allais l’annoncer en août de cette année, mais après l’annonce du projet de loi 96, j’ai décidé de le devancer », a déclaré la directrice de l’école, Joan Salette.

Le projet de loi 96 récemment adopté obligera les étudiants à suivre des cours de français supplémentaires au cégep pour obtenir leur diplôme.

Salette dit que, comme beaucoup d’autres, certains élèves et parents de Kuper étaient inquiets à propos du projet de loi et de la façon dont cela les affecterait. Mais elle dit qu’avec cette nouvelle, beaucoup poussent un soupir de soulagement.

« J’ai commencé à recevoir des messages disant : “Merci, je peux dormir ce soir, je ne cherche plus à déménager en Ontario” », a déclaré Salette. « Tant de messages de soutien. »

Le programme de 12e année durera un an et aboutira à un diplôme d’études secondaires de l’Ontario, qui permet aux élèves de postuler directement à une université.

Trois concentrations seront disponibles — sciences, commerce et sciences sociales — avec des cours principalement donnés en personne.

Les élèves de 10e année qui étudient actuellement à Kuper seront éligibles au programme, et beaucoup d’entre eux disent qu’ils seront les premiers à postuler.

« Tout le monde est ravi de ce nouveau programme », a déclaré Evan Cecere, élève de 10e année. « Ils sont vraiment préoccupés par les restrictions imposées par le projet de loi 96. »

L’école prévoit d’accepter les candidatures pour la 12e année en août.

À peu près au même moment, il organisera une séance d’information pour les parents et les élèves afin d’en savoir plus sur le programme.

Source : CTV


dimanche 29 mai 2022

L'économiste Pierre Fortin critique la politique d'immigration actuelle

Transcription

— Est-ce que l’immigration est l’une des grandes solutions à la pénurie de main-d’œuvre dont on parle ? Bon et puis, est-ce que l’immigration est l’une des grandes solutions à la pénurie de main-d’œuvre dont on parle ? La politique d’immigration au Canada est en tout cas dommageable pour l’ensemble du pays et pour le Québec notamment, selon l’économiste Pierre Fortin. Dans le cadre d’une étude préparée pour le ministère de l’Immigration du Québec, Pierre Fortin affirme que le Québec devrait avoir le contrôle total, entier de son immigration. On le rejoint ce soir. Pierre Fortin est professeur émérite au département des sciences économiques de l’ESG UQAM. Pierre Fortin, bonsoir.

— Bonsoir.

— Vous posez un regard quand même sévère dans l’étude sur l’approche, sur la gestion de l’immigration du gouvernement fédéral. Est-ce qu’Ottawa se trompe, selon vous, sur toute la ligne présentement en misant sur l’immigration pour assurer la croissance, et la prospérité du pays ?

— Oui, on pense qu’avec 450 000 et éventuellement 500 000 immigrants nouveaux par année, on va réussir à faire un Canada qui, premièrement, va être de beaucoup plus grande taille, qui va être plus riche, qui va être plus puissant dans le monde. Et cette espèce de grande fierté d’être Canadien qui pourrait être améliorée avec le temps et l’objectif final, c’est sur le plan démographique, on veut être 100 millions de Canadiens à l’année 2100 alors qu’on est présentement 38 millions.

— Et donc, on présente ça comme étant une solution quand même, une solution économique, une solution à la pénurie de main-d’œuvre. Est-ce que ça en est une ?

— Oui, il y a trois choses qui sont recherchées. 

  • Premièrement, que beaucoup plus d’immigration aiderait à résoudre des problèmes de pénurie de main-d’œuvre. 
  • Deuxièmement, que ça réduirait le vieillissement de la population parce que les immigrants, en moyenne, sont d’âge un peu plus jeune que la moyenne de la population. 
  • Et puis, troisièmement, que le niveau de vie progresserait plus rapidement. La croissance du PIB par habitant serait plus élevée. 

Alors quand on passe en revue la littérature scientifique sur ces trois points-là, on se rend compte qu’aucun de ces… aucune de ces trois affirmations-là ne trouve un appui de la part des recherches existantes. 

Premièrement, le PIB par habitant, le revenu par habitant et relativement insensible à l’immigration. Prenez juste, par exemple, la croissance économique dans la région de Québec, la région métropolitaine de Québec, c’est la plus élevée au Canada depuis 20 ans. Or, à Québec, il n’y a à Québec presque aucun immigrant qui arrive. Seulement 7 % de la population immigrante. Alors que, à Vancouver, par exemple, à l’inverse, on a 45 % de la population qui est d’origine immigrante, la croissance économique par habitant, la croissance, le niveau de vie est plus faible qu’à Québec. Donc ça ne veut pas dire que l’immigration est négative pour la croissance économique, mais ça veut dire qu’elle ne pousse pas dans la direction d’une croissance économique par habitant, du niveau de vie qui soit plus rapide. 

— Mais quand on a 1 million de postes vacants. C’est ce dont on parle ce soir, il y a 1 million de postes vacants. C’est un nombre record. Ça prend des bras pour les combler [pourvoir], ces postes vacants. Les immigrants ne représentent pas la première solution ?

— Non. Le taux de postes vacants au Québec est inférieur au taux de postes vacants aux États-Unis et est inférieur au taux de postes vacants à Colombie-Britannique, par exemple. Oui, on a un taux de postes vacants qui est relativement élevé au Québec. C’est la première génération de gens d’affaires qui font face à ce problème-là. Parce qu’autrefois, le taux de chômage au Québec était toujours dans les deux chiffres. On avait des 10, des 12 % de chômage. Alors il n’y avait jamais de manque de main — d’œuvre. Il y en avait toujours de disponibles, qui était en chômage et qui était prête à entrer au travail. Mais maintenant, il faut changer notre point de vue. L’économie du Québec, ce n’est pas une économie qui traîne en arrière. C’est une économie qui est très dynamique et en fait, quand on regarde les villes au Canada, c’est les villes du Québec et les villes de la Colombie-Britannique qui sont les plus dynamiques sur le plan économique. Et donc, quand le chômage est bas, le taux de postes vacants est forcément plus élevé. Nous, c’est la première génération qu’on a ça. Nos gens d’affaires sont en état de choc à cause de ça et ils doivent évidemment utiliser bien d’autres moyens que seulement l’immigration. Ça prendrait à mon avis un pacte économique entre les gens d’affaires et le gouvernement du Québec pour déterminer, bon, oui, on fait venir des immigrants, on s’assure que la composition de l’immigration est bien adaptée aux besoins réels. On cherche tous les moyens de réduire le temps d’attente, d’améliorer l’adéquation entre les gens qui viennent et les besoins de nos entreprises, on fait tout ça, mais on ne peut pas penser réussir ça si on fait passer le taux d’immigration, par exemple, de 50 000 par année à 100 000 par année. 

— OK. 

— Ça va être le chaos social, je veux dire… Puis là, l’opinion de la majorité des Québécois de leurs entreprises va devenir très négative. Aussi, on est plus sensibles au risque social qu’il y ait de monter l’attitude de la population interne contre l’immigration.  Au Québec, à l’heure actuelle, nos gens sont plus favorables à l’immigration que dans le reste du Canada. On est plus favorable à l’immigration au Québec…

— Et il ne faut pas que ça change.

— … que dans le reste du Canada. Mais si on pousse trop fort, il y a danger, avec trop d’immigrants, et ça, c’est le grave danger qui menace le reste du Canada.

— OK. 

— Le danger que ça attise la xénophobie et éventuellement le racisme et qu’on recule finalement à 20 000 ou 10 000 immigrants par année plutôt que de rester plus haut.

— Absolument. Merci beaucoup pour cette analyse avec nous ce soir.


Les économies avancées d'Asie ont désormais des indices de fécondité inférieurs à ceux du Japon

La liste des choses pour lesquelles le Japon jouit d’une réputation mondiale comprend une cuisine délicieuse, une technologie de pointe, une offre excédentaire de bars karaoké et un nombre insuffisant de bébés. En 1990, le Japon a atteint un indice de fécondité record pour l’année précédente — le fameux « choc de 1,57 ». Soit 1,57 enfant par femme. Pendant des années, l’archipel nippon a été considéré comme un précurseur du vieillissement et de la contraction des sociétés riches.


Une grande partie de l’Asie l’a maintenant rattrapé ou dépassé. Le taux de fécondité du Japon était de 1,3 enfant par femme en 2020, la dernière année pour laquelle des chiffres comparables sont disponibles, cela le place à égalité avec la Chine continentale, selon le Population Research Bureau, une agence américaine. Le taux de natalité de la Chine est probablement déjà tombé sous celui du Japon : il y a eu 10,6 millions de naissances chinoises l’année dernière, contre 12 millions en 2020, soit une baisse de 11 % alors que le nombre de naissances n’a baissé que de 3 % au Japon.

La fécondité japonaise est très basse par rapport à presque toutes les sociétés de l’histoire humaine. Pourtant, il est maintenant plus élevé que celui de n’importe quelle économie prospère de l’Extrême-Orient (l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est). L’indice de fécondité de natalité à Hong Kong, Macao, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan se situait entre 0,8 et 1,1 en 2020 (voir graphique ci-dessus). Il ne s’agit pas non plus d’un accident temporaire causé par la pandémie : la natalité du Japon était également supérieure à tous ces pays en 2019.

Ces pays asiatiques riches et qui boudent les naissances ont trois choses en commun. Premièrement, leur peuple a peu d’enfants hors mariage. Seuls 2 % environ des naissances au Japon et en Corée du Sud sont le fait de mères célibataires, les niveaux les plus bas de l’OCDE, un club de pays riches. Dans les pays occidentaux riches, ce chiffre se situe généralement entre 30 % et 60 %.  Ce taux de naissances hors mariage est de 62,4 % au Québec en 2019 avec un indice de fécondité d’environ 1,5 enfant/femme. En Chine, les rares femmes qui tombent enceintes hors mariage se voient souvent refuser des prestations. La baisse des naissances dans la région a suivi de près une baisse des mariages.

Un deuxième facteur commun est la scolarité coûteuse. Les cours particuliers onéreux et d’autres formes « d’éducation parallèle » qui vident le porte-monnaie, comme on appelle ces extras, sont courants en Asie de l’Est. La raison la plus fréquemment citée par les couples japonais pour avoir moins d’enfants est le coût de leur instruction et leur coût de la vie pour les élever. Lucy Crehan, chercheuse en éducation, affirme que ces problèmes pourraient être encore pires dans d’autres parties de l’Asie. Les élèves japonais ne sont confrontés à leurs premiers examens cruciaux qu’à l’âge de 15 ans. En revanche, les enfants de Chang-haï et de Singapour doivent passer ces tests dès l’école primaire, ce qui accroît la pression parentale et alourdit les frais de scolarité de la famille.

Pourtant, c’est le troisième facteur qui pourrait expliquer pourquoi le Japon surpasse ses riches homologues asiatiques. Une vague de recherches ces dernières années suggère que les prix élevés de l’immobilier poussent les jeunes couples à retarder la venue d’enfants. Un article a révélé qu’une augmentation de 10 000 $ des prix des maisons aux États-Unis entraînait une augmentation de 5 % de l’indice de fécondité chez les propriétaires, mais une diminution de 2,4 % chez les locataires. Dans une grande partie de l’Asie de l’Est et en particulier dans la Chine urbaine, l’achat d’une maison est une tâche ardue pour les jeunes. La Corée du Sud, dont le taux de fécondité de 0,8 est le plus bas de la région, a en conséquence un ratio prix de l’immobilier/revenu (le nombre d’années de revenu nécessaire pour acheter une maison) de 16,6, le plus élevé de l’OCDE après la Nouvelle-Zélande. Le ratio japonais de 7,5 est parmi les plus bas. 

Rappelons que le Canada se classe parmi les pays où le prix des logements par rapport aux revenus est le plus haut.

Le problème des prix élevés de l’immobilier qui empêchent les jeunes familles de s’installer n’est pas propre à l’Asie. Mais le marché immobilier japonais est différent. Contrairement à la plupart des pays riches, il a des règles d’urbanisme qui facilitent relativement la construction de plus de maisons. Le parc de logements à Tokyo a constamment augmenté plus rapidement que la population de la ville (qui continue également d’augmenter). De plus, les maisons japonaises ne sont pas construites pour durer, elles sont donc démolies et remplacées régulièrement. Le fisc japonais considère que les maisons japonaises en bois se déprécient pour atteindre une valeur de zéro après 22 ans. Cela signifie que le marché secondaire de l’immobilier résidentiel est plus limité et incite les propriétaires fonciers à démolir les vieux bâtiments et à en construire de plus grands.

Les économistes se demandent dans quelle mesure le logement relativement abordable du Japon est dû à ces politiques d’offre et de construction ou dans quelle mesure ces logements abordables sont dus à la lenteur de la croissance économique du pays. Mais la facilité de construction est susceptible de juguler l’augmentation des prix.

Source : The Economist

Voir aussi 

Corée du Sud : la surchauffe éducative, l'implosion démographique  

Corée du Sud — les garderies en anglais sont du gaspillage et néfastes au développement de votre enfant