dimanche 10 juillet 2022

Transphobie ? Couple homo poursuit une clinique après avoir demandé un embryon mâle mais avoir reçu une petite fille

Un couple homosexuel poursuit en justice une clinique de fertilité californienne après avoir demandé un embryon mâle mais a fini par avoir une petite fille.

Selon CBSNews, Albert et Anthony Saniger étaient déterminés à être deux pères de deux fils. Avant que le couple ne se « marie » en 2013, ils avaient déjà choisi les noms de leurs futurs enfants et même créé des comptes Gmail pour eux.

Mais cela n'a sûrement nulle importance. Après tout, le sexe n'est qu'« attribué à la naissance », non ? Donc, tout ce que ce couple doit faire, c'est demander à une autre infirmière dans la salle d'accouchement de déclarer que le bébé est un garçon et le tour est joué. C'est comme ça que ça marche, non ? À moins d'être essentialiste et peut-être même transphobe...

Muhammad serait le prénom le plus populaire pour les nouveau-nés en 2022 en Grande-Bretagne alors que le taux de natalité baisse

Muhammad serait le prénom le plus populaire en Grande-Bretagne jusqu’à ce jour en 2022 parmi les nouveau-nés. La liste des 100 meilleurs prénoms pour bébés garçons et filles a été publiée par BabyCenter. Noah est arrivé deuxième sur la liste des garçons, suivi de près par Jack, Theo, Leo, Oliver et George. Tandis qu’Ethan, Oscar et Arthur complètent le palmarès des 10 prénoms les plus populaires.

Parmi les autres prénoms de garçons à figurer dans le top 100 figurent Ali, Jaxon, Arlo, Abdullah, Hunter et Zion.


 

On apprend par ailleurs que le taux de natalité en Grande-Bretagne est en baisse.

Selon les derniers résultats du recensement pour l’Angleterre et le Pays de Galles, la population augmente, mais à un rythme beaucoup plus lent, principalement à cause des nouveaux immigrants.

Les naissances de 2020 ont chuté de 4,1 % par rapport aux niveaux de 2019, selon l’Office for National Statistics, qui a averti que les chiffres pour 2020 ont été affectés par des retards dans les enregistrements dus à la pandémie de Covid.

Il y a eu 613 936 naissances vivantes en Angleterre et au Pays de Galles en 2020 tandis que le taux de fécondité a chuté à un niveau record, tombant à 1,58 enfant par femme, a ajouté l’ONS.

L’indice synthétique de fécondité (TRF) a diminué dans tous les groupes d’âge pour la quatrième année consécutive, avec 3,8 mortinaissances pour 1 000 naissances totales en 2020.

Un rapport du Center for Population Change a averti en mars que les taux de natalité chutaient déjà à des « niveaux historiquement bas » avant que la pandémie ne frappe l’année précédente.

Il a déclaré qu’il s’attend à de nouvelles baisses « au cours des trois prochaines années ».

L'Office for National Statistics nous apprend également que près de 30% des enfants nés en 2020 en Angleterre et aux Pays de Galles n’appartiennent pas aux groupes ethniques « blanc britannique » et « autre blanc ».

En 2021, l’Angleterre et le Pays de Galles ont connu 625 008 naissances vivantes, soit une augmentation de 1,5 % par rapport aux 615 557 naissances vivantes en 2020, mais toujours bien en deçà du nombre de 2019 ; 2021 reste conforme à la tendance à long terme de diminution des naissances vivantes observée avant la pandémie de coronavirus (COVID-19).

Sources : The Independent et ONS


samedi 9 juillet 2022

Français, que fait l'école québécoise ?

À la suite de la panne généralisée du réseau Rogers, de nombreux moyens de paiement électroniques ne fonctionnaient plus ce vendredi au Québec. Affichette explicative au poste d'essence Shell de Rawdon
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Près de 50% des médecins formés (en anglais) à McGill quittent le Québec

CTV nous apprend que :

Deux jeunes médecins urgentistes, élevés et formés à Montréal, quittent leur emploi après seulement deux ans pour retourner à Toronto — et ils disent que le modèle de soins de santé québécois et le projet de loi 96 sont à blâmer.

Les médecins, qui travaillent à l’Hôpital général juif, retournent en Ontario, un déménagement qu’ils ont déjà fait auparavant — mais cette fois, ils disent qu’ils ne s’attendent pas à rentrer chez eux de si tôt.

[…]

Le projet de loi 96 plafonne les niveaux d’inscription dans les cégeps de langue anglaise et devrait rendre l’accès aux collèges de plus en plus difficile pour les étudiants francophones et allophones, car leur croissance sera stoppée au niveau de 2019.

Compte tenu des restrictions, le couple veut s’assurer que leurs enfants ne passent pas toutes leurs jeunes années à étudier en français dans une province qui pourrait, plus tard, claquer la porte à leur réussite future.

« Ils gèlent les inscriptions au cégep anglophone et accordent la priorité aux étudiants venant des écoles anglophones — et c’est maintenant », a déclaré Denissova. « Qu’est-ce que ça va être dans 10 à 15 ans ? »

La seule solution serait d’envoyer les garçons dans des écoles privées anglaises à Montréal qui offrent une option de 12e année, afin qu’ils puissent complètement contourner le cégep et obtenir un diplôme d’études secondaires de l’Ontario [pour ensuite s’inscrire dans une université anglaise].

Mais alors, leur maîtrise du français pourrait en prendre un coup, ont noté les deux hommes. Ils disent qu’ils sont dans un piège à moins qu’ils ne quittent le Québec.

[…]

La nouvelle loi linguistique du Québec, communément appelée la loi 96, a scellé l’affaire pour eux.

Les médecins n’ont aucun mal à communiquer avec les patients en français ou en anglais. Ils sont trilingues : Denissova parle aussi le russe, Stasiak parle le polonais.

Les docteurs Philip Stasiak et Daria Denissova, deux immigrants allophones assimilés à l’anglais, avec leur fils aîné, quittent le Québec pour l’Ontario afin que leurs enfants puissent être éduqués et vivre en anglais
 

S’agit-il de médecins « bilingues » comme ceux qui ne parlaient qu’anglais à l’animatrice Sophie Durocher ? L’animatrice Sophie Durocher s’était en effet indignée qu’un hôpital de Montréal soit incapable de servir en français. Hospitalisée d’urgence, l’animatrice Sophie Durocher a été incapable de se faire soigner en français à l’Hôpital général juif de Montréal, le même hôpital que Mme Denissova et M. Stasiak.... Les deux chirurgiennes et le résident étaient unilingues anglophones.


Sophie Durocher n’est pas la seule à ne pas se faire servir en français dans des hôpitaux publics du Québec.

Pourquoi le Québec forme-t-il des médecins en anglais ? Pour les voir partir ?
 
Reprenons quelques extraits d’un article très intéressant de Frédéric Lacroix sur la question dans un article intitulé : L’Art d’obtenir un médecin pour le prix de deux.
 
La formation d’un médecin peut être grossièrement divisée en deux phases. La première, le diplôme de doctorat en médecine (le MD), est commune à tous les médecins. Des quotas stricts sont imposés aux universités quant au nombre d’étudiants québécois, canadiens et étrangers qui peuvent être admis annuellement dans chacune des facultés. Le tableau 2 montre la répartition des places d’études dans les facultés de médecine du Québec.


La deuxième phase, qu’on peut considérer comme la spécialisation du médecin, « le post-MD », est d’une durée variable et peut avoir lieu dans une université autre que celle qui a décerné le diplôme MD. La proportion de places d’études pour les résidents hors-Québec n’est pas réglementée au post-MD.

Départs après le diplôme MD

Donc, dès l’obtention de leur doctorat (le MD), certains étudiants iront poursuivre leurs études ailleurs qu’au Québec. Le graphique 1 montre la proportion de départs selon l’université au Québec :


On voit clairement que l’exode après le diplôme MD est un phénomène presque exclusivement mcgillois et que cette tendance est très marquée. Rappelons que la proportion d’étudiants étrangers au MD est relativement faible (sous la barre des 15 %) et que, par conséquent, l’exode mcgillois après le MD est largement imputable aux étudiants québécois. Le tableau 3 résume les données du premier graphique.


Afin de compenser cet exode, l’université McGill doit recruter massivement dans le Canada anglais et à l’étranger des médecins qui viendront compléter leur post-MD au sein du MUHC. Nous verrons plus bas que ceux-ci n’ont pas tendance à s’installer au Québec une fois leurs études terminées.

Départs après la formation post-MD

Une fois leur spécialisation complétée, les nouveaux médecins doivent décider de leur lieu de pratique. Ont-ils plus tendance à s’installer au Québec à la fin de leur spécialisation ? Le graphique 2 illustre le nombre de départs 2 ans après la complétion des études post-MD.


Alors que le taux d’exode des universités de langue française oscille entre 5 et 15 %, celui de McGill avoisine encore les 50 %. Lorsqu’on compare le taux d’exode après 2 et 5 ans, on constate que les médecins qui quittent, principalement pour l’Ontario et les États-Unis, ont peu tendance à revenir pratiquer au Québec. Le tableau 4 résume les données du graphique 2.

vendredi 8 juillet 2022

France — L’inquiétant niveau de français des bacheliers

Alors que les résultats du baccalauréat étaient publiés mardi en France, enseignants et linguistes alertent sur les lacunes des bacheliers à l’écrit. Une défaillance qui prend racine dès la maternelle.

Avec 86 % de réussite au bac, la promotion 2022 fait un peu moins bien que la précédente. Mais c’est surtout le niveau des candidats à l’écrit qui a frappé les enseignants. Textes — pourtant accessibles — jugés incompréhensibles, copies indigentes, références « philosophiques » empruntées à des influenceurs du web… En plus d’une capacité d’attention affaiblie par le temps passé sur les écrans, leurs carences résultent d’un système éducatif qui, dès l’école, a réduit son niveau d’exigence.

« Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. » Début de l’extrait du roman de Sylvie Germain, Jours de colère, prix Femina 1989, proposé au bac de français 2022.

Le commentaire de texte visait à interroger les élèves sur la façon dont neufs [sic, lire neuf] frères, hommes des bois élevés le Morvan, avaient été façonnés par leur environnement. Texte emprunt [resic, lire empreint !] de poésie, au vocabulaire accessible pour des élèves de la voie générale. Les mots « venelles » et « séculaires », d’ailleurs, étaient expliqués en note. Un extrait pourtant jugé incompréhensible par certains candidats qui, sur les réseaux sociaux, se sont répandus en commentaires insultants. Que dit cette polémique du rapport de la jeune génération à la langue française ?

« Il faut se méfier de l’effet grossissant des réseaux sociaux », commence Olivier Barbarant, inspecteur général du groupe Lettres à l’éducation nationale. Des réseaux sociaux où les influenceurs les plus en vue ne débordent pas de références littéraires. « Les lycéens à qui cette épreuve a donné envie de lire le roman de Sylvie Germain ne le diront pas sur Tiktok, poursuit Olivier Barbarant. Il faut cependant s’interroger sur cette minorité et sur ce que l’on a construit avec elle autour de la littérature. »

« Les élèves n’apprennent plus rien à l’école », assène René Chiche, professeur de philosophie à Marseille, vice-président du syndicat Action & Démocratie CFE-CGC. Très actif sur les réseaux sociaux, l’enseignant a publié début juin les extraits d’une copie du bac de philo, à laquelle il a attribué un 5 [sur 20]

« L’etat ne devrait pas decider car l’etat ne conait pas le passer de chacun, elle ne c’est pourquoi cela et arrive », écrit ce candidat au bac général, qui avait choisi le sujet « Revient-il à l’état de décider ce qui est juste ? ». 

« L’une des pires copies parmi les 110 que j’ai corrigées cette année, reconnaît le professeur. Mais il y en avait beaucoup d’autres pas très loin de cela. Une vingtaine était écrite correctement. Seules deux copies faisaient, dans ce sujet lié à l’état, la nécessaire distinction entre droit naturel et droit positif. » Il décrit, en terminale, des élèves qui « ne savent pas tenir un stylo », qui « enchaînent les phrases sans pensée construite » et disent n’avoir jamais fait de dissertation avant. Selon lui, les pratiques d’évaluation poursuivent, en parallèle, une longue fuite en avant, avec un contrôle continu « qui ne permet plus de noter comme par le passé, en vue d’un examen final qui serait le juge de paix » et une harmonisation des notes « à la hausse » qui « prive le professeur de ses prérogatives ». « Autant que je passe le balai dans la cour du lycée », s’emballe-t-il. Il s’insurge contre cette mouvance bienveillante qui va à l’encontre de l’exigence. « On explique que les élèves lisent plus, mais différemment, ou encore qu’ils ne savent pas faire de dissertation, mais parlent anglais et savent naviguer sur internet », ajoute-t-il, dénonçant un « pédagogisme » à l’œuvre depuis les années 1970.

Les exigences littéraires restent pourtant élevées au lycée, où la réforme des programmes, menée sous l’ère Blanquer, a remis en place une approche chronologique et inscrit des œuvres imposées, de Rabelais à Victor Hugo, en passant par Olympe de Gouges et Jean-Luc Lagarce, auteur de Juste la fin du monde. Des programmes qui ont suscité, du reste, une pluie de critiques dans le camp dit « progressiste », qui dénonce une approche très « dix-neuvièmiste ». « Un reproche erroné, même si nous refusons de nous limiter à des textes contemporains », rétorque l’inspecteur général Olivier Barbarant. « Le fait d’imposer des œuvres permet de maintenir une culture commune, poursuit-il. On a parfois l’impression que le français du XIXe siècle est, pour certains élèves, une langue étrangère, comme l’était le français de la Renaissance pour les générations passées. Mais on ne peut accepter l’idée que Balzac ne soit plus lisible. » En parallèle, l’agrégé de lettres relève qu’au collège, les exigences sont « un peu faibles ». Là où le programme préconise d’étudier un récit du XIXe siècle, les enseignants se contentent bien souvent d’une courte nouvelle de Maupassant. La marche vers le lycée est ensuite difficile à franchir.

Mais c’est bien en amont, à l’école primaire, où se forge le lexique et se posent les bases de la syntaxe et de l’orthographe, que se joue la maîtrise de la langue. « La pénurie de vocabulaire programme 10 à 15 % des élèves à l’échec scolaire et l’illettrisme dès la fin de l’école maternelle ! », explique le linguiste Alain Bentolila. Alors que le lexique minimum nécessaire en début de CP [à 6 ans] est estimé à 2000 mots, 20 % des écoliers y arrivent avec moins de 400 mots.  

[Avec la réduction du temps scolaire (de 1338 heures par an au début du XXe siècle à 864 heures aujourd’hui) et la diversification des matières enseignées dont certaines sont de plus en plus idéologiques, le niveau a régulièrement baissé.]

« On n’apprend donc pas à lire de la même manière, et ce quelles que soient les méthodes de lecture », résume le chercheur. Il fait une analogie avec l’analphabétisme programmé des enfants sénégalais, qui apprennent à lire en français à l’école, mais dont la langue maternelle est le wolof. « C’est oublier qu’apprendre à lire, c’est apprendre à lire une langue que l’on connaît déjà », insiste-t-il. Pour le linguiste, la solution est simple. Il faut « changer la maternelle ». « La maîtrise de la langue repose sur le lexique et la syntaxe, ajoute-t-il. Mais l’on a abandonné ces enjeux, sous prétexte que c’est trop difficile pour certains élèves ou trop ennuyeux. » Et l’on arrive à une épreuve de bac français 2022, où des lycéens professionnels ne connaissent pas le sens du mot « ludique », contenu dans l’énoncé.

« C’est en écrivant que l’on apprend à écrire. Et cela, le système français semble l’ignorer », estime Viviane Youx, présidente l’association française pour l’enseignement du français (AFEF), qui pointe une formation des enseignants insuffisante. En CM1 [9-10 ans] et CM2 [10-11 ans], une enquête de l’inspection générale a calculé que sur les 8 heures hebdomadaires de français, seules 48 minutes sont réservées à l’écriture.

Désamour pour la littérature, niveau de maîtrise de la langue fléchissant, difficulté à organiser sa pensée… « Tout cela n’est pas nouveau. Ce qui nous inquiète davantage, c’est que ce constat s’étend à l’université, où les éléments de syntaxe ne sont pas intégrés », ajoute Viviane Youx. La massification de l’enseignement, entamée dans les années 1970, a désormais poussé la porte des universités et des grandes écoles, obligeant ces dernières à instaurer des cours de remise à niveau en français. De 4,4 % en 1947, la part de bacheliers dans une génération est passée à 82,8 % en 2021 ! Entre-temps, ont été créés, aux côtés du baccalauréat général, le bac technologique en 1968, puis le bac professionnel en 1985.

La démocratisation de l’enseignement explique en partie la baisse de niveau. Mais la situation des élèves français est préoccupante, au regard des comparaisons internationales, comme le montrent les études Pisa 2019 ou Pirls 2016. La première montre que la France est championne en matière de déterminisme social. La seconde constate qu’un écolier français lit moins bien que ses camarades européens, exception faite de la Belgique francophone.

Source : Le Figaro

Voir aussi 

France — Les élèves du hors contrat victimes d’une organisation chaotique du bac  

« Ils ont une haine de la langue, de l’effort de réflexion » : Sylvie Germain répond aux lycéens qui la harcèlent  

France — Le Grand oral du bac, l'examen inégalitaire  

Face au mot « ludique », des lycéens en détresse  

France — Les lycées hors contrat s’estiment lésés

 

 

jeudi 7 juillet 2022

Université Laval suspend DEUX professeurs scientifiques pour leur désaccord avec la pensée dominante (de l'époque)

Ce n’est finalement pas un, mais bien deux professeurs de l’Université Laval (UL) qui ont été suspendus pour leurs propos contre les vaccins anti-COVID. Le Soleil a en effet appris qu’en plus du chercheur en biochimie Patrick Provost, le professeur de biologie Nicolas Derome est lui aussi l’objet d’une suspension de huit semaines sans salaire. Les deux ont été sanctionnés pour des raisons très similaires — avoir fait des présentations, à la fin de l’automne dernier, où ils soulevaient de forts doutes sur la vaccination des 5-11 ans contre la COVID-19. Dans les deux cas, les chercheurs contredisaient des consensus scientifiques sur plusieurs aspects de la vaccination : la majorité des comités d’experts mis sur pied par les autorités de santé publique en Occident, à l'exception notable de la Suède, ont conclu que les vaccins anti-COVID avaient plus d’avantages que d’inconvénients pour les enfants. Mais leur suspension soulève d’épineuses questions sur la liberté académique, qui se posent avec encore plus d’acuité maintenant que l’UL a sévi contre deux profs au lieu d’un seul.

[Mise à jour : Notons que le directeur du Conseil national de la santé du Danemark, Søren Brostrøm, a reconnu mercredi sur la chaîne danoise TV2 qu'« avec le recul, nous n'avons pas tiré grand-chose de la vaccination des enfants » et « nous comprenons mieux les choses et nous ne referions pas la même chose aujourd'hui ».]

«C’est une intervention complètement déplacée. Même si je pense qu’il [Patrick Provost] se trompe sur certains points, ce qu’il a dit, il a le droit de le dire. Il y a un virage autoritaire dans certaines universités», a dénoncé lundi (avant que le cas de M. Derome ne devienne public) le sociologue des sciences Yves Gingras, qui a siégé sur la Commission Cloutier au sujet de la liberté académique.


Billet originel du 27 juin 2022

Avant de voir Québecor retirer son dernier texte de tous ses médias, le professeur Patrick Provost (ci-contre) a été suspendu par l’Université Laval pour des propos tenus en décembre 2021 sur la vaccination des enfants. Entrevue avec le principal intéressé.

« Le consensus sur la Covid-19 est politique : il n’a jamais été scientifique ! », tranche le professeur Patrick Provost, qui a appris le 13 juin dernier qu’il avait été suspendu de son institution pour huit semaines et sans salaire. Attendant un moment plus opportun, il en a fait l’annonce la fin de semaine dernière.

Les faits qui lui sont reprochés par l’Université Laval : avoir critiqué le processus de vaccination des enfants contre la Covid-19 dans une conférence qui remonte au 7 décembre 2021. Son point de vue sur le sujet en résumé : les risques associés à la vaccination des plus petits sont plus grands que les bénéfices.

Conférence critiquée

La conférence était organisée par Réinfo Covid Québec, une organisation indépendante dont la mission est d’éclairer le public sur les enjeux qui touchent la récente pandémie et sa gestion. La crédibilité de l’organisation a été remise en cause par des médias comme Radio-Canada.

Pour justifier sa décision, l’Université Laval reproche entre autres à son professeur d’avoir « démontré un biais de confirmation volontaire dans le choix des informations retenues » pour sa conférence, et d’avoir « présenté un grand nombre d’interprétations partiales ».

Une interprétation des faits que rejette en bloc Patrick Provost avec Libre Média. Il y voit le signe d’une régression de la société québécoise en matière de liberté académique et plus globalement de liberté de pensée.

« Je suis très inquiet par la direction que prend notre société », laisse-t-il tomber.

L’Université Laval refuse de commenter l’affaire.

Un chercheur de renommée internationale

Biochimiste de formation, Patrick Provost est professeur au Département de microbiologie, infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval.

Il a développé son expertise en biologie au sein du laboratoire de Bengt Samuelsson, prix Nobel 1982 en physiologie et en médecine.

Depuis vingt ans, il dirige un laboratoire de recherche sur l’ARN et le nombre de ses publications scientifiques révisées par les pairs s’élève à près d’une centaine.

Ses travaux de recherche sur le rôle de l’ARN messager dans l’expression des gènes font partie des 10 découvertes de l’année 2003 par le magazine Québec Science et des cinq découvertes de l’année 2021 par le quotidien Le Soleil.

Autant dire qu’a priori, Patrick Provost semble connaître quelque peu son sujet.

Québecor après l’Université Laval

Puis le 24 juin dernier, son article intitulé « Le véritable portrait de la Covid-19 » a été retiré par Québecor du site de TVA Nouvelles. Quelques heures auparavant, il était supprimé des sites du Journal de Québec et du Journal de Montréal.

Publié par la suite par Libre Média conformément à sa mission de protéger la liberté de presse, le texte offre un portait inédit de la gestion de crise sanitaire au Québec.

L’analyse du professeur est basée sur les données disponibles en toute transparence sur le site d’organismes officiels comme l’Institut national de la santé publique du Québec et l’Institut de la statistique du Québec. De quoi a-t-on peur, alors ?

« Québecor a retiré mon texte sans explications crédibles. La rédaction parle “d’incertitude”, mais je me suis basé sur les données du gouvernement… Est-ce que cela veut dire que les données du gouvernement sont incertaines ? », ironise le chercheur.

Lire la suite : Libre Média

Voir aussi

Covid-19 — A-t-on donné le mauvais type de vaccins ? (m à j, autre étude) 

Énoncé sur la protection et la valorisation de la liberté d’expression de l’Université Laval

Le projet de loi 32, Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire, présenté le 6 avril 2022 par la CAQ et sanctionné le 7 juin 2022.

Québec — décès dépassent les naissances, jamais aussi peu de naissances dans l'histoire récente

Les derniers chiffres sur les naissances et décès au Québec ont été publiés ce matin.

Notons que l’Institut de la statistique du Québec a publié les chiffres pour les quatre premiers mois de 2022 pour les naissances, mais les chiffres des cinq premiers mois de 2022 pour les décès. Les naissances moins importantes que les décès de sorte qu’on les compte moins vite ?

Sur la base des chiffres des quatre premiers mois de 2022, nous avons dessiné le graphique ci-dessous :


On notera que, pour la première fois, le nombre des décès pour le 1er quadrimestre dépasse le nombre de naissances. 

Le nombre de naissances est à son plus bas niveau dans l’histoire récente malgré une population toujours croissante (principalement à cause de l’immigration massive).

Le Canada, pays de la censure diversitaire

Le journal télévisé The National de la CBC a évoqué le 5 juillet la controverse touchant la demande d’excuses du CRTC à Radio-Canada. Le reportage montrait le livre de Pierre Vallières que le journaliste a traduit par « The White N-words of America ». Pourquoi « words » ? Il n’y a qu’un mot en N, à savoir nègre, pourtant. Le mot tabou en anglosaxophonie a même été oblitéré sur l’image.

Voir aussi 

Orwell — chien de garde fédéral (CRTC) ordonne à Radio-Canada de s’excuser pour avoir prononcé le mot « nègre » [dans le titre d’un ouvrage bien connu de sociologie politique de 1968 : Les Nègres blancs d’Amérique.]

Le Scrabble exclut des mots pour être plus « inclusif »


mardi 5 juillet 2022

Le Scrabble exclut des mots pour être plus « inclusif »

 

On parle d’un petit séisme dans le monde de la compétition de ce célèbre jeu de société. Mattel, société éditrice du Scrabble, a décidé de retirer 400 mots de la liste officielle des mots autorisés dans la version anglo-saxonne du jeu.

Ce sont tout d’abord les insultes raciales, homophobes ou contre les personnes âgées qui ont été supprimées. Cette décision intervient à la suite des récentes manifestations mondiales contre le racisme qui ont notamment suivi la mort de l’Américain George Floyd. L’idée de fond énoncée par les propriétaires du jeu est d’essayer d’être «plus inclusif» en retirant de l’espace de la compétition des paroles «offensantes» à l’encontre des minorités. Mais certains mots bannis paraissent surprenants.

Des suppressions «incongrues» voire «insignifiantes»

Certains termes dépourvus de toute connotation offensante ont aussi été supprimés, laissant de nombreux joueurs perplexes. C’est le cas par exemple du mot «jésuitique» qui se rapporte simplement à l’ordre religieux fondé par Saint Ignace de Loyola en 1534 et qui pouvait rapporter jusqu’à 200 points dans une partie de Scrabble.

Pour M. Maitland, chroniqueur au Spectator, la communauté du Scrabble condamne «unanimement» cette réforme des règles du jeu. Ce choix jugé «incongru» par les joueurs interrogés et la mesure dans son ensemble «insignifiante». Les mots juifs et papistes sont également « retirés ». Si l’utilisation de mots connotés et offensants à l’égard des minorités est à éviter, conviennent certains joueurs, il n’en reste pas moins que ces termes existent. Le chroniqueur l’écrit ainsi: «On ne peut désinventer les mots.» Et de préciser les paroles de Darryl Francis, co-rédacteur de la liste des mots autorisés au Scrabble de 1980: «Les mots ne deviennent des insultes que lorsqu’ils sont utilisés dans une intention dérogatoire». Or, le Scrabble est censé être un espace neutre.

 

Liste de mots « retirés » (quelques termes traduits en français quand le mot est de la même famille)

termes d'argot pour désigner les Autochtones, baldie, baywop, baywops, boche, boches, bogtrotter, bogtrotters, bohunk, bohunks, bubba, bubbas, buckra, buckras, bumboy, bumboys, butches, termes offensants pour les femmes latino-américaines, coloureds, coloureds, crip, crips, crumblies, culchie, culchier, culchies, culchiest, culshie, culshier, culshies, culshiest, c ***, c ****, termes très offensants pour les personnes à la peau foncée, terme très offensant pour les lesbiennes, dogan, dogans, variations de l'insulte homophobe f*****, fatso, fatsoes, fatsos, gadje, gadjo, ginzo ginzoes, insultes offensantes signifiant 'non-juif', barbe grise, barbes grises, barbe grise, barbes grises, gringa, gringas, gringo, gringos, haole, haoles, hicksville, hicksvilles, honkey, honkeys, honkie, honkies, honky, hos, hunkey, hunkeys, hunkie, hunkies, jailbait, jailbaits, jésuite, jésuitique, jésuitique, jésuitiquement, jésuitisme, jésuitismes, jésuites, jésuite,  juif, jigaboo, jigaboos, kanaka, kanakas, les, lesbo, lesbos, leses, lez , lezzes, lezzie, lezzies, lezzy, mick, micks, mulâtre, mulâtres, nance, nances, nancier, nancies, nanciest, nancy, le mot en N et autres variantes, non papiste, non papistes, ofay, ofays, papisme, papismes , papist, papistic, papistries, papistry, papists, pepsi, pepsi, picaninnies, picaninny, piccaninnies, piccaninny, pickaninnies, pickaninny, pickney, pickneys, polack, polacks, pommie, pommies, pommy, poncey, poncier, ponciest, poncy, poofier , poofiest, poufs, pooftah, pooftahs, poofter, poofters, poofy, poontang, poontangs, poove, pooves, poperies, papauté, popishly, raghead, ragheads, redneck, rednecks, schvartze, schvartzes, schwartze, schwartzes, sheeney, sheeneys , sheenie, sheenies, shegetz, shemale, shemales, shicksa, shicksas, shiksa, shiksas, shikse, shikseh, shiksehs, shikses, shkotzim, diverses insultes raciales pour les noirs, skimo, skimos, spaz, spazz, spazzes, insultes ethniques pour les sud-américains, Peuple américain, termes très offensants pour les femmes autochtones d'Amérique du Nord, vendu, vendus, wetback, wetbacks, whiteys, whities, insultes racistes w** et ses variantes, insultes juives hautement offensantes.

Sources : Le Figaro, The Spectator, Daily Mail, New York Post

Brève : apprendre les échecs n'améliorerait les compétences ni en maths, ni en lecture, ni en science

Une étude britannique n’observe aucun effet de l’enseignement des échecs auprès de 4000 enfants sur leurs résultats à des tests de mathématiques, de lecture ou de sciences.

Plus précisément, l’étude ne trouve aucune preuve d’un impact durable de l’enseignement des échecs sur les résultats des enfants aux tests de mathématiques, de lecture ou de sciences. Cela vaut pour divers sous-groupes (garçons, filles, enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés) et pour l’ensemble de l’échantillon.

Ce résultat doit bien sûr être interprété à la lumière des limites de l’étude. Premièrement, il est important de souligner que l’objectif de cet essai visait uniquement les résultats scolaires des enfants. Pourtant, l’enseignement des échecs (et plus généralement les jeux exigeants sur le plan cognitif) peut avoir un certain nombre d’avantages supplémentaires importants, notamment des impacts potentiels sur la confiance en soi et les compétences non cognitives des enfants. Il peut également procurer aux enfants un avantage de consommation — le plaisir de jouer. Deuxièmement, bien que l’étude ait pris des mesures pour étudier la validité externe de ses résultats, on ne peut en toute rigueur généraliser ses conclusions à d’autres zones géographiques (par exemple, à d’autres pays) ou à différents groupes d’âge (par exemple, les élèves plus jeunes ou plus âgés).

Malgré ces limitations, les auteurs pensent que leurs conclusions ont des implications plus larges.

Il y a actuellement beaucoup de battage médiatique autour de l’impact que les jeux exigeants sur le plan cognitif peuvent avoir sur la réussite scolaire des jeunes, sur la base de quelques études faites à relativement petite échelle ou corrélationnelles qui ont trouvé des résultats positifs. Les échecs sont un excellent exemple, celui où beaucoup perçoivent qu’il y a un avantage positif, et où (à première vue) il semble y avoir une base de preuves raisonnable. Cependant, les auteurs disent que leur analyse a montré qu’une fois que l’on gratte sous la surface et que l’on utilise un plan de recherche rigoureux fourni à de nombreux élèves à grande échelle, les fondements derrière les affirmations d’un impact causal important de ces jeux sur le niveau d’instruction ne semblent pas aussi solides que cela a pu déjà être suggéré.

Les auteurs pensent également qu’on exagère l’influence de nombreux autres jeux exigeants sur le plan cognitif, en particulier les jeux vidéo, où il y a actuellement beaucoup de battage médiatique.

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