mercredi 11 avril 2012

France — Forte croissance des écoles juives

En soixante ans, les écoles juives ont connu en France un développement tout à fait remarquable. En 2010, le Fonds Social Juif Unifié répertoriait 102 groupes scolaires, soit 283 établissements, dont 148 en cours de contractualisation. Ces écoles accueillent aujourd’hui plus de 30 000 élèves dont 15 % dans le hors-contrat, non subventionné et moins soumis au programme d'études de l'école publique.

« Grâce et avec l’école, la communauté active s’est renouvelée, s’est développée, s’est rajeunie, est revenue à ses sources identitaires », explique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’Enseignement du Fonds Social Juif Unifié et animateur du réseau des écoles juives en France.

Source




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France — Enseignement catholique : « 30 000 à 40 000 demandes d’inscription » non satisfaites en 2011-2012

30 000 à 40 000 demandes d’inscription ne peuvent toujours pas être satisfaites. Le phénomène s’aggrave, gagnant aujourd’hui les régions à forte implantation de l’enseignement catholique (Vendée, Morbihan…)

Source : AEF




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Allemagne — Un éminent juriste veut donner une voix aux enfants qui paieront demain

Paul cimetière - les avocats de droit constitutionnel et de l'impôt et l'ancien juge fédéral, dans un entretien avec Volker Zastrow à Schliersee
Paul Kirchhof
Un éminent juriste et ancien membre du Conseil constitutionnel allemand prône un droit de vote aménagé pour les enfants afin qu'ils puissent peser « à temps » sur leur avenir dans un pays vieillissant.

Dans une tribune publiée mercredi par la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le juriste Paul Kirchhof appelle de ses voeux une réflexion sur le droit de vote en Allemagne, afin de voir « comment les enfants, qui seront les plus durablement touchés par les décisions politiques prises aujourd'hui, pourraient gagner à temps une influence sur la politique ».

Pour Kirchhof, l'avenir des systèmes sociaux ne dépend pas de la performance économique abstraite, mais surtout de la présence d'enfants. Il publie un plaidoyer contre l'économisme aveugle.

Les impôts indirects, les taxes, frappent particulièrement les familles. Les familles ont besoin de dépenser leur revenu familial et sont fortement taxées même lorsque leurs revenus sont humbles. Les couples sans enfant sont favorisés et ont nettement plus de chances d'épargner une partie de leurs revenus et de constituer un patrimoine tout en payant peu de taxes grevant la consommation de biens de première nécessité. Il faut rétablir l'équilibre et ne plus favoriser financièrement à titre individuel l'absence d'enfants.

Pour Paul Kirchhof, le système électoral favorise les options des couples sans enfants. En effet, ceux-ci ont autant de poids électoral que les couples avec enfants alors que ceux-ci exercent une fonction essentielle à la société : sa reproduction et sa pérennité. Les couples sans enfants profiteront en outre des enfants des autres à leur retraite car non seulement la retraite est payée par répartition des actifs (et donc des enfants des autres), mais ces enfants participeront en général à une demande soutenue de l'économie et des biens (y compris les investissements mobiliers par exemple des retraités). L'éminent juriste suggère donc d'attribuer un poids supérieur aux familles fécondes et que les enfants qui sont concernés par les politiques prises en leur nom exercent leur droit de vote par l'intermédiaire de leurs parents, en attendant leur majorité : « Chaque membre du couple disposerait d'une demi-voix supplémentaire par enfant mineur. Dans les familles monoparentales, le parent obtiendrait une voix en plus », explique-t-il.

Dans sa tribune, M. Kirchhof détaille toute une série de mesures destinées à favoriser les familles, l'Allemagne luttant depuis plusieurs années contre une natalité en berne. Parmi ses propositions figurent par exemple de nouveaux avantages fiscaux pour les parents.

Depuis 2003, la population de l'Allemagne diminue en raison de la faiblesse du nombre des naissances. Son taux de fécondité, parmi les plus faibles d'Europe, stagne à 1,4 enfant par femme en moyenne et l'Office fédéral des statistiques prévoit que ce pays ne comptera plus qu'entre 65 et 70 millions d'habitants en 2060, contre 81,7 millions actuellement.

Rappelons que certains observateurs pensent que le modèle social-démocrate s'écroulera sous ses propres contradictions (comme disaient les marxistes) : il encourage une faible natalité en mutualisant les pensions et les risques à la société entière, mais nécessite une forte natalité (toujours individuelle) pour maintenir ses généreux programmes sociaux. C'est ce qui fait penser à certains que le patriarcat a de beaux jours devant lui.







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Chine — La politique de l'enfant unique va continuer malgré les critiques

La Chine vise à stabiliser sa population à environ 1,39 milliard d'habitants d'ici 2015 en poursuivant son actuelle politique de planification des naissances selon un plan que le gouvernement central a publié sur son site Web, hier. Elle amenuise ainsi les espoirs des experts d'un allègement des règles strictes.

Selon les projections du gouvernement central, au cours des prochains cinq ans, la population du pays va croître plus lentement en raison de la baisse du nombre de femmes dans la vingtaine en âge de procréer. Le nombre de personnes âgées continuera d'augmenter, et la population active atteindra un pic avant de décliner lentement. La population âgée augmentera rapidement d'abord, étant donné que les personnes nées lors du premier baby-boom du pays, dans les années 1950, entament leur vieillesse.

L'année dernière, la Chine a atteint une étape importante lorsque le gouvernement a annoncé que, pour la première fois, la population urbaine avait dépassé la population rurale.

Actuellement, les couples peuvent avoir un deuxième enfant dans certaines conditions, notamment lorsque les deux conjoints sont issus de familles à enfant unique ou lorsque le premier enfant a une maladie non héréditaire. Dans certaines provinces, on permet aux couples ruraux d'avoir un deuxième enfant si le premier est une fille.

Cependant, des experts en démographie de Shanghai ont dénoncé cette politique de planification des naissances en soulignant qu'elle ne correspond plus à un besoin actuel de la Chine, particulièrement dans les grandes villes où les taux de natalité sont extrêmement bas.

Wang Guixin de l'Institut de recherche démographique de l'université Fudan, a indiqué que modifier la politique de planification des naissances stricte aiderait à résoudre certaines difficultés : « La planification des naissances est efficace quand la population augmente très rapidement et que le taux de natalité est élevé; d'ailleurs, elle a montré ses effets au cours des 30 dernières années », dit-il. Désormais « la situation a changé, car les couples, particulièrement ceux dans les grandes villes, ne veulent pas avoir d'enfants ou abandonner le droit d'avoir légitimement un deuxième enfant en raison du coût élevé d'élever un enfant et de la forte pression au travail. »




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lundi 9 avril 2012

Histoire — 1914. Une tragédie européenne

Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage « 1914 Une tragédie européenne », paru chez Ellipses en mars 2011.


En 1914, l’Europe gouverne le monde ; un habitant sur quatre est un Européen ou de souche européenne. Mais cette civilisation est la proie de tensions idéologiques, culturelles et territoriales graves, et pour remédier à ces tensions, elle ne dispose que de valeurs qu’elle croit fortes mais qui se révéleront superficielles.

Ce livre raconte le déclenchement de la Grande Guerre de 1914 comme une tragédie, au sens que lui donnaient les Grecs anciens : dès le commencement de l’histoire, toutes les conditions sont réunies pour que les événements tournent au pire. Il n’y a donc rien à faire pour l’éviter. D’autant qu’aux tensions habituelles va s’ajouter un engrenage technique imprévu qui emporte tous les acteurs vers la catastrophe.

Après une présentation générale du théâtre du drame et des puissances d’alors, aussi bien mineures que majeures, ce récit raconte les événements depuis la fin juin à Sarajevo jusqu’au milieu du mois de Novembre (quand le piège se referme tout à fait), mettant au jour des vérités ignorées, analysant les événements sans parti pris, offrant une vision panoramique jamais atteinte, et créant peu à peu un climat de suspense qui tient le lecteur en haleine. Plutôt qu’un requiem pour une Europe défunte, il est écrit dans un esprit équitable, réconciliateur, résolument européen (note de l’éditeur).


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Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris I, auteur d’une vingtaine d’ouvrages philosophiques ou littéraires, a publié chez Ellipses une monumentale Historie mondiale des idées politiques, une Pensée antique et une Pensée médiévale.





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mercredi 4 avril 2012

Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?

Noël Landry, prof à l’école secondaire de la Magdeleine 
de La Prairie devant son mur « polythéiste » ECR,
porte le rouge en guise de solidarité envers les étudiants,
ongle du pouce compris pour symboliser le carré rouge.
La traversée de la mer Rouge revisitée

Ce dimanche 8 avril, en dehors donc des heures de classe mais à l'initiative d'un de leurs professeurs, des élèves de l’école secondaire de la Magdeleine partiront de leur école à 10 h pour marcher dans les rues du Vieux-La Prairie. L’objectif ? Démontrer leur solidarité avec les étudiants du cégep et de l'université qui luttent contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement Charest.

« Le jour de Pâques est la fête de la résurrection mais il y a aussi un lien avec la Pâque juive, laquelle nous rappelle qu'il y avait des gens exploités en Égypte, qu'ils se sont sauvés pour fuir l'oppression et qu'ils ont dû traverser la mer Rouge pour échapper à leurs bourreaux », mentionne Noël Landry, enseignant en éthique et culture religieuse qui soutient les étudiants dans leurs revendications.

Les élèves ne sont pas conviés à aller à l'office de Pâques pour autant. Non. En chemin, le défilé s'arrêtera sur le perron de l'église de la Nativité afin d'inviter ceux qui sortiront de l'office religieux à se joindre à la marche qui se poursuivra sur le chemin de Saint-Jean pour se terminer par un pique-nique au Marché des jardiniers. « Nous invitons les gens à changer le Québec, car quand le gouvernement refuse de négocier avec les étudiants. Il refuse aussi de parler à tous les citoyens. Habillez-vous en rouge et joignez-vous au groupe avec vos enfants », lance M. Landry.

Noël Landry est connu pour ses sympathies envers Québec Solidaire et le mouvement du Refus global qu'il aborde dans ses classes d'ECR.

Dans une lettre ouverte du 21 mars 2012, Noël Landry répond « plusieurs d'entre vous m'ont demandé mon opinion sur ce qui se passe » sur la « grève des étudiants ». Il y offre une version très particulière de l'historique des frais d'inscriptions à l'université :
« Comme vous le savez, une des bonnes choses de la révolution tranquille a été de changer le système pour que tous puissent avoir accès à une éducation de qualité. Dans les valeurs qui ont porté le projet social de cette révolution, l'égalité a été le moteur de l'instauration de la gratuité scolaire. Ainsi, pendant plusieurs années, tous les enfants du Québec ont eu le loisir d'envisager des études supérieures. Vers la fin des années 2000, le gouvernement a augmenté les frais de scolarité qui, jusqu'alors avaient été gelés. Graduellement, le coût des études collégiales et universitaires a augmenté, pour atteindre les montants qui sont exigés aujourd'hui. »

Or, jamais l'accès aux études supérieures n'a été gratuit, les frais qui seront exigés sont en fait équivalents en dollars constants aux frais exigés à l'époque de la grande, belle et merveilleuse Révolution tranquille (violons et trémolos s.v.p.!)...

En effet, selon la FAÉCUM (association étudiante contre la hausse des frais !), en 1968 les frais de scolarité moyens étaient alors de 546,40 $ par année. En 2017, les hausses prévues porteront la facture étudiante annuelle à 3 793 $. Or, si l’on tient compte de l’inflation, la somme de 547 $ payée en 1968 est équivalente à 3 491$ en dollars de 2011...

Les statistiques indiquent que la province la moins chère pour étudier au Canada est actuellement le Québec. Si on suit la logique qui voudrait que le prix et la fréquentation universitaire et la diplomation soient directement liés, le Québec devrait aussi avoir le plus haut taux de diplômés au Canada. Or ce n’est pas le cas : le Québec arrive en dernier dans les quatre grandes provinces ! Cette non-corrélation entre frais universitaires et diplomation s’observe également entre les États américains où les États qui subventionnent le plus l’éducation universitaire font partie de ceux ayant des taux de diplomation comparativement médiocres.

Noël Landry poursuit :
« Ainsi, le mouvement de contestation évolue, des nouveaux appuis sont demandés un peu partout et il vous est apparu, à vous élèves du secondaire, qu'il fallait faire quelque chose de significatif pour indiquer votre solidarité.

Tout cela étant dit, je pense que tous ceux qui croient à l'égalité et à la justice ont le devoir de s'impliquer ou de poser un geste pour montrer à ce gouvernement qu'il ne peut impunément bafouer vos valeurs communes. »
Rappelons qu'un des buts du programme ECR est de créer une culture publique commune.

Noël Landry donne enfin ce conseil à ses élèves :
« il faut agir démocratiquement et charger votre conseil étudiant de vous réunir en assemblée générale pour donner la parole à tous afin d'examiner ensemble les moyens dont vous disposez et envisager des actions qui sont réalistes. »
Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?




Sur le plan de la culture religieuse, les notes de cours de Noël Landry font la part belle aux religions et  aux spiritualités exotiques (29 documents sur l'islam, 19 sur l'hindouisme, 10 sur le bouddhisme) et  n'hésitent pas à se montrer très circonspectes vis-à-vis du christianisme (8 documents dont 4 sur les langues de la Bible).

« L'unité » selon les notes de cours de Noël Landry
 (Quel est le plus petit symbole religieux et quel est cet œil dans ce triangle ?
Sur le thème trois religions, un Dieu, voir ici)

Voici les citations lénifiantes utilisées dans ces notes pour présenter le Coran :
« Une parole d'affection qui pardonne vaut mieux qu'une aumône qui blesse »
(Sourate II, 263)

« Celui qui sauve un seul homme, c'est comme s'il avait sauvé l'humanité tout entière »
(Sourate V, 32)

« Le Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les croyants; tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses prophètes. »
(Sourate II, 285)

Nulle trace de sourates un peu plus polémiques comme :

« Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste. »
Sourate V, 51

« Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils œuvrent. »
Sourate VIII, 39.
Évidemment, sur le djihâd, les notes reflètent le prêt-à-penser mou :
« Mais le djihâd s'arrêta bien vite et la notion devint caduque. Les soufis intérioriseront cette notion en parlant de djihâd intérieur, le djihâd mené en soi-même contre ses propres passions. C'est le djihâd al-akbar (le djihâd majeur) par opposition au djihâd al-asghar  (le djihâd mineur). Même à l'époque coloniale le calife n'appela jamais au djihâd contre l'Europe. 
Attention: "djihâd" ne signifie pas "guerre sainte", mais tout simplement "militance". »
Selon Le Dictionnaire du Coran sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi (coll. Bouquins, p. 375), un nombre de hadiths (paroles du prophète) corrobore sans ambiguïté le sens concret du djihâd. Le martyr (chahîd) est celui qui meurt en combattant pour Dieu (et non, comme dans le christianisme, l'homme supplicié pour sa foi). Par ailleurs, qualifier le combat de « djihâd mineur » ne signifie pas son élimination et l'histoire islamique a connu nombre de soufis s'adonnant au service militaire dans les ermitages-forteresses appelés ribât. Il est donc faux de dire que la notion devint vite caduque.

Entre 1300 et 1304, lors des derniers raids en Syrie effectués par les Mongols ilkhanides, Ibn Taymiyya incita par une fatwa ses compatriotes au djihâd contre les Mongols. Il les combattit par les armes, mais également dans ses écrits. Ainsi, il met en doute la conversion à l'islam de ces derniers et de leur chef Mahmoud Ghazan Khan, les accusant de maintenir leur droit coutumier, et de pactiser avec les royaumes chrétiens. Cette même fatwa servira de justification après l'assassinat des sept moines trappistes de Tibéhirine en 1996. Le XIXe siècle connut également divers djihâds comme la guerre sainte d'Ousmane dan Fodio, un émir peul (1754 - 1817) ou de la Guerre des mahdistes (1881 à 1899) contre les Britanniques, à l'époque coloniale donc. Le Libyen Omar Al-Mokhtar refuse toute paix avec les Italiens par ces mots : « Notre foi profonde nous incite au djihâd ». Toujours à l'époque coloniale. Enfin, le Calife déclara le djihad contre la Triple-Entente (la France, l'Empire russe et l'Empire britannique) le 11 novembre 1914 (voir ici, ici, ici et ) : « Il est du plus impérieux devoir religieux de participer à lutte en corps et en biens, [ et ainsi ] de pouvoir compter en tout sur l'assistance de Dieu. »

Évidemment, les ressources de Noël Landry pour son cours ECR ne prennent pas les mêmes pincettes quand il s'agit de présenter la tradition religieuse du Québec. Là on a comme ressource pédagogique le texte intégral du Refus global qui constitue une critique virulente très partiale qui permet de caricaturer l'histoire québécoise et d'entretenir une vision largement mythique du Québec de la Grande Noirceur.

Qu'en est-il de la foi et de la superstition, de la multiplicité des religions ? Les religions sont diverses à cause de l'imagination de l'homme (voir rapport Proulx page 90, conception inacceptable pour ceux qui croient en une religion révélée). Noël Landry semble aussi justifier une croyance à la carte (nous serions de toute façon tous les jouets de notre culture) dans son document Croire ou avoir la foi ?

« J’ peux bin croire aux extra-terrestres, toi tu crois bin à Dieu », me disait une de mes élèves, il y n’y a pas longtemps.

« Mais l’existence de Dieu est plus certaine que celle des extra-terrestres », ai-je répondu.

« Pas sûr de ça, genre, les extra-terrestres, y’ont foule de dossiers au FBI, pis ton Dieu si y’existe, ya sacré l’camp parc’que les églises, genre, sont pas mal vides, non? »

Là, on dirait qu’elle n’a pas tort, la jeune fille. C’est vrai qu’ils ont des dossiers sur les extra-terrestres; c’est vrai que les églises catholiques du Québec sont plus ou moins désertes. On peut bien croire à tout ce qu’on veut; pourtant, il n’y a qu’une seule vérité. Prenons comme exemple un accident. Plusieurs témoins, plusieurs versions; et un seul fait. On pourra croire le récit de l’un ou de l’autre, mais il n’y aura toujours qu’une seule vérité, immuable.

Ainsi, il y a autant de systèmes de croyances qu’il y a d’humains sur la planète car c’est la vie qui façonne la pensée. Il y a des gens qui se retrouvent et se sentent bien dans les systèmes de croyances proposés par les religions ou les sectes; d’autres préfèrent prendre ici et là ce qui leur convient. C’est comme au restaurant chinois : il y a les numéros 1 à 10 avec des variantes de riz frit et de chow-mein et il y a le menu à la carte.

Et toi? Quel système de valeurs et de croyances penses-tu avoir choisi?

mardi 3 avril 2012

Chèque-éducation, crédit d'impôts, écoles à charte : des solutions pour réformer l'école. Synthèse et documents


Arnoux par liberte-scolaire


I — DIAGNOSTIC

L’État a le devoir constitutionnel d’assurer à tous les enfants un égal accès à l’instruction. Est-ce une obligation de moyens ou une obligation de résultat ? Une chose est en tout cas certaine : l’existence de 40 % d’enfants en échec scolaire en fin de CM2 [5e année du primaire] et de plus de 200 000 « décrocheurs » par an est le signal de défaillances caractérisées de l’offre scolaire publique. En zones d’éducation dite prioritaire, dans les campagnes peu peuplées ou pour les enfants ayant des besoins éducatifs spécifiques (handicapés, précoces, « dys », primo-arrivants…), il y a une rupture avérée de l’égalité des chances, contraire àla justice. Au moins pour ces enfants, une réforme de l’offre scolaire s’impose.

II — LES EXEMPLES ÉTRANGERS

(D’après l’étude réalisée par Ch. Arnoux et L. Debroas – mars 2012, Université d’Aix–Marseille)

Depuis les années 1990, nombre de pays performants ont conduit des réformes qui sont fondées pour l’essentiel sur le renforcement de l’autonomie des établissements et le financement public du libre choix de l’école par les parents. À ce jour, les expériences les plus importantes sont menées :

- aux Pays-Bas, au Chili, en Suède, au Danemark et en Nouvelle-Zélande pour le chèque-éducation,

- dans certains États des États-Unis pour le crédit d’impôt,

- dans 41 États états-uniens, au Royaume-Uni (Angleterre) et à Bogota (Colombie) pour les écoles à charte.




III — UN SEUL PRINCIPE, TROIS MÉCANISMES INNOVANTS

1- Le chèque-éducation (appelé voucher dans les pays anglo-saxons, ou encore « ticket scolaire » ou « bon scolaire » dans les pays francophones) : les parents reçoivent un coupon qui leur permet de payer l’établissement scolaire de leur choix (en pratique, l’argent est le plus souvent envoyé directement à l’école, au prorata du nombre d’élèves). Ce système peut couvrir les seules écoles privées (cf. États-Unis) ou bien être appliqué aussi aux écoles publiques (cf. Pays-Bas). Le montant de ce chèque est fixé par rapport au coût moyen de scolarisation d’un enfant en école publique (85 % du coût au Danemark).

2- Les crédits d’impôt : les frais de scolarité, voire les dépenses éducatives annexes (cours supplémentaires, manuels scolaires…), sont déductibles des impôts ou ouvrent droit à un remboursement, si les impôts dus sont inférieurs aux dépenses scolaires consenties. Des réductions d’impôt sont prévues aussi pour les entreprises ou les particuliers qui font des dons à des organismes octroyant des bourses scolaires.

3- Les écoles à charte (également appelées « écoles publiques sous contrat » ou « écoles conventionnées »). Ce sont des écoles publiques de gestion privée, financées par l’État au prorata du nombre d’élèves, autonomes par rapport aux autorités de tutelle ordinaires, libres de leur pédagogie et de leurs valeurs. Créées par des parents, des professeurs, des fondations, des universités, elles sont souvent spécialisées (enfants en difficulté, enfants précoces, enfants à risque, minorités linguistiques…) ou cherchent à promouvoir un meilleur niveau d’études dans une zone urbaine sensible. Elles sont généralement de petite taille, autour de 200 élèves. La moitié d’entre elles se sont spécialisées dans la scolarisation des enfants de familles à faibles revenus. Elles sont libres du recrutement de leurs professeurs, gratuites et gérées par leurs concessionnaires sans pouvoir générer de bénéfices. Les élèves sont sélectionnés par tirage au sort tant la demande des familles excède l’offre de places (on compte actuellement 400 000 enfants sur liste d’attente aux États-Unis). Ces écoles sont comptables de leurs résultats et tenues de faire passer aux élèves les tests de référence. En cas de résultats insuffisants, l’État les ferme (12,5 % de fermetures annuelles aux États-Unis). Ces écoles ont été développées à partir des années 1990 aux États-Unis. Au Royaume-Uni (Angleterre), elles ont été créées à partir de 2000 pour les Académies et de 2010 pour les Écoles libres.

Ces trois mécanismes reposent sur un même principe : « Le financement suit l’enfant. » Chaque école n’est pas financée par dotation globale d’établissement mais au prorata du nombre d’enfants qui s’y sont librement inscrits.


Le texte complet de l’étude réalisée par Charles Arnoux et Liliane Debroas, Docteurs en économie, Université d’Aix-Marseille


BILAN DES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES DE FINANCEMENT PUBLIC DU LIBRE CHOIX DE L’ÉCOLE



Des propositions de réforme en France formulées par la Fondation pour l’école, 
fondation reconnue d’utilité publique




Table ronde à la suite des deux allocutions






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Les Français favorables au financement public d'écoles libres

« 49 % des Français sont favorables au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé » [par opposition aux écoles privées sous contrat avec l'État], selon un sondage IFOP de mars 2012. Ce chiffre met en évidence le décalage croissant entre une population française désormais favorable au financement public des écoles libres et une classe politique encore timorée. Ce sondage met au cœur de l’actualité la question du financement public de l’école libre. Réformer en ce sens le financement de cette école pourrait contribuer utilement à résoudre le problème de l’échec scolaire qui touche 40 % des enfants. Une étude universitaire, réalisée par Charles Arnoux et Liliane Debroas (docteurs en économie, Université d’Aix-en-Provence) sur l’application au cas français des formes de financement public du libre choix vient d’être publiée. Elles s’appuient sur le bilan des expériences étrangères en ce domaine.

Près de la moitié des Français sont favorables au financement public d’établissements privés, quelle que soit leur couleur politique

« 49 % des Français sont favorables au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé » selon le sondage IFOP pour l’association Audace 2012. Ce sondage a été réalisé entre le 28 février et le 2 mars 2012 auprès d’un échantillon de 973 personnes inscrites sur les listes électorales et représentatives de la population française. À la question « Êtes-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privé ? », les Français répondent qu’ils sont favorables à 49 %. Une telle mesure séduit à gauche comme à droite, puisque 35 % des sympathisants de gauche et 63 % des sympathisants de l’UMP y sont favorables, selon ce même sondage.

L’offre scolaire ordinaire ne résout pas le problème de l’échec scolaire

En France, 40 % des enfants sont en échec scolaire. Qu’il s’agisse d’enfants des banlieues sensibles, d’enfants précoces, d’enfants souffrant de troubles de l’apprentissage…, l’offre scolaire ordinaire est impuissante à leur apporter une réponse efficace. Il en va de même pour les enfants vivant dans des zones rurales peu peuplées et menacées de perdre leur école de proximité. L’étude des expériences étrangères montre qu’il existe des moyens de financer l’égal accès de tous, même des plus démunis, à des écoles de qualité.



Expérimenté dans plusieurs pays, le financement public de l’enseignement totalement privé pourrait être introduit en France

Pour garantir une approche aussi objective, indépendante et rigoureuse que possible, la Fondation pour l’école a fait appel à Charles Arnoux et Liliane Debroas (docteurs en économie, Université d’Aix-en-Provence) pour réaliser une étude dressant le bilan des expériences étrangères. Cette étude qui sera présentée le 3 avril établit que les solutions de financement public sont techniquement envisageables et qu’elles pourraient permettre à la France d’apporter une réponse appropriée aux enfants en échec scolaire ou dépourvus d’offre scolaire accessible.





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Intimidation à l'école : insultes sur le physique, les notes, l'origine culturelle et linguistique bien avant « l'homophobie »

Les projets de loi n° 13 et n° 14 présentés devant l'Assemblée législative ontarienne visent à lutter contre l'intimidation à l'école. Jusque-là tout le monde est d'accord, bien que — comme le révélait il y a quelques jours  le Wall Street Journal — il n'y a nullement une crise de l'intimidation en Amérique du Nord. En effet, selon le National Center for Education Statistics, entre 1995 et 2009, le pourcentage d'élèves qui ont déclaré « avoir peur d'une attaque ou de coups à l'école » est passé de 12 % à 4 %. Au cours de la même période, le taux de victimisation pour 1000 étudiants a également été divisé par cinq.

Pour Chantal Longpré proche de la CAQ et l'acteur comédien Jasmin Roy,
 il faut lutter concrètement contre le décrochage
en luttant contre l'hétérosexisme...
Si tous sont d'accord pour lutter contre le harcèlement, même s'il n'y a pas d'épidémie de ce type dans les écoles, là où il n'y a plus consensus c'est quand le gouvernement veut utiliser ce projet de loi ontarien pour lutter contre l'hétérosexisme. Rappelons que l'hétérosexisme est simplement cette opinion traditionnelle qui veut que l'hétérosexualité soit en quelque sorte plus normale que l'homosexualité. Québec a déjà un plan interministériel de lutte contre l'hétérosexisme. Une priorité aussi pour des figures proches de la CAQ qui prétendent sans rire que c'est une priorité pour lutter contre le décrochage.


Le projet de loi ontarien n° 13 dans son préambule affirme que :
 La population de l’Ontario et l’Assemblée législative :


[...]
  • croient que les élèves doivent être munis des connaissances, compétences, attitudes et valeurs nécessaires pour appréhender le monde et les autres de façon critique, ce qui signifie acquérir une conscience critique qui leur permet d’agir afin de rendre leurs écoles et leurs collectivités plus équitables et inclusives pour tous, y compris les personnes LGBTTBIQ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, transsexuelles, bispirituelles, intersexuées, queer et en questionnement);
  • reconnaissent qu’une approche globale à l’échelle de l’école est requise et que tous — le gouvernement, les éducateurs, le personnel des écoles, les parents [Note du carnet: ah, en quatrième lieu!], les élèves et la communauté en son entier [???] — ont un rôle à jouer dans l’instauration d’un climat scolaire positif et dans la prévention de comportements inappropriés tels que l’intimidation, l’agression sexuelle, la violence sexiste et les incidents fondés sur l’homophobie;
L'ennui  c'est que le gouvernement ontarien désire « munir » les élèves de « connaissances, compétences, attitudes et valeurs nécessaires en utilisant en gros l'argumentaire et des « ressources » tout droit sorties de la bibliographie des lobbies homosexuels comme Challenging Homophobia and Heterosexism (Confronter l'homophobie et l'hétérosexisme). Des parents catholiques se sont aussi élevés contre l'obligation de créer dans leurs écoles des « alliances homos - hétéros », des cercles d'écoliers qui devront lutter contre l'homophobie.

Jack Fonseca de la Campagne catholique pour la vie a accusé « le projet de loi 13 de McGuinty d'être de l'ingénierie sociale. Il s'agit d'endoctriner nos enfants afin qu'ils rejettent les croyances morales et religieuses de leurs parents sur la sexualité humaine et adoptent plutôt l'idéologie prônée par le gouvernement. » « C'est pourquoi le projet de loi contient des choses étranges comme la théorie de 7-genres [identités sexuelles] », a-t-il ajouté.

Fonseca a poursuivi : « Dalton McGuinty veut que l'Église catholique viole ses croyances religieuses.... Où se croit-il ? Dans l'ex-Union soviétique ? »

Jack Fonseca adresse la foule lors d'une manifestation la semaine passée

Le ministre ontarien de la Formation et des Collèges et Universités, le libéral Glenn Murray, un homosexuel avoué, a déclaré la semaine passée après avoir lu un passage du catéchisme qui condamne l'acte homosexuel : « J'ai ceci à dire aux évêques : "Vous ne pourrez plus dire cela." » Un ministre ontarien qui décide de la doctrine catholique ?

Quant à Kathleen Wynne, l'ex-ministre de l'Éducation qui a lancé ce mouvement de lutte contre l'hétérosexisme, elle-même une lesbienne assumée, elle a écarté du revers de la main les protestations contre l'imposition du projet de loi 13.

« Il ne faut plus cautionner les actions de ceux qui se prétendent chrétiens, car ils ne le sont pas. Voilà ce que je dirai : ils ne sont pas chrétiens. »

Pour le chroniqueur Brian Liley, nous avons ici affaire à une prise de pouvoir du gouvernement qui prend prétexte de la lutte contre l'intimidation pour intimider les parents, les écoles confessionnelles et la hiérarchie de l'église catholique. Il s'agit d'une tentative par les progressistes d'exercer un pouvoir encore accru à l'école, dans la famille et, s'il faut en croire Glenn Murray et Kathleen Wynne, même dans la vie paroissiale.

L'autre difficulté avec le volet anti-hétérosexisme de ce plan, c'est le fait que l'intimidation liée à l'orientation sexuelle des élèves (souvent simplement supposée au début du secondaire) est loin, mais très loin, d'être une des raisons principales des brimades à l'école. En effet, le premier sujet des moqueries et insultes est lié au physique des élèves. Railleries parce qu'un élève est trop gros, trop petit, lent à la course, roux, laid, trop grand, trop maigre, etc. À la fin du  secondaire, les motifs reliés au « genre » sont même parmi les moins fréquents loin derrière l'intimidation au physique, aux notes en classe, l'origine culturelle, la langue familiale, la religion et les revenus des parents !

Source: Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 »

Source du graphique



BULLYING, IT'S NOT JUST ABOUT HOMOPHOBIA



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