vendredi 9 octobre 2015

Pour un retour à la multiplicité des formations d'enseignant

L’essayiste Benoît Melançon dans un entretien avec le Devoir (sur lequel nous avons au demeurant des réserves) évoque ce qui semble une solution de bon sens :
Depuis 1994, si vous voulez enseigner au secondaire — en français, histoire, chimie, maths, qu’importe… —, il n’y a qu’une filière unique : vous entrez en sciences de l’éducation, où vous faites de la pédagogie et du contenu disciplinaire. Dans une structure comme celle-là, qui dure quatre ans, le contenu disciplinaire n’est pas majoritaire. Auparavant, il existait au moins deux voies d’entrée dans la profession, soit en faisant beaucoup de pédagogie et un peu de discipline, ou vice-versa. J’aimerais bien qu’on revienne à ce modèle à filières multiples. Mes étudiants en littérature française ne peuvent pas enseigner au secondaire. Et les étudiants en sciences de l’éducation qui viennent suivre mon cours cumulent moins d’heures en littérature que ceux du bac. Un modèle plus ouvert permettrait plus de contenu disciplinaire. Ma proposition, c’est de diversifier les formations actuelles. Et ensuite, on verrait ce qui marche le mieux à l’école.
Reste à savoir qui sera « on » et s’il faut considérer « l’école » comme un monolithe et qu'un seul parcours de formation sera toujours meilleur que l'autre.

Pourquoi pas une multiplicité de parcours et laisser le choix d’embaucher et de « voir » aux directions d’école et, donc indirectement, aux parents qui choisiront ces écoles ?

jeudi 8 octobre 2015

Écoles privées – Québec annule des coupes de 11 millions $

Le gouvernement Couillard annule des compressions de 11 millions $ aux écoles privées. Ces coupes auraient pu aussi avoir des « effets collatéraux négatifs » sur le réseau public, selon lui. Le ministre de l’Éducation, François Blais, a décidé de ne pas abolir en totalité la subvention pour le transport scolaire destinée aux écoles privées. Cette subvention de 21 millions $ devait être supprimée sur une période de trois ans. En 2014-15 et cette année, elle a été réduite de 10 millions $ au total. Le reste, 11 millions $, devait être retiré l’an prochain, en 2016-17. Il ne le sera finalement pas.

Québec plaide que l’abolition complète de la subvention aux écoles privées risquait également d’avoir un impact sur le réseau public. Des établissements privés ont des ententes avec des commissions scolaires pour assurer le transport de leurs élèves. Toutes ces ententes auraient été remises en question ; certaines l’ont d’ailleurs déjà été. La facture des commissions scolaires, liées par contrat à des transporteurs, aurait pu augmenter, selon le gouvernement. La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) craignait ces impacts possibles. Elle a demandé au gouvernement que ses membres n’essuient aucune perte financière et que les écoles privées assument en totalité la facture liée à l’abolition de la subvention. Québec a finalement choisi de maintenir en partie l’aide aux écoles privées. « Si on allait plus loin [avec les coupes], on avait aussi des impacts sur les commissions scolaires, parce que le transport des élèves du privé, c’est souvent organisé avec les commissions scolaires. Pour éviter les effets collatéraux négatifs, le budget est de 11 millions $ et restera à ce niveau-là », explique Julie White, attachée de presse du ministre Blais.

La FCSQ précise que la réduction de la subvention pour le transport scolaire destinée aux écoles privées a déjà eu « un impact financier sur certaines commissions scolaires ». Pour l’instant, Québec ne prévoit pas de récupérer autrement auprès des écoles privées les 11 millions $ de coupes qui viennent d’être annulées. Il fait valoir que les compressions imposées au privé sont équivalentes à celles imposées au public.



Source : La Presse

Le Japon souhaite un taux de fécondité de 1,8

Comme le cabinet du premier ministre l’avait annoncé la semaine dernière, Shinzo Abe a remanié son gouvernement ce mercredi. Si la moitié des 18 postes ministériels ne change pas de titulaire, notamment les Finances, l’Économie et les Affaires étrangères, la principale innovation consiste en la création d’un ministère chargé de « construire une société dans laquelle 100 millions de gens peuvent être actifs ». Cette mission est confiée à Katsunobu Kato, ex-sous-directeur du cabinet du Premier ministre. Il aura pour tâche de coordonner les mesures susceptibles de favoriser la natalité, tout en accroissant la participation des femmes au marché du travail, et de faciliter le travail des seniors, au-delà même de 65 ans.
 
Lors d’une conférence télévisée le 25 septembre dernier, Shinzo Abe avait indiqué qu’il voulait enrayer la chute de la population, actuellement de 126 millions, après avoir atteint un maximum historique de 128 millions en 2010.

Son objectif est que « dans les cinquante prochaines années » la population se stabilise à 100 millions. Or c’est loin d’être gagné : selon des projections faites par le ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être, la population nipponne s’établirait entre 80 et 95 millions en 2060 si rien n’est fait. L’objectif affiché, devenu véritable priorité nationale, consiste d’abord à faire remonter le taux de fécondité des Japonaises, actuellement de 1,4 enfant par femme, à 1,8 [c'est plus que le Québec], sans qu’un calendrier ne soit précisé.

Alors que les Abenomics, la nouvelle stratégie du Premier ministre arrivé au pouvoir fin 2012, comportent trois flèches — politique monétaire accommodante de façon à faire remonter l’inflation à 2 %, relance et assainissement budgétaire simultanés, réformes structurelles —, la démographie est désormais revendiquée comme une quatrième flèche.
Politique familiale très discrète jusqu’ici
Pour le moment, le gouvernement n’a pas défini les mesures concrètes qui pourraient redresser la courbe des naissances. Seule certitude, il va falloir redorer les comptes publics consacrés à la famille.

« Le Japon consacre 1,1 % de son PIB à la politique familiale, trois fois moins que la France. Si l’on veut atteindre un taux de fécondité de 1,8, il faudra dépenser 8000 milliards de yens par an (59 milliards d’euros) et 13 000 milliards de yens (96 milliards d’euros) pour retrouver un taux de 2 assurant l’équilibre démographique » , nous explique à Tokyo Kazumasa Iwata, président du Japan Center for Economic Research.

D’ores et déjà, la sous-natalité pèse doublement pour réduire la croissance économique. « À la fois sur la demande et plus encore sur l’offre. La population active diminue de 0,3 % par an, le chômage est à son plus bas niveau depuis 18 ans (3,3 %) et il y a plus d’offres d’emplois que de demandeurs » , souligne Susumu Takahashi, président du Japan Research Institute.

Mais hormis des quotas ciblés, principalement sur les aides-soignantes pour personnes âgées venues du Vietnam, d’Indonésie ou des Philippines, la question de l’immigration reste taboue au Japon.

Le Petit Chaperon rouge serait trop sexiste

La ministre de l’Éducation nationale française s’appuie sur une étude du centre Hubertine Auclert pour traquer les stéréotypes de genre dans les manuels scolaires. Les contes traditionnels, notamment, y sont fustigés.

Rappelons qu’au Québec, tous les manuels scolaires (mais pas les cahiers d’exercices ou d’activités) sont scrutés par le Bureau d’approbation du matériel didactique (le BAMD) pour y traquer les « stéréotypes » que la bien-pensance progressiste désapprouve (voir ici, ici, ici et ). Le BAMD refuse de divulguer les recommandations socioculturelles, religieuses ou autres qu’il a fait aux éditeurs des manuels approuvés, notamment d’ECR. Selon Christian Rioux du Devoir, les éditeurs québécois appelleraient le BAMD, le « politburo » du MELS.

Mais revenons en France où les choses transparaissent plus facilement dans la presse. Depuis les « ABCD de l’égalité » chers aux ministres socialistes de l’Éducation, on croyait les concepts liés à la théorie du genre remisés aux oubliettes... ou tout au moins abordés avec une prudence de Sioux par le gouvernement. Que nenni !

Horreur sexiste. Il faut que l’État bannisse cette représentation stéréotypée des livres !


Najat Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale, s’est fendue d’un communiqué mercredi pour indiquer qu’elle entendait traquer les stéréotypes de genre jusque dans les manuels scolaires. Les nouveaux programmes du CP à la 3e « sont une occasion importante pour améliorer les manuels et ainsi prévenir les discriminations et stéréotypes qui alimentent les inégalités entre les élèves », écrit-elle. La ministre s’appuie sur une étude du centre Hubertine Auclert, publiée cette semaine. Après avoir examiné 22 manuels de lecture utilisés en CP, cette dernière fustige le fait qu’on ne trouve que 39 % de femmes dans ces manuels, que les petites filles jouent surtout à l’intérieur, que les femmes sont cantonnées à leur rôle de mère et à la cuisine. Elle dénonce aussi, à raison, le fait que les métiers scientifiques sont presque exclusivement représentés (à 97 %) par des hommes. [Le BAMD québécois traque aussi ces intolérables représentations et désapprouve les manuels qui ne se plient pas à vision. Note du BAMD, par exemple, au sujet d’un manuel de mathématiques québécois : « Les textes succincts et les consignes aux élèves ne correspondent pas à une représentation juste des hommes et des femmes. »]

Pour autant, à force de chercher la petite bête, l’étude paraît souvent outrancièrement féministe. Elle dénonce ainsi « de nombreux contes issus de la culture populaire », tels Le Petit Chaperon rouge, Cendrillon ou Hansel et Gretel, car « souvent truffés de représentations sexistes, ils ont valeur d’autorité littéraire et cantonnent le plus souvent les personnages féminins à des rôles stéréotypés. » Faut-il bannir des pans entiers de notre patrimoine littéraire au seul prétexte d’améliorer l’égalité sexuée ?

La prédominance du genre masculin



De même, l’égalité se joue-t-elle réellement dans les règles d’accord de l’adjectif et la féminisation des noms de métiers ? L’étude pointe ainsi le fait que, dans les manuels, certains noms de métiers comme « artisan », « professeur » ou « auteur » résistent à la féminisation... Et déplore « l’invisibilisation des personnages féminins » qui passe par l’utilisation du genre masculin comme catégorie universelle. De nombreux manuels utilisent le terme « l’Homme » ou « les Hommes » pour parler des êtres humains, s’alarme encore l’étude. L’adjectif, qui qualifie plusieurs noms de genres différents, s’accorde automatiquement au masculin, regrette-t-elle.

Dans la sphère domestique, « le modèle dominant voire unique est celui d’une famille composée de deux parents et d’un ou plusieurs enfants. » Plus précisément, il s’agit de couples hétérosexuels avec deux enfants de sexes différents, dénonce l’étude qui recommande dans ses conclusions de proposer des « modèles familiaux diversifiés » : familles monoparentales et homoparentales, notamment. Heureusement, parmi les manuels étudiés, certaines femmes sont des héroïnes fortes et indépendantes « qui mènent l’action sans dépendre des personnages masculins ».


Voir également

Le ministère n’approuve pas les manuels. « Seul le régime de Vichy s’est permis cela. »

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Conférence du « politburo » du Monopole de l’Éducation du Québec

mercredi 7 octobre 2015

Les déshérités ou l'urgence de transmettre et l'égalité homme-femme

Selon lui, l’éducation nationale ne remplit plus son rôle et cela pour une seule raison : plus personne ne veut transmettre la culture. Dans son livre « Les déshérités ou l’urgence de transmettre », François-Xavier Bellamy identifie les causes et imagine les solutions. M. Bellamy répond également à une question sur l’égalité homme-femme d’une journaliste qui n’a pas entendu parler du paradoxe de la liberté de choix de carrière (plus un pays est riche et progressiste, plus les filles semblent vouloir choisir des carrières stéréotypées).



mardi 6 octobre 2015

France — Réforme des collèges : un « formatage idéologique » et fichage selon syndicats

La controversée ministre de l’Éducation en France, Najat Belkacem, a décidé de recourir à des professeurs chargés de former leur collègue à sa contestée réforme. Les volontaires sont rares et les syndicats dénoncent une volonté de « formatage idéologique ».

Société de la surveillance et de la délation ? Le syndicat d’enseignant SNALC avait dénoncé le « flicage des opposants à la réforme du collège » et des « dérives autoritaires ».

Fichage des enseignants selon leur attitude vis-à-vis de la réforme du collège

Le Figaro révèle alors que l’académie [très grosse commission scolaire] de Toulouse a mis en place un dispositif pour repérer les établissements dans lequel l’application de la réforme va être « complexe ». Lors d’une réunion des cadres de l’académie, un inspecteur a indiqué que les enseignants seraient classés en trois groupes : les « progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais » de la réforme, les « attentistes, passifs indifférents, indécis » et, enfin, les « opposants, rebelles, hostiles, irréductibles ». Là où l’application de la réforme s’avère compliquée, des « protocoles de formation » des enseignants vont être mis en place et « ajustés ». Des propos qui révèlent des « méthodes courantes » pour le SNES, principal syndicat du second degré [école secondaire + cégep], qui trouve cependant que « Ce qui est nouveau et inquiétant, c’est de le dire sans fard, en toute transparence ».

La ministre Najat Belkacem

Des professeurs chargés de « former » les autres enseignants

Face à la fronde persistante envers sa réforme du collège, Najat Belkacem avait, en effet, annoncé au début du mois de septembre qu’elle allait faire appel à des professeurs volontaires chargés de former les autres enseignants à cette réforme contestée et répandre la bonne parole socialiste aux équipes enseignantes et de direction. Une méthode décriée par les syndicats d’enseignants : le SNALC dénonce des « séances de formatage idéologique à la réforme » tandis que le SNES encourage les professeurs à exposer leur vision personnelle de la réforme lors des formations imposées.

Ces postes de formateur ne suscitent cependant pas beaucoup de vocations : l’académie d’Aix-Marseille a ainsi indiqué à la mi-septembre qu’« aucun enseignant n’accepte d’être “formateur” auprès de ses collègues » relatent le Figaro. Formation qui se déroule en partie pendant les vacances de la Toussaint, faible rémunération, refus de soutenir une réforme décriée par leur profession sont les principaux motifs de ce très faible volontariat des professeurs.

De nombreuses académies n’ont alors pas de calendrier arrêté et dates fixées pour ces formations, ce qui va retarder l’application de la réforme. Sa mise en place dès septembre 2016 aussi bien en 6e  [12-13 ans] qu’en 3e [15-16 ans] s’avère déjà donc compliquée, n’en déplaise aux préoccupations politiques de la ministre de l’Éducation nationale. De quoi donner du grain à moudre aux nombreux opposants à la réforme qui exprimeront leur opposition lors de la manifestation nationale du 10 octobre prochain à Paris.

Voir aussi

L’école et ses Khmers rouges

Jean-Paul Brighelli: « La fabrique des crétins fonctionne à plein régime »

Finkielkraut : « L’école des savoirs cède la place à l’école de la thérapie par le mensonge »

France — « Au nom de la lutte antiterroriste», Najat Belkacem veut surveiller davantage les écoles libres (catholiques)

Théorie du genre — les socialistes français étaient nettement plus francs en 2011


De plus en plus de Canadiens choisissent les écoles privées

Les Canadiens optent de plus en plus pour envoyer leurs enfants dans des écoles primaires et secondaires privées, démontre une étude publiée mardi par l’Institut Fraser.

Selon des données fournies par les différents ministères provinciaux de l’Éducation, les inscriptions dans les écoles privées ont augmenté de 17 % entre 2000-2001 et 2012-2013.

Cela se répercute par un déclin de 8 % de la fréquentation des écoles publiques.

C’est au Québec que les parents optent le plus pour les écoles privées ; en 2012-2013, dernière année pour laquelle les données étaient disponibles, 12,6 % des enfants les fréquentaient.

Seule la Colombie-Britannique présente des chiffres similaires, avec 11,6 % d’écoliers dans les institutions privées. Suivent le Manitoba (7,6 %) et l’Ontario (5,6 %). En Ontario, les écoles privées (appelées indépendantes) ne reçoivent aucune aide financière du gouvernement provincial, elles complémentent l’offre publique formée des écoles anglophones et francophones laïques et des écoles anglophones et francophones religieuses.

Le choix scolaire offert aux parents et la concurrence scolaire locale varient d’une province à l’autre, d’une ville à l’autre. D’une manière générale, l’Alberta offre le plus grand degré de choix scolaire au Canada. Outre les cinq réseaux publics entièrement financés par la province (pas toujours disponibles dans toutes les localités), l’Alberta fournit également un financement substantiel pour les étudiants souhaitant fréquenter des écoles indépendantes et pour les parents qui souhaitent instruire leurs enfants à la maison. La présence d’écoles à charte donne aux parents des options supplémentaires en dehors des choix linguistiques et religieux traditionnels offerts par les commissions scolaires publiques.

À l’autre extrémité du spectre, les provinces de l’Atlantique ont tendance à offrir le moins de choix et de concurrence scolaires. Aucune des provinces de l’Atlantique ne finance de réseau d’écoles religieuses publiques. Elles n’offrent pas davantage d’aide financière aux parents qui choisissent les écoles indépendantes

Au total, 124 281 écoliers québécois fréquentaient alors une école privée en 2012-2013, une hausse de 18,1 % en douze ans.

C’est toutefois dans l’ouest du pays que l’attrait du privé a connu la plus forte progression au cours des dernières années.

Les inscriptions dans les établissements privés ont ainsi augmenté de 34,2 % en Saskatchewan, 30,6 % en Alberta et 24,4 % en Colombie-Britannique.

Sans surprise, les provinces qui financent le plus les écoles privées sont celles où leur fréquentation est la plus populaire.

À l’heure actuelle, seules cinq provinces financent les écoles privées selon des proportions variables :

35 % à 50 % en Colombie-Britannique ;
50 % au Manitoba ;
50 % à 80 % en Saskatchewan ;
60 % à 70 % en Alberta ;
60 % au Québec.

Le taux de financement des écoles privées du Québec est cependant contesté. Selon le rapport Champoux-Lesage, remis au gouvernement en 2014, il serait plutôt de 75 %. La Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) l’évalue plutôt à 42 %.

lundi 5 octobre 2015

UQAM — Conséquence du boycott étudiant et de l'appui de profs ? Nouvelles inscriptions en forte baisse

« L'UQAM s'est bâtie sur des grèves »
Selon Le Devoir, le scénario catastrophe redouté par le recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Robert Proulx se concrétise : le nombre d’entrants a chuté de 11 % cette année au niveau du baccalauréat, une situation qui plonge l’établissement du Quartier latin dans une situation financière plus précaire qu’escomptée.

Résultat possible des manifestations du printemps 2015, l’UQAM enregistre cet automne une diminution d’au moins 2,8 % des inscriptions au premier cycle. La baisse est nettement plus marquée chez les nouveaux inscrits, en particulier dans les programmes de baccalauréat, où elle atteint 10,9 %, et de certificat, où elle s’élève à 6 %.

« Toutes les facultés sont touchées par ce phénomène », a révélé le recteur, dans un courriel acheminé à la communauté universitaire.

Au deuxième cycle, les inscriptions sont relativement stables tandis qu’au troisième cycle, l’UQAM enregistre une hausse (+11,8 %). Malgré tout, la diminution du nombre des inscriptions est de 2,2 %, tous cycles confondus.

Saccage à l'UQAM lors du dernier boycott
de certains étudiants
Déjà, à la rentrée, M. Proulx avait noté une baisse de 5 % des demandes d’admission. Il évoquait alors comme explication potentielle le mouvement de grève étudiante du printemps précédent. Quoi qu’il en soit, cette réduction du nombre d’inscrits a des conséquences importantes pour l’établissement. « Cette diminution entraîne inévitablement une perte financière, évaluée à 3,1 millions pour les sessions d’automne et d’hiver, qui, ajoutée au 1,9 million pour la session d’été, totalise 5 millions. Indubitablement, ce manque à gagner vient alourdir une situation financière déjà très difficile pour l’UQAM », dit-il.

Seule à pâtir

La nouvelle a de quoi inquiéter Robert Proulx puisque son établissement est le seul, dans tout le réseau de l’Université du Québec, à faire face à une telle baisse dans les inscriptions. Les autres universités de la métropole enregistrent elles aussi une croissance.

Robert Proulx se défend d’être alarmiste. Reste que ces 5 millions en moins forment un trou béant dans le budget de l’université, forcée, depuis un certain nombre d’années déjà, de se serrer la ceinture.

Le manque à gagner pour l’année en cours atteint aujourd’hui plus de 20 millions dans le budget 2015-2016, une somme à laquelle s’ajoutera une compression additionnelle exigée par Québec aux universités. À l’échelle du réseau universitaire, ce sont des compressions de 72 millions que prévoyait le dernier budget provincial. Celle-ci s’élèverait à 7,2 millions pour l’UQAM.


Québec — Le français des étudiants en perdition ?

Le piètre français des étudiants préoccupe les enseignants du cégep, qui affirment qu’il s’agit du principal problème auquel ils sont confrontés en classe.

C’est du moins l’une des conclusions d’une étude menée par Thierry Karsenti, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante. L’enquête a été réalisée ce printemps auprès de 166 enseignants de la formation générale répartis dans 17 cégeps à travers la province.

La quasi-totalité des enseignants interrogés (91 %) considère que la maîtrise du français est le premier défi qu’ils rencontrent en classe. La motivation des étudiants arrive au deuxième rang (89 %), suivie par leur faible habileté et leur faible intérêt pour la lecture (68 %).

Par ailleurs, les difficultés en français sont loin d’être réservées aux étudiants allophones. Des enseignants ont même affirmé que le problème est parfois encore plus présent chez les élèves francophones, souligne Thierry Karsenti, qui rappelle que les difficultés en français et en lecture ont aussi un impact important sur toutes les autres matières.

Manque de motivation

Le manque de motivation fait aussi partie de l’équation, ajoute le chercheur. « Il y a énormément de ressources d’aide qui sont mises à la disposition des étudiants qui éprouvent des difficultés, mais ils ne les utilisent pas », dit-il.

Ce n’est pas la première fois que les difficultés en français des cégépiens font les manchettes. Le Journal rapportait récemment que le nombre d’étudiants qui ont dû s’inscrire à un cours de mise à niveau en français au cégep a grimpé de 50 %, au cours des 10 dernières années.

Formation générale obligatoire

La formation générale au niveau du cégep (fin du secondaire en Europe) est très pertinente, selon un rapport publié lundi par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.

Dans le cadre de l’étude, 45 avantages de la formation générale, incluant notamment les cours de français et de philosophie, ont été répertoriés par 166 professeurs de formation générale au cégep. Le développement intellectuel des étudiants, le développement des compétences en lecture et en écriture et le développement de l’autonomie arrivent en tête de cette liste.

Par ailleurs, 91 % de ces professeurs interrogés ont indiqué qu’il faudrait valoriser la formation générale pour contrer l’attitude négative des étudiants face à ces cours.

Dans un deuxième temps, l’étude des recherches publiées dans le domaine effectuée par le chercheur de l’Université de Montréal Thierry Karsenti fait état d’un certain nombre d’études et d’analyses qui concluent à l’utilité de la formation générale dans le développement global des étudiants et le maintien d’un fond culturel commun. Il souligné également que le taux d’échec n’est pas seulement imputable à la formation générale et que les employeurs sont généralement satisfaits des diplômés du cégep.

Au cours de la dernière année, des voix se sont élevées pour réclamer plus de souplesse dans la formation générale offerte au cégep, où davantage de cours optionnels pourraient être offerts aux étudiants.

M. Karsenti considère toutefois qu’il y aurait un « risque énorme » à rendre les cours de français optionnels puisque les étudiants qui éprouvent des difficultés avec la langue de Molière éviteraient de s’y inscrire, par peur d’échouer.

« Donner plus de choix, ça voudrait dire permettre à des étudiants de ne pas avoir certaines compétences de base. C’est un risque important », affirme-t-il.

Être plus exigeant, plus tôt

Note du carnet : Nous pensons que cette formation générale exigeante devrait se faire nettement plus tôt dans le cursus scolaire. Le français et la culture générale (scientifique et humaniste) devraient être les priorités d’une école primaire et secondaire digne de ce nom. L’école québécoise est bien trop souvent trop peu exigeante et quand elle devient plus exigeante c’est pour imposer plus d’anglais au détriment du français.

Voir aussi

Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

De plus en plus de bilingues au Québec, de moins en moins au Canada

Épreuve de français écrit: l'école privée supplante l'école publique

Les étudiants seraient moins bons en orthographe que leurs aînés

Un examen difficile ? Il suffit de l'abolir !

Épreuve uniforme de français : des résultats à la baisse

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »