mercredi 2 mars 2022

Une nouvelle étude désavoue le célèbre test de la guimauve et son pouvoir prédictif sur l'avenir des enfants

Une étude de suivi de « Bing » met en doute le fait que la réponse d’un enfant d’âge préscolaire à un test de la guimauve puisse prédire quoi que ce soit sur son avenir.

– Depuis une trentaine d’années, parents et scientifiques ont recours au test de la guimauve pour glaner des indices sur l’avenir des enfants. L’expérience a gagné en popularité après que son créateur, le psychologue Walter Mischel (né à Vienne, mort à New York), a commencé à publier des études de suivi des enfants d’âge préscolaire de la crèche Stanford Bing qu’il avait testés entre 1967 et 1973. En quoi consiste ce test, et quelles seraient ses conclusions sur l’enfant ?

Pascal Neveu. — Les Anglo-saxons et notamment les Américains ont toujours eu un certain talent afin de créer des tests totalement critiquables.

Le test de la guimauve repose sur le fait de laisser un enfant âgé de 4-5 ans face à des confiseries. S’il résiste à l’envie de manger la « guimauve », il lui est promis d’en obtenir par la suite deux autres en guise de récompense. Les scientifiques ont analysé la durée pendant laquelle chaque enfant résiste à la tentation, afin de démontrer qu’une grande patience/résistance était synonyme de succès. L’interprétation des résultats d’observations montrent que plus grand est le maîtrise sur soi (mesurée par la capacité de gratification différée), plus les chances de réussir dans sa vie d’adulte sont grandes.

Mischel « prédisait » que les enfants qui ne pouvaient pas tenir longtemps ont généralement grandi pendant leur adolescence, et jusque la trentaine avec de plus grandes frustrations, mais aussi avec de plus faibles compétences scolaires et sociales, et avec plus de problèmes de consommation de drogue, de santé mentale et même de poids.

Selon l’étude publiée dans le Journal of Economic Behavior and Organization, le temps que l’enfant a attendu pour manger la friandise n’a pas permis de prévoir une douzaine de résultats chez les adultes que les chercheurs avaient testés enfant, notamment leur statut social, leurs dettes, leurs habitudes en matière de régime alimentaire et d’exercice physique, leur tabagisme, leurs tendances à la procrastination, etc. 

– En quoi cette nouvelle étude remet-elle en cause l’expérience de Walter Mischel ? Comment a-t-on abouti à ces résultats ?

– Effectivement, plus d’une dizaine d’études récentes nuancent, pour ne pas dire dénoncent ses premières conclusions et questionnent d’autres facteurs d’influences tels que l’environnement familial, mais aussi les capacités cognitives qui doivent être prises en considération tout comme le rôle de l’hippocampe dans notre mémoire notamment émotionnelle. L’émotion joue un rôle majeur dans l’estime de soi, la satisfaction, la congratulation…

Pour autant cette nouvelle étude révèle que les enfants qui ont rapidement cédé à la tentation de la guimauve ne sont généralement pas plus ou moins en sécurité financière, éduqués ou en bonne santé physique que les autres.

Mais depuis plus de 30 ans, les parents et les éducateurs ont énormément adopté ce test sous prétexte que pour élever des enfants responsables et qui réussissent, nous devons leur apprendre à résister à cette première guimauve.

Les écoles ont intégré des tests de guimauve et des techniques de maîtrise de soi dans les programmes éducatifs.

Des conférences, des congrès, des prix… une manne financière hautement critiquable.

« Avec les temps d’attente par guimauve, nous n’avons trouvé aucune relation statistiquement significative avec les résultats que nous avons étudiés », déclare dans une interview Daniel Benjamin, de l’UCLA Anderson. 

Pourquoi les résultats à l’enfance n’ont aucune influence sur les résultats trouvés dans la vie d’adulte ?

Les chercheurs ont testé, notamment, le statut social, les capacités financières, les habitudes alimentaires et de sportivité, le tabagisme, les tendances à la procrastination et les soins dentaires préventifs.

– En quoi un enfant frustré, ou conditionné par une récompense pourrait advenir de telle ou telle manière ?

– Nous avons déjà eu en France un énorme débat lorsque sous la présidence Sarkozy on a tenté de déceler chez de jeunes enfants des potentiels futurs délinquants, déclenchant le courroux de tous les spécialistes et même ceux qui ont participé à la commission de travail.

Un être humain évolue et se construit face à sa vie, ses épreuves et des rencontres. Rien n’est déterminé, rien n’est figé… tout peut changer.

La nouvelle étude pourrait porter un coup final aux implications formées dans la recherche sur le test de la guimauve, qui, comme de nombreuses conclusions d’études psychologiques antérieures, ont été remises en question ces dernières années. 

– Que pouvons-nous réellement déduire de ces études ?

– Sur une centaine de questions posées, les sujets suivis depuis plus de 30 ans, et notamment 900 derniers sujets enfants et adolescents, rien n’a démontré la juste valeur de ce test.

En moyenne, en dehors des tests projectifs (TAT ou Rorschach par exemple), un test n’est fiable qu’à 70 % environ. La question de leur fiabilité, de leurs limites est en lien avec la pathologie recherchée, de la personnalité. Un test ne remplace aucunement une rencontre et un échange avec un patient ou un futur employé (50 % des employés ont passé au moins un test psychologique dans leur vie).

Et surtout il ne peut pas y avoir de valeur prédictive chez un enfant en évolution et en devenir, influencé par son éducation, son environnement, les valeurs parentales inculquées qui vont former ce qu’on appelle l’Idéal du Moi (ce que je veux être dans le regard de mes parents et des autres) et son Surmoi (les valeurs morales).

Car que peut valoir pour un enfant la promesse d’un doublon de friandises s’il résiste ?

La promesse n’engage que ceux qui y croient…

Source : Atlantico


«Le déclin démographique de l'Ukraine risque d'amenuiser ses capacités de résistance à la Russie»

Pour Laurent Chalard, la démographie joue un rôle non négligeable dans le nombre de citoyens mobilisables pour un conflit armé. Et l’Ukraine, avec une population déclinante et vieillissante, présente une situation démographique catastrophique, explique le géographe. Laurent Chalard est géographe. Retrouvez-le sur son carnet personnel.

LE FIGARO. — De nombreux observateurs, dont la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, assure que le conflit en Ukraine pourrait durer « plusieurs années ». Or, l’Ukraine est un pays qui connaît un fort déclin démographique. Est-ce que cela peut avoir des conséquences sur ses capacités de résistance à l’envahisseur russe ?

Laurent CHALARD. — La démographie joue un rôle non négligeable dans le nombre de citoyens mobilisables pour un conflit armé. Or, qui dit population déclinante et vieillissante, dit potentiellement un nombre limité de jeunes en âge de porter les armes. Et l’Ukraine présente une situation démographique catastrophique.

Parmi les pays de la planète qui comptaient plus de 50 millions d’habitants en 1989, l’Ukraine est celle qui a vu sa population le plus fortement diminuer alors que la tendance générale était orientée à la hausse. À cette date, qui correspond au dernier recensement réalisé par l’Union soviétique, la RSSU (République Socialiste Soviétique d’Ukraine) dénombrait 51,8 millions d’habitants soit cinq millions de moins environ que la France métropolitaine, qui en comptabilisait 56,6 millions en 1990. Or, en 2021, selon les estimations de l’institut statistique ukrainien, qui surestime probablement la population ne tenant pas suffisamment compte de l’émigration vers l’Europe de l’Ouest ou la Russie, l’Ukraine ne dénombre plus que 41,2 millions d’habitants au 1er décembre 2021. Le pays a perdu 15 millions d’habitants en moins de 30 ans (52 millions d’Ukrainiens étaient recensés en 1991, année de l’indépendance, d’autres sont nés depuis et partis).

En comparaison, la France métropolitaine est peuplée de 67,39 millions d’habitants en 2021 soit un écart de plus de 20 millions d’habitants entre les deux États, qui témoigne de l’ampleur du déclassement démographique ukrainien à l’échelle internationale. Et encore, si on enlève les zones occupées par les rebelles dans le Donbass, les territoires effectivement contrôlés par le gouvernement de Kiev avant l’opération militaire russe ne représentent plus qu’environ 38 millions d’habitants en 2021.

Cet effondrement démographique est le produit de deux facteurs. D’un côté, il est dû à l’émergence d’un déficit naturel considérable à la suite de la chute de l’URSS en 1991, conduisant à un affaissement de la fécondité à des niveaux parmi les plus bas au monde (environ 1,2 enfant par femme en 2020) et à une hausse conséquente de la mortalité, l’espérance de vie ayant chuté. D’un autre côté, la diminution de la population est aussi la conséquence d’une émigration économique vers les pays plus à l’ouest de l’Europe (Pologne, Allemagne, Italie) au niveau de vie plus élevé, ou la Russie, pour les populations russes de l’est de l’Ukraine, qui ont conservé des liens culturels et économiques avec Moscou.

– La stratégie de résistance du gouvernement ukrainien est-elle vouée à l’échec ?

– Il s’ensuit que la stratégie de résistance jusqu’au-boutiste qu’affiche le gouvernement ukrainien de Volodymyr Zelensky, à travers l’incitation aux populations civiles de prendre les armes contre l’envahisseur russe, paraît risquée car le pays ne dispose pas d’une réserve de jeunes très importante. 

D’autant qu’une partie est déjà enrôlée dans l’armée, qui est en train d’être décimée par les bombardements russes, alors qu’une autre partie a émigré à l’étranger. En effet, la classe d’âge des jeunes de 20-25 ans, la plus susceptible de se battre, correspond aux classes creuses de la fin des années 1990, où les générations sont deux fois moins nombreuses que celles du début des années 1980. D’ailleurs, si l’on en croit les premières vidéos circulant sur les réseaux sociaux de populations civiles s’opposant à l’armée russe dans certaines localités ukrainiennes, il est assez frappant de constater l’âge moyen relativement élevé de la population. En résumé, l’Ukraine n’est pas l’Irak ou l’Afghanistan, où les pertes humaines, aussi importantes soient-elles, sont très rapidement compensées par la forte fécondité, chaque nouvelle génération étant plus nombreuse que la précédente, ce qui permet à une insurrection de tenir dans la durée. En Ukraine, la jeunesse se faisant rare, elle est précieuse.

– Concrètement, si le conflit devait durer, l’Ukraine peut-elle être décimée comme le fut la France après la guerre 14-18 ?

Si le conflit venait à durer plusieurs années comme en Syrie, ce dont rien n’est moins sûr, et que les Russes ne se restreignent plus d’éviter de frapper les populations civiles — attitude qu’ils ont, pour l’instant, adoptée dans ce nouveau conflit contrairement à leurs précédentes interventions militaires en Tchétchénie ou en Syrie — l’Ukraine risquerait effectivement d’être saignée à blanc, avec la possibilité de centaines de milliers de victimes en cas d’insurrection prolongée contre l’occupant, car ce sont les générations les moins nombreuses qui seraient les plus touchées. Cela viendrait renforcer le creux dans la pyramide des âges, d’autant qu’un phénomène d’émigration massive vers l’Europe de l’Ouest se produirait, pouvant toucher potentiellement plusieurs millions d’individus en âge de travailler. L’Ukraine se viderait d’une partie de ses habitants, en faisant une nation déclassée démographiquement et rendant compliqué son redémarrage économique une fois le conflit terminé.

— Dans le même temps, si la Russie est le plus grand pays du monde par sa superficie, elle souffre néanmoins d’une relative faiblesse démographique. En quoi est-ce une clef pour comprendre la situation actuelle ?

– La faiblesse démographique de la Russie est à relativiser en ce sens qu’elle reste l’un des dix pays les plus peuplés du monde, avec 146,5 millions d’habitants en 2020, derrière le Bangladesh, mais devant le Mexique et le Japon et très loin devant l’Allemagne (83,2 millions d’habitants en 2021), État le plus peuplé de l’Union européenne. Cependant, étant donné sa superficie (plus de 17 millions de km²), la plus importante au monde, la Russie apparaît sous-peuplée avec une densité de population de seulement 8 habitants par km². Ce sentiment de vide humain est accentué par son évolution démographique, une légère baisse de la population depuis 1989, l’excédent migratoire lié au retour de Russes des anciennes républiques soviétiques, en particulier d’Asie centrale, qui sont devenus une minorité ethnique du jour au lendemain lors de l’effondrement de l’URSS, ne compensant pas totalement le déficit naturel conséquent, même si ce dernier est proportionnellement moindre qu’en Ukraine sur l’ensemble de la période 1989-2021.

– Les velléités expansionnistes de la Russie à l’Ouest peuvent-elles s’expliquer, en partie, par une volonté de faire croître la population plutôt que la superficie de leur État ? Dans quel but ?

– Au-delà des questions d’ordre géopolitique comme l’extension de l’OTAN, Vladimir Poutine accorde un intérêt certain à la démographie. Le nombre d’habitants contribuant potentiellement à la puissance d’un pays, la taille de la population en Russie ne lui paraît pas suffisamment importante par rapport aux autres grandes puissances que sont la Chine (1,4 milliard d’habitants) et les États-Unis (331,4 millions d’habitants en 2020). D’ailleurs, dans un discours, il y a quelques années, il avait évoqué son souhait d’avoir pour objectif d’atteindre les 200 millions d’habitants. Or, étant donné l’héritage de la pyramide des âges russe avec les classes creuses des années 1990 et un niveau de fécondité constamment inférieur au seuil de remplacement des générations depuis 1989, la seule perspective de voir la population croître est d’annexer d’autres territoires habités par des populations russes ou russophones. C’est à l’Ouest, en Biélorussie et en Ukraine, que se trouvent les plus gros contingents de ces populations, soit plusieurs dizaines de millions de personnes, qui, selon lui, ont vocation à réintégrer la Russie, la langue l’emportant sur l’identité ethnique et/ou culturelle. Pour le maître du Kremlin, un Ukrainien ou un Biélorusse russophone est un Russe, même si les intéressés ne se définissent pas forcément comme tels. Sa volonté expansionniste est donc aussi portée par la démographie.

Chaque pays européen pris individuellement étant en incapacité de faire face à la puissance militaire russe, il est évident que l’union est la seule solution pour permettre de contrer l’expansionnisme de Moscou vers l’ouest Laurent Chalard Faut-il en conclure qu’une Europe forte et unie est la meilleure arme face à la Russie ?

Chaque pays européen pris individuellement étant en incapacité de faire face à la puissance militaire russe, il est évident que l’union est la seule solution pour permettre de contrer l’expansionnisme de Moscou vers l’ouest. Or, jusqu’ici, c’est loin d’être le cas, car les États membres de l’Union européenne ont des intérêts divergents, conduisant à des attitudes différenciées vis-à-vis du Kremlin. Certains pays, comme l’Allemagne, très dépendants des approvisionnements énergétiques russes, mais aussi attirés par les perspectives de débouchés commerciaux d’un bassin de consommation de près de 150 millions de personnes, ont des rapports presque amicaux avec ce pays. A contrario, d’autres ont des rapports tendus, ou tout du moins plus distanciés avec la Russie pour des raisons historiques. Ils la perçoivent comme une puissance coloniale. C’est le cas de la Pologne et la plupart des voisins anciennement communistes de la Russie.

Cependant, l’expérience des crises précédentes que l’Union a traversées, comme l’arrivée des migrants syriens en 2015, augure mal de la solidité d’un front européen uni à long terme, la Russie, une fois passée l’émotion suscitée par son invasion, étant en capacité, si elle ne sort pas trop affaiblie sur le plan économique et militaire du conflit ukrainien, de semer la zizanie entre Européens.

Voir aussi

Les conséquences de la répression des autonomistes au Donbass, reportage français :

jeudi 24 février 2022

Histoire — Le premier journal de l'Ukraine actuelle a été publié en français en 1776

En 1776, paraît la Gazette de Léopol, un périodique en langue française, premier journal d’Ukraine. C’est le plus ancien journal publié sur le territoire de l’actuelle Ukraine. Léopol (la ville du lion) est l’ancien nom français de Lviv (Львів). La ville porte le nom de Lvov en russe (Львов), Lemberg en allemand et Leopolis en latin. Elle est le centre historique de la Galicie et la plus grande ville de la partie occidentale de l’Ukraine.

La Gazette de Léopol a été créée par un certain « Chevalier Ossoudi » et publiée par l’imprimeur Anton Piller.

La Gazette de Leopol informait ses lecteurs issus de l’élite locale sur l’actualité politique des pays européens. Les faits divers étaient rares. Le nombre de reportages dans chaque numéro du journal pouvait varier de deux à dix, selon le volume de nouvelles. Les articles couvraient l’ensemble du monde européen. Les sources les plus probables des articles sont des reprises de journaux français de l’époque ou des traductions de journaux allemands.

Seule la première année du journal a été conservée, ce qui suggère qu’il n’a pas paru plus d’un an. Une collection est conservée au département des livres manuscrits, anciens et rares de la Bibliothèque scientifique de l’Université nationale Ivan-Franko de Léopol. Une autre est conservée à la Bibliothèque de l’université de Varsovie.

Le bibliographe et historien Symon Narijnyi a noté que ce journal ressemblait à ses prédécesseurs la Gazette de Varsovie (1758) et la Gazette de Vienne (1759).

Le journal était publié avec un format de 18 cm sur 23 cm et comptait quatre pages, avec de temps en temps un supplément de 24 pages, in-4°.

Le titre du journal représentait les armoiries de l’Autriche (aigle à deux têtes) portant des fleurs des deux côtés et tenant dans ses serres la devise du journal : Sub Umbra alarum tuarum (À l’ombre de tes ailes, extrait du verset 8 du Psaume 17).

Le premier journal de la ville d’Odessa (Ukraine) fut également publié en français.

C’est en 1792 que la Russie complète la conquête de la côte septentrionale de la mer Noire, longtemps possession ottomane. L’impératrice Catherine entend arrimer ces terres, rebaptisées « Nouvelle-Russie », à ses États. Elles sont alors presque vides, mais les lettrés savent qu’elles avaient été, dans l’Antiquité, le grenier à blé de la Grèce. Catherine II y crée des villes, des ports, cherche à fixer des colons.

En 1782, Catherine ordonna de construire une réplique symbolique de la cathédrale Sainte-Sophie de Tsarskoïe Selo.  

Odessa fut officiellement fondée en 1794 comme forteresse russe sur les territoires annexés à l’Empire ottoman à la suite du traité d’Iași (Iassy) en 1792. La ville aurait été baptisée d’après le nom d’Ulysse (ou du nom d’une ancienne colonie grecque sur le Pont-Euxin), en grec Odysseos, féminisé en « Odessa ». En effet, les villes de Nouvelle Russie à cette époque portaient fréquemment des noms grecs selon la volonté de l’impératrice : Sébastopol en Crimée (la vénérable cité), Kherson (péninsule), Marioupol (ville de Marie), Melitopol (ville du miel), etc. Ce « projet grec » (Греческий проект) s’étendit également à l’architecture.

De 1803 à 1814, Armand du Plessis, duc de Richelieu, fut gouverneur d’Odessa et de Nouvelle Russie. Ayant fui la Révolution française, il servit dans l’armée russe contre les Ottomans. On lui attribue le tracé de la ville et l’organisation de ses aménagements et de ses infrastructures.

Statue du duc de Richelieu à Odessa

L’empereur Alexandre Ier nomma Alexandre Louis Andrault de Langeron gouverneur militaire, en remplacement de Richelieu, de la province de la Nouvelle Russie. Sous son commandement, les exportations de cette province atteignirent la somme de 14 millions de roubles par an (avec un maximum atteint en 1817). Ceci s’explique par le fait que Langeron avait déclaré le port d’Odessa port franc, aucune taxe n’était donc perçue pour les marchandises arrivant par la ville. Il crée à Odessa le Lycée Richelieu, établissement d’élite permettant la formation des nouveaux émigrants venant de Grèce et des fils des riches marchands de la ville. Il supervise également la construction du Jardin botanique de la ville et du boulevard Primorsky (boulevard maritime). Odessa nomma une rue et une plage en son honneur et il est considéré comme un de ses fondateurs.

Le père Goriot de Balzac (publié en 1834), ruiné par ses filles, prunelles de ses yeux, espère se refaire à Odessa : « J’irai à Odessa pour y acheter du grain. Les blés valent là trois fois moins que les nôtres ne coûtent. »

À Odessa, Langeron fonda Le Messager de la Russie méridionale, journal en français lu par l’élite de l’époque. Le Messager de la Russie méridionale ou Feuille commerciale commença à paraître le 1er avril 1820. Chaque numéro (le journal paraissait deux fois la semaine: le mardi et le vendredi) comporte deux parties : Nouvelles de l’intérieur (Russie) et Nouvelles de l’extérieur (Autriche, Angleterre, France, Espagne, etc.) Il était publié par les soins de l’éditeur Davallon, ancien agronome. La première imprimerie avait été fondée par un certain Rosset et rachetée à sa mort, en 1814, par la municipalité.

Sous Langeron, la population d’Odessa continue de croître, notamment grâce à l’immigration française, représentée par des éducateurs, des médecins, des artisans, des domestiques et des viticulteurs français ou suisses. En fait, la Nouvelle-Russie, comme toute l’Europe, regorge de Français : effet du trop-plein démographique d’un pays qui, avec ses quelque 30 millions d’habitants, surclasse tous ses voisins, mais aussi des émigrations politiques. Armand-Emmanuel de Saint-Priest, fils d’un ambassadeur à Constantinople, préside le tribunal ; le Marseillais Charles Sicard dirige la quarantaine maritime puis fonde des messageries ; Jacques de la Fère, ancien président du parlement de Rouen, gère les domaines agricoles de la Couronne ; Léon de Rochechouart dirige l’administration. Sans parler des petites gens, comme ce Peltier, soldat de la Grande Armée qui survit à la débâcle de 1812, épouse une Ukrainienne, mais conserve la nationalité française, et dont le petit-fils François-Louis devient un médecin de renom…

mercredi 23 février 2022

Même un petit don au Convoi de la Liberté après le 15 février suffit à faire geler le compte en banque de donateurs

Même un petit don au Convoi de la Liberté après le 15 février est suffisant pour geler les comptes bancaires des donateurs, a déclaré le comité des finances.

« Nous avons dû prendre des mesures extrêmes pour geler les comptes afin de décourager les gens de financer des activités illégales » [selon le gouvernement Trudeau].

Alors que les rapports de comptes gelés liés aux dons de convoi continuent d’affluer, les membres du comité des finances des Communes ont passé mardi après-midi à interroger le personnel de l’Agence du revenu du Canada et des ministères des Finances et de la Justice au sujet des mesures d’urgence controversées qui permettent à la police de verrouiller les comptes bancaires de personnes soupçonnées d’avoir financé les manifestations illégales sans avoir obtenu au préalable une ordonnance du tribunal.

« Juste pour être clair, une contribution financière, soit via une plateforme de collecte en ligne, soit directement, pourrait entraîner le gel de leur compte bancaire ? » Le député conservateur Philip Lawrence a posé la question à la sous-ministre adjointe du ministère des Finances, Isabelle Jacques.

« Oui, » répondit-elle.

« Ils n’avaient pas besoin de participer activement à la manifestation, ils n’avaient pas besoin d’être ici à Ottawa à l’un des blocages ? » a demandé Laurent.

« Non, pas en personne », a-t-elle répondu.

« Cela pourrait être indirect. »

Lorsque vous gelez le compte bancaire de quelqu’un, vous le bannissez de la société

Une telle mesure, a-t-elle dit, ne serait prise que sur les dons effectués après la déclaration d’urgence du 15 février et n’est pas rétroactive — ajoutant qu’un tel cas serait « très improbable », mais tout à fait possible.

 

Le gouvernement de @JustinTrudeau a gelé les comptes bancaires de citoyens canadiens. En l’absence d’ordonnance du tribunal. En l’absence de condamnation. Dans certains cas, en l’absence de toute accusation quelle qu’elle soit. Si vous soutenez cela, vous êtes une menace pour la démocratie. Pas les manifestants.

Elle a également déclaré que la police avait cessé de geler les comptes lundi, car l’occupation d’Ottawa avait été éliminée.

Un communiqué publié lundi par la GRC a nié avoir fourni les noms des donateurs du convoi aux institutions financières, expliquant avoir fourni aux banques une liste d’individus « qui ont influencé la manifestation illégale à Ottawa », ainsi que des chauffeurs et des propriétaires de camions qui ont refusé de quitter la zone quand la police le leur demanda.

Les mesures d’urgence du gouvernement Trudeau ont été largement rejetées par des observateurs et les membres de l’opposition qui affirment que l’occupation au centre-ville d’Ottawa et aux postes frontaliers terrestres ce mois-ci n’atteignait pas le seuil nécessaire pour invoquer la Loi sur les mesures d’urgence.

Répondant aux questions du député conservateur Adam Chambers, Mme Jacques a déclaré que la police avait le pouvoir de geler des comptes dans diverses situations, mais a déclaré que l’invocation de la loi comblait des lacunes critiques dans les lois actuelles sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Les ordonnances d’urgence, a-t-elle déclaré, exigent désormais que les plateformes de financement participatif et les fournisseurs de services de paiement s’inscrivent auprès de CANAFE, l’agence nationale du renseignement et de la criminalité financière du Canada.

Soulignant l’injonction du 10 février de la province de l’Ontario de geler l’accès aux dons en vertu de l’art. 490.8 du Code criminel, Chambers a demandé à Isabelle Jacques pourquoi le procureur général de l’Ontario avait pu faire ce que les libéraux fédéraux avaient déclaré impossible sans déclarer une urgence.

« Est-ce l’opinion judiciaire des individus ici ou du gouvernement qu’il n’y avait pas d’autre moyen de geler le compte d’un individu que d’invoquer la loi sur les mesures d’urgence ? » Il a demandé.

Mme Jacques a refusé d’offrir un avis juridique, mais a suggéré que le gouvernement fédéral voulait impressionner ceux qui envisageaient d’offrir un soutien financier.

« Ce n’est pas que le gouvernement fédéral pensait qu’il n’y avait pas d’autres moyens de geler les comptes compte tenu des blocages illégaux actuels qui étaient en cours », a-t-elle déclaré.

« Nous avons dû prendre des mesures extrêmes pour geler les comptes afin de décourager les gens de financer des activités illégales. »

La police a ordonné le gel de plus de 206 comptes, a-t-elle déclaré, ajoutant que certaines entités ou personnes avaient plusieurs comptes verrouillés.

« Lorsque vous gelez le compte bancaire de quelqu’un, vous le bannissez littéralement de la société », a déclaré Lawrence.

Les dispositions de « débancage » (de privation de compte en banque) sont si étendues qu’un employé d’un supermarché qui a vendu une cartouche de propane à un manifestant pourrait voir ses comptes gelés.

Isabelle Jacques, répondant à une question du député néo-démocrate Daniel Blaikie, a déclaré qu’il n’y avait aucune obligation législative pour quiconque — que ce soit la police, le gouvernement ou les instructions financières — d’informer les individus que leurs comptes étaient gelés.

« Les comptes de certaines personnes sont en train d’être gelés en ce moment même », a déclaré Blaikie.

« Il semble que certaines personnes aient l’impression que leurs comptes sont gelés à la suite des ordonnances d’urgence, dans certains cas, cela ne correspond pas à ce que nous entendons du gouvernement. »

Des personnes qui prétendent avoir eu leurs comptes gelés se sont exprimées sur les réseaux sociaux cette semaine, certaines affirmant avoir fait un don avant l’état d’urgence du 15 février.

(Gazouillis de l’avocat Keith Wilson traduit)
 

L’avocat Keith Wilson, qui représentait les organisateurs de convois pendant les occupations d’Ottawa, a tweeté qu’il représentait neuf Canadiens qui disent que leurs comptes sont gelés ou que leurs polices d’assurance ont été annulées.

Source : National Post


Le Toronto Star utilise-t-il les listes piratées pour faire renvoyer certains partisans des camionneurs ?

Les journalistes du Toronto Star parcourent-ils inlassablement des données piratées dans le but de faire renvoyer des fonctionnaires, des policiers ? Ces listes sont celles volées du site de collecte GiveSendGo il y a un peu plus d’une semaine.

Chasse aux sorcières ? 

Et certains se demandent pourquoi tant de personnes perdent confiance dans les médias.


Canada — programme de financement du logement fondé sur la race

Le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il subventionnerait environ 200 logements abordables à des familles noires qui accèderont ainsi à une propriété pour la première fois dans la région du Grand Toronto, au cours des quatre prochaines années, aux termes du Fonds d’aide aux fournisseurs de prêts hypothécaires avec participation (FAFPHP). 

 Cet investissement appuie les annonces antérieures du gouvernement du Canada qui visent à soutenir les personnes noires du Canada dans la réalisation de leur rêve d’accéder à la propriété. Ces investissements incluent un investissement conjoint de 40 millions de dollars avec Habitat pour l’humanité Canada afin de créer 200 possibilités d’accession à la propriété pour les personnes canadiennes noires et un investissement de 50 millions de dollars en appui des locataires canadiens noirs annoncé récemment dans le cadre du Fonds national de co-investissement pour le logement (FNCIL).

« Le racisme systémique a fait en sorte que les ménages noirs ont des revenus plus faibles, moins de richesse et d’autres obstacles plus subtils à l’accès à la propriété au Canada. Habitat pour l’humanité du Grand Toronto est fier de s’associer à la BlackNorth Initiative dans le cadre de cet important nouveau programme d’accès à la propriété  », a déclaré Ene Underwood (ci-contre), directrice générale d’Habitat pour l’humanité du Grand Toronto.

Samedi, le rédacteur en chef associé de Quillette, Jonathan Kay, s’est moqué du programme de financement basé sur la race.

« Alors, comment décideront-ils qui recevra l’argent ? » a déclaré Kay dans un tweet samedi. « Est-ce qu’ils choisiront, par exemple, les candidats les plus noirs ? »

D’après le site du gouvernement, près du quart des personnes noires au Canada ont des besoins impérieux en matière de logement, parmi elles, 80 % consacrent 30 % ou plus de leur revenu au logement.

Uniquement chez les locataires, plus du tiers éprouvent des besoins impérieux en matière de logement. La fréquence des besoins impérieux en matière de logement de la population canadienne noire est parmi la plus élevée dans les grandes villes et environ 88 000 ménages noirs ont de tels besoins.

Le montant réservé de 50 millions de dollars pour les ménages noirs dans le cadre du Fonds national de co-investissement pour le logement vise à encourager un plus grand nombre de demandes pour les ensembles dirigés par des personnes noires et les ensembles destinés aux ménages noirs dans le cadre de ce programme.

Le Fonds d’aide aux fournisseurs de prêts hypothécaires avec participation (FAFPHP) offrira jusqu’à 100 millions de dollars en prêts aux fournisseurs de prêts hypothécaires avec participation sur 5 ans, à compter de 2019 - 2020.

Ces aides s’inscrivent dans la Stratégie nationale sur le logement (SNL) du Canada, un plan de plus de 72 milliards de dollars sur 10 ans qui permettront à un plus grand nombre de personnes au Canada d’avoir un chez-soi. Elle est fondée sur une approche du logement axée sur les droits de la personne qui accorde la priorité aux besoins des groupes de population qui ont des besoins en matière de logement ou qui sont en situation d’itinérance.

Dans le contexte de la Stratégie nationale sur le logement, les groupes vulnérables prioritaires comprennent actuellement :

  • les personnes (particulièrement les femmes et les enfants) fuyant une situation de violence familiale,
  • les LGBTQ2+,
  • les groupes radicalisés,
  • les nouveaux immigrants et réfugiés,
  • les Autochtones,
  • les aînés,
  • les personnes ayant une déficience,
  • les personnes ayant des problèmes de santé mentale ou de dépendance,
  • les anciens combattants,
  • les personnes et les familles sans-abri,
  • et les jeunes adultes.

Canada hors Québec — inscriptions dans les écoles publiques en baisse

Selon une nouvelle étude du Fraser Institute, les inscriptions dans les écoles publiques gérées par les gouvernements provinciaux sont en baisse au Canada, tandis que la fréquentation des établissements (relativement) indépendants y est en hausse. Ce n'est pas le cas au Québec où les écoles dites privées ont très peu d'indépendance quant au programme enseigné de toute façon.

Paige MacPherson, directrice adjointe des politiques éducatives du Fraser Institute, a constaté que les inscriptions dans les écoles publiques étaient en baisse depuis l'année scolaire 2006/2007.

En utilisant les données de l'année scolaire 2006/2007 à l'année scolaire 2019/2020 pour toutes les classes de la maternelle à la 12e année, MacPherson a montré que le nombre d'enfants inscrits dans les écoles publiques gérées par le gouvernement a en fait chuté de plus d'un point de pourcentage complet - de 93 % à 91,8 %.

Bien que le taux national de scolarisation n'ait pas beaucoup changé au cours de cette période, huit des dix provinces ont connu une baisse de la fréquentation des écoles publiques.

La Colombie-Britannique a le plus faible taux d'inscription dans les écoles publiques malgré le fait que le gouvernement provincial y avait augmenté les dépenses en éducation. Les dépenses en éducation de la Colombie-Britannique ont également dépassé la moyenne nationale, avec une augmentation des dépenses de 15,4 % de 2014/15 à 2018/19.

Le Québec et le Manitoba étaient les deux provinces suivantes avec le taux d'inscription dans les écoles publiques le plus bas, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador avait le taux le plus élevé.

D'un autre côté, MacPherson a constaté que les inscriptions dans les écoles indépendantes étaient passées de 6,7% à 7,6% au cours de la même période. Cela survient malgré le fait que les écoles indépendantes imposent un fardeau financier plus lourd aux familles qui les choisissent.

Les seules provinces qui ont affiché une baisse des inscriptions dans les écoles indépendantes sont l'Alberta et le Québec.

La Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et le Québec offrent tous une sorte de financement gouvernemental aux écoles dites indépendantes. La Nouvelle-Écosse offre le Tuition Support Program, qui subventionne un montant très limité.

Cette recherche n'est pas la première à examiner de près le système d'éducation publique du Canada. L'Association for Reformed Political Action a reproché aux gouvernements provinciaux de ne pas offrir aux parents une diversité d'approches en matière d'éducation.

 

École publique de Toronto se vante de cette campagne militante LGBTQ2SAI+

Le directeur du droit et de la politique de l'ARPA Canada, André Shutten, note que « (b) même s'il peut y avoir une diversité de personnes au sein d'un grand système d'éducation… il n'y a pas de diversité dans les approches de l'éducation, dans les différentes institutions qui offrent une éducation à nos enfants. » Les écoles dites indépendantes sont en effet souvent astreintes à enseigner les mêmes programmes que les écoles publiques, en utilisant les mêmes méthodes (la pierre d'achopement dans le dossier qui a opposé le collège Loyola au Ministère de l'Éducation au Québec) et à embaucher les mêmes profils d'enseignants. De petites améliorations sont cependant survenues ces dernières années.

Par exemple, l'Alberta a récemment approuvé sa première école à charte publique sans frais de scolarité axée sur l'enseignement classique, le premier programme public d'enseignement classique non confessionnel au Canada.

La ministre de l'Éducation de l'Alberta, Adriana LaGrange, a déclaré : « Nous sommes fiers d'avoir un système scolaire dynamique qui soutient le droit des parents de choisir le type d'éducation qui convient le mieux à leur enfant. »

La Calgary Classical Academy débutera au cours de l'année scolaire 2022/2023 et offrira des cours de la maternelle à la 6e année.

Voir aussi

Les règles imposées à l'école privée sont responsables de la sélection pratiquée

La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent

Étude — Pourquoi les écoles privées canadiennes forment de meilleures personnes

France — Le succès des écoles privées ne cesse de grimper


mardi 22 février 2022

La députée libérale Yaara Saks affirme que « Honk ! Honk ! » est l'acronyme [sic] de « Heil Hitler ! »

Ya'ara Saks décline ses pronoms en 3 langues…

La députée libérale Yaara Saks a repris l’affirmation pour le moins loufoque que « Honk Honk » ne serait pas une onomatopée fort appropriée (le son d’un gros klaxon) pour signer des messages en faveur des camionneurs, mais un code secret tenant lieu de « Heil Hitler »…

Cette affirmation circule dans les cercles d’extrême gauche sur les réseaux sociaux depuis quelque temps (voir ci-dessous).

Paranoïa complotiste du ressort de la Faculté ou reductio ad Hitlerum hyperbolique afin d’imiter son chef Trudeau et d’être dans ses petits papiers ?


Billet originel du 13 février

Pour le correspondant de La Presse, les camionneurs utilisent des méthodes fascistes. Bon journaliste, il cite une « experte », la même qui relaie « Honk Honk = Heil Hitler…

Richard Hétu, le correspondant de La Presse à New York a relayé un tweet la semaine passée où “une spécialiste du fascisme italien” déclarerait que les organisateurs des convois de la Liberté utilisent des méthodes proches des chemises noires de Benito Mussolini.


Les chemises noires étaient une milice paramilitaire violente

On a l’impression que Richard Hétu n’a jamais lu la source qu’il cite. Suivons le lien.


Ruth ben Ghiat (“la spécialiste”) ne fait elle aussi que relayer un tweet, celui de la militante LGBT Leah McElrath qui n’est en rien une historienne.


C’est donc Leah qui lance cette idée que les convois de manifestants à bord de tracteurs et de camions sont fascistes (enfin quand ils sont pour la mauvaise cause sans doute).

Mme McElrath a formulé d’autres parallèles historiques — comment dire ? — osés ou originaux. Pour celle-ci, le mot-dièse #honkhonk utilisé par les camionneurs ne serait pas une onomatopée qui rappelle le klaxon des camions, mais un mot de code néonazi qui cacherait le salut “Heil Hitler”… 


Gageons que Richard Hétu ne traitera pas Leah de complotiste.

Chine : réduire les avortements, valoriser la natalité et la famille, permettre trois enfants par famille

La situation démographique chinoise est alarmante. En Chine, le nombre des naissances s’effondre et le troisième âge explose. Et ce phénomène ne cesse de s’aggraver depuis des années, sans que le gouvernement ne parvienne à enrayer la spirale descendante.

Pour tenter de relancer la natalité dans le pays, le planning familial chinois vient de lancer un vaste programme national d’information auprès des jeunes couples afin qu’ils fassent au moins deux enfants. Un autre volet de ce plan, peu détaillé jusqu’à présent, vise également à convaincre les jeunes femmes de ne pas avorter.


 

Le gouvernement vient d’assouplir la législation, permettant d’avoir trois enfants

De nouvelles directives politiques viennent d’être publiées, mettant en avant le souci du gouvernement d’assurer la bonne « santé sexuelle des femmes ». Elles disposent que les professionnels de santé devront désormais « promouvoir les examens prénuptiaux, des bilans de santé pré-grossesse » et « réduire les avortements qui ne sont pas nécessaires médicalement ». Ce plan vient d’être lancé alors que le gouvernement a assoupli la législation permettant désormais aux couples d’avoir trois enfants.

Il n’en reste pas moins que les incitations gouvernementales (congé maternité, petite aide financière) ont peu d’effet sur les ménages, confrontés à la hausse du coût de la vie, particulièrement l’achat d’un logement et le financement de l’éducation. Le leitmotiv des jeunes couples urbains aujourd’hui – « un enfant ça va, mais deux enfants c’est impossible » – explique largement la baisse des naissances. Mais le gouvernement espère renverser cette tendance en présentant une image positive du mariage, de la famille et d’une nombreuse progéniture.

Cette nouvelle politique nataliste inquiète certains

Ainsi des programmes d’éducation sexuelle vont être intégrés dans les cursus scolaires au lycée. Selon une gynécologue de Shenzhen, interrogée par le quotidien South China Morning Post de Hong Kong, « de nombreuses adolescentes tombent enceintes car elles ne sont pas assez informées sur la contraception et la sexualité en général ». En Chine l’année dernière, plus de 9 millions d’avortements ont été pratiqués, dont 40 % ont concerné des adolescentes.

« Beaucoup plus de moyens seront nécessaires pour renforcer l’éducation sexuelle en Chine », analyse Chen Yaya, une universitaire féministe de l’Académie des sciences sociales de Shanghaï. « Et pas seulement pour les filles. Les garçons doivent apprendre à respecter et à comprendre les femmes », ajoute-t-elle. Cette universitaire plaide également pour une plus grande tolérance et un plus grand soutien à l’égard des très nombreuses femmes célibataires qui ont des enfants.

Wang Yaqiu, chercheuse spécialiste de la Chine au sein de l’ONG Human Rights Watch, pointe une contradiction de cette nouvelle politique nataliste. « On va demander aux médecins à l’hôpital de convaincre les jeunes filles enceintes de ne pas se faire avorter, mais elles seront par la suite stigmatisées par la société car elles ne sont pas mariées. » Et de rappeler que la politique de l’enfant unique imposée aux femmes pendant des décennies avait provoqué de profonds traumatismes chez des millions de femmes. « Cette nouvelle politique nataliste a de quoi inquiéter. »

L'Âge de la retraite doit être relevé

Le taux de fécondité de la Chine se situe à 1,3 – en dessous du niveau nécessaire pour maintenir une population stable, a révélé le Bureau national des statistiques. Les résultats du recensement de 2020, une fois tous les dix ans, publiés le mois dernier, ont également montré que la population chinoise a augmenté à son rythme le plus lent depuis les années 1960, atteignant 1,41 milliard, tandis que le nombre de personnes en âge de travailler a fortement chuté. Les dirigeants ont également convenu que la Chine devait relever l'âge de la retraite pour garder plus de personnes sur le marché du travail et améliorer les services de retraite et de santé pour les personnes âgées, a déclaré Xinhua.

La politique des trois enfants (chinois : 三孩政策), selon laquelle un couple peut avoir trois enfants, est une politique de planification familiale de la République populaire de Chine. La politique a été annoncée le 31 mai 2021 lors d'une réunion du Politburo du Parti communiste chinois (PCC), présidée par le Secrétaire général du PCC. Xi Jinping, sur le vieillissement de la population.

Lors de l'Assemblée nationale populaire de 2020, le député Huang Xihua a suggéré de supprimer la politique de pénalité pour permettre d'avoir plus de trois enfants.

Le gouvernement a commencé à publier une propagande encourageant les femmes à rester à la maison et à avoir des enfants. Dans un article publié par l'agence de presse étatique Xinhua en 2016 affirmait que la politique des deux enfants permettrait à un plus grand nombre de femmes actives de « retourner dans leur famille. » Beaucoup de ces femmes sont instruites, et donc « comprennent mieux leur rôle dans la famille », précisait l'article.

D'autres publications d'État ont fait écho à ce sentiment ; dans un article paru en 2017 dans le China Youth Daily, le chef du département de travail social d'une grande université a déclaré : « Parce que les mères ont un instinct maternel naturel, elles sont plus aptes à s'occuper des enfants à la maison ».


lundi 21 février 2022

Enseignants — Voyage au cœur de la machine à endoctriner diversitaire

Un texte de Joseph Facal dans le Journal de Québec suivi de l’article qu’il résume :

Le 11 février, Andrew Gutmann et Paul Rossi publiaient un article fascinant dans The Wall Street Journal.

Ils ont visionné 100 heures de vidéos reçues anonymement et filmées lors de la dernière conférence annuelle de la National Association of Independent Schools aux États-Unis (NAIS).

La NAIS est un regroupement de plus de 1600 écoles privées de la maternelle à la 12e année.

Elle définit les objectifs éducatifs et les politiques de ces écoles.

Radical

La conférence de cette année réunissait plus de 6000 éducateurs et administrateurs. C’est énorme.

Le thème était : comment s’y prendre pour rendre irréversible, dans les écoles primaires et secondaires, la nouvelle idéologie racialiste.

Tout est présenté innocemment sous le couvert de politiques dites EDI (équité, diversité, inclusion).

Qui pourrait bien être contre l’équité, la diversité et l’inclusion ? Mais ces bons sentiments sont les paravents d’une véritable opération d’endoctrinement dès la maternelle.

Il ne s’agit pas seulement d’augmenter la diversité, mais de classer les enfants selon leur couleur pour toujours, de les convaincre que toute la société est mauvaise, et de parvenir à la transformer radicalement.

Un atelier recommande d’introduire dans les écoles des « cercles de guérison », pour que l’enfant comprenne qu’il souffre d’un traumatisme lié à sa couleur de peau.

Les enfants qui ne semblent pas traumatisés doivent apprendre qu’ils sont néanmoins, même s’ils ne s’en rendent pas compte, victimes des souffrances de leurs ancêtres. On appelle cela de la « violence intergénérationnelle ».

Un autre atelier explique que le prisme EDI doit être appliqué à chaque aspect de la vie scolaire, chaque matière, chaque plan de cours, chaque lecture, chaque exercice, chaque sortie. Le refuser, c’est de la « violence curriculaire ».

Tout doit commencer dès la maternelle, car « kindergartners are natural social-justice warriors ».

L’école ne doit pas seulement être « inclusive ». Elle doit aussi encourager un « sentiment d’appartenance ».

Comment ? En interdisant toute activité qu’un membre d’une minorité pourrait trouver « inconfortable » ou qui remettrait en question son « expérience vécue ».

Comment augmenter la vigilance à propos des mots « dérangeants » ? En fabriquant une peur des « micro-agressions ».

Un atelier enseigne comment couper immédiatement la parole à un enseignant en disant haut et clair que ce mot ou ce message est inacceptable et ne sera pas toléré.

Un autre atelier explique l’importance d’éradiquer la suprématie de la culture « blanche ».

Cette culture « blanche » est caractérisée par la quête de l’excellence, la ponctualité, la politesse, le respect de l’écrit, la dévalorisation de l’oral, l’objectivité scientifique et l’individualisme.

Orwellien

Bref, il ne s’agit plus d’enseigner une culture générale commune, la curiosité intellectuelle et la libre pensée.

Il s’agit de reconfigurer radicalement nos sociétés, dépeintes comme uniformément oppressives.

C’est le maoïsme de jadis à la sauce racialiste.

Ces milliers de responsables scolaires introduiront ensuite cela dans des milliers d’écoles.

Imaginez une société d’adultes ainsi robotisés depuis l’enfance.

Vous ne me croyez pas ? Allez lire. Vous trouverez aisément [voir ci-dessous l’article en question traduit].

Ceux qui minimisent le danger du wokisme ne savent pas de quoi ils parlent. 

 


À l’intérieur de la machine à endoctriner woke

Le printemps dernier, nous avons exposé comment deux écoles indépendantes d’élite de New York avaient été corrompues par une obsession raciale clivante, qui a contribué à lancer le mouvement national contre la théorie raciale critique. Les écoles appliquent cette théorie sous couvert de programmes sur la « diversité, l’équité et l’inclusion » (DEI). Jusqu’à présent, cependant, aucun de nous n’avait pleinement saisi les dangers de cette idéologie ni les véritables motivations de ses pratiquants. L’objectif de DEI n’est pas seulement d’enseigner aux élèves l’esclavage ou d’encourager des conversations franches sur la race, il s’agit également de transformer totalement les écoles et de remodeler radicalement la société.

Au cours du dernier mois, nous avons visionné près de 100 heures de vidéos divulguées lors de 108 ateliers organisés virtuellement l’année dernière pour la conférence People of Color (Gens de couleur) de la National Association of Independent Schools (NAIS, l’Association nationale des écoles indépendantes). Le NAIS établit des normes pour plus de 1 600 écoles indépendantes aux États-Unis, guidant leurs missions et influençant de nombreuses politiques scolaires. La conférence est l’événement annuel phare de la NAIS pour la diffusion des pratiques DEI, et plus de 6 000 praticiens, éducateurs et administrateurs de DEI y ont participé cette année. Conçus comme un développement professionnel et non destinés au public, ces ateliers sont honnêtes, transparents et non filtrés, très différents de la façon dont les écoles privées communiquent généralement les initiatives de DEI. Ces vidéos fuitées agissent comme une pierre de Rosette pour déchiffrer le plan de jeu DEI.

Le chemin pour rebâtir les écoles commence par le mot « diversité », qui signifie bien plus que simplement augmenter le nombre d’étudiants et de professeurs de couleur, que l’on appelle dans ces ateliers « Bipoc », qui signifie « noir, autochtone et personne de couleur ». Les experts ès DEI exhortent les écoles à classer les personnes en fonction d’identités telles que la race, à les convaincre qu’elles sont lésées par leur environnement et à les transformer en fervents défenseurs du changement institutionnel.

Dans des ateliers tels que « Intégrer des engagements centrés sur la guérison dans un programme scolaire DEIA » et « Traumatisme racial et chemin vers la guérison », on apprend comment les praticiens de la DEI utilisent des groupes d’affinité et des pratiques ségrégués tels que les cercles de guérison pour inculquer des sentiments de traumatisme. Même les étudiants sans griefs sont formés à se considérer comme victimes de la souffrance de leurs ancêtres à cause de la « violence intergénérationnelle ».

La prochaine étape dans la transformation d’une école est « l’inclusion ». Les écoles doivent intégrer la DEI dans tous les aspects de l’école et chaque aspect du programme doit être évalué à la lumière de la lutte contre les préjugés, le racisme et l’oppression. Dans « Parlons-en ! Conception d’unités [de cours] anti-oppressives et de plans de cours », on nous apprend que ne pas voir les choses sous cet angle, « ne pas explorer l’intersection entre les STIM [sciences, technos, ingénierie,  maths] et la justice sociale », par exemple, constitue un acte de « violence dans les programmes scolaires ».

Il faut éliminer tout langage non inclusif, toutes les politiques et pratiques scolaires non inclusives, tous les livres non inclusifs de toutes les bibliothèques. L’inclusion exige également que toutes les parties prenantes non membres des Bipoc [les blancs] deviennent des alliés dans la lutte contre les dégâts systémiques perpétués par l’institution scolaire. Dans « Petits activistes, grand impact — Élever des antiracistes et des activistes à la maternelle », on nous a dit que « les enfants en maternelle sont des guerriers naturels de la justice sociale ».

Il ne suffit pas qu’une école soit inclusive ; elle doit également favoriser l’« appartenance ». L’appartenance signifie qu’une école doit être un « espace sûr », c’est-à-dire un code interdisant tout discours ou toute activité, quelle que soit son intention, qu’un étudiant ou un membre du corps professoral Bipoc pourrait percevoir comme nuisible, malaisant ou comme mettant en doute son « expérience vécue ». Le principal outil pour étouffer la parole est de créer une peur des microagressions.

Dans « Se nourrir quand on en a ras le bol : Connecter la résilience et le travail DEI »,  on apprend des techniques, telles que la « dénonciation », que les professeurs et les étudiants peuvent utiliser pour mettre fin immédiatement à des conversations en interrompant les orateurs et en leur faisant savoir que leurs paroles et leurs actions sont inacceptables et ne seront pas tolérées. Plusieurs ateliers ont porté sur la pratique de la « justice réparatrice », utilisée pour rééduquer les élèves qui ne respectent pas les codes de la parole. La dernière étape pour garantir l’appartenance est d’écarter les familles ou les professeurs qui remettent en question le travail de DEI. « Parfois, vous devez dire [aux parents] que ce n’est peut-être pas la bonne école pour vous… Je l’ai beaucoup dit cette année », a déclaré Victor Shin, directeur d’école adjoint et coprésident de la conférence Gens de couleur, dans « De pions à maîtres du conseil scolaire : voir les élèves du BIPOC comme des acteurs influents dans la programmation scolaire ».

Avec la mise en œuvre de la diversité, de l’inclusion et de l’appartenance, les écoles peuvent commencer à atteindre les principaux objectifs du travail de DEI : l’équité et la justice. Le NAIS oblige toutes les écoles membres à s’engager à atteindre ces objectifs dans leurs énoncés de mission ou leurs documents de définition. L’équité passe par le démantèlement de tous les systèmes que les membres Bipoc considèrent comme nuisibles. La justice est la dernière étape de la transformation sociale vers la « libération collective ». L’objectif est de transformer la société en une société collectiviste, dépouillée de tout individualisme et truffée de réparations.

Lors de séances telles que « Parcourir le long et épineux chemin vers l’équité dans nos écoles », », « Déplacer l’aiguille vers un changement institutionnel significatif », « Construire un état d’esprit équitable et libérateur » et « Briser le cycle blancocentrique », on enseigne que la seule façon de parvenir à l’équité et à la justice est d’éradiquer tous les aspects de la culture suprématiste blanche issue d’« établissements majoritairement blancs », ou PWI (en anglais). C’est ainsi que le NAIS nomme ses écoles membres, quelle que soit la diversité ethnique des élèves de l’école en question. Le perfectionnisme, la ponctualité, l’urgence, la gentillesse, le culte de l’écrit, le progrès, l’objectivité, la rigueur, l’individualisme, le capitalisme et le libéralisme sont quelques-unes des caractéristiques de la culture suprématiste blanche à éliminer. Dans « Retour post-conférence des Gens de couleurs à la normale PWI », Maria Graciela Alcid, praticienne du DEI, a résumé : « La décolonisation de la pensée issue de la culture suprématiste blanche est l’acte continu de déconstruction, de démantèlement, de rupture de ces idéologies coloniales et de supériorité de la pensée occidentale ».

DEI était « une autre chose à aborder franchement, et dès maintenant, une chose sur laquelle tout repose », a déclaré l’enseignante Gina Favre, décrivant la transformation de son école.

Les écoles privées ne se concentrent plus sur l’enseignement de la pensée critique, la stimulation de la curiosité intellectuelle et la récompense de la pensée indépendante. Leur nouvelle mission est de former une avant-garde d’activistes afin de mener la charge pour détruire les fondements de la société, ce qui n’est pas sans rappeler les gardes rouges de la Chine maoïste.

Le danger va toutefois bien au-delà des écoles privées. Le même cadre appelé diversité, inclusion, appartenance, équité et justice a gagné en influence dans l’enseignement public, les universités, les entreprises, le gouvernement fédéral et les forces armées. Pour le bien de nos enfants et l’avenir de notre pays, il doit être démantelé.

M. Gutmann est le fondateur de Speak Up for Education et co-animateur du balado « Réapproprie-toi nos écoles ». M. Rossi est un collaborateur de Legal Insurrection et co-animateur de Chalkboard Heresy, une chaîne destinée aux dissidents dans le domaine de l’éducation.