vendredi 13 mai 2016

Après le Club des Cinq et la Comtesse de Ségur, les éditeurs « modernisent » Martine, mais est-elle seulement d'accord ?

Après le Club des Cinq caviardé et la Comtesse de Ségur épurée, les éditeurs « modernisent » Martine, mais est-elle seulement d'accord ? Tout à coup, le respect de l'œuvre de l'artiste n'aurait plus guère d'importance...





Couverture de 1969 La couverture de l'album Martine au zoo imprimé en 1969 montre la petite culotte de l'héroïne. L'image ne figure pas sur l'édition de 2016.

Martine porte bien ses 62 ans. Sur les illustrations délicieusement vintage de Marcel Marlier, elle n’a pas pris une ride. Les textes accompagnant les aventures de la jeune héroïne, par contre, fleurent bon une époque révolue. Rôles stéréotypés assumés, amples explications à lire ou intonations moralistes risquent de laisser perplexes certains petits lecteurs peu habitués à lire ou les adultes en lutte contre les stéréotypes d’aujourd’hui.

L’héroïne plaît pourtant toujours aux plus jeunes, surtout aux filles de 4 à 9 ans. Il se vend chaque année un million de ses aventures en France, plaçant le personnage au sixième rang dans l’univers des héros jeunesse. Pourquoi faudrait-il donc changer Martine ?

Le Bureau d'approbation du matériel didactique du Québec qui s'amuse à traquer les stéréotypes « genrés » dans les manuels serait fort peu content : les garçons bricolent ! Si les éditeurs ont fait la chasse aux « stéréotypes » dans le texte, les illustrations originales en véhiculent encore. Dans Martine fête son anniversaire, les garçons montent un étal de jeux, tandis que Martine se fait belle.
Depuis le décès du dessinateur Marcel Marlier, en 2011, aucun nouveau titre n’est sorti. La maison d’édition a donc décidé de donner ce qui serait « un coup de jeune » aux livres existants. Pas une mèche des cheveux de la brunette n’a bougé, mais les textes ont complètement changé. Ils ont été raccourcis et « modernisés ». «Nous voulions faire redécouvrir Martine à une génération d’enfants de 2016 qui pouvaient se retrouver en décalage avec les textes d’origine», avance Céline Charvet, responsable du département jeunesse chez Casterman.

Bien qu'elle ait deux frères, Martine se retrouve seule avec sa mère à écosser les pois. Si les textes de la nouvelle édition ont été révisés par l'éditeur pour éliminer les « stéréotypes de genre » désormais honnis, les images en reproduisent néanmoins certains.
Vingt albums actualisés sont déjà en rayon, et les autres seront retravaillés d’ici à janvier 2017. Révolution: dans les nouvelles versions, le chien Patapouf ne parle plus. «Ça nous semblait suranné», remarque la responsable. Les envolées didactiques ont aussi diminué. Ainsi, dans Martine fait la cuisine, toutes les recettes ont disparu. « À l’époque, ça avait du sens car il n’y avait pas beaucoup d’ouvrages pour les enfants. [Dans les années 50 et 60 !?... et l'explosion de la bédé pour enfants ? Bizarre...] Nous avons voulu gommer le côté livre de cuisine déguisé pour créer une vraie histoire. »

Autre siècle, autres principes éducatifs, dit l'éditeur

Effacés aussi les encouragements à se dépasser et les commentaires un brin moralisateurs. Exit, dans Martine petit rat de l’opéra, cette injonction à se surpasser : «Les premières leçons ne furent pas faciles du tout pour Martine. Mais à présent, elle est la meilleure de la classe.» À la fin de Martine au zoo, l’ancien album concluait: « Il faudra revenir une autre fois, ce qui prouve qu’on n’a jamais fini de s’instruire. » En 2016, la fillette et son petit frère, Jean, quittent le parc animalier car leur mère les attend à la sortie. Au début du même album, la maman a déjà fait une première apparition pour acheter les billets d’entrée. Rien de tout cela dans le texte original. Car, dans le monde d’antan, Martine vivait des aventures sans aucun contrôle parental. Ainsi, dans Martine en voyage, l’aînée et son cadet passent une nuit dehors, et leur mère se montre à peine inquiète. Dans la nouvelle version, l’aventure a été transformée en rêve.

Exit le prince charmant. Dans l'édition originale de Martine petit rat de l'opéra, elle rêve qu'elle devient danseuse étoile, que le prince arrive et la transforme en princesse. Dans la nouvelle version, elle n'a plus besoin du prince pour rêver de jouer une princesse sur scène.

Il a été plus difficile, par contre, de sortir des stéréotypes de genre induits par les dessins. Dans Martine fête son anniversaire, on voit toujours la petite héroïne se faire belle [quelle horreur !] alors que Jean sort ses outils pour construire un stand de jeu. «Pour ne pas toucher aux illustrations tout en finesse de Marcel Marlier, nous avons adapté les textes dans la mesure du possible.» Ainsi, au détour des albums, on aperçoit Jean qui fait la vaisselle ou, en classe, une activité de découverte du tricot pour filles et garçons. De même, lorsque Martine se rêve en danseuse étoile, elle n’attend plus l’arrivée du prince charmant.

Pourtant les petits garçons (ici Jean le petit frère de Martine) faisait la vaisselle dans les années 50 et 60...
Le tourne-disque de Maman

Autre adaptation jugée nécessaire, les objets d’un autre temps, tels un tourne-disque ou un antique casque à sécher les cheveux, trouvent une explication logique à leur présence: ils ont été prêtés par la maman. Car si Martine a mis un pied dans le XXIe siècle, la dynamique petite fille vit toujours dans un monde sans ordinateurs, une bulle de tranquillité intemporelle que l’éditeur n’a pas voulu casser. Tout comme le regard toujours enthousiaste et bienveillant que la brunette porte sur le monde qu’elle découvre.

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Le ministère en France n'approuve pas les manuels. « Seul le régime de Vichy s’est permis cela. » Et bien au Québec, c'est comme sous Vichy.

jeudi 12 mai 2016

Le PLQ contre la prédominance du français au Québec ?


Motion présentée le 11 mai 2016, mise au voix le 12 mai. Elle a été approuvée par les députés du PQ, de la CAQ et de QS et opposée par les députés du PLQ :

« Que l’Assemblée nationale réaffirme la primauté du français, la langue officielle du Québec;

Qu’elle réitère que la protection du français est une responsabilité historique et un devoir quotidien du gouvernement du Québec;

Qu’elle réaffirme le caractère toujours essentiel de la Charte de la langue française;

Enfin, que l’Assemblée nationale prenne acte du jugement de la Cour d’appel du Québec concernant la langue d’affichage, prononcé le 28 avril 2015, et qu’elle demande au gouvernement du Québec d’introduire une modification à la Charte de la langue française afin d’assurer la nette prédominance du français dans l’affichage commercial au Québec. »

La vidéo du vote :


La réforme de l'enseignement de l'histoire au secondaire reportée par le ministre Proulx (PLQ, ex-ADQ)


La réforme de l’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada au secondaire n’aura pas lieu à l’automne prochain comme prévu, a appris La Presse Canadienne.

Selon une source au ministère de l’Éducation et d’autres sources bien au fait du dossier, le ministre Sébastien Proulx (ci-contre) a reporté la mise en œuvre du nouveau programme « Histoire du Québec et du Canada » dans toutes les écoles secondaires, prévue en septembre.

Des organisations des Premières Nations et de la communauté anglophone, notamment, critiquent le nouveau programme parce qu’il refléterait, selon eux, une idéologie trop « nationaliste » niant la contribution des allophones à l’histoire du Québec.

Ce nouveau programme, étalé sur deux ans, a fait l’objet de projets-pilotes dans une trentaine d’écoles du Québec, d’abord en troisième secondaire, dès septembre 2014, puis en quatrième secondaire, à l’automne 2015, en vue d’une application obligatoire généralisée l’automne prochain.

Or, ces projets-pilotes se poursuivront pendant que le ministère de l’Éducation apportera des modifications au programme, a-t-on appris cette semaine. En attendant, l’ancien programme sera toujours enseigné dans les autres écoles du Québec.

La réforme, amorcée par l’ancien gouvernement péquiste en février 2014, est le fruit d’un rapport réalisé par les universitaires Jacques Beauchemin et Nadia Fahmy-Eid, à la suite d’une consultation de quelques semaines. Cette réforme avait ensuite été suspendue par les libéraux à leur arrivée au pouvoir en avril 2014, mais elle avait été finalement remise sur les rails par le ministre Yves Bolduc, et conservée par son successeur, François Blais.

Le troisième libéral aux commandes à l’Éducation, Sébastien Proulx, donne maintenant un coup de frein à cette réforme.

« Voilà une excellente nouvelle », s’est réjouie Sylvia Martin-Laforge, directrice de Quebec Community Groups Network, un organisme sans but lucratif, financé par Ottawa, qui défend les intérêts des Anglo-Québécois. « Nous en venons à la conclusion que le ministre (Proulx) n’était pas satisfait du programme. (Le ministère) était prêt à aller de l’avant, mais le ministre a eu le courage de dire non », a-t-elle déclaré à la Presse canadienne.

Mme Martin-Laforge espère maintenant que le nouveau programme ne présentera pas les communautés culturelles de façon stéréotypée et ne les dépeindra pas comme des « méchants ».
Des méchants...Rien de moins.




On se rappellera que M. Sébastien Proulx, avant de joindre opportunément les rangs de la députation du PLQ le 8 juin 2015, avait été député de l’ADQ pour Trois-Rivières (2007-2008) et qu’il avait même été le chef parlementaire de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec. Transfuge assumé, M. Sébastien Proulx travaille pour Philippe Couillard depuis son élection au poste de Premier ministre.

M. Sébastien Proulx avait assez mollement (et sottement à moins que cela n’ait été à dessein) interrogé la ministre de l’Éducation du Québec à l’époque sur le programme obligatoire d’éthique et de culture religieuse au parlement québécois. Les délégués des parents opposés à l’imposition d’un seul programme et partisans du choix parental en matière de formation morale et religieuse lui avaient pourtant apporté des arguments plus porteurs que ceux que M. Sébastien utilisera peu après leur rencontre à Québec.

Voici donc sa navrante intervention à l’Assemblée nationale le mercredi 22 octobre 2008 :
Contenu du programme Éthique et culture religieuse

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Oui, M. le Président. D’abord, je vais vous saluer pour cette première journée. Ma question sera à la ministre de l’Éducation.

Vous savez, dans le cours d’éthique et culture religieuse, beaucoup de gens se font entendre depuis un certain temps. Peut-être parce que le cours est commencé, les gens apprennent à connaître le contenu. Je ne sais pas si, M. le Président, vous avez eu la chance... ou si la ministre a lu la chronique de Richard Martineau, la semaine dernière, qui s’intitulait Dessine-moi un drapeau. Je vous fais lecture d’un paragraphe, M. le Président.

« Discussion dans l’auto, l’autre jour, avec une de mes filles. » C’est Richard Martineau qui dit : Comment tu trouves ça, ton cours d’éthique ? Alors, elle répond qu’elle trouve le prof très dynamique, et elle dit : « Cette semaine, on va redessiner le drapeau québécois. Le prof dit qu’il n’est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu’il y a une croix dessus. Il faut en créer un autre qui refléterait mieux le Québec d’aujourd’hui... »

M. le Président, le drapeau québécois, c’est celui qui est à côté de vous, c’est celui pour lequel tous les parlementaires devraient avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect. Est-ce que la ministre tolère qu’un enseignant, au Québec, dise à des étudiants que ce drapeau-là n’est pas digne de tous les Québécois ?

Le Président : Mme la ministre de l’Éducation.

Des voix :...

Le Président : S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! La question a été posée. Mme la ministre de l’Éducation.

Mme Michelle Courchesne

Mme Courchesne : M. le Président, c’est bien sûr que je veux réitérer, en cette Chambre, que nous avons un profond respect pour notre drapeau québécois, et ça va tout à fait de soi par ailleurs que nous puissions, dans nos salles de classe, pouvoir enseigner à nos jeunes tout autant ce respect, mais aussi d’enseigner, dans ce cours, ce que veut dire la participation citoyenne et comment on devient un citoyen responsable. Et on peut apprendre à devenir un citoyen responsable dès le plus jeune âge, M. le Président.

Puisqu’on parle du cours d’éthique religieuse, je tiens à souligner à cette Assemblée qu’il se peut, qu’il se peut qu’il y ait des accrocs de parcours puisque c’était un défi énorme de pouvoir changer un cours sur 11 années d’enseignement. Mais, M. le Président, moi, je suis très reconnaissante à l’égard de tous les enseignants du Québec qui ont relevé le défi et qui relèvent le défi en ce moment. Et je sais que nous avons davantage, davantage, je dirais, rassuré les parents sur ce cours-là. Et, autant il y a certains qui puissent encore ne pas être d’accord, moi, j’ai, à mon bureau, une très grande majorité de parents qui apprennent à fréquenter ce cours et qui sont très positifs...

(15 h 40)

Le Président : En conclusion, Mme la ministre.

Mme Courchesne :... à cet égard-là, M. le Président.

Le Président : Merci, Mme la ministre. M. le député de Trois-Rivières, pour l’additionnelle.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Oui. M. le Président, Mme la ministre n’est pas sans savoir, M. le Président, que, la semaine dernière, il y avait entre 1 500 et 2 000 personnes qui marchaient à Montréal pour justement décrier le cours d’éthique et de culture religieuse.

Est-ce que la ministre, à tout le moins, s’engage à ce que des événements comme celui-là ne se reproduisent plus ? Quelles démarches avez-vous faites, M. le Président, pour que cela ne se reproduise plus et qu’un enseignant montre à des enfants que notre drapeau, il est dépassé aujourd’hui ?

Le Président : Mme la ministre, à vous la parole.

Mme Michelle Courchesne

Mme Courchesne : M. le Président, c’est évident que, lorsqu’on attire à notre attention des éléments comme celui-là, c’est évident que nous remontons la filière et que nous allons à la source pour nous assurer des propos qui doivent être correctement tenus dans toutes les salles de classe.

Mais, M. le Président, je tiens à dire à cette Assemblée, pour votre information, que, sur 1 million d’enfants qui fréquentent nos écoles aujourd’hui, il y a 1 112 qui ont fait une demande d’exemption. M. le Président, c’est à peu près 1 %. Alors, je pense qu’on doit encore une fois dire que, comme société québécoise, nous relevons un très beau défi pour apprendre à mieux vivre ensemble au Québec.

Le Président : Merci, Mme la ministre. M. le député...

Des voix :...

Le Président : S’il vous plaît ! M. le député du Lac-Saint-Jean.



Eugénie Bastié : « Jamais les filles n'ont autant été traitées de putes et de salopes... »

Eugénie Bastié s’en prend, dans un livre que Le Point appelle « polémique », aux contradictions du « néoféminisme ».



Dans Adieu mademoiselle, vous ciblez le néo-féministe. Mais c’est quoi, ce néo-féminisme ?

C’est un féminisme à la fois groupusculaire et institutionnel, et qui dicte une doxa dans l’air du temps. Il impose une vision du monde. On l’a vu avec la suppression du mot « mademoiselle », la suppression du délai de réflexion pour l’avortement, les ABCD de l’inégalité qui ont échoué... On se détache de l’objet concret de la vie des femmes pour s’enferrer dans des luttes symboliques contre un patriarcat qu’on prétend déconstruire. Par ailleurs, je m’érige contre la notion même de « féminisme ». On pouvait très bien considérer que la condition ouvrière au XIXe siècle était abominable sans adhérer au marxisme, qui est une relecture de l’histoire sous le prisme de la lutte des classes. De même, on peut très bien considérer que la femme a été dominée dans certaines circonstances et certaines époques sans adhérer au prisme d’un féminisme qui consiste à relire toute l’histoire sous le paradigme d’un dominant-dominé. Je dénonce cette idée d’un patriarcat, autrement dit d’un complot millénaire des hommes contre les femmes.


Vous vous en prenez à des « ayatollettes » qui « luttent sans relâche pour un monde déjà advenu ». Mais quid de l’égalité salariale ? [À ce sujet lire : Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes » et Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes] Du harcèlement ? Les femmes sont par exemple ultra-minoritaires dans des professions aussi différentes que chef d’orchestre ou joueur d’échecs...

Mais l’horizon, c’est quoi ? L’égalité quantitative partout ? Pour moi, le féminisme en tant que combat politique, c’était la libération de la femme de sa sujétion domestique. Vous ne pouvez pas exiger du 50-50 partout. Je crois fondamentalement en une différence des sexes, qui se déploient de manière différente. Vouloir à tout prix que les femmes soient patronnes du CAC40 n’est pas forcément un épanouissement exceptionnel. Peut-être faudrait-il réfléchir au fait qu’une femme puisse apporter une vision autre de l’économie. Alors, oui, il subsiste des inégalités salariales. Mais ce palier incompressible que l’on observe dans toutes les études est principalement dû au fait que les femmes continuent à choisir le temps partiel plus que les hommes. Certains pensent que c’est subi. Moi, j’estime que c’est aussi choisi, parce que la femme a un rapport particulier aux enfants en bas âge et qu’elle veut continuer à s’en occuper, bien que trente ou quarante ans de propagande féministe leur aient dit de sortir du foyer.

Parce que les femmes font des enfants, elles n’auraient donc pas le droit à l’égalité salariale !?

Je dis simplement qu’il y a une différenciation fondamentale entre les hommes et les femmes, qui est le privilège exorbitant de la maternité. Cela introduit des différences dans la vie concrète des femmes. En effet, une femme est moins performante et moins disponible sur le marché du travail, parce qu’elle a des enfants. Du coup, beaucoup d’employeurs rechignent à les employer dans cette tranche d’âge. Ces différences systémiques sont dues à des différences de sexe. Soit on décide d’abolir cette différence et on dit aux femmes d’aller congeler leurs ovocytes pour pouvoir être aussi disponibles que les hommes, soit on essaye de réfléchir à une économie qui prenne plus en compte cette différence.

Et pourquoi l’homme ne pourrait-il pas s’occuper de sa progéniture ?

Parce que, de facto, la mère a plus envie de s’occuper de ses enfants. C’est une réalité dans toutes les enquêtes d’opinion. Aujourd’hui, encore un tiers des femmes voudraient être mères au foyer, parce qu’il y a un lien particulier entre la mère et l’enfant.

Vous vous moquez des féministes qui se battent pour modifier les noms des rues. Mais que seulement 4 % des rues françaises portent des noms de femmes, ça ne vous choque pas ?

C’est l’idée d’imposer par le haut une réécriture de l’histoire sous un prisme moderne. Tant mieux si aujourd’hui elles réussissent suffisamment dans leur vie pour qu’on leur donne un nom de rue. Mais ce qui m’exaspère, c’est l’idée d’exhumer des femmes parfois inconnues dans l’histoire pour en faire des icônes rétroactives. Et puis, il me semble qu’il y a d’autres priorités. Est-ce que ça va changer concrètement la vie des femmes ? Permettez-moi d’en douter...

Que pensez-vous des Femen ?

C’est un réveil du féminisme spectaculaire soixante-huitard. Elles ont débarqué des pays de l’Est où il y a eu un décalage historique, puisque la révolution sexuelle et le libéralisme sont arrivés beaucoup plus tard. Du coup, elles sont complètement décalées et outrancières quand elles miment un avortement dans l’église de la Madeleine, alors que ça fait quarante ans que l’avortement est légal en France. Mais je leur reconnais une certaine forme, non pas d’honnêteté intellectuelle, mais de courage, comme à Caroline Fourest d’ailleurs, car elles englobent toutes les religions dans une universelle détestation. Elles ne font pas de tri entre les croyances comme le font certaines féministes...

« L’esprit conservateur est le souci de ce qui tient ensemble le monde de manière invisible »

Conserver ce qui est, « empêcher que le monde ne se défasse »… Le philosophe Jacques Dewitte nous a fait l’honneur d’un long entretien sur l’esprit conservateur de la pensée d’Albert Camus. Première partie, la suite sur revuelimite.fr la semaine prochaine.

Max-Erwann Gastineau — La pensée d’Albert Camus révèle, selon vous, la prégnance d’un « esprit conservateur ». Comment définiriez-vous cet esprit ?

Jacques Dewitte — L’« esprit révolutionnaire » se manifeste par une non-adhésion au monde, un désir inextinguible d’en découdre avec le donné, ce que j’appelle le déjà-là. A rebours, l’esprit conservateur se manifeste par un souci du monde, une sollicitude envers des êtres et des choses qui le façonnent. Cette disposition affective est fondamentale, car elle implique que certaines choses méritent d’être conservées : la culture, la langue, des paysages, des traditions. Mais conservation ne signifie pas une simple préservation ; il s’agit d’entretenir et de prolonger ce qui a été légué.

Cette sensibilité apparaît chez Albert Camus de plusieurs manières. Dans L’Homme révolté, il part de ce postulat : l’homme est un être de révolte. « Je me révolte, donc je suis ». Mais ce « Non » ontologique s’adosse chez Camus à un « Oui », c’est-à-dire à un attachement à la beauté intrinsèque du monde et de la vie. Chez Camus, il s’agit d’un « oui » au soleil, au midi, aux plages d’Alger, à cette beauté qui, dans sa jeunesse, le comblait alors qu’il vivait dans une immense pauvreté.

Ce souci du monde est au fondement même de la pensée écologique. Pourtant nombre d’écologistes continuent de raisonner en termes de changement et de progrès, notamment sur les questions dites sociétales. N’y a-t-il pas là contradiction ?


Je ne connais pas dans le détail ce mouvement. Il y a en tout cas une incompatibilité évidente entre l’inspiration générale, qui devrait être ce souci du monde, et une adhésion à différents mouvements d’émancipation radicale, d’ordre anthropologique. Si le mouvement écologique est une prise de conscience de la démesure technologique, cette conscience devrait s’étendre aux limites inhérentes à la condition humaine et ne pas adhérer aux projets divers, mais convergents, qui voudraient s’en prendre à la condition sexuée, à l’énigme de la naissance et à la condition mortelle, qui favorisent le caractère interchangeable de toute chose et de tout être. Je constate aussi qu’une autre branche de l’écologie, qui s’exprime chez les défenseurs de la « cause animale », manifeste fréquemment une véritable haine de l’humanité.

La pensée écologique devrait réfléchir davantage sur l’expérience historique du XXe siècle, et en particulier celle du communisme, qui a montré qu’un projet révolutionnaire d’émancipation radicale, cherchant à réaliser un nouveau Paradis sur terre, avait conduit à un Enfer pire que ce que l’on cherchait à dépasser. D’où, chez ceux qui ont médité sur ce destin, notamment Leszek Kolakowski, une réhabilitation de l’idée chrétienne de péché originel, idée certes « réactionnaire », mais que l’on peut comprendre comme la conscience de la finitude et de la faillibilité humaine.

mardi 10 mai 2016

La « radicalisation » à Maisonneuve : la faute aux méchants préjugés et aux médias qui risquent de renforcer la « radicalisation »

Le Devoir s’est fait l’écho complaisant d’une étude (l’article ne comprend aucune critique de l’« étude ») portant sur « la radicalisation religieuse conduisant à la violence ».

Rappelons les faits : au cours de l’automne 2014 et de l’hiver 2015, le Québec a fait face à un phénomène inédit et inquiétant : le départ de plusieurs jeunes vers la Syrie, a priori pour rejoindre les rangs de l’État islamique.

Une douzaine de jeunes issus de l’immigration et de l’école québécoise « du dialogue » et « du vivre ensemble » fréquentant le collège de Maisonneuve avaient été arrêtés par la Gendarmerie royale du Canada.

Aujourd’hui encore, afin de lutter contre la radicalisation islamique et le climat d’intimidation qui règne dans ce cégep multiethnique, le gouvernement du Québec a décidé de dépenser, d’investir 400 000 $ au Collège de Maisonneuve pour y « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble ». Quand on parle de climat d’intimidation, il faut bien comprendre que les plaintes émanaient de membres du personnel qui dénonçaient l’intimidation mise en place par des groupes d’élèves qui avaient pris le contrôle de certains secteurs de l’établissement, notamment un coin de la bibliothèque...

Revenons au rapport que le Devoir résume aimablement. Pour ceux-ci (Le Devoir et le rapport), les « récents cas de radicalisation d’étudiants du Collège de Maisonneuve ont eu des conséquences négatives sur la communauté du cégep. Au point que, si rien n’est fait, d’autres cas de radicalisation pourraient survenir, conclut un rapport rendu public mardi par un institut de recherche collégial et dont Le Devoir a obtenu copie. »

« La manière dont la société traite de la radicalisation peut entraîner la radicalisation. On ne dit pas que ça crée mécaniquement la radicalisation, mais qu’un de ses effets collatéraux est que ça peut conduire certaines personnes à se radicaliser », explique au Devoir Frédéric Dejean, chercheur à l’Institut de recherche sur l’intégration professionnelle des immigrants (IRIPI) et auteur du rapport Les étudiants face à la radicalisation religieuse pouvant conduire à la violence.

[Frédéric Dejean est aussi partie prenante : il enseigne au Collège de Maisonneuve et les excellents services interculturels dont il parle (voir ci-dessous) sont aussi ceux où il travaille... Il n’est pas un observateur externe. Est-il vraiment un rapporteur objectif ?]

[...]

Les étudiants, qu’ils soient réellement musulmans ou portant simplement un nom ou un accessoire (hijab, barbe) associé à cette religion [on porte le hijab sans être musulmane ?], ont vécu une stigmatisation sans précédent. « Comme si le fantôme [des récents événements] était encore dans les couloirs », note M. Dejean. « Ils ont vécu un choc. »

[...]

Ça fait une trentaine d’années qu’on fait de l’interculturel et on a d’excellents services, très dynamiques, mais il y a des outils de prévention qui devront avoir une coloration nouvelle », souligne M. Dejean.

[...]

Le rapport insiste également sur le fait que la marginalisation, qu’elle soit socioéconomique ou culturelle, contribue à créer un terrain propice à la radicalisation. « On a remarqué que le sentiment d’appartenance au Québec chez plusieurs jeunes, notamment ceux issus de l’immigration, était absent », indique le chercheur.


Fallait-il ne pas parler dans les médias des élèves radicalisés pour favoriser l’interculturalisme ?

Le rapport pointe aussi le rôle des médias (la commission Bouchard-Taylor avait déjà trouvé identifier les médias comme bouc émissaire mal pensant) :

« Les intervenants rencontrés ont expliqué les conséquences des événements, et de leur traitement par les médias, sur les étudiants. L’un d’entre eux affirme qu’il “en résulte une perte totale de confiance en ces jeunes, un climat de suspicion” (intervenant 5) qui peut se traduire par une détérioration de l’image de la religion musulmane, un rejet — ou du moins une craite [sic] — de toute forme de différence culturelle, des préjugés ou des amalgames sur n’importe quel citoyen musulman ou arabe. »

Résumons :
  • il n’y a pas vraiment de radicalisation islamiste (au mieux elle est globalement « religieuse » due à une marginalisation socioéconomique ou culturelle), et s’il y en a, c’est de notre faute.
  • Aucune critique de l’école interculturelle québécoise que le monde entier nous envie... Et pourtant tous ces cours d’éthique et de culture religieuse, de « dialogue », d’exercices interculturels constants de vivre ensemble ? Combien de temps faudra-t-il encore consacrer à la « thérapie » des jeunes dans les écoles et cégeps ? Où est ce fameux enrichissement interculturel ?
  • La provenance religieuse des élèves n’aurait que peu d’effet sur le sentiment d’appartenance au Québec, c’est au mieux une question de marginalisation socioéconomique (!!) ou « culturelle ». Est-ce que tous les pauvres ou toutes les cultures connaissent ce même manque d’identification ? Et si la marginalisation était volontaire dans certains cas et non subie par les pauvres immigrants rejetés par les Québécois soupçonneux et perclus de préjugés ? Certaines pratiques religieuses ne visent-elles pas précisément à séparer la « Oumma » des autres (les mécréants) ? Voir le sociologue Gilles Kepel qui parle de « sécession culturelle » volontaire.
  • L’immigration récente n’aurait pas d’effet sur l’augmentation de la radicalisation « religieuse » ou alors comment comprendre le silence entourant la question ? Pourquoi on ne demande pas de réduire un certain type d’immigration afin de mieux intégrer ceux qui sont déjà là ?
  • Les médias et les préjugés idiots envers les différences culturelles, voilà un coupable facilement trouvé à de futures nouvelles radicalisations alors que des acteurs de terrain, comme le rapporteur Dejean, offrent d’excellents services au cégep de Maisonneuve.
  • Entretemps, si rien n’est fait (par ici les subventions et les plans d’action pilotés par des sociologues de l’interculturel ! c’est vrai que l’immigration est enrichissante pour d’aucuns), on risque plus de radicalisation (ça ressemble à un chantage ou une défausse).

Voir aussi

Novlangue : « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble »

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

L’effacement du réel

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l’augmentation du nombre d’étrangers




SRC larmoyante : « L'intégration d'une élève [dite] transgenre freinée par la bureaucratie »

Autre article larmoyant de la SRC (après un hier sur les toilettes transgenres aux États-Unis) sur les élèves dits transgenres.

Voilà, une fille de 14 ans a annoncé l’été dernier à toute sa famille et à ses amis Facebook qu’elle était un garçon. Ses parents ont alors contacté son école secondaire avant la rentrée scolaire pour prévoir la rentrée.

Selon la SRC, les élèves de l’École d’éducation internationale de McMasterville, en Montérégie, accueillent la fille habillée en garçon à bras ouverts à la rentrée. Les problèmes viendront d’une autre source, froide, administrative : son ancien nom féminin se retrouve un peu partout sur les listes de l’école.

La SRC écrit ensuite « C’est que le ministère de l’Éducation attribue un code permanent à chaque élève, qui révèle le nom et... le sexe de l’élève. Il peut seulement être modifié par Québec ; pas par une école. Et, bien que le Directeur de l’état civil permette aux enfants transgenres de changer de nom, elle interdit le changement de sexe avant d’atteindre la majorité. Les semaines passent et chaque fois qu’on prononce son ancien nom ou qu’on le projette sur un écran, la douleur s’accumule. »

Pour être francs, nous ne comprenons pas ce paragraphe : le sexe ne peut pas être changé (pour de bonnes raisons à notre avis : éviter un mauvais choix lors d’une crise passagère adolescente ou sous des pressions parfois militantes, voir Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté). Mais le prénom peut être changé, or la SRC dit que c’est le prononcer de ce prénom qui accumule la douleur... Qu’est-ce qui bloque donc ? Il y a peut-être blocage, mais le paragraphe nous semble pour le moins mal rédigé. Peut-être que le nom ne peut-être modifié que pour les gens ayant vraiment changé physiquement et superficiellement de sexe (les chromosomes restent toujours mâles ou femelles)... et non pas simplement pour ceux qui prétendent avoir une autre identité sexuelle sans en avoir les attributs externes ?


Puis, la SRC poursuit avec le couplet habituel sur les toilettes précédé de ce paragraphe troublant :

« Sa mère, Odette Plante, voit l’état de son fils [comprendre fille] se détériorer. Il faut dire que sa transition a commencé, il [elle] prend des bloqueurs d’hormones d’œstrogène et de progestérone. L’impact sur son métabolisme est grand. »

On parle donc ici d’une mineure de 14 ans. On ne la laisserait pas fumer, boire ou avoir un tatouage ou même acheter de la malbouffe à l’école. Mais un docteur lui aurait prescrit un traitement hormonal qui « a un grand impact sur son métabolisme » alors qu’elle serait en pleine santé physique...

« La problématique des toilettes le gêne aussi. David James aurait souhaité utiliser les toilettes pour garçons. La direction va plutôt lui rendre disponible une toilette neutre, habituellement destinée au personnel, où [elle] pourra aussi se changer. Mais la confusion règne parfois [alors que dans les toilettes pour garçons !], des surveillants lui demandent ce qu’[elle] fait là. [La nouvelle nommée] David James va alors éviter à tout prix d’aller aux toilettes pendant la journée. »

Cette « nouvelle » sur une école qui nous semble assez accommodante fait la une du site de la SRC. On a l’impression que c’est la dernière lutte progressiste, il faut que Radio-Canada utilise nos impôts et apporte ainsi sa contribution « au combat ».

On aimerait avoir une idée du nombre de ces élèves dits transgenres (il y a environ un million d’élèves au Québec...)

De vrais chiffres, pas ceux d’études militantes que la SRC utilise dans le dossier LGBT (voir Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite...)






UQAM aurait une mauvaise réputation, à cause de ses professeurs intolérants ?

Denise Bombardier s'en prend à l'UQAM et à certains de ses professeurs :

C’est un chargé de cours à l’UQAM. Marc-André Cyr enseigne en sciences politiques. Il se veut anarchiste et milite dans tout ce qui perturbe socialement.

Cyr se déploie autant sur Facebook que dans sa salle de cours et il lance des fatwas de son cru en se croyant doué pour l’écriture. Or, c’est un hargneux qui appartient à la cohorte des habitués de la pollution intellectuelle.



Il attaque ceux qu’il vomit. Mon confrère Richard Martineau lui sert de défouloir dans la haine qu’il porte à tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Dans la revue bon chic bon genre d’extrême gauche, Ricochet, le chargé de cours a choisi un dessin de chiens qui pissent sur la stèle mortuaire de Richard Martineau. Et il décrit sa mort où Dieu jette son cadavre à la poubelle.

La table ronde de la FPJQ

Ce soir, il participe à une table ronde sur la liberté de la presse et organisée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Au même titre que Lise Ravary et Michel Lacombe entre autres.

Voilà pour la contextualisation, comme on dit à l’université.

Mais qu’enseigne à ses étudiants Marc André Cyr, l’intimidateur? Quelle distance établit-il avec ses opinions, ses combats et ses haines compulsives, dont celle à l’endroit de Richard Martineau dépasse l’entendement?

Cyr est le prototype des universitaires qui depuis des années éclaboussent la réputation de l’UQAM. Ses écrits de pyromane permettent de comprendre que les étudiants délinquants qu’on retrouve dans cette université sont des disciples de Marc André Cyr et d’autres enseignants qui dévalorisent par leur fanatisme la noble profession de transmettre le haut savoir, ce qui est la nature même des études supérieures.

L’UQAM a mauvaise réputation à cause de ces enseignants qui n’ont aucune éthique. Cependant le cas de Marc André Cyr relève du grand-guignol.

L'épouse de Richard Martineau, Sophie Durocher, s'est également exprimée :

Un certain Marc-André Cyr a écrit, en février, sur le site Ricochet, une chronique nécrologique de mon mari, imaginant qu’il soit mort en 2016 et que sa dépouille était laissée au coin de la rue pour être picorée par les oiseaux.

Son texte était illustré d’un dessin de la tombe de mon amoureux, avec deux chiens qui pissent dessus.

Sur un autre dessin, on voit Dieu, découvrant Richard Martineau qui vient d’arriver au ciel, et jetant sa dépouille aux poubelles.

[...]

Je n’en ai pas parlé jusqu’ici, parce que je ne voulais pas lui faire de la publicité.

Mais quand j’ai appris que la FPJQ avait invité Marc-André Cyr à un «cabaret» sur la liberté de presse, j’ai été estomaquée.
Pourquoi la FPJQ, Fédération professionnelle des journalistes du Québec, lui donne-t-elle une tribune? Si un troll anonyme avait pondu un texte aussi haineux et des dessins aussi violents, jamais la FPJQ ne l’aurait invité.

Mais Môsieur est prof à l’UQAM, alors ça lui donne le droit à s’asseoir à la table?

Môsieur écrit dans Ricochet, magazine branchouillard, ouh la la, vous comprenez, ma chère!

Le pire, c’est que Bell Média est un des commanditaires de la FPJQ.

Quelle ironie!

Bell Médias congédie un animateur qui a écrit un tweet débile, mais s’associe à un événement où un troll de première classe va pouvoir faire rigoler la salle en leur racontant la fois où il a imaginé la mort de mon mari?

[...]

Et pourtant à la FPJQ on trouve ce gars, Monsieur Cyr, tellement pertinent qu’on l’invite à un petit «cabaret» animé par Pat Lagacé où Yves Desautels va jouer de la zizique.

Ils devraient renommer leur cabaret: J’irai cracher sur vos tombes.

Et combien on parie qu’à son prochain congrès la FPJQ va dénoncer les radios poubelles?

Mais les médias poubelles de gauche où un prof de l’UQAM imagine la mort du père de mon enfant, ça, la FPJQ ne les dénonce pas?


dimanche 8 mai 2016

Critiques de conservateurs « responsables » — Le pape François, fossoyeur de l'Europe ?

Les critiques contre la pensée et les actes du pape François en matière d’immigration s’accumulent dans les cercles conservateurs francophones. En voici deux.

D’abord celle de Paul-Marie Coûteaux, écrivain et ancien député européen.

« Quelques esprits simples aimeraient nous faire croire que l’immigration massive est une fatalité : démographie, guerres, persécutions, tremblements de terre et autres misères la rendraient inévitable, et nous n’aurions le choix qu’entre le généreux accueil de millions de personnes venues de loin, souvent très loin, ou son refus honteux. En fait, la plupart des migrants ne tenteraient pas une aventure si onéreuse, jusqu’à donner l’essentiel de leurs biens aux passeurs, aléatoire et dangereuse, s’ils n’avaient l’espoir d’être accueillis, de sorte que les belles âmes qui entretiennent des illusions vite déçues (avec quelquefois, en prime, la mort en route, souvent la déchéance, toujours le déracinement et la solitude) sont, sous couvert d’une générosité paresseuse, des criminels qui s’ignorent.

On pourrait comprendre que les gauches, voulant détruire (pardon, “déconstruire”) le monde ancien et, comme Bruxelles, créer un nouveau peuple par un vaste creuset à l’américaine, chantent le refrain de l’immigration heureuse. Mais comment comprendre que l’Église participe à cette nouvelle traite internationale et à la dislocation de l’Europe dont elle se veut la matrice ?

C’est pourtant ce qu’elle fait en toutes ses échelles, des prêtres critiquant en chaire les lois limitant l’immigration jusqu’au pape allant à Lesbos soutenir les migrants, geste où médias et politiques dans le vent, Jean-Luc Mélenchon compris, virent d’autant mieux un soutien au principe même de migration qu’il déclara : “Nous sommes tous des migrants.”

Je suis chrétien, je crois au Dieu du Christ, j’admire la miraculeuse rupture introduite dans l’histoire des hommes par la religion de l’amour, comme j’admire l’incomparable civilisation qu’elle a produite sur le continent européen. Mais j’aimerais encore dire à la messe que “je crois en l’Église catholique et apostolique”. Et, pour cela, que s’élève au sein de cette Église une voix de raison et d’équilibre qui regarde en face la réalité : que les drames en Méditerranée se multiplient à mesure qu’on attire de pauvres hères en promettant un accueil de plus en plus problématique et illusoire ; que ce sont là des questions compliquées (songeons au jeu de l’État turc) que d’abstraits principes, sublimes par leur inspiration, mais simplistes quant à leur application, ne peuvent régler au petit bonheur ; qu’il est écrit que les hommes doivent aussi rendre à César, en premier lieu, la garde des frontières, responsabilité politique pure ; que l’amour du prochain n’est pas une facile prime au lointain quand tant d’êtres près de nous souffrent d’une forme ou une autre de misère, due à l’incurie politique, comme ces paysans, pour lesquels l’Église n’a pas un mot ; que l’on doit aimer son prochain “comme soi-même”, et non “plus” que soi-même, et que celui qui ne se respecte pas lui-même et se laisse détruire n’aura plus rien à donner ; que charité bien ordonnée commence par soi-même et qu’il y a aussi de la charité à protéger et servir les siens, sa famille et son peuple.

Je voudrais qu’un travail d’exégèse éclaire ceux qui ne font qu’appliquer mécaniquement des préceptes : Matthieu rapporte que les brebis qui sont parmi les loups se doivent d’être “simples comme les colombes”, mais aussi “prudentes comme les serpents” : cette prudence, c’est l’esprit de responsabilité, nul chrétien n’étant affranchi de la considération des conséquences de ce qu’il dit ou fait. Pie XII l’a héroïquement montré. Dans la cité terrestre, le mal et le bien sont à ce point imbriqués qu’il entre souvent dans le bien un point d’excès où il change de nature : le “tu ne tueras point” n’empêche pas les aumôniers militaires...

Que l’Europe soit chrétienne donne à Rome une responsabilité devant ce continent, faute de quoi — angoisse peut-être inconcevable pour un pape venu du continent américain — elle pourrait sombrer avec lui. »

Puis celle de l’essayiste Éric Zemmour :



Le pape François « abandonne l’Europe à son destin islamique », selon Éric Zemmour

La visite du pape François en Grèce sur l’île de Lesbos a eu un succès retentissant, d’autant qu’il en est revenu avec 12 migrants syriens qu’il a accueillis au Vatican. « Ce pape est un maître. Un maître en politique, un maître en communication. Il fait honneur à la réputation légendaire de machiavélisme des Jésuites », analyse Éric Zemmour. Après avoir suggéré qu’il donne des cours à François Hollande, Éric Zemmour qualifie le voyage du pape de « sans faute ». Mais en ayant ramené des réfugiés musulmans, le pape aurait-il vu sa charité se retourner contre lui ?

Ainsi, Éric Zemmour y voit un pape qui « a fait une croix sur l’Europe, terre chrétienne. Il refuse de privilégier la défense des chrétiens d’Orient persécutés, et abandonne l’Europe à son destin islamique ». Pour le journaliste, les ponts que le souverain pontife veut édifier favoriseront toujours la civilisation la plus conquérante, et la démographie la plus vigoureuse ». Éric Zemmour pense que le pape voit l’Europe comme un monde rongé par l’argent, et qu’après tout « que la volonté de Dieu soit faite, même si le dieu s’appelle Allah ».

Voir aussi

Histoire — Léon XIII crut apaiser l’anticléricalisme républicain par le ralliement, au nom d’un “réalisme” chimérique



L’immigration « remède imaginaire » au déclin démographique, mais gain électoraliste

Extraits d'un article du Devoir qui n'étonneront pas les lecteurs de ce carnet (nous avions déjà consacré plusieurs billets sur ce sujet et notamment sur les travaux de Guillaume Marois). C'est pourtant un bon résumé des faits et des études publiées sur le sujet.

Comme la population n’assure pas sa propre survie par la natalité [voir La fécondité continue de chuter au Québec (depuis 7 ans, fécondité désormais sous le niveau de la Russie)], le Québec « a besoin d’un moteur de croissance démographique plus important. Et l’immigration, c’est un de ces moteurs », disait le 8 mars dernier le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Le Québec [aurait dû] accueillir 10 000 immigrants de plus par année, précisait-il, faisant passer leur nombre total de 50 000 à 60 000.

« C’est un mythe de croire une chose pareille, déclare le démographe Guillaume Marois, chercheur postdoctoral à l’Université de Montréal. L’immigration augmente l’effectif, mais, à long terme, elle n’est pas une solution à la dénatalité et aux conséquences du vieillissement de la population. »

Coauteur avec Benoit Dubreuil du Remède imaginaire, paru en 2011 chez Boréal, M. Marois a étudié cette question [...].

Sa conclusion : non seulement la hausse de l’immigration ne freine pas le vieillissement démographique, mais elle pourrait même avoir l'effet inverse! Le «remède imaginaire» consiste à hausser les seuils d’immigration en donnant l’impression que le vieillissement va cesser. Une politique qui fait image et à laquelle il est difficile, politiquement, de s’opposer, comme l’a constaté le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, accusé par le premier ministre [dont le parti le PLQ a une forte base électorale anglophone et allophone, comme par hasard...] de souffler «sur les braises de l’intolérance». [Rappelons que seuls 21% des francophones mais une masse de 72% de non-francophones soutiennent le PLQ au pouvoir, selon un sondage Léger en date du 24 mars 2016.]

Même si la ministre de « l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion »MC [intitulé orwellien s'il en est], Kathleen Weil, a affirmé par la suite que cette augmentation était impossible à court terme, Philippe Couillard n’a pas officiellement reculé sur la question.

Politiques natalistes sont plus efficaces

Les recherches en démographie sont consensuelles : les politiques natalistes comme l’instauration d’un régime de garderies à bas tarifs et les crédits d’impôt aux familles [pour toutes les familles et pas uniquement les moins nanties...] ont une incidence beaucoup plus significative sur la lutte contre le vieillissement de la population. «Il apparaît contre-intuitif de penser que l’immigration ne freinera pas le vieillissement démographique à long terme au Québec. C’est pourtant un fait», assure le professeur émérite du Département de démographie de l’Université de Montréal Jacques Légaré, qui dirigeait l’Équipe de recherche sur le vieillissement de la population [...].

D’abord, l’âge moyen des immigrants qui arrivent au Québec (30 ans) est si élevé qu’une bonne partie d’entre eux n’auront pas d’enfants. Ensuite, une grande proportion d’immigrants (au-delà de 20 %, selon certaines estimations) choisissent de quitter le Québec une fois leur statut régularisé. En outre, plusieurs études mentionnent que les immigrants adoptent très vite les mœurs de leur pays d’accueil en matière de natalité; ils ont donc moins d’enfants que s’ils étaient restés dans leur pays d’origine.

Résultat : le taux de fécondité reste pour ainsi dire inchangé. L’effet pourrait même être négatif.

L’annonce du premier ministre Couillard, appuyée par un document du ministère de l’Immigration, étonne d’autant plus les démographes qu’elle entre en contradiction avec les recommandations de deux économistes qui ont déposé un rapport sur cette question il y a 18 mois. «Nous recommandons de maintenir les niveaux d’admission actuels, soit autour de 50 000 immigrants permanents par an. Rien ne prouve que l’économie a besoin de beaucoup d’immigrants pour se développer», écrivent Brahim Boudarbat, chercheur à l’Université de Montréal, et Gilles Grenier, du Groupe de recherche sur l’économie de l’immigration de l’Université d’Ottawa, dans le document intitulé L’impact de l’immigration sur la dynamique économique du Québec et daté du 12 novembre 2014.

[Comme le soulignait Mathieu Bock-Coté personne n'ose même mentionner ce qui semble évident devant le manque de moyens pour les franciser et leur donner du travail : diminuer le nombre d'immigrants.

Rappelons ce que déclarait récemment le démographe de l'Université de Montréal Marc Termote : «Toutes les études montrent que l'impact économique de .

«Il y aura des pénuries, mais ce seront des pénuries très ponctuelles, dans des secteurs bien spécifiques. Et ce n'est pas en ajoutant 10 000 immigrants de plus qu'on va régler cette pénurie-là. (...) Ce n'est pas par une politique générale qu'on règle le problème», a-t-il ajouté.

Montréal a du mal à intégrer les immigrants qu'elle a déjà accueillis, alors que le taux de chômage pour les résidants nés à l'extérieur du pays se situe à 11 %, comparativement à sept pour cent pour ceux qui sont nés au Canada.]

Quand on parle des conséquences du vieillissement de la population, c'est surtout l’accroissement de la proportion de gens âgés qui inquiète : plus de dépenses, moins de personnes pour payer. Sur ces éléments, l'immigration a une influence limitée, d'autant plus que les difficultés d'intégration économique rendent la contribution des néo-Québécois aux finances publiques encore plus incertaine.

Jacques Légaré soutient aussi que la hausse du nombre d’immigrants est une erreur qui témoigne de la méconnaissance des études démographiques. «C’est essentiellement une déclaration partisane et électoraliste», affirme-t-il. Même le nombre actuel d’immigrants semble élevé pour notre capacité d’accueil, à son avis. «À 30 000 nouveaux arrivants par année, l’intégration se déroulait de manière plus efficiente», estime-t-il. Et il ne faut surtout pas réduire les ressources allouées à l’intégration.

D’autres raisons d’accepter l
immigration

M. Marois signale que ses études se penchent principalement sur la question de la lutte contre le déclin démographique dans une société vieillissante. Or, indique-t-il, «il y a d’autres raisons d’accueillir des immigrants».

La crise des réfugiés que l’on connaît depuis quelques années force les pays d’accueil à ouvrir leurs frontières et à reconsidérer leurs critères de prise en charge pour des raisons humanitaires. À son avis, les seuils d’immigration eux-mêmes devraient être abandonnés au profit d’objectifs d’intégration. « Le problème auquel il faut s’attaquer, c’est l’intégration des immigrants à la société d’accueil. Il y a des lacunes à corriger de ce côté avant de se lancer vers de nouvelles cibles », conclut-il.

Voir aussi

La fécondité continue de chuter au Québec

L'immigration, le remède imaginaire

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population

Les universités anglophones du Québec seraient démesurément financées

Québec — Plus bas nombre de naissances depuis 8 ans, record de décès [mars 2016]

Les immigrés de 2e génération réussissent mieux en moyenne que les Québécois de souche et préfèrent nettement le CEGEP anglophone (2008)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Pologne — Allocation familiale universelle pour lutter contre l'implosion démographique

Le coût des garderies québécoises

L'histoire évacuée du 375e de Montréal en faveur du festivisme officiel bilingue ?

L'utilité du français pour un emploi est-elle quasi nulle à Montréal pour les immigrants récents ?

Québec — Le français perd de plus en plus de terrain au travail

L'anglais intensif est optionnel en 6e au Québec, il progresse peu malgré les fonds supplémentaires (l'État pousse à la bilinguisation généralisée des francophones)

Québec — Toujours pas de plan pour l'amélioration du français à l'école

ECR — Un cours réducteur qui rate la cible

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l'augmentation du nombre d'étrangers