Toute ressemblance avec des pédagogues français ou québécois influents serait purement fortuite.Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
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Toute ressemblance avec des pédagogues français ou québécois influents serait purement fortuite.
Le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Sommets (CSS) s'est réuni hier à Magog. Il a de nouveau refusé des demandes d'exemption du cours d'éthique et culture religieuse (ECR) au cours de son assemblée de ce mardi 15 juin 2010.Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique.Présente à l'assemblée d'hier, une des mères concernées par ces décisions, Brigitte Meunier, a affirmé qu'elle considérait « absurde » la réponse obtenue compte tenu de la situation vécue avec son seul enfant inscrit au cours d'éthique et de culture religieuse.
Extraits de l'intervention de Madame Meunier« Dialogue » verrouillé
Nous avons trois enfants. Nous voyons ce que ce cours apporte de négatif dans notre vie à la maison. Notre fils aîné suit présentement ce cours en secondaire IV. Dans un travail pendant ce cours, il avait à se mettre dans la peau d’un avocat qui travaille en droit familial. Il doit défendre un jeune de 13 ans qui se demande si ses parents ont le droit de le forcer à assister à la messe.
Depuis qu’il a fait ce travail, il refuse de venir à l’église avec nous et ne veut plus voir les gens qui viennent à l’église. Maintenant, il nous dit que nous sommes de mauvais parents parce que c’est à cause de la religion que nous lui interdisons des choses aussi banales que de limiter le temps qu'il surfe sur Internet par exemple. C’est très difficile de le voir agir comme ça avec nous. Pourtant, d’autres parents pourraient établir les mêmes règles et ce serait correct parce qu’ils ne vont à aucune église ! Mais le pire dans tout cela c’est qu’il ne croit plus en Dieu et ne veut plus rien savoir de Dieu. Ils traitent les croyants d’hypocrites. Nous avons perdu le privilège de pouvoir parler avec notre enfant, car il s’est fermé à nous. Si nous ne pouvons pas forcer notre enfant à venir avec nous à l’église pourquoi avez-vous le droit de le forcer à suivre ce cours ?
Notre fille qui était en secondaire II l’an passé a dû de s’inventer un dieu en classe d'ECR. Elle n’a pas fait cet exercice. Il n’y a plus de morale quand tout devient correct selon ce que chaque personne pense.
[...] Enseignant de philosophie dans les cégeps puis d'histoire et du cours d'Enseignement moral et religieux au secondaire, Jacques Tobin reconnaît d'emblée le potentiel explosif d'un tel cours. La politique, la religion et le sexe, susceptibles de se retrouver dans son contenu, sont trois thèmes qui sèment la chicane au Québec, croit ce médiéviste et théologien de formation. « Il y a des éléments du programme qui sont très chargés émotionnellement et existentiellement », note cet enseignant du cours d'ECR à l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, une école publique réservée aux filles dans l'est de Montréal.Malheureusement, la journaliste du Devoir ne dit pas ce que ce professeur a répondu à ses élèves quand elles ont manifesté leur dégoût pour l'homosexualité. « Neutre » s'est-il tu ou leur a-t-il fait, subtilement ou non, la leçon sur leur devoir d'ouverture envers les homosexuels et l'homosexualité ?
Aborder les questions des menstruations ou de la séduction devant un auditoire plutôt multiethnique lui a valu des reproches de ses élèves qui l'ont sommé de se mêler de ses affaires. Et M. Tobin a suscité de plus vives réactions encore à la présentation du film C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, dont il s'est servi pour parler de l'homosexualité et des valeurs du Québec dans les années 60-70-80. « Deux gars qui s'embrassent, c'était pour elles "dégueulasse" », a raconté M. Tobin, en admettant avoir reçu quelques appels téléphoniques de parents.
Traiter des questions religieuses dans un tel contexte plurireligieux est encore plus délicat. Il s'est heurté à de fortes réticences lorsqu'il a présenté en classe le récit d'Adam et Ève, comme un mythe fondateur. « J'ai souvent affaire à des Haïtiennes qui sont "évangélicales". [...] Ce qui anime leurs Églises, c'est une conception fondamentaliste des textes sacrés. C'est la même chose chez mes élèves musulmanes. Elles croient qu'on descend d'Adam et Ève alors que je leur dis que c'est de la pure littérature », souligne l'enseignant de 62 ans qui est à quelques jours de la retraite. « Je suis devant une morale fondamentaliste qui est sexiste et homophobe. Imaginez la confrontation. »Est-ce que ce professeur est vraiment neutre quand il dit que des récits religieux sont « pure littérature » ? Est-ce là la posture professionnelle demandée par le Monopole de l'Éducation (même dans les écoles confessionnelles) ?
Jeune enseignant d'ECR à l'école Louis-Philippe Paré, à Châteauguay, Vincent Morissette n'a pas une telle hétérogénéité dans ses groupes-classes de 4e secondaire. Mais il reconnaît néanmoins devoir user de beaucoup de prudence. « Quand tu parles d'une religion qui n'est pas la tienne, tu as l'impression de constamment marcher sur des œufs », soutient-il. « Tu ne veux pas trop faire d'activités que les jeunes pourraient mal interpréter. Je me demande parfois si je vais avoir le coup de fil d'un parent qui pense que je vais endoctriner leur enfant. Au jeu du téléphone arabe, on ne sait jamais ce que les parents peuvent interpréter », a-t-il ajouté.Est-ce que les parents peuvent assister au cours ECR de leurs enfants à l'improviste ?
Un cours pluralisteDes militants laïcistes qui enseignent le programme ECR appuieraient donc l'imposition du cours ECR...
Jacques Tobin donne partiellement raison aux parents qui craignent que le cours d'ECR ne contribue à un certain égarement de la foi de leur enfant. « Le cours nous plonge dans le pluralisme. Mais avec raison », a indiqué l'homme qui milite pourtant dans le camp de la laïcité « tout court » aux côtés de la députée Louise Beaudoin et du sociologue Guy Rocher.
Mais le cours a un contenu factuel et n'est pas basé sur des croyances ou du prosélytisme, tient à dire M. Tobin.Le programme ECR ne prescrit quasiment aucun contenu factuel, mais il impose l'ouverture et le dialogue, car « la pratique du dialogue mène à l’adoption d’attitudes et de comportements favorables au vivre-ensemble ».
Au risque de tomber dans les clichés au-delà desquels bien des enseignants n'osent s'aventurer. « On étudie les rites funéraires, les fêtes, les valeurs des religions, de quelle façon un [chrétien ?] orthodoxe croit à Jésus, par exemple. On ne leur fait pas faire de réflexions si profondes sur la foi. »C'est faux : l'athéisme est au programme des deux dernières années du secondaire:
Cela ne l'empêche pas de trouver le contenu de ce cours « qui veut plaire à tout le monde » beaucoup trop « frileux », car il ne propose pas l'option agnostique ou athée.
L’existence du divinEn outre, on l'aborde bien dans le matériel didactique utilisé.
– Des critiques et des dénonciations : l’athéisme, l’idée de l’aliénation religieuse chez Marx, Freud et Sartre, l’idée de la mort de Dieu chez Nietzsche, etc.
(Programme ECR pour le secondaire, p. 543)
« On a peur des parents catholiques, du lobby musulman, juif et des autres grandes religions qui se protègent. Le pluralisme, ça fait peur à pas mal de monde, et l'athéisme est perçu encore par beaucoup de monde comme quelque chose de négatif. Mais, en bout de ligne, mes élèves qui sont athées n'ont rien », a-t-il déploré. M. Tobin affirme néanmoins jouir, à l'instar de ses collègues qu'il respecte, d'une certaine liberté dans le choix des sujets et dans la façon dont il choisit de les traiter. Chacun fait à son idée.Ce n'est guère rassurant pour les parents.
Pour sa part, Vincent Morissette consacre beaucoup de temps de cours à déboulonner des mythes et des préjugés.On aimerait bien savoir lesquels ! En matière de comportements sexuels, par exemple, les préjugés homophobes des uns est la loi naturelle des autres. Tous les préjugés sont-ils d'ailleurs mauvais ? Peut-on même penser sans préjugés, sans hypothèses et principes encore non démontrés ? André Gide disait pour sa part que « les préjugés sont les pilotis de la civilisation »...
« Le but du cours d'ECR, et plus particulièrement du volet "culture religieuse", c'est de s'ouvrir sur l'autre. C'est un défi, on ne va pas s'en cacher », note le jeune homme qui constate que le cours plaît à bon nombre d'élèves.Faut-il comprendre que, lorsque ce débat sera terminé, les professeurs « neutres » connaîtront mieux ou pourront mieux appliquer la ligne gouvernementale à suivre dans ce cours qui ne ferait qu'exposer des faits de manière objective ? Hmm.
Certes, le cours est perfectible. Et de l'avis de M. Tobin, sa plus grande lacune est le manque d'encadrement des professeurs, qui devant une telle étendue de contenu et de compétence à évaluer, sont parfois bien démunis[ :] « La formation, il faut insister, est déficiente. Il n'y a pas de budget. [...] Et dans un contexte où le débat sur les accommodements raisonnables n'est pas terminé, ils ont de vraies patates chaudes dans les classes », a-t-il assuré.
Religion, Pluralism, and Public Policy at McGill. His lecture Ethics and religious culture: why the fuss? explores the interface between religious dialogue and public discourse in Canada on matters of ethical concern.