mardi 13 octobre 2020

Israël — 600 jeunes enfermés à l'école talmudique pour protéger les vieux

Les loubavitchs représentent 12 % de la population israélienne, mais ils constituent 40 % des cas de Covid-19.

On a récemment appris qu’environ un juif orthodoxe sur trois en Israël est positif au coronavirus. En conséquence, les quartiers orthodoxes sont soumis à des mesures de police rapprochées et sont considérés comme des zones rouges.

Il semble que certaines communautés orthodoxes ont décidé de prendre les choses en main à leur façon. Elles ont opté pour une stratégie fondée sur l’immunité collective, mais elles ont été très efficaces pour la mettre en œuvre. C’est ainsi qu’au début de la semaine passée (5 octobre), de jeunes étudiants à l’école talmudique ont admis au journal télévisé israélien N 12 que leurs yéchivas servaient de centres d’infection à la covid-19.

« Nous étions enfermés dans la yéchiva, tous les 600 ». Un autre étudiant de la yéchiva a admis que la stratégie choisie était de répandre la maladie parmi les jeunes tout en protégeant leurs aînés. 
 
« Je suis entré dans une yéchiva pour y être infecté à dessein. J’y suis resté enfermé pendant un mois — grâce à cela, quand je suis rentré à la maison, je n’ai pas infecté ma mère et ma grand-mère à la Covid-19 ». « Rien ne nous est arrivé, la peur a fait plus de dégât. La covid ne dure pas longtemps. Nous sommes restés enfermés un mois — tout le monde est tombé malade et tout le monde s’en est sorti. », a déclaré un jeune de la yéchiva à la caméra.


Covid : la Suède impassible face à la deuxième vague (m-à-j)

Il semble de plus en plus clair que la Suède souffrira d’une récession nettement plus douce que la zone euro, les États-Unis ou le Canada. Une nouvelle analyse publiée mardi dernier (6 octobre) montre que la Suède s’en tirera mieux même que ses voisins nordiques cette année et l’année prochaine.

Danske Bank, une des principales banques danoises, est le dernier prévisionniste à prédire une crise moins douloureuse en Scandinavie que dans le reste de l’Europe. Et dans ses dernières prévisions, la banque s’attend désormais à ce que l’économie suédoise se contracte moins en 2020 et qu’elle connaîtra un taux de croissance plus élevé en 2021 que dans le reste de la Scandinavie et de la Finlande.

La baisse de 3,3 % du PIB de la Suède cette année se compare à la baisse de 8,3 % que Danske prévoit dans la zone euro et à la contraction de 4,3 % qu’elle prédit pour les États-Unis. La banque s’attend à ce que l’économie britannique recule de 5,8 % cette année. Les prévisions du FMI sont nettement plus pessimistes pour le Canada (-7,1 %) et la Grande-Bretagne (-9,8 %). En revanche, la projection du FMI pour les États-Unis (-4,3 %) concorde avec celle de la Danske Bank.

Prévisions du PIB de Danske Bank


20202021
Suède -3,3 %    3,8 %
Norvège -3,6 %    3,7 %
Danemark    -3,5 %    3,0 %
Finlande -4,5 %    2,5 %

Le fait de garder les magasins, les restaurants et les bars ouverts a contribué à soutenir les dépenses de consommation suédoises, ce n’est qu’une partie de l’explication, une autre partie de l’explication est la force des entreprises suédoises. « Les entreprises suédoises ont montré qu’elles pouvaient rebondir rapidement après une crise, comme elles l’ont fait après la crise financière », selon M. Olsen. « Cela démontre que la Suède a une économie très compétitive. »

La dette publique brute de la Suède ne dépassera pas 40 %, selon les documents budgétaires officiels publiés en septembre alors que la dette publique brute consolidée (y compris les provinces) du Canada augmentera au-delà de 120 % du PIB selon l’agence de crédit Fitch.


Entretemps, sur le front médical, la Suède semble toujours éviter un rebond épidémique pour l’instant. Le nombre de décès quotidien fluctue autour de 2 (deux) depuis de la fin août.

Prévisions de croissance du PIB par le Fonds international monétaire (FMI)

 

Billet originel du 2 octobre

Le royaume nordique, qui refuse le confinement et ne recommande pas le port du masque, n’impose aucune nouvelle mesure contre le coronavirus. Il affiche néanmoins l’un des taux de contamination les plus faibles et, sans crier victoire, est heureux de ne plus être critiqué pour son cavalier seul, comme au début de l’épidémie.

Comme c’est souvent le cas en Suède, la maison de retraite de Skärholmen partage ses locaux avec une crèche et une école. Ses 120 résidents, depuis le début de l’épidémie, ne pouvaient recevoir de visites que dans une salle dédiée, ou à l’extérieur. Mais à partir de ce jeudi, ils pourront accueillir famille et amis chez eux, dans leur chambre ou leur appartement. « Bien sûr, il faudra réserver un créneau horaire, ne pas être plus de deux personnes, se laver les mains, porter une visière, respecter une distance de deux mètres, mais tout le monde est très heureux de cette décision, détaille Emilie Engbo, la directrice. Ce sera bon pour le moral de tous. » Les maisons de retraite, où a été recensée la moitié des morts suédois du Covid-19, sont le point noir de la stratégie suédoise, mais pour le Premier ministre, Stefan Löfven, la situation épidémiologique permet cette avancée. « C’est important pour les personnes âgées de se sentir comme à la maison, assure Andreas Thorstensson, le chef du secteur. Si tout le monde suit les règles, cela se passera bien. »

Un même vent de liberté souffle sur les théâtres, les stades, ou les salles de conférences. Jusqu’à maintenant, la Suède avait mis en place l’une des restrictions les plus sévères pour les événements publics en temps de coronavirus : pas plus de 50 personnes. Mais mardi, la ministre de la Culture, Amanda Lind, a promis un assouplissement : « Si la situation épidémiologique le permet, et en respectant les distances, à partir du 15 octobre, nous pourrons monter à 500 personnes », a-t-elle déclaré. Pour Jesper Larsson, directeur du Kulturhuset, la grande scène du spectacle vivant à Stockholm, c’est un véritable soulagement : « On faisait des spectacles plus courts, plus nombreux, mais c’était devenu très compliqué. On se retrouve avec les mêmes règles que dans un bar, ou un restaurant, ce qui est finalement logique. » « Ce changement signifie beaucoup pour de nombreuses associations, ajoute Björn Eriksson, de la Confédération suédoise du sport, c’est un grand pas en avant. »

 

 Le masque porté par les étrangers

Une ouverture certes limitée, encadrée, mais qui paraît quelque peu surréaliste au pied de cette deuxième vague qui menace l’Europe. Quand les autres pays se claquemurent à nouveau, fermant bars et restaurants, imposant des quarantaines, voire des confinements, la Suède desserre son corset et continue à afficher de simples « recommandations ». Alors que ses voisins ne jurent que par le port du masque, partout, et en toutes circonstances, le royaume nordique reste le seul à ne pas le conseiller. Que ce soit dans les transports, les écoles, les centres commerciaux, ou dans la rue, les seuls qui le portent sont souvent des étrangers, ou quelques personnes âgées. Encore récemment, Anders Tegnell, épidémiologiste en chef et architecte de la stratégie suédoise, affirmait que les preuves scientifiques de l’efficacité du masque étaient « étonnamment faibles », et qu’il pouvait entraîner « encore plus de contaminations quand les gens se touchent sans cesse le visage ». La Suède préfère miser sur des mesures durables, et pour Lena Hallengren, ministre de la Santé, « on ne va pas demander aux gens de porter le masque pendant des années ».

Ce cavalier seul du royaume nordique a suscité autant d’admiration que de condamnations. Admiration, et envie, quand les Européens confinés regardaient ce printemps les Suédois prendre des bains de soleil dans les parcs et se retrouver aux terrasses des cafés. Condamnation, avec parfois le plaisir non dissimulé de voir le « modèle suédois » mis à mal, quand le nombre de morts a augmenté pour s’approcher de la barre des 6000, soit un taux de mortalité de 581 pour un million d’habitants, plus élevé que le taux français, et bien supérieur à celui des voisins scandinaves. Autant d’outrances qui empêchent de saisir la véritable originalité de cette stratégie : sa constance, et sa vision à long terme. « La grande différence avec les autres pays, c’est que nous n’avons pas changé nos recommandations ni la façon dont nous organisons cette distanciation sociale, souligne Anders Tegnell. Nous ne devons donc pas encore affronter la deuxième vague que connaissent ces pays où l’on a confiné, puis déconfiné. » De fait, le message depuis le début de l’épidémie est toujours le même : restez à la maison au moindre symptôme, lavez-vous les mains, gardez vos distances, travaillez chez vous, évitez les transports en commun, avec une mention spéciale pour les plus de 70 ans : isolez-vous !


Un mantra auquel il est difficile d’échapper : il est répété au cours des deux conférences de presse hebdomadaires de l’Autorité suédoise de santé, retransmises en direct à la télévision et sur les réseaux sociaux. Avant les vacances d’été, il y en avait même… cinq par semaine. Les Suédois font confiance à leurs dirigeants, suivent généralement les recommandations. Les autorités les ont convaincus que la lutte contre le coronavirus était « un marathon, pas un sprint », et qu’il fallait attendre pour avoir des résultats. Début juin, le pays était celui où l’on avait le plus de chances de mourir du Covid-19, et les courbes ont mis très longtemps à descendre de ce « plateau » statistique. Mais depuis juillet, la plupart des indicateurs sont au vert. Selon le Centre européen de contrôle des maladies infectieuses (ECDC), la Suède affiche l’un des taux de contamination les plus faibles, avec 42 nouveaux cas de Covid pour 100 000 habitants ces deux dernières semaines, contre 231 en France. Seuls 130 patients sont hospitalisés, une vingtaine en soins intensifs, et le nombre de morts s’est stabilisé autour d’une moyenne de deux par jour.

Pourquoi ? C’est la question que tout le monde se pose. Anders Tegnell met en avant la pérennité des mesures prises, qui sont de ce fait mieux comprises et acceptées par les citoyens. Il reste en revanche très prudent lorsqu’il évoque l’immunité collective, permettant de mettre fin à une épidémie quand environ 60 % de la population a été en contact avec le virus. « Il n’y a que deux façons d’arrêter une épidémie qui se diffuse de façon aérienne comme celle du coronavirus : avec un vaccin, ou en atteignant l’immunité collective, rappelle-t-il. Cette dernière n’a jamais été notre stratégie, même si une meilleure immunité peut être une des conséquences des mesures que nous prenons. »

Mais d’autres, comme Johann Giesecke, ne prennent pas ces précautions oratoires. Pour ce mentor d’Anders Tegnell, ancien épidémiologiste en chef, aujourd’hui membre du groupe restreint de douze experts qui conseillent le directeur général de l’OMS, l’immunité ne se limite pas à la seule présence d’anticorps, et peut jouer un grand rôle dans la maîtrise de l’épidémie : « S’il faut une immunité de 60 % pour arrêter une épidémie, un seuil plus faible — autour de 25 % peut contribuer à beaucoup la ralentir. L’explication des chiffres très bas que connaît la Suède en ce moment, c’est l’immunité de la population. »

Le retour du modèle suédois

Adepte du lagom, cet art de vivre prônant la modération en toute chose, la Suède ne crie pas victoire, mais se félicite de ne plus être vilipendée en place publique comme au début de l’épidémie. L’Europe vient de rouvrir ses écoles, alors que les siennes n’avaient jamais fermé. Les gouvernants clament qu’il faut vivre avec le virus, comme elle le fait depuis le début. La presse locale [en fait The Spectator avait fuité l’affaire] a même rapporté que le Premier ministre britannique Boris Johnson — devenu un adepte du télétravail à la suédoise — s’était entretenu avec Anders Tegnell avant son intervention télévisée du 22 septembre. « Aujourd’hui, tous les pays d’Europe s’inspirent plus ou moins du modèle suédois, mais personne ne l’admet, car ce n’est pas politiquement correct, expliquait récemment au Svenska Dagbladet Antoine Flahault, professeur d’épidémiologie à l’université de Genève. Il permet aux citoyens de participer eux-mêmes à la lutte contre le virus, sans lois ni réglementations obligatoires. »

Pour Kim Sneppen, de l’Institut Niels Bohr à Copenhague, « l’immunité » suédoise ajoutée aux mesures prises pour limiter l’épidémie signifierait même qu’elle « pourrait être finie » dans ce pays. Rien n’est moins sûr. Depuis trois semaines, la Suède constate une hausse des contaminations, avec plus de 2000 nouveaux cas la semaine dernière. Le taux de positivité des tests est passé de 1,2 à 2,4 %. Pour Anders Tegnell, la Suède va « lentement mais sûrement dans la mauvaise direction », et le Premier ministre Stefan Löfven s’en est inquiété jeudi dans une conférence de presse. Il s’est adressé aux citoyens — « Lavez-vous les mains soigneusement et faites-le souvent, évitez de serrer vos amis dans les bras, n’organisez pas de fêtes chez vous… Nous devons persévérer, et persévérer » — et a demandé aux employeurs de « créer des opportunités pour que les salariés travaillent à distance ». Il a envisagé la possibilité d’adopter des mesures plus ciblées, notamment pour Stockholm, comme la quarantaine familiale, c’est-à-dire l’isolement total des personnes vivant dans le même foyer qu’une personne contaminée. Mais en fin de compte, une fois de plus, il s’est contenté de rappeler ces fameuses recommandations suédoises… sans en annoncer de nouvelles.

Source : Le Figaro, 1er octobre 2020


lundi 12 octobre 2020

Interdire « l’école à la maison » pour lutter contre l'islamisme : liberticide et inefficace

Pour Adeline le Gouvello, avocat française à la Cour, la décision d’Emmanuel Macron de limiter au maximum l’école à la maison est tout à la fois en décalage avec la réalité du terrain et contraire au Droit comme aux souhaits des parents. Rappelons que l’immense majorité des terroristes islamistes franco-belges sont passés par l’école publique ou contrôlée par l’État et n’ont pas été instruits à la maison… Il existe aussi désormais en France des lycées musulmans sous-contrat (subventionnés) affiliés à l'Union des organisations islamiques de France devenue Musulmans de France. En outre, la France est déjà un des pays qui contrôlent et limitent donc le plus le droit à une instruction à domicile.

La liberté, érigée au front de tous nos monuments républicains, deviendrait-elle bientôt lettre morte ? 

Avec constance et résignation, les Français ont accepté des réductions radicales de leurs droits et libertés dans le contexte sanitaire actuel. L’exécutif aurait-il pris le pli de régler une question, non en s’attaquant au problème, mais en supprimant les libertés qui s’y rattachent ? C’est ce qui semble être le cas avec les annonces faites par le président de la République vendredi dernier, pointant le « séparatisme islamiste » : « J’ai pris une décision forte, sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882. » Le chef de l’État a assuré que l’instruction à domicile sera désormais « strictement limitée » à des « impératifs de santé ». L’annonce a consterné les familles des quelque 50 000 élèves scolarisés à domicile qui ne se reconnaissent nullement dans le tableau d’extrémistes religieux dépeints par le chef de l’État…

De telles affirmations dénotent en effet une profonde méconnaissance du terrain. L’instruction à domicile recouvre des réalités très diverses, des sensibilités multiformes et des raisons variées. De la phobie scolaire au souhait de pédagogies alternatives, en passant par la simple envie de transmettre soi-même à ses enfants, les facteurs de scolarisation à domicile sont multiples. Une chose est certaine en revanche : tous les élèves étant instruits à la maison font l’objet d’une déclaration auprès de la mairie et de l’académie, qu’ils soient rattachés à un cours par correspondance ou instruits selon des méthodes et une progression personnelle. Dès la première année puis tous les deux ans, ces enfants font l’objet d’une enquête administrative faite par le maire. Ils sont aussi soumis à des contrôles obligatoires annuels par les inspecteurs de l’académie dont ils dépendent (art. L 131-10 code de l’éducation). Ces inspecteurs contrôlent le travail qui a été effectué, font faire des tests aux enfants, se rendent au domicile pour s’assurer des conditions de mise en place de l’instruction à domicile. S’ils estiment que l’obligation d’instruction n’est pas remplie, ils peuvent mettre en demeure les responsables d’inscrire l’enfant dans un établissement d’enseignement privé ou public, l’absence de suite donnée à une telle injonction faisant encourir une peine de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende (article 227-17-1 du Code pénal). Il n’est donc clairement pas possible que ce mode d’instruction permette à des familles de générer des enfants « hors système ».


 

Au contraire, bien souvent, le niveau atteint par les enfants ainsi instruits est plus que satisfaisant : réaliser avec un enfant le programme d’une journée d’école se fait beaucoup plus rapidement qu’au sein d’une classe d’une trentaine d’élèves, ce qui permet d’avancer plus vite et laisse du temps pour d’autres formes d’apprentissage : sport, nature (jardin, animaux), visites culturelles, etc. Avec le confinement, bon nombre de parents l’ont bien compris. Si certains ont vu avec soulagement leurs enfants retrouver le chemin de l’école, d’autres, ayant assuré de près le suivi du travail scolaire et ayant eu à remplir le rôle de l’instituteur, se sont rendu compte de ce qui était exactement fait à l’école. Aspirant à une autre qualité de vie, plus connectée à la nature et respectueuse de l’environnement (vie à la campagne, sans conduites chronophages), ils ont choisi de transformer l’essai en instruisant leurs enfants à domicile. Ce facteur ne vient qu’accélérer un mouvement déjà amorcé : le nombre d’enfants scolarisés à domicile ne cesse de croître.

Le gouvernement serait bien mal venu de réagir ainsi et de critiquer les familles qui font le choix de l’école à la maison alors qu’il a imposé aux millions de familles françaises de le faire pendant des mois. Cette expérience a d’ailleurs rappelé un élément fondamental : au final, quoiqu’il advienne, quelles que soient les circonstances, ce sont bien les parents, et non pas l’État, qui se retrouvent à assumer leur enfant dans toutes les dimensions de leur vie… Les parents sont donc plus que fondés à choisir librement le mode d’instruction qui convient le mieux à leur enfant et leur famille.

Un projet contraire aux conventions internationales

Les textes fondamentaux de notre Droit ont d’ailleurs conçu les places respectives de l’État et des parents comme telles. L’article 27 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant énonce que « c’est aux parents ou aux autres personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité d’assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant », rejoignant ainsi d’autres dispositions internationales, notamment la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (« Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » art. 26,3), le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (« Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État en matière d’éducation » art. 13) et le protocole additionnel de la Convention européenne des droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a d’ailleurs jugé que cet article 2 du protocole additionnel implique pour l’État « le droit d’instaurer une scolarisation obligatoire, qu’elle ait lieu dans les écoles publiques ou au travers de leçons particulières de qualité ». (CEDH, décision du 6 mars 1984, Famille H. c. Royaume-Uni, n° 10233/83). La place des parents, premiers éducateurs de leurs enfants, est donc expressément reconnue. De là, découle la responsabilité de poser les choix pour faire grandir son enfant vers ce qui semble le meilleur pour qu’il puisse « développer sa personnalité » et « sa formation » (art. 1 du code de l’éducation).

Une mesure qui porte atteinte aux droits des enfants

En outre et surtout, cette mesure porterait atteinte aux droits des premiers intéressés : les enfants puisque, comme il l’a été rappelé, c’est la convention internationale des droits de l’enfant, signée et ratifiée par la France, qui prévoit la place première des parents, la liberté de création d’établissements d’enseignement, et qui définit le contenu du droit à l’éducation comme étant le fait de « favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités », ce qui suppose une offre pédagogique diverse, les enfants devant être considérés dans leur diversité et pluralité.

Un projet contraire aux principes à valeur constitutionnelle

Le statut de l’enseignement en France s’est conformé à ces dispositions. Dès la loi du 28 mars 1882 (rendant l’école primaire obligatoire), la possibilité de remplir l’obligation scolaire en faisant donner l’instruction à l’école publique, privée ou dans la famille était prévue (mesure aujourd’hui codifiée à l’art. 131-5 du code de l’éducation). La loi Debré de 1959 a distingué trois types d’établissements : les établissements privés hors contrat, les établissements privés sous contrat simple ou sous contrat d’association avec l’État, et les établissements publics. Par la suite, la France a érigé la liberté de l’enseignement en principe à valeur constitutionnelle : le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 23 novembre 1977 a établi « que le principe de liberté de l’enseignement, qui a notamment été rappelé à l’article 91 de la loi de finances du 31 mars 1931, constitue l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, réarmés par le préambule de la Constitution de 1946 et auxquels la Constitution de 1958 a conféré valeur constitutionnelle ». Le Conseil d’État quant à lui a rappelé le « droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille » (CE, 19 juillet 2017, association les enfants d’abord, n° 406150 et avis du 29 novembre 2018).

Une attaque à une liberté à laquelle les Français sont attachés

Si le principe de la liberté de l’enseignement est fermement ancré dans notre ordonnancement juridique, à son plus haut sommet, il n’en reste pas moins que certains renâclent à le considérer comme tel et que, régulièrement, des tentatives sont mises en œuvre pour y faire échec. On se souvient encore de celle des années 80 ayant pour but de créer un « grand service public unifié et laïc de l’éducation nationale ». Le projet de loi en 1982, qui visait la constitution d’« établissements d’intérêt public » (EIP) devant absorber les écoles privées, fut finalement présenté à l’Assemblée nationale dans une forme atténuée, mais ce n’est qu’à l’issue de manifestations massives que le gouvernement a reculé, alors que le principe de liberté de l’enseignement avait pourtant d’ores et déjà valeur constitutionnelle.

Aussi, l’exécutif aura beau jeu de prétendre qu’il entend respecter la liberté de l’enseignement en permettant aux parents de choisir entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Il ne s’agit en réalité, ni plus, ni moins, d’une énième tentative de faire échec à la liberté constitutionnellement garantie : la restriction des libertés, qui fait passer de trois modes d’instruction possibles, à deux, n’est pas le respect de la liberté. La « liberté » suppose la possibilité d’un vrai choix (tant que les solutions choisies respectent l’instruction obligatoire). Placer les personnes face à deux solutions imposées n’implique pas une liberté véritable et, au surplus, on ne peut miser sur la certitude du maintien de ce pseudo-choix dans l’avenir, puisque, comme on le constate, les tentatives de suppression d’un enseignement au sein d’établissements autres que ceux des pouvoirs publics ont été observées au cours de ces dernières décennies.

Une mesure inefficace

En tout état de cause, la suppression pure et simple de l’instruction en famille paraît profondément injuste à bon nombre de parents qui respectent les lois et sont félicités par les inspecteurs de l’académie pour leur travail. Elle semble disproportionnée dans la mesure où, à cause d’un petit nombre qui ne respecte pas la loi, la liberté de tous est supprimée. À cet égard, il s’agit bien d’une mesure liberticide.

Elle le serait d’autant plus que, non seulement irrespectueuse de nos principes, elle serait inefficace : la loi offre déjà les moyens nécessaires pour lutter contre les dérives sectaires ou l’absence d’instruction adéquate. Il conviendrait ainsi avant toute chose de les mettre en œuvre. En effet, les personnes « hors système » visées par cette mesure ne se préoccupent pas de la loi : elles ne la respectent pas. Si l’État, aujourd’hui, ne réussit pas à faire respecter les règles existantes, comment le réussirait-il mieux demain ? Ce n’est pas d’un changement de règles, mais d’autorité dont il a besoin. Reconquérir cette autorité ne passe pas par un durcissement de la règle à l’égard de tous, mais par un contrôle et des sanctions à l’égard de ceux qui ne les respectent pas.

Le vrai problème semble donc se situer dans l’incapacité du gouvernement à faire respecter les lois par un petit nombre d’individus qui sont, semble-t-il, loin de constituer la majorité des familles ayant choisi l’IEF (Instruction en Famille). Sous couvert de lutter contre les excès de vitesse commis par certains, aurait-on l’idée d’interdire à tous de prendre sa voiture ? Il semble que dans un contexte « d’urgence sanitaire » ayant succédé à l’« État d’urgence », cette logique de suppression de la liberté, pour résoudre les problèmes, fasse son chemin… Il appartient aux parents d’exiger le respect de leurs droits et de ceux de leurs enfants, surtout lorsque, comme en l’espèce, « respect » rime avec « liberté »… Et il appartient à l’État de mettre les moyens nécessaires pour contrôler et faire exécuter la loi.

dimanche 11 octobre 2020

Lutte contre la Covid-19 a jeté environ 100 millions de personnes dans l'extrême pauvreté

« C’est le pire revers que nous ayons connu depuis une génération. » Les mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus auraient jeté entre 88 millions et 114 millions de personnes dans le monde dans l’extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Calcutta, des gens attendent la distribution de nourriture

La gestion contre la pandémie de coronavirus a jeté entre 88 millions et 114 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, selon les estimations biennales de la Banque mondiale sur la pauvreté dans le monde.

Ce renversement est de loin la plus forte augmentation de l’extrême pauvreté depuis 1990, depuis que les données sont tenues, et marque la fin d’une série de plus de deux décennies de baisse du nombre de personnes extrêmement pauvres, que la Banque mondiale définit comme vivant avec moins de 1,90 $ américains par jour, soit environ 700 $ par an.

La Banque mondiale estime désormais qu’entre 703 millions et 729 millions de personnes au total sont dans l’extrême pauvreté, et que ce nombre pourrait encore augmenter en 2021.

« C’est le pire revers que nous ayons connu depuis une génération », a déclaré Carolina Sánchez-Páramo, directrice mondiale de la pratique mondiale de la pauvreté et de l’équité de la Banque mondiale.

Même pendant la crise financière mondiale d’il y a dix ans, alors que la majeure partie du monde était également plongée dans la récession, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté a continué de baisser, car les principaux marchés émergents de l’Inde et de la Chine ont continué de croître.

Mais les impacts de la lutte contre la pandémie de coronavirus se révèlent plus répandus et plus graves, et ils entraînent de nouveaux groupes démographiques dans l’extrême pauvreté. Avant la pandémie, les personnes vivant dans l’extrême pauvreté étaient généralement rurales, sous-instruites, jeunes et travaillant dans l’agriculture. Mais la pandémie pousse la pauvreté sur les habitants des zones urbaines congestionnées, avec des niveaux d’éducation plus élevés et qui travaillent dans des secteurs tels que les services informels, la construction et l’industrie.

Des bénévoles se préparent à nourrir les gens dans une église de Johannesbourg en juillet.

« Les nouveaux pauvres sont plus urbains, mieux éduqués et moins susceptibles de travailler dans l’agriculture que ceux qui vivaient dans l’extrême pauvreté avant Covid-19 », a déclaré la Banque mondiale dans son rapport.

La montée de la pauvreté est susceptible de décevoir les espoirs des objectifs de développement durable, promus par les Nations Unies, d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030. Avant la pandémie, cet objectif était considéré comme agressif, mais peut-être réalisable.

Les estimations de l’institution sont plus désastreuses que celles d’un rapport similaire de la Fondation Bill & Melinda Gates publié le mois dernier, estimant que la pandémie a plongé 37 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

Samuel Freije-Rodriguez, économiste principal de la Poverty and Equity Global Practice de la Banque mondiale, a déclaré que les deux estimations sont basées sur des méthodologies différentes et que la Banque mondiale s’appuie sur ses propres prévisions économiques détaillées.

La Fondation Gates et la Banque mondiale se concentrent toutes deux sur la mesure de l’extrême pauvreté à 1,90 dollar par jour. Le chiffre est comparable, corrigé de l’inflation, au seuil de 1 dollar par jour qui est devenu populaire dans les années 90 comme marqueur de l’extrême pauvreté. En 1990, plus de 1,9 milliard de personnes vivaient en dessous du seuil d’extrême pauvreté, soit un taux de 36 %.

En 2020, ce taux a atteint 9,4 %, selon la Banque mondiale, par rapport à une estimation de 7,9 % avant la pandémie.

Les 30 dernières années ont été une période d’amélioration presque ininterrompue du niveau de vie de bon nombre des plus pauvres du monde. En 1990, près d’un milliard de personnes dans la seule Asie de l’Est, principalement en Chine, vivaient dans une pauvreté extrême, tout comme un autre demi-milliard de personnes en Asie du Sud, principalement en Inde.

L’essor des économies de la Chine et de l’Inde a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. L’Amérique latine a également vu le nombre de personnes vivant dans la pauvreté chuter de plus de moitié.

Avant la pandémie, le revers le plus grave s’est produit en 1998, lorsque la crise financière asiatique a plongé des dizaines de millions de personnes, principalement en Asie, dans l’extrême pauvreté. Ce revers s’est avéré bref, les chiffres ayant complètement rebondi en 1999.

La majorité des personnes extrêmement pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne, qui a fait moins de progrès contre l’extrême pauvreté que d’autres régions du monde au cours des 30 dernières années. Avant la pandémie, 440 millions de la population du continent vivaient dans une extrême pauvreté, soit un taux de près de 40 %. Ce chiffre devrait augmenter de 480 millions, soit un taux de 42 % cette année, en raison des effets de la pandémie.

Source : Wall Street Journal



vendredi 9 octobre 2020

France — « Vos libertés de parents sont en danger ! Mobilisez-vous ! »

Message d’Anne Coffinier (ci-contre), présidente de Créer son école — Educ'France.

Chers amis de la liberté d’enseignement,

L’heure est grave. Si nous ne réagissons pas, demain vous n’aurez plus le droit de faire l’école à la maison à vos enfants, et vous n’aurez plus l’alternative des écoles privées hors contrat si vous en avez besoin ! Le président de la République a en effet annoncé sa décision d’interdire l’instruction en famille et d’accroître encore les contrôles sur les écoles privées hors contrat. Il se compare même à Jules Ferry en 1882. Rivaliser avec le père de l’école publique, ça a du style, c’est certain ! Ce n’est pas une petite référence dans le Panthéon républicain. Mais le projet n’en est pas moins révoltant et inacceptable. Il va nous falloir, ensemble, le contrer.

Tout d’abord, ne croyez pas « faire le jeu de l’islamisme » en défendant vos libertés éducatives de parents. Ne tombez pas dans ce piège ! Car la suppression du droit de faire l’école à la maison ou le renforcement des restrictions sur l’école privée hors contrat ne seront d’aucune utilité pour faire reculer l’islamisation de la France. Le président nous dit que notre pays a un problème avec au maximum 2000 enfants qui sont scolarisés à la maison ou dans des structures clandestines pour des raisons communautaristes islamistes. L’État va donc priver tous les parents de la possibilité d’instruire leurs enfants à la maison, quand ils l’estiment nécessaire, parce qu’une poignée de familles fanatiques se serviraient de cette liberté pour endoctriner leurs enfants ? Pourquoi ne supprime-t-on pas le droit de vote à tous les citoyens parce que certains votent pour des candidats dangereux pour la Nation ? Pourquoi ne supprime-t-on pas la télévision parce qu’on y diffuse des émissions avilissantes et stupides ? Bref, il en est de la liberté d’enseignement comme de toutes les autres : elles donnent lieu à des abus. Mais ce n’est pas une raison pour les supprimer. C’est la base de l’État de droit que de prendre le risque de la liberté. Et c’est notre devoir de citoyens et de parents que de nous battre pour garder nos libertés fondamentales.


On veut lutter contre l’islamisation de la société ? Faisons en sorte que les enfants sachent correctement lire et écrire, aient une solide culture qui leur permette de résister aux manipulations de bas étage. Et, surtout, rendons-leur la fierté de leur pays, de leur culture, de leurs ancêtres, et l’envie chevillée au corps de contribuer à leur place à la grandeur de la France. Nous aurons ainsi bien plus sûrement lutté contre l’islamisme qu’en nous laissant priver sans rien dire de nos libertés élémentaires.

Alors, je vous demande de m’aider à lutter contre ce projet de loi liberticide, qui est inutile pour démanteler les écoles clandestines dans lesquelles sont endoctrinés de jeunes musulmans. La preuve ? Hier la police a démantelé l’école clandestine de Bobigny. A-t-elle eu besoin de cette nouvelle loi qu’on prétend nécessaire d’adopter ? Non. Elle a simplement eu besoin de courage et de volonté politique.

Le courage et la détermination, c’est ce dont nous allons avoir besoin tout de suite pour défendre nos libertés injustement attaquées.

Educ'France et Créer son école sont mobilisées pour défendre vos libertés. Nous sommes en lien avec les parents, les associations de parents, les cours par correspondance et montons un groupe de députés et de sénateurs, tout en faisant travailler nos juristes sur la constitutionnalité problématique du projet de loi.

Mais nous ne pourrons pas réussir sans votre aide. Nous avons besoin de vous.

Pour nous aider à défendre vos libertés, nous vous demandons : 

  • d’écrire à Madame Brigitte Macron une lettre personnelle expliquant pourquoi il faut garder cette liberté de pouvoir instruire à la maison son enfant sans avoir à se justifier, et ce dans le cadre, bien sûr, du contrôle organisé par l’État 
  • d’écrire à votre député une lettre personnelle lui demandant de voter contre ces dispositions du projet de loi 
  • de signer et faire signer autour de vous notre pétition pour le maintien du droit à faire l’école à la maison 
  • enfin, et c’est important !, de nous faire un don dès aujourd’hui pour nous donner les moyens financiers d’agir : avant tout, il s’agit de payer les juristes et les avocats ainsi que nos équipes de lobbyistes pour défendre vos libertés de manière professionnelle et efficace

Je fais un don pour protéger la liberté d’éducation

NB 1 : Ne pas sortir son enfant de l’école publique quand il est harcelé, quand il entre en dépression... c’est de la non-assistance à personne en danger. Et ces situations sont, hélas !, de plus en plus fréquentes. C’est tirer sur l’ambulance que d’interdire l’école à la maison et de vouloir freiner l’essor des écoles libres. Alors que l’école publique va mal, nous avons besoin de développer activement des alternatives, pas de les supprimer.

NB 2 : Voici la revue de presse de nos récents engagements médiatiques pour défendre vos libertés éducatives. Nous nous battons résolument, à Créer son école et Educ'France. Soutenez-nous ! Faites-nous un don pour nous permettre d’amplifier nos actions.

Restriction des libertés scolaires, rançon de l'immigration de masse « diverse » ?

Les restrictions aux libertés scolaires sont-elles la rançon à payer pour l'accueil de masse d'immigrants provenant de cultures fort diverses ? 

C'est certainement la question que l'on peut se poser quand on considère les restrictions qu'Emmanuel Macron veut imposer en France : interdiction de l'instruction à domicile sauf pour des raisons de forces majeures médicales et mainmise et contrôle de plus en plus pesants et tatillons des écoles non subventionnées, dites hors contrat. Voir L'instruction à domicile concerne-t-elle vraiment les familles radicalisées ?

Rappelons qu'il en va de même au Québec : l'école à la maison est de plus en plus réglementée, l'instituteur Roberge, devenu Ministre de l'Éducation du Québec, voulant que les parents enseignent la même chose qu'à l'école québécoise dont on peut sortir inculte, mais diplômé et exposé pendant des années au prêt-à-penser diversitaire et au correctivisme politique. La philosophie de Monopole de l'Éducation est de plus en plus de transformer le parent en agent du gouvernement plutôt que de servir le parent qui délègue à l'État, à des écoles privées ou à des tuteurs engagés par lui sa primauté en tant qu'éducateur de ses enfants.

Rappelons que le même ministre Roberge a défendu, depuis le congrès fondateur de la CAQ, l'imposition du controversé cours d'éthique et de culture religieuse (ECR), ce cours d'idéologie diversitaire et de relativisme religieux. Rappelons que le cours d'ECR a été imposé au nom de la diversité : il n'était plus possible nous disait-on d'assurer des cours de religions catholique ou protestantes alors que la clientèle scolaire était de plus en plus diverse. En outre, même dans les régions uniformément de souche et catholique (à Valcourt par exemple), il fallait encore plus imposer le cours ECR pour exposer les enfants dès 6 ans à la diversité culturelles, cultuelles, de formes familiales, etc. L'endoctrinement ne se limite évidemment pas qu'au cours ECR, il est diffus dans toutes les matières : lire


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jeudi 8 octobre 2020

Étude — la fermeture des écoles et universités causerait plus de décès, mais aplatirait les courbes

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont réanalysé les résultats du rapport de l’Imperial College qui ont conduit au verrouillage strict de nombreux pays en utilisant des données mises à jour dans un modèle de simulation détaillé (« CovidSim »). Cette étude est publiée dans le British Medical Journal, ou BMJ, revue médicale hebdomadaire britannique à comité de lecture qui existe depuis 1840. C’est l’une des revues de médecine générale les plus lues dans le monde.

La nouvelle analyse montre que les fermetures d’écoles entraîneraient plus de décès liés au covid-19 en fin de compte (étalés sur une période nettement plus longue que la première vague) que l’absence de fermeture d’écoles. En outre, la distanciation sociale parmi les seules personnes de plus de 70 ans serait plus efficace pour réduire les décès liés au covid-19 que la distanciation sociale générale.


Leur analyse suggère que les interventions mises en œuvre en mars ont réduit la demande de pointe de lits dans les unités de soins intensifs (USI), mais étaient également connues pour prolonger l’épidémie, entraînant davantage de décès de covid-19 à long terme à moins qu’un programme de vaccination efficace ne soit rapidement déployé et accepté par la population.

Cette étude confirme que l’ajout des fermetures d’écoles et d’universités à d’autres mesures (isolement des cas, mise en quarantaine des ménages et éloignement social chez les personnes de plus de 70 ans) augmenterait le nombre total total de décès liés au covid-19 par rapport à l’absence de fermeture.

L’analyse soutient la projection selon laquelle si la distanciation sociale générale réduisait le nombre de cas de covid-19, elle augmenterait le nombre total de décès par rapport à une distanciation sociale de plus de 70 ans seulement. En effet, les décès liés à la covid-19 sont fortement biaisés vers les groupes plus âgés.

Plus de 97 % des décès liés au covid-19 surviennent chez les plus de 65 ans, contre 5 % pour la grippe espagnole. En tant que tels, ils concluent que l’atténuation d’une épidémie de covid-19 « nécessite une stratégie différente de celle d’une épidémie de grippe, en mettant davantage l’accent sur la protection des personnes âgées et vulnérables ».

La tentation autoritaire envers les jeunes est très présente dans les médias, souvent sans base scientifique. Et on s’étonne que les jeunes dépriment... (de la chroniqueuse G. Pettersen du Journal de Montréal)

Le modèle prédit une deuxième vague, qui croît initialement plus lentement, mais devient plus importante que la première à moins que les interventions ne soient à nouveau mises en œuvre. Les chercheurs soulignent que les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour prédire de manière fiable exactement où les pics localisés se produiront.

Néanmoins, les auteurs soulignent que les conseils politiques du Royaume-Uni se sont concentrés sur la réduction du nombre total de cas de covid-19, et non sur le nombre de décès. Les stratégies qui minimisent les décès « impliquent de concentrer des mesures de distanciation sociale plus strictes sur les maisons de soins où les gens risquent de mourir plutôt que sur les écoles où elles ne sont pas ».

Selon les chercheurs, dans tous les scénarios d’atténuation, les épidémies modélisées à l’aide de CovidSim se terminent finalement par une infection et une immunité généralisées, et le nombre final de décès dépend principalement de la répartition par âge des personnes infectées et non du nombre total de personnes infectées.

Culpabilisation gouvernementale des jeunes : « Ma fille m’a refilé la Covid, j’ai failli mourir », sur les erreurs pratiquées en « réanimation » lors du printemps (par exemple l'intubation bien trop fréquente), voir cette vidéo.

La prudence s’impose cependant quand on considère certains chiffres particuliers. Lorsque des chercheurs ont utilisé un modèle similaire pour prévoir l’impact de la pandémie en Suède, par exemple, les chiffres prédits étaient bien supérieurs aux résultats réels. Néanmoins, la chose qui a vraiment provoqué l’alarme mondiale en mars n’était pas tant le demi-million de décès en Grande-Bretagne, conséquence d’une politique laissez-faire. Même si ce chiffre de 500 000 morts au Royaume-Uni est souvent répété, ce qui a causé la panique c’était plutôt l’affirmation de l’équipe du Collège impérial que la « stratégie d’atténuation la plus efficace » qu’elle avait examinée — isolement des cas, quarantaine des ménages et distanciation sociale des personnes âgées — entraînerait environ 250 000 décès.

C’est la raison pour laquelle, on nous a déclaré que le confinement général de tous s’imposait. Si le gouvernement britannique avait demandé à Ferguson de modéliser le confinement généralisé, le résultat prédit aurait été de 200 000 morts — en d’autres termes, dans le même ordre de grandeur que la stratégie plus modérée — aurait-on imposé le confinement généralisé quand on considère les dégâts qu’il a causés ?

Plus précisément, pour la Covid-19, la fermeture d’écoles et d’universités était une grave erreur, semble-t-il (contrairement aux commentaires du professeur Neil Ferguson, qui a dirigé la modélisation originale). Les garder ouvertes aurait signifié que beaucoup de jeunes auraient été infectés, de façon le plus souvent bénigne, cela aurait accéléré le processus d’atteinte de l’immunité « collective ».

En conclusion, les auteurs écrivent : « La stratégie optimale pour sauver des vies dans une épidémie de Covid-19 est différente de celle prévue pour une épidémie de grippe avec un profil d’âge différent pour ce qui est de la mortalité. » À tout le moins, dit Ackland, les écoles auraient pu rester ouvertes tout en faisant tout son possible pour protéger les groupes les plus vulnérables. La priorité absolue était de garder la maladie hors des hôpitaux et des foyers de soins.


Voir aussi

Déclaration de Great Barrington (13 600 médecins et experts) sur la Covid-19 — il existe une autre façon de faire (mettre fin au long supplice pour tous, il faut considérer l’ensemble des effets des politiques actuelles et pas uniquement les cas de la Covid-19)

Covid : la Suède impassible face à la deuxième vague 

Plus d’un jeune sur trois souffre d’anxiété ou de dépression

« Il y a une augmentation de l’anxiété [chez les jeunes] dans nos cabinets, on voit que le recours à la médication augmente. La toxicomanie bat des records et on ne parle pas de l’usage pathologique de l’Internet », a fait savoir lundi le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre au CHU Sainte-Justine et porte-parole de l’Association des pédiatres du Québec. Or, selon celle-ci dernier, les jeunes sont devenus des cibles faciles pour rassurer la population, inquiétée par le discours gouvernemental sur la résurgence des infections.

Covid-19 — impact direct sur l’espérance de vie en France relativement bas (-0,2 an pour hommes, -0,1 an pour femmes)

Allemagne — pas de solutions uniques face au coronavirus pour la rentrée

New York reporte encore la rentrée en personne dans les écoles publiques

COVID-19 : le modèle défectueux qui a confiné le Canada

Le coronavirus affecte peu les jeunes de moins de 20 ans. Selon le CDC, le taux de survie des jeunes infectés est de 99 997 % (scénario 5). Il est de 99,98 pour les moins de 50 ans (dans le même ordre que celui de la grippe saisonnière établi à 0,01 %).

Rappelons que l’Islande comme la Suède n’ont jamais fermé ni leurs garderies ni leurs écoles jusqu’à 16 ans. Une étude conjointe entre les autorités de santé publique en Suède et celles en Finlande, où presque tous les élèves ont été tenus à l’écart de l’école pendant deux mois, a révélé que les approches différentes adoptées par ces deux pays (absence ou présence à l’école) n’avaient entraîné aucune différence mesurable sur les taux de contagion dans la population.  En Islande, les autorités qui ont testé dix pour cent de la population n’ont trouvé (fin avril) aucun cas d’un enfant ayant infecté un adulte.

Cela signifie que — que les écoles soient ouvertes ou non — les enfants sont moins à risque de la Covid-19 que de la grippe, qui tue à titre d’exemple en moyenne 40 à 50 enfants en Angleterre et au Pays de Galles chaque année. Contrairement à la grippe, les écoles ne sont pas des foyers de contagion de Covid-19, et en Suède, les enseignants présentaient le même risque d’attraper la Covid-19 que les membres d’autres professions.

La pandémie de COVID-19 a eu un « impact brutal » sur la santé mentale des jeunes adultes au Québec, alors que plus d’un tiers d’entre eux souffrent de symptômes d’anxiété et même de dépression.

Selon un rapport européen, Là où le COVID-19 chez les enfants a été détecté et les contacts suivis, aucun contact adulte dans le cadre scolaire n’a été détecté comme positif au SRAS-CoV-2 pendant la période de suivi. La conclusion de ces enquêtes est que les enfants ne sont pas les principaux moteurs de la transmission du SRAS-CoV-2 aux adultes en milieu scolaire.

Directeur de laboratoire Pasteur : l'immunité collective est sous-estimée dans les chiffres officiels, ce virus est plus infectieux et plus bénin qu'on ne l'a cru. Avec un taux de mortalité de 0,2 % c'est du même ordre que la grippe (taux de mortalité 0,1 %). On a confiné en France une ou deux semaines après le pic de la première vague. La région la plus touchée (le Grand Est) au printemps a le moins de cas maintenant. Israël épargnée au printemps vit sa première vague maintenant. On est quasiment au sommet de cette deuxième « vague ou vaguelette ». (Ci-dessous, vidéo, 23 min). 

Pierre Charneau (Institut Pasteur) sur vaccin, immunité collective, confinement

mercredi 7 octobre 2020

Déclaration de Great Barrington (18 600 médecins et experts) sur la Covid-19 — il existe une autre façon de faire

Trois éminents épidémiologistes se sont réunis dans le Massachusetts pour établir une meilleure stratégie face à la pandémie de la Covid-19 et mettre fin à ce long supplice qu'est devenue la gestion de cette pandémie.

PAR SUNETRA GUPTA, JAY BHATTACHARYA ET MARTIN KULLDORFF

La déclaration de Great Barrington (4 octobre 2020)

En tant qu’épidémiologistes des maladies infectieuses et scientifiques de la santé publique, nous sommes gravement préoccupés par les effets néfastes sur la santé physique et mentale des politiques actuelles pour lutter contre la COVID-19 et nous recommandons une stratégie que nous appelons la protection ciblée.

De gauche et de droite, venus du monde entier, nous avons consacré notre carrière à la protection des personnes. Les politiques de confinement actuelles ont des effets dévastateurs sur la santé publique à court et à long terme. Ces effets (pour n’en nommer que quelques-uns) comprennent des taux de vaccination infantile plus faibles, une aggravation des maladies cardiovasculaires, moins de dépistages du cancer et une détérioration de la santé mentale — conduisant à une surmortalité accrue dans les années à venir. La classe ouvrière et les plus jeunes seront les principales victimes. Exclure les élèves de l’école est une grave injustice.

Maintenir ces mesures en place jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible causera des dégâts irréparables et infligera des dommages disproportionnés aux personnes défavorisées.


Heureusement, nous comprenons désormais mieux le virus. Nous savons que le taux de mortalité à la COVID-19 est plus de mille fois plus élevé pour les personnes âgées et infirmes comparé aux celui des jeunes. En effet, pour les enfants, le COVID-19 est moins dangereux que de nombreux autres maux, y compris la grippe.

Au fur et à mesure que l’immunité s’accroît dans la population, le risque d’infection pour tous — y compris les personnes vulnérables — diminue. Nous savons que toutes les populations finiront par atteindre l’immunité collective, c’est-à-dire le point auquel le taux de nouvelles infections est stable — un vaccin peut permettre de l’atteindre (sans être nécessaire). Notre objectif devrait donc être de minimiser la mortalité et les dégâts sociaux jusqu’à ce que nous atteignions l’immunité collective.

La stratégie la plus compatissante pour parvenir à cette immunité collective, tout en équilibrant les risques et les avantages, est de permettre à ceux qui courent un risque mortel minime de vivre normalement afin qu’ils développent une immunité au virus par le biais d’une infection naturelle, tout en protégeant mieux ceux qui sont les plus à risque. Nous appelons cela la protection ciblée.

L’adoption de mesures pour protéger les personnes vulnérables devrait être l’objectif central des actions de santé publique contre la COVID-19. À titre d’exemple, les maisons de retraite [par exemple CHSLD au Québec, EPHAD en France] devraient utiliser du personnel immunisé et effectuer fréquemment des tests PCR sur les autres membres du personnel et tous les visiteurs. La rotation du personnel devrait être minimisée. Les retraités vivant à la maison devraient se faire livrer leurs produits d’épicerie et autres articles de première nécessité à leur domicile. Lorsque cela est possible, ils devraient rencontrer les membres de leur famille à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur. Une liste complète et détaillée de mesures, y compris des stratégies pour les foyers multigénérationnels, peut être mise en œuvre et s’inscrit parfaitement dans le champ de compétences des professionnels de santé publique.

Ceux qui ne sont pas vulnérables devraient être immédiatement autorisés à reprendre une vie normale. Des mesures d’hygiène simples, telles que le lavage des mains et le fait de rester à la maison en cas de maladie, devraient être pratiquées par tous pour réduire le seuil d’immunité du troupeau. Les écoles et les universités devraient être ouvertes à l’enseignement en personne. Les activités parascolaires, telles que les sports, devraient être reprises. Les jeunes adultes à faible risque devraient travailler normalement, plutôt que de chez eux. Les restaurants et autres commerces devraient ouvrir. Les arts, la musique, le sport et les autres activités culturelles devraient reprendre. Les personnes les plus à risque peuvent y participer si elles le souhaitent, tandis que la société dans son ensemble bénéficie de la protection conférée aux personnes vulnérables par ceux qui ont acquis une immunité collective.

Ceux qui ne sont pas vulnérables devraient être immédiatement autorisés à reprendre une vie normale. Des mesures d’hygiène simples, telles que le lavage des mains et le fait de rester à la maison en cas de maladie, devraient être pratiquées par tous pour réduire le seuil d’immunité du troupeau. Les écoles et les universités devraient être ouvertes à l’enseignement en personne. Les activités parascolaires, telles que les sports, devraient être reprises. Les jeunes adultes à faible risque devraient travailler normalement, plutôt que de chez eux. Les restaurants et autres commerces devraient ouvrir. Les arts, la musique, le sport et les autres activités culturelles devraient reprendre. Les personnes les plus à risque peuvent participer à ces activités si elles le souhaitent, tandis que la société dans son ensemble bénéficie de la protection conférée aux personnes vulnérables par ceux qui ont acquis une immunité collective.

Rédigée et signée le 4 octobre 2020 à Great Barrington aux États-Unis par :


 

Dr Martin Kulldorff, professeur de médecine à l’Université Harvard, biostatisticien et épidémiologiste spécialisé dans la détection et la surveillance des épidémies de maladies infectieuses et les évaluations de l’innocuité des vaccins.

Dre Sunetra Gupta, professeur à l’Université d’Oxford, épidémiologiste avec une expertise en immunologie, en développement de vaccins et en modélisation mathématique des maladies infectieuses.

Dr Jay Bhattacharya, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Stanford, médecin, épidémiologiste, économiste de la santé et spécialiste des politiques de santé publique se concentrant sur les maladies infectieuses et les populations vulnérables.




Signez la déclaration


Cosignataires

Scientifiques et praticiens en médecine et en santé publique

Prof. Sucharit Bhakdi, ém. Professeur de microbiologie médicale, Université de Mayence, Allemagne

Dr Rajiv Bhatia, MD, MPH, médecin de l'AV, épidémiologie, pratique de l'équité en santé et évaluation de l'impact des politiques publiques sur la santé, États-Unis

Professeur Stephen Bremner,Professeur de statistiques médicales, Brighton and Sussex Medical School, Université de Sussex, Royaume-Uni

Prof.Anthony J Brookes, Département de génétique et de biologie du génome, Université de Leicester, Royaume-Uni

Dre Helen Colhoun, professeur d'informatique médicale et d'épidémiologie, et médecin de santé publique, avec une expertise en prévision des risques, Université d'Édimbourg, Royaume-Uni

Prof. Angus Dalgleish, MD, FRCP, FRACP, FRCPath, FMedSci, Département d'oncologie, St. George's, Université de Londres, Royaume-Uni

Dr Sylvia Fogel, experte en autisme et psychiatre au Massachusetts General Hospital et instructeur à la Harvard Medical School, États-Unis.

Dr Eitan Friedman, MD, PhD. Fondatrice et directrice, Unité d'oncogénétique Susanne Levy Gertner, Institut Danek Gertner de génétique humaine, Centre médical Chaim Sheba et professeur de médecine, Département de médecine interne et département de génétique humaine et de biochimie, Université de Tel-Aviv, Israël

Dr Uri Gavish, expert en analyse d'algorithmes et consultant biomédical

Prof. Motti Gerlic, Département de microbiologie clinique et d'immunologie, Université de Tel Aviv, Israël

Dr Gabriela Gomes, professeur, mathématicienne spécialisée dans la dynamique des populations, la théorie de l'évolution et l'épidémiologie des maladies infectieuses. Université de Strathclyde, Glasgow, Royaume-Uni

Prof. Mike Hulme, professeur de géographie humaine, Université de Cambridge, Royaume-Uni

Le Dr Michael Jackson, PhD, est écologiste et chercheur à l'Université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande.

Dr David Katz, MD, MPH, président, True Health Initiative et fondateur et ancien directeur du Centre de recherche de la prévention de l'Université Yale

Dr Andrius Kavaliunas, épidémiologiste et professeur adjoint à l'Institut Karolinska, Suède

Dr. Laura Lazzeroni, PhD., Biostatisticienne et data scientist, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement et de science des données biomédicales. École de médecine de l'Université de Stanford, États-Unis

Le Dr Michael Levitt, PhD est biophysicien et professeur de biologie structurale. Le Dr Levitt a reçu le prix Nobel de chimie 2013 pour le développement de modèles multi-échelles pour des systèmes chimiques complexes. Université de Stanford, États-Unis

Prof. David Livermore, professeur, microbiologiste avec une expertise en épidémiologie des maladies, résistance aux antibiotiques et diagnostic rapide. Université d'East Anglia, Royaume-Uni

Dr Jonas Ludvigsson, pédiatre, épidémiologiste et professeur à l'Institut Karolinska et médecin principal à l'hôpital universitaire d'Örebro, Suède.

Dr Paul McKeigue, professeur d'épidémiologie et médecin de santé publique, avec une expertise en modélisation statistique de la maladie. Université d'Édimbourg, Royaume-Uni

Dr Cody Meissner, professeur de pédiatrie, expert en développement de vaccins, efficacité et sécurité. École de médecine de l'Université Tufts, États-Unis

Prof.Ariel Munitz, Département de microbiologie clinique et d'immunologie, Université de Tel Aviv, Israël

Prof.Yaz Gulnur Muradoglu, Professeur de Finance, Directeur du Behavioral Finance Working Group, School of Business and Management, Queen Mary University of London, Royaume-Uni

Prof. Partha P. Majumder, PhD, FNA, FASc, FNASc, FTWAS National Science Chair, Distinguished Professor and Founder National Institute of Biomedical Genomics, Kalyani, professeur émérite à l'Institut de statistiques indien, Calcutta, Inde

Prof.Udi Qimron, Président, Département de microbiologie clinique et d'immunologie, Université de Tel Aviv, Israël

Prof. Matthew Ratcliffe, professeur de philosophie spécialisé en philosophie de la santé mentale, Université de York, Royaume-Uni

Dr Mario Recker, professeur agrégé de mathématiques appliquées au Centre de Mathématiques et environnement, Université d'Exeter, Royaume-Uni

Dr Eyal Shahar, MD professeur (émérite) de santé publique, médecin, épidémiologiste, avec une expertise en inférence causale et statistique. Université d'Arizona, États-Unis

Prof.Karol Sikora MA, PhD, MBBChir, FRCP, FRCR, FFPM, directeur médical de Rutherford Health, oncologue et doyen de médecine, Royaume-Uni

Dr Matthew Strauss, médecin de soins intensifs et professeur adjoint de médecine, Université Queen’s, Canada

Dr Rodney Sturdivant, PhD. professeur agrégé de biostatistique. Directeur du Baylor Statistical Consulting Center. Spécialiste de la propagation et le diagnostic des maladies infectieuses. Université Baylor, États-Unis

Dr Simon Thornley, PhD, épidémiologiste, biostatistique et analyse épidémiologique, maladies transmissibles et non transmissibles. Université d'Auckland, Nouvelle-Zélande.

Pr Ellen Townsend, Groupe de recherche sur l'automutilation, Université de Nottingham, Royaume-Uni.

Prof. Lisa White, Professeur de modélisation et d'épidémiologie Nuffield Department of Medicine, Université d'Oxford, Royaume-Uni

Pr Simon Wood, professeur, statisticien avec une expertise en méthodologie statistique, statistique appliquée et mathématique







lundi 5 octobre 2020

Pourquoi amputer l’histoire de l’Occident ?

Texte de Nathan Murray, Enseignant, doctorant en histoire ancienne, à l'Université Laval et à Paris Nanterre.

Désolante nouvelle : les cégépiens qui effectuent leur rentrée seront parmi les derniers à recevoir quelques petites heures d’enseignement obligatoire sur l’histoire de l’Antiquité ou du Moyen Âge. C’est que, dans la prochaine mouture du programme de sciences humaines, c’est près de la moitié du contenu du désormais défunt cours d’Initiation à l’histoire de la civilisation occidentale qui passera à la trappe, débité par une assemblée frileuse de profs et par un comité ministériel un brin trop zélé.

La décision a été prise il y a quelques mois. Des enseignants ont protesté, en vain, contre cette grossière amputation d’un programme déjà anémique. Avec raison. Car le principal problème de ce seul cours d’histoire obligatoire du cursus de sciences humaines est bien connu : il est impossible d’enseigner trois millénaires d’histoire occidentale, des Grecs anciens à l’hégémonie américaine, en 45 heures. La matière est trop riche, le temps, trop court.

Il faudrait mieux former les maîtres à l’université, doubler le temps d’enseignement, ajouter une session, diviser le contenu en deux grands blocs. Cela demanderait évidemment un patient travail de recomposition de la formation et du programme, de même que des négociations serrées avec les lobbys et autres coteries disciplinaires qui protègent férocement leurs acquis.

Les profs d’histoire ayant massivement rejeté le statu quo lors d’un vote, la formule actuelle était sérieusement compromise. Et voici donc la solution du ministère et de son comité : couper plus des deux tiers de l’ancien espace chronologique, qui était déjà réduit, en pratique, au tiers de l’enseignement effectif.

Raisonnement absurde

Derrière la petite politique scolaire se cachent deux autres éléments-clés. Le premier est bassement pragmatique et répond à la logique de l’intérêt de l’étudiant (comprendre : du client) : comme celui-ci ne s’intéresse pas au passé lointain, donnons-lui ce qu’il veut. C’est en grande partie faux, bien entendu, mais l’argument est populaire.

Le second élément est plus pernicieux : les décideurs eux-mêmes (et certains enseignants) sont convaincus que l’enseignement des périodes historiques reculées est moins profitable que celui du passé récent. En d’autres termes : l’histoire de l’Antiquité et du Moyen Âge ne serait pas nécessaire à la compréhension du présent, cette réflexion sur les enjeux contemporains devenant le seul objectif valable du cours.

Le raisonnement est absurde : l’histoire est affaire de continuité et de nombreux phénomènes contemporains trouvent leurs racines dans les civilisations anciennes ou le monde féodal, dont nous sommes les héritiers. Couper l’étudiant de ces éléments, c’est le priver des bases essentielles d’une réflexion historique et de références culturelles qui ont toujours cours. C’est penser petit : trop petit.

La volonté de rattacher l’enseignement à l’actualité est évident : on veut mettre l’élève en contact avec ce qu’il connaît et éviter à tout prix ce qu’il ne connaît pas. Or, l’histoire, paradoxalement, est aussi faite de ruptures : les mondes anciens étaient radicalement autres. Les escamoter, c’est contribuer à réduire radicalement les horizons des étudiants qui, non seulement seront privés d’une culture humaniste, mais aussi des outils qui leur auraient permis de penser le changement et la diversité historiques, de découvrir que les hommes et les femmes ont déjà vécu autrement, en d’autres temps, en d’autres lieux. Rien de plus étonnant qu’un Romain de l’Empire, rien de plus dépaysant que le féodalisme, pour peu qu’on s’y attarde.

Mesure entraînera une désaffection

Au-delà même de sa justification calamiteuse, cette nouvelle réforme entraînera aussi, selon toute vraisemblance, une désaffection encore plus vive des étudiants envers les sciences humaines, l’histoire en particulier. Mis en contact avec un univers de plus en plus réduit, et donc de moins en moins susceptible d’éveiller leur intérêt ou même de susciter leur vocation, les cégépiens obtiendront, à terme, une formation de moindre qualité.

Tel étudiant qui, allumé par trois séances sur l’histoire du Moyen Âge dans le cadre du cours Initiation à l’histoire de la civilisation occidentale, se serait inscrit la session suivante à un cours à option en histoire médiévale, ne pourra plus vivre cet éveil fondateur. Privés de cet apport, certains cours au choix, suivant une tendance déjà lourde, ne seront plus offerts, faute de participants.

Selon la même logique, les conséquences de cette décision à courte vue se feront aussi sentir à l’université, entraînant la mort lente et prévisible de programmes d’histoire et d’études anciennes et médiévales, souvent déjà exsangues. Les maîtrises et les doctorats dans ces domaines se feront plus rares. La perte d’expertise sera concrète et les prochaines générations d’enseignants seront encore moins bien outillées que celles qui, aujourd’hui, doivent renoncer ou renoncent d’elles-mêmes à transmettre et à faire comprendre un passé fascinant, mais complexe.

Ce qu’on risque d’introduire aujourd’hui, c’est un appauvrissement généralisé du savoir et de la culture historiques. Par fidélité aux idéaux humanistes, qui sont aussi ceux de notre système d’éducation, le ministre doit refuser de donner son aval à cette refonte borgne, riche de dangers.


Source: Le Devoir

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