lundi 10 février 2020

Espagne — Vox veut permettre aux parents d'avoir leur mot à dire en éducation

En Espagne, le parti Vox (« Voix ») défend les droits des parents en éducation. Vox promeut une politique qui permet aux parents de retirer leurs enfants des « discussions, ateliers ou activités à caractère idéologique ou moral qui vont à l’encontre de leurs convictions ».

Sans surprise, cette politique de défense des droits parentaux a déclenché une tempête de la part de la gauche au pouvoir et des lobbies LGBTQ2SAI+.

Selon les partisans LGBTQ2SAI+, la tentative de Vox de défendre le droit parental de choisir le contenu sexuel auquel leurs enfants sont exposés à l’école équivaudrait à du fascisme. Huit responsables de l’éducation du Parti socialiste espagnol ont accusé Vox d’essayer d’imposer « un autoritarisme aveugle et inconditionnel ».

Le ministre espagnol de l’Éducation a affirmé que les enfants ne sont pas la propriété des parents, ce qui implique en creux que si l’État a le droit d’enseigner aux enfants ce qu’il décide, les parents ne peuvent pas le faire ou passe en second, bien après l’État. Faites des enfants, payez pour leur éducation, l’État les endoctrinera.
 
La nouvelle ministre espagnole de l’Égalité, Irene Montero, a qualifié les initiatives des parents conservateurs « de tentative de censure scolaire ». Elle dit défendre le droit des enfants de parents « machistes » à être éduqués à « la liberté, l’égalité et le féminisme ». [Pour « avoir droit » au lieu « d’imposer » dans le jargon ministériel, voir « Avoir droit » ou « être obligé » ?]

En accusant Vox d’autoritarisme et de fascisme, ces partisans LGBT2SAI+ pratiquent de la projection et une inversion accusatoire : ce n’est pas Vox qui est autoritaire, mais leurs adversaires de gauche au pouvoir qui ne tolèrent aucune contestation dans le domaine. Rappelons que l’Espagne est quasiment divisée en parts égales entre la droite et la gauche au niveau électoral et que les mesures coercitives du pouvoir de gauche ne sont donc en rien consensuelles.

Il s’agit d’un élément crucial de la discussion sur les droits des parents : lorsque l’État commence à imposer une éducation morale aux enfants qui va à l’encontre des croyances des parents, il s’engage sur la voie du totalitarisme. Le langage du débat en Espagne est révélateur — alors que Vox plaide pour que les parents aient le droit de choisir le contenu auquel leurs enfants sont exposés —, les ministres et les lobbies de gauche font pression pour empêcher ce choix. Ils accusent Vox de « haine » et » d’« homophobie » simplement parce qu’ils disent que les parents peuvent avoir des opinions diverses sur les questions de sexe et de genre. Il semble que soit cataloguée « haine » toute opinion qui ne sied pas aux progressistes les plus en pointe.

Il s’agit là d’une tendance en Occident. Les parents Québécois ont été privés d’un choix de formation morale depuis près de dix ans avec l’imposition du programme unique d’Éthique et de culture religieuse (ECR). Le parti au pouvoir dix ans plus tard, la CAQ, qui passe pour être de droite, a décidé de réformer le programme ECR pour en éliminer une bonne partie de la dimension religieuse, mais le nouveau programme risque d’être aussi idéologique et tout aussi obligatoire. Ou pour reprendre le langage du monopole de l’Éducation du Québec : « Le processus de révision en profondeur du programme d’études Éthique et culture religieuse que nous amorçons aujourd’hui s’inscrit dans la volonté gouvernementale d’offrir [d’IMPOSER] aux élèves un cours moderne d’éducation à la citoyenneté axé sur le respect de soi et des autres. Nous désirons que le nouveau cours qui émergera de cette révision aborde des contenus actuels et incontournables qui permettront aux jeunes de prendre pleinement leur place dans la société québécoise, et ce, en accord avec la mission de l’école québécoise, qui est de former les citoyennes et les citoyens de demain. »

Il ne s’agit plus de fournir un service aux parents et à leurs enfants, de les aider. Mais de former des citoyens modernes selon les critères de l’État. Et tant pis si le programme gouvernemental imposé aux enfants sape directement les enseignements catholiques et chrétiens sur le sexe et le genre. Ces programmes comprennent souvent des descriptions graphiques des actes sexuels, des photographies des symptômes des maladies sexuellement transmissibles et des plans de cours banalisant ou prônant l’attirance pour le même sexe, l’expérimentation sexuelle et le transgenre.

Rappelons que, traditionnellement, et c’est toujours l’enseignement de l’Église catholique, que les parents — et non l’État — sont responsables de l’éducation morale de leurs enfants. Comme le dit le Catéchisme de l’Église catholique :
§ 2211 La communauté politique a le devoir d’honorer la famille, de l’assister, de lui assurer notamment :
– la liberté de fonder un foyer, d’avoir des enfants et de les élever en accord avec ses propres convictions morales et religieuses ;
– la protection de la stabilité du lien conjugal et de l’institution familiale ;
– la liberté de professer sa foi, de la transmettre, d’élever ses enfants en elle, avec les moyens et les institutions nécessaires ;

La famille est la véritable unité de base de la société, et c’est au sein de la famille que les enfants commencent à apprendre la morale, la vérité et la justice.

Mais le rôle essentiel de la famille dans l’éducation morale risque d’être totalement évincé par l’intervention du gouvernement. De plus en plus d’États tendent à rendre obligatoire le contenu des programmes scolaires à tous les élèves. Pas que cela améliore les résultats aux tests internationaux ou que cela ait un impact économique positif.

L’année dernière, le Colorado, a adopté une loi exigeant que toutes les écoles publiques, y compris les écoles à charte, qui donnent un cours d’éducation sexuelle adoptent un programme commun imposé par l’État dans lequel les enseignants sont tenus d’enseigner que toute activité sexuelle est bonne tant que toutes les personnes impliquées y consentent — peu importe que le programme est enseigné dès la quatrième année, lorsque les enfants ont généralement environ neuf ou dix ans.

En août 2017, une enseignante d’une école californienne a organisé un événement pour « représenter » à ses camarades de classe un garçon de cinq ans qui disait ne pas être bien dans sa peau de garçon en tant que fille. L’événement s’est terminé par un changement de vêtements à midi pour enlever le pantalon et revêtir une robe. Le tout alors que l’enseignant lisait deux livres faisant la promotion du comportement transgenre. Les parents ne savaient pas que cela allait se produire et ont été choqués quand leurs enfants de cinq ans sont rentrés de l’école, certains étaient terrifiés à l’idée qu’ils pourraient changer spontanément de sexe s’ils ne faisaient pas attention.

Le droit théorique de retrait parental — à moins que les écoles ne communiquent nettement plus avec les parents — ne donne tout simplement pas suffisamment voix au chapitre aux parents dans l’éducation morale de leurs enfants. Et il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre que le droit de retrait pourrait être complètement éliminé. Il suffit de se tourner vers le Québec où ce droit a en pratique disparu pour le programme ECR. Le mois dernier, la Californie a rejeté un projet de loi visant à faire passer l’éducation sexuelle de l’État d’un système où les parents pouvaient retirer leurs enfants à un système où ils devaient manifester la volonté que leurs enfants y participent, ce qui aurait donné aux parents beaucoup plus de poids dans la détermination du contenu auquel leurs enfants sont exposés. À l’heure actuelle, seuls quatre États américains offrent des programmes d’éducation à la sexualité où les parents doivent donner leur accord explicite préalable avant que leurs enfants n’y participent.

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Recul des principes démocratiques devant sacralisation discutable des minorités

Dans The Age of Entitlement. America Since the Sixties (« L’Âge des droits, L’Amérique depuis les années soixante » ») paru cette année chez Simon and Schuster, 2020. L’Amérique depuis les années soixante »), l’essayiste américain décortique les révolutions culturelles qu’ont connues les États-Unis. Selon lui, les lois sur les droits civiques, dont le but initial était louable, ont cependant conduit à un recul des principes démocratiques au profit d’une sacralisation discutable des droits individuels.

LE FIGARO. – Dans votre nouveau livre, vous montrez à quel point le mouvement des droits civiques a été un tournant dans l’histoire américaine. Que lui reprochez-vous ? Christopher

CALDWELL. — Je n’ai aucune objection, et j’ai même pas mal d’admiration pour le mouvement des droits civiques qui militait en faveur de l’égalité jusqu’aux débuts des années 1960. Le problème que je pointe dans mon livre concerne la législation issue du mouvement des droits civiques et en particulier le Civil Right Act de 1964 [loi déclarant illégale une différence de traitement reposant sur l’origine ethnique, le sexe ou la nationalité]. La Constitution américaine, comme vous le savez, limite strictement la capacité du gouvernement fédéral à s’immiscer dans la vie privée de ses citoyens. Le premier amendement, en particulier, garantit la liberté des citoyens de dire ce qu’ils veulent et de s’associer avec qui ils veulent. Pour briser la ségrégation dans le Sud, il a fallu restreindre ces libertés. Le Civil Right Act a donné à Washington des pouvoirs qu’il n’avait jamais eus en temps de paix. De nouveaux délits de discrimination ont été créés, tout comme de nouvelles autorités chargées de l’application des lois (la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi, des services chargés des droits civiques dans chaque administration et entité gouvernementale). Le gouvernement a été autorisé à placer sous surveillance les entreprises de plus de 15 salariés en vue d’assurer l’égalité dans l’emploi et à poursuivre en justice celles dont il désapprouvait les pratiques. D’énormes opportunités se sont présentées pour la création de fondations et d’associations caritatives qui sont devenues par essence des auxiliaires de police, un peu comme vos associations des droits de l’homme en France, avec un effet liberticide semblable. Ces nouvelles lois ont exposé chaque recoin de la vie américaine à l’examen des juges. Cela a ouvert la voie à un nouveau système de gouvernement, consistant à changer la société non plus de façon démocratique, comme c’était le cas auparavant, mais par le biais d’une réglementation bureaucratique et de décisions de justice.

– C’est ce que vous appelez « la seconde Constitution »…

– En effet, la législation sur les droits civiques a créé une seconde Constitution, en rivalité avec l’originale, qui peut désormais être utilisée pour la saper. D’autres groupes cherchant à progresser dans la société américaine — les femmes, les immigrés, les LGBT — ont eu accès à ces raccourcis. Ainsi, de plus en plus de sujets de la vie américaine ont été soustraits au contrôle démocratique des citoyens. En ce qui concerne, par exemple, l’avortement, l’éducation bilingue [en anglais et en espagnol, en particulier], le mariage des couples homosexuels ou l’immigration, les Américains ne font pas leurs lois démocratiquement — les choix sont imposés à l’opinion par le biais de réglementations et de décisions de justice.

– Vous mentionnez l’exemple de Yale, où le politiquement correct dirige le campus. Diriez-vous qu’il n’y a plus de liberté dans les universités américaines ?

– Non, ce serait une exagération considérable. Mais les universités font partie des institutions américaines où règne le plus de dogmatisme, le plus de peur et le moins de liberté de pensée, ce qui est l’inverse de leur rôle traditionnel. Cela s’explique en partie par le fait que les administrations des universités interagissent avec les puissances de l’économie de l’information et les associations politisées. Les universités sont tout naturellement devenues un bastion contre le populisme. « L’expression “suprématie blanche” connaît un boom paradoxal : moins elle existe, plus elle est invoquée », écrivez-vous. Vous diriez que ce n’est plus un privilège d’être blanc en Amérique ? « Le privilège blanc » est un slogan à la mode depuis les cinq dernières années. D’un côté, c’est un terme assez euphémisant et formaliste pour décrire quelque chose d’aussi violent et brutal que le régime esclavagiste du Sud au début du XIXe siècle. À la limite, le terme est approprié pour désigner les lois Jim Crow [ces lois, adoptées après la guerre de Sécession dans les ex-États confédérés vaincus, ont organisé la ségrégation]. Ces lois iniques étaient en vigueur uniquement dans le Sud, région à l’époque arriérée, et ont été abolies voilà plus de soixante ans. Mais utiliser cette phrase pour décrire les États-Unis de 2020, c’est à la fois insultant et bizarre. Les critiques d’un « privilège blanc » étaient une part importante du mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies des noirs comptent »), né en 2013 et qui a duré jusqu’aux élections de 2016. Ses positions étaient impopulaires et son attitude conflictuelle. Le mouvement est devenu un cauchemar pour les démocrates candidats aux primaires en vue de la présidentielle (Hillary Clinton, Bernie Sanders et le gouverneur du Maryland Martin O’Malley) qui essayèrent de réinterpréter le message en un plus fraternel « All lives matter » (« Toutes les vies comptent »). Mais les dirigeants du mouvement ont insisté sur le fait que ce n’était absolument pas ce qu’ils voulaient dire, et les trois candidats ont été forcés de s’excuser. Les électeurs l’ont sûrement remarqué.

– Les démocrates ont-ils appris de leur défaite en 2016 ou continuent-ils les mêmes erreurs, donnant une chance à Trump d’être réélu ?

– Il serait faux de dire que les démocrates font toujours des erreurs. Par la mise en accusation de Trump et de ses proches, les enquêtes législatives, et l’impeachment, ils ont mené une action d’arrière-garde habile et parfois extraordinairement réussie contre son Administration. Trump a été efficace pour ce qui concerne les nominations de juges, tant à la Cour suprême qu’au niveau inférieur. C’est aussi le cas s’agissant de la politique commerciale, en particulier pour convertir l’opinion à une vision plus méfiante envers la Chine. Et aussi en politique étrangère, au premier chef, en réaffirmant le lien étroit des États-Unis avec Israël et en revenant à une politique d’isolement de l’Iran. Cependant, dans d’autres domaines du gouvernement, c’est presque comme si Trump n’était jamais devenu président. Il n’a mené aucune réforme législative à son terme. Les démocrates l’ont refoulé. Mais l’obstruction des démocrates a eu un prix. Vous avez raison de laisser entendre qu’ils n’ont pas tiré les leçons de la dernière présidentielle. Dans des États comme la Virginie-Occidentale, où Trump a obtenu 69 % des voix, et remporté la majorité dans chaque comté, les gens ne votent pas pour lui parce qu’ils le considèrent comme un parangon de gentillesse ou s’émerveillent de ses compétences managériales. Ils votent pour lui parce qu’ils craignent l’alternative. Les démocrates sont le parti de l’élite américaine. C’est une chance dans la plupart des contextes, mais pas quand il s’agit de gagner une élection. Les démocrates représentent les gens qui contrôlent le haut du pavé de l’économie américaine (que beaucoup d’Américains considèrent comme ploutocratique) et de la culture américaine (que beaucoup d’Américains considèrent comme jdanovienne [relative à l’homme politique soviétique Jdanov, responsable des affaires culturelles sous Staline]). Les élites ne voient toujours pas cela. Le sujet de l’élection présidentielle de 2016, ce n’était pas Trump, mais bien ces élites.

dimanche 9 février 2020

« Les féministes détruisent un patriarcat blanc qui est mort »



Chronique d’Éric Zemmour dans le Figaro Magazine du 7 février 2020 sur le même sujet.

Il y aura un avant et un après Mila. Cette jeune fille [16 ans] ne mérite sans doute pas cet excès d’honneur ou d’indignité. Elle n’est qu’une adolescente de son époque. Son expression est plus près des éructations de rappeur que de la prose de Chateaubriand. Mais, pour son malheur, et pour notre éclairage, elle n’a pas, elle, insulté la France, la police ou le catholicisme, mais l’islam. On connaît la suite. À partir de là, les réactions et les camps se sont ordonnés et séparés. Ceux qui n’ont retenu que les insultes grossières de la jeune fille ont oublié qu’elles répondaient à un harcèlement grossier et insultant de jeunes Maghrébins et qu’elles avaient provoqué des menaces de mort et la fuite de la jeune Mila de son lycée. Ces propos venaient surtout de femmes de gauche et féministes, telles Nicole Belloubet ou Ségolène Royal, qui ont expliqué que la dignité des musulmans était froissée et qu’il fallait la respecter. L’ironie est qu’elles reprenaient ainsi, sans le savoir, l’argumentaire de publicistes catholiques qui, au XIXe siècle, tentèrent de restaurer l’interdiction du blasphème, abolie par la Révolution française.

Les autres, les professionnelles du féminisme médiatique, de la réaction à chaud, de la défense des femmes éternelles victimes et, surtout, de toutes les orientations LGBT (la jeune Mila affiche un lesbianisme décomplexé), toutes les Clémentine Autain et toutes les Caroline De Haas, toutes les contemptrices de la violence patriarcale ont brillé par leur silence.

À l’inverse, lors des agressions de Cologne, lors du Nouvel An 2016, d’innombrables femmes allemandes par des demandeurs d’asile, Caroline De Haas avait traité de « merde raciste » ceux qui osaient établir un lien entre le comportement de ces hommes et leur origine. La même expliquait qu’il fallait « élargir les trottoirs » dans le quartier de la Porte de la Chapelle pour protéger les femmes insultées et harcelées par les mêmes Maghrébins et Africains.

Pour nos féministes nouvelle vague, le patriarcat honni est seulement celui du mâle blanc occidental de culture chrétienne – d’autant plus une cible qu’il est déjà à terre. En revanche, elles ont la plus grande mansuétude pour le patriarcat arabomusulman, exotique et associé à des populations qui sont, aux yeux de nos nouvelles dames de charité, d’éternels prolétaires victimes. Peur ? Fascination ? Attirance ? On ne sait. Pas un jour, pas un média sans sa dénonciation de harceleurs ou violeurs dans le monde du cinéma, de la littérature ou du sport. Pas un jour, pas un média, pas un film, pas une publicité, sans l’hommage rendu aux homosexuels ou aux transsexuels. Mais les mêmes regardent leurs chaussures ou appellent au respect et à la dignité des religions quand des musulmans insultent ou menacent femmes et homosexuels.

Le féminisme contemporain poursuit de sa vindicte un patriarcat qui se cache pour mourir ; et regarde avec les yeux de Chimène un patriarcat d’une violence jamais vue dans nos contrées. Il ajoute l’incohérence intellectuelle à la lâcheté morale.



Les anciens camarades de Mila : « Elle n’aurait jamais pu revenir au lycée, elle se serait fait tuer, il y a 70% de musulmans ici, ça ne pouvait pas bien se passer »

Tout le monde s’accorde à dire, en tout cas, que Mila « est allée trop loin », que «ça ne se fait pas», d’insulter une religion comme elle l’a fait. « Je ne comprends pas, elle traînait avec des musulmans, des Noirs, des Arabes, elle n’était pas raciste », raconte une élève de seconde. « Moi, je suis neutre », avance une autre – et l’on comprend qu’être « neutre », c’est déjà beaucoup. « Elle a eu ce qu’elle a cherché, elle devait s’y attendre, lâche un petit blond en reniflant. Il y a 70 % de musulmans ici, ça ne pouvait pas bien se passer ». « Le pire, c’est que les gens qui la menacent finissent en un sens par lui donner raison », se désole une jeune fille, qui se dit elle-même musulmane. « Il y a ceux qui ont été choqués, blessés par ce qu’elle a dit. Ceux qui ont peur d’être associés à elle, et de payer les frais. Et quelques-uns qui pensent pareil mais ne l’avoueront jamais », résume un autre élève. Qui ajoute, un peu froidement : « Pour le soutien, maintenant, elle a #JeSuis Mila. Qu’elle ne compte pas sur nous.»

[…]

Le Point

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ?

En 2042, selon les projections, la population blanche non hispanique deviendra minoritaire aux États-Unis. En Europe, c’est dans la première partie du XXIIe siècle qu’une population métissée devrait surpasser les Blancs. Pour Eric Kaufmann (ci-contre), professeur à l’université londonienne Birkbeck College, ces bouleversements démographiques seront le fait majeur du XXIe siècle et ont déjà des conséquences politiques turbulentes. Dans Whiteshift (Allen Lane), il aborde frontalement ce sujet controversé. Le chercheur assure que le premier facteur de l’essor des populismes est l’immigration et non pas l’économie.

Dans nombre de grandes villes américaines, les Blancs sont désormais en minorité. Selon des projections démographiques, les Blancs seront en 2050 une « majorité minorité » aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et au Canada.

Ce professeur de politique parle froidement du sujet le plus controversé de l’heure : l’immigration. Kaufmann, né à Hong Kong, élevé à Vancouver, un quart chinois, un quart latino, avec un père de descendance juive et une mère catholique, sait donc de quoi il parle.



Immigration

Tous ceux qui expliquent la montée du populisme occidental par l’économie font fausse route à ses yeux. L’immigration est la première explication de la révolte des classes défavorisées, celles qui, justement, appuient Trump.­­­ D’ailleurs, cela éclaire la politique actuelle­­­ du président américain quant aux immigrants.

Eric Kaufmann ne traite pas de racistes tous les Blancs qui se préoc­cupent de leur identité. « L’identité blanche, déclare-t-il au Point, doit être considérée comme une identité comme les autres et non une fabrication destinée à garder le pouvoir. C’est un ensemble de mythes et de symboles auxquels les Blancs sont attachés ».­­­

La vision de Kaufmann n’a rien d’apocalyptique. Il croit même qu’à l’avenir, la population blanche va favoriser l’essor du métissage des populations. Mais il n’écarte pas les tourmentes sociales de cette transformation de nos sociétés.

Le multiculturalisme de Trudeau ne le séduit guère. L’auteur considère le Canada actuel comme un cas. Car Justin Trudeau incarne une utopie raciale où le métissage sera complet. Kaufmann affirme que le Canada est un des rares pays qui a perdu son identité avec l’effondrement de l’Empire britannique.

Le Canada postnational

Cela explique pourquoi le Canada est devenu un paradis pour les communautés ethnoculturelles et racisées. C’est la raison pour laquelle Justin Trudeau a lancé un jour, les yeux dans l’eau et le cœur battant, la nouvelle appellation du pays. Le Canada est un pays postnational­­­ où les citoyens revendiquent des droits individuels, fers de lance d’accommodements religieux, raciaux et sexuels.

Eric Kaufmann note cependant qu’au Québec, la CAQ a été le premier parti à faire campagne ouvertement pour une réduction de l’immigration. L’auteur qualifie la CAQ de parti populiste à cause de ses revendications identitaires. Mais selon sa vision, cette politique ne peut être associée à du racisme.

Ce qui est troublant, c’est que ceux qui dénoncent les Blancs en refusant d’admettre leurs inquiétudes identitaires sont ceux-là mêmes qui affirment leur identité noire ou jaune, qui se qualifient de racisés, d’autres qui proclament leur identité autochtone ou religieuse, mais en faisant toujours référence aux Blancs colonisateurs, esclavagistes, racistes, islamophobes et autres épithètes injurieuses.

La notion d’un camp des bons et des méchants, cette construction indigente et ignorante des cultures et de la nature humaine, est inadéquate pour comprendre la profonde révolution spirituelle, culturelle et politique qui s’annonce.

Kaufmann pour moins d’immigrants afin de lutter contre le populisme

Ignorer, ridiculiser ou mépriser les appréhensions et les revendications des conservateurs blancs, comme le font les élites politiques, intellectuelles et médiatiques, ne fera qu’attiser davantage les braises du populisme, prévient le politologue. Mieux vaut écouter les doléances de cette frange non négligeable de la population et proposer des compromis. Les solutions suggérées par l’auteur : réduire l’immigration et légitimer la fierté d’être blanc.

Certains pourraient être tentés de taxer Eric Kaufmann de racisme. Ce serait toutefois mal comprendre les nuances de cet auteur né à Hong Kong, qui a grandi à Vancouver et à Tokyo avant de s’installer au Royaume-Uni.

L’Actualité, périodique très progressiste québécois, l’a joint à sa maison de Londres, d’où l’auteur suit activement la politique canadienne. Il croit d’ailleurs que le Québec est sur la bonne voie pour éviter la montée de l’extrême droite. À l’inverse, il affirme que toutes les conditions sont présentes pour que le Canada bascule vers le populisme.

L’Actualité — Bon nombre expliquent le Brexit et l’élection de Trump par les inégalités économiques croissantes, particulièrement entre les grands centres urbains et les régions. Vous n’embrassez pas cette théorie des « laissés-pour-compte ». Pourquoi ?

Éric Kaufmann — L’explication économique est attirante, car elle conforte les élites politiques dans leurs positions. La gauche dit que la solution à ce problème est une meilleure redistribution de la richesse. La droite affirme qu’il faut plutôt réduire le fardeau fiscal. Même les populistes aiment cette théorie, car ils y jouent le rôle de défenseurs du « monde ordinaire ». Mais lorsqu’on analyse les données, cela ne tient pas la route. Si on compare le revenu des électeurs lors du Brexit, on constate que les pauvres étaient certes plus enclins à voter pour quitter l’Union européenne que les riches, mais que cet effet était minime. Dans le cas de l’élection de Trump, la question du revenu n’a eu à peu près aucun effet sur le vote.

samedi 8 février 2020

Le Prof. Jordan Peterson se remet d'une grave dépendance aux tranquillisants, aurait failli mourir

Le professeur Jordan Peterson (ci-contre) se remettrait d’une grave dépendance aux tranquillisants de la famille des benzodiazépines. Il aurait récemment failli mourir dans un coma induit, a déclaré sa fille Mikhaila.

Il est soigné dans une clinique en Russie après avoir été mal diagnostiqué à plusieurs reprises dans plusieurs hôpitaux en Amérique du Nord, a-t-elle déclaré.

Le psychologue de l’Université de Toronto, devenu un héros intellectuel auprès d’un public mondial en conjuguant sa théorie de s’améliorer soi-même avec une rhétorique anti-progressiste

Des médecins avaient prescrit au professeur torontois ces tranquillisants pour la première fois il y a quelques années pour traiter son anxiété apparue après l’apparition, dans les termes de sa fille Mikhaila, d’une réaction auto-immune à la nourriture. Depuis lors, Jordan Peterson avait une diète principalement carnivore. Sa dépendance physique aux benzodiazépines est devenue évidente pour sa famille en avril dernier, lorsque la femme de Peterson, Tammy, a été diagnostiquée d’un cancer.

Cette dernière année, qui l’a vu se retirer de la vie publique après être rapidement devenu l’un des auteurs les plus célèbres du monde, a été un « enfer absolu », a déclaré Mikhaila, elle-même une conférencière bien connue en matière de régime alimentaire qui préconise de ne manger que du bœuf.


Jordan Peterson sur la crise de la masculinité, l’écart salarial, l’imposition des pronoms trans, la gauche radicale

En novembre, il s’est rendu dans un centre de réadaptation à New York. Jordan Peterson a déjà décrit son long combat avec la dépression.

Jordan Peterson est chroniqueur au National Post, sa plus récente chronique remonte à novembre.

Son état s’est aggravé pendant l’hiver, a déclaré Mikhaila. Il a été conduit à des pensées suicidaires par un trouble du mouvement appelé akathisie, un effet secondaire bien connu de divers médicaments pour les maladies mentales. C’est un sentiment d’agitation et une incapacité à rester assis.

« Il est devenu évident qu’il vivait une réaction paradoxale au médicament, ce qui signifie que les benzos ont fait le contraire de ce qu’ils sont censés faire. Ces réactions sont rares, mais pas inconnues », a déclaré Mikhaila sur une vidéo.

Elle a déclaré que la famille s’était tournée vers un traitement alternatif en Russie parce qu’elle avait découvert que les hôpitaux nord-américains l’avaient mal diagnostiqué et qu’ils prescrivaient « plus de médicaments pour couvrir la réponse qu’il ressentait avec les benzodiazépines », a déclaré Mikhaila. « Il a failli mourir plusieurs fois. »

Elle et son mari l’ont emmené à Moscou le mois dernier, où une pneumonie a été diagnostiquée. Les médecins l’ont mis dans un coma induit pendant huit jours. Elle a dit que son sevrage a été « horrible », pire que tout ce dont elle avait jamais entendu parler. Elle a déclaré que les médecins russes ne sont pas influencés par les sociétés pharmaceutiques et ne se sentent pas obligés de traiter les effets secondaires d’un médicament avec plus de médicaments et qu’ils « ont le courage de désintoxiquer médicalement quelqu’un des benzodiazépines ».

Jordan Peterson vient juste de sortir d’une unité de soins intensifs, a déclaré Mikhaila. Il souffre de lésions neurologiques et qu’il a un long chemin devant lui avant de récupérer complètement. Il prend des médicaments antiépileptiques et ne peut ni taper ni marcher sans aide, mais il est « en voie de guérison » et son sens de l’humour est de retour.

« Il sourit à nouveau pour la première fois depuis des mois », a-t-elle déclaré.

Source : National Post

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Pays-Bas — 65 % des sondés pour une réduction de l'immigration

Aux Pays-Bas, une majorité de la population estime que l’immigration doit être réduite.

C’est ce qui ressort d’un sondage effectué par l’institut Kantar pour le quotidien néerlandais De Telegraaf (n=1700 de plus de 18 ans). Il s’agit du journal le plus important du pays, avec une diffusion quotidienne de près de 400 000 exemplaires.

Près des deux tiers (65 %) désirent une réduction de l’immigration. Vingt-un pour cent des personnes sondées ne se prononcent pas alors que 14 % pensent qu’il ne faudrait pas limiter l’immigration aux Pays-Bas.

Une proportion substantielle de Néerlandais d’origine non occidentale (48 %) partage ce point de vue. Pour cet aspect de l’étude, cinq cents Néerlandais d’origine non occidentale (turc, marocain, surinamais, antillais, autres) ont rempli le questionnaire.

19 millions en 2039 ?

L’étude est motivée par de nouvelles prévisions démographiques qui indiquent que les Pays-Bas pourraient compter 19 millions d’habitants en 2039. La croissance attendue est principalement due à l’immigration.

De nombreux Néerlandais craignent que la croissance démographique prévue n’entraîne de graves problèmes de soins et de logement. Une très grande proportion (91 %) pense qu’il n’y a pratiquement plus de place pour accueillir davantage d’habitants aux Pays-Bas. Les Pays-Bas ont une densité de 521 habitants par km2.

Croissance démographique en flèche

Il faut savoir que depuis trois ans, la croissance démographique aux Pays-Bas monte en flèche. Elle s’explique par l’immigration puisque les Néerlandais font très peu d’enfants : 1,66 enfant/femme, un peu plus que les Québécoises. Cette tendance se poursuit pour l’instant, selon le Bureau central des statistiques du pays.

Selon les prédictions démographiques, la population des Pays-Bas devrait atteindre 18 millions en 2024. Voire 19 millions d’ici 2039, alors que les Néerlandais ne font plus assez d’enfants pour se remplacer depuis plus de 40 ans. L’immigration est la principale cause de cet accroissement : 82 000 immigrants s’ajoutent en moyenne à la population chaque année.

L’an dernier, la croissance démographique a été d’environ 132 000 habitants. Parmi eux, 114 000 migrants, dont la moitié venaient d’Europe. Il y avait 16 000 migrants d’asile, selon le bureau de la statistique.

Les allochtones (les immigrants et leurs descendants) représentaient 19,3 % de la population des Pays-Bas en 2005, 21,6 % en 2015, mais 23,6 % en 2019.

Le pays est plein pour 91 %

Une très grande proportion des sondés (91 %) pense qu’il n’y a pratiquement plus de place pour accueillir davantage d’habitants. Une large majorité (77 %) de Néerlandais d’origine non occidentale partage également cette opinion. Seuls 6 % pensent que les Pays-Bas peuvent encore abriter plus de gens.

Fermer les frontières pour 44 %

Les frontières doivent être fermées à l’immigration de travailleurs manuels et intellectuels, même si l’économie doit en pâtir et moins croître, selon près de la moitié (44 %) de tous les Néerlandais. Ce pourcentage est plus faible parmi les « diplômés du supérieur » (33 %).

« Les moins instruits ont une attitude plus tranchée », explique Manuel Kaal, chercheur chez Kantar, qui signale une dichotomie sur la question.

Pas de réfugiés chez moi, mais bien ailleurs

Quelque 122 000 permis de séjour ont été accordés à des demandeurs d’asile entre 2014 et 2018.

Bien que 44 % des Néerlandais soient toujours pour l’admission illimitée de réfugiés. « Il s’agit d’un grand groupe », constate Bart Koenen, chercheur chez Kantar. « Mais un groupe encore plus grand dit : pas ici, mais plutôt ailleurs dans la région. Cela correspond aux tendances que l’on observe. Davantage de gens osent remettre en question l’immigration. Même le maire Halsema (GroenLinks, écolo de gauche) dit désormais que les demandeurs d’asile qui ont épuisé tous les recours légaux et qui commettent une infraction pénale, comme la dégradation d’un immeuble, doivent être détenus », explique Koenen. « C’est tout à fait remarquable pour un maire de GroenLinks. On voit les positions s’infléchir. »

Seul un petit groupe n’est pas inquiet

Seuls 10 % croient qu’il n’est pas nécessaire de restreindre l’immigration. Chez les immigrants non occidentaux, ce chiffre monte à 17 %. Près de six sur dix (59 %) considèrent que les règles relatives aux visas devraient être renforcées pour les pays non membres de l’Union européenne (UE) qui refusent de reprendre les immigrants illégaux. Une minorité (24 %) pense que le salut passe par les contrôles aux frontières nationales.

Une très grande partie des Néerlandais craint des problèmes (très) importants si la population augmente fortement. Surtout dans le domaine du logement (91 %) et les embarras de circulation (83 %). Un très grand groupe (81 %) estime que la disponibilité des soins sera également mise à rude épreuve. Mais peu placent leur espoir dans le parlement de La Haye. Seuls 12 % ont fort confiance que les politiciens pourront résoudre la situation.


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vendredi 7 février 2020

France (réforme Blanquer) — le bac hors contrat, le vrai bac

La réforme du baccalauréat par le ministre Blanquer introduit des nouveautés : moins d'épreuves finales et des épreuves de contrôle continu dès la 1re (l'avant-dernière année du lycée). Les élèves des écoles hors contrat qui ne reçoivent aucune subvention de l’État (ainsi que les autres candidats libres et donc certains élèves du CNED) devront passer davantage d'épreuves finales du bac puisqu’elles ne pourront fournir de notes de contrôles continus, contrairement aux écoles publiques et privées sous contrat de l’État. Cette charge supplémentaire pour les candidats provenant des écoles libres a inspiré cet édito à EducFrance.

Jusqu’à récemment, les forts en thème passaient, pour se distinguer, le concours général en maths ou philosophie. C’était la preuve qu’ils étaient des cracks destinés aux meilleures prépas ! D’ailleurs, l’Éducation nationale qui hait la concurrence l’avait bien compris en interdisant aux lycéens du hors contrat de se présenter au concours général. Comme cela, ils ne pouvaient pas faire la démonstration de leur excellence scolaire en latin, grec, hébreu ou philosophie ! Quant au bac (ou plutôt aux bacs), tout le monde sait bien qu’il ne sanctionne plus aucune excellence à l’heure où les meilleurs lycées frôlent ridiculement le 100 % de bacheliers avec mention bien ou très bien.

  Non, croyez-moi, aujourd’hui, il y a bien mieux pour se faire remarquer et sortir de la grisaille : c’est de passer le bac dans un lycée hors contrat. Ça, c’est du vrai sport !

C’est « différenciant en diable » à tel point que plusieurs organisations viennent de déposer un recours contentieux contre cette rupture d’égalité injustifiable.

Alors que les bacheliers du public passent en contrôle continu l’essentiel de leur bac, ceux du hors contrat n’ont droit à aucun point en contrôle continu. C’est comme s’ils n’allaient pas à l’école ! Et lorsqu’ils passent les matières en contrôle final, leurs épreuves portent sur le programme de première et de terminale dans certaines disciplines tandis que les élèves du public ne sont interrogés que sur le programme de terminale. Bref, si votre enfant est un cador, le Graal à sa mesure, c’est le bac hors contrat. Enfin de la difficulté ! Enfin de la sélection ! Merci Monsieur Blanquer :))

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Universités — « Les "race studies" sont juste là pour tout exploser »

Depuis quelques mois, dans les universités françaises, boycotts, interdictions de conférences, perturbations de débats se multiplient au nom de la lutte contre les discriminations. Pendant quatre mois, nous nous sommes mis dans la peau d'un étudiant en « cultural studies », découvrant ce nouveau champ universitaire aussi riche qu'inquiétant.



En ce jour de rentrée, les étudiants se pressent devant le portail d'accueil. Devant les grandes portes de fer, des associations féministes et des organismes de crédit étudiant distribuent des tracts. Un agent contrôle à l'entrée, un peu nonchalamment, les cartes étudiantes. L'université se divise en plusieurs bâtiments de hauteurs et d'architectures différentes, qui lui donnent une allure désordonnée, et l'impression que certains immeubles ont été construits à la hâte,...

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La CAQ veut rapatrier les avortements tardifs jusqu'à présent pratiqués aux États-Unis

La ministre de la Santé du Québec Danielle McCain (ci-contre) souhaite que plus de médecins québécois pratiquent des avortements tardifs, alors qu’un rapport commandé par le Collège des médecins évoque en ce domaine des services insuffisants et désorganisés.

Le rapport du groupe de travail en éthique clinique du Collège des médecins, dont le quotidien La Presse fait état, dresse le portrait de services peu accessibles pour les avortements durant le troisième trimestre de grossesse. On y décrit des femmes enceintes qui sont refusées par plusieurs hôpitaux et des médecins qui sont stigmatisés s’ils pratiquent de tels avortements.

Interrogée à ce sujet à l’Assemblée nationale mercredi, la ministre de la Santé et des Services sociaux s’est dite consciente du problème. « Quelques médecins le font ; on voudrait qu’il y en ait un peu plus », a-t-elle déclaré.

Elle a dit envisager « une équipe additionnelle » pour accroître le nombre d’avortements subventionnés au Québec. Il ne s’agirait pas d’une équipe volante qui se déplacerait d’un établissement à l’autre.

La ministre a rappelé qu’il s’agissait de cas exceptionnels. Elle a précisé que de 10 à 25 femmes vont aux États-Unis chaque année pour subir un avortement tardif. « On veut que le service soit donné au Québec. »

Plusieurs problèmes se posent : des gynécologues sont réticents à pratiquer un avortement aussi tardif ; ils sont donc peu nombreux à le faire. Et ceux qui le font sont parfois stigmatisés, indique-t-on dans le rapport commandé par le Collège des médecins.

Le Canada est l’un des seuls pays au monde où l’avortement n’est pas balisé ni encadré. C’est le seul pays membre de l’OCDE qui n’a aucune loi sur l’avortement.

Selon un sondage Angus Reid datant de mai 2018, une majorité de Canadiens (61 %) étaient d’accord avec la formulation suivante : « Il devrait y avoir des lois encadrant l’avortement, en particulier en ce qui a trait aux avortements tardifs ». En fait, ce sondage a révélé que les femmes étaient plus favorables que les hommes à la restriction des avortements. Près des deux tiers (64 %) des femmes étaient favorables à certaines restrictions légales à l’avortement contre 56 % des hommes.

Dans les pays européens, la loi précise que les femmes peuvent avorter jusqu’à X semaines. Ce n’est pas le cas au Canada où l’avortement peut légalement avoir lieu jusqu’à quelques instants avant la naissance. Ajoutons que le Québec considère ces avortements comme des soins de santé pleinement remboursés par le Trésor public.


Source : Presse Canadienne

mercredi 5 février 2020

Anglicisation du Québec : nouveau campus anglophone à Montréal

Le cégep [fin du lycée en France] de la Gaspésie et des Îles a pris les grands moyens pour compenser la baisse de son effectif : le collège a ouvert un campus anglophone à Montréal, qui recrute uniquement des étudiants étrangers venus surtout de l’Inde et de la Chine.

Ce cégep anglophone connaît une croissance fulgurante, au point que certains le qualifient de véritable vache à lait : depuis sa fondation en 2015, le nombre d’inscriptions a bondi de 35 étudiants à 2200 étudiants. L’établissement situé dans un bâtiment anonyme du quartier Ahuntsic, au nord de Montréal, accueille deux fois plus d’étudiants que l’ensemble des quatre autres campus du cégep, situés en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine (qui comptent au total 1010 étudiants).

Comme bien des cégeps situés en région, celui de Gaspé a perdu environ 10 % de son effectif depuis une dizaine d’années, conséquence de l’implosion démographique des Québécois de naissance (1,5 enfant/femme soit une contraction de 25 % par génération). Pour maintenir de précieux programmes d’enseignement, le cégep mise sur le recrutement d’étudiants internationaux. Mais il n’est pas facile d’attirer de jeunes étrangers à Gaspé ou aux Îles-de-la-Madeleine, explique Sylvain Vachon. C’est beaucoup plus facile à Montréal. Et il est plus simple de recruter des étudiants maîtrisant l’anglais que le français.

Anglicisation de Montréal


Le Mouvement Québec français (MQF) s’insurge contre la création, sans aucun débat public, d’un autre cégep offrant un enseignement en anglais dans l’île de Montréal. « Ce campus anglophone d’un cégep régional, qui accélère l’anglicisation de la région métropolitaine, n’a pas lieu d’être. On demande au ministre de l’Éducation de faire ses devoirs et de stopper l’hémorragie », dit Maxime Laporte, président du MQF.

Certains cégeps en région sont tellement sous-financés, à cause de la baisse de la population, qu’ils doivent se livrer à une véritable course à la « clientèle » pour survivre, déplore-t-il. Plutôt que de forcer un cégep à enseigner en anglais à des étudiants venus d’Asie, il faut investir des fonds publics pour lui permettre de remplir sa mission régionale en français, fait valoir Maxime Laporte.

« En autorisant l’ouverture de ce campus, le MEES [ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur] a abandonné toute prétention à faire du français la langue d’intégration de ces étudiants internationaux, immigrants au Canada. Le MEES saccage la dynamique linguistique à Montréal et contribue à l’anglicisation des allophones », renchérit Frédéric Lacroix, militant pour la défense du français, dans un texte paru dans le dernier numéro de L’aut’journal.

Il y a fort à craindre que ces étudiants anglophones anglicisent bien Montréal non seulement pendant leurs études, mais qu’un nombre important d’entre eux cherche également à rester au Québec tout en n’apprenant pas le français, ou si peu.

Le campus anglophone montréalais se finance sans aucuns fonds publics, car les étudiants étrangers paient la totalité de leurs frais d’inscription — 7387 $ par semestre ou 14 774 $ par année. Cette somme inclut une assurance maladie privée, car ces jeunes venus d’ailleurs n’ont pas droit à la couverture de la Régie de l’assurance maladie du Québec.

La loi 101, obligeant la scolarisation des immigrants en français, malgré des velléités de la part du PQ par le passé, ne s’applique pas au collégial. Si le Québec, comme le reste de la planète, avait un secondaire jusqu’à 18 ans ou 19 ans, cette anomalie n’existerait pas.