mardi 6 avril 2010

Le mouvement féministe québécois est-il allé trop loin ?

Un livre qui souhaite déranger remet en question l'héritage du féminisme au Québec. Sept auteurs accusent le gouvernement du Québec de propager de fausses statistiques concernant le nombre de femmes battues pour diaboliser l'homme québécois. Entretien avec deux des auteurs.



Voir aussi :

Pourquoi la gauche française réchignait-elle à accorder le droit de vote aux femmes ?

« Le délit de violence psychologique est liberticide et contre-productif »

Supplément ECR : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes


La campagne gouvernementale sur la violence faite aux femmes que désirait Mme David









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Essoufflement du « mini baby-boom » ?

Mise à jour, 6 avril

Le nombre de naissances et la population estimés au Québec pour 2009 viennent d'être publiés par l'Institut de la statistique du Québec.

La population du Québec en 2009 est estimée à 7 828 879 habitants, le nombre de naissances en 2009 fut selon les estimations publiées le 2 mars de 88 700. En 2008, le nombre de naissances dénombrées avait été de 87 700. L'augmentation du nombre de naissances entre 2008 et 2009 a donc été de 1,1 % alors que celle entre 2007 et 2008 avait été de 3,8 %.



En 2009, le taux de natalité du Québec a donc atteint 11,33 ‰ (c'est-à-dire 11,33 naissances pour mille habitants), en 2008 ce taux s'élevait à 11,31 ‰. Chiffre que quelques journalistes qualifiaient de nouveau pic de natalité (« baby-boom »). À titre de comparaisons, en 2009, les taux de natalité étaient de 7,64 ‰ pour le Japon, 14,00 ‰ pour la Chine, 12,57 ‰ pour la France, 13,83 ‰ pour les États-Unis, 27,62 ‰ pour le Pakistan et 42,63 ‰ pour le Congo Kinshasa d'après le CIA World Factbook.

Le graphique ci-dessous permet de mieux apprécier l'évolution de la natalité québécoise et de mettre en perspective le prétendu « baby-boom » que nous vivrions selon certains chroniqueurs. Le « baby-boom » de l'après-guerre pendant lequel le nombre d'enfants par femme était d'environ quatre enfants y est indiqué par la mention « pic de natalité ».

Évolution de la natalité au Québec de 1900 à 2010


Le taux de natalité n'est pas la meilleure mesure de la vitalité démographique puisque ce taux est affecté par l'espérance de vie : une population nombreuse de femmes âgées qui n'a plus d'enfants déprime le taux de natalité. L'indice synthétique de fécondité est une meilleure mesure puisqu'il permet d'établir le nombre moyen d'enfants par femme. Ces chiffres n'étaient pas encore disponibles.

[Mise à jour du 6 avril 2010 : L'indice synthétique de fécondité s'établit à 1,731 enfant par femme en 2009 en légère baisse par rapport à celui de l'année 2008 (1,735). Une légère augmentation du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants explique que le taux de fécondité ait baissé alors que le nombre de naissances a très légèrement augmenté.


Observer que les axes ne commencent pas à zéro ce qui tend à exagérer les petites variations, aussi le nombre absolu de naissances n'est pas une mesure très intéressante dans une population qui continue de croître grâce, notamment, à une immigration importante.



Radio Canada insiste aujourd'hui sur "La tendance à la hausse du nombre de naissances", alors que, d'une part, la tendance à la hausse baisse rapidement comme on l'a vu, et que, d'autre part, cette mesure est trompeuse puisque la population croît et qu'il est donc normal que le nombre de naissances augmente, mais augmente-t-il relativement à la population féconde ? Ce n'est plus le cas !
Il ne faut pas désespérer le bobo du Plateau-Mont-Royal, les nouvelles sont toujours excellentes, même si le Québec continue de ne pas assurer le renouvellement de ses générations.]

Le taux de remplacement des générations s'établit à 2,1 enfants par femme.

Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.



Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.


Voir aussi


Garderies à 50 $, nouvelle promesse du PQ au coût de 1,5 milliard de $.

Les garderies ruineuses et non universelles (elles avantagent les femmes qui retournent travailler, pas les autres) du Québec augmentent-elles la natalité, font-elles des enfants mieux préparés ?

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école.






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Confirmation — essoufflement du « mini-baby-boum » québécois, légère baisse de la fécondité

Nous l'avions annoncé, il y a plus d'un mois : la natalité et la fécondité québécoises s'effoufflent malgré les sommes faramineuses investies dans la politique dite familiale.

Voici le communiqué de presse du gouvernement libéral du Québec :

Les naissances au Québec en 2009: plus de bébés [mais même natalité], même fécondité

QUÉBEC, le 6 avr. /CNW Telbec/ - Il est né 88 600 bébés au Québec en 2009, soit 1 % de plus qu'en 2008 (87 600). L'indice synthétique de fécondité s'établit à 1,731 enfant par femme, niveau semblable à celui de l'année 2008 (1,735). Une légère augmentation du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants explique que l'on observe à la fois une hausse des naissances et une stabilité de l'indice de fécondité. L'âge moyen à la maternité augmente et atteint 29,8 ans. Il est de 28,0 ans à la venue du premier enfant.

En 2009, l'indice synthétique de fécondité varie de 1,6 enfant par femme à Montréal et dans la Capitale-Nationale à 2,0 enfants par femme en Abitibi-Témiscamingue [région à forte composante autochtone]. Il est de 2,9 enfants par femme dans le Nord-du-Québec [idem].

Entre 2008 et 2009, c'est dans la région de Montréal que la fécondité a le plus augmenté (de 1,58 à 1,62 enfant par femme) [c'est très bas et on ne connaît pas l'impact de l'immigration], tandis que c'est dans la région de la Côte-Nord qu'elle a le plus diminué (de 1,99 à 1,89 enfant par femme).

Ces premiers résultats portant sur les naissances et la fécondité au Québec en 2009 sont tirés du bulletin Coup d'œil sociodémographique, numéro 3, publié aujourd'hui par l'Institut de la statistique du Québec. Le bulletin et de nombreux tableaux sont consultables sur le site Web de l'Institut.


Voir Essoufflement du « mini baby-boom » ?






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Espagne — des centaines d'étudiants manifestent contre la mixité

À Madrid, plusieurs centaines d'étudiants espagnols d'universités privées non-mixtes ont manifesté bruyamment dans la rue mardi 23 mars, nous apprend le journal de gauche El Pais. Pour réclamer la mixité ? Non, pour la rejeter ! Le recteur de la prestigieuse université madrilène de Complutense a annoncé que trois collèges publics qui séparent encore les sexes allaient devenir mixtes, provoquant une révolte conservatrice des étudiants.

Les étudiants scandaient des slogans comme « Nous payons, nous décidons ! ». Quand le recteur de Complutense est sorti, il fut accueilli sous les cris de « démission, démission ! »



Les étudiants ne se plaignaient pas uniquement de la mixité, mais également de l'état lamentable des résidences universitaires (voir la vidéo ci-dessous en espagnol). Plusieurs étudiants se plaignent aussi du manque de consultation dans cette décision d'imposer la mixité.




La plupart des des universités espagnoles sont devenues mixtes dans les années 1960, avec une seconde vague dans les années 1970-1980, sans problème particulier. Aujourd'hui, certains sont incrédules devant cette rebellion inattendue. « J'y ai réfléchi toute la journée et je ne comprends toujours pas ! », a déclaré le président de l'Association des facultés et résidences universitaires publiques.

« Cela prend racine dans une vieille tradition, présente sur tous les continents chez les adolescents et post-adolescents », selon le sociologue Mariano Fernandez Enguita. « Il s'agit d'espèces de rites initiatiques en bande de même sexe qui marquent les débuts de la jeunesse. »

Interrogée par le journal de gauche, El Pais, Anne-Marie Reboul, directrice du collège Teresa de Jesus, l'une des facultés concernées, explique : « Leur argument principal est qu'avec la mixité, ils perdraient leur identité. Mais si on leur pose la question de ce qu'est cette identité, ils ont du mal à la définir. »

Cela n'exclut pourtant pas l'existence d'une telle identité. On sait ainsi que les gens sentent mieux qu'ils ne peuvent définir. La beauté est difficilement définissable en termes précis par le commun des mortels n'existe-t-elle pas pour autant ?

Le recteur de la Complutense, Carlos Berzosa, trouve cette opposition « horrible ». Pour lui, c'est incompréhensible, mai 1968 a commencé parce que les garçons n'avaient pas accès aux dortoirs des filles. En 2010, à Madrid on fait l'inverse, on « retourne en arrière » a-t-il déclaré à l'antenne d'Europapress.

Éric Zemmour revient sur ces mêmes incidents de 1968 et les protestations madrilènes :











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lundi 5 avril 2010

Nigéria — la religion est-elle responsable des massacres ?




L'africaniste Bernard Lugan commente les derniers événements au Nigéria






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Supplément éthique — Inviter les médias à un traitement plus déontologique sur la pédophilie et l'Église catholique

Texte intéressant sur Rue 89 (site assez à gauche) au sujet de l'affaire de la pédophilie et de l'Église catholique. Affaire qui semble être montée en épingle par certains journalistes et journaux comme le New York Times et fidèlement relayée par d'autres.

Les révélations en cascades sur les affaires de pédophilie un peu partout dans le monde, et cette semaine encore en France, donnent lieu à un certain traitement par la presse -ou une partie de la presse.

De multiples affaires, en des lieux différents, à des dates diverses, à divers degrés de gravité, deviennent, sur le mode journalistique du feuilleton, UNE affaire : celle de la pédophilie dans l'Église catholique.

Ce traitement est-il mesuré ? Prend-il en compte l'ensemble des données ? Fait-il justice à une réalité multiple ? Ecoute-t-on de la même oreille tous les protagonistes ? Assurément non.

À partir de ces affaires, beaucoup de commentateurs, relayés par des caricaturistes, ont-ils émis des jugements outrageants et péremptoires ? En ont-ils tiré des conclusions définitivement négatives sur l'Eglise catholique et sur son chef, le pape ? Assurément oui.

Il ne s'agit pas de pointer les manquements ou les fautes de la presse en général : ce serait faire, en miroir, la même chose qu'elle : UNE affaire.

Il s'agit simplement, par la parole, une parole claire et mesurée, forte au milieu des invectives et des amalgames, d'en appeler à la vérité. C'est le sens de ce texte volontairement bref [l'« Appel à la vérité », ndlr] qui ne glose pas, qui dit en peu de mots, non pas l'appartenance à un parti, à une corporation, mais une confiance dans la foi et l'amour.

Ce ne sont pas les victimes qui crient le plus fort

Ce n'est pas à une institution que nous adhérons. De celle-là et de ses prêtres, nous savons bien la faillibilité, le péché. C'est à la foi et à l'amour dont l'Église, à nos yeux, est et demeure, par le Christ, la dépositaire.

Dire cette foi et cet amour à l'instant même ou s'affirme le scandale de la pédophilie -du non-amour absolu- et l'indignité de certains ecclésiastiques, est le défi que nous devons, dans la douleur, dans la compassion, mais pas dans le doute, relever.

Remarquons-le : ce ne sont pas les victimes qui crient le plus fort. Elles, elles demandent légitimement justice et réparation. Les cris et les invectives viennent d'ailleurs, de ceux qui s'improvisent accusateurs publics et rêvent de faire eux-mêmes justice.

Qualifier le procès d'expéditif est un euphémisme : on décrète une culpabilité forcément collective, conséquence directe de l'organisation hiérarchique de l'institution ecclésiale.

Mais dénoncer ces amalgames et cette négativité ne suffit pas.

Il faut encore donner de la voix, ne pas la laisser recouvrir par la rumeur, la malveillance systématique, la brutale moquerie, l'appel au lynchage. Et en même temps, il faut refuser de se retrancher, loin de la plainte et de la souffrance des victimes, derrière les hauts murs d'une forteresse assiégée…

Car quoi qu'on dise, quoi qu'on répète à l'envi, l'Eglise est ouverte sur le monde, elle est à son écoute, plus qu'aucune autre institution humaine. Ses règles et ses lois, sa tradition, ne visent pas au maintien de quelque hégémonie ou pouvoir qui s'exercerait en sa propre faveur.

Conformément à l'enseignement de saint Paul, c'est sa faiblesse même qui est sa force. De même, elle ne prétend pas, sur le plan humain, à un savoir absolu, mais en revanche, elle sait que sa vocation est entièrement tournée vers le Bien, pas le sien mais celui de l'homme.

La comparaison avec l'antisémitisme n'est pas la position de l'Église

Elle sait sur quelle pierre elle est bâtie, selon quelle Révélation et selon quelle parole de vérité elle vit et agit.<

Cette vie et cette action ne sont pas à l'abri du Mal, sous toutes ses formes.

Pas non plus à l'abri des paroles hâtives, comme celle de ce prédicateur de la Maison pontificale, établissant un désolant parallèle entre les attaques contre l'Église dans les affaires de pédophilie et l'antisémitisme, dans son homélie lors de la messe de la Passion.

Depuis, le Vatican a précisé que ces paroles ne pouvaient en aucun cas définir la position de l'Eglise et l'auteur de ces paroles, le père Catalamessa, s'est excusé. Mais les lois de l'emballement médiatique sont rudes, intangibles : on retiendra à charge le faux-pas et on oubliera les mises au point…

Ce qu'on nomme la « sainteté » de l'Église se manifeste, comme le soulignait le père Varillon, en ceci qu'elle ne redoute pas d'être souillée par le contact des pécheurs.
« Si elle les fuyait, si elle tendait à se constituer, loin d'eux, en communauté des prédestinés, elle ressemblerait plus aux Pharisiens qu'à Celui qui, pour cela même, les fustigea. »
L'Église n'est ni aveugle, ni naïve

Appartenir à l'Église du Christ, c'est savoir (apprendre) que cette Eglise n'est pas une communauté de « parfaits ». Et que d'ailleurs, elle ne s'est jamais prétendue telle.

L'Église est donc cet espace où le mal, en tous ses visages, en tous ses masques, est repéré, connu, reconnu, condamné. Le silence qui a pu prévaloir, en certains lieux, à certains moments, ce silence qui est si violemment et si clairement récusé par le pape (et par les évêques de France), contredit cette connaissance.

De grâce, que l'on fasse crédit à l'Église de n'être ni sotte ni naïve, ni aveugle !

Patrick Kéchichian a signé cet « appel à la vérité », un texte « d'intellectuels, journalistes, artistes et personnalités de la société civile, chrétiens ou non chrétiens » invitant les médias à un traitement plus déontologique des affaires de pédophilie au sein de l'Eglise catholique.






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Pour Richard Martineau, « Tout est relatif » dans le cours ECR

Richard Martineau revient dans sa dernière chronique sur le controversé cours d'éthique et de culture religieuse imposé par le gouvernement à tous les élèves québécois.


Avez-vous déjà ouvert un cahier d'exercices du cours d'éthique et de culture religieuse ?

On y trouve de jolies perles.

Par exemple, dans le Fascicule B du cahier d'exercices destiné aux étudiants de secondaire 2, on propose une série de sujets de recherche à effectuer.

Je vous en transmets quelques-uns, vous allez voir, c'est assez croustillant...

LA FÊTE DES COULEURS AUTOMNALES

« Dans votre école, quel aspect du vécu scolaire devrait-on adopter pour que chacun et chacune se sente respecté dans ses droits ? (Exemple : avoir un local aménagé pour la réflexion ou la prière pour ceux et celles qui le désirent...) »

« Y a-t-il des modifications concernant les congés fériés que l'on pourrait faire et qui permettraient à tout le monde de se sentir intégré? (Exemple : renommer la fête de l'Action de grâces en octobre  fête des couleurs automnales ...) »

« Dans votre école, quel aspect du règlement scolaire ou du code de vie devrait-on inclure concernant l'habillement et qui respecterait la diversité culturelle et le pluralisme religieux ? (Exemple: on permet le port du voile musulman pour les filles et on tolère la casquette pour les garçons, mais en restreignant leur usage à des endroits particuliers dans l'école...) »

Ce dernier sujet est particulièrement révélateur du relativisme dans lequel baigne ce cours controversé. En effet, on met un pied d'égalité le voile islamique (signe de soumission) et la casquette !

Vous en connaissez beaucoup, vous, des pays où les hommes sont fouettés et lapidés parce qu'ils ne portent pas de casquette des Expos?

Il faut vraiment être crétin pour établir une équivalence entre ces deux signes vestimentaires !

Mais, bon, ça va dans le sens du programme: tout est égal, tout s'équivaut, il faut tout comprendre et tout accepter...






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samedi 3 avril 2010

C'était bien la peine d'être le témoin gouvernemental pour imposer le cours ECR !

On se rappellera que Gilles Routhier est ce témoin gouvernemental embauché par les avocats du Monopole de l'Éducation pour empêcher deux parents catholiques d'obtenir une exemption au cours d'éthique et de culture religion.

Il a également défendu publiquement le point de vue selon lequel l'Église doit vivre sa Pâques et sa mort en quelque sorte. Il est professeur d'université et enseignerait sa théologie à l'Université Laval. Le juge Dubois s'est longuement appuyé sur le témoignage Gilles Routhier, témoignage qui frisait la malhonnêteté intellectuelle selon le théologien et éthicien Guy Durand, pour débouter en première instance les parents de Drummondville qui demandaient que leurs enfants soient exemptés du cours d'éthique et culture religieuse.

Voilà maintenant que la Presse nous apprend qu'il ne pense pas que le nouveau cours ECR éveillera les élèves à la spiritualité. C'était bien la peine d'empêcher — en se portant volontaire à titre de témoin gouvernemental — des parents catholiques d'en soustraire leurs enfants puisqu'eux pensaient au contraire que le nouveau cours était néfaste à la transmission de la foi ! Il y a des examens de conscience qui se perdent...

Voici donc l'extrait de l'article de La Presse :
Selon Gilles Routhier, théologien à l'Université de Montréal, ce chiffre indique que les institutions ne sont plus les lieux où la population apprend à être catholique. « C'est beaucoup plus dans la culture qu'à l'école ou à l'église, dit M. Routhier. Je ne mets donc pas trop le salut dans le nouveau cours. Là où on apprend les choses, c'est à travers les produits culturels, la dissémination dans la culture. Il y a 30 ou 40 ans, c'était à travers l'église, l'école et la famille. Ce qui m'apparaît de plus en plus manifeste, c'est que les institutions ne contrôlent plus le message. On est presque rendu comme au moment du ministère public de Jésus. Les gens s'interrogent. Jésus demandait parfois à ses disciples comment les gens le percevaient. On revient dans cette position, au débat. »
Notons que le même Gilles Routhier s'était déjà demandé — après le procès où il servit le gouvernement — si le programme ECR n'était pas relativiste, le débat était ouvert selon lui.

Quant au très controversé Raymond Gravel, il fonde ses espoirs sur le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse : «C'est un élément fondamental du dogme catholique», déplore Raymond Gravel, prêtre du diocèse de Joliette. «Je fais parfois des séances de discussion avec des groupes catholiques et ça me renverse toujours de voir combien les gens sont mal informés. Plusieurs personnes croient aussi en la réincarnation! J'espère que le nouveau cours d'éthique et culture religieuse informera mieux les jeunes.»

On se demande si Raymond Gravel a lu les manuels et vu à quel point il y a peu de contenu doctrinal chrétien ou même d'extraits des évangiles... Rappelons que les professeurs doivent plutôt se concentrer sur le « phénomène religieux » (les rites, les interdits alimentaires, les objets, l'architecture) et que le reste est vraiment optionnel et partagé entre plusieurs courants religieux et même l'athéisme à la fin du secondaire. Enfin, la culture religieuse n'est qu'un volet du cours ECR, l'autre étant l'éthique (qui n'enseigne pas de morale sauf l'ouverture et le dialogue tolérant).

On apprend aussi dans l'article que les jeunes se disent de plus en plus athées, agnostiques et sans religion. On se demande bien si l'école québécoise laïque et ses professeurs y seraient pour quelque chose...

Pour un point de vue plus orthodoxe, lire Claude Ryan contre le Rapport Proulx.






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États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

Extrait d'un article de la Gazette de Colorado Springs qui aborde un sujet peu commun dans la presse francophone ces jours-ci.

« On pelote les élèves dans les écoles américaines. On les viole. On leur court après, on les séduit et ils pensent être amoureux, » indiquait un communiqué de presse d'Associated Press en 2007 au sujet d'une enquête que l'agence de presse avait menée pendant un an. L'agence dévoilait également que les administrateurs des écoles publiques transféraient systématiquement les professeurs responsables de ces sévices d'un district scolaire à l'autre.

Selon Carol Shakeshaft, auteur d'une étude pour le ministère de l'Éducation américain et commandé par le Congrès en 2002, « les atteintes et sévices sexuels perpétrés sur les élèves dans les écoles sont probablement 100 fois plus fréquents que ceux commis par des prêtres. »

Sherryll Kraizer, directrice générale du programme Child Safe dont le siège est à Denver, a déclaré à la rédaction de la Gazette qu'il est courant pour les directeurs d'école et les enseignants de ne pas respecter les lois qui les obligent à signaler les atteintes sexuelles.

« Je le vois fréquemment », a déclaré Mme Kraizer, une experte souvent utilisée par les procureurs et les avocats de la défense dans des affaires de pédophilie. « Il y a des lois contre le défaut de déclaration de sévices sexuels, mais la loi n'est presque jamais appliquée. Presque jamais. »


Voir aussi France — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment.






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vendredi 2 avril 2010

La science climatique à l'école

Article intéressant d'un ancien professeur de l'Université du Québec à Chicoutimi, Reynald Du Berger.

Quand j’étais professeur à l’UQAC, je visitais régulièrement les écoles secondaires de la région du Saguenay Lac-St-Jean car des professeurs de sciences m’invitaient à parler à leurs élèves des tremblements de terre ou des carrières en sciences de la Terre.

Récemment, par l’entremise du programme « Innovateurs à l’école » des enseignantes en sciences d’une école polyvalente de la région de Québec m’invitaient à faire 4 présentations de 75 minutes sur le changement climatique devant leurs élèves de secondaire IV et V.

J’avais omis de signaler aux enseignantes mon « orientation climatique », ce qui n’est pas dans mon habitude, et contre mes principes, car le plus souvent, je présente d’abord mon exposé aux enseignants avant de le livrer à leurs élèves, d’abord question de respect et aussi afin de ne pas les heurter ni aller à l’encontre de leur enseignement. Cette fois, j’avais pris un risque.

Mon exposé s’intitule « La science défaillante et la religion florissante du changement climatique ». Ça peut donc se présenter aussi bien dans le cadre d’un cours de sciences que dans celui du nouveau cours d’éthique et culture religieuse. D’entrée de jeu, je leur dis que je ne prétends pas leur révéler la vérité sur les changements climatiques, je veux seulement semer le doute dans leur esprit, sur une question qui était scientifique à l’origine et qui a dérivé vers le politique pour devenir enfin dogmatique.

Je leur expose et explique des faits et données scientifiques dont la plupart découlent de mesures ou d’analyses récentes, qui jettent de sérieux doutes sur les affirmations et conclusions du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport le plus récent de 2007. Je leur présente par exemple la «  crosse de hockey » de Mann (graphique partiellement reproduit dans leur manuel à la page 488) et qui prétend montrer l’évolution de la température moyenne du Globe au cours de 1000 dernières années. Je mets en relief la faiblesse des données dendrochronologiques sur lesquelles elle repose, les abus et erreurs de traitements statistiques qu’on leur a fait subir (rigoureusement et habilement mises au jour récemment par deux chercheurs statisticiens canadiens) et les importants et pourtant bien documentés épisodes du Réchauffement [Optimum] médiéval et du Petit âge glaciaire qu’on a sournoisement occultés afin que le « manche » de la crosse demeure suffisamment droit pour que la « palette » de l’influence humaine demeure en relief donc alarmante.



Cette crosse est une vraie crosse en effet, au sens propre français comme au sens figuré québécois. J’expose ensuite les donnés sur lesquelles les modèles du GIEC sont basés en attirant l’attention sur les lacunes, les faiblesses et les sources d’erreurs. Je leur montre enfin les données du satellite ERBE (Earth Radiation Budget Experiment), lesquelles analysées en 2009 par Lindzen du MIT, contredisent totalement les résultats issus des modèles climatiques du GIEC.



Vidéo du professeur Richard Lindzen du MIT, 26 octobre 2009


Je leur montre des photos illustrant la désinformation dans les médias (banquises se disloquant avec fracas issues des spectaculaires films antarctiques de Lemire et des émissions pathétiques commentées par Charles Tisseyre) puis ensuite à leur propre école et c’est alors que je leur demande d’ouvrir leur manuel de sciences à la page 488 où la « palette » de la crosse de hockey est reproduite puis à la page 490 où on leur présente un nounours polaire en larmes, seul et triste sur son petit glaçon à la dérive (c’est la photo qui illustre ce billet), tandis que tout fond autour de lui avec la légende « La fonte de la banquise menace la vie de l’ours polaire…. le glacier qui repose sur le Groenland est aussi en voie de se liquéfier ce qui risque de faire augmenter le niveau de la mer et d’engloutir les zones côtières ».

Je leur présente alors les dernières données sur le Groenland qui montrent que la calotte glaciaire s’y épaissit présentement au rythme « alarmant » de 5,4 cm par année, que la population d’ours polaires telle qu’évaluée par les images satellites est en nette croissance, et que dans certaines régions, on craint même la surpopulation!

On me demande alors d’où viennent ces diagrammes. Sûrement pas de Sélection du Reader’s Digest, ni du magazine l’Actualité, encore moins des délires environnementaux aussi pathétiques que pseudo-scientifiques de Charles « cet-équilibre-fragile » Tisseyre. Elles proviennent de Journal of Geophysical Research ou Geophysical Research Letters ou Nature ou Climate Research, bref des quelques revues scientifiques avec comités de lecture dans lesquelles la majorité des recherches en sciences du climat sont publiées. Et je n’aborde même pas la question de la crédibilité scientifique de Steven Guilbeault, le conseiller officiel de la Ministre de l’environnement, pas plus que celle du Climategate.

À l’aide de l’exemple de la bouteille de Perrier, je leur démontre comment l’augmentation de température fait augmenter le CO2 atmosphérique et non l’inverse.

Je termine sur une leçon d’éthique en recherche scientifique qui rejoint en partie mes propos dans mon premier billet sur ce blogue, dans lequel je dénonçais des collègues biologistes de l’UQAC à qui l’attitude alarmiste et culpabilisante en matière climatique profite lucrativement. Je leur dis que s’il y a une question dans l’examen final du Ministère sur ce sujet, il faut répondre ce qui est dans le manuel et non pas ce que je leur dis, s’ils ne veulent pas avoir zéro… tout comme Galilée a admis devant le tribunal de l’Inquisition que la Terre était immobile et que le soleil tournait autour, pour ne pas avoir zéro lui non plus (ce qui à cette époque correspondait à avoir la tête tranchée) … ils ont éclaté de rire. [Note du carnet : Galilée a surtout perdu son procès parce qu'il ne pouvait prouver sa théorie. Galilée annonçait ainsi qu'il n'y avait qu'une seule marée à Venise, or on savait qu'il y avait deux marées aux pieds des édifices de la Sérénissime ! Au passage, Saint Augustin (354-430) attribuait déjà les marées à la Lune. Voir Galilée et son raisonnement circulaire et ses procès.]

La journaliste et écrivain Véronique Anger vient de publier un article intéressant sur l’Inquisition climatique.

En quittant la classe, je dis à un élève « tu sais, ce manuel, c’est pas la Bible ». Il me répond candidement « je lis pas la Bible non plus »… à quand une vraie réforme ?


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