vendredi 4 septembre 2009

Quebec Coalition Demands Respect for Rights of Parents to Decide Education of Their Children

Notes Judges decision on school relativism course based on faulty understanding of Catholicism


September 4, 2009 (LifeSiteNews.com) - Quebec's Coalition pour la Liberté en Education (CLE) has expressed their shock over the Monday court ruling in Drummondville that shut down parents' attempts to have their children exempted from the province's recently imposed school program in relativism, 'Ethics and Religious Culture' (ERC).

Questioning the legal basis of the ruling, CLE president Marie-Josée Croteau criticized the judge for basing his decision on the teachings of the Catholic Church. "We are surprised and indignant," she said. "This decision is based on an interpretation of the Catholic religion, so we demand respect for the rights of all citizens, believers and atheists."

"The courts are qualified to rule on the sincerity of the religious or philosophical belief of the plaintiff," said CLE spokesman Richard Décarie. "The State is not capable to act as an arbiter of religions and will not become so."

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Réaction du MLQ — Pour la laïcité scolaire et… judiciaire

Le printemps dernier le Mouvement laïque québécois réclamait de toute urgence une charte de la laïcité afin de garantir que les institutions publiques puissent fonctionner en toute indépendance des religions. L’étrange jugement rendu cette semaine par le juge Jean-Guy Dubois de la cours Supérieure du Québec dans le cas des parents catholiques demandant l’exemption du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) pour leurs enfants nous oblige à réclamer cette fois rien de moins que la laïcité des tribunaux !

À la lecture de ce jugement nous constatons que le juge justifie sa décision en fonction de l’autorité du pape Jean-Paul II ou de l’assemblée des évêques sans référer ni à la loi ni aux articles des chartes des droits cités dans la requête.

Essentiellement le juge conclut que le cours ECR n’est pas discriminatoire car il ne contrevient pas à la doctrine catholique. Les plaignants étaient catholiques, certes, mais ce faisant le juge décrète de facto que les catholiques n’ont pas droit à la dissidence envers leur Église. À la limite on pourrait dire, en caricaturant à peine, que la logique qui prévaut dans ce jugement permettrait de débouter une femme catholique victime de discrimination sexiste sous prétexte que le traitement inégalitaire dont elle est victime est conforme à la doctrine catholique.

Que vaudraient de tels arguments si les plaignants étaient adeptes d’une autre religion ou tout simplement athées ? L’autorité du pape et des évêques ne seraient d’aucune valeur et le juge n’aurait jamais osé y référer. Ce jugement anachronique sera sans doute cité dans les classes de droit comme le parfait exemple de ce qu’un tribunal véritablement laïque devrait absolument proscrire.

Les avis des autorités religieuses ne sont pas des fondements juridiques solides et aucun juge ne devrait avoir le droit d’y référer. Un cas aussi aberrant que celui-ci nous autorise à affirmer que le respect du principe de laïcité dans l’administration de la justice est garant de rigueur et d’équité et ce même (et peut-être surtout) pour les croyants.

Ceci dit, il était tout à fait prévisible selon nous que les contenus de « culture religieuse » du nouveau programme ECR suscitent de tels débordements juridiques. Deux autres jugements sur ce même sujet sont attendus cet automne qui prêteront sans doute à d’autres controverses. Voilà pourquoi le Mouvement laïque québécois préconise, pour couper court à cette saga juridique qui semble désormais inévitable, d’abolir le volet de « culture religieuse » du cours ECR.

Marie-Michelle Poisson,
présidente du Mouvement laïque québécois

Bêlements de Panurge au groupe Gesca

Se fondant sur la prétention infondée allègrement répandue hier dans la Presse que la mère demandait à ce que ses enfants ignorent ce qu'étaient les autres religions, Brigitte Breton du Soleil, qui n'a pas assisté au procès de Drummondville et qui sans doute n'a pas lu les milliers de pages du dossier, se prononce doctement par ouï-dire :
« (Québec) Des parents catholiques ont échoué dans leur tentative d'exempter leurs enfants du cours Éthique et culture religieuse. Un jugement vient confirmer la pertinence d'une telle formation dans les écoles québécoises. Sans l'enseignement reçu en classe, des jeunes seraient tenus dans l'ignorance parce que leurs parents craignent qu'ils ne tournent le dos à leur religion s'ils connaissent l'existence d'autres. »
À la lecture de cette interprétation biaisée et superficielle des griefs des parents, doit-on s'étonner si les gens n'achètent plus les journaux ?

Rappelons que cette légende du droit à l'ignorance invoquée par la mère se base sur cette affirmation du jeune professeur Sébastien Lebel-Grenier :
« Ce que les parents demandaient c'était le droit à l'ignorance, le droit de protéger les enfants quant à l'existence des autres religions. »
C'est une caricature de la position des parents :
  1. Bien évidemment, l'existence de religion ne pose pas problème, ce savant professeur voulait sans doute dire le contenu de ces autres religions. À moins qu'il n'ait, bien sûr, été mal cité...
  2. La mère a surtout insisté à la barre sur le fait que toutes les religions étaient présentées comme d'une égale valeur (c'est inhérent au programme qui appelle au respect absolu de ces religions, dixit Leroux).
  3. La mère s'offusquait également que tout soit narré au primaire à la manière d'un conte, autant les récits bibliques, autochtones (la légende du Grand Lièvre) que des fables (le Noël des souris).
  4. Si la mère ne voyait pas pourquoi son enfant de 7 ans devait apprendre des détails sur l'islam, c'est qu'elle considérait que cela pouvait facilement s'apprendre plus tard et qu'il n'y avait pas besoin de 11 ans de renforcement pour enseigner quelques faits simples car les connaissances transmises au primaire sont rudimentaires, mais il s'agit surtout d'inculquer le pluralisme normatif : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
  5. Pour ce qui est de l'éthique, la mère, après discussion avec son aîné, a décidé de ne pas envoyer son fils à ce cours à cause de discussions « libres » sur la sexualité que son fils de 15 ans à l'époque avait trouvé déplacées et contraires à la pudeur et à ses convictions catholiques sur le sujet. Bonjour la pression des pairs !

Qui parle d'ignorance ? Il s'agit plutôt de ne pas soumettre à une manière relativiste (ou pluraliste, mais en pratique il y a souvent peu de différences) d'aborder cette réalité. Manière et fréquence décidées par l'État.





Éthique et culture religieuse: un jugement inadéquat

Lettre ouverte du théologien Guy Durand sur le jugement de Drummondville.
À lire le jugement de l'Honorable Jean-Guy Dubois dans le procès de Drummondville, on peut conclure que la demande d'exemption du parent demandeur est peu fondée.

C'est oublier que le juge s'en est tenu aux témoignages de la mère et du jeune ainsi que d'un seul expert, en écartant tout ce qu'ont expliqué les experts de la partie demanderesse.

Or, on peut très bien prouver que le programme, par sa structure même, par sa façon de présenter les religions (de manière éclatée et sans cohérence, sur le même pied que les mythes et les contes pour enfants), par sa philosophie sous-jacente (relativisme ou pluralisme normatif) , a un effet déstructurant sur le jeune.

L'élève du primaire, en particulier, n'a pas la maturité suffisante pour intégrer fructueusement ce qu'on lui présente et demande de faire.

À un autre point de vue, on accepte des exemptions pour motif religieux au cours de musique, de gymnastique, d'art plastique à la simple demande des parents, sans faire d'inquisition. Pourquoi un régime différent ici?

La demande d'exemption ne provient d'ailleurs pas que de catholiques.

Des adeptes d'autres groupes peuvent la demander. Par exemple, des Juifs pour qui il est interdit de prononcer le nom de Dieu, et encore mois celui des autres dieux.

Pour eux, cela est aussi important que de porter le kirpan ou de faire une souccah sur le balcon.

Sur la position de l'épiscopat du Québec, quand on connaît la position du cardinal Ouellet, il est difficile de penser que les évêques sont unanimes.

De plus, depuis les États généraux de l'Éducation en 1995-96, ils ont répété, dix fois plutôt qu'une, qu'il faillait respecter le choix des parents et qu'eux-mêmes tenaient à des options d'enseignement religieux d'ordre confessionnel.

Ce n'est que de guerre lasse, en 2008 qu'il se sont ralliés à la décision du gouvernement, écrivant trois fois dans leur courte Déclaration publique du 17 mars que la décision gouvernementale était prise, sous-entendant que cela ne donnait plus rien de s'opposer.

Plus largement, l'interprétation de la position officielle de l'Église catholique par le théologien Gilles Routhier auquel se réfère le juge frise la malhonnêteté.

À preuve, le document publié en mai 2009 par le cardinal Zénon Grocholewsi, président de la Congrégation pour l'éducation de la foi, qui rappelle longuement l'enseignement de Rome: responsabilité première des parents sur l'éducation de leurs enfants, avec droit à une aide complémentaire de l'école; préférence pour l'école catholique qui permet «d'éviter des tensions et des fractures dans le projet éducatif» parents/enfants; différence et complémentarité entre catéchèse et enseignement religieux scolaire; droit des parents dans l'école non confessionnelle à un enseignement religieux conforme à leurs convictions.

Si le pape Jean-Paul II reconnaissait l'importance de la connaissance des religions, rien ne permet de conclure – au contraire – que cela devait se faire à un tout jeune âge et encore moins dans la perspective du Programme actuel.

Ces dernières années, cela se faisait déjà à la fin du secondaire.

Enfin, sur le plan socio-politique, même si le Programme demande d'accorder la prédominance à la religion chrétienne qui a marqué l'histoire du Québec et constitue une part de son identité, son contenu et sa structuration rendent cet objectif irréalisable.

S'il est une culture commune que le programme propose, c'est plutôt le multiculturalisme à la Trudeau.

Guy Durand,
Dunham

Démontrer les préjudices ?

Lettre ouverte de Gérard Lévesque, philosophe, envoyée au Devoir et publiée ce 4 septembre 2009.
Marie-Andrée Chouinard a raison d'indiquer dans son éditorial du 3 septembre que le préjudice grave découlant du cours Éthique et culture religieuse est à « démontrer » et qu'il ne l'a pas été [note du carnet: pour le juge] dans cette cause plaidée par des parents de Drummondville, dont le jugement fut rendu cette semaine. À mon avis, il n'a peut-être même pas suffisamment été montré ou étalé par le témoignage d'une mère de famille et son fils.

Il faut comprendre cependant que cette mère n'avait aucunement l'expérience d'une salle d'audience intimidante, qu'elle n'a pas de formation particulière à cette fin et qu'elle devait s'exprimer sous le poids d'une forte pression tant publique que privée, dans une matière de première importance en soi et pour elle. Était-ce trop demander que d'attendre d'elle plus qu'un témoignage faisant part avec sincérité de ses inquiétudes et de quelques perceptions sommaires?

Quoi qu'il en soit, il est généralement admis qu'il y a deux manières de juger des choses, applicables à tout programme scolaire et révélatrices de ses préjudices. On peut se référer à la nature de la chose comme telle, à ses caractéristiques essentielles. Ou l'on peut observer ses effets à l'usage. Ces deux démarches peuvent être utilisées de façon complémentaire, bien que ce ne soit pas toujours nécessaire.

La démarche la plus fondamentale est celle relative à la nature foncière. C'est cette nature qui est la cause ultime des effets, même dans le cas où le préjudice dépend du mauvais usage qu'on en fait : il n'y aurait pas d'homicide si l'arme qu'on utilise n'avait pas en soi le pouvoir de tuer. C'est pourquoi le fait de se fonder sur l'essence des choses ou encore sur des principes qui en découlent est considéré en matière de logique comme le point de départ d'une « démonstration », prise au sens strict, par opposition à la simple induction qui réside dans l'observation des faits, mais ne rend pas compte de leur explication.

Il n'est donc pas nécessaire de connaître par exemple les méfaits d'un Vincent Lacroix pour savoir que la fraude est par nature un obstacle à la santé des échanges économiques. Aussi, dans la mesure où la nature du cours Éthique et culture religieuse indique qu'il comporte des risques de préjudices importants et que ces risques peuvent être « démontrés » avec au moins une certaine vraisemblance à partir des contenus et procédés essentiels de ce cours, même si notre esprit n'atteint pas le plus haut degré de certitude, la prudence commande d'éviter de l'expérimenter et de faire de nos jeunes élèves des cobayes et des victimes.

Voici quelques questions qui me semblent situer la réflexion du côté des contenus et procédés essentiels audit programme. De telles réflexions s'imposent, car on ne peut pas se contenter de l'emballage et se limiter dans l'abstrait à de pieux énoncés, par exemple sur le « vivre-ensemble ».

Est-il normal qu'un tel programme fasse fi ou escamote ce qui fait le cœur des grandes religions, dont les finalités spirituelles et les idéaux moraux, pour se concentrer sur les aspects accessoires que sont les rites, les symboles religieux, les objets ou lieux de culte ? Est-il souhaitable que ce cours expose dès l'âge de six ans les jeunes élèves à une diversité de conceptions et de pratiques éthiques et religieuses en les laissant à eux-mêmes, dans le doute quant à la manière de penser et aux choix à faire ? Est-il acceptable que l'école, plutôt que de soutenir la responsabilité éducative des parents, vienne s'y substituer et y faire obstacle par le fait que l'État s'autorise à déterminer, contrairement à la séparation de l'Église et de l'État, ce qu'il y a lieu de faire en une matière aussi intime que les croyances ?

Si vous répondez non à l'une ou l'autre de ces questions, vous avez en main de quoi démontrer la pertinence de prendre du recul à l'égard dudit programme.

Gérard Lévesque
Lévis

jeudi 3 septembre 2009

Décarie sur Maurais Live

Le porte-parole de la CLÉ, Richard Décarie, dialogue sur le cours d'éthique et de culture religieuse avec Dominic Maurais qui va de surprise en surprise.

Gilles Routhier : il y a débat quant à savoir si le cours ECR est relativiste

Dans un entretien donné le premier septembre 2009, Gilles Routhier le théologien qui appelle l'Église à vivre sa Pâques, sa mort, déclare qu'« il y a débat quant à savoir si le contenu cours [ECR] est relativiste. »

Gilles Routhier est ce théologien sur lequel le juge Dubois s'est longuement appuyé pour débouter en première instance les parents de Drummondville qui demandaient que leurs enfants soient exemptés du cours d'éthique et culture religieuse.

Mother to National Post: "Gross misrepresentation of my views"

Letter sent today to the editor of the National Post.
To the Editor National Post 1450 Don Mills Road, Suite 300 Don Mills, Ontario Canada M3B 3R5 Fax: 416-383-2305 Dear Sirs, It is somewhat with dismay that I read in your columns a description which radically misrepresents my views and the reasons I went to court so that my children could be exempted from the new Ethics and religious culture course recently imposed in Quebec. In the article “Students must learn about other religions: judge”, you let Sébastien Lebel-Grenier, a law professor at Université de Sherbrooke, characterize the grounds of my court challenge as “demanding […] the right to ignorance, the right to protect their children from being exposed to the existence of other religions”. This is obviously false and paints me unfairly as an obscurantist. I believe your readers need to hear what my grounds were as can be attested by my petition and testimony in front of the court. Obviously, my husband and I have no problem about our children knowing that other religions exist – they already know their existence and freely discuss about religious diversity. Neither have we any qualms about knowing facts about other religions, the Catholic religion course previously taught in public schools in Quebec did so; we did not object. Our grievances are elsewhere: we object to the fact that our youngest child, then aged 6, should be taught that all religions have the same value. I objected to the textbook my child had to use where all stories, be they Biblical (the Nativity), aboriginal (Big Hare) or animal tales (The Mice X-Mas), are told as tales of equal value and truth. It is important to note that the factual content taught in primary school is rudimentary; facts are not the real objective of the course. It is about instilling a pluralistic vision of religion: all are nice, more of them is better than one, all have truth in them, and none is therefore really true because they contradict each other. Learning basic facts about Islam, since you quoted me on that, does not need to start at 6 and last 11 years at school, it could easily be learned, as in other provinces, at the end of High school in a geography or history class. One paradoxical side-effect of this course is that, in secular schools today in Quebec, pupils must “dialogue” about their religious background or beliefs and be labeled, in the eyes of their peers, in denominational terms thus dividing them on religious or philosophical lines. As far as the Ethics component of the course is concerned, we decided to ask that our eldest son be exempted after he approached us and told us how he felt very ill at ease about “ethical” discussions and debates which dealt with sex in what he found to be an intrusive and indecent fashion. Again here, the teachers cannot state what is true or false and anything goes. We cannot see how this is a proper education and would rather our son took more useful and constructive courses. I trust you will inform your readers about our real grounds for asking our children to be exempt, we think this is an important matter and readers should have access to both sides of the story. Yours Sincerely, Suzanne Lavallée Drummondville

« On attaque notre culture, notre foi, et on ne dit rien ! »

Lettre ouverte contre l'imposition du cours d'ECR dans la Voix de l'Est.
On est quoi, nous les Québécois catholiques, pour le gouvernement, des ignorants sans culture ? Qui a fondé les institutions ? Qui nous a sortis de l'ignorance et de la pauvreté ? Qui a créé les premiers organismes de charité ? J'aime bien la devise du Québec « Je me souviens ». Je ne suis pas certaine que le gouvernement se souvient de sa culture ni de ses racines.

On chiale sur la religion catholique mais c'est grâce à elle que nous avons nos institutions. Dans le temps, si les religieux et religieuses ne s'étaient pas occupés d'ouvrir des orphelinats, des hôpitaux, des écoles et des organismes de charité, les gens seraient morts de faim, les bébés auraient été abandonnés pour mourir dans la rue et on n'aurait pas eu l'éducation que nous avons eue. Mais non, on ne voit que ce qu'on veut voir, et on oublie toutes les bonnes choses qui se sont passées grâce à l'Église qui, je sais très bien, n'était pas et n'est toujours pas parfaite. C'est bien plus facile de juger, mais pour ce qui est des reconnaissances, on repassera.

(...) Le cours d'Éthique et de Culture religieuse est un ramassis de toutes sortes de croyances que nos enfants auront à ingurgiter pendant onze ans et je dois laisser faire ce lavage de cerveau à ma fille. Non merci ! Elle est au secondaire et j'ai demandé si elle pouvait avoir un cours supplémentaire de mathématiques à la place ou aller à la bibliothèque faire ses devoirs en attendant l'autre cours, mais on m'a dit que je devais aller la chercher à l'école si je ne veux pas qu'elle assiste au cours et la ramener après le cours. Pourtant, il me semble que mes demandes ont été raisonnables. Bel accommodement, vous ne trouvez pas ?

Je devrai donc faire 20 minutes de voiture pour aller la chercher et la ramener une heure et quart plus tard. Je vais le faire avec plaisir parce que j'ai mes convictions, mais je trouve ça très regrettable qu'on accommode les minorités et non la majorité (car près de 80 % de la population est chrétienne). Peut-être pas nécessairement tous pratiquants mais on a été élevés avec des valeurs chrétiennes et c'est ce qui a fait notre culture.

Pourquoi ai-je besoin d'une exemption pour retirer ma fille d'un cours qui porte atteinte à ma culture et à ma foi ? Parce que le gouvernement a décidé à ma place que ma fille doit connaître les autres croyances. Dans ma religion, on apprend qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui agit en tout. Ce cours est donc incompatible avec ce que j'enseigne à ma fille et cela brime sa liberté de croyance et de conscience, ainsi que mon autorité parentale face à ma fille. Pourquoi est-ce que je laisserais ma jeune fille se faire bourrer le crâne par d'autres croyances que la mienne ? Pour le mieux-vivre ensemble ? Pour moi, le mieux-vivre ensemble commence par le respect de soi puis le respect de l'autre. Si on ne se respecte pas dans notre propre culture, on ne peut pas respecter les autres.

(...) Moi, je pense que trop c'est trop et qu'il est le temps que le gens sortent de leur léthargie et de leurs maisons pour faire valoir leurs droits de liberté religieuse en matière d'éducation à l'école.

Jeannelle Cantin, Farnham

Éthique et culture religieuse: la décision d'aller en appel à l'étude

Extraits d'un article de la Tribune de Sherbrooke sur le sujet de la décision d'en appeler de la décision étonnante du juge Dubois :
« 

[...]

Le juge Dubois s'est prononcé sur la constitutionnalité du cours d'éthique et de culture religieuse alors que ce n'était pas la cible de notre attaque. Nous visions seulement la possibilité d'en être exempté. Nous nous en prenions au caractère obligatoire du cours ECR », a soutenu [rappelé en fait] mercredi Me Côté [un des avocats des parents] lors d'un entretien téléphonique avec La Tribune.

« En deuxième lieu, le jugement repose sur la doctrine catholique. Là-dessus, il y a deux détails importants à retenir. D'abord la Cour suprême a déjà statué qu'un tribunal civil n'a pas à jouer le rôle d'arbitre des religions, sinon il deviendrait un tribunal religieux.

« Ensuite, en marge du témoignage de l'expert en théologie, l'abbé Gilles Routhier, le juge Dubois a refusé d'admettre en preuve la Déclaration de Rome, un document signé du cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation de l'éducation catholique, qui traitait spécifiquement du rôle de l'école dans la formation catholique. Mais comme il était daté du 5 mai 2009, seulement quelques jours avant le début du procès, donc trop récent pour que la défense ait pu en prendre connaissance, le juge Dubois l'a écarté. Curieusement, dans une cause du même type, impliquant l'école privée Loyola High School de Montréal, dont le jugement est attendu prochainement, ce document important est admis comme élément de preuve ».

[Ajoutons que la doctrine catholique ne dit nulle part que l'éducation aux autres religions doit se faire dès six ans et de manière à traiter toutes ces religions comme d'une égale valeur.]

Selon l'avocat, ce document jette pourtant un éclairage pertinent. On y retrouve notamment une phrase percutante: « Il faut absolument assurer aux parents le droit de choisir une éducation conforme à leur foi ».

[Le journaliste a-t-il omis l'autre partie de la lettre de la Congrégation qui mentionne le risque de subjectivisme et de relativisme quand le cours est donné de manière neutre ?]


En dernier ressort, il appartiendra au clan Lavallée de décider d'aller en appel ou non. « Il faut leur donner le temps d'accuser le coup. Pour ma part, j'aurai à discuter avec mon collègue Jean-Pierre Bélisle afin d'évaluer la position juridique avant de faire une recommandation officielle à nos clients. Nous avons 30 jours pour prendre une décision d'aller ou non en appel », a indiqué Me Côté, qui précise qu'en deuxième instance les plaideurs s'expriment obligatoirement au moyen d'un mémoire et non pas oralement.

[...]

« Nous pourrions aider les parents à générer de l'argent pour contribuer aux frais qu'impose une cause portée en appel », a fait savoir Richard Décarie, porte-parole de la CLE.