vendredi 14 septembre 2007

Mais enfin, l'école c'est pas pour apprendre des mythes !

Le présentateur Richard Martineau soumettait à la question Mme Morse-Chevrier au sujet de son opposition au nouveau programme obligatoire d'éthique et de culture religieuse que le Ministère de l'Éducation du Québec veut imposer à tous les élèves du Québec, des écoles publiques et des écoles dites « privées », du primaire au secondaire.

Pour terminer son entretien, M. Martineau s'exclame :

— Mais enfin, l'école n'est pas là pour des mythes, des légendes, des croyances !

Imperturbable, Mme Morse-Chevrier de répondre :

— Mais si c'est cela que vous croyez, M. Martineau, vous devriez être contre le nouveau cours, car le nouveau programme enseigne des croyances et des mythes. Et beaucoup de parents ne veulent pas que cela soit enseigné à leurs enfants de cette façon-là.


La CLÉ organise une grande marche, le samedi 20 octobre 2007 à Québec

La Coalition pour la liberté en éducation organise une grande marche le samedi 20 octobre 2007 à Québec.

Horaire prévu

11 h 30 — Rassemblement : Parc de l'Amérique française
13 h 00 — Départ de la marche : Boul. René-Lévesque
13 h 30 — Rassemblement devant l'Assemblée nationale
13 h 30 à 15 h 00 — Animation, conférenciers, pétitions, musique
15 h 15 — Marche jusqu'au Parc de l'Amérique française
16 h 00 — Départ des autobus

La CLÉ dénonce le fait que le gouvernement du Québec imposera en septembre 2008 à tous les élèves du Québec de la première année du primaire jusqu’à la fin du secondaire un cours sur l’ensemble des religions : christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, hindouisme, nouveaux mouvements religieux et même l'athéisme. Dire que toutes ces formes de religion ou de croyances sont légitimes comme l'affirme Mme Azdouz, rétribuée par le Ministère de l'Éducation et activement impliquée dans l'implantation de ces programmes obligatoires, ne peut qu'entraîner la confusion chez les élèves dont les parents tentent de transmettre une seule de ces formes religieuses.

Ce cours sera obligatoire, sans exception, dans les écoles publiques et privées, ce qui pour la CLÉ est contraire aux droits de liberté religieuse.

Cette manifestation sera organisée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) www.coalition-cle.org

Pour information au sujet du transport faites le 1-888-839-6236

Pour information au sujet du transport de Valcourt en autobus, contactez Sylvain Lamontagne au 450-532-5606.

jeudi 13 septembre 2007

Le Ministère de l’Éducation remercie le Journal de Montréal

M. Jean-Philippe Pineault, dont nous avions déjà dénoncé un article d’une rare mauvaise foi et d’une partialité insigne sur les mennonites et l'éducation en Ontario, a eu l’honnêteté de signaler cette fois-ci sa source d'inspiration en terminant son article par « Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ».

En effet, M. Pineault laisse tomber le masque du journaliste objectif dans sa description de parents qui expriment leur désapprobation face à un Ministère qui imposera sous peu à tous les enfants du Québec un programme empreint, selon eux, de relativisme moral. On a la désagréable impression que ce journaliste cherche à ridiculiser ces parents et qu'il considère que son rôle est de défendre le programme du Ministère quand il est trop sévèrement attaqué par des gens pour lesquels il n'a aucune sympathie. Citons deux exemples typiques du dernier article de M. Pineault :
« ce qui fait rager une nouvelle coalition de parents »

« Frustrés qu'on oblige leurs enfants à suivre le nouveau cours »
Voyez par vous-mêmes comme ces parents ont l'air enragés lors de cette conférence de presse...

Maintenant, il suffit de comparer ces « rager » et « frustrés » avec l’équanimité – telle que rapportée par le prisme de M. Pineault – des parents laïques qui s’opposent aussi à ce programme, mais uniquement au primaire :
« Le Mouvement laïc du Québec est en faveur de la disparition du cours de religion pour le remplacer par un cours de culture religieuse générale. « On a une réserve sur le fait de donner ce cours au primaire », affirme le président de l'organisme, Henri Laberge, qui croit qu'on aurait dû limiter le programme au secondaire. »
Aucune immixtion du journaliste dans cette relation-ci, aucun mot déplaisant de la part du reporter, là soudainement M. Pineault retrouve une plume neutre...


Évidemment, comme d’habitude, le Ministère de l’Éducation ne s’émeut pas des protestations de ces parents. En effet, quel choix ont-ils puisque le Ministère est juge, partie et monopole ?

On n’attend plus qu’un de ces communiqués où le Monopole nous dira qu’il « accompagnera » les parents de cette coalition quand il voudra dire qu’il s’affaire à les faire rentrer dans le rang, à les faire céder ou fuir comme les parents mennonites.

Ce qu'on nous concocte comme « école laïque »

Reportage de Radio Canada (ou, en cas de difficultés techniques, le même reportage mais avec publicité) sur ce qu'on nous concocte comme école laïque au Québec...

Ou comment préparer les professeurs au nouveau programme obligatoire d'éthique et culture religieuse, leur proposer des argumentaires pour répondre aux craintes des parents, les aider à limiter les demandes d'accommodements religieux. Bref, comment imposer à tous, mêmes aux parents récalcitrants, la laïcité telle que la comprend le Ministère de l'Éducation.

Soulignons les propos de Rachida Azdouz, psychologue à l'Université de Montréal, quand elle déclare (à partir de 8 minutes 17 secondes) :
« des parents arc-boutés sur leur pratique religieuse – on appréciera la neutralité laïque dans la description – ne sont pas disposés à permettre à leur enfant de mieux cohabiter avec les autres, car ils transmettent à leur enfant que leur croyance est la seule, l’unique et la meilleure. Et c’est là qu’intervient l’école et le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »
D’une part, il est faux que des parents ou des enfants qui croient vraiment en leur religion – ceux qui croient qu’elle est la meilleure et l’unique – ne peuvent cohabiter avec d’autres enfants : le respect n’implique pas que l’on pense que l’autre puisse avoir raison. C'est plus facile, mais pas obligatoire. D’autre part, quel nom donner à l’intervention de l’école préconisée par Mme Azdouz si ce n’est le relativisme moral ? Car enfin que signifie dire que toutes les autres religions ou même l’athéisme sont légitimes, si ce n’est que tout se vaut ?

Autres déclarations révélatrices : celles du théologien (!) Jacques Racine qui participe à la laïcisation des écoles. Il rappelle que pour Québec la réussite des élèves ne doit pas être que scolaire (10:55) car
« les textes ministériels les plus récents nous rappellent que c’est de la réussite éducative dont il est question, et que cette réussite éducative signifie que l’école est responsable de faire en sorte que chaque élève puisse réussir sa vie et non seulement réussir ses examens. »
Bref, il s'agit de transmettre des valeurs morales communes à tous les élèves québécois, même si cela empiète sur les prérogatives des parents dont on ne demandera d'ailleurs pas vraiment l'avis. Car le gouvernement se soucie-t-il encore de ces géniteurs un peu gênants ? Alain Touraine remarquait déjà que « [l]es parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés. »

Ces déclarations rejoignent celles de l’ancien ministre de l'Éducation Fournier qui déclarait en novembre 2006 à l’Assemblée nationale de Québec, lors du débat sur les écoles que Québec avait déclarées illégales, que la raison pour laquelle il ne fallait « pas perdre » les enfants de ces écoles était qu’il fallait s’assurer que ces enfants partagent les valeurs de la société québécoise : « il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » Pardon ? De partager les valeurs québécoises qu'ils ne connaîtraient pas sans l'étude du programme officiel ? Mais cela implique donc bien la substitution de valeurs culturelles et morales par l'État ! Comme si les valeurs actuelles de ces enfants et de leurs parents posaient un problème aujourd'hui et devaient être changées...

Reportage sur l'instruction en famille en France

« On estime à 30 à 40.000 le nombre d'enfants qui ne vont pas à l'école... L'instruction leur est donnée à la maison par un précepteur comme autrefois.. ou par leurs propres parents.. La loi l'autorise et l'état procède même à des contrôles réguliers... »
Reportage au 20 heures de France 2

mercredi 12 septembre 2007

La CLÉ ouvre son site

La Coalition pour la liberté en éducation a ouvert son site : http://www.coalition-cle.org.

La CLÉ milite pour que le gouvernement du Québec suspende la mise en application de la loi 95 afin d’y apporter les modifications nécessaires pour que :
  1. le cours d’éthique et de culture religieuse de l’État soit optionnel tant à l’école publique que privée ;

  2. les Églises et les différents groupes religieux reconnus par l’État puissent offrir un enseignement religieux confessionnel à l’intérieur de l’horaire et des infrastructures scolaires en ayant la liberté d’établir le contenu et de choisir les intervenants qui donneront ces enseignements.

L'école et la 1ère réunion de la commission Bouchard-Taylor selon le Soleil


Étrange article dans le Soleil
au sujet de la première réunion de la commission Bouchard-Taylor.

Voici en effet comment le journaliste Raymond Giroux résume la première journée :
« S’il y a une certaine constante dans cette deuxième journée de consultations publiques de la commission, à Gatineau, c’est le refus ferme des accommodements de type religieux, à moins qu’ils ne redonnent le droit à l’enseignement catholique dans les écoles. »
Le journaliste semble vouloir disqualifier les parents catholiques en les faisant passer pour des nostalgiques qui n'admettraient qu'une religion dans les écoles publiques et privées du Québec, la catholique.

Il me semble que le journaliste a mal compris les parents catholiques qui avaient déjà fait connaître leur position par écrit sur la question :
« Une accommodation qui respecterait la liberté de religion reconnue par les chartes permettrait des options d’enseignement religieux pour toute confessionnalité où le nombre le justifie, et accepterait le choix confessionnel des écoles privées. »
On voit bien qu’il n’est pas du tout question de ne garantir que « le droit à l’enseignement catholique dans les écoles », mais bien de garantir le droit à l’enseignement catholique parmi d'autres enseignements religieux, là où le nombre le justifie.

Le journaliste ne semble pas avoir mieux compris le reste de l’intervention de ces parents catholiques quand il prétend que
« Selon leur présidente, Mme Jean Morse-Chevrier, le nouveau cours d’introduction aux cultures religieuses introduit dans les faits l’enseignement de sept autres religions, ce à quoi son groupe s’oppose. »
Mme Morse-Chevrier ne s’oppose pas à l'enseignement des autres religions de manière séparée (voir plus haut), mais à l'amalgame de ces religions et courants philosophiques comme l'athéisme dans un seul cours imposé à tous les enfants, ce qui ne peut que créer confusion chez les jeunes enfants.

Voir à nouveau ce que la présidente de l'Association des parents catholiques du Québec avait écrit auparavant dans Le Devoir et que nous avons bien entendu confirmé lors de ses interventions dans les médias (RDI et Radio-Canada ces derniers jours) :
« Devons-nous conclure devant ce témoignage que le gouvernement tenterait de changer « nos enfants » (ceux de l'État ?), les faisant passer de chrétiens (pour la grande majorité) à pluralistes? Si c'est le cas, ses intentions vont au-delà de ce qu'il annonçait dans les orientations pour ce cours lorsqu'il a eu l'appui de l'Assemblée nationale au projet de loi 95, en juin 2005. Il viserait non seulement l'ouverture à l'autre, tel que cela a été annoncé, mais chercherait à faire assimiler par l'élève la diversité morale et religieuse au moment même de sa construction identitaire. Or comment est-il possible de construire une identité personnelle pluraliste à moins de délaisser sa propre identité confessionnelle ?

[...]

Devons-nous comprendre que notre société sera meilleure lorsque ces enfants, devenus grands, seront pluralistes plutôt que chrétiens? Si c'est la position de la ministre de l'Éducation, elle devrait être appelée à en faire la preuve, avant d'imposer des contenus multireligieux à l'ensemble des élèves et avant d'expérimenter l'identité religieuse et morale des Québécois.»
C’est donc bien le pluralisme, l’amalgame de ces différentes religions présentées en même temps comme d’égales valeurs à tous les enfants qui soulèvent des difficultés. Et, soyons clair, ceci n’incommode pas uniquement les parents catholiques, car il existe bien d’autres parents qui désirent que leurs enfants apprennent d’abord à connaître leur foi avant d’apprendre, par exemple, l’idée de la mort de Dieu, concept athée inclus dans ce programme qui sera imposé aux écoles publiques du Québec ainsi qu’à celles que l’on nomme « privées ». C’est, notamment, le cas des mennonites de Roxton Falls dont les parents d’écoliers en âge scolaire ont dû se réfugier ailleurs au Canada pour échapper aux menaces de Québec. Mais gageons que certains parents juifs ne sont pas plus contents de cet enseignement religieux relativiste obligatoire dès la prochaine rentrée.

[Notons enfin ce coup de griffe inexpliqué quand le journaliste du Soleil, sans préciser de quel problème il s'agit, lance :
« À celui qui proposait comme une des clés au problème l’octroi au parent d’un vote par enfant, — un père de cinq enfants pourrait voter six fois... — , M. Bouchard a demandé s’il partagerait son vote entre les trois partis ! »
On comprend que M. Bouchard se voulait humoristique, mais M. Bouchard ferait-il la même remarque aux gens qui votent déjà plusieurs fois (par procuration au Canada et ailleurs dans le monde) ? Le vote par procuration est-il ridicule ?

Mais on croit comprendre que cette remarque du journaliste du Soleil visait à ridiculiser ceux qui dénoncent le système politique actuel où les citoyens avec peu d'enfants ont un fort poids politique. Cette critique est cependant loin d'être ridicule, car le système actuel — qui représente de plus en plus des adultes peu féconds — adopte peu de mesures en faveur des familles qui assument le lourd fardeau de former la majorité des futurs citoyens. Devant la dénatalité logique qui s'ensuit (il est plus rentable de ne pas avoir d'enfant avec le système fiscal actuel), le système tente de résoudre les problèmes démographiques par l’immigration, solution d’apparente facilité qui crée toutefois des problèmes d'intégration même au niveau scolaire. Il rechignera, de par la composition de son électorat, à envisager des politiques natalistes ce qui ne peut que prolonger ou empirer la dénatalité. Sur le suffrage familial, voir par exemple Reconnaitre les familles comme un corps social et Les femmes et les enfants aussi. Ou le droit d’être représenté par le vote familial]

mardi 11 septembre 2007

France – subordination de l’enseignement « libre »

Sur 11 200 suppressions de postes prévues pour 2008 dans l’Éducation nationale française, 1 400 concernent l’enseignement catholique alors qu'environ 30 000 dossiers d’inscription y ont été refusés pour cette rentrée. Ceci en vertu des accords Lang-Cloupet qui répartissent les postes à 80 % pour le public et 20 % pour le privé.

Quand on demande au nouveau secrétaire général de l’enseignement catholique en France, Éric de Labarre, s’il entend remettre en cause cette règle inique qui empêche une véritable liberté de choix des parents en garantissant un public captif au Monopole de l’Éducation, celui-ci répond étrangement : « C’est un tabou, auquel je ne souhaite pas m’attaquer : je suis là pour régler les problèmes, pas pour ouvrir des fronts idéologiques. » Il vient de le répéter dans Famille chrétienne après l’avoir déjà dit dans La Croix du 29 août. Et d’ajouter par ailleurs : « Sur un plan plus personnel, si j’avais un rêve à réaliser, ce serait d’éteindre la guerre scolaire définitivement. Et pour ce faire de convaincre que le modèle contractuel inventé par la loi Debré pourrait être étendu, et pourquoi pas appliqué aux établissements publics d’enseignement. »

Affligeante servilité qui se préoccupe du bien-être de son adversaire plutôt que du réseau qu’il devrait représenter ! C’est ce que ne cesse de proclamer à sa façon Mgr Cattenoz depuis sa charte diocésaine de l’enseignement catholique l’an dernier : « Avouons-le, aujourd’hui, beaucoup d‘établissements catholiques n’ont plus de catholique que le nom [...]. Je crois que la loi Debré de 1959, qui avait pour but d’intégrer progressivement les écoles catholiques dans l’enseignement public, est arrivée à ses fins. »

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Éric de Labarre, vient de réaffirmer sa sujétion lors de cette rentrée dans Le Monde de l'éducation et dans Pèlerin, quand il affirme que les évêques font « fausse route » : l’« enseignement catholique a perdu son caractère propre. Les chefs d‘établissement [...] contrôlent de plus en plus difficilement l’embauche des professeurs. Ceux que les académies nous envoient ne sont pas toujours correctement formés aux missions d’enseignement. En outre, nombre de directeurs reconnaissent eux-mêmes n‘être pas croyants ou pratiquants. Par esprit de consensus, les projets éducatifs des établissements se limitent en général au plus petit dénominateur commun : la transmission de valeurs comme le partage ou la tolérance. »

À quoi bon un enseignement catholique à ce compte, si ce n'est que pour faire dans l’humanisme et le politiquement correct ?

Ne vaudrait-il pas mieux que l’école catholique perde de ses subsides, mais recouvre son âme, échappe aux programmes « laïques » décidés par d’autres, puisse choisir ses professeurs et puisse placer sa conception religieuse au centre de son programme et de sa vie scolaires ?

Ne vaut-il pas mieux d’abord être libre, offrir une véritable différence et ensuite lutter pour un supplément de justice : permettre l’utilisation de bons scolaires dans ces écoles vraiment libres. En effet, pourquoi les parents devraient-ils payer deux fois – par leurs impôts, puis par les frais d’inscription des écoles libres – pour avoir un véritable choix d’enseignement ?

La seule solution : privatiser l'école

Tiré d'un site français, ces paragraphes écrits par Michel de Poncins et qui pourraient s'appliquer ailleurs qu'en France :
« L'enseignement nationalisé en Fance est peut-être l'une des toutes dernières grandes administrations soviétiques du monde qui regroupe 1 350 000 fonctionnaires avec un administratif pour trois enseignants ; les « enseignés » sont 14,5 millions. Il est évident qu'un tel ensemble avec les syndicats embusqués partout et véritables maîtres du système est parfaitement ingérable ; il ne peut se bouger que par des nuées de réglementations absurdes et inopérantes au niveau du terrain. À titre d'exemple, un proviseur du lycée ne choisit ni ses enseignements, ni ses élèves ni ses professeurs, même si son autorité s'exerce au moins sur les locaux, les horaires et les femmes de ménage… .

La privatisation de quelque système que ce soit conduit à un progrès de la qualité et, dans le temps, à la réduction de moitié des coûts. La privatisation de l'enseignement en France conduirait à des dizaines de milliards d'euros d'économie avec enfin, grâce aux bienfaits de la concurrence, le retour du pays dans le peloton de tête des nations civilisées.

A quand la vraie rupture ? »

lundi 10 septembre 2007

La dyslexie : une vraie-fausse épidémie?


Colette Ouzilou est orthophoniste depuis 1973. Elle a travaillé en cabinet libéral et dans plusieurs centres médico-psychopédagogiques, notamment au centre Bourgain (Issy-les-Moulineaux), en collaboration avec des médecins psychiatres et psychanalystes, et à celui d'Athis-Mons sous la direction du Dr Tony Lainé.

Elle a consacré un ouvrage coup de poing Dyslexie : une vraie-fausse épidémie, paru aux Presses de la Renaissance, sur les dysfonctionnements de l’enseignement de la lecture.

Depuis une vingtaine d'années surtout, les orthophonistes se heurtent à des pratiques pédagogiques malencontreuses qu'ils sont amenés à redresser.

Interrogée récemment par le Nouvel Observateur elle constate qu’
« [I]l y a trente ans, les orthophonistes attendaient le client. Aujourd'hui, ils refusent du monde » « La lecture et réécriture sont des codes. Il faut les enseigner. » Dans les années 1960, la plupart de ses patients souffraient de bégaiement, d'aphasie, bref; de réels troubles du langage. À partir des années 1970, elle a vu apparaître, en même temps que les nouvelles méthodes d'enseignement de la lecture, une première vague de lecteurs défaillants. Aujourd'hui, la quasi-totalité des enfants consulte pour des problèmes d'écriture. D'après elle, sur les 10 % d'élèves qui arrivent en consultation, 1 % à peine souffrirait de réelle pathologie. Les autres ? Des élèves « dysorthographiques » auxquels il manque des bases. Bien sûr, la plupart des pédagogues français s'insurgent, rétorquant que le pourcentage de dyslexiques est le même dans la plupart des pays.

[Notons que cette affirmation est battue en brèche par des études comparatives sérieuses : le taux de dyslexie dépendrait au moins de la langue des jeunes élèves Scientists Say Severity of Dyslexia Depends on Language", The Tech News Briefs, Los Angeles Times, 17 mars 2001.]

Selon ces pédagogues français, cette « épidémie » serait due, pour l'essentiel, à la pauvreté du langage de certains enfants. « Pour les enseignants, c'est une manière de se défausser, pour les parents, de se rassurer, constate un instituteur de CP [1ère année]. Du coup, tout le monde en redemande. »
En 2001, Mme Ouzilou s’était déjà élevée contre un plan de dépistage massif de la dyslexie lancé dans les sections grande maternelle au motif que 10 % des enfants scolarisés (soit environ 600 000 élèves) seraient concernés. « C’est scandaleux ! s’insurgeait Colette Ouzilou. La dyslexie est une pathologie rare qui nécessite une rééducation souvent très longue. Le gouvernement va dépenser un fric fou pour « dépister » des enfants tout à fait normaux au lieu de consacrer le même argent à la formation d’instituteurs qui manquent cruellement de connaissances en phonétique. » S’appuyant sur ses trente années d’expérience dans des centres médico-psychopédagogiques et en cabinet privé, elle affirme n’avoir traité qu’une quinzaine d’authentiques dyslexiques ; dans le même temps défilaient des centaines d’enfants en situation d’échec scolaire à cause de la lecture et de l’orthographe. « Quand je parviens à remettre un enfant sur la bonne voie en trois mois, c’est qu’il était tout sauf dyslexique. »

Mme Ouzilou n’est pas la seule à dénoncer le mythe de la dyslexie. La chaîne britannique Channel 4 avait diffusé un reportage intitulé The Dyslexia myth (vidéo de 55 minutes ici, en anglais). Le producteur de ce documentaire répondit dans un article appelé Dyslexia an expensive myth à ses détracteurs. Les raisons du documentaire de Channel 4 ne sont pas identiques à celles de Mme Ouzilou. La chaîne britannique dénonce d'abord les mythes : la dyslexie n'est pas liée à un trouble de la vision, ni même à un problème de QI, les dyslexiques ne se distinguent pas des autres mauvais lecteurs à QI moyen. De nombreux écoliers qui présentent des troubles de lecture ne parviennent pas à distinguer les sons élémentaires de la langue. C'est pourquoi le documentaire insiste sur la présence bénéfique des parents dès le plus tendre âge, sur l'utilisation du langage enfantin des parents quand ils parlent à leurs bébés, car celui-ci souligne le rythme et les traits articulatoires de la langue maternelle. Enfin, des programmes efficaces, comme ceux que la Combrie a mis en place, semblent permettre de rattraper le retard à un coût nettement moindre et à réduire la « dyslexie » à un taux de 1 % ou 2 % des enfants qui ne semblent pas progresser même avec les meilleures méthodes pédagogiques modernes.