vendredi 27 août 2010

Libéralisation complète ou école de « la République » ?

Ces deux femmes se battent pour l’école. Armelle Nouis (auteur du Collège à bras-le-corps, éditions Des îlots de résistance, 2009) est proviseur dans un lycée professionnel public à Paris (XIIIe), Anne Coffinier est à la tête de la Fondation pour l’école, mouvement qui soutient les établissements hors contrat. Pour elles, un même constat s’impose : le système scolaire, trop uniforme, peine à intéresser les élèves, et à les faire réussir. Mais, lorsqu’il s’agit ensuite de trouver des solutions, tout les oppose.

Pour Armelle Nouis, réformer le système de l’intérieur est possible, et même indispensable, si l’on veut que l’école reste « ce dernier bastion des valeurs de vivre ensemble, de l’effort, du respect de l’autorité ». Anne Coffinier pense, au contraire, qu’il est inutile de chercher à sauver cette lourde machine. Celle qui a pourtant été formée à l’École normale supérieure et à l’Ena, estime qu’il faut « sortir du système, encourager la création de petites structures libres, et oser la diversité des projets pédagogiques ». Nous les avons réunies à la rédaction de La Vie pour un débat sans démagogie, ni langue de bois, en les invitant à répondre aux parents, nombreux à se poser cette question : entre la réussite de ses enfants et le vivre ensemble, faut-il choisir ?


Armelle Nouis et Anne Coffinier lors de leur débat dans les bureaux de La Vie / Photo: Bruno Lévy pour La Vie.


Les réformes de ces dix dernières années n’ont pas résolu les problèmes d’échec scolaire ou d’absentéisme. Est-il encore possible de redresser la barre ?

Armelle Nouis. Tout le monde connaît les solutions, encore faut-il pouvoir les mettre en place. Selon moi, tout ce qui va dans le sens d’une plus grande autonomie des établissements, et d’une prise en charge plus individualisée des élèves, est positif. C’est ce que propose la réforme du lycée...

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États-Unis — une étudiante menacée d'expulsion en raison de ses convictions chrétiennes sur la sexualité et le genre

L’organisation Public Advocate of the United States  signale le cas de cette étudiante de maîtrise en consultation psychosociale à l’Université d’État d’Augusta (UEA) en Géorgie.



Jennifer Keeton, 24 ans, n'a pas l'intention de renier ses convictions chrétiennes.

Il est reproché à Jennifer Keeton, 24 ans, de croire que le comportement homosexuel est immoral, comme le dit la Bible. La demoiselle refuse d’adhérer à la théorie du genre qui prétend que l'identité sexuelle est une construction sociale et personnelle.

Si Jennifer Keeton ne change pas ses « convictions religieuses sur la nature et les comportements humains », elle sera renvoyée de sa formation à l’UEA. Sans diplôme.

Elle a d’ailleurs reçu en mai dernier l’ordre de suivre un véritable programme de rééducation qui requiert son assistance à une « formation de sensibilisation à la diversité » et d’écrire des rapports décrivant les effets de ce programme sur ses croyances.

Toujours dans le cadre de cette rééducation, il lui sera aussi demandé de « travailler à l’augmentation de la visibilité des populations homosexuelles et de leur interaction » avec la société. Assister au défilé de la « gay pride » d’Augusta serait également requis.

Jennifer Keeton a refusé de céder. La jeune femme a obtenu l’aide de l’Alliance Defense Fund, une organisation qui défend la liberté religieuse. Cette dernière a annoncé le 22 juillet dernier qu’elle attaquait en justice l’UEA.

David French, le directeur juridique de l’Alliance Defense Fund juge qu’« il est difficile d’imaginer plus flagrante violation du droit de Jennifer Keeton à la liberté d’expression et de sa liberté de conscience ». Il prévient : « Une étudiante à l’université publique ne devrait pas être menacée d’expulsion parce qu’elle est chrétienne et qu’elle refuse de renoncer publiquement à sa foi. Or, c’est exactement ce qui se passe en l’espèce […] Renoncer à ses croyances religieuses ne doit pas être une condition requise par l’université publique pour obtenir un diplôme. Cette tolérance zéro gauchiste est en vigueur dans beaucoup trop d’universités et cela doit cesser. Le seul crime de Jennifer est d’avoir les convictions qui sont les siennes. »

« En fait, depuis que le Thought Control a été voté par le Congrès en 2009, nous avons constaté une hausse des pratiques discriminatoires à l’encontre des étudiants pro-famille ». James Dobson, le fondateur de la puissante organisation chrétienne évangélique Focus on the family ne craignait-il pas que la mal nommée Loi pour la prévention des crimes haineux (encore connue sous le nom de Loi Matthew Shepard) ne « musèle les croyants qui osent exprimer leurs préoccupations morales et bibliques sur l’homosexualité » ?

Plus tôt dans l’année, à l’Université d’État du Missouri, un professeur tentait de forcer un étudiant à écrire une lettre en faveur de l’adoption par les homosexuels à la législature du Missouri.

L’étudiant se trouvait menacé d’expulsion s’il ne se conformait pas aux vues de son professeur, l’université a reculé lorsque l’Alliance Defense Fund lui a intenté un procès.

L’UEA semble malheureusement déterminée à forcer Jennifer Keeton à se conformer, au nom sans doute de la « sensibilisation à la diversité ». Tous les mêmes au nom de la diversité !

Public Advocate a également lancé une pétition dont les signatures sont adressées au gouverneur de Géorgie, le Républicain Sonny Perdue, lui-même ancien étudiant de l’UEA.

La pétition demande au gouverneur de menacer de cesser de financer l’UEA lors du vote du prochain budget de l’Etat si elle ne permet pas à une étudiante qualifiée de continuer sa formation.

Rencontre avec Jennifer Keeton :




La plainte de Jennifer Keeton (fichier au format .pdf)







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jeudi 26 août 2010

France — François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon virés des programmes du collège

Exclus des programmes français ! François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon Bonaparte ont été déclarés persona non grata dans les livres d’histoire de la sixième (11-12 ans) à la troisième (14-15 ans). Au revoir le règne du Roi Soleil et le sacre de l’Empereur ! Par une décision remontant à juillet 2008, on leur préfère désormais « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde », l'Inde, la Chine des Ming et les empires africains Songhaï et du Monomotapa...

Scandalisés, des professeurs sont partis en croisade pour rétablir ces deux figures historique sur le trône de l’Éducation nationale. Une pétition circule actuellement sur Facebook.

La réaction d’Eric Zemmour sur RTL : « On offre un SMIC culturel à toute une génération »



L’historien Dimitri Casali était invité de la radio « périphérique » française RTL :


Intervention de Max Gallo, l'auteur de fresques historiques populaires :


Extraits de l'intervention de Max Gallo :

« La connaissance de l’histoire du lieu où l’on habite, où l’on travaille et dont on possède la nationalité, c’est à dire française, la bonne connaissance de l’histoire est une garantie, est un moyen d’accéder à la compréhension de la société dans laquelle on vit [...] on accède à une compréhension des valeurs qui structurent une société. »

« C’est comme si vous demandiez si être amnésique c’est un moyen d’être bien dans l’existence. Une société amnésique est une société qui n’a pas de valeurs. »

« Il faut accéder à l’universel à partir d’une histoire connue, d’une histoire nationale, à la condition qu’il n’y ait aucun tabou. »

Relire notre article du 16 juillet 2010 : « France — François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon virés des manuels d'histoire ».








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Une nouvelle bactérie dévorerait la marée noire du Golfe du Mexique

Voyons si cette nouvelle fera la une des journaux de Radio-Canada comme celle, la semaine passée, sur le panache de pétrole de 35 kilomètres de long qui aurait été retrouvé en profondeur.

Des scientifiques qui étudiaient la marée noire dans le golfe du Mexique ont découvert qu'une nouvelle bactérie qui se nourrit de pétrole est en pleine prolifération.

L'édition en ligne de la prestigieuse revue scientifique Science, Sciencexpress - rapporte que cette bactérie dévore le pétrole sans pour autant épuiser l'oxygène dans l'eau.

La bactérie consomme la moitié du pétrole en 1,2 à 6,1 jours, soit trois jours en moyenne. Sur le site de la marée noire de l'Exxon Valdez en Alaska la « demi-vie » moyenne était de 7 jours. Le nouveau microbe agit deux fois plus rapidement qu'escompté.

Le chercheur Terry Hazen estime que cette découverte met en lumière l'énorme potentiel des bactéries pour éliminer le pétrole qui se trouverait en eaux profondes.

La semaine dernière, des chercheurs ont annoncé la découverte d'une traînée de pétrole sous-marine d'une longueur d'une trentaine de kilomètres et composée de minuscules gouttelettes de pétrole.

Les scientifiques ont découvert cette nouvelle bactérie - qui appartient à l'ordre des Oceanospirillales - après avoir effectué quelque 200 prélèvements sur 17 sites différents. Cette bactérie préfère l'eau froide, la température des zones profondes touchant 5 degrés Celsius.


« Cette recherche montre aussi que ces populations microbiennes psychrophiles — capables de vivre dans les profondeurs marines par des températures de -5 degrés Celsius — et les autres micro-organismes proches, jouent un rôle important dans le sort ultime et les conséquences environnementales des panaches de pétrole sous-marins dans le golfe du Mexique », ajoute-t-il.


Vidéo en anglais sur le sujet (nous attendons le reportage en français de Radio-Canada)

M. Hazen croit que cette bactérie s'est peut-être adaptée au fil du temps, en raison d'écoulements périodiques de pétrole dans le golfe.

Les scientifiques craignaient que l'activité des bactéries ne brûle une bonne partie de l'oxygène dans l'eau, créant des zones « mortes » dangereuses pour les poissons. Cette étude a toutefois déterminé que la saturation d'oxygène est de 67 % à l'extérieur de la traînée de pétrole, contre 59 % à l'intérieur.

Cet écologiste et une équipe d'une trentaine de chercheurs ont effectué leur recherche fin mai sur l'habitat microbien dans les eaux profondes du golfe du Mexique jusqu'alors relativement inexplorées, et caractérisées par des températures très basses (-5 degrés), une énorme pression et peu de carbone à l'état naturel.

Cette étude, qui paraît dans la version en ligne de la revue américaine Science, semble contredire les conclusions d'une recherche publiée le 20 août dans cette même publication menée par l'institut privé Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), selon laquelle cette biodégradation aurait dû être plus lente qu'escompté en raison de températures très froides.






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Lutter concrètement contre le décrochage en faisant... la promotion de l'homosexualité ?


Chantal Longpré et l'acteur comédien Jasmin Roy posent ici à côté du drapeau arc-en-ciel, emblème de la communauté homosexuelle.

Pour madame Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE), la priorité des priorités cette année c'est la lutte contre le décrochage scolaire. Comment lutter concrètement contre celui-ci selon elle : « La priorité des priorités, c'est de diminuer le décrochage scolaire, lance Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. On a beau préparer de beaux plans, il faut aussi passer à l'action concrètement. »

Le Journal de Montréal rapporte juste en dessous de cette introduction que Mme Longpré propose « notamment de s'attaquer « à la violence à l'école, en faisant la promotion de la lutte à l'homophobie », en plus de réclamer une meilleure accessibilité aux services pour les élèves en difficulté. »

Celle qui représente 2 400 directeurs d'école avait déjà fait parler d'elle récemment en montant dans un char allégorique recréant une salle de classe cet été lors du défilé de la « fierté gaie ».

Source : Journal de Montréal




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Québec — La rentrée 2010 en chiffres

Quelques chiffres pour cette rentrée 2010 :
  • Le Monopole de l'Éducation prévoit que 980 656 élèves de la maternelle, du primaire et du secondaire reprendront le chemin des classes ce matin.
    Il s'agit d'une baisse de 13 000 par rapport à l'an dernier. Cet primaire qu'on ressentira le plus les effets de la décroissance démographique qui frappe le réseau scolaire depuis plus d'une décennie. Toutefois, avec la légère hausse de la natalité depuis plusieurs années ce déclin devrait être enrayé d'ici peu. Mécaniquement, les écoles secondaires continueront de se vider jusqu'en 2013.
  • 2 726 écoles publiques.
    Ce nombre est relativement stable. La diminution du taux d'élèves par classe (et maître) explique cette stabilité. On prévoit même de construire de nouveaux pavillons.

    Cette rentrée voit le taux maximal élèves/maître diminuer de quatre élèves dans les écoles des milieux défavorisés en 3e et 4e années du primaire, le nombre maximum d'élèves passant de 24 à 20.

    L'an prochain, les classes de quatrième année de toutes les écoles du Québec verront leur taux maximal passer de 29 élèves à 26. Les classes de cinquième et de sixième situées en milieu défavorisé verront en même temps ce rapport maximal passer de 29 à 24. Au secondaire, les rapports passeront de 32 à 31 en première et en deuxième année.
  • 364 écoles privées.
  • 83 229 écoliers en maternelle.
  • 462 428 élèves au primaire.
  • 434 999 élèves au secondaire.
  • 854 151 élèves dans une école publique.
  • 124 587 élèves dans une école privée (13 %). 
Il s'agit d'une diminution de quelques centaines d’écoliers par rapport à l’an dernier. Diminution sans égal, toutefois, à celle que connaît le réseau public, qui compte quelque 12 000 élèves de moins qu’en septembre 2009, et 150 000 de moins qu’il y a 10 ans.
  • 1 918 élèves dans une école gouvernementale.
  • 35 % des garçons québécois abandonnent l'école avant d'avoir obtenu la moindre qualification.
  • 5 214 enseignants en maternelle.
  • 47 888 instituteurs au primaire.
    Au Québec, seuls 12 % des enseignants du primaire sont des hommes. Et si on exclut les professeurs d'éducation physique ou d'anglais, le pourcentage d'hommes baisse à 8 %.

    Le phénomène est plus accentué au Québec qu'en Ontario (20 % d'instituteurs masculins au primaire) ou qu'en France (27 %, préscolaire inclus).
  • 35 861 éducateurs au secondaire (en formation générale).
  • 48 cégeps.
  • 172 518 élèves inscrits au cégep.


    Contrairement aux prévisions, il s'agit d'une hausse de 2,2 %. Cette augmentation pourrait s'expliquer en partie par la situation économique difficile, qui encourage les jeunes adultes à retourner sur les bancs d'école. Toutefois, on prévoit toujours une perte de 30 000 élèves d'ici à 2021.
  • 49,6 % au secteur préuniversitaire des cégeps.
  • 45,5 % au secteur technique des cégeps.
  • 57,8 % des cégépiens sont des filles et 42,2 % des garçons.




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mercredi 25 août 2010

Pédophilie dans l'enseignement

Le Journal de Montréal rapportait la semaine passée le cas d'un ancien directeur d'école reconnu coupable de possession de matériel pédophile. L’analyse du matériel informatique saisi chez Denis Bouchard, à Québec, a permis de découvrir 1 822 fichiers de pornographie juvénile (1 426 photos et 396 vidéos).

Ce fait divers s'est produit alors que le Catholic Herald signalait que « maintenant, nous avons une vraie preuve : la pédophilie n’est pas un « problème catholique ». Il en aura fallu du temps au carnet La Salette Journey pour se faire entendre. Pourtant, dès avril, il le disait : Thomas Plante, professeur à Santa Clara et à Stanford, a établi que « 2 à 5 % des prêtres ont eu des rapports sexuels avec un mineur, ce qui est inférieur au taux concernant la population masculine générale, établi à environ 8 % ».

La Gazette de Colorado Springs signalait le 20 mars qu'« On pelote les élèves dans les écoles américaines. On les viole. On leur court après, on les séduit et ils pensent être amoureux, » indiquait un communiqué de presse d'Associated Press en 2007 au sujet d'une enquête que l'agence de presse avait menée pendant un an. L'agence dévoilait également que les administrateurs des écoles publiques transféraient systématiquement les professeurs responsables de ces sévices d'un district scolaire à l'autre.

Selon Carol Shakeshaft, auteur d'une étude pour le ministère de l'Éducation américain et commandé par le Congrès en 2002, « les atteintes et sévices sexuels perpétrés sur les élèves dans les écoles sont probablement 100 fois plus fréquents que ceux commis par des prêtres. »

 Ainsi, comme le souligne William Oddie dans son article publié le 10 août dernier, au-delà même de ce qu’établissait Newsweek, à savoir que rien ne permettait de penser que les prêtres catholiques étaient plus concernés que d’autres, il apparaît qu’ils sont 1,6 à 4 fois moins concernés que la population mâle générale. Pas plus, pas autant : moins. Pourtant, on ne s'est pas privé de tirer des conclusions hâtives et à généraliser ce comportement à tous les prêtres...

Statistiquement, votre enfant est quatre fois plus en sécurité avec un prêtre catholique qu’avec vous, votre père ou votre frère… C'est évidemment peu dit dans les médias si loquaces dès qu'il s'agit de parler de pédophiles dans certaines religions.

D’ailleurs, comme le souligne Oddie, « le franc commence à tomber ». On commence à s’agiter. L'inquiétude point. C’est que, selon un rapport, près de 10 % des élèves aux États-Unis rapportent des cas de relations sexuelles non sollicitées par leurs éducateurs. Alors, ce qui était divertissant tant qu’il s’agissait de s’en prendre à l’Église catholique perd soudain de son attrait. Subitement, il ne faudrait surtout pas faire de généralisations abusives... Jim Dwyer, dans le New York Times, pose la question : « la ville de New York pourrait-elle être poursuivie pour des faits d’abus sexuels intervenus il y a des dizaines d’années par les professeurs des écoles publiques ? Et qu’en est-il des médecins ou des personnels hospitaliers ? Des officiers de police ? Des travailleurs sociaux ? »

Rappelons qu'en France on n'en parle que depuis récemment des enseignants pédophiles. Le 4 septembre 1997, le ministère de l'Éducation nationale français diffusait une circulaire interne demandant de signaler les cas d'abus sexuels. Dans les cinq mois qui suivirent, 345 affaires furent rapportées. Depuis lors, l'Éducation nationale ne couvre plus « ses pédophiles » : une vraie révolution culturelle qui n'est d'ailleurs pas sans risques de dérives. En 1995, Georges Bernede, alors directeur adjoint des lycées et collèges, confiait encore, pudique, à L'Express : « Lorsqu'un enseignant est soupçonné d'être à risque, la meilleure solution consiste, sans doute, à lui donner un travail administratif... »

Au Québec, rien ne perce... Où sont les études sur les sévices pédophiles perpétrées par des membres du corps enseignant depuis 30 ou 40 ans ? Certains de ces enseignants coupables d'attouchements que la morale réprouve ont-ils simplement été mutés par une hiérarchie qui voulait passer l'éponge de manière discrète et ne pas se départir de ces éléments ? À quand une véritable enquête sur le sujet ?





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La contagion de la facilité

Joseph Facal s'inquiète d'une contagion possible, d'une mécanique implacable de la facilité qui mènera à rabaisser les exigences au niveau du cégep afin de « mieux accueillir » les enfants de la réforme pédagogique commencée sous l'égide du PQ et poursuivie sous la houlette du PLQ.

Dans le domaine de l’éducation, on vit très longtemps avec les conséquences de nos décisions.

La réforme pédagogique commença à être implantée en l’an 2000. Vous en connaissez évidemment les grandes lignes : priorité aux compétences transversales, moins d’emphase sur les connaissances, travaux de recherche en équipe, bulletins sans chiffres, etc.

L’idée de départ n’était pas celle-là : il s’agissait de se concentrer davantage sur les matières de base et de hausser les exigences. Il n’était pas question de chambarder les méthodes d’apprentissage, qui devraient être laissées à la discrétion de l’enseignant.

Je l’ai écrit mille fois : j’étais et je demeure contre ce détournement des intentions originales, tout en reconnaissant que tout n’est pas totalement mauvais là-dedans et que cette réforme ne fut pas appliquée partout de la même manière.

Les enfants de cette réforme entrent au cégep cette semaine. Ils ne sont ni plus ni moins doués que leurs prédécesseurs, mais ils auront reçu une formation différente. Le hic est que les cours de cégep sont basés sur les acquis que les étudiants du secondaire d’AVANT la réforme étaient supposés avoir.

Sans sauter trop tôt aux conclusions, le milieu est inquiet. « Le choc de la réalité s’en vient », prévient le plus important représentant syndical des enseignants. Il dit qu’il aimerait être optimiste. C’est donc qu’il ne l’est pas.

Le représentant des étudiants collégiaux dit que ces jeunes seront plus autonomes [Note du carnet : un rapport précédent concluait « Les enfants de la réforme pédagogique : peu autonomes, médiocres en français, dissipés, mais ciyoyens du monde ! »] que ceux d’avant, mais admet qu’ils auront des lacunes dans les connaissances de base. Les connaissances de base à cet âge, c’est par exemple de savoir additionner deux fractions et accorder un participe passé. Il demande des ajustements aux cours de cégep pour en tenir compte.

Interviewée par le journal La Presse, une jeune fille de 17 ans confiait n’avoir JAMAIS eu un cours magistral. En langage clair, elle n’a jamais passé une heure à écouter le professeur et à prendre des notes, ce qui exige une capacité à fixer son attention. Au cégep et encore plus à l’université, le cours magistral reste pourtant, moins qu’avant mais tout de même encore, la forme d’enseignement dominante.

Mettez-vous maintenant à la place du prof de cégep qui reçoit ces jeunes. Supposons qu’il réalise que 20 % du groupe devrait normalement échouer. Il fait quoi ? Le système d’éducation fonctionne un peu comme une chaîne de production. Ça entre par un bout et il faut que ça sorte à l’autre bout avec le moins de complications possibles.

Trop d’échecs indisposeront tout le monde : ses propres collègues, les étudiants et leurs parents qui chialeront, les directions d’établissement qui n’aiment pas les imprévus et lui feront les gros yeux, le ministère qui est obsédé par les taux de réussite, et le cabinet de la ministre qui devra réagir à des articles de journaux et aux attaques de l’opposition.

Devinez ce que fera le pauvre prof : la tentation sera immense de donner des passe-droits. Vous feriez quoi vous ? Après deux ans de ce régime, le jeune arrivera à l’université où le même manège recommencera : on constatera qu’il ne sait pas ce qu’on a pris pour acquis qu’il saurait. Et on fera quoi ? Appelons cela un effet de cascade.




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Contradiction des buts de l'ECR : ECR propose-t-il une éthique des droits ou une éthique du bien commun ?

Le philosophe Jean Laberge revient sur les deux buts explicites  du cours ECR, ne seraient-ils pas contradictoires ?


Le Québec s’est doté en 1975 d’une Charte des droits et libertés de la personne. Il y a cependant une incohérence flagrante dans le Préambule de la Charte québécoise. D’une part, on lit :
Considérant que tout être humain possède des droits et libertés intrinsèques, destinés à assurer sa protection et son épanouissement ;

Cet attendu énonce que tout être humain, dont les Québécois, possède des droits inaliénables. Ces droits sont généralement conçus comme étant de nature « déontologique ». Par ce terme, « on entend une éthique qui soutient que certains actes sont moralement obligatoires ou prohibés, sans égard pour leurs conséquences dans le monde. »1 Les fameux droits de la personne, énoncés dans la Charte québécoise, répondent donc à une éthique déontologique, (ou, plus simplement, le « déontologisme »).
D’autre part, il est plus loin écrit dans la même Charte :
« Considérant que les droits et libertés de la personne humaine sont inséparables des droits et libertés d’autrui et du bien-être général ; »

Ce dernier attendu va à l’encontre du déontologisme précédemment énoncé en ce qu’il fait appel au bien-être général, c’est-à-dire à une éthique « conséquentialiste ». Dans une éthique conséquentialiste, en effet, le bien consiste dans l’exécution d’une action qui produit « les meilleures conséquences, ou le moins de conséquences malheureuses ».2 Si les droits sont bel et bien de nature déontologique, l’exercice des droits, lui, affecte le bien commun, si cher au conséquentialisme. L’article 9.1, de la Charte québécoise vient renforcer ce point :
Les libertés et droits fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec.

D’un point de vue logique, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a là un problème. Tout se passe comme si le législateur, voulant sauver la chèvre et le chou, se laisse une porte de sortie afin de suspendre les droits de la personne quand bon lui semblera au nom de l'ordre public. C’est d’ailleurs ce qu’il fera en 1970, lors de la crise d’octobre, en promulguant la loi de triste mémoire sur les mesures de guerre.

Sourcilleux, parfois scrupuleux, les philosophes condamnent tout amalgame ou tout compromis avec le diable entre déontologisme et conséquentialisme. À ce propos, il convient de rappeler que John Rawls élaborera sa philosophie politique en mettant au départ au pilori « l’hideux serpent de l’utilitarisme», pour reprendre l’expression de Kant. 
« Chaque personne, écrit-il, possède une inviolabilité fondée sur la justice qui, même au nom du bien-être de l’ensemble de la société, ne peut être transgressée. »3

Aux yeux de Rawls, les failles criantes de l’utilitarisme en matière de justice seraient patentes. Par exemple, pour assurer le plus grand bonheur au plus grand nombre (le bien), les partisans de l’utilitarisme sont prêts, dans certaines circonstances, à sacrifier les droits de la personne. Pour l’utilitarisme, ce qui prime sur tout, c’est le bien commun. Bref, l’utilitarisme fait dériver le juste du bien commun (du bonheur général). Rawls rejette l’utilitarisme et inverse la donne : le juste ayant désormais priorité sur le bien. En d’autres termes, pour savoir ce qui est juste, il convient, selon Rawls, de ne pas tenir compte des conceptions de la vie bonne de chacun mais des charges qui reviennent à chacun. Rawls qualifie cette conception de la justice d’équité. S’il faut limiter la liberté de certains, c’est pour accroître la liberté des autres. « La liberté ne peut être limitée qu’au nom de la liberté elle-même » , écrit Rawls avant d’ajouter : « … une inégalité des libertés doit être acceptable pour les citoyens ayant une moindre liberté. » 4 En d’autres termes, s’il doit y avoir des inégalités au plan des libertés, celles-ci doivent favoriser l’accessibilité à une plus grande liberté. Des inégalités au plan économique, par exemple, entraînent des inégalités au plan des libertés. D’après Rawls, les inégalités économiques sont acceptables puisqu’elles favorisent une plus grande liberté à ceux qui en ont moins. Chez Rawls, ce n’est jamais en fonction du bien commun que les libertés sont limitées, mais en vue de l’équité.

Le programme ECR n’échappe pas au débat entre déontologisme et conséquentialisme. Il est consternant de noter que les finalités du programme d’ECR combinent allégrement déontologisme et conséquentialisme. Mis à part les libéraux, qui a sérieusement cru qu’ECR était neutre sur le plan éthique et politique ?
On lit dans la présentation du programme :

La reconnaissance de l'autre et la poursuite du bien commun constituent les deux grandes finalités de ce programme. Elles sont interdépendantes et communes à l'éthique et à la culture religieuse.5


Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la première des deux finalités d'ECR fait appel à une éthique des droits, c’est-à-dire au déontologisme. En effet, « la reconnaissance de l'autre est liée au principe selon lequel toutes les personnes sont égales en valeur et en dignité... », ce qui veut dire que la valeur et la dignité en question sont les droits de la personne inscrits dans la Charte québécoise. La seconde finalité, la poursuite du bien commun, en relation d’interdépendance avec l’autre finalité, fait, elle, appel au conséquentialisme puisque le déontologisme devrait entraîner des conséquences heureuses au plan du bien commun. Les concepteurs du programme ECR jugent donc que le bien-fondé des droits se trouve dans leurs conséquences favorables eu égard au bien-être commun. Kant et Rawls rageraient d’entendre de tels propos abscons puisque, pour eux, les droits trouvent leur unique justification en eux-mêmes, indépendamment de leurs conséquences pour le bien-être commun.

Le courant d’Éducation à la citoyenneté qui, aujourd’hui, a le vent dans les voiles, est également grevé par le même amalgame antithétique. Pourquoi enseigner la citoyenneté ? « Pour reproduire le lien social et renouveler le vivre-ensemble », répond André Duhamel, l’un de ses fervents promoteurs.6 Le déontologisme sert les fins du conséquentialisme. En fait, ce que les experts en éducation ont finalement réalisé, c’est que l’exercice des droits conduit à l’individualisme, au désengagement et au cynisme face aux institutions civiques, sociales et politiques. En outre, devant la nouvelle donne du pluralisme grandissant dans nos sociétés, il faudrait apprendre à vivre ensemble. D’où l’idée de corriger le tir par une éducation fondée sur une éthique des droits. La gageure c’est, qu’en rappelant aux jeunes leurs droits et obligations, ils deviendront de meilleurs citoyens, mais surtout que l’éthique des droits – le déontologisme – est la meilleure éthique qui soit. Ici, le conséquentialisme sert les fins du déontologisme.

Il ne faut pas s’étonner outre mesure de l’amalgame incohérent qui est fait du déontologisme et du conséquentialisme autant dans la Charte québécoise que dans ECR dont il n’est que l’excroissance. Après tout, ce sont des philosophies morales et politiques certes opposées, mais appartenant à la même famille libérale. Aussi pour juguler les crises qui secouent perpétuellement les démocraties libérales, il n’est pas surprenant de constater que tous les moyens soient bons pour les libéraux. À moins qu’on s’avise qu’il faille dépasser le clivage déontologisme \ conséquentalisme et essayer une autre voie pour la philosophie morale et politique. Pourquoi ne pas revenir à Aristote ? Ceux et celles qui lisent ce blogue, comprennent que c’est cette voie que je tente d’explorer.




[1] André Berten, «Déontologisme», in Monique Canto-Sperber, directrice, Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, PUF, Paris, 1996, p. 378.
[2] Voir Philip Petitt, «Conséquentialisme», in Monique Canto-Sperber, directrice, Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, PUF, Paris, 1996, p. 313.
[3] John Rawls, Théorie de la justice, Seuil, 1997, p. 29-30.
[4] Ibid., p. 287.
[5] Voir en ligne : https://www7.mels.gouv.qc.ca/DC/ECR/primaire/index.php?page=pres3
[6] André Duhamel, Enseigner et éduquer à la citoyenneté, sous la direction d’André Duhamel et France Justras, Presses de l’Université Laval, 2005, p. 2.





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Belgique — L’école flamande encore plus flamande

Face à l’explosion de la demande scolaire à Bruxelles, conséquence du boom démographique annoncé (voir Changement démographique en Belgique — Bruxelles musulmane dès 2030 ?) la Flandre commence à s’organiser. Au mois de septembre prochain, les écoles flamandes de Bruxelles ouvriront 320 nouvelles places mais surtout, explique Pascal Smet (de la SP.A, le parti socialiste flamand), ministre flamand de l’Éducation, elles seront réservées néerlandophones. C’est que depuis quelques années, les parents flamands souhaitant scolariser leurs enfants dans des écoles néerlandophones de la capitale rencontrent de plus en plus de difficultés au moment de l'inscription. Trop de places sont « trustées » par des francophones voire même des allophones qui fuient un secteur francophone perçu comme de qualité inférieure, aux nombreux élèves issus de l'immigration et une politique volontariste de mixité « sociale » (ethnique) forte de la part du ministère de l'Éducation francophone.   Du coup, ces parents néerlandophones doivent se tourner vers la périphérie de Bruxelles pour trouver une place à leur progéniture. Pour Jean-Luc Vanraes (Open VLD, libéraux économiques flamands), le ministre bruxellois du Budget, en charge de l’enseignement néerlandophone à Bruxelles, cette situation n’est plus acceptable. Les petits Flamands « pur jus » ne représenteraient plus que 15 % de la population dans l’enseignement primaire néerlandophone et 37 % dans le secondaire. Plus interpellant, en maternelle, 50 % des enfants ne parlent ni le néerlandais ni le français à la maison.


55 % des places réservées aux néerlandophones

Les établissements néerlandophones de Bruxelles sont bien décidés à stopper net cet afflux de « nouveaux arrivants ». Pour ce faire, ils prévoient de réserver jusqu’à 55 % de leurs places aux candidats flamands, au lieu de 45 % ailleurs en Flandre. En janvier, les écoles inscriront en priorité les frères et sœurs ; en février, les élèves parlant effectivement le néerlandais à la maison et les élèves défavorisés. En mai, les places restantes (s’il y en a) seront ouvertes aux francophones et aux enfants d’origine étrangère. Autant dire qu’il y aura du changement puisque, l’an dernier, au mois de janvier, les écoles de 13 des 19 communes bruxelloises affichaient déjà complet !

Trop de places « monopolisées » par les francophones

Pour profiter d’une priorité quelconque et ainsi pouvoir inscrire son enfant dès le début des inscriptions, il faudra montrer patte blanche. À l’époque, jurer qu’un des deux parents parlait le néerlandais était suffisant. C’est fini. Papa ou maman devra exhiber un diplôme secondaire néerlandophone, une attestation prouvant qu’il/elle a suivi durant neuf ans l’enseignement néerlandophone ou réussir un test de langue.

Garantir l’accès aux néerlandophones et favoriser la mixité sociale

Certains craignent qu'on assiste à la mise en place d'un véritable filtre anti-francophones. Raison officielle : garantir aux néerlandophones un accès à leurs écoles. Mais il y aurait également d’autres intérêts moins « politiquement corrects ». En élevant le quota de Flamands à Bruxelles, le ministre Smet contente à la fois les parents et… le réseau libre flamand (qui s’assure ainsi d’un contingent d’élèves au profil requis). De plus, il renforcerait la présence effective flamande dans la capitale belge, ce qui n’est pas pour déplaire aux autorités néerlandophones. Enfin, cette disposition pourra peut-être lutter contre l'homogénéité ethnique des classes et la ghettoïsation de certaines écoles néerlandophones peuplées parfois uniquement d'immigrés, ne parlant pas un mot de néerlandais. La scolarisation de ces enfants est donc très difficile… plus difficile que s’ils partageaient leurs bancs d’école avec des camarades autochtones parlant le néerlandais.

Source :  Le Vif  du 6 août 2010.


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