mardi 25 novembre 2014

Le 25 novembre et le 6 décembre, hier et aujourd'hui

Catherinette dans un bureau municipal d'Alsace en 2010
On appelait naguère « catheri­nettes » les jeunes femmes de vingt-cinq ans encore céliba­taires lors de la Sainte-Catherine (25 novembre). Une fête était souvent organisée au cours de laquelle les jeunes filles portant une coiffe faisaient des vœux pour un prompt mariage.

Autrefois, les statues de sainte Catherine placées dans les églises étaient ornées d'une coiffe qui était renouvelée chaque année. Cette opération était le privi­lège des jeunes femmes âgées de plus de 25 ans encore céliba­taires. Ainsi, l'expression « elle va coiffer sainte Catherine » signifiait que la jeune femme en question n'avait toujours pas trouvé de mari. Cette dernière pouvait alors implorer la sainte avec la prière suivante : « Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine ; mais plutôt un que pas du tout ». Les jeunes hommes célibataires avaient la Saint-Nicolas, le 6 décembre. Les célibataires qui fêtaient leur trentième anniversaire portaient la crosse de Saint Nicolas. Époque naïve et romantique où l'on valorisait le couple stable et le mariage...

Au Canada et au Québec, la Sainte-Catherine est aussi associée à la fameuse tire du même nom, une idée, selon la légende, de la célèbre Marguerite Bourgeoys. Ingénieuse, la première institutrice de Ville-Marie s'en serait servi pour attirer les Amérindiennes à l'école.

Comme on n'arrête pas ce qu'on prétend être le progrès, les féministes ont remplacé la sainte Catherine d’Alexandrie (sans le savoir ?) pour en faire le jour contre les violences faites aux femmes !

Comme le dit la page du ministère du Québec consacré aux femmes (il n'y en a pas pour les hommes bien sûr), en 1999, l'Assemblée générale des Nations Unies proclamait le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et invitait les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à tenir des activités pour sensibiliser l'opinion publique.

La date du 25 novembre a été choisie pour honorer la mémoire de trois femmes de la République dominicaine, les sœurs Mirabal, ferventes militantes pour la liberté, brutalement assassinées en 1960 sur les ordres du chef de l'État, Rafael Leonidas Trujillo...

Le nouveau calendrier laïc et féministe a également réaffecté le 6 décembre, mais exit le patron des jeunes célibataires. Le 6 décembre devint donc pour le Canada la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes. Selon, le site du gouvernement du Québec, la Journée nationale permet non seulement de se recueillir un instant et de se rappeler ce triste événement, mais elle offre aussi la possibilité de se questionner sur le problème de la violence faite aux femmes et aux jeunes filles. Le 6 décembre commémore le massacre de la Polytechnique date à laquelle un déséquilibré, Marc Lépine né Gamil Gharbi, abattit 14 femmes dont 13 étudiantes. Gamil Gharbi avait été refusé par l'armée pour comportement antisocial. Selon sa mère, Monique Lépine, Marc Lépine a pu souffrir d'une carence affective liée au sentiment d'abandon né du départ de son père dans sa tendre jeunesse et du retour de sa mère sur le marché du travail. Elle s'est également demandé si son fils ne la voyait pas, elle cette mère monoparentale, comme une féministe, peu disponible, et si le massacre n'avait pas été une tentative inconsciente de se venger du manque d'affection d'une mère qui pensait surtout à sa carrière et des moqueries de sa sœur (Vivre: Dix-neuf ans après la tragédie de la Polytechnique, Monique Lépine, la mère de Marc Lépine, se révèle, 2008, pp. 138, 161–62).

Ce massacre est bien sûr exploité dans les manuels d'ECR du Québec (voir ci-dessous). Ce cahier précise qu'il s'agit d'« un massacre clairement dirigé contre les femmes et le féminisme », il propose ensuite comme activité de groupe une délibération autour de la question : « Cette tragédie ne fut jamais reconnue officiellement comme un crime misogyne. Qu'en penses-tu ? »

Nulle part le cahier explique-t-il le caractère pathologique de Marc Lépine. Comment les élèves pourront-ils donc répondre en connaissance de cause ? On a l'impression que ce silence sert à renforcer, à laisser libre cours au mythe moderne que Lépine ne serait que l'aboutissement quelque peu logique de la hantise maladive des hommes « traditionnels » envers le féminisme triomphant, du pauvre beauf macho dépassé, « du mononcle québécois passé date ». Que le machisme en quelque sorte expliquerait et mènerait inéluctablement à ce massacre.

page 201

(page 201 du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)

Une culture de la passivité, un manque de vertus viriles ?

Or, on peut analyser ce massacre en des termes strictement inverses. L’image révélatrice de l’homme québécois contemporain n’est en rien incarnée par Marc Lépine/Gamil Gharbi, mais plutôt par ces professeurs et ces jeunes hommes qui, présents dans la classe où surgit Lépine, acceptent de la quitter quand ils sont menacés par ce tireur solitaire. Ils s’en vont soumis et abandonnent à leur sort fatal leurs condisciples de sexe féminin.

Un acte d’abdication et de lâcheté que les cultures traditionnelles réprouveraient en bloc. Les « hommes » québécois postféministes sont restés tranquillement dans le couloir alors même que résonnaient les premiers coups de feu, ils n’ont rien tenté. Ce qui manquait à ce moment précis c’étaient des hommes aux vertus viriles et — n’hésitons pas à le dire — machistes, prêts à se sacrifier pour arrêter un tueur fou qui s’attaquait à des femmes.

(Rappelons que les policiers arrivés sur place n'ont pu intervenir et prévenir la mort de probablement sept jeunes filles à cause d'une directive inepte émise par leur hiérarchie. Lépine mettra fin à ses jours avant que la police n'intervienne.)

Et si Lépine avait réussi un de ses autres massacres planifiés ?

La plupart des gens pensent que Marc Lépine n’en voulait qu’aux femmes. En réalité, ce désaxé et perpétuel marginal avait considéré d’autres massacres. Comme il l’écrit dans sa lettre de suicide émaillée de nombreuses fautes :
« J’avais déjà essayés [sic] dans ma jeunesse de m’engager dans les Forces comme élève-officier, ce qui m’aurais [sic] permit [sic] de possiblement pénétrer dans l’arsenal et de procédé[sic] Lortie dans une rassia [sic] ».
Le Lortie dont il est question est le caporal Denis Lortie qui prit d'assaut le parlement du Québec le 8 mai 1984 dans le but de tuer le premier ministre René Lévesque. Lortie tua trois personnes et en blessa 13 autres. Il fut arrêté dans sa folie meurtrière par le remarquable sang-froid du sergent d'armes René Jalbert qui confronta le tueur fou et réussit à le convaincre de se rendre. Selon l’expert psychiatre au dossier, Lortie aurait organisé son crime suite à un délire psychique.

Si Lépine avait réussi à accomplir son massacre au sein des forces armées, ses victimes auraient été des hommes (à l'époque) et les noms de ces victimes ainsi que le massacre lui-même auraient été évacués de notre mémoire collective. Qui connaît le nom des victimes de Lortie ? Où les célèbre-t-on ? Au lieu de quoi, les manuels scolaires ressassent le massacre d’un psychopathe, le mouvement féministe instrumentalise celui-ci et un film québécois sur le sujet est paru qui sera,  il ne faut pas en douter, bientôt visionné par nombre d'écoliers captifs en classe d’éthique et de culture religieuse. Et vous, parents, n'aurez guère le choix (nous sommes au Québec après tout), si tant est que vous soyez mis au courant avant la projection et le débat émotionnel et tronqué qui s'ensuivra.

page 202
(page 202 du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


Voir aussi

Complément cahier « Françoise David »  — Le massacre de la Polytechnique






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5 commentaires:

Jonathan a dit…

Merci de parler de cette tradition. Ma Grand-mère m'avait déjà parler des chapeaux que les jeunes filles portaient à la Ste-Catherine et que c'était un jour de fête à l'école car il n'y avait pas de cours et qu'il y avait de la tire Ste-Catherine(recette inventer par Marguerite Bourgeois). C'est très à la mode de s'émerveiller pour des traditions étrangères mais on oublie ou on méprise celles de nos ancêtres.


Évidemment, vous vous souvenez de cette publicité qui révèle bien ce que les féministes pensent du mariage: À partir de 3:59
http://www.youtube.com/watch?v=iZg-Ed3tEP4

Dia a dit…

j'adore dasn la copie que vous nous donnez du cours de brain washin ECR la formule :

"Discutez de cette question DANS LE BUT D'ARRIVER A UN CONSENSUS"

c'est tellement naïvement totalitalitaire cet injonction à faire consensus et en même temps tellement québécois ! C'est superbe !

Pour une école libre a dit…

Dia,

cette histoire de consensus, c'est un des reproches que la CLÉ fait au cours


http://www.liberte-scolaire.com/tribunes-libres-et-interviews/au-quebec-la-cle-defend-la-liberte-de-conscience-des-familles/#respond

Dia a dit…

Non seulement ces abrutis ne se sont pas demandé s'il était seulement pertinent de laisser s'exprimer des opinions personnelles dans un débat présidé par un prof QUI DONNE DE BONNES OU MAUVAISES NOTES mais en plus ils supposent - naïvement et a priori - que sur tout sujet un consensus est possible... serait-il seulement souhaitable.
Ah mais ! Quelle ramassis de petits flics débiles le gauchisme ne nous aura-t-il pas fabriqué ?

Mais réjouissons-nous ! Oui, car il y a quelque chose de profondément efficient, de productif dans ces techniques de manipulation, dans ce lavage de cerveau "pédagogique" :

Les enfants apprennent vite. Ils auront tôt fait de repérer les stratégies de pouvoir derrières cette bonhommie gauchiste. Ils sauront bien assez tôt que le jeu démocratique est truqué, basé sur un catéchisme humaniste hypocrite, pourri, totalitaire. À leur insu, bien sûr, les commissaires politiques, les kapos minables de l'ECR enseignent aux enfants la méfiance à l'égard des bureaucrates - loups déguisés en moutons - et des discours humanistes. Ils leur inspirent le dégoût pour toutes ces conneries bien pensantes. Il leur inculquent la méfiance politique.

Anonyme a dit…

Dia

C'est bizarre, le manuel d'ECR oublie de donner le VRAI nom de Marc Lepine : Liass Gharbi (père Algérien)