dimanche 2 octobre 2011

Français et humour — La linguiste et la journaliste


Une émission qui tourne au fiasco aux vues des défaillances linguistiques de la présentatrice.







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France — « Critiquer le roman national, amadouer un nouveau public [immigré] »




France Culture « Répliques », le 24/IX/2011, Alain Finkelkraut reçoit sur le thème de « Quelle histoire enseigner  à nos enfants ? » :
  • Jean-Michel Blanquer, directeur-général de l'enseignement scolaire,
  • Dimitri Casali (Auteur), historien.


Manuels de 5e du nouveau programme « ouvert sur le monde » (2010)


Manuels de 5e de l'ancien programme «européocentré » (2001, 2005)


Quelques remarques :

Alain Finkielkraut et Dimitri Casali continuent de critiquer le nouveau programme de 4e et 5e secondaire (secondaires II & III au Québec) :
  1. Louis XIV serait supplanté par le Monomotapa ;
  2. Plus d'histoire-militaire, d'histoire des conquêtes, du premier empire colonial français et du Canada ;
  3. Impossible de s'identifier à Du Guesclin, à Bayard, à Turenne, une histoire humaine ;
  4. L'histoire de France ouvre aussi sur le monde (empires coloniaux, députés français de couleurs) ;
  5. L'histoire de France ne sert plus à intégrer à une culture française, un roman national ;
  6. L'histoire nationale s'effacerait pour faire plus de place aux communautés d'immigrés.
Pour leur répondre, pas d'historien, mais un fonctionnaire défenseur de tous les choix ministériels qui met souvent en avant une carte ou une illustration, là où le programme ne laisse pas aux enseignants d'histoire le temps nécessaire pour traiter sérieusement un sujet.

Finkielkraut cite le rapport du Haut Conseil à l’intégration remis le 28 janvier au premier ministre français sur la question des « défis de l’intégration à l’école ». En voici des extraits portant sur l'enseignement de l'histoire :
« [L’étude] des conflits et échanges en Méditerranée au Moyen Âge : les croisades, la découverte d’une autre civilisation, l’islam », des enseignants se voient systématiquement opposer un refus de parents musulmans à l’étude, par leurs enfants, de la christianisation. Les mouvements migratoires, conséquences des croisades, sont remis en cause au prétexte que les chevaliers n’ont pas existé ou que, dans le meilleur des cas, ils n’ont jamais atteint le Proche-Orient !
[...] 
Pour des générations d’enfants d’immigrés, la remise en question de l’histoire ne s’est pas posée. La formule bien connue de “nos ancêtres les Gaulois”, aujourd’hui considérée comme assimilatrice, était conçue comme un moyen d’intégrer dans une même histoire des écoliers venus de pays différents. La France étant une terre de droit du sol, le lien qui unit les nationaux est un lien de communauté choisie qui s’incarne dans une histoire nationale. Or, depuis plusieurs années, dans un nombre croissant d’établissements, les cours d’histoire sont le lieu de contestations ou d’affrontements, de mise en concurrence de mémoires particulières qui témoignent du refus de partager une histoire commune. 
[…] 
Trois questions provoquent des situations de tension dans certains établissements : l’enseignement du fait religieux ; l’extermination des juifs d’Europe ; le Proche-Orient (le conflit israélo-palestinien). On peut y ajouter la décolonisation, notamment la guerre d’Algérie, et les États-Unis (guerre du Golfe, guerre d’Irak, attentats de septembre 2001). 
L’enseignement du fait religieux est souvent assimilé à du catéchisme. Certains parents y voient des tentatives d’évangélisation. »

vendredi 30 septembre 2011

Restriction à la liberté d'expression d'un élève dans une école texane

Mise à jour du 30 septembre

L'enseignant d'une école publique texane responsable de la retenue et du renvoi d'un élève après qu'il a exprimé son opposition à l'homosexualité a été mis en congé administratif avec traitement.

Le fondateur de l'association d'avocats bénévoles qui est intervenue pour défendre la liberté d'expression de l'élève, Me Mat Staver, a dit que son regroupement était satisfait à ce jour de la réponse de l'école, bien que l'enseignant en question devait « s'excuser publiquement » auprès de l'élève.

« Il est intolérable qu'un enseignant ridiculise les croyances religieuses d'un élève devant sa classe », a déclaré Mat Staver. « Ce professeur ne doit pas imposer ses opinions sur l'homosexualité aux étudiants. »




Article du 23 septembre


Un élève à Fort Worth, au Texas, a été puni pour avoir dit à un camarade de classe qu'il s'opposait à l'homosexualité.

Mme Holly Pape a déclaré qu'elle avait été « absolument stupéfaite » quand elle a reçu l'appel téléphonique d'un directeur adjoint de l'école secondaire Western Hills pour l'informer que son fils, Dakota Ary, avait été renvoyé de l'école.

« Dakota est un ado de 14 ans bien ancré dans ses convictions » a-t-elle déclaré en soulignant que son fils est un étudiant aux excellents résultats scolaires, est membre de l'équipe de football et est actif dans son groupe de jeunes à l'église. « Il a été à l'église toute sa vie et il a appris à défendre ce en quoi il croit. »

Et c'est ce qui lui a causé ses ennuis en classe.

Dakota était en classe d'allemand quand la conversation a glissé sur la religion et l'homosexualité en Allemagne. À un moment donné lors de cette conversation, il se tourna vers un ami et lui dit en aparté qu'il était un chrétien et qu'« être homosexuel était mal » pour lui.

« Je ne m'adressais à personne en particulier, si ce n'est mon ami qui était assis derrière moi », a-t-il déclaré. « Je suppose que [le professeur] m'a entendu. Il a commencé à hurler. Il m'a dit qu'il allait rédiger un avis d'infraction et m'envoyer au bureau du directeur. »



Dakota a été condamné à une retenue d'un jour à l'école et à deux jours de renvoi de l'école. Sa mère, sidérée, rappelle que le dossier de son fils est impeccable et qu'il a d'excellents résultats. 

Après une rencontre entre la mère de Dakota et son avocat, l'école a annulé le renvoi de deux jours afin que Dakota puisse participer à une prochaine rencontre de football.

« Ils ont redressé tous les torts » a déclaré Me Matt Krause, un avocat auprès de Liberty Counsel [Avocat/Conseil pour la liberté]. « Cet épisode ne devrait pas entacher le dossier » de Dakota. Mme Pope avait contacté Liberty Counsel dès qu'elle eût appris qu'il avait été puni.

« J'ai dit à l'école qu'il n'aurait jamais dû être renvoyé alors qu'il exerçait ses droits constitutionnels », a déclaré Krause. L'avocat a précisé qu'un élève n'est pas dépouillé de ses droits constitutionnels parce qu'il participe à une discussion en classe. « Le directeur essaye sincèrement de faire pour le mieux, j'espère que l'école dira à l'enseignant de ne plus répéter ce type d'incident et qu'il n'a pas à imposer son point de vue ».

Me Krause a qualifié l'incident d'« hallucinant », il a révélé que le professeur parlait souvent d'homosexualité avec ses élèves de neuvième année (14-15 ans).

« Ce professeur a des antécédents en matière d'homosexualité », de préciser Me Krause. « Cet enseignant a déjà affiché une photo de deux hommes s'embrassant à un mur, cela avait choqué plusieurs élèves. » L'enseignant avait alors dit aux élèves que « cela se passait désormais partout dans le monde et qu'il fallait qu'ils se fassent à l'idée que l'homosexualité faisait tout simplement partie de notre culture aujourd'hui ».

Le conseil scolaire a refusé d'expliquer pourquoi un enseignant avait entamé une discussion sur l'homosexualité lors d'un cours d'allemand de neuvième année.

« En cours d'allemand, on ne devrait pas aborder des sujets progay ou homosexuel » de conclure Me Krause.

La mère de Dakota maintient que l'enseignant devrait s'excuser.

« Il n'aurait jamais dû être puni », a déclaré Mme Pope. « Il n'a pas perturbé la classe. Il n'était pas menaçant. Il n'était pas hostile. Il a fait un commentaire à son ami et le maître l'a entendu. »

Me Krause a déclaré que la direction de l'établissement avait affirmé à Dakota que, à l'avenir, il devrait être prudent quand il parle de son opposition à l'homosexualité en lui suggérant d'aborder de telles questions dans le couloir, mais pas en classe...

L'organisation Liberty Counsel a annoncé qu'elle tiendrait à l’œil cette situation pour s'assurer qu'il n'y ait pas de futures représailles.




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jeudi 29 septembre 2011

Quelle mission pour l'école du XXIe siècle ?

L’école républicaine [française] a longtemps fonctionné autour de trois piliers : la transmission du savoir (et notamment la culture générale), l’intégration des nouveaux venus dans la communauté de citoyens et l’égalité des chances.

Aujourd’hui, de nouvelles demandes sont adressées conjointement à l’école comme le bien-être des élèves, le libre-choix des familles, la reconnaissance des différences ou la préparation à la vie professionnelle. Parmi ces multiples valeurs, lesquelles choisir pour construire un nouveau projet éducatif ? Le désarroi actuel de l’école est aussi la possibilité d’une audace. Quelle mission voulons-nous donner à notre système éducatif national ?


Avec la participation de :

  • Anne Coffinier, directrice et co-fondatrice de la Fondation pour l'Ecole ;
  • Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’Université Paris Descartes (Paris V) ;
  • P. Jacques de Longeaux, responsables du département de recherche Sociétés humaines & responsabilités éducatives.





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mercredi 28 septembre 2011

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Éric Bédard est historien et professeur agrégé à la TÉLUQ. Il coanime Autour de l'histoire sur la chaîne VOX et a collaboré à la série Enquêtes diffusée sur Historia. Il a reçu pour son étude sur Les Réformistes, une génération canadienne-française au milieu du XIXe siècle (Boréal, 2009) le Prix de la présidence de l'Assemblée nationale ainsi que le prix Clio-Québec.  Cet historien vient de sortir un ouvrage qui remet en question la vision que certains ont du Québec de la prétendu Grande Noirceur.

En effet, les Québécois n’aiment guère leur passé, du moins celui d’avant 1960. Dans les débats publics, toute évocation un peu aimable du Québec d’auparavant est rapidement suspecte de sympathie envers la « Grande Noirceur ». Or, c’est moins un retour aux sources que la possibilité d’un recours aux sources qui fait cruellement défaut à la société québécoise, selon Éric Bédard. Les débats, les doutes et les erreurs des devanciers devraient pouvoir éclairer davantage le présent et l’avenir.

En onze études brèves portant sur la culture et la politique québécoises au xxe siècle, l’auteur montre que le glorieux récit de la Révolution tranquille, largement fondé sur le rejet du passé, masque des réalités historiques paradoxales. Il découvre des thèmes religieux dans la pensée felquiste, par exemple, et du socioconstructivisme chez un pédagogue jésuite des années 60. Pendant qu’au Canada anglais le trudeauisme débouchait en fin de compte sur un patriotisme sentimental, au Québec les indépendantistes vidaient peu à peu leur projet de son contenu national…

Mario Dumont s'entretient avec l'historien Éric Bédard


Dans le succès populaire de la chanson Dégénérations (vidéo ci-dessous), comme naguère dans la réhabilitation partielle de Maurice Duplessis par René Lévesque, Éric Bédard décèle une exigence semblable à celle qu’il ressent: celle d’assumer plus sereinement notre passé, pour préserver la possibilité d’échapper aux dogmes du présent, et éviter de devenir étrangers à nous-mêmes. Comme Éric Bédard le dit « En écoutant [la première fois] les premiers couplets, j’ai été saisi. Cette déférence envers les ancêtres qui avaient labouré la terre, surmonté la misère, fait des enfants tranchait tellement avec l’air du temps. Enfin, me dis-je, on se référait au passé sans emprunter les chemins de l’autodénigrement ou de la honte de soi. »


Comme l’a montré la recherche historique des dernières décennies, le Québec d’avant 1960 s’urbanisait et se syndiquait au même rythme que l’Ontario; une bourgeoisie canadienne-française considérait le relèvement économique comme une condition essentielle de la reconquête nationale; Duplessis mit en place un excellent réseau de collèges techniques et fit construire plusieurs centaines d’écoles pour se conformer à la Loi sur l’instruction obligatoire (qu’il avait combattue); les femmes à la tête des congrégations féminines dirigèrent d’énormes établissements; les militants de l’Action catholique des années 1940 et 1950 furent souvent à l’origine de réformes introduites durant la Révolution tranquille; une vie culturelle dynamique prit son envol bien avant la mythique Révolution tranquille; les extrémistes de droite d’avant 1960 furent probablement moins nombreux que les maoïstes des années 1970.


La Grande Noirceur et les fruits de la Révolution tranquille dans un cahier d'activités ECR
 Page 56 — cahier-manuel d'éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re  secondaire des éditions La Pensée (autres pages ici)

Pour les jeunes parents du milieu ouvrier qui achetaient leur premier pavillon alors que, dans les années 1930, ils avaient grandi dans les taudis de Saint-Henri, le Québec des années 1950 était rempli de promesses. Pour certains, « progressistes », il y eut sans doute une «Grande Noirceur», mais pour d’autres, il n’en fut rien. L’appréciation du passé par ceux qui l’ont vécu est très subjective. Quant à la société globale, les recherches historiques les plus sérieuses vont toujours dans le même sens: si nos élites se méfièrent de l’État jusqu’en 1960, le Québec d’avant la Révolution tranquille ne fut pas isolé du reste du monde qu'ils s'agissent des mutations scientifiques, techniques, industrielles, politiques ou culturelles.


Éric Bédard sur le rôle de l’historien dans la société :
« Il s’agit d’expliquer le passé en tant que tel, d’expliquer comment les gens du passé voyaient les choses et non pas comment ils auraient dû voir les choses. »



Recours aux sources
par Éric Bédard
aux éditions Boréal
280 pages
Montréal, septembre 2011
ISBN : 9782764621097
À 27,95 $


Voir aussi

Êtes-vous catho-laïques ? (Mathieu Bock-Coté sur cet ouvrage)

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages dans un cahier ECR utilisé en classe)

Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale

mardi 27 septembre 2011

Malgré tous les cours d'éducation sexuelle, les campagnes publicitaires

Selon une étude menée dans 29 pays, entre 2009 et 2011, le nombre de jeunes qui ont déjà eu un rapport sexuel sans contraception avec un nouveau partenaire a augmenté de 111 % en France (passant de 19 % à 40 %), 39 % aux États-Unis (de 38 % à 53 %), de 19 % en Grande-Bretagne (de 36 % à 43 %). En moyenne, 42 % des jeunes Européens interrogés en 2011 ont eu des rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire, contre 36 % en 2010.





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« Notre meilleure défense : je vous verrai au tribunal ! »

Mise à jour 27 septembre 2011

Le PREDF fournit actuellement une aide financière à des parents de Toronto et de Hamilton afin qu'ils entament des poursuites judiciaires contre deux conseils scolaires différents en raison de ce que les parents considèrent comme la suppression inconstitutionnelle de leurs libertés religieuse et de conscience. Ces poursuites visent à établir un droit garanti pour tous les parents de l'Ontario de retirer leurs enfants de cours qui violeraient leurs croyances religieuses.




Un groupe de bénévoles du Canada anglais a mis en place un fonds pour aider à défrayer les coûts juridiques des parents qui — exaspérés par les politiques militantes des gouvernements, des commissions et conseils scolaires destinées à éradiquer toute trace de morale traditionnelle à l'école — désirent poursuivre en justice ces administrations afin de défendre leurs droits parentaux et redevenir ainsi les premiers éducateurs moraux de leurs enfants.

« Conscients que les familles moyennes n'ont pas 100 000 $ qui traînent et qu'elles pourraient utiliser pour payer les poursuites, nous avons lancé ce fonds de défense pour fournir une aide financière aux familles dont les droits parentaux sont violés » de déclarer Lou Iacobelli, membre du conseil d'administration et porte-parole du Parental Rights in Education Defense Fund (PREDF)

Les fondateurs affirment sur ​​le site Web du Fonds que le Canada a atteint un « point de bascule », un seuil, et que « sans une intervention immédiate, le droit parental de décider de l'éducation morale de leurs propres enfants sera perdu à plus d'un égard. »

Pour ces activistes, « si les parents ne combattent pas ces empiètements du gouvernement » contre les droits des parents, on assistera à « une ère de persécution » — inédite dans l'histoire du Canada – contre les gens à la morale conservatrice. Selon le Fonds, « la Constitution et la Charte des droits et libertés est de notre côté ». En gras, le site fait apparaître ce titre : « votre meilleur recours — Je vous verrai au tribunal »



Parmi les exemples de dérive : le cours d'éthique et de culture religieuse. Le site décrit ainsi la situation au Québec :

Le Ministère de l'Éducation du Québec oblige tous les élèves de la province, qu'ils soient à l'école privée ou publique, à suivre un cours de « relativisme moral », appelé par euphémisme Éthique et culture religieuse. On y enseigne par exemple, que toutes les religions et tous les choix moraux sont égaux. Une décision de la Cour supérieure du Québec a accordé une exemption à ce programme à une école catholique privée pour garçons, jugeant que le gouvernement était « totalitaire » en imposant ce programme à cette école. Le gouvernement du Québec a depuis fait appel de cette décision devant la Cour Suprême à grands frais pour les parents concernés. »

Il faut apporter ici quelques précisions et corrections à ce résumé (ontarien) :
  1. S'il y a bien une forte dose de relativisme morale dans le cours ECR, tous les choix moraux ne sont pas considérés comme égaux dans le programme : il existe quelques limites (le respect des personnes et des Chartes). Mais dans la pratique, même le « respect des personnes » a un sens différent selon les personnes : ne pas approuver l'homosexualité ou ne pas être « ouvert » à celle-ci, est-ce un manque de respect envers les homosexuels, donc mal et donc l'homosexualité est-elle par définition « bien » ? Et mutatis mutandis, qu'en est-il de l'islam/du voile islamique/de la polygamie, etc. ? Critiquer un de ces aspects est-ce être islamophobe et manquer de respect ?
  2. Le collège Loyola n'est pas exempté de « donner » le programme ECR, le juge Dubé a simplement accordé à cette école le droit d'enseigner ce programme dans une perspective catholique et non plus dans une « perspective laïque ».
  3. La décision Loyola n'est pas devant la Cour suprême, elle sera en Cour d'appel du Québec au début 2012. La cause en Cour suprême dont on attend la décision est une autre cause : celle des parents de Drummondville. L'école ne débourse aucun sou, la firme BLG qui comprend de nombreux anciens de Loyola fournit ses services gratuitement. Par contre, les parents de Drummondville, soutenus par la CLÉ, ont déboursé des centaines de milliers de dollars !


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lundi 26 septembre 2011

Valoriser l’excellence, refuser l’incompétence...disent massivement les Québécois

Pouvoir congédier les professeurs incompétents : un souhait prononcé par 87 % des Québécois – et par 94 % des 25-34 ans, qui ont sans doute les souvenirs les plus frais de cours chahutés ou de copies égarées… Quelle unanimité ! C’est ce qui ressort d’un sondage récent réalisé au Québec à la demande de l’IEDM, l’Institut économique de Montréal. Mais cela risque de rester un vœu pieux, dans un pays où les directeurs d’école, dans le primaire comme dans le secondaire, n’ont pas la liberté de choisir leurs équipes.

Les Québécois sont aussi 67 % à penser que la rémunération des enseignants devrait tenir compte de leurs performances, alors qu’elle ne tient compte, aujourd’hui, que de leur ancienneté et de leur diplôme. « Les Québécois comprennent que les enseignants ne sont pas différents des autres professions dans l’économie québécoise. Ils se demandent pourquoi on ne récompenserait pas les meilleurs, analyse M. Germain Belzize, directeur de recherche à l’IEDM,  on pourrait ainsi recruter des bons enseignants qui ne sont pas attirés présentement par la profession en raison de la faiblesse des salaires. »

Mais comment évaluer les performances des enseignants ?

Les sondés ne sont que 39 % à faire confiance aux directeurs et à leur souhaiter plus d’autonomie dans ce domaine. L’IDEM propose d’autres critères d’évaluation dans sa Note économique intitulée Rémunération au mérite : un outil pour améliorer le système d’éducation.

« La quantité de ressources investies dans un système d’éducation n’est pas garante de la qualité de ce système » 

…et contribue de façon peu significative à l’amélioration du rendement des élèves. On doit se préoccuper de la manière de dépenser les fonds et non uniquement du montant de ceux-ci », affirme Mme Nathalie Elgrably-Lévy, économiste chargée de l’étude. « Aujourd’hui, le ministère de l’Éducation du Québec gère un budget annuel de 15,5 milliards de dollars, pour des résultats ambigus. En effet, si les jeunes Québécois ont des résultats très honorables aux tests Pisa, ils sont néanmoins 25,3 % à avoir quitté l’enseignement secondaire sans diplôme en 2006-2007 (Institut de la statistique du Québec), ce qui signifie qu’ils ne font partie des élèves passant le test Pisa.

Quels critères de performance ?

À partir des cas du Royaume-Uni, de l‘Inde, du Portugal, d’Israël et des États-Unis, cette étude a dégagé un certain nombre de critères de performance pour les établissements scolaires :
  • « Autonomie des directions d’école pour décider d’introduire ou non une politique de rémunération au mérite et pour en définir les paramètres ;
  • Critères d’évaluation multiples qui reflètent la diversité de la tâche des enseignants ;
  • Prime substantielle qui s’ajoute à un salaire de base pour créer une incitation suffisante en plus d’une stabilité du revenu ;
  • Possibilité réelle de congédier un enseignant dont les évaluations très faibles se répètent ;
  • Rémunération au mérite pour la direction et les gestionnaires dont le travail est essentiel pour épauler les enseignants. »
S’il est délicat de fixer ces critères, il faut aussi éviter de le faire de manière centralisée.

« Il faut garder en tête que les enseignants travaillent dans des conditions et des milieux socio-économiques très différents et que leur évaluation doit tenir compte de cette réalité. Par conséquent, des critères uniformes pour l’ensemble de la province provenant du ministère ou d’un ordre professionnel seraient peu utiles pour évaluer leur rendement », nuance Mme Elgrably-Lévy. Et de conclure : « Même si l’élaboration et la mise en œuvre de ce genre de programme exigent des efforts et un changement de mentalité, on devrait envisager une formule pour le Québec. Car n’oublions pas que nous avons un devoir envers nos enfants… celui de leur offrir la meilleure éducation possible. »





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Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience




Mise à jour du 25 septembre 2011 : Ajouts de quelques paragraphes à la fin du compte rendu.

Veuillez communiquer toute erreur de fait ou de chronologie dans cette relation à l’auteur de ce billet par courriel ou dans les commentaires.


La salle d’audience de la Cour suprême est pleine. Dans le majestueux hall d’honneur revêtu de marbre rubané du tribunal, on a prévu des sièges supplémentaires devant un grand écran plat. On distribue de nombreux écouteurs qui permettront d’entendre les débats traduits. L’assistance frémit. Du côté gauche, à l’avant de la salle d’audience principale, se trouvent les avocats et les intervenants qui contestent le refus d’exemption au cours d’éthique et de culture religieuse, les appelants. Les quatre travées sont complètement occupées par une douzaine d’avocats. À gauche, les six avocats des intimés, la commission scolaire et le procureur général du Québec occupent deux rangées.

La large porte au fond de la salle d’audience principale, derrière le banc des neuf juges, s’ouvre. Un huissier crie « la Cour ! » L’assistance se lève alors que les juges grimpent quelques marches avant de s’asseoir. Le public se rassied.

Me Mark Phillips, avocat des parents

Sans plus attendre, le premier avocat se lève. Me Mark Phillips représente les parents de Drummondville. Il commence sa plaidoirie en annonçant qu'il se penchera sur cinq choix qu’ont faits les concepteurs du programme d’ECR. Premier choix. Les concepteurs du programme ont choisi de faire en sorte que les contenus religieux soient toujours juxtaposés à des êtres mythiques et surnaturels. Dans le programme, chaque fois qu’on trouve l’expression « représentations du divin », le mot divin est toujours suivi de l’expression « et des êtres mythiques et surnaturels ». Mais de manière plus fondamentale, pour Me Phillips, l’exigence de toujours mettre en opposition les religions avec les êtres mythiques et surnaturels se trouve énoncée comme injonction impérative dans la partie du programme qui énonce le contenu. Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions sans qu’elles soient en juxtaposition avec des êtres mythiques et surnaturels.

vendredi 23 septembre 2011

L'immigration essentielle pour combler le manque de travailleurs au Québec... Vraiment ?

Joseph Facal revient sur la doxa immigrationniste qui sévit encore au Québec en s'appuyant notamment sur le livre de Benoît Dubreuil et Guillaume Marois dont nous avions déjà parlé.

« Tant le PQ que François Legault proposent de réduire le nombre d’immigrants au Québec, le temps de revoir en profondeur nos façons de faire. C’est très sage.

Ce n’est pas ce que pense Simon Prévost, le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec. Une hausse de l’immigration est « essentielle », disait-il la semaine dernière (La Presse, 16 septembre), pour contrer le vieillissement, la pénurie de main-d’œuvre et assurer notre prospérité. L’analyse, tranchait-il, ne permet « aucune autre conclusion ». Penser autrement, c’est (évidemment) être « frileux ».

On se demande bien à quelle « analyse » s’est livré M. Prévost, car le verdict de la science est radicalement différent du sien. Pour ceux qui ne se contentent pas d’asséner des affirmations gratuites, il est établi, ici comme ailleurs, que le seul impact démographique majeur de l’immigration est d’augmenter la population globale et d’en diversifier la composition.

Le vieillissement de la population est effectivement préoccupant parce qu’il augmentera la proportion de gens âgés qui ne travaillent pas, et donc la pression sur les travailleurs qui financent les services publics. Cependant, que le nombre d’immigrants reçus au Québec soit plus ou moins élevé de quelques milliers par année n’empêchera pas ce ratio retraités-travailleurs de doubler d’ici 2031.

L’immigration n’a qu’un effet très marginal sur la structure par âge de la population. Pourquoi ? Parce que le taux de fécondité des immigrants, leur espérance de vie et l’âge de leur départ à la retraite ne sont pas très différents du reste de la population. [Note du carnet : par sélection des immigrants (des diplômés le plus souvent) et de par le relatif faible nombre d'immigrants : il faudrait des masses encore plus nombreuses de jeunes immigrants féconds — probablement inemployables — pour que la population rajeunisse fortement.]  De plus, la moitié des immigrants est composée d’accompagnateurs (parents âgés ou enfants) du demandeur principal.

Les politiciens, les journalistes et les lobbyistes peuvent bien placoter, mais des tas de démographes ont étudié la question dans plusieurs pays. Leurs conclusions sont si convergentes qu’on peut parler d’unanimité. On en retrouvera une excellente synthèse dans l’ouvrage de Marois et Dubreuil, Le Remède imaginaire (Boréal, 2011).

En fait :
« Quelle que soit la méthode adoptée, quel que soit le pays analysé, quelle que soit la période considérée, les résultats convergent tous vers la même conclusion : l’immigration n’exerce qu’un effet marginal, non significativement différent de zéro, sur l’évolution du revenu par habitant, du salaire et du taux de chômage » – Marc Termote, Cahiers québécois de démographie, vol. 1, 2002, p. 83.

[Note du carnet: pour certains économistes, l'immigration diminue les salaires par une offre plus grande de main d'œuvre souvent plus corvéable et moins bien payée que les autochtones. Rappelons aussi que le chômage chez les immigrés est nettement supérieur à celui des autochtones.]

L’immigration serait aussi requise, a-t-on souvent entendu, pour combler les 700 000 emplois vacants dans les prochaines années au Québec. On a inventé ce chiffre en additionnant les 460 000 départs à la retraite prévus et les 240 000 emplois créés par la croissance économique anticipée.

Ce chiffre n’a aucun fondement. Un emploi libéré ne crée pas automatiquement un emploi à combler. Le Prix Nobel Paul Krugman a souvent dénoncé ce sophisme qui laisse croire qu’il y aurait une quantité fixe et globale de travail à se partager. Une foule de facteurs est ici en cause : la technologie, la conjoncture économique, la concurrence pour les emplois dans certains domaines, les taux de chômage élevés chez les immigrants, etc.

À vrai dire  :
« Pour la pénurie de main-d’œuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d’œuvre. Dans ce contexte-là, on peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l’immigration ne règlera pas la pénurie de main-d’œuvre de façon générale », Carlos Leitao, économiste, Banque Laurentienne, 2008.

Plus largement,
« Le PIB global (…) est un critère non pertinent et trompeur dans l’évaluation de l’impact économique de l’immigration. La taille globale de l’économie n’est pas un indicateur de prospérité. L’analyse doit plutôt se concentrer sur les effets de l’immigration sur le revenu par tête de la population d’accueil ». – House of Lords, The Economic Impact of Immigration, 2008, p. 5.

Le Québec, qui a reçu 54 000 immigrants l’an dernier, peine déjà à intégrer le nombre actuel. À cet égard, le grand démographe Jaques Henripin notait en 2007 :
« selon mes calculs, compenser le déficit des naissances par l’immigration nécessiterait, à terme, l’accueil annuel de 70 000 à 80 000 étrangers ».

On peut certainement améliorer nos politiques actuelles. Mais c’est rêver en couleurs et nier toute la recherche sérieuse que de s’imaginer que l’immigration peut jouer un rôle « essentiel » pour solutionner nos problèmes économiques et démographiques. »

Voir aussi

Le Québec reçoit-il trop d'immigrants ? L'immigration profite-t-elle au PLQ ?

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

L'Institut Fraser : la politique migratoire actuelle coûterait près de 20 milliards par année au Canada





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