mercredi 8 décembre 2021

Québec — 43 % des parents observent un retard dans le développement de leurs enfants dû à la pandémie

Les préoccupations et les inquiétudes des parents pour leurs enfants d’âge scolaire en contexte de gestion draconienne de la pandémie sont présentées par la figure ci-dessous. 

 


  • Près des deux tiers des parents (64 %) se disaient préoccupés par la santé mentale de leurs enfants. Cette proportion est similaire à celle observée lors de l’observation réalisée pour la rentrée 2020.

    On observe des différences selon les caractéristiques des parents. Ainsi, ceux sans emploi se disaient davantage préoccupés par la santé mentale de leurs enfants (77 % p/r 63 % des travailleurs à temps plein). Aussi, ceux inquiets d’être infectés par le coronavirus mentionnaient plus souvent cette préoccupation (71 % p/r 59 % de ceux non inquiets par le virus), de même que les prétendus, selon INSPQ, « adhérents à des théories du complot » (73 % p/r 62 % des non adhérents). À titre indicatif, les parents censément « adhérant à des théories du complot » représentaient environ 20 % des parents répondants.

  • Un peu plus du tiers des parents (35 %) s’avouaient inquiets que leurs enfants fréquentent un service de garde éducatif à l’enfance SGÉE ou l’école en raison de la pandémie. Cette proportion est donc moins élevée que celle observée l’an dernier, alors que 46 % des parents étaient inquiets de la fréquentation d’un SGÉE et 44 % du retour à l’école de leurs enfants en 2020.

    Des divergences ont été relevées selon les caractéristiques des parents. De ce fait, ceux ayant une formation universitaire (41 % p/r 33 % avec un diplôme d’études secondaires [DES] ou moins), ceux sans emploi (44 % p/r 32 % des travailleurs à temps plein), les résidents de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal (45 % p/r 28 % des résidents provenant de petites villes ou de milieux ruraux), ceux doublement vaccinés contre la COVID-19 (37 % p/r 22 % des non-vaccinés), ceux inquiets quant à la maladie (59 % p/r 15 %) et ceux adhérant à des théories du complot (43 % p/r 32 %) rapportaient une plus grande inquiétude quant à la fréquentation de l’école et du SGÉE pour leurs enfants en raison de la pandémie.

  • Environ un parent sur cinq (21 %) croyait que son ou ses enfants étaient anxieux de retourner à l’école en raison de la pandémie. Cette proportion est aussi moins élevée que l’an dernier, alors qu’elle était à 34 %.
  • La réussite scolaire en temps de pandémie était une préoccupation importante pour les parents : 68 % s’avouaient plutôt ou très préoccupés à ce sujet.

    Des différences ont été observées selon les caractéristiques des parents. Les parents prétendument adhérant à des théories du complot (82 % p/r 63 % des non adhérents à ces théories) et ceux hésitant à la vaccination (76 % p/r 66 % des non hésitants à la vaccination) se disaient plus préoccupés par la réussite scolaire de leurs enfants.

Source : INSPQ

mardi 7 décembre 2021

Très forte croissance des étudiants internationaux au Québec qui ne connaissent pas le français

Pendant qu’Ottawa refusait plus de 35 000 permis à des Africains qui souhaitaient étudier en français au Québec dans les deux dernières années, il ne limitait pas ce nombre pour les étudiants qui voulaient étudier en anglais.

Cela se reflète dans les statistiques de connaissance du français de la part des étudiants.


Pourquoi le Québec accepte-t-il cela docilement ? En Belgique, ce problème ne se pose plus (avec le français comme langue internationale) : il n’y a plus d’écoles ni d’universités francophones en Flandre alors que le français y fut la langue de haute culture dominante pendant des siècles.

Source


lundi 6 décembre 2021

Histoire — Panem et Circenses

Tout le monde connaît le fameux mot de Juvénal sur la satisfaction des besoins romains : Panem et Circenses. « Le peuple qui jadis octroyait des commandements, des consulats, des légions et tout le reste, ne désire ardemment aujourd’hui que deux choses : du pain et des jeux. » Tout au long de ses années de recherche, Catherine Virlouvet dévoile une réalité plus complexe de la plèbe romaine en soulignant son hétérogénéité. A-t-on une idée précise précise du nombre d’habitants à Rome au Ier siècle ? Comment faire vivre une ville de cette taille ? Quels étaient les circuits d’acheminements des denrées alimentaires et notamment du blé ? Comment se conservaient ces denrées et où étaient-elles entreposées ? 

Interrogée par Christophe Dickès de Storiavoce, Catherine Virlouvet nous ouvre les portes du quotidien des Romains. Dans une seconde partie, elle présente l’Ecole française de Rome qu’elle dirige : son histoire, son rôle scientifique, ses spécialités et ses liens institutionnels qui participent du rayonnement de la France à l’étranger.

L’invitée : élève de Claude Nicolet, Catherine Virlouvet s’est spécialisée en histoire antique et a travaillé sur les procédures de distribution du blé public à Rome de la fin de la République au Haut-Empire, ainsi que sur les famines et les émeutes. Après une carrière universitaire (Rouen, Aix-Marseille), elle a été la première femme à occuper la direction de l’École française de Rome.


Le 6 décembre : la Saint-Nicolas, patron des écoliers

Version spéciale cette année. L'acolyte de Saint-Nicolas, le Père fouettard, le tolère pas les enfants rebelles aux mesures anti-Covid-19.


 
Chanson chantée dans les écoles en Belgique et dans le Nord-Est de la France pour la Saint-Nicolas



Visite de Saint Nicolas et du père Fouettard dans une école primaire de Belgique

;:


Voir aussi

Saint-Nicolas sans sa croix de la mutualité socialiste belge, le porte-parole des évêques ne comprend pas


Le 25 novembre et le 6 décembre, hier et aujourd'hui

Belgique — Saint Nicolas sans croix


dimanche 5 décembre 2021

Propositions d'Éric Zemmour en éducation : vidéo et extraits transcrits de son discours de Villepinte ce dimanche

Transcriptions

[Tout au long de cette campagne], je continuerai de rendre publiques les mesures que je propose pour la France. Notre projet politique s’inscrit dans la durée. Nous nous engageons pour les décennies suivantes et pour les prochaines générations et sur le long terme puissance rime avec éducation.

Pour l’école, nous serons du côté de l’excellence.

[Applaudissements]

Le modèle scolaire français doit revenir à ses fondamentaux avec une attention particulière pour les mathématiques et les humanités.

[Applaudissements]

Nous devons retrouver ce modèle qui a fait notre succès hier et qui fait aujourd’hui la réussite des pays asiatiques qui nous ont imités :

  • culture classique,
  • études scientifiques,
  • valorisation des savoir-faire manuel,
  • transmission des savoirs et
  • culte du mérite et de l’excellence.

[Applaudissements]

Dès la rentrée prochaine, nous referons de l’école l’instrument de l’assimilation à la française et nous chasserons des classes de nos enfants :

  • le pédagogisme,
  • l’islamo gauchisme et
  • l’idéologie LGBT.

[Applaudissements]

Nous redonnerons aux enseignants les moyens de travailler, nous rétablirons leurs autorités.

Nous interdirons

  •  l’usage de l’écriture inclusive et
  •  nous bannirons toute forme de discrimination positive.

[Applaudissements]

Oui, oui, je le promets, oui, je le promets : l’école ne sera plus laboratoire idéologique de la gauche et nos enfants ne seront plus ses cobayes.

L’école de la République l’école de la République doit redevenir le sanctuaire qu’elle fut et l’école libre, à qui nous devons tant, doit rester libre.

[Applaudissements]

L’école doit retrouver son objectif prioritaire : la transmission des savoirs, seule à même de réduire les inégalités elle ne doit plus chercher, elle ne doit plus chercher à toute force être la plus « inclusive » possible, mais au contraire rétablir le culte du mérite et de l’effort.

[Applaudissements]

Et, c’est parce qu’on transmettra de nouveau les savoirs, parce qu’on rétablira le culte de l’effort et du mérite qu’on luttera efficacement contre les inégalités sociales.

[Applaudissements]

Je veux, je veux en finir avec ce pédagogisme qui n’aura eu de cesse depuis quarante ans que de rabaisser le niveau scolaire. Au nom de l’égalité entre tous les élèves, ils les ont privés de culture.

Ils ont empêché les évaluations, ils ont banni les classements. Ils pensaient rendre service aux élèves, ils les ont privés d’excellence les empêchant de démontrer leur talent, leur intelligence et leur travail.

C’était l’école de mon enfance et, j’en suis sûr, celle de beaucoup d’entre vous ici. Cette école qui permettait en une génération de gravir les plus hauts échelons de la République. Souvenez-vous de Georges Pompidou, normalien agrégé de lettres, haut fonctionnaire, chef de l’État, dont les parents étaient enseignants et les grands-parents de modestes paysans. C’est ce type de destinée que je veux pour les prochaines générations de Français, quel que soit leur milieu social.

[Applaudissements]

Oui, oui, cette France oubliée, notre France oubliée, a le droit de retrouver une école de qualité. Cette France méprisée a le droit de retrouver des services publics. Cette France abandonnée qui manque de commissariats, qui manque de trains, qui manque de médecins, qui manque d’hôpitaux, on la prive aussi d’une école à la hauteur de ses rêves pour ses enfants. C’est injuste et c’est inadmissible.

[Applaudissements]

Mais, mais impossible n’est pas français. L’État peut partir à la reconquête de cette France abandonnée. Il doit revenir dans chaque village, dans chaque commune, dans chaque département pour proposer son modèle fondé sur l’excellence : l’excellence industrielle, l’excellence scientifique, l’excellence scolaire, l’excellence de nos services publics.

[Applaudissements]

Oui, notre combat est celui de l’excellence. Mais notre combat est avant tout celui pour la France, car face aux changements de peuples qui s’accélère, nous sommes les seuls qui osons dire la vérité les seuls à prononcer les mots qui fâchent et à proposer les mesures qui s’imposent.

Par ailleurs, dans ses priorités affichées sur son site internet, Éric Zemmour affirme:

L’apprentissage des savoir-faire fondamentaux à l’école primaire, la suppression du collège unique ou encore le relèvement du niveau du baccalauréat sont autant de mesures urgentes à mettre en œuvre pour redresser le niveau global.

Australie — Camps de « quarantaine » pour non-positifs, qui l'aurait cru il y a 2 ans ?

Vidéo à l’appui, une Australienne a livré un témoignage troublant de sa quarantaine dans un camp, où elle serait restée enfermée 14 jours malgré un test négatif. Elle se fait notamment réprimander pour avoir franchi de quelques pas son balcon sans son masque.

Hayley Hodgson, une jeune femme de 26 ans, a témoigné auprès du média Unherd News d’un séjour contraint qu’elle dit avoir subi 14 jours durant dans le centre de quarantaine australien de Howard Springs, où sont confinés des individus revenant de l’étranger, mais également des personnes ayant contracté la Covid-19 ou de simples cas contacts.


À l'intérieur d'un camp d'internement Covid australien. Vidéo sous-titrée en français (20 minutes)

Dans une vidéo qu’elle a diffusée alors qu’elle était encore enfermée dans le camp, on peut ainsi voir deux agents l’apostropher alors qu’elle se trouve sur le balcon de la chambre où elle est confinée. Lui donnant un « avertissement », il est reproché à Hayley Hodgson de ne pas avoir porté son masque allant laver son linge, mais surtout d’avoir voulu converser avec une autre personne à quelques pas de sa chambre, au-delà de son balcon. « Encore une fois, ça n’a pas à être sensé », lui a rétorqué un agent auprès duquel elle dénonçait l’absurdité des règles mises en place.

Lui faisant remarquer d’ailleurs que son test Covid était négatif, elle s’est vu opposer un simple : « Le risque reste tout de même très élevé ». 5 000 dollars d’amende en cas de récidive Prévenue qu’en cas de récidive elle risquait d’écoper d’une amende de 5 000 dollars australiens, elle a développé plus longuement l’atmosphère dystopique qui règne dans le camp lors d’une interview. « Vous avez l’impression d’être en prison. Vous avez l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, c’est inhumain ce qu’ils font », a-t-elle ainsi confié à Unherd News le 2 décembre.

Elle a également dépeint le manque d’empathie des gardiens, qui ne se préoccuperaient que très peu des personnes en quarantaine : « Ces gens sont en combinaison de protection et tout. Ils ne veulent pas s’approcher de vous parce qu’ils pensent que vous êtes contagieux. Et ils vous déposent littéralement dans votre chambre. Et ils vous laissent. Ils ne viennent pas et ne disent rien, ils ne vérifient pas, ils ne font rien. » Le centre de Howard Springs, dans le Territoire du Nord de l’Australie, est l’un des camps dédiés à la quarantaine de personnes revenant au pays. 

D’après des informations de presse, il sert également depuis quelque temps à isoler des personnes contaminées ou simplement cas contacts — même présentant un test négatif, comme c’est le cas de Hayley Hodgson. Ainsi le 21 novembre, le site de la chaîne de télévision publique australienne ABC rapportait que « 38 cas contacts [avaient] été identifiés et étaient transférés à Howard Springs ». Le 1er décembre, le même média citait le ministre en chef du Territoire du Nord, Michael Gunner, qui déclarait que Howard Springs « n’était pas une prison, mais pas un terrain de jeux non plus ». « Les gens sont là soit parce qu’ils sont positifs au Covid, soit parce qu’ils ont un fort risque d’être positifs au Covid », expliquait-il également.

Sujets connexes

  • Étude française. sur 27 000 personnes qui disaient souffrir de la "covid longue", seules 1 091 d'entre elles ont testées positives à un test sérologique. En d'autres mots, 96% de ces 27 000 personnes n'ont jamais eu la covid. Effet de l'hystérie autour de la Covid ? 


  • L'infection par le SRAS-CoV-2 fournit une immunité naturelle substantielle contre la réinfection. Des études récentes ont montré une forte diminution de l'immunité fournie par le vaccin BNT162b2 (Pfizer/BioNtech). Les auteurs d'une étude récente ont comparé les taux d'infection en fonction du temps écoulé depuis le dernier événement immunisant (c'est-à-dire une vaccination ou une infection). Les auteurs ont constaté que la protection contre une réinfection diminue avec le temps depuis l'infection précédente, mais la protection après infection est néanmoins supérieure à celle conférée par la vaccination avec deux doses à un moment similaire depuis le dernier événement conférant l'immunité. Une nouvelle fois l'immunité acquise naturellement est supérieure à celle acquise par la vaccination (même complète) à une même date. Recevoir le vaccin après s'être remis de Covid ne confère aucun avantage quant au risque de réinfection. Il vaut mieux avoir été infecté puis vacciné ("Récupéré-vacciné") que d'être d'abord été vacciné puis avoir infecté ("Vacciné-récupéré") à 6-8 mois, avec une séparation claire des intervalles de confiance. (Cela indique-t-il un péché originel antigénique dû à un vaccin trop étroit ?) Dans le graphique ci-dessous, une petite valeur indique un meilleur résultat (moins d'infections).


samedi 4 décembre 2021

La nécessité du retour de la fonction paternelle alors que le patriarcat occidental disparu est sans cesse attaqué à gauche


Jean-Michel Delacomptée s'entretient avec Mathieu Bock-Côté sur le patriarcat, la paternité, les deux sexes, la détestation de l'homme blanc uniquement apparemment

 

La seconde moitié du XXe siècle a vu l’avènement des femmes dans la sphère publique sous le signe de leur égalité avec les hommes, valeur fondamentale en France comme en Europe. Ce formidable progrès connaît aujourd’hui des développements hasardeux. Dans le tumulte d’une époque où les passions prennent le pas sur la raison, à la revendication d’une égalité juste se substitue progressivement la quête utopique d’une égalité totale entre les individus, les sexes, les genres, qui implique l’éradication du patriarcat, source de tous les maux. Exit le père de famille, symbole de l’autorité, voici le règne de l’amour universel comme projet politique consacré par les lois. Étrange amour, qui tend à opposer l’homme et la femme, à produire de la violence, à fracturer la société, à détruire la beauté du monde.

Avec son esprit pénétrant et sa plume inspirée, Jean-Michel Delacomptée examine la révolution des mœurs en cours, amplement importée des États-Unis, où s’invente une modernité aveugle aux conséquences de ses choix. Devant l’avenir qu’obscurcit le sectarisme de revendications sans limites, il se livre à une ardente défense de notre souveraineté morale, clé d’une indispensable préservation de l’humanisme et de la haute culture sur lesquels repose la fragile grandeur de notre civilisation.

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Les hommes et les femmes: Notes sur l'esprit du temps
de Jean-Michel Delacomptée
publié le 6 octobre 2021
chez Fayard
à Paris
224 pages
ISBN-13 : 978-2213712840


Épreuve de natation serait discriminatoire à l'égard des noirs, selon une plainte

Extraits d’un article du Soleil.

[…]

Kensley Volmar a 22 ans. Il effectue sa deuxième année en techniques policières au Cégep Garneau. Il est parti de Laval pour s’installer à Québec. « Je commence vraiment à aimer la ville », dit-il. Plus tard, il aimerait devenir patrouilleur au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Mais une barrière bleue se dresse devant lui. Pour diplômer en techniques policières, Kensley doit réussir un test éliminatoire de natation qui est exigé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Or, cette épreuve défavorise les étudiants noirs, qui grandissent dans une culture où l’apprentissage de la natation est peu répandu, soutient une plainte qui a été déposée par un autre étudiant noir en techniques policières ce printemps à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

[…]

« J’avais peur d’être convoqué »

Kensley songe à devenir policier depuis longtemps. En Haïti, où il a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans, il aimait jouer avec de faux pistolets et des menottes et se rêvait déjà policier. L’étincelle pour le métier est restée au Québec. Mais en cinquième secondaire, elle a failli vaciller.

En constatant que les tests d’admission en techniques policières comprenaient un volet en piscine, Kensley a reculé. « J’ai juste même pas appliqué [sic : je n’ai même pas postulé], parce que j’avais peur d’être convoqué pour les tests de natation », dit-il.

Kensley ne savait pas nager. Il se souvient d’être allé à la piscine une fois avec des camarades du primaire. Voyant tout le monde sauter à l’eau, il s’était lancé lui aussi. « J’ai failli me noyer », dit-il. Après l’incident, sa mère l’a incité à suivre un cours de natation. Mais il a refusé. Il craignait la section profonde de la piscine.

Au moment de s’inscrire au cégep, Kensley était loin d’avoir le niveau requis pour nager, par exemple, les 100 mètres du test d’admission du Cégep Garneau ou les 50 mètres du Cégep de Sherbrooke. Il aurait pu faire une demande d’admission au Collège de Maisonneuve, à Montréal, où il n’y a pas de test de natation à l’entrée. Mais Kensley n’avait pas vérifié. Il était convaincu que des épreuves de natation bloquaient la porte de tous les cégeps de la province.

Il s’est donc tourné vers une technique en services policiers à la Cité collégiale de l’Ontario, à Ottawa, où la natation ne fait pas partie du test d’admission. Là-bas, il se souvient d’avoir rencontré d’autres étudiants noirs québécois qui voulaient éviter les épreuves de natation québécoises.

Kensley a terminé sa formation à Ottawa avec une moyenne de 90 %, encore plus convaincu qu’il voulait devenir policier. Mais avec son diplôme ontarien, il n’aurait pas eu le droit de pratiquer le métier dans les services de police municipaux québécois ou à la Sûreté du Québec.

Apprentissage

Alors, il a décidé d’apprendre à nager. À l’été 2019, il s’est inscrit dans un cours d’initiation à la natation dans une piscine publique montréalaise. Il s’est exercé à battre les pieds dans l’eau, à respirer sur le côté, à avancer avec une planche. Il a repris le cours de base trois fois. Son corps était trop rigide dans l’eau et la partie profonde de la piscine persistait à l’intimider, explique-t-il. « Je n’étais pas capable de rester longtemps dans le creux ».

Mais il a continué à nager. Avant ou après son travail de nuit comme agent de sécurité à l’Université de Montréal, il s’entraînait à la piscine de l’université ou explorait des piscines publiques. Son corps a commencé à saisir la mécanique aquatique : il arrivait à faire de plus en plus de longueurs de piscine.

Assez pour entrer en techniques policières ? Il ne l’a jamais su. Quand la pandémie a rejoint le Québec en 2020, les tests physiques d’admission ont été annulés au Cégep Garneau.

Kensley a été admis grâce à son dossier scolaire, mais la piscine l’attend plus loin. Il lui reste encore les trois examens de natation finaux pour obtenir son diplôme.

Huit secondes de trop

Kensley espère ne pas vivre un échec comme celui qui a bloqué les aspirations de Jérémie*, un étudiant noir en techniques policières au Collège de Maisonneuve, à Montréal.

Dans une plainte déposée au printemps 2021 à la Commission des droits de la personne, et dont Le Soleil a obtenu copie, l’homme de 23 ans relate qu’il s’est investi à fond dans l’apprentissage de la natation, reprenant l’entraînement même après avoir été sauvé d’une noyade potentielle par un camarade de classe.

Lors des épreuves finales de natation, en 2018, il a réussi le 200 mètres style libre en moins de 5 minutes et les trois minutes de nage sur place avec une ceinture lestée de 5 livres. Mais il a échoué à l’épreuve du 50 mètres de nage en uniforme. Il a réessayé, mais l’a ratée une fois de plus. Par 8 secondes.

Jérémie a réussi 47 cours en techniques policières, selon la plainte. Mais il n’a toujours pas son diplôme.

Discrimination ?

Les « tests éliminatoires de natation posent des désavantages systémiques discriminatoires pour les candidats issus de la communauté noire, ayant pour effet de leur restreindre les possibilités d’accès à une carrière policière dans la province de Québec », soutient Jérémie dans sa plainte.

Alors que les cours de natation sont un rite de passage pour les enfants au Québec, souligne la plainte, les immigrants sont moins susceptibles d’apprendre à nager.

Une étude de la Société de sauvetage canadienne publiée en 2010 a montré par exemple que les Néo-Canadiens sont quatre fois plus susceptibles de ne pas savoir nager que les gens nés au Canada.

Aux États-Unis, où le lien entre origine ethnique et noyades et mieux documenté, une étude de la principale agence fédérale américaine de santé publique a montré en 2014 que les Noirs âgés entre 5 et 19 ans étaient 5,5 fois plus susceptibles de se noyer dans une piscine que leurs pairs blancs.

Au Canada, les Noirs ont eu historiquement moins accès aux piscines et aux leçons de natation que les Blancs, notamment par manque de ressources financières, fait valoir Jérémie dans sa plainte. Cette disparité explique, selon lui, que l’apprentissage de la natation s’est peu répandu chez les Noirs.

Par courriel, une porte-parole du Collège de Maisonneuve, Emilie Laramée, confirme que le cégep a reçu la plainte déposée à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPJD), qui vise aussi le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et la Fédération des cégeps.

« Par respect pour le processus institué devant la CDPDJ et sachant qu’il implique également d’autres entités que le Collège de Maisonneuve, le Collège ne formulera pas de commentaires additionnels », indique Mme Laramée.

« Exceptionnel »

C’est le ministère de l’Éducation qui fixe les exigences minimales du test de natation, indique Esther Chouinard, porte-parole du ministère. Mais le contenu du programme d’études a été rédigé en collaboration avec des policiers, des organisations policières, l’École nationale de police de Québec et les collèges.

Selon le ministère, le niveau de compétences des aspirants policiers en natation a été établi pour permettre la réussite du programme de formation initiale en patrouille-gendarmerie à l’École nationale de police du Québec (ENPQ), qui prévoit une « activité » de formation sur le sauvetage aquatique. Le test de natation a été aboli en avril 2015 à l’ENPQ.

Les exigences en natation sont aussi fixées « selon les besoins du marché du travail », note la porte-parole du ministère de l’Éducation.

Alain Babineau est en désaccord avec cette affirmation. Policier durant près de 30 ans à la GRC et nommé ce printemps au poste de conseiller au Service police de la Ville de Montréal (SPVM) par la commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques de la Ville de Montréal, M. Babineau estime que le niveau d’habileté en natation requis pour les étudiants en techniques policières est sans commune mesure avec les exigences de la profession policière. Selon M. Babineau, les épreuves éliminatoires de natation viennent « mettre des bâtons dans les roues » des efforts de recrutement des services policiers auprès de la communauté noire, notamment.

Au SPVM, la procédure qui encadre les interventions riveraines indique que les policiers n’ont pas l’obligation de se lancer à l’eau, note Mireille Lux, porte-parole du SPVM. La police montréalaise dispose toutefois d’une équipe nautique qui assure la sécurité sur des voies navigables. Sinon, le sauvetage nautique est sous la responsabilité du Service de sécurité incendie de Montréal, précise Mme Lux.

Directeur adjoint au Service de police de la Ville de Québec, Jean-François Bernier note que les cas où les policiers se lancent à l’eau « sont exceptionnels », mais que les agents doivent savoir nager si une telle situation se présente, sans toutefois mettre leur sécurité en péril. M. Bernier explique que, souvent, les policiers « les plus à l’aise dans l’eau vont s’offrir » pour des sauvetages aquatiques. À la police de Québec, les tests de qualification en natation ne sont exigés que pour ceux qui font de la patrouille nautique, indique-t-il.

Jean-François Bernier estime qu’il serait « préoccupant » que le test de natation puisse freiner des candidatures chez les minorités visibles. « Dans la mesure où leur réalité culturelle fait en sorte qu’ils ont une appréhension » envers la natation, dit-il, cet enjeu devrait être pris en compte.

Dernière ligne droite

À la piscine du Cégep Garneau, la monitrice, Ariane Gagnon, fait le point sur les efforts de Kensley. Elle estime qu’il est un des étudiants les plus disciplinés du cours de natation, mais que sa technique n’est pas encore à point. Au lieu de rester à la surface de l’eau, les bras de Kensley ont tendance à caler lorsqu’il respire sur le côté, explique Mme Gagnon.

À la quatrième session, environ 2,8 % des étudiants échouent au test de natation au Cégep Garneau. Mais ils peuvent retenter leur chance à la sixième session.

D’ici là, Kensley compte s’entraîner à la piscine tous les jours. Il espère renforcer son endurance à la nage sur place et réussir à retrancher 35 secondes à son temps au 200 mètres.

Ce sera un défi de taille, anticipe Kensley. « Il va falloir que je continue à m’entraîner deux fois plus fort. »

*Le vrai nom de Jérémie a été modifié pour protéger son identité


« Noël » et « Marie », tous ces mots que la Commission européenne veut ou voulait bannir

« Noël », le prénom « Marie », « Mesdames et Messieurs »… Pour « refléter la diversité », la Commission européenne a recommandé dans un guide à usage interne EN ANGLAIS (alors que la Grande-Bretagne ne fait même plus partie de l’Union européenne) de proscrire l’emploi de plusieurs mots, dont certains issus de la tradition chrétienne. Si l’institution a rétropédalé, sa démarche peut légitimement inquiéter.


La journaliste commet une erreur : Malika n’est pas la traduction de Marie en arabe, c’est Maryam/Meriem. Malika signifie « reine ».

La fête de Noël et le prénom Marie seront-ils bientôt placés sur la liste noire des mots à employer en société ? C’est en tout ce que laissaient entendre les recommandations d’un guide à l’usage des fonctionnaires de la Commission européenne lancé fin octobre. Si la bronca provoquée par le document a obligé la commissaire maltaise, Helena Dali, à revenir dessus précisant que ses services travaillaient à « une version actualisée », le mal, ou plutôt les mots, sont désormais connus.

Dans un document d’une trentaine de pages, la Commission avait ainsi prévu de proscrire le mot « Noël » ou « vacances de Noël » afin de ne pas offenser celles et ceux qui ne sont pas chrétiens, a révélé le quotidien italien Il Giornale. « Évitez de supposer que tout le monde est chrétien. Tout le monde ne célèbre pas les fêtes chrétiennes […] Soyez sensibles au fait que les gens ont différentes traditions religieuses », soulignait ainsi le document. Et d’étayer cette recommandation d’un exemple : il faudrait ainsi éviter de dire « La période de Noël peut être stressante » et remplacer cette phrase par « La période des vacances peut être stressante » en ajoutant, à la fin, « pour ceux qui célèbrent Noël, Hanoucca. »


Mathieu Bock-Coté revient sur ces mots tabous de l'Union européenne, mais également ceux de la CBC au Canada et quelques exemples au Québec

De la même manière, la Commission européenne recommandait de ne pas utiliser des prénoms « typiques ». « Dans les histoires, ne choisissez pas de prénoms typiques d’une religion », précisait le document. Une recommandation suivie d’un exemple : « au lieu de parler de “Maria et John”, parlez plutôt de “Malika et Julio” ». D’autres expressions telles que « Mesdames et Messieurs » devaient être proscrites en ouverture des réunions au profit d’un plus neutre « Chers collègues ». Concernant les relations familiales, les employés de la Commission étaient priés de ne plus utiliser les mots « épouse, mari, mère et père » et de leur préférer « conjoint, partenaire, parents. »

Ces révélations ont suscité une vive réaction du côté du Vatican. Le secrétaire d’État du Saint-Siège a signifié sa désapprobation dans une courte vidéo. Allons-nous « annuler la dimension chrétienne de notre Europe » ?, s’est inquiété le cardinal Pietro Parolin, numéro 2 du Vatican. Reconnaissant d’abord que le « souci d’effacer toute discrimination est juste », il a déploré la méthode employée par la Commission européenne pour y parvenir. Pour lui, cette tendance qui détruit la différence et les racines signifie au final « détruire la personne ».

« Noël », « Marie », « Jean » ou encore « Mesdames et Messieurs » ont donc encore droit de cité. Mais pour combien de temps ?, s’inquiètent de nombreux observateurs. Car malgré la promesse de la commissaire de reprendre sa copie, la tendance est belle et bien lancée. « Les individus sont des êtres complexes avec des caractéristiques et des identités multiples », pouvait-on lire en préambule du texte. « Il est donc important d’en tenir compte dans notre communication pour s’assurer que personne n’est laissé pour compte. » Car si le document est en train d’être repris, la logique — ou l’idéologie — sous-tendue semble bien partie pour durer.

« Si les mots perdent leur valeur et leur signification propres, toute discussion devient un dialogue de sourds. En respectant les mots, nous respectons les hommes », rappelait sur Aleteia le père Jean-François Thomas, ancien professeur de philosophie et de théologie. « Blesser les mots et la parole, les manipuler pour son propre intérêt, entretenir l’ambiguïté par le flou ou une langue de bois endort l’intelligence et saigne à blanc la foi. Si les mots perdent leur valeur et leur signification propres, tout devient semblable et relatif. »

Le document a découragé le personnel d’utiliser les termes « Mme » ou « M. », en disant : « En cas de doute, utilisez “Mx.”.

Peu de temps avant que le guide ne soit retiré, le secrétaire d’État du Vatican a vivement critiqué le document.

Dans une interview publiée par Vatican News le 30 novembre, le cardinal Pietro Parolin a déclaré que le texte allait “contre la réalité” en minimisant les racines chrétiennes de l’Europe.

vendredi 3 décembre 2021

Universités: autoroute vers la médiocrité (candidats blancs mâles hétéro-cisgenres s'abstiendront de postuler)

Un texte de Joseph Facal dans le Journal de Montréal.

L’Université d’Ottawa veut combler un poste de professeur en droit public.

L’un des critères de sélection se lit ainsi : « La sélection sera limitée aux candidats ou candidates racisé.es ou autochtones. »

Vous avez la peau claire ? Ce n’est même pas la peine d’envoyer votre CV.

Déferlement

L’Université Laval veut combler un poste de titulaire de Chaire de recherche du Canada en littérature française de la première moitié du XXe siècle.

Voici ce que dit l’appel de candidatures : « seules les personnes candidates possédant les compétences requises ET s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés (femmes, Autochtones, personnes en situation de handicap et personnes appartenant aux minorités visibles) seront sélectionnées au terme du présent concours. »

L’Université Laval se défend dans la phrase suivante : « L’Université Laval ne peut déposer d’autres types de profils de candidatures tant que ses cibles de représentation ne sont pas atteintes, et ce, conformément aux exigences du Programme des CRC. »

Bref, elle aurait les mains liées par les exigences imposées par l’organisme fédéral qui finance les chaires.

Le professeur de l’Université McGill Patanjali Kambhampati, d’origine indienne, lui-même membre d’une « minorité visible », spécialisé dans les lasers, vient de se faire refuser deux financements fédéraux pour manque de diversité dans son équipe.

M. Kambhampati a eu l’audace d’écrire dans ses demandes qu’il embaucherait ses assistants sur la base du mérite. Ce fut fatal.

Une collègue que je ne nommerai pas craint pour le renouvellement de son financement, car ses proches collaborateurs sont des hommes blancs cisgenres (un homme qui se perçoit comme un homme).

Et je m’arrête faute de place.

Tout cela s’appuie sur une idée absurde et sur une idée fausse.

L’idée absurde est que la recherche universitaire doit, dans sa composition raciale, refléter la composition de la société en général, comme s’il n’y avait pas des tas de raisons qui expliquent les différences entre ce milieu et la société.

L’idée fausse est que si les gens de telle catégorie sont peu nombreux dans un domaine, c’est forcément pour cause de discrimination.

Discrimination pour louer un appartement ? Peut-être.

Pour un poste de professeur universitaire au Canada ? Non.

Évidemment, c’est ce que prétendra celui qui n’a pas eu ce qu’il convoitait, mais cela n’en fait pas une vérité pour autant.

Avenir ?

Comprenez bien : il ne s’agit plus, entre deux candidats de compétence équivalente, de prendre celui d’un groupe minoritaire.

On embauchera non sur la base de ce que vous avez fait, mais sur la base de votre catégorie d’appartenance minoritaire.

On élève carrément l’appartenance au groupe minoritaire au rang de critère formel d’exclusion des autres candidatures.

Recruter sur la base du mérite sera désormais, dans bien des cas, interdit. Tout simplement.

Dans nombre de disciplines, il faudra fouiller dans le fond de la pile pour trouver les candidatures exigées.

C’est dans les universités qu’on dessine l’avenir. Avec de telles politiques d’embauche, nous sommes sur l’autoroute de la médiocrité.