dimanche 20 juillet 2025

Au moins 580 millions de personnes éligibles à l'asile en France

La décision rendue par la Cour nationale [française] du droit d’asile le 11 juillet dernier, ayant établi que les Palestiniens pouvaient « bénéficier du statut de réfugié » en France, est une nouvelle preuve de l’avancée du programme « d’accueil inconditionnel » souhaitée par les associations, pointe le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Nicolas Pouvreau-Monti.


Stupeur et inquiétude. La décision rendue par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) le vendredi 11 juillet, ayant établi que les « ressortissants palestiniens originaires de la bande de Gaza » pouvaient « bénéficier du statut de réfugié » en France, apparaît avoir suscité ces deux sentiments conjoints, dans un pays où l’importation du conflit proche-oriental est un spectre qui plane depuis plus de deux décennies.

Comme toujours en pareille circonstance, la CNDA a fondé cette nouvelle jurisprudence à l’occasion d’un cas particulier : une femme et son fils venus du nord de la bande de Gaza, qu’ils ont fuie dans la foulée des attaques terroristes du 7 Octobre et de l’offensive menée par Israël. Ayant atteint l’Égypte, les deux Gazaouis ont été pris en charge par l’ambassade de France au Caire et ont reçu deux laissez-passer consulaires pour rejoindre le territoire français.

Cette mère a alors déposé une demande d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), l’établissement public chargé d’instruire les dossiers d’asile en première instance, qui leur a accordé un statut de « protection subsidiaire ». Il s’agit de l’une des formes du droit d’asile dans l’union européenne, dédiée aux personnes qui ne remplissent pas les critères de la convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés (car ne faisant pas l’objet d’actes de « persécution » ciblée), mais qui seraient néanmoins en danger en cas de retour dans leur pays. Par exemple, car ils s’y trouveraient exposés à « situation de violence aveugle d’intensité exceptionnelle». Depuis une précédente décision de la CNDA rendue le 12 février 2024, le système français d’asile considère que Gaza se trouve dans un tel contexte.

Cependant, la requérante palestinienne n’a pas voulu s’en contenter. Elle a fait appel auprès de la CNDA, afin de se voir reconnaître un statut de réfugié plein et entier. Il est permis de s’interroger devant une telle insistance procédurale, dans un contexte personnel que l’on présume bouleversé. Des réponses surgissent à la vue des associations qui ont « accompagné » cette Gazaouie dans son recours. Celui-ci a été lancé par le Collectif des Avocat·es France-Palestine, et appuyé par un ensemble d’organisations qui se sont portées «intervenantes volontaires » à cette occasion : la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, le Gisti… De toute évidence, le sujet principal n’était pas le destin personnel de cette femme et son fils - déjà assurés d’un statut de protection sur le territoire français. Il s’agissait, pour ces associations, de saisir une occasion d’étendre plus largement encore les critères d’éligibilité des Palestiniens à l’asile en France, tout en faisant jeter un opprobre juridictionnel sur la politique militaire du gouvernement israélien.

Cette stratégie s’est avérée payante. La CNDA a accordé le statut de réfugiés aux requérants et décidé, ce faisant, que «les ressortissants palestiniens originaires de la bande de Gaza non protégés par L’ONU peuvent se voir accorder le statut de réfugié ». En effet, depuis un précédent jugement de la même Cour rendu le 13 septembre dernier, les 70 % de Gazaouis placés sous mandat de L’UNRWA (l’office spécial des Nations unies pour les réfugiés de Palestine), car descendants des Palestiniens déplacés de 1948, étaient déjà éligibles à l’octroi de ce statut en France. Pour rattacher son nouveau choix d’élargissement aux critères formels de la convention de Genève, la CNDA a estimé que les « méthodes de guerre utilisées par les forces israéliennes » s’apparentaient à une « persécution » fondée sur la « nationalité ».

Cette décision du 11 juillet n’est donc pas exactement la rupture majeure qui est parfois présentée. Elle marque au contraire une continuité, un aboutissement : les deux millions d’habitants de la bande de Gaza peuvent prétendre à la forme la plus protectrice du droit d’asile en France - matérialisée par l’octroi d’un titre de séjour de dix ans, le droit à la « réunification familiale », à la Sécurité sociale et à l’ensemble des aides prévues pour les Français. L’on mesure à quel point cette mécanique du droit d’asile est désormais hors de contrôle. Gérée en autonomie par des institutions spécialisées cultivant une certaine proximité avec le monde associatif, qui les utilise comme un levier permettant de faire avancer son programme «d’accueil inconditionnel», elle prend la forme d’un véritable droit opposable à l’immigration - qui ne connaît aucune limite quantitative, ni aucune délibération démocratique.

Ses bases d’attribution se sont élargies de manière spectaculaire au cours des dernières décennies, en s’appuyant notamment sur la notion de « groupe social ». Celle-ci permet de rendre éligible à l’asile des populations entières pour des motifs sociétaux : les femmes à risque d’excision au Soudan ou en Égypte, les homosexuels birmans, kosovars ou congolais, les anciens esclaves de Mauritanie, les personnes atteintes d’albinisme au Nigeria… En intégrant l’ensemble des critères qui permettent d’obtenir l’un ou l’autre des statuts de protection, au moins 580 millions de personnes à travers le monde sont aujourd’hui éligibles à l’asile en France, si elles se trouvent en mesure de déposer une demande sur le territoire.

Le droit d’asile constitue, de loin, le canal d’immigration en plus forte croissance : 1 habitant sur 100 en France est désormais un étranger bénéficiaire de l’asile ; ils étaient 663 000 à disposer d’une protection au 31 décembre dernier, soit une multiplication par trois en dix ans à peine. Durant les quatre premiers mois de l’année 2025, notre pays a reçu le plus de demandes de protection dans toute l’union européenne - dépassant désormais l’Allemagne.

Quel sera l’effet de cette nouvelle décision de la CNDA, qui s’ajoute à d’autres, sur l’asile des Gazaouis en France? Il est difficile de le prévoir. Seules 250 demandes émanant des Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie ont été enregistrées l’an dernier et il reste, à ce jour, très compliqué de quitter concrètement la bande de Gaza. Mais qu’adviendra-t-il demain, si le gouvernement israélien mène à son terme un plan d’évacuation totale du territoire ? L’Égypte et la Jordanie voisines ont déjà indiqué qu’elles refuseraient d’accueillir sa population.

Comme l’a souligné Didier Leschi, directeur général de l’office français de l’immigration et de l’intégration, dans un rapport publié le mois dernier par L’OID et la Fondapol, la France compte désormais plus de 100 000 Afghans sur son sol - un nombre multiplié par 60 en deux décennies. Personne n’a vraiment souhaité, ni anticipé un tel afflux en provenance d’Afghanistan. L’actuel régime du droit d’asile présente la faculté singulière de faire émerger des diasporas imprévues sur le sol des sociétés d’accueil.

Source : Le Figaro
 
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jeudi 17 juillet 2025

Persuasion, manipulation de masse et propagande

Depuis plus d’un siècle, des communicants, propagandistes politiques, cinéastes ou publicitaires bouleversent les règles du jeu politique, font et défont des élections, fabriquent le consentement, défendent les intérêts d’industries polluantes, influencent à leur insu le comportement de millions d’individus. 

Souvent méconnus, agissant pour la plupart dans l’ombre, ils conçoivent et déploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progrès constants des sciences et des techniques. Qui sont ces maîtres de la manipulation de masse ? Dans quel pays commence la révolution de l’art de la persuasion ? 

L'invité dans l'émission ci-dessus : David Colon professeur agrégé d’histoire à l’IEP de Paris. Il est l'auteur du livre Les maîtres de la Manipulation paru chez Tallandier (362 pages, 21,50€; poche : 368pp, 10,43€)

Présentation de l'éditeur

On les appelle doreurs d'image, génies du faire croire, persuadeurs clandestins ou ingénieurs des âmes. Publicitaires, cinéastes ou propagandistes politiques, ces hommes sont passés maîtres dans l’art de la manipulation de masse.

Ils bouleversent les règles du jeu politique, fabriquent le consentement, infl uencent le comportement de millions d’individus. Souvent méconnus, ils déploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progrès constants des sciences et des techniques.

David Colon réunit dans ce livre les portraits de vingt des plus grands maîtres de la manipulation des XXe et XXIe siècles. De Goebbels à Walt Disney, sans oublier Lin Biao, Steve Bannon ou encore Mark
Zuckerberg, l’auteur nous raconte une histoire inédite de l’art de la persuasion.

Les maîtres de la manipulation: 
Un siècle de persuasion de masse,
par David Colon,
publié le 5 janvier 2023,
chez Tallandier
à Paris,
368 pp,
ISBN-13 : 979-102105616

 

mercredi 16 juillet 2025

Poilièvre — Plus de gens doivent quitter le Canada qu'y entrer pendant les deux prochaines années

Des dizaines d'étudiants asiatiques organisent un rassemblement près du Canadore College à North Bay (Ontario) pour réclamer des solutions au manque de logements abordables dans la région.

Le chef du Parti conservateur fédéral, Pierre Poilièvre, réclame une ligne plus dure en matière d'immigration, affirmant lundi qu'il souhaite voir instaurer des « plafonds très stricts » sur le nombre de nouveaux arrivants autorisés à entrer dans le pays.

S'adressant aux journalistes lors d'une conférence de presse à Ottawa, M. Poilièvre a déclaré que le Canada avait du mal à intégrer les nouveaux arrivants et qu'il souhaitait voir plus de personnes quitter le pays qu'y entrer « pendant que nous rattrapons notre retard ».

« Nous avons des millions de personnes dont les permis expireront au cours des deux prochaines années, et beaucoup d'entre elles partiront », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin que plus de personnes partent qu'arrivent au cours des deux prochaines années. »

M. Poilievre a déjà critiqué la gestion du dossier de l'immigration par le précédent gouvernement libéral. Lors des dernières élections, il avait promis de « rétablir l'ordre » dans ce qu'il avait qualifié de système « défaillant ».

Poilièvre veut « des plafonds très stricts en matière d'immigration »

Le chef conservateur Pierre Poilièvre a déclaré lundi aux journalistes qu'il fallait que « plus de personnes quittent » le Canada qu'il n'y en ait qui y entrent, sans préciser combien.

M. Poilèevre affirme désormais que le premier ministre Mark Carney devrait aller encore plus loin en appelant à une migration nette négative.

L'immigration est au cœur de ses messages post-électoraux sur les réseaux sociaux et de ses déclarations publiques.

« Notre pays est divisé et nous ne sommes pas en mesure d'intégrer les gens à ce rythme », a déclaré M. Poilievre jeudi à propos des niveaux élevés d'immigration qui ont conduit à une croissance record de la population dans les années post-COVID.

Lors du Stampede (grand rodéo) de Calgary au début du mois, il a déclaré que le gouvernement libéral avait mené une « expérience ratée avec l'ouverture des frontières ».

« L'immigration doit être contrôlée. Elle doit se faire dans des proportions que nous pouvons absorber », a-t-il déclaré.

En 2022 et 2023, la population a augmenté respectivement de 2,5 % et 3,1 %, soit des taux de croissance deux à trois fois supérieurs à ceux enregistrés les années précédentes, selon les données de Statistique Canada.

Selon les estimations démographiques, le pays a accueilli quelque 3,6 millions de personnes supplémentaires depuis début 2020.

Cette croissance a été alimentée par une augmentation du nombre de résidents non permanents, dont beaucoup étaient des étudiants et des travailleurs étrangers à bas salaire.

Face à des signes de tension — taux d'inoccupation des logements locatifs historiquement bas, hausse des prix des logements, chômage élevé chez les jeunes et les immigrants et données préoccupantes sur l'accès aux soins de santé —, le dernier gouvernement libéral a réduit le nombre d'étudiants et de travailleurs étrangers temporaires.

Ces changements semblent avoir un impact. Statistique Canada a indiqué que le taux de croissance démographique était de 0,0 % au premier trimestre de cette année, soit le deuxième trimestre consécutif de baisse nette du nombre de résidents non permanents.

M. Carney s'est engagé à maintenir ces limites et à plafonner le nombre de résidents non permanents à 5 % de la population totale d'ici la fin de 2027. Ce chiffre serait bien inférieur à celui du début de l'année.

Les données fédérales indiquent qu'il y avait trois millions de résidents non permanents au Canada au troisième trimestre de 2024. Avec une population d'environ 40 millions d'habitants, cela représente environ 7,5 %.

La volonté de réduire ce chiffre à 5 % signifie que le nombre d'étudiants internationaux admis sera encore plus faible et que les entreprises se verront refuser les permis d'importation de main-d'œuvre, si le plan de M. Carney est pleinement mis en œuvre.

M. Poilièvre a déclaré que des réductions plus importantes étaient justifiées.

« Notre politique d'immigration devrait inviter les bonnes personnes en nombre suffisant, de manière à donner la priorité au Canada et aux Canadiens », a-t-il déclaré.

Source : CBC

 


lundi 14 juillet 2025

Surproduction d'« élites » conjuguée à un appauvrissement de masse ?

En France, comme dans le reste de l’occident, les jeunes sont de plus en plus nombreux à être diplômés. En l’absence d’un nombre suffisant de postes à pourvoir, cela engendre de la frustration et crée, in fine, des dynamiques dangereuses, alerte l’anthropologue américain Peter Turchin, auteur du succès de librairie Le Chaos qui vient.

LE FIGARO. — En France, le taux de réussite au baccalauréat général est d’environ 96 %. On observe le même phéno­mène dans l’ensei­gnement supé­rieur : 40 % des 25-34 ans détiennent un diplôme de niveau licence (bac + 3) ou plus, contre 16 % des 55-64 ans. Cette tendance se retrouve-t-elle dans le reste du monde occidental ? Pourquoi ?

PETER TURCHIN. — Oui, c’est une tendance générale observée dans une grande partie du monde occidental. Aux États-unis, par exemple, la proportion de diplômés du lycée accédant à l’université est passée de 15 % dans les années 1950 à plus de 60 % dans les années 2020. Cette augmentation est souvent expliquée par la restructuration économique - le passage d’une économie industrielle à une économie fondée sur la connaissance -, qui a accru la demande de main-d’œuvre diplômée.

Elle résulte également de décisions politiques visant à élargir l’accès à l’éducation et d’un changement culturel associant l’enseignement supérieur à l’ascension sociale et à l’épanouissement personnel. Mais, dans mon livre Le Chaos qui vient (Élites, contre-élites et la voie de la désintégration politique publié au Cherche-midi), je soutiens que le désir d’échapper à l’appauvrissement, qui s’est développé au cours des quatre à cinq dernières décennies, est un moteur supplémentaire, et puissant.

— La valeur symbolique, mais surtout marchande, des diplômes s’en retrouve-t-elle affectée ?

— Oui, bien sûr. Plus les diplômes deviennent courants, plus leur valeur - à la fois symbolique et économique - diminue. Ce qui était autrefois un signe distinctif est désormais perçu comme un minimum requis. Cela conduit à une inflation des diplômes, où des qualifications de plus en plus élevées sont nécessaires pour accéder aux mêmes postes. Le rendement économique du diplôme universitaire a chuté ces dernières décennies, et est actuellement très proche de zéro.

Quel est le résultat de tout cela ? Une génération de jeunes très diplômés, souvent endettés, aux perspectives économiques limitées et de plus en plus désabusés.

— Cette massification des études et de l’accès aux diplômes présente donc un risque ?

— Oui, et le risque principal se résume dans ce que j’appelle la « surproduction d’élites ». Si de plus en plus de personnes obtiennent des diplômes du supérieur et nourrissent ainsi de grandes aspirations, le nombre de postes prévus pour ces élites - emplois prestigieux, mandats politiques, postes dans les grandes universités - n’augmente pas au même rythme. Cela provoque donc une concurrence accrue entre élites et, par un effet boule de neige, un ressentiment chez les individus en déclin social, dont certains deviennent des contre-élites remettant en cause la légitimité des institutions en place. Historiquement, cette dynamique a souvent été un facteur majeur d’instabilité politique, comme ce fut le cas avant les révolutions de 1848.

— La frustration des élites peut-elle s’ajouter à l’irritation des masses situées en bas de la pyramide sociale ?

— Oui, tout à fait. De nombreux aspirants frustrés, qui se sentent exclus du statut élitaire, se radicalisent politiquement. Ces contre-élites canalisent le mécontentement populaire en devenant les leaders ou les organisateurs de mouvements radicaux, aussi bien à gauche qu’à droite. La combinaison de la surproduction d’élites et de l’appauvrissement des masses crée une dynamique explosive. L’ascension de Donald Trump - et des mouvements populistes plus larges aux États-unis et ailleurs - peut d’ailleurs être comprise comme le résultat de ces pressions jumelées. D’un côté, nous avons un groupe croissant d’élites frustrées et de contre-élites qui rejettent l’ordre politique établi. De l’autre, une classe ouvrière et moyenne qui se sent économiquement sous pression et culturellement aliénée. Trump a su tirer parti des deux : en offrant du statut et une voix aux groupes marginalisés, tout en sapant les institutions traditionnelles. Ce phénomène n’est pas propre aux États-unis ; il s’inscrit dans un cycle démographique et structurel d’instabilité plus large.

— En quoi cela peut-il être un facteur de déstabilisation pour les sociétés ?

— Lorsque la surproduction d’élites coïncide avec l’appauvrissement des masses, et avec une fragilité croissante de l’État (dette publique incontrôlée, effondrement de la confiance institutionnelle), cela crée un terrain fertile à l’instabilité. On observe une polarisation politique accrue, des manifestations de rue, une augmentation du terrorisme, des émeutes violentes, et un soutien renforcé aux figures autoritaires ou antisystèmes. Historiquement, ces périodes de forte instabilité ont souvent précédé de grands bouleversements : révolutions, voire guerres civiles. Si les issues spécifiques diffèrent d’un pays à l’autre, les dynamiques sous-jacentes sont d’une cohérence alarmante.

— Dans ces conditions, le chaos est-il inévitable ?

— Non, le chaos n’est pas inévitable, mais il devient un risque réel et croissant tant que les pressions structurelles sous-jacentes ne sont pas traitées. Dans 10 % à 15 % des cas historiques que nous avons étudiés, les élites ont su se rassembler et adopter des réformes qui ont fini par désamorcer la crise sans guerre civile ni révolution majeure. La clé est de comprendre qu’il s’agit de problèmes systémiques nécessitant des solutions systémiques. Les ignorer, ou ne traiter que les symptômes, accélérera la trajectoire vers l’effondrement de l’état.

Source : Le Figaro

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dimanche 13 juillet 2025

Plus de demandes d’asile au poste frontalier de Lacolle en 6 jours en juillet que durant tout le mois de mai

Les plus récentes menaces de Donald Trump font grimper en flèche le nombre de demandeurs d’asile qui veulent entrer au Québec. Plus de migrants se sont présentés au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle en provenance des États-Unis pendant la première semaine de juillet que pendant tout le mois de mai.

Ce sont plus de 750 d’entre eux qui y ont demandé l’asile dans les six premiers jours de juillet, selon les chiffres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), soit 125 personnes par jour en moyenne. Ils n’étaient que 638 à avoir fait de même pendant tout le mois de mai.

Selon les informations du Journal de Montréal, les demandeurs d’asile sont en très grande majorité d’origine haïtienne et plusieurs ont de la famille au Canada.

Incertitude

Leur afflux soudain survient alors que l’administration du président Donald Trump tente une fois de plus de couper court à un programme permettant aux Haïtiens fuyant l’instabilité de rester légalement aux États-Unis.

Mais le TPS (Temporary Protected Status ou «statut de protection temporaire») fait l’objet d’une bataille devant les tribunaux depuis plusieurs mois.

Un juge fédéral a empêché vendredi dernier l’administration Trump de retirer ce statut à 520 000 Haïtiens présents aux États-Unis, pour le moment.

À cela s’ajoutent les menaces d’expulsion des immigrants sans-papiers et la multiplication des centres de détention, comme «l’Alcatraz des alligators», récemment inauguré en Floride.

Réaction
 
Pour le sociologue et commentateur Mathieu Bock-Côté, « Il est temps, tout simplement, de stopper cette immigration massive qui nous submerge. Et il serait peut-être temps aussi d'avoir un peu de compassion pour la société québécoise, qui n'en peut plus.»
Le droit d’asile n’a plus aucun sens
 

The Economist n’est pas ce qu’on pourrait appeler un magazine nationaliste et conservateur. 

Il s’agit plutôt, et depuis longtemps, de la bible des élites mondialistes, qui croient à l’abolition des frontières et qui ont longtemps célébré l’immigration massive au nom d’un monde reconstruisant la tour de Babel.

De même, il traitait le droit d’asile comme un droit sacré, devant lequel il fallait s’incliner, que jamais on ne saurait remettre en question. Il n’en est plus ainsi.

Le temple journalistique du mondialisme doute de ses dogmes.

À la une, cette semaine, il reconnaissait ainsi que le système autour duquel s’articule le droit d’asile en Occident est à jeter aux poubelles.

On ne peut qu’être d’accord, si on reconnaît, comme on aurait dû le faire depuis longtemps, que le droit d’asile, pensé pour accueillir quelques dissidents communistes dans le contexte de la guerre froide, a été détourné à grande échelle pour devenir une filière migratoire parmi d’autres – et peut-être même la filière migratoire privilégiée en Occident.

Des migrants économiques s’en emparent pour s’installer dans nos pays sans en avoir le droit, sous de fausses raisons, avec l’aide des mafias de passeurs et des groupes pseudo-humanitaires d’extrême gauche qui s’imaginent que le monde occidental doit accueillir toute la misère du monde, pour s’excuser de sa prospérité décrétée injuste.

Refuser cette migration de masse relèverait du racisme ou de la xénophobie.

Mais voilà, nos sociétés n’en peuvent plus.

Désastre

L’immigration massive coûte très cher, elle dérègle le marché immobilier, conduit l’État social à la faillite, engendre une inquiétude identitaire plus que fondée dans les pays qui la subissent, en plus d’engendrer beaucoup d’insécurité – même si cela demeure peut-être l’ultime tabou du politiquement correct.

Le commun des mortels sait tout cela depuis longtemps. Ceux qu’on a traités de populistes ont essayé aussi de lancer l’alerte. Maintenant, même les mondialistes sont obligés de convenir du désastre.

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Supprimer le système d'asile — séparer l'asile de la migration économique

Les règles relatives aux réfugiés ont été établies de manière aléatoire. La Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés de 1951 ne s'appliquait qu'à l'Europe et visait à empêcher que ceux qui fuyaient Staline ne soient renvoyés en Union soviétique pour y faire face à sa colère. Elle stipulait que toute personne contrainte de fuir en raison d'une « crainte fondée » de persécution devait bénéficier d'un refuge et ne devait pas être renvoyée dans un pays où elle risquait d'être en danger (principe de « non-refoulement »). En 1967, le traité a été étendu au reste du monde.

La plupart des pays l'ont signé. Pourtant, de moins en moins de pays le respectent. La Chine accueille moins de réfugiés que le petit Lesotho et renvoie les Nord-Coréens chez eux, même s'ils risquent d'être envoyés au goulag. Le président Donald Trump a mis fin à l'asile aux États-Unis pour presque tout le monde, à l'exception des Sud-Africains blancs, et prévoit de dépenser plus pour expulser les migrants en situation irrégulière que ce que d'autres pays dépensent pour leur défense. Les attitudes occidentales se durcissent. En Europe, les opinions des sociaux-démocrates et des populistes de droite convergent.

Le système ne fonctionne pas. Conçu pour l'Europe d'après-guerre, il ne peut pas faire face à un monde où les conflits se multiplient, où les voyages sont bon marché et où les écarts salariaux sont énormes. Environ 900 millions de personnes souhaiteraient émigrer de façon permanente. Comme il est presque impossible pour un citoyen d'un pays pauvre de s'installer légalement dans un pays riche, beaucoup partent sans autorisation. Au cours des deux dernières décennies, beaucoup ont découvert que l'asile offrait une porte dérobée. Au lieu de franchir clandestinement une frontière, comme par le passé, ils s'adressent à un garde-frontière et demandent l'asile, sachant que la décision prendra des années et qu'entre-temps, ils pourront se fondre dans l'ombre et trouver du travail.

Les électeurs ont raison de penser que le système a été détourné. La plupart des demandes d'asile dans l'Union européenne sont désormais rejetées d'emblée. La crainte d'un chaos aux frontières a alimenté la montée du populisme, du Brexit à Donald Trump, et empoisonné le débat sur la migration légale. Pour créer un système qui offre la sécurité à ceux qui en ont besoin, mais aussi un flux raisonnable de migration de main-d'œuvre, les décideurs politiques doivent séparer les deux.

Environ 123 millions de personnes ont été déplacées par des conflits, des catastrophes ou des persécutions, soit trois fois plus qu'en 2010, en partie parce que les guerres durent plus longtemps. Toutes ces personnes ont le droit de rechercher la sécurité. Mais la « sécurité » ne signifie pas nécessairement l'accès au marché du travail d'un pays riche. En effet, la réinstallation dans les pays riches ne sera jamais qu'une infime partie de la solution. En 2023, les pays de l'OCDE ont reçu 2,7 millions de demandes d'asile, un nombre record, mais une goutte d'eau par rapport à l'ampleur du problème.

L'approche la plus pragmatique serait d'offrir à davantage de réfugiés un refuge près de chez eux. En général, cela signifie dans le premier pays sûr ou bloc régional où ils ont posé le pied. Les réfugiés qui parcourent de plus courtes distances sont plus susceptibles de rentrer un jour chez eux. Ils sont également plus susceptibles d'être bien accueillis par leurs hôtes, qui ont tendance à être culturellement proches d'eux et à être conscients qu'ils cherchent le premier refuge disponible pour échapper à une catastrophe. C'est pourquoi les Européens ont largement accueilli les Ukrainiens, les Turcs ont été généreux envers les Syriens et les Tchadiens envers les Soudanais.

Il est souvent beaucoup moins coûteux de s'occuper des réfugiés près de chez soi. L'agence des Nations unies pour les réfugiés dépense moins d'un dollar par jour et par réfugié au Tchad. Compte tenu de leurs budgets limités, les pays riches aideraient beaucoup plus de personnes en finançant correctement les agences pour les réfugiés – ce qu'ils ne font pas actuellement – qu'en hébergeant les réfugiés dans des foyers du premier monde ou en payant des armées d'avocats pour plaider leur cause. Ils devraient également aider généreusement les pays d'accueil et les encourager à laisser les réfugiés subvenir à leurs besoins en travaillant, comme le font de plus en plus nombreux.

Les Occidentaux compatissants peuvent ressentir le besoin d'aider les réfugiés qu'ils voient arriver sur leurs côtes. Mais si le voyage est long, difficile et coûteux, ceux qui le mènent à bien ne sont généralement pas les plus désespérés, mais des hommes en bonne santé et relativement aisés. Les fugitifs de la guerre en Syrie qui ont réussi à atteindre la Turquie voisine représentaient un large échantillon de la population syrienne ; ceux qui ont atteint l'Europe étaient 15 fois plus susceptibles d'avoir un diplôme universitaire. Lorsque l'Allemagne a ouvert ses portes aux Syriens en 2015-2016, cela a incité un million de réfugiés qui avaient déjà trouvé refuge en Turquie à se rendre en Europe à la recherche de salaires plus élevés. Beaucoup ont ensuite mené une vie productive [bien que leur taux d'activité soit inférieur à celui des natifs des pays en question], mais on ne voit pas clairement pourquoi ils méritaient d'être prioritaires par rapport à la multitude d'autres personnes, parfois mieux qualifiées, qui auraient apprécié la même opportunité.

Les électeurs ont clairement indiqué qu'ils voulaient choisir qui ils laissaient entrer, et cela ne signifie pas tous ceux qui se présentent et demandent l'asile. Si les pays riches veulent endiguer ces arrivées, ils doivent modifier les incitations. Les migrants qui quittent un pays sûr pour un pays plus riche ne devraient pas être pris en considération pour l'asile. Ceux qui arrivent devraient être envoyés dans un pays tiers pour y être pris en charge. Si les gouvernements veulent accueillir des réfugiés provenant de pays lointains, ils peuvent les sélectionner à la source, là où l'ONU les enregistre déjà lorsqu'ils fuient les zones de guerre.

Certains tribunaux diront que cela viole le principe de non-refoulement. Mais ce n'est pas nécessairement le cas si le pays tiers est sûr. Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, souhaite envoyer les demandeurs d'asile en Albanie, qui remplit les conditions requises, afin que leur dossier y soit examiné. Ce n'est pas le cas du Soudan du Sud, où M. Trump souhaite renvoyer les migrants illégaux. Des accords peuvent être conclus pour obtenir la coopération des gouvernements des pays tiers, en particulier si les pays riches agissent de concert, comme commence à le faire l'UE. Une fois qu'il sera clair que l'arrivée sans invitation ne confère aucun avantage, le nombre de personnes qui le font chutera.

Source : The Economist

samedi 12 juillet 2025

Un cerveau seul est un cerveau atrophié

Dans son nouvel ouvrage, Quand on tombe amoureux, on se relève attaché (Odile Jacob), le neuropsychiatre Boris Cyrulnik nous ouvre les portes du cerveau humain afin de comprendre les désordres affectifs et émotionnels qui empêchent les nouvelles générations de tomber amoureuses et s’attacher durablement.

Présentation de l'éditeur

« L’amour ne frappe pas au hasard. Ce merveilleux moment ne touche que ceux qui y sont disposés.


Toute notre vie, on peut réveiller l’empreinte amoureuse que l’on croyait engourdie.

Ceux qui ont bénéficié d’un attachement sécurisé sont les plus faciles à aimer, mais certains se sentent plus à l’aise avec un attachement apaisé et moins fiévreux que l’amour intense, parfois source d’angoisse.

Ceux qui, dans leur enfance, ont connu un désert affectif ont tendance à croire qu’ils ne sont pas aimables puisqu’ils n’ont jamais été aimés ; quand on les aime, ils pensent qu’ils ne le méritent pas et qu’on va à nouveau les abandonner. Il est alors difficile de tisser un lien d’attachement.

L’amour fait parfois peur et l’attachement parfois emprisonne. Faudra-t-il inventer de nouvelles cours d’amour pour retrouver le plaisir d’aimer ? » B. C.

Un grand livre émouvant et profond.

Boris Cyrulnik y déploie son talent d’écrivain, unique, pour mettre des mots sur ce que nous ressentons.

Quand on tombe amoureux, on se relève attaché
de Boris Cyrulnik 
chez Odile Jacob
publié le 5 mars 2025
à Paris
289 pp.
ISBN-10 : 241500519-3
ISBN-13 : 978-241500519-1

 

jeudi 10 juillet 2025

« Vers une gestion soviétique des propriétés privées ? »

Vers une gestion soviétique des propriétés privées ?» : l'édito de Mathieu Bock-Côté, dans Face à l'info.


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Selon Pia Mamut, chercheuse à l’Université Münster, la rénovation énergétique des bâtiments n’est pas la solution. Pour limiter l’impact du secteur sur l’environnement, il faut commencer par définir un nombre de mètres carrés autorisés par personne.

Votre maison est trop grande selon l’INSEE…

L'étude de l'INSEE: « Un quart des ménages vivent dans un logement en sous‑occupation très accentuée »

L'immigration de masse mène à la densification de masse et à la perte de qualité de vie

Canada — Des logements trop chers

OCDE — Le PIB réel par habitant du Canada en berne, il est plombé par l'immigration de masse

Australie — Effets de l'immigration massive et ses effets sur le logement et les services publics comme les écoles et les hôpitaux

Pour Justin Trudeau, il ne faut pas que l'urgence de payer son logement ou son épicerie l'emporte sur la lutte contre les changements climatiques

L’écologisme tue-t-il ?  

Chine — La politique de l'enfant unique est terminée, mais le taux de fécondité continue de baisser (effet de l'urbanisation et de la densification des logements ?)

 

Forte densité et faible natalité

Le lien entre densité plus élevée et faible fécondité se vérifie partout, même en Afrique.

Considérons quelques études.

Tout d'abord, Lutz et coll. (2006) ont examiné 145 pays et, en tenant compte de plusieurs variables socio-économiques, Lutz et coll. concluent : « La densité de population est désormais le facteur le plus important pour expliquer le niveau de fécondité, seule l'alphabétisation des femmes s'en rapprochant le plus. » Lutz et coll. indiquent que le taux de fécondité diminue avec l'augmentation de la densité dans de nombreux pays.


En outre, dans 94 régions d'Europe, la taille idéale de la famille est corrélée négativement avec la densité de population.
 
 
Dans une étude portant sur 174 pays et menée sur une période de 69 ans, Rotella et coll. (2021) ont constaté une relation négative robuste entre la densité et la fécondité, tant à l'intérieur des pays qu'entre les pays, même en tenant compte d'une série de variables. Ils écrivent que « les différences entre les pays et les changements de densité à l'intérieur des pays au fil du temps prédisent les taux de fécondité, représentant 31 % de la variance de la fécondité » (p < 0.001).

Cette corrélation négative se vérifie dans tous les pays développés et dans la plupart des pays en développement.

De plus, de la Croix et coll. (2017) rapportent que dans 44 pays en développement, une augmentation de la densité de 10 à 1000 habitants par km² entraîne une diminution de la fécondité d'environ 0,7 enfant. En utilisant 20 groupes de densité, les auteurs trouvent une relation négative entre la densité et la fécondité qui est significative à un niveau de p<0,01. 

Enfin, Testa (2004) constate dans un article intitulé Population Density and Fertility que pour l'Indonésie, la fécondité est fortement corrélée négativement avec la densité dans toutes les provinces. 

mercredi 9 juillet 2025

Allemagne — Nouvelle campagne pour avertir que les attouchements sont interdits dans les piscines publiques

En Allemagne, le gouvernement a lancé une nouvelle campagne pour avertir les clients des piscines publiques que les attouchements sont interdits :


Comme vous pouvez le voir, sur une affiche, un homme blanc envahit l'intimité d'une femme brune ; sur la deuxième, un homme blanc saisit les fesses d'une femme brune ; sur la troisième, deux hommes blancs poussent une femme brune ; et sur la quatrième, une rousse prédatrice tripote un homme brun avec une jambe de bois.

Comme l'a souligné le journal le plus vendu d'Europe, cette campagne publicitaire est l'exacte inversion de la réalité allemande :
    Elf Tage ist es her, dass acht Mädchen in Gelnhausen bei einem Schwimmbad-Ausflug sexuell belästigt wurden. Die mutmaßlichen Täter waren vier junge Männer. Alle vier sollen derselben syrischen Familie angehören.
Ce qui signifie :
    Il y a onze jours, huit filles ont été agressées sexuellement lors d'une sortie à la piscine de Gelnhausen. Les auteurs présumés sont quatre jeunes hommes. Tous les quatre seraient issus de la même famille syrienne.
Est-ce vraiment une surprise quand on sait que l'homme qui a sodomisé un garçon de dix ans dans la piscine de Theresienbad a vu sa condamnation annulée par la Cour suprême autrichienne au motif que, étant originaire d'Irak, Amir ne pouvait pas savoir que le mignon petit marmot ne consentait pas à son viol anal ?
 
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Bureau national des statistiques britannique : En 2024, le pourcentage de naissances vivantes dont l'un des parents ou les deux sont nés hors du Royaume-Uni était de 40,4 % en Angleterre (contre 38,2 % en 2023). 

Trudeau a dépensé 11 milliards $ sur des programmes « de genre » à l'étranger au cours de son mandat


Au cours des dix dernières années, le gouvernement du Canada a dépensé environ 11,2 milliards de dollars pour des initiatives en matière d'égalité des sexes à l'étranger (vous avez dit ingérence?), en se concentrant sur des projets ciblant directement l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, comme le prévoit la politique d'aide internationale féministe (PAIF) du Canada.

Ce chiffre est une estimation prudente, car il inclut principalement l'aide ciblée sur le genre et ne tient pas compte de la valeur totale des projets intégrés au genre, qui pourraient représenter des milliards de dollars supplémentaires s'ils étaient entièrement calculés.

Trudeau a annoncé le PAIF à la Chambre des communes en 2017, en soulignant l'engagement du Canada en faveur de l'égalité des sexes.

« Nous sommes ici aujourd'hui pour lancer la Politique féministe d'aide internationale du Canada - une politique qui place les femmes et les filles au centre de tout ce que nous faisons en matière d'aide internationale. Car nous savons que lorsque les femmes et les filles prospèrent, tout le monde en profite », a-t-il déclaré.

M. Trudeau avait promis d'équilibrer le budget d'ici 2019 lors des élections de 2015, mais il a enregistré neuf déficits consécutifs.

Le plus important a été enregistré en 2023/24, avec un déficit de 61,9 milliards de dollars, le plus élevé en dehors de la période COVID-19. Les déficits annuels se sont élevés en moyenne à 39-48 milliards de dollars entre 2020 et 2025, en raison des dépenses liées à la pandémie, aux infrastructures et aux programmes sociaux.

La dette fédérale a doublé, passant de 693,8 milliards de dollars en 2015 à 1,4 billion de dollars en mars 2025, selon l'Institut Fraser.

La dette par personne a augmenté de 14 127 dollars (corrigée de l'inflation) entre 2014/15 et 2023/24, les coûts du service de la dette atteignant 53,7 milliards de dollars en 2024/25, soit 1 301 dollars par personne - plus que les recettes de la TPS fédérale.

Les déficits antérieurs au COVID étaient moins importants - 18,1 milliards de dollars en 2018/19 - mais les dépenses liées à la pandémie (2020-2022) et les dépenses permanentes en matière de santé, de climat et de réconciliation avec les autochtones ont fait grimper la dette.

Les critiques, comme l'Institut Fraser, soutiennent qu'une grande partie des dépenses étaient inutiles, alors que le gouvernement de M. Trudeau les a présentées comme nécessaires à la reprise économique et à l'équité sociale. 


 

Source : The Winnipeg Sun