samedi 7 juillet 2018

Québec : pourquoi il faut décentraliser l’éducation

Extraits d’un texte de Jasmin Guénette (ci-contre), vice-président aux opérations de l’Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

Les campagnes électorales carburent aux annonces et aux promesses coûteuses. Celle qui se pointe au Québec à la fin de l’été, risque de ne pas être différente : il est frappant de voir à quel point, dans la tête de la plupart des candidats, il n’y a pas d’alternative à mettre plus d’argent dans le système pour qu’il fonctionne mieux. En matière d’éducation, en particulier, où le débat sur les coupes dans les dépenses a fait rage (en réalité, elles ont augmenté), il sera très tentant pour les politiciens de faire pleuvoir les millions.

Rappelons deux choses : d’une part, dépenser plus n’est pas synonyme de meilleurs résultats pour les écoles et les élèves. Cela a été déjà démontré dans le cas des pays européens, puis au Québec : un plus haut niveau de dépenses publiques en éducation ne s’accompagne pas de meilleurs services.

Pourquoi ? Tout simplement parce que certaines dépenses ont peu ou pas d’effet sur la qualité de l’instruction reçue. Par exemple, qui peut affirmer sérieusement qu’« investir » 800 000 $ dans l’organisation d’élections partielles des commissions scolaires pour lesquelles le taux de participation frise le zéro est profitable aux élèves ? D’autre part, l’école des choix publics nous enseigne que les bureaucrates cherchent avant tout à multiplier les budgets pour financer les dépenses de fonctionnement (les infrastructures, les salaires, les conditions de travail, etc.), et non le type de dépenses qui favorisent les bénéficiaires des services publics.

La preuve : au cours des dix dernières années, les dépenses en éducation ont augmenté d’environ 14,1 % en termes réels, tandis que le nombre d’élèves a diminué de 3,6 %. Une partie importante de ces hausses s’explique par la hausse des coûts salariaux et de ceux des régimes de retraite. Les enseignants doivent évidemment être rémunérés à leur juste valeur, mais votre petit dernier n’accordera pas mieux les participes passés parce que son prof a changé d’échelon salarial.

Que faire donc pour améliorer notre système d’éducation ?

Plus d’autonomie pour les profs et les directeurs

Le dernier rapport PISA, publié par l’OCDE est particulièrement instructif, car il permet d’évaluer l’effet de certaines politiques entre 2006 et 2015. Les résultats de l’étude vont dans le sens de ce que défend l’IEDM depuis plusieurs années.

D’abord, sur le renforcement de l’autonomie des écoles. Les pays qui leur ont donné plus d’autonomie ont vu les performances des élèves augmenter. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les gens sur le terrain, au premier chef les enseignants sont les mieux placés pour adapter les méthodes d’enseignement et la matière à leurs élèves… pourvu qu’on leur permette de le faire. L’autonomie favorise en outre les innovations pédagogiques en permettant de comparer diverses pratiques et de conserver les meilleures.

Il est important aussi pour les directeurs d’école d’avoir la liberté d’embaucher, de gérer et, au besoin, de congédier son personnel, incluant les enseignants. Présentement, au Québec, il est presque impossible de congédier un enseignant incompétent. La plupart ne sont d’ailleurs plus évalués une fois qu’ils ont reçu leur permanence. Lorsque la seule valeur encouragée est l’ancienneté, peut-on s’étonner de la démotivation de certains enseignants et du manque de relève ?

Ce renforcement de l’autonomie des écoles passe enfin par l’abolition des commissions scolaires [ce carnet en est moins convaincu, bien utilisées ce sont des éléments de décentralisation], ce qui pourrait aussi contribuer à la réussite des élèves, et l’introduction de mesures de rémunération selon la performance.

mercredi 4 juillet 2018

Actrice noire joue Marguerite d'Anjou : nécessaire diversité, chants d'esclaves chantés par une blanche : horrible appropriation culturelle

Mise à jour du 4 juillet 2018

Dans un communiqué diffusé mercredi avant-midi, l’organisation du Festival affirme avoir été « ébranlée et fortement touchée par tous les témoignages reçus ». Elle tient à s’excuser auprès des personnes qui ont été blessées, et ajoute que cela n’était pas du tout son intention.

Le musicien afro-américain Moses Sumney s’était retiré du FIJM, mardi, en raison de la présence de SLĀV au sein de la programmation. M. Sumney reproche au spectacle d’être dirigé par un homme blanc (Robert Lepage) et qu’une chanteuse blanche (Betty Bonifassi) y interprète des chansons composées par des esclaves afro-américains.

Le Californien de 28 ans a indiqué sur Twitter qu’il ne pouvait présenter sa musique au Festival en bonne conscience après avoir appris que celui-ci continuait à défendre son événement publiquement.
Bien

Dans l’adaptation télévisée par la BBC des pièces Henry VI et Richard III de Shakespeare, intitulée The Hollow Crown (2e saison), Marguerite d’Anjou, jeune fille blonde, princesse de Lorraine et de Bar, est l’épouse du roi Henri VI d’Angleterre,



est jouée par une actrice de 47 ans — Sophie Okonedo — née à Londres d’un père nigérian et d’une mère juive :



Nécessaire, mais tardive ouverture à la « diversité », selon le correctivisme politique ambiant.

Voir aussi Angleterre — École apprendra que parmi « les premiers occupants de l’île se trouvaient des Africains » (quelques légionnaires romains berbères). Voir aussi la vidéo ci-dessous Why is the BBC blackwashing British history ? (Pourquoi la BBC rend-elle noire l’histoire britannique ?). Il en est de même avec les mythes homériques où des héros, notamment Achille décrit comme blond ou roux aux yeux bleus par les Anciens, sont désormais joués par des acteurs noirs (Troie : La chute d’une cité).

Achille (à gauche) et Zeus selon la BBC...


Robert de Beaumont dans la docufiction 1066: A Year to Conquer England (2017) de la BBC



Mal

Une chanteuse blanche ose interpréter des chants d’esclaves noirs lors d’un festival à Montréal.




Selon Radio-Canada qui veut comprendre :

Bien qu’elle travaille à partir du matériau brut des chants d’esclaves afro-américains depuis des années, ce n’est que cette semaine que la chanteuse Betty Bonifassi fait face à la tourmente, avec SLĀV. La communauté noire [non, la SRC : une partie de cette communauté... en fait les rares manifestants étaient de toutes les couleurs et plutôt anglophones] lui reproche d’utiliser son héritage culturel dans un spectacle conçu par des Blancs pour des Blancs. Un cas précis d’appropriation culturelle, disent les militants afrodescendants.



La célèbre journaliste québécoise, Marie-France Bazzo, décrit la scène :



Pour la Presse :

Pour la première représentation du spectacle SLĀV, près d’une centaine de personnes huaient les spectateurs qui entraient au Théâtre du Nouveau Monde. On pouvait entendre, parmi les slogans répétés par les manifestants, « Shame on you », « Cancel the show » et « Bye bye Betty ».

Tous des slogans en anglais.




L’appel bilingue et en écriture « inclusive » à la manifestation de Black Live Matters de Montréal organisme qui s’est constitué à l’origine pour dénoncer la violence policière contre les Noirs aux États-Unis :


Pour le Journal de Montréal, il s’agissait de « Quelques dizaines de militants “antifas” sont rassemblés devant le Théâtre du Nouveau-Monde »


Une trentaine de manifestants majoritairement blancs et anglos pour Marie-France Bazzo :






mardi 3 juillet 2018

Corrélations illusoires — corrélation n'égale pas causalité

Une erreur commune en sciences sociales et en économie est de trouver un rapport statistique entre deux variables (une « corrélation ») et d’en déduire une causalité.

À titre pédagogique et humoristique, voici quelques exemples de corrélations illusoires ou fallacieuses, aux données statistiques pourtant réelles. Elles sont tirées du livre Spurious Correlations de Tyler Vigen.

Cliquer sur les graphiques pour les agrandir.









(Cliquer sur les graphiques pour les agrandir)





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dimanche 1 juillet 2018

Le projet de loi S-206 empêcherait d'utiliser la force raisonnable pour corriger un élève ou un enfant

Selon ses détracteurs, le projet de loi S-206, connu sous le nom de « projet de loi antifessée », menacerait les familles canadiennes.

Ce projet de loi a été introduit par le sénateur libéral Hervieux-Payette en 2015, est passé en deuxième lecture et est maintenant étudié par le Comité des affaires juridiques et constitutionnelles. Le S-206 supprimerait totalement l’article 43 du Code criminel du Canada, qui stipule : « Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances. » Selon l’article qui accompagne la pétition, sans l’article 43, toute intervention physique de la part des parents serait interprétée comme voie de fait :
  • Prendre l’enfant et le déplacer dans une autre pièce ;
  • L’empêcher de faire une chose qu’il veut faire ;
  • Retirer des jouets ou des objets des mains de l’enfant ;
  • Mettre l’enfant en punition dans sa chambre ;
  • L’empêcher de quitter la maison ;
  • Retenir l’enfant contre son gré ;
  • Donner une fessée pour que l’enfant adopte un bon comportement. 

La pétition : https://www.citizengo.org/en-ca/fm/163353-stop-bill-s-206-do-not-criminalize-82-canadian-parents (uniquement en anglais)


Le Barreau du Québec s’était opposé à l’abrogation de cet article et penchait pour une réécriture de celui-ci :
Toutefois, nous vous faisions également part de nos craintes concernant la proposition d’abrogation de cet article dans le Code criminel. À notre avis, cette proposition créerait un vide juridique qui permettrait le recours aux tribunaux afin de sanctionner l’emploi légitime et acceptable de la force par un parent ou un instituteur visant à éduquer un enfant mineur. Nous vous précisions que la Cour suprême, dans l’arrêt Canadian Foundation for Children, avait déjà rigoureusement encadré le recours à la force [pas de gifle...] en lien avec l’article 43 du Code criminel.

Selon certaines statistiques, 82 % des parents canadiens utiliseront la force physique pour discipliner leurs enfants. De plus, « dans une décision rendue en 2004, la Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de l’article 43. Le tribunal a reconnu le droit des parents d’utiliser une force raisonnable pour élever et corriger leurs enfants, tout en condamnant les véritables abus. »

Nocivité systématique de la fessée n’est pas prouvée

En outre, des études auraient démontré que l’usage de la force corrective (y compris la fessée) était bénéfique aux enfants. La Dre Marjorie Gunnoe, professeur de psychologie à Calvin College, et sa collègue, Carrie Lea Mariner ont publié une étude en 1997 qui concluait que « dans la plupart des cas les affirmations selon lesquelles la fessée entraîne un comportement agressif chez les enfants semble sans fondement. »

Le Dr Gunnoe affirme que les enfants ayant reçu la fessée étaient plus performants que ceux qui ne l’avaient pas reçue, aussi bien pour ce qui est des notes scolaires, de la volonté d’accomplir du bénévolat, que dans leur volonté d’aller à l’université. Gunnoe et Mariner ont fait valoir que les effets de la fessée peuvent dépendre de la « signification » que les enfants peuvent lui attribuer. Par exemple, la fessée perçue par l’enfant comme une agression parentale (par opposition à l’établissement de limites sans punition physique) peut être associée à un comportement agressif ultérieur.

Par ailleurs, pour les opposants à l’abrogation de l’article 43, on aurait assisté à une augmentation fulgurante de la violence et de la criminalité juvéniles dans les pays qui ont interdit la correction physique, comme la Suède qui a interdit toute forme de correction corporelle. Ceci pourrait cependant être dû à plusieurs causes, dont par exemple la forte immigration de populations extraeuropéennes provenant de pays en guerre ou de sociétés plus violentes. Ceci dit, il est vrai que le haut de taux d’appréhensions (rapts) d’enfants par les services de « la protection » de la jeunesse suédoise — nettement plus que ses voisins et cela avant la vague migratoire récente — pose de sérieuses questions sans que la Suède puisse arguer d’une moindre violence de sa société par rapport à ses voisins.

Au Québec, le sujet relève aussi du domaine provincial, le Code civil ne fait plus mention du droit à la correction, ce qui crée un vide en la matière et met les familles en danger étant donné les pouvoirs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sur le sujet. Elle bénéficie en effet d’une immunité qui la protège de poursuites en cas d’abus de pouvoir : visites traumatisantes des agents à la maison et pire, la séparation injustifiées des enfants des parents.


Sources : Parlement du Canada, Keep43, CQV, Barreau du Québec

Voir aussi :



Tribunal reconnaît deux intervenantes de la DPJ coupables, mais la DPJ échappe à toute condamnation, car une clause d’immunité la protège

La DPJ recule après plus 3 ans d’interrogatoires, de tests et de procès : une famille recouvre sa liberté

Sur le Suède : article en anglais  du Vancouver Sun qui relate
La Suède en 1979 est devenue le premier pays à interdire toute correction physique. Depuis lors, les accusations criminelles pour mauvais traitement (violences physiques) commis par des proches contre des enfants de moins de sept ans ont augmenté de 489 % de 1981 à 1994. Il y a eu également une augmentation choquante de 519 % des agressions criminelles perpétrées par des enfants de moins de 15 ans à l’encontre d’enfants âgés de 7 à 14 ans. Plus grave encore, 46-60 pour cent des cas étudiés en vertu de cette loi suédoise se traduisent par des enfants enlevés à leurs parents. Environ 22 000 enfants suédois ont été retirés de leurs foyers en 1981, alors qu’il n’était que 1900 en Allemagne (un pays près de 6 fois plus peuplé à l’époque), 710 au Danemark, 552 en Finlande et 163 en Norvège.

Considérez le cas d’une mère et d’un père de Karlstad, en Suède, emprisonnés pendant neuf mois et condamnés à verser 25 000 couronnes (11 000 $) à trois de leurs enfants qui ont reçu une fessée. Plus destructeur que la prison et les amendes, ces quatre enfants leur ont été enlevés par l’État. Bien que la cour ait conclu que les parents « avaient une relation pleine d’amour et de bienveillance avec leurs enfants », la fessée est apparemment suffisamment sérieuse pour mériter une peine aussi extrême.

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Suède — La baisse du niveau scolaire en partie imputable à l’immigration ?

Suède — Échec de l’intégration des immigrés, ce n’est pas faute de moyens ou de bons sentiments

La Suède, auparavant l’un des pays les plus sûrs du monde, est maintenant aux prises avec une forte hausse de la violence et des agressions sexuelles dans certaines de ses banlieues. En 2017, outre 110 meurtres et 7226 viols, on y a recensé 320 fusillades et des dizaines d’attaques à la bombe. Le Premier ministre social-démocrate suédois, Stefan Lofven, a déclaré la semaine dernière qu’il était prêt à déployer l’armée pour lutter contre le crime organisé.

Une grande partie de ces faits de violence émane des « zones d’exclusion sociale », des banlieues à majorité peuplées par des immigrés. Le Times précise qu’étant donné la qualité des infrastructures et des services qui sont offerts dans ces banlieues, on ne peut pas vraiment les qualifier de ghettos. Pour autant, elles sont confrontées à une forte criminalité est à des taux de chômage élevés.

Dans la ville de Malmö, l’âge moyen des membres de gangs est de 22 ans. Mais on voit aussi des jeunes de 14 ans armés de kalachnikovs et de gilets pare-balles dans les rues.
(L’Express Business)

Le pronom personnel neutre « hen » fait son entrée dans le dictionnaire suédois (toujours à l’avant-garde des combats « progressistes » LGBTQ2SAAI+)

Suède — Cour d’appel retire les droits parentaux de parents coupables d’instruction à la maison

Suède – Père veut instruire son enfant à la maison : « un fanatique des droits de l’homme » selon les autorités

DPJ — Un juge parle d’« un manquement important [aux] devoirs » de la direction

La CAQ veut que la DPJ puisse sévir contre les parents rétifs au Monopole de l’Éducation du Québec

Québec projet de loi 144 et son impact sur l’instruction à domicile (la DPJ pourra être impliquée !)

Abus par la DPJ et par le personnel de l’hôpital pour enfants Sainte-Justine

Droits parentaux amoindris — Des parents en furie contre la DPJ

Menacée par l’école de faire appel à la DPJ, la mère renvoie sa fille à l’école où elle vit le martyre, la fille se suicide

La DPJ intervient, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, vraiment ?

Cour suprême : Enfant envoyé par un juge en garderie pour le « socialiser » après que seuls les experts de la DPJ ont pu témoigner

Ne pas trop parler des dysfonctionnements de la DPJ afin de garder la foi dans le système


samedi 30 juin 2018

La jeunesse québécoise adhère au multiculturalisme par l'école selon Mario Dumont

Dans sa chronique dans le Journal de Québec, Mario Dumont souligne l’importance de l’école et des programmes qui y sont « offerts » (imposés à toutes les écoles) :
Comment donc expliquer cette situation québécoise peu commune d’un parti nouveau qui surfe sur une vague de cheveux gris ? J’y vois deux explications. D’abord, il semble exister une volonté chez les francophones de démontrer que l’alternance existe encore, donc que les libéraux ne sont pas installés au pouvoir pour des décennies.

Mais surtout, il y a ce sentiment que les libéraux implantent progressivement au Québec un multiculturalisme à la canadienne. Les jeunes qui ont suivi le cours d’éthique et culture religieuse y adhèrent spontanément.

Mais les plus vieux, qui ont un attachement à la langue française et à une certaine identité québécoise, ne s’y retrouvent plus.
« Classe d’accueil » à Laval

Nous pensons que cette jeunesse est aussi de plus en plus « bigarrée » et « immigrée ». Les Québécois de souche ne faisant plus que 1,5 enfant/femme depuis des décennies, leur proportion diminue sans cesse parmi les jeunes. Sur l’île de Montréal, les enfants « pure laine » doivent parfois se sentir bien seuls et il est possible que, minoritaires à l’école et parmi leurs camarades, ils adoptent facilement cette vision multiculturaliste.

États-Unis : plus de prix « Laura Ingalls Wilder » pour cause de Petite maison censément raciste

L’Association des bibliothèques pour enfants souligne que les œuvres de Laura Ingalls Wilder sont empreintes de sentiments anti-Amérindiens et anti-Noirs.

Une section de l’Association américaine des bibliothécaires a décidé de débaptiser son prix littéraire « Laura Ingalls Wilder » en raison du racisme qui imprègnerait selon certains l’œuvre de l’auteur de « La Petite Maison dans la prairie ».

« Les œuvres de Mme Wilder restent l’objet d’études et d’analyses littéraires qui mettent souvent en lumière des sentiments anti-Amérindiens et anti-Noirs », a expliqué l’Association des bibliothèques pour enfants (ALSC). « L’ALSC reconnaît que l’héritage de l’auteur est complexe et que l’œuvre de Mme Wilder n’est pas universellement acceptée », a-t-elle ajouté. Ce carnet serait intéressé de savoir quelle œuvre est universellement « acceptée » et ce que ce terme d’accepté recouvre précisément.

« La Petite Maison dans la prairie » raconte, de façon romancée, la vie de la famille Ingalls, des fermiers installés dans le Mid-Ouest américain au XIXe siècle. Basée sur la vie de Laura Ingalls Wilder, cette série de 11 tomes publiée entre 1932 et 1943 a connu un immense succès de librairie avant d’être adaptée à la télévision en 1974 pour devenir, en neuf saisons et 205 épisodes, une série culte dans le monde entier.

Le prix « Laura Ingalls Wilder » était attribué à un rythme irrégulier depuis 1954 par l’ALSC pour récompenser « la carrière d’un auteur ou d’un illustrateur de livres pour enfants ».

« Les livres de Mme Wilder sont le produit de sa vie, ses expériences et ses perspectives en tant que femme blanche de cette époque »

Face à une controverse sur les préjugés censément racistes qui seraient contenus dans le livre, l’Association avait décidé en mai de sonder ses adhérents qui avaient approuvé le changement à une large majorité. La phrase « Un bon Indien est un Indien mort » est répétée à plusieurs reprises par différents personnages, rappelait par exemple une journaliste du Guardian en 2009.

Ce que le Guardian ne mentionne pas c’est que ces personnages secondaires, notamment un M. Scott, prononcent ces mots alors que des colons avaient été massacrés par des Indiens, mais surtout que le père des enfants dément cette vision — alors qu’avaient retenti les tambours de guerre autour de la maison : « Quoi qu’en eût dit M. Scott, Papa ne croyait pas que le seul bon Indien fût un Indien mort ». (p. 315, fin du Chapitre XXIV, Tome I, La Petite Maison dans la prairie, Castor Poche, 1998). Plus tôt au Chapitre 21, quand la mère s’écrie « Les Indiens sont si près ! », le père est rassurant « Ils sont tout à fait amicaux. » Et Laura Wilder ajoute : « Il rencontrait souvent des Indiens dans les bois où il allait chasser, il n’y avait rien à craindre des Indiens. »

« Les livres de Mme Wilder sont le produit de sa vie, ses expériences et ses perspectives en tant que femme blanche de cette époque. Ils représentent une attitude culturelle dominante, sans être universelle, envers les indigènes et les personnes de couleur quand elle vivait et quand le prix a été créé », avait alors estimé l’ALSC.

Horrible passage cisgenré, hermaphobe et hétéronormatif à 6 min 20 sec : « C'est très bien qu'elle distingue les mâles et les femelles, sinon plus tard elle aura des problèmes. »

Pour les partisans du changement de nom, « le prix a été créé en 1954 quand le message qu’il envoyait aux gens de couleur, en particulier les Amérindiens et les descendants d’Africains, n’était par reconnu ». Il célébrait plutôt l’esprit de pionniers des colons américains, les valeurs familiales, la liberté individuelle du colon et le dur travail de la terre. Mais d’autres ont souligné la « contribution » de Laura Ingalls dans la littérature américaine qui a eu un impact semblable à celui du roman « Autant en emporte le vent », « malgré des personnages qui, du point de vue actuel, peuvent sembler irréalistes ou inappropriés ».

Voir aussi

Comtesse de Ségur épurée

« Le Club des Cinq » caviardé car trop politiquement incorrect et à la langue trop compliquée

Après le Club des Cinq et la Comtesse de Ségur, les éditeurs « modernisent » Martine, mais est-elle seulement d'accord ?

La Comtesse de Ségur déchiffrée : son vocabulaire est-il encore compris aujourd’hui ?

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l'hétérosexisme en classe de français, d'anglais, d'histoire et de mathématiques

Bandes dessinées — Quand Hergé expurgeait un missionnaire chez les Esquimaux (au Canada d'abord, devenu scandinave)

Faites attention à quelles bandes dessinées vos enfants lisent (Bichon, Titeuf, Mauvais Genre)

Marvel Comics met fin à une série de titres politiquement corrects

Le Petit Chaperon rouge serait trop sexiste

Jordan Peterson, Le genre et l'université : une chape de plomb s'abat

mercredi 27 juin 2018

Si la démographie, c'est le destin... de l'Afrique et de l'Europe

Si la démographie est le destin, comme l’aurait écrit Auguste Comte, gageons que la crise migratoire en Europe n’est pas près de se terminer quand on considère la démographie africaine.

— Avec un taux de croissance de 4 % la population africaine double tous les 18-20 ans.

— Cette semaine tombaient les statistiques démographiques de l’Algérie. La population résidente totale en Algérie a atteint 42,2 millions d’habitants au 1er janvier 2018 contre 41,3 millions d’habitants au 1er janvier 2017. En 1965, la population algérienne était 12,7 millions d’habitants, celle du Québec était alors de 5,7 millions d’habitants. En Algérie, le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2012, il a rebondi à plus de 3 enfants par femme. Ceci a conduit à une hausse des naissances vivantes qui sont passées de 589 000/an en 2000 à 1,06 million en 2017, soit une hausse de près de 80 %. Par comparaison, il naît uniquement 84 000 enfants/an au Québec, ce nombre était de 140 000 de 1957 à 1963 avec une population qui représentait 60 % de celle d’aujourd’hui.



— Au Niger, pays en grande partie désertique le taux de fécondité est de 7 enfants par femme ; sa population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera probablement de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050.

— En Somalie, le taux de fécondité est de 6,4 enfants par femme alors qu’il est au Congo (RDC) de 6,1.

Prédictions

D’ici à 2030, l’Afrique devrait voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an.

Selon un rapport de l’ONU de 2016, 60 millions de jeunes arabes se retrouveront, dès 2020, devant un marché du travail saturé. Quant à l’Afrique, qui compte 1,2 milliard d’habitants alors que l’Europe n’en compte que 510 millions, elle sera forte de 2,5 milliards d’habitants vers 2050, tandis que l’Europe en aura perdu 60 millions.

Pour des dizaines de millions de jeunes Africains, la seule issue pour améliorer leur sort sera l’émigration, et tout d’abord l’Europe.

Est-ce que le développement économique pourrait enrayer cette migration ?

Comme l’indique Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, et auteur de la Ruée vers l’Europe : le développement économique du continent alimente en fait l’émigration vers l’Europe. Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et — ce n’est pas toujours dit aussi franchement — rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tireraient une balle dans le pied pour Stephen Smith. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs.

Ce « développement » ne pourrait donc n’avoir que des résultats à très long terme. Il n’évitera pas la volonté de départs de millions d’Africains pendant les années à voir.

En outre, l’Europe a consacré de grandes sommes à l’aide au développement depuis l’indépendance des pays africains, il y a plus de six décennies de cela. En vain, car, en dépit des sommes abyssales déversées pour tenter de la faire « démarrer », l’Afrique régresse en termes de richesse par habitant.

Le PIB par habitant de l’Afrique diminue

Selon les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 par 189 États, aucun recul de la pauvreté africaine ne peut être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7 % soutenue durant plusieurs années.

Or la croissance annuelle de l’Afrique se situe entre 3 et 4 % de croissance. Il en manque donc autant pour atteindre cet objectif et faire reculer la pauvreté.

L’Afrique n’attire pas les investisseurs

Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) souligne que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’investissements étrangers directs (IED), alors que dans ce domaine elle n’en reçoit que 60 milliards.

Début juin 2018, la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017) nous apprenait qu’en 2017, sur les 2000 milliards de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60, un volume dérisoire en baisse de 3 % par rapport à 2016 selon la Banque mondiale.

L’Afrique, dans son ensemble formé de 1,2 milliard d’habitants, a donc reçu presque autant d’IED que Singapour [61,6 milliards pour 6 millions d’habitants], et moins que l’Irlande [79,2 milliards pour 5 millions d’habitants]…

La raison de ce désintérêt de la part des investisseurs est qu’ils n’ont pas confiance dans l’avenir de l’Afrique où, ce qui y fonctionne aujourd’hui peut exploser du jour au lendemain. Les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone sont éloquents à ce sujet : voilà deux pays qui, à la fin du siècle dernier, étaient présentés comme deux miracles africains et qui, l’un et l’autre se sont effondrés en quelques semaines avant de sombrer dans deux terribles guerres ethnociviles.

Quant à l’Afrique du Sud, avec à peine 1,3 milliard de dollars d’IED en 2017 contre 2,3 milliards en 2016, son cas est emblématique de la faillite d’un pays dont les dirigeants ont consciencieusement dilapidé et pillé l’immense héritage légué par les Blancs. Cette spoliation (dans les médias francophones : expropriation sans compensation) ne rassurera en rien les investisseurs étrangers.

Europe continuera d’être un continent de cocagne

L’Europe continuera donc d’être considérée comme un continent de cocagne, elle représente 50 % des dépenses sociales dans le monde... L’État-providence est une énorme pompe aspirante. D’autant plus facilement accessible qu’elle est peuplée de vieillards, de populations culpabilisées qui ne font plus d’enfant et facilement manipulées avec quelques images émouvantes si ces dernières nées nous permettent d’en juger.

Voir aussi

Démographie : en 2050 pour un Européen proche de 50 ans, il y aura trois Africains de moins de 30 ans

Démographie de l’Occident et de l’Afrique : avenir de l’immigration

Pour Jean Rioufol du Figaro : « C’est ainsi que [le pape] François est en train de faire de l’Église une ONG droit-de-l’hommiste »



Québec — L’école à la maison chez les hassidiques semble réussir

Après deux ans de scolarisation à la maison, un premier groupe d’enfants de la communauté hassidique a passé avec succès les examens de fin d’année de la Commission scolaire anglophone de Montréal. Si les résultats sont encourageants, ils démontrent toutefois qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire, constatent les leaders de la communauté.

« J’aurais préféré que les résultats soient un peu plus élevés, en maths surtout, mais l’examen était assez difficile », affirme Jacob Maman, directeur de l’Académie Yéchiva Toras Moché, qui offre du soutien scolaire aux jeunes de la communauté hassidique ayant opté pour l’école à la maison.

« C’est quand même une bonne nouvelle, ajoute-t-il parce que, au-delà des chiffres, ça nous permet de voir où sont nos faiblesses et de réajuster le tir pour les années à venir. »

Quelque 70 élèves de cinquième année du primaire ont passé leurs premiers examens officiels dans les locaux du centre culturel, sous la supervision du personnel de la commission scolaire.

La quasi-totalité d’entre eux (96 %) ont réussi l’examen de français langue seconde. La moyenne à cet examen était de 84 %.

En anglais, les notes sont un peu moins bonnes. Ainsi, quatre élèves sur cinq (82 %) ont obtenu la note de passage, avec une moyenne générale de 64 %.

Enfin, en mathématiques, à peine 64 % des jeunes ont réussi l’examen, pour une moyenne générale de 64 %.

« Honnêtement, je suis très surpris que le taux de réussite en français soit meilleur qu’en anglais, ça démontre que les enfants sont très motivés à apprendre le français, confie Abraham Ekstein, l’un des porte-parole de la communauté hassidique à Montréal. Ça augure bien pour le futur. Mais je ne dirais pas que c’est mission accomplie : il y a encore beaucoup de travail à faire pour que tous les enfants réussissent. »

Jacob Maman apporte une nuance, rappelant que l’examen de français langue seconde est beaucoup moins exigeant que celui d’anglais, qui est considéré comme la langue première, même si, pour ces enfants, il s’agit plutôt d’une troisième langue, après le yiddish, parlé à la maison, et l’hébreu, qu’ils étudient à la yéchiva pendant la journée.

À la Commission scolaire anglophone de Montréal, qui accompagne quelque 800 jeunes de la communauté juive faisant l’école à la maison, on se dit « très satisfait » de ces premiers résultats.

« On n’avait pas d’attentes particulières, on voulait juste voir où les jeunes en étaient après deux ans d’école à la maison, explique la présidente de la commission scolaire, Angela Mancini. On a vu dès le début que les parents sont très impliqués pour aider les jeunes et, ça, c’est un gage de succès. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de défis, mais on travaille ensemble. On commence à se connaître de mieux en mieux et donc, on va pouvoir s’adapter pour travailler avec les jeunes en fonction de leurs forces et de leurs faiblesses. »

Nouvelle loi, aide pédagogique devrait être en français

Tant du côté de la commission scolaire que dans la communauté hassidique, on espère pouvoir poursuivre cette collaboration dans les prochaines années. Or, la loi qui encadre l’école à la maison, adoptée à Québec l’automne dernier, entrera en vigueur dès septembre, ce qui risque de forcer les familles qui font l’école à la maison à se tourner vers une commission scolaire francophone pour obtenir du soutien.

Source : Le Devoir

Liberté d'expression — la Cour suprême américaine condamne la Californie

En Californie, la loi impose d’informer chaque femme enceinte de sa possibilité d’avorter. Une obligation inacceptable pour des cliniques privées qui privilégient l’aide aux femmes enceintes et aux enfants à naître à l’avortement. Ceux-ci ont porté plainte en 2015 contre la loi, estimant qu’elle « violait leur liberté de conscience et d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution. »

La loi californienne imposait aux « organismes privés opposés à l’avortement » d’indiquer aux femmes enceintes qu’elles peuvent avoir recours à un avortement et des moyens de contraception « gratuits ou fortement subventionnés ». En pratique de devoir exprimer des choix qu’elles opposent.


Ces centres accueillent, il en existe plusieurs centaines en Californie, conseillent et assistent des femmes enceintes qui font face à une grossesse surprise, leur présentant notamment les possibilités d’aides financières et matérielles existantes, pour les aider à poursuivre leur grossesse.


La Cour suprême des États-Unis a considéré que la Californie ne pouvait pas imposer « à des centres antiavortement d’informer les femmes enceintes qu’elles pouvaient se faire avorter ailleurs ». Les cinq juges ont estimé qu’« une telle loi viole la Constitution ». Ces exigences « transforment purement et simplement » le message que souhaitent transmettre les centres de crise de la grossesse, a dénoncé dans l’arrêt le juge Clarence Thomas.

Mat Staver, président de l’organisation Liberty Counsel, s’est réjoui : « La Californie ne peut plus forcer les centres de crise de la grossesse à émettre un message qui va directement à l’encontre […] de leur mission consistant à sauver des vies ».

mardi 26 juin 2018

Critique de la réforme Parent (1963-1968)



Né en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à l’Université de Montréal et à l’Université Laval. Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il fut procureur de la couronne pendant quelques années avant de faire une maîtrise sur L’Action française de Montréal (1917-1928), sous la direction de Pierre Trépanier, et un doctorat sur Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme libéral au Canada français (1820-1898), sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et religieuse du Québec des XIXe et XXe siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a présenté plusieurs communications dans les sociétés savantes et publié des articles dans diverses revues, notamment la Revue d’histoire de l’Amérique française, L’Action nationale, Études d’histoire religieuse et Le Sel de la Terre. Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, pour son article sur « La pensée économique de L’Action française ».  Se considérant comme un héritier du nationalisme groulxien, il n’hésite pas à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et les valeurs matérialistes du Québec contemporain.