Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Texte de Mathieu Bock-Côté sur la mise à la poubelle d’un texte de Félix Leclerc sur le travail comme valeur inhérente à la dignité de l’homme, et ceci à la suite d’une plainte d’un seul parent. Apparemment, sa plainte était plus recevable que celle de nombreux parents opposés depuis près de dix ans au cours d’ECR (éthique et de culture religieuse).
La nouvelle a fait sursauter tous ceux qui n’ont pas complètement perdu la raison : dans une école du Mile-End, à Montréal, on enseignait la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme, de Félix Leclerc.
J’écris « enseignait », car on ne l’enseigne plus. À la suite de la plainte d’un parent se disant offusqué de la représentation qu’on y faisait des assistés sociaux, l’enseignant et la direction ont décidé de retirer la chanson du programme.
Mieux ! Pour en effacer jusqu’à la trace, les élèves ont dû arracher de leur Duo-Tang la page sur laquelle elle était écrite pour la mettre au recyclage ! À la poubelle, Félix ! À la poubelle !
Certains n’y verront qu’un fait divers exaspérant. Faux ! C’est un révélateur de l’immense bêtise de notre temps.
Tout s’y trouve.
D’abord l’hypersensibilité d’un parent, qui veut censurer un texte qui l’indigne.
Ensuite la lâcheté de l’établissement, qui se couche devant le parent querelleur de peur de voir la controverse enfler et exploser. [Les écoles se plient-elles plus facilement devant des plaintes qui fleurent bon le progressisme sous-jacent, le correctivisme politique ? Ce n’est pas impossible.] Le mécontentement d’un quidam pousse les autorités à plier le genou. Que faire devant de tels invertébrés ? On comprend par ailleurs les enseignants de se montrer méfiants envers la présence exagérée des parents dans leurs salles de classe.
La chanson anathème...
Enfin l’inculture, qui se conjugue à l’esprit anachronique. Car traiter un classique de la chanson québécoise, qui évoque l’univers moral du vieux monde et de l’ancienne paysannerie canadienne-française, comme un vulgaire manifeste politique, c’est faire offense à la culture et la littérature.
Au nom de l’esprit de compromis, j’ai entendu de bons esprits proposer qu’on remplace cette chanson de Félix Leclerc par une autre.
Mais laquelle ?
Le tour de l’île ? J’entends déjà une néoféministe s’indigner que Félix y parle avec méfiance de la minijupe !
L’alouette en colère ? Cette fois, je vois bien quelqu’un s’indigner de la sympathie de Félix Leclerc pour l’indignation qui poussa certains jeunes à rejoindre le FLQ.
La nuit du 15 novembre ? Surtout pas ! Il y chante l’indépendance !
Attends-moi ti-gars ? Que nenni ! Il excite le populisme et l’antiparlementarisme en disant du mal des politiciens !
Il y a là tous les ingrédients qui rendent notre époque si indigeste. Le politiquement correct pousse notre société à la névrose.
Scandale, on parle de Dieu dans une chanson, deux ou trois athées militants seront vexés ! À ce compte-là, on ne pourra plus rien enseigner ni admirer.
Félix Leclerc est un classique de la culture québécoise. Il faut entrer dans son œuvre et non la mettre aux vidanges. Qu’il faille rappeler de telles évidences nous dit bien dans quel gouffre nous sommes tombés.
Le Mouvement Québec français (MQF) veut relancer le débat sur l’application de la loi 101 dans les cégeps. Il s’inquiète de l’augmentation de la fréquentation des collèges et des universités anglophones au Québec.
Le président du MQF, Maxime Laporte, y voit un danger d’anglicisation qui doit être freiné. Il souhaite forcer la fréquentation d’institutions collégiales francophones pour les élèves qui sont passés par l’école primaire et secondaire en français.
L’application de la loi 101 dans les établissements collégiaux est une mesure essentielle dont le Québec français ne peut se priver.
Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français
Selon la Fédération des cégeps, autour de 17 % des étudiants fréquentent un collège anglophone. À l’université, un étudiant sur quatre (25 %) va dans un établissement anglophone (Bishop’s, Concordia ou McGill), selon le Bureau de coopération universitaire.
Cette situation représente un danger pour le MQF. Il craint qu’une majorité de ces étudiants choisissent d’abord l’anglais comme langue de travail et comme langue au quotidien ensuite.
Maxime Laporte veut profiter du débat à venir sur le renforcement de la protection de la langue française pour discuter des cégeps.
La seule approche viable est celle visant à enrayer les causes de l’anglicisation, sans négliger évidemment la plus dommageable d’entre elles, la non-application de la loi 101 au collégial, dit-il.
L’ancien porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation, Richard Décarie, a vu sa candidature à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) refusée. La campagne de Décarie avait indiqué la semaine passée lors de réunions en Estrie et en Montérégie qu’elle disposait de l’argent et des signatures requis pour déposer sa candidature. Il avait déclaré avoir plus de signatures que nécessaires sachant que les instances du parti sont très strictes et éliminent les signatures qui paraissent douteuses.
Monsieur Décarie avait alors déclaré qu’il devait passer devant une commission d’approbation en fin de semaine.
C’est en substance ce que confirmait par la suite Le Devoir : « Deux autres candidats ont remis leur dossier de candidature dûment rempli et leur premier versement, mais leur candidature n’est pas encore confirmée, car ils doivent d’abord subir l’entrevue prévue avec le comité organisateur afin de s’assurer qu’ils partagent et respectent les positions politiques du PCC. »
Le parti dit conservateur du Canada a annoncé la liste des candidats en graphie dite « inclusive » chère aux milieux les plus progressistes et politiquement corrects.
Le comité de nomination à la direction du Parti conservateur a interviewé Décarie jeudi, ce qui indique qu’il avait bien rempli toutes les autres conditions nécessaires à sa participation à la course, y compris des frais de 25 000 $ et 1 000 signatures de membres du parti.
M Décarie avait tenu de nombreuses réunions en Ontario où de nombreux membres des communautés culturelles souvent socialement conservatrices lui avaient donné son appui.
M. Décarie avait déplu plus tôt dans l’année à certains membres du PCC pour ses idées conservatrices sociales sur l’avortement qu’il désirait ne plus voir financé par le fédéral « car la grossesse n’est pas une maladie » et sur l’homosexualité qu’il voit comme un choix de vie et non comme une fatalité purement génétique. Cette polémique avait pris le pas sur le programme de Richard Décarie qui allait bien au-delà de ces aspects : fiscalité fortement pro-famille, décentralisation fortement accrue du Canada, passage des réserves amérindiennes sous la juridiction des provinces et non plus du fédéral.
Le porte-parole du PCC, Cory Hann, a déclaré : « Les raisons pour refuser une candidature ne sont pas divulguées conformément à nos normes de nomination, mais ce n’est pas une décision que le comité prend à la légère. »
Brad Trost, lui-même un ex-aspirant à la direction conservatrice qui appuyait Richard Décarie dans ses démarches, a reconnu que l’équipe de campagne a été prise au dépourvu par la nouvelle.
L’annonce du rejet la candidature est tombée samedi lorsque le PCC a publié un communiqué de presse dévoilant la liste officielle des huit candidats.
Un responsable du parti ayant une connaissance directe du dossier a déclaré sous condition d’anonymat que le rejet n’était pas spécifique à l’interview télévisée de Décarie où il déclarait notamment que l’homosexualité était un choix, mais concernait sa candidature dans son ensemble. La demande de candidature comprend un long questionnaire sur les intentions de M. Décarie (que changerait-il à la politique actuelle du PCC ?) et diverses mesures pour vérifier les antécédents de M. Décarie, ses activités antérieures, ses écrits et ses publications sur les médias sociaux.
Ce responsable a également souligné que d’autres candidats socialement conservateurs (Leslyn Lewis et Derek Sloan) sont dans la course, ce qui prouverait que le parti ne cherche pas à bloquer les personnes ayant ces opinions. Ces deux candidats sont des avocats ontariens unilingues anglais et très peu connus des membres du parti.
Selon les règles de la course à la direction, il n’y a plus de voie d’appel pour Décarie maintenant que la date limite d’inscription du 27 février est échue.
Toutes les décisions du Comité organisateur électoral de la chefferie (COEC) sont finales et ne peuvent faire l’objet d’un recours interne ou d’un contrôle judiciaire, précisent les règles.
Le questionnaire qui devait être rempli par tous les candidats à la chefferie comprenait des questions qui auraient pu constituer un motif de blocage de Décarie, notamment si aux yeux du comité non élu le candidat s’est déjà « livré dans des activités qui encouragent la discrimination ou la haine contre les personnes » sur la base de… l’orientation sexuelle » de suggérer le National Post sans expliquer cette insinuation.
« Malgré le soutien de milliers de membres du PCC, le Comité organisateur électoral de la chefferie (COEC) non élu a rejeté ma candidature et ne permettra pas à mes partisans de voter pour moi.
Le comité n’a fourni aucune raison. Il semble que ma candidature ait été considérée comme une menace pour l’establishment du PCC et pour le type de chef qu’ILS veulent sélectionner.
Jusqu’à présent, j’étais le seul candidat qui ait pris une position ferme en faveur du mariage traditionnel et qui a proposé d’abolir le financement fédéral de l’avortement, puisque ce n’est pas un soin de santé.
Les conservateurs “Vrai Bleu” ayant des valeurs traditionnelles, représentent une force majeure au sein de notre Parti. Ils sont une force avec ou sans ma candidature dans cette campagne à la chefferie.
Je continue de travailler avec tous les conservateurs “Vrai Bleu” qui soutiennent et agissent au sein du mouvement conservateur et du PCC, peu importe que cela dérange l’élite non élue Red Tory.
Je crois en un PCC qui accueille tous les conservateurs “Vrai Bleu” et offre une alternative claire aux Libéraux. Le PCC que j’ai contribué à fonder a débuté sur ces principes, notamment au Québec.
J’exhorte donc tous mes partisans à continuer de poursuivre vers cet objectif. Le travail continue ! »
Recension de l’ouvrage d’Émile Le Menn, L'école autrement, Mon tour du monde des pédagogies alternatives, publiée dans The Conversation [un site en français, malgré son nom anglais, à la mode dans certains milieux].
« Les voyages forment la jeunesse, dit-on. La popularité de programmes d’échanges universitaires comme Erasmus ne dément pas cette idée. Et si voir de nouveaux horizons aidait aussi à mieux enseigner ? Certains acteurs de l’éducation n’hésitent pas en tout cas à se lancer dans de véritables périples pour repérer de bonnes pratiques et se confronter à d’autres points de vue sur leur métier. Désormais professeur des écoles en région parisienne, Émile Le Menn a relaté son tour du monde sur un blogue puis dans un livre aux éditions Retz, dont Sylvain Connac, spécialiste des pédagogies coopératives, nous propose une lecture. »
« Dans sa vie d’élève puis d’éducateur, Émile Le Menn a trouvé “beaucoup à redire à nos écoles françaises”. Au-delà du manque de contact avec la nature, de la liberté de mouvement restreinte dans des classes de petite taille où règne l’enseignement magistral, il regrette le poids des origines sociales sur la réussite et le peu d’échanges avec les parents d’élèves.
Durant ce périple, il dit avoir été amené à “invalider” bon nombre de ses idées initiales sur l’éducation. Il revient de ce voyage, non pas avec LA méthode pédagogique idéale, mais avec des idées précises de ce que pourrait devenir une école accessible et profitable à tous, et qu’il relate dans L’école autrement. Comment transformer l’école sans se réfugier dans des propositions qui ne seraient que de “la poudre aux yeux” ? Alors qu’il prépare le concours de professeur des écoles, Émile Le Menn décide de répondre à cette question par un tour du monde des écoles alternatives. En 7 mois, il a ainsi parcouru 9 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Finlande, Norvège, Canada, Autriche, Émirats arabes unis, Nouvelle-Zélande), pour visiter 18 écoles différentes.
Pédagogies nouvelles en questions
La solution pour refonder l’école est-elle à chercher du côté de l’Éducation nouvelle, sur laquelle les discours abondent actuellement ? De ses visites dans des écoles Freinet, Steiner et Montessori, Émile Le Menn ne retient pas que du bon. Principalement en raison de l’emprise des adultes sur les enfants et parce qu’il trouve que ces pédagogies anciennes, construites dans un monde suranné, évoluent très peu.
Il reconnaît à la pédagogie Freinet son projet révolutionnaire, mais il regrette que l’autonomie accordée aux élèves se fasse dans un cadre très normé. Il apprécie, dans les écoles Montessori où il s’est rendu, les libertés accordées aux enfants, mais il reproche le carcan limité et figé des activités ainsi qu’un manque de vision sociétale, de volonté progressiste en éducation.
Il se montre surtout perplexe avec les écoles qui fonctionnent en pédagogie Steiner-Waldorf, au sein de l’ensemble plus large de l’anthroposophie, un mouvement d’ésotérisme chrétien que connaissent peu d’enfants et de familles inscrits dans ces établissements. Il admet que cette pédagogie cherche à rendre les enseignements vivants (par des poèmes, des chants, un suivi long des adultes, l’absence de manuels…) mais il conteste la “manière presque industrielle de travailler”, les élèves réalisant la même tâche au même moment.
Il apporte également une analyse critique sur des écoles qui, pour nous français, apparaissent comme idéales : celles des pays nordiques, Finlande et Norvège. Il souligne une culture éducative riche, priorisant le bien-être des enfants sur leurs performances et la faible importance accordée à la formation de futurs citoyens adaptés au monde économique.
Mais il est revenu déçu des pratiques pédagogiques observées, pas forcément très modernes, les élèves passant “le plus clair de leur temps assis devant leur professeur à exécuter des tâches qu’il leur attribue”.
Vers “une école démocratique”
Émile Le Menn détaille donc, en synthèse de toutes les observations et des entretiens qu’il a menés, la vision que cette expérience lui a permis de construire : une école “démocratique”, très influencée par des penseurs de l’éducation comme Alexander Neill, Daniel Greenberg ou Bernard Collot (en France). Le projet éducatif qu’il défend laisse les enfants choisir leurs activités scolaires et leur donne la possibilité d’agir sur leur environnement, notamment sur le fonctionnement de leur établissement.
La coopération occupe une place forte, puisque les enfants sont encouragés à travailler à plusieurs et à réaliser avec d’autres des productions abouties. Ils se réunissent régulièrement en conseils démocratiques, pour aborder collectivement les projets communs, les problèmes du groupe et ses réussites.
Les enfants peuvent ainsi développer des compétences sociales comme la persévérance, l’autorégulation, la compassion, la gratitude, le courage… “L’un des objectifs est de percevoir les autres est soi-même sous un angle positif. Le petit Patrick n’est pas seulement timide, il est aussi courageux et généreux !” Une pédagogie de projet est régulièrement pratiquée pour rendre les activités scolaires plus motivantes, plus variées, plus concrètes et transdisciplinaires.
La priorité est donc mise plus sur l’épanouissement personnel que sur la réussite aux évaluations. Le rôle des adultes est de créer l’environnement permettant le bonheur individuel des enfants ainsi que la dynamique de leur collectif. Par exemple, ils interviennent pour faire perdurer leur motivation et constituent des groupes multiâges pour que l’hétérogénéité des élèves devienne une richesse.
Frustrations et apprentissages
De notre point de vue, si une école, telle que la dessine Émile Le Menn, parvenait à se construire et à devenir une tradition pédagogique, elle apporterait indéniablement une puissance éducative très enviable.
Toutefois, la collecte très sérieuse de données réalisée dans ces 18 écoles n’a pas permis de mettre à jour d’autres éléments constituant l’acte d’éduquer. En effet, la place des savoirs est très peu évoquée dans cette enquête. Ils apparaissent seulement à travers l’idée d’une variété d’activités qui dépasse les seules (et quelques) disciplines habituellement enseignées à l’école.
Cet enrichissement du milieu est surtout pensé pour les enfants qui peuvent difficilement compter sur la richesse de leur contexte familial. C’est, entre autres, à cette fin que les familles soient invitées à entrer dans l’école pour proposer des ateliers aux enfants.
Or, même si l’expérience de ce voyage souligne bien l’importance de la nécessaire tension entre l’individu et le groupe, elle ne montre pas assez celle propre à tout acte éducatif : émanciper et acculturer.
Plusieurs fois, il ressort de cela que les contraintes seraient problématiques pour les enfants. “Un enfant que l’on frustre, que l’on coupe dans ses envies peut difficilement être heureux”. Or, la philosophie de l’éducation, couplée aux recherches en sociologie de l’éducation ou en psychologie de l’enfance rappellent régulièrement la richesse de ces frustrations, qui, sans devenir des violences, sont des sources réelles de désirs, de dépassements et donc d’ouvertures et d’apprentissages.
Ces frustrations concernent souvent, à l’école, l’absence de savoirs. Lorsqu’ignorer devient problématique et au moment où ces manques sont comblés, les savoirs se présentent telles des “épaules de géants”, comme le décrivait Jean‑Pierre Astolfi. Grâce à l’appropriation de ces éléments de culture, le monde est plus accessible et sa compréhension est facilitée par ce que d’autres, avant nous et ailleurs, ont pu mettre à disposition de notre entendement.
Juliette Perchais explique pourquoi elle s’est elle aussi lancée dans un tour du monde des écoles (Le Huffington Post).
Plaisir d’enseigner
Au sein d’une école démocratique, Émile Le Menn explique que les adultes doivent “se garder d’exposer les enfants à des savoirs déterminés arbitrairement et donc ne proposer aucune activité tant que les élèves n’en ont pas fait la demande”. Il regrette en même temps que certaines de ces écoles ne cherchent pas à faire rencontrer aux enfants des domaines dont ils ignorent l’existence. Or, l’épanouissement est aussi possible par la culture, il ne dépend pas seulement du sentiment d’être heureux et d’appartenir à un groupe.
Nous défendons même que c’est un rôle essentiel des enseignants que de susciter le désir de savoir chez leurs élèves. Bien évidemment, pas en les soumettant à des flots d’informations sans aucun sens pour eux. Pas plus en tentant de “modeler” leur cerveau en fonction de ce que l’on souhaite qu’ils deviennent. Mais en visant une joie d’apprendre, résultant de réponses obtenues aux questions qu’ils se posent.
Mettre les élèves face à des obstacles, les laisser prendre conscience qu’ils bloquent, entendre leurs questions, puis leur donner les moyens de résoudre avec d’autres ces problèmes à l’aide de savoirs qu’ils n’ont pas encore eu la chance de découvrir. Voilà certainement l’essence de l’école, que les meilleures chaînes YouTube ne pourront jamais compenser. Voici également une raison solide d’atteindre le plaisir d’enseigner, en voyant les élèves réussir ce que précédemment ils n’imaginaient même pas.
Les écoles visitées par Émile Le Menn et décrites dans cet ouvrage ne semblent pas encore arrivées à cette étape de leur évolution. Peut-être en raison d’une peur d’enseigner. Peut-être aussi parce que l’on a trop souvent opposé, de manière stérile, une école de l’épanouissement à une école des savoirs. C’est une grande chance que de pouvoir désormais relever ce défi et construire une école digne des enjeux de l’éducation. »
Depuis une trentaine d’années, l’instruction civique a été remplacée par l’instruction écologique. L’écologie est devenue la forme acceptable de l’obligation envers la collectivité. Voilà le grand problème de la pédagogie actuelle, en matière sociale et civique. Parler de la patrie, des impôts ou des institutions est assez ingrat dans le contexte où nous nous trouvons. Alors qu’avec le tri sélectif, vous avez un objet incontestable et familier, faisant appel à des ressorts émotionnels faciles à comprendre. Cela passe très bien [beaucoup mieux que l’éducation civique à l’ancienne NDLR] ! Nous payons aujourd’hui le résultat d’un endoctrinement solidement conduit par les institutions scolaires depuis maintenant une génération.
[...] Mais sonner l’alarme sans se donner les moyens pratiques de quoi que ce soit hors de proclamations sur la radicalité du changement nécessaire, et alors qu’on n’est bien entendu pas décidé à l’appliquer pour son propre compte, ça ne coûte pas cher.
Les gouvernants peuvent assez peu faire s’ils veulent rester dans leur position d’élus. C’est bien là le sujet. La cause écologique va être la machine à broyer tous les gouvernements démocratiques dans la période qui vient. Je peux l’augurer sans risquer de me tromper. L’écart sur ce terrain va être béant à tout moment entre la solennité des annonces et la minceur des mesures effectivement prises. D’ores et déjà, par exemple, on voit bien que le cri d’alarme lancé à l’intérieur du monde politique [est contredit] par l’objectif de croissance, auquel bien entendu on ne touche pas. Ah bon ? Avec la croissance économique, avec la croissance de la population et des énergies nécessaires, comment fait-on ? Il y a là un hiatus terrible. Le personnel politique se met dans une ratière. Ratière dont il ne peut sortir qu’en charpie.
[...]
Et on va privatiser « Aéroports de Paris » pour avoir plus d’avions. Et plus de kérosène à dépenser, etc. Quel que soit le sujet [politique] que l’on prenne, on est dans une équation fatale. Il y a une telle distance entre les mesures praticables et la réalité des problèmes à l’échelle « massive ». Sans parler d’un petit détail… Imaginons que les Européens deviennent demain écologiquement vertueux. Ce qu’ils ne sont pas prêts de faire, mais imaginons simplement qu’ils y arrivent. Leur conduite ne changerait rien à l’état de la planète. Comment fait-on pour convaincre le reste de la planète d’entrer dans la logique occidentale ? On arrivera à une démagogie inévitable ici : « Vous nous imposez des sacrifices à nous, alors que les autres populations s’en contrefichent ! Et en plus, qu’est-ce qu’il se passe ? Rien ». C’est une situation politique terrible à gérer.
Entrevue avec Louise Bienvenue, professeure à l’Université de Sherbrooke, spécialisée en histoire du Canada et du Québec au XXe siècle : Une pétition sur la pénurie de main-d’œuvre dans le monde de l’enseignement.
Les signataires de la pétition invitent le ministère de l’Éducation du Québec à instaurer un certificat de pédagogie d’un an, donnant accès à un brevet d’enseignement. Un tel programme, y compris des stages, permettra à des diplômés de sciences pures, de sciences de la nature, de sciences humaines et de langues de venir renforcer les rangs de la profession enseignante.
Le père canadien Robert Hoogland de Surrey, en Colombie-Britannique, raconte comment la Cour suprême de la Colombie-Britannique a mis sa fille sous testostérone simplement parce que la jeune fille l'a demandé, sans considération pour l'avis des parents dont les souhaits n'entraient pas en ligne de compte pour le tribunal.
Délire de l’appropriation culturelle, phase deux. Rappelons aussi que le racisme anti-blanc n’existe pas selon la gauche subventionnée.
On sait depuis l’affaire Mnouchkine qu’au Canada des acteurs blancs ne peuvent pas interpréter des rôles de non-Blancs, au titre d’une condamnation de l’appropriation culturelle. Comme toujours avec ce genre de logique, il y avait des extensions possibles, et en voici une qui vient de se réaliser : une dramaturge canadienne a demandé à ce que les critiques blancs s’abstiennent de s’exprimer sur sa pièce dans les journaux.
Yolanda Bonnell
La dramaturge en question s’appelle Yolanda Bonnell. Elle est d’origine ojibwée et sud-asiatique, et se présente comme une femme « queer-two spirits ». (L’expression « two spirits », traduite par « bispiritualité », désigne une catégorie spécifiquement nord-américaine de queer amérindien.) (1)
Bonnell crée, ces jours-ci à Toronto, un spectacle hybride, entre pièce de théâtre et performance, intitulé « bug ». Ça évoque, selon le résumé qu’elle en donne, « les femmes d’une famille indigène confrontées à la toxicomanie et au trauma intergénérationnel ».
Si l’on en croit le compte rendu d’une spectatrice, le spectacle est composé de « mouvements corporels répétitifs » effectués dans un « espace tortueux/crypté » qui a le pouvoir d’« intégrer les passés douloureux et les processus transformatifs réunis par un rituel indigène génératif d’apaisement de la douleur ». Au début de la soirée, Bonnell « demande aux femmes indigènes dans la salle de se lever pour que le reste du public reconnaisse leur présence ».
« La dominante queer indigène et bispirituelle de l’œuvre » s’incarne dans des « rituels de soin et des demandes permanentes de consentement » adressées aux spectateurs. Yolanda Bonnell elle-même interprète un insecte (d’où le titre « bug »), un Manidoon ojibwé, chargé de rappeler au spectateur-participant qu’« au milieu de la violence coloniale, racialisante et genrée, nous devons devenir des insectes pour négocier notre territoire ».
Le programme de la pièce est donc alléchant. Mais voilà. « Dans le cadre de notre volonté de décoloniser l’art et d’encourager une pratique de la critique culturellement informée, explique Bonnell dans un article, ma compagnie théâtrale, mandoons collective, a exigé que seuls des indigènes, noirs et personnes de couleur (IBPOC) rendent compte du spectacle. »
Les Blancs ont le droit d’assister au spectacle, précise-t-elle, puisqu’il est « important que des témoins soient là pour comprendre les effets toujours actuels du colonialisme ». Ils doivent toutefois, pour peu qu’ils soient critiques, garder le silence sur ce qu’ils ont vu. Il n’est pas précisé si un Blanc non-critique a le droit ou non d’évoquer le spectacle sur les réseaux sociaux. En tant que critique blanc, j’ignore si j’ai le droit d’écrire sur le fait que je n’aurais pas le droit d’écrire sur la pièce.
Bonnell justifie cette demande par le fait que la « performance indigène est globalement sous-discutée » et que « le prisme à travers lequel les critiques blancs regardent ce travail est problématique » : les critiques blancs ont tendance, selon Bonnell, à dire : « Je ne comprends pas, par conséquent ce n’est pas du bon art. » Le critique blanc n’aime que l’art blanc. Une ignorance fondamentale et insurmontable l’empêche, par exemple, de comprendre l’intérêt d’une suite de mouvements répétitifs inspirés du ritualisme ojibwé dans un espace tortueux/crypté. Mal informé, le critique blanc pourrait aller jusqu’à trouver ça ennuyeux. Et même lorsqu’il croit naïvement apprécier l’œuvre non blanche, il la discute en réalité selon les critères de l’art blanc.
S’ensuit que la « conception eurocentrique de l’excellence » du critique blanc « contribue à coloniser encore un peu plus la performance indigène ». On entre donc dans une seconde phase du débat sur l’appropriation culturelle. Bonnell crée le délit d’appropriation culturelle indirecte : la production de l’œuvre n’est plus seule en cause. Son commentaire devient appropriateur. En parlant de l’œuvre indigène, le Blanc la colonise a posteriori.
Notons que, si on adhère à cette logique, un critique afro-américain ou asiatique n’a pas beaucoup plus d’expertise sur la culture ojibwée qu’un critique blanc, et devrait en toute rigueur lui aussi s’abstenir de commenter la pièce. Notons aussi que, sans connaître la sociologie ojibwée sur le bout des doigts, on peut supposer que certains d’entre eux ont peu de familiarité avec leur folklore ou de goût pour le performance art. Si bien qu’au bout du compte, les seuls admis à critiquer le spectacle de Bonnell seraient des Ojibwés théâtrophiles. En poussant un peu, on arriverait à la conclusion que seule Yolanda Bonnell possède la science nécessaire pour commenter le travail de Yolanda Bonnell.
« Ce que j’appelle du théâtre »
Une critique blanche, Karyn Recollet, a toutefois bravé l’interdiction et s’est exprimée publiquement sur le spectacle de Bonnell, qu’elle a adoré. « Je trouve intéressante la manière qu’elle a de décoloniser ce que j’appelle du théâtre », dit-elle en prenant soin de ne pas coloniser la planète avec sa conception eurocentrée du théâtre.(2)
« La majorité de ce à quoi j’ai assisté avait l’air d’être du théâtre, précise-t-elle toutefois, avec des personnages, une histoire. » Un critique, même blanc, pourrait reprocher à un tel académisme de reposer sur des préconceptions narratives eurocentrées qui nient la spécificité du récit indigène et qui reconduisent sa domination. Mais bon, n’allons pas trop loin non plus.
L’affaire est grotesque, mais potentiellement inquiétante, puisque la logique à l’œuvre est, sous une forme extrême, la même que celle qui, en France, préside au décolonialisme culturel. Les Français ont la passion du mimétisme et il n’est pas impossible que, bientôt, un Bonnell de France, mentalement colonisée par le décolonialisme nord-américain, reproche aux critiques blancs de le soumettre au diktat de l’excellence blanche.
Notes
1. Les Amérindiens appartenant aux troisième ou quatrième variations de genre dans les cultures natives, qui comportent quatre genres au lieu de deux. « Two spirits » est représenté par l’abréviation « 2S » dans le sigle LGBTTQQ2SIAAP — souvent abrégé en LGBTQ +. Le terme « 2S » ne s’applique pas, pour autant, aux homosexuels et lesbiennes d’ascendance amérindienne. C’est beaucoup plus spécifique.
2. L’expression « décoloniser le théâtre » pose une difficulté supplémentaire. Si on admet que le théâtre tel qu’il se pratique aujourd’hui vient du théâtre antique, et que son canon actuel, celui-là même que Yolanda Bonnell veut hybrider avec les rituels ojibwés, s’est formé en Europe, alors l’idée de décolonisation n’a aucun sens. A moins de faire du mot « colonial » un synonyme de « Blanc » ou d’« européen ». Auquel cas « décoloniser l’art » signifie « déblanchiser l’art », ce qui pose tout un tas de nouveaux problèmes que la brièveté du format journalistique nous empêche d’envisager ici.
Le chercheur Frédéric Lacroix a compilé des données révélatrices sur la population collégiale.
Les cégeps anglophones accueillaient, en 2018, 19 % de tous les étudiants collégiaux.
Mais au Québec, il n’y avait, en 2016, que 8,1 % de gens de langue maternelle anglaise.
En réalité, 37,8 % des étudiants dans ces cégeps anglophones sont des allophones et 20,7 % sont des francophones.
Comme me le faisait remarquer Lacroix, comment la communauté anglophone pourrait-elle être félicitée, tenue pour responsable des succès de diplomation des cégeps anglophones alors que les étudiants de langue maternelle anglaise y sont minoritaires ?
En fait, les « Anglos de souche » sont minoritaires dans « leurs » cégeps... depuis 2001.
Vous devinez la vraie cause de cette plus grande réussite des cégeps anglophones.
Le cégep anglophone Dawson, par exemple, n’accepte qu’un candidat sur trois. Or, 40 % de ses étudiants sont des francophones.
Pour le dire autrement, les francophones qui vont vers les cégeps anglophones se recrutent essentiellement parmi ceux qui ont les plus fortes notes.
Si les cégeps anglophones affichent de meilleurs résultats, c’est tout simplement parce qu’ils recrutent les meilleurs étudiants.
C’est un phénomène d’écrémage un peu similaire à celui qui explique, au niveau secondaire, les taux de réussite supérieurs de l’école privée [ou les écoles publiques dans les banlieues nanties, voir nos billets sur l’écrémage].
Depuis plusieurs années, on voit simultanément une ruée vers les cégeps anglophones et une baisse des inscriptions dans les cégeps francophones.
Entre 2013 et 2017, c’est 11,1 % de moins d’inscriptions pour le cégep Maisonneuve, 13,1 % de moins pour Bois-de-Boulogne et 12,8 % de moins pour le Vieux-Montréal.
À l’inverse, les inscriptions dans les cégeps anglophones augmentent même... hors de Montréal, en fait partout où il y a des établissements anglophones.
Les anglophones, eux, n’ont aucun intérêt ou presque pour les cégeps francophones : ils n’étaient que 1,3 % en 2018.
Quant aux allophones, c’est simple : dès que la fréquentation de l’école française cesse d’être imposée par la loi 101, ils se ruent vers les cégeps anglophones, avant d’aller ensuite massivement, dans une proportion de 91 % (!), à Concordia et à McGill.
Pour eux, la fréquentation de l’école française est une immersion forcée.
Pari perdu [par naïveté ?]
Quand la loi 101 fut adoptée, on fit le choix de ne pas l’imposer au cégep parce qu’on pensait que la fréquentation de l’école primaire et secondaire en français garantirait que cette personne vivrait ensuite en français à la maison et au travail.
[Nous pensons que les Québécois ont en outre été naïfs, apeurés ou timorés. Débonnaires. Les Flamands avaient compris que l’école flamande en concurrence avec l’école française n’était pas suffisante, ils ont fermé les écoles, collèges et universités francophones en Flandre. La section francophone de l’université catholique de Louvain a dû déménager et quitter Louvain en 1968. Auparavant, des universités comme celles de Gand ont été néerlandisées. L’Université de Gand passa d’abord partiellement en 1923 du français au néerlandais, puis intégralement en 1930, mettant fin à plus d’un siècle d’enseignement en français à cette université. La naïveté et la peur d’être traités d’extrémistes des Québécois expliquent, en partie, cette défaite pour le français à Montréal.
Il existe bien sûr d’autres éléments : la part grandissante des jeunes immigrés dans la clientèle scolaire qui n’a pas de rapport charnel avec le français, ainsi que la mondialisation qui impose davantage l’anglais au travail, dans les médias et sur internet.
Il faut que l'État québécois montre que le français est utile au Québec : il doit imposer la communication en français avec l'État québécois dans toute affaire professionnelle, dans la tenue des dossiers médicaux, de la comptabilité professionnelle, des affaires juridiques. Il ne faut plus qu'un hôpital québécois envoie des résultats d'analyse en anglais à des patients québécois, il ne faut plus qu'une juge provinciale puisse écrire un jugement en anglais au Québec. Il faut aussi que cessent les demandes de bilinguisme pour des postes qui ne le nécessitent pas. Nous avons ainsi travaillé dans des entreprises montréalaises propriété des patrons francophones où l'on demandait le bilinguisme aux francophones pour qu'ils parlent avec les employés unilingues anglophones établis au Québec et certains à des postes très bas dans la hiérarchie.]
C’était une illusion. Tout est à repenser.
Cette question des langues d’enseignement est si complexe et si déterminante pour notre avenir que j’y reviendrai.
La SRC titrait, dans un texte de Luc Chartrand de l’émission radio-canadienne Enquête que « Les chroniques de Richard Martineau alimentent l’islamophobie, selon une étude ».
L’article de la SRC — qui ne définit jamais ce qu’est l’islamophobie — commence ainsi :
Les textes du prolifique chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau ont fait l’objet d’une étude en sociologie. Un mémoire de maîtrise déposé en 2015 à l’UQAM par Mélanie Beauregard analyse des centaines de ses chroniques. Résultat : le chroniqueur participe à l’islamophobie, estime-t-elle.
« Les discours sur l’islam et/ou les musulmans publiés au sein des chroniques de Richard Martineau [...] participent à l’islamophobie », conclut l’étude qui se penche sur 438 textes, parus entre 2006 et 2014, signés par le commentateur, que l’on peut aussi voir à la télévision et entendre à la radio.
Malgré cette conclusion générale, l’analyse de la chercheuse — qui poursuit aujourd’hui des études de doctorat en sociologie — est assez nuancée.
« Richard Martineau ne fait pas preuve d’un racisme évident, mais il y a une islamophobie ambiante dans ses textes. »
Mélanie Beauregard
Le professeur Guillaume Marois est allé lire le mémoire en question, et force est de constater, selon lui, que sa portée a été nettement exagérée, non seulement par les activistes qui la brandissent, mais aussi par les médias qui l’ont rapporté.
Dans les termes de M. Marois :
D’abord, malgré ce que plusieurs rapportent, l’objectif du mémoire n’était pas de mesurer si les personnes lisant Martineau devenaient plus islamophobes [note du carnet : alimentent l’islamophobie selon la SRC], mais plutôt d’analyser si le discours de Martineau relève de l’islamophobe. Pour ce faire, elle a lu les chroniques et essayé de voir si elles cadrent avec certains procédés associés à l’islamophobie. Ce qu’elle a fait relève donc plus de l’analyse discursive ou littéraire. Scientifiquement, pour mesurer l’effet des chroniques sur le sentiment islamophobe, il aurait fallu mesurer les sentiments islamophobes d’un groupe de personnes avant et après lecture des chroniques, et comparer idéalement avec un groupe témoin à peu près identique, mais n’ayant pas lu les chroniques. Ce ne fut pas fait (et ce n’était pas l’objectif).
Ensuite, la conclusion tirée par l’auteure est très loin d’être sans équivoque. Je la cite : « Enfin, suite aux divers résultats obtenus, nous pouvons comprendre que nos hypothèses [que les chroniques étudiées relèvent de l’islamophobie] ne sont pas tout à fait corroborées ». Elle conclut également que Martineau n’utilise pas les stéréotypes généralement associés aux musulmans, mais qu’il procède en retour à une hiérarchie de musulmans et que par conséquent, son discours est à la fois islamophile et islamophobe. Mais bien honnêtement, rendu là, du moment qu’on distingue les islamistes des musulmans, on procède à ce genre de hiérarchisation, et tout le monde aurait à la fois un discours islamophile et islamophobe. On rentre ici dans les exagérations sémantiques typiques de certains courants en sciences sociales.
Finalement, j’aimerais préciser que les critères pour qu’un mémoire de maîtrise soit accepté sont nettement moindres que les critères pour une publication scientifique. Le mémoire de maîtrise sera généralement accepté si le candidat fait preuve de certaines compétences qu’on juge nécessaires à l’obtention du diplôme dans la discipline. Les évaluateurs d’une publication scientifiques de leur côté doivent s’assurer qu’il n’y a aucune lacune méthodologique ou erreur d’interprétation. Autrement dit, un mémoire de maîtrise n’a pas du tout la même portée qu’une étude scientifique publiée dans une revue à comité de lecture.