mercredi 8 octobre 2008

On parle du cours d'Éthique et de culture religieuse à Rome

Extraits d'un article tiré de Eucharistie miséricordieuse.

« Rome, le 8 octobre 2008 - (E.S.M.) - C’est justement l’archevêque de Québec, le cardinal Marc Ouellet, que Benoît XVI a chargé d’ouvrir et de conclure les travaux [du synode des évêques à Rome] De plus, le cardinal Ouellet est l’un des témoins les plus avertis et les plus critiques de la métamorphose qui, en quelques décennies, a fait du très catholique Québec une terre de mission. »

[...]

« C’est la dictature du relativisme appliquée dès l’école primaire », a protesté le cardinal Ouellet. Mais sa voix reste isolée. Si 80% des familles continuent de demander l’enseignement de la religion catholique, une seule école, la Loyola High School de Montréal, a présenté un recours devant la cour suprême contre le cours obligatoire désormais imposé par la loi.

Georges Leroux, philosophe de l’Université de Montréal qui a conçu le nouveau cours, affirme « qu’il est désormais temps de transmettre la culture religieuse non plus comme croyance mais comme histoire, comme patrimoine universel de l’humanité ».

[...]

Le cardinal Ouellet a décrit et analysé le cas typique du Québec dans un article du dernier numéro de Vita e Pensiero, la revue de l’Université Catholique de Milan. Un article d’autant plus intéressant qu’il est paru à la veille d’un synode des évêques précisément consacré à savoir « comment rendre l’annonce de l’Évangile plus efficace à notre époque ».

Voici l’article :

Où va le Québec ? A propos de la foi et de la laïcité

[...]

Ce changement provoque le désarroi et la colère de nombreux parents qui se voient privés, au nom d’une dernière réforme et de la modernisation du système scolaire québécois, de l’un de leurs droits acquis. Sans tenir compte de la primauté du droit des parents et de leur volonté clairement exprimée de garder la liberté de choisir entre enseignement confessionnel et enseignement moral, l’État supprime l'enseignement confessionnel et impose un cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse dans les écoles tant publiques que privées.

Aucun pays européen n’a jamais adopté une orientation aussi radicale, qui révolutionne les convictions et la liberté religieuse des citoyens. De là le profond malaise, le sentiment d'impuissance de nombreuses familles face à un État tout-puissant qui paraît ne pas craindre l'influence de l’Église et peut donc imposer sa loi sans conditionnements supérieurs. Le sort le plus scandaleux est celui des écoles catholiques privées, que le jeu des subventions gouvernementales force à marginaliser leur enseignement confessionnel au profit du cours imposé par l’État partout et à tous les niveaux.

L'opération de recentrage de la formation éthique et religieuse du citoyen par le biais de ce cours obligatoire réussira-t-elle à préserver un minimum de points de référence pour assurer une vite commune harmonieuse ? J’en doute, je suis même sûr du contraire, parce que cette opération est faite au prix de la liberté religieuse des citoyens et surtout de celle de la majorité catholique. De plus elle est fondée exclusivement sur une "connaissance" des croyances et rites de six ou sept religions. Je doute que des enseignants vraiment peu préparés à relever ce défi puissent enseigner avec une neutralité totale et de manière critique des notions qui sont encore moins compréhensibles pour eux que leur propre religion. Il faut être très ingénu pour croire que ce miracle d’enseignement culturel des religions produira un nouveau petit Québécois, pluraliste, expert en relations inter-religieuses et critique envers toutes les croyances. Le moins que l’on puisse dire est que la soif de valeurs spirituelles sera bien loin d'être étanchée et qu’une dictature du relativisme risque de rendre encore plus difficile la transmission de notre héritage religieux.

[...]

La réforme impose que la loi soumette les religions au contrôle et aux intérêts de l’État, mettant fin aux libertés religieuses acquises depuis des générations. Cette loi ne sert pas le bien commun et ne pourra pas être imposée sans être perçue comme une violation de la liberté religieuse des citoyens et des citoyennes. Il ne serait pas raisonnable de la conserver telle qu’elle a été promulguée, parce qu’elle instaurerait un légalisme laïciste étroit qui exclut la religion de l’espace public. Les deux piliers de notre identité culturelle nationale, la langue et la religion, sont historiquement et sociologiquement appelés à s’épauler ou à s’écrouler ensemble. Le moment où une nouvelle alliance entre la foi catholique et la culture émergente redonnera à la société du Québec plus de confiance en elle-même et de foi en l'avenir n’est-il pas arrivé ?

Depuis toujours le Québec vit de l'héritage d’une tradition religieuse forte et positive, exempte de grands conflits et caractérisée par le partage, l'accueil de l’étranger et la compassion envers les plus démunis. Il faut protéger et entretenir cet héritage religieux fondé sur l'amour qui est une force d’intégration sociale bien plus efficace que la connaissance abstraite de quelques notions superficielles sur six ou sept religions. En ce moment, ce qui est le plus important, c’est que la majorité catholique se réveille, reconnaisse ses véritables besoins spirituels et renoue avec ses pratiques traditionnelles pour être à la hauteur de la mission qui est la sienne depuis l’origine.

« Véritable lavage de cerveau multiculturaliste »

Extrait du dernier numéro de l'Action nationale, octobre 2008, volume XCVIII n° 8, tiré d'un article de Joëlle Quérin, doctorante en sociologie à l'UQAM, portant le titre « Crispation identitaire » et « crispation des perceptions » — Une critique du double diagnostic de Bouchard et Taylor.
« Le Rapport [Bouchard-Taylor] suggère notamment de promouvoir le nouveau cours d'Éthique et culture religieuse qui est entré en vigueur en septembre 2008 et qui consiste en un véritable lavage de cerveau multiculturaliste auquel les enfants auront droit [sic] de leur entrée à l'école primaire jusqu'à leur sortie de l'école secondaire. Ce combat est sans doute le plus urgent à mener. »

« Pensée magique » du programme d'éthique et de culture religieuse

Extrait du dernier numéro de l'Action nationale, octobre 2008, volume XCVIII n° 8, tiré d'un article de Benoît Dutreuil, chercheur postdoctoral à l'UQAM, portant le titre Bouchard et Taylor — Pourquoi en savons-nous toujours aussi peu ?
« Le raisonnement des auteurs [du rapport Bouchard-Taylor] coïncident avec une forme de pensée magique que l'on retrouve également dans le nouveau Programme d'éthique et de culture religieuse.

La méconnaissance de l'Autre conduit nécessairement à la méfiance et au mépris, alors que sa connaissance mène au respecte et au dialogue. Cela n'est pas nécessairement faux, mais ça dépend de l'Autre en question. Si l'Autre adhère à des pratiques et à des valeurs qui nous répugnent, il n'est pas impossible qu'en le connaissant mieux, l'on en vienne à renforcer notre jugement négatif. En soi, le préjugé est donc neutre. Il peut nourrir la méfiance, mais il peut également nourrir une attitude démesurément favorable envers autrui, en nous incitant à lui accorder le bénéfice du doute qu'on lui refuserait en d'autres circonstances. »

Ce genre de professeur sévit à l'école publique et enseigne peut-être à vos enfants...

On trouvera ci-dessous la lettre qu'un enseignant de secondaire a envoyée à la Voix de l'Est. Aimeriez-vous que ce personnage si peu pondéré enseigne à vos enfants ?
Pour en finir avec la CLÉ

La Coalition pour la Liberté en Éducation : quel nom ! Je les appellerais plutôt le « Club des Lecteurs d'Évangiles ». À mon sens, il s'agit d'un groupe de rétrogrades entêtés, avec à leur tête un berger de Valcourt et quelques brebis qui font beaucoup de tapage avec le désormais fameux cours d'éthique et culture religieuse.

Ce groupe jouit d'une surexposition dans les médias (c'est évidemment leur stratégie de faire parler d'eux). Dans les faits, il s'agit de quelques pochettes de résistance, ici et là, très marginales dans l'ensemble du Québec, et dont la principale souche (comme un virus) semble être ici, dans les Cantons-de-l'Est. Je blague à peine quand je parle de virus, la religion étant pour moi beaucoup plus que l'opium du peuple de Marx. La religion c'est la gangrène de l'humanité, un fléau qui afflige l'Homme depuis tellement longtemps, et dont la science commence à peine à comprendre les régions du cerveau qui en sont responsables et le but de grégarisme qui semble en être à l'origine dans le processus évolutif.

Non, j'irais plutôt dans le sens de Voltaire qui dit que la religion est née de la rencontre du premier hypocrite et du premier imbécile ! Vous aurez compris qu'il est clair pour moi que la religion doit sortir à tout prix de nos institutions publiques.

Quant au cours d'ÉCR, il a été peaufiné pendant près de 10 ans avec la bénédiction du concile des évêques. Les profs ont été formés et continuent de l'être. C'est un cours parfaitement équilibré entre les valeurs morales universelles admises par tous et une vision sociologique du phénomène religieux. Bref, exactement ce dont un jeune a besoin pour vivre et comprendre le monde qui l'entoure. À raison de deux périodes par cycle de neuf jours, ça fait 75 minutes par semaine à parler du monde tel qu'il est. Ça me semble très raisonnable, pas de quoi crier au scandale.

Je rappellerai à tous ces « amis de Jésus » qui prêchent pour le retour des cours de catéchèse (qui étaient, si ça se trouve, enseignés par un prof de français en complément de tâche qui ne savait pas trop comment aborder les 12 apôtres...) que ce n'est pas le rôle de l'État d'enseigner la religion et que l'éducation ne doit pas être vue comme un droit mais comme un privilège dans notre société. Leurs demandes d'exemptions sont basées sur le «tort irréparable» que peuvent subir leurs chérubins (qui doivent secrètement avoir honte de voir leurs parents scander ainsi sur la place publique...) Comme si le cours d'ÉCR pouvait endommager le cerveau! À quand le retrait des cours de sciences parce qu'on dit que la Terre a 4,6 milliards d'années? Soyons sérieux. Si vous voulez croire qu'Ève a été faite à partir de la côte d'Adam, que Dieu est partout et que la fée des dents existe, c'est votre affaire. Ce n'est pas celle de l'école.

Dominic Blouin,
enseignant à l'école secondaire Wilfrid Léger de Waterloo

Morne haine.

Écrire poliment

au directeur, M. Phaneuf
École Wilfrid-Léger
185, rue Lewis Ouest / C. P. 1270
Waterloo, Québec
J0E 2N0

Téléphone : 450-539-0910
Télécopieur : 450-539-5259
Courriel : s053@csvdc.qc.ca

dimanche 5 octobre 2008

Le cours Éthique et de culture religieuse est loin de faire l'unanimité là où il avait été implanté de 2006 à 2008

En février 2008, la Presse publiait un article intéressant sur les écoles-pilotes qui avaient donné le cours d'ECR de 2006 à 2008. Pour une fois, des journalistes avaient fait leur boulot et ne s'étaient pas contentés de reproduire ce que les porte-parole du Monopole de l'Éducation avaient préparé à leur intention.

Quelques extraits et remarques :

Là où il a été testé depuis septembre 2006, le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse ne fait pas l'unanimité. Les élèves démontrent un intérêt mitigé, les parents s'y perdent et les enseignants réclament de la formation, révèle l'étude d'expérimentation obtenue par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Depuis plus d'un an et demi, huit écoles (cinq primaires, trois secondaires) expérimentent le nouveau programme appelé à remplacer l'enseignement moral et religieux dans les établissements scolaires du Québec dès septembre prochain. À l'hiver et au printemps 2007, le ministère de l'Éducation est allé vérifier sur le terrain comment se déroulait cette mini-révolution, qui rompt avec la tradition de l'enseignement confessionnel au Québec.

Le rapport, jamais rendu public, révèle qu'au secondaire, un élève sur cinq se dit « pas du tout intéressé» par le programme d'éthique et culture religieuse. Une proportion légèrement supérieure de jeunes, entre 25 et 33 % selon l'année scolaire, se sont dits « tout à fait » intéressés. Au primaire, l'intérêt «se manifeste par un rejet de l'ancien cours d'enseignement religieux, jugé ennuyeux et non pertinent par la quasi-majorité des jeunes interrogés», indique l'étude d'expérimentation réalisée auprès d'enfants tirés au hasard parmi les participants à ces projets pilotes.
Il est fort possible que les cours de religion catholique dans ces écoles aient été tout à fait ennuyeux, il faut se demander cependant pourquoi quand on connaît, d'une part, le peu de conviction des enseignants actuels — certains ne sont même pas catholiques — et, d'autre part, la tiédeur générale de l'action catholique en général.

Pour ce qui est de la pertinence, il est assez ironique de relever ce tort. En quoi Glouscap est-il plus pertinent pour les jeunes Québécois ? Ou s'agit-il simplement d'un préjugé favorable distillé depuis le primaire au sujet de tout ce qui touche aux Amérindiens ? Nous sommes au Québec après tout, terre fertile du correctivisme politique et des écoles aux mutins de Panurge.
Les enseignants ont quant à eux démontré beaucoup d'intérêt à apprendre aux enfants les détails entourant le ramadan, la naissance du gourou Nanak, le récit de Glouskap ou encore le port du kirpan.
On se demande bien pourquoi... Veulent-ils enseigner ou savoir eux-mêmes de quoi il retourne ?
Mais en contrepartie, ils ont réclamé de la formation supplémentaire, pour assurer une connaissance de base sur les cultures religieuses. Cette demande a été entendue par le Ministère: 400 formateurs ont été envoyés partout au Québec en prévision de l'implantation du cours à l'automne.
Efforts supplémentaires réalisés avec les impôts de 57 % des parents qui s'opposent à l'imposition de ce cours. À ce titre, le Monopole de l'éducation a également produit des trousses d'information, des présentations assistées par ordinateur, un dépliant à l'intention des parents et des professeurs. Le tout pour convaincre les récalcitrants avec leurs impôts... C'est quand même émouvant un Monopole à l'œuvre...

Voir l'extrait de lettre envoyée il y a quelques semaines aux directeurs d'école et reproduit ci-dessous :

[...]l'étude émet une mise en garde : les écoles participantes aux projets pilotes n'ont pas été choisies aléatoirement, mais sur une base volontaire. Ainsi, les directions d'établissements qui ont expérimenté le cours étaient a priori favorables au programme, peut-on lire dans le rapport d'expérimentation. Et elles ne sont pas toutes représentatives. Par exemple, l'école primaire Saint-Jean-Baptiste, à Québec, est bien particulière : déjà, avant d'implanter le nouveau cours d'éthique et culture religieuse, à l'automne 2006, près de 80% des élèves étaient inscrits en enseignement moral plutôt que religieux. C'est exactement la proportion inverse qui prévaut actuellement dans l'ensemble des écoles du Québec.

« Les résultats de l'étude ne peuvent pas servir à prévoir les réalités qui seront vécues quand le programme d'ECR sera implanté à la grandeur du Québec », conclut le document.

Or, ce sera le seul rapport concernant l'expérimentation du nouveau cours, puisque le contenu du programme a été approuvé à l'été 2007 et que le matériel didactique, en cours d'élaboration, devrait être prêt vers la fin du printemps ou au début de l'été.

samedi 4 octobre 2008

Les parents devraient avoir le droit de choisir le programme de religion

Les écoles confessionnelles devraient pouvoir présenter un autre programme

Extraits traduits d’une communication de Martin P. Murphy.
« Le pluralisme en éducation, une fois bien compris, nous impose d’être attentifs à toutes les personnes et tous les groupes et non pas de réduire les différences religieuses et culturelles afin de n’offrir à tous qu’un seul système pédagogique. »
Feu cardinal Paul Grégoire, archevêque de Montréal, 1980


Quand les commissions scolaires linguistiques ont été créées en 1998, le gouvernement du Québec avait promis qu’il respecterait la liberté d'instruction religieuse et les droits parentaux. À l’époque, l’article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne stipulait que les parents « ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions ». En 2005, cet article a été modifié sans aucune consultation publique. La nouvelle version déclare simplement que les parents ont « le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci. »

La différence entre ces deux versions est que, alors que le gouvernement provincial dit du bout des lèvres qu’il continue de défendre le choix en matière d’instruction religieuse, il ne le garantit plus dans les « établissements d'enseignement publics ».

C’est loin d’être uniquement un problème catholique. Il s’agit d’une question de liberté de religion qui est intimement liée au droit des parents d’éduquer leurs enfants conformément à leur foi. En tant que Conseil catholique d'expression anglaise, nous déclarons que le rôle de l’État ne consiste pas à remplacer les parents dans ce contexte. Ce qui s’enseigne en classe, plus particulièrement ce qui a trait à la foi et aux valeurs, devrait former un tout cohérent et ne pas rentrer en conflict avec l’éducation de l’enfant à la maison.

Ceci m’amène au nouveau programme d’éthique et de culture religieuse qui a été lancé cette année dans les écoles québécoises. Le Conseil catholique d'expression anglaise salue les efforts du ministère dans sa prise en compte de la diversité religieuse. Toutefois, nous soutenons que le programme ECR doit respecter les droits parentaux et les convictions des parents quant à l’éducation morale et religieuse. Nous contestons aussi le fait d’être passé d’un régime de choix en matière d’instruction religieuse à un cours obligatoire. Pire, on découvre qu’il n’y a non seulement aucun choix de cours, mais qu’on ne peut même pas demander d’en être exempté.

Récemment, le collège Loyola, une école catholique privée pour garçons, a demandé d’être exempté au nom de 85 % de ses élèves et parents parce que le cours est incompatible avec la nature confessionnelle du collège.

Conformément à la Loi sur l’enseignement privé et aux règles habituelles, Loyola a envoyé à la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, une proposition de programme qui satisferait les exigences du programme ECR tout en respectant le caractère catholique de Loyola. Le ministre a refusé cette demande d’exemption et, à notre connaissance, n’a pas répondu à la correspondance de l’école qui a suivi ce refus. L’affaire fait maintenant l’objet d’une poursuite en justice. Le Conseil catholique d'expression anglaise soutient résolument le collège Loyola en cette matière.

Le Conseil catholique d'expression anglaise recommande que le programme d’ECR soit enseigné d’une façon qui respecte les droits parentaux et le choix en matière d’instruction morale et religieuse.

En outre, les écoles confessionnelles devraient avoir le droit, conformément à la Loi sur l’instruction privée, de respecter les exigences du programme d’ECR en présentant un cours équivalent qui respecte leur caractère confessionnel. Il s’agirait de pas dans la bonne direction dans une société libre et démocratique.

Martin P. Murphy est le directeur général du Conseil catholique d'expression anglaise. Il a écrit ce texte au nom du conseil d’administration.

vendredi 3 octobre 2008

Deux cents personnes à une réunion sur le cours d'ECR à Saint-Georges-de-Beauce

L’Éclaireur Progrès du 2 octobre 2008 note que la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) a réuni près de 200  Beaucerons lors de sa réunion d'information à propos du cours d'éthique et de culture religieuse qui se tenait le 30 septembre en Beauce. La représentante de la CLÉ à Québec, Annie de Champlain, y a rappelé qu'à la suite d'une modification passée inaperçue de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, les parents ne sont plus les seuls responsables de l'éducation de leurs enfants et que le gouvernement s'est arrogé cette responsabilité en limitant le droit des parents de choisir l'éducation de leurs enfants en introduisant dans l'article 41 la notion d'intérêt de l'enfant que l'État pourra prétexter défendre pour nier la préférence éducative des parents. L'article 41 a également éliminé le droit des parents à exiger une éducation morale et religieuse conforme à leurs convictions dans les établissements scolaires publics du Québec.

« Ce qu'on souhaite, c'est de retrouver la possibilité de dire que ce cours corresponde ou non aux valeurs que nous souhaitons inculquer à nos enfants. Les gens qui sont d'accord avec le cours ont le droit de l'être, mais le gouvernement n'a pas à nous obliger à le faire suivre à nos enfants si nous ne le sommes pas » de déclarer Mme de Champlain.

L'allocution de la directrice de la CLÉ de Québec a été suivie par une longue présentation sur une dizaine de manuels et cahiers d'ECR qui étaient également exposés et consultables par l'assistance. Finalement, l'avocat Jean-Yves Côté a pris la parole afin d'exposer le formulaire d'exemption de la CLÉ et, brièvement, les derniers développements relatifs aux deux actions en justice intentées contre le cours d'éthique et de culture religieuse : celle de l'école privée Loyola et l'autre soutenue par la CLÉ contre la commission scolaire de Drummonville.

Les salles vides des réunions « officielles »

Il est intéressant de comparer l'assistance toujours fournie aux réunions de la CLÉ et les salles quasiment vides des réunions officielles organisées par les fonctionnaires du Monopole de l'Éducation. C'est ainsi que les assemblées publiques mises de l'avant par la Commission scolaire des Samares sur le nouveau cours éthique et culture religieuse avaient réuni quatorze (14 !) parents à Sainte-Julienne et neuf parents (9 !) à la polyvalente L'Érablière de Saint-Félix-de-Valois. Le 3 mai, seules seize personnes (nous sommes à court d'explétifs) avaient assisté à une réunion similaire à Westmount, les fonctionnaires y avaient alors balayé du revers de la main les questions relatives aux droits des parents.

jeudi 2 octobre 2008

Nous sommes d'accord avec Georges Leroux !

Nous sommes d'accord avec Georges Leroux, un des pères du cours d'éthique et de culture religieuse imposé par le Monopole de l'Éducation à tous les jeunes Québécois, quand il s'interroge dans l'extrait vidéo suivant sur ce programme « qui pourrait s’apparenter à de la folie ».

Nous sommes également d'accord quand il admet, au sujet de l'imposition du programme ECR, que « actuellement, personne au Québec ne mesure l’amplitude du changement et ses conséquences réelles ».

Et pourtant, au Québec, subitement, le principe de précaution et le libre choix devant l'incertitude sont exclus !

mercredi 1 octobre 2008

Le monopole de l’éducation devrait-il imposer l’éthique et la culture religieuse à tous les « étudiants » (sic) ?

Nous publions ci-dessous de larges extraits d'une lettre d'un enseignant de Granby publiée (en partie) par la Voix de l'Est la semaine passée.
Suite à la lettre de Rémi Robert, enseignant de philosophie au Cégep de Granby, sur le cours d’éthique et culture religieuse, voici quelques commentaires. Premièrement, vous utilisez le terme étudiant tout au long de votre article. Sachez qu’au primaire et au secondaire, il n’y a aucun étudiant, il n’y a que des élèves (voir le site de l’Office de la langue française : élève qui fréquente un établissement d'enseignement supérieur). Je suis donc parfaitement d’accord avec vous ! Vous dites : «l’étudiant s’éveille et cherche par lui-même le sens et les enjeux de sa spiritualité» avec ECR. « Un panorama acceptable des différentes religions » peut donc être présenté aux étudiants. Mais quel âge a « un étudiant » M. Robert ?

Le problème avec le cours d’ECR n’est pas difficile à comprendre. Le Code civil mandate les parents comme l’autorité première de l’enfant. Cependant, le gouvernement usurpe ce droit pour maintenant inculquer une culture religieuse obligatoire dès 6 ans et sur 11 années. Il faut réaliser que le MELS détient un «monopole» sur l’éducation au Québec.

[…]

Vous parlez d’une société qui déserte les lieux de culte. C’est vrai, mais cela donne-t-il le droit moral au gouvernement de forcer les parents ? Vous parlez de l’accueil des réfugiés. Ironiquement, il y en a parmi eux qui demandent l’exemption ! D’ailleurs, avez-vous lu le récent livre « Le Québec sur le divan » ? Plusieurs psychologues et psychiatres d’ici et d’ailleurs y analysent « la psychologie du Québec ». Plusieurs de ces auteurs parlent de l’exagération des Québécois « de souche » à vouloir s’ouvrir à la diversité culturelle et religieuse comme s’ils n’étaient pas déjà très ouverts (un complexe même selon certains auteurs). Alors, avec ce cours, le gouvernement semble vouloir amplifier de façon démesurée ce désir d’ouverture de certains et inculquer au peuple l’obligation de « devenir » ce qu’il doit être selon l’État.

Le MELS est-il l’autorité suprême sur l’éducation de nos enfants et sur la société ? Plusieurs parents ne veulent pas de religion à l’école et sont ignorés! L’ancien cours de morale faisait leur affaire ! C’est aux parents de juger des contenus religieux présentés ou non à leurs enfants ! Le gouvernement doit respecter la liberté de conscience de tous ses citoyens ! Le problème se situe bien au delà de la foi de l’enfant M. Robert. C’est une question de droit des parents et de contrôle de l’État.

[...]

La Commission scolaire du Val-des-Cerfs a donné comme un des motifs de refus de l’exemption ceci : « il n’appartient pas à la Commission scolaire de juger des contenus pédagogiques » choisis par le ministère. Autrement dit, nos élus les commissaires (et nos directeurs et nos enseignants) devraient-ils demeurer de simples exécutants soumis s’ils ne peuvent contredire le Ministère ?

Vous dites que le cours n’a pas pour but de « convertir ou même d’endoctriner les « étudiants », mais plutôt « d’élargir les horizons culturels ». Mais on parle d’horizons religieux ! De plus, saviez-vous que 39 % des anciens programmes religieux couvraient les grandes religions ? Mais les parents l’avaient choisi ! Que ce cours d’ECR soit donc optionnel ! Le parent le choisirait. Vous parlez de « tolérance à l’égard de la différence de culte », mais qu’en est-il de la tolérance de la part du gouvernement ? Pourquoi ce gouvernement libéral tient-il autant à imposer à tous unilatéralement ce cours? À la rencontre avec les autorités du MELS à Valcourt, la suggestion leur a été faite de donner un cours solide et concentré sur la culture des religions en 5e secondaire et non avant. Pourquoi ? Parce que les enfants ont le besoin d’entendre parler d’abord de leur croyance afin d’en faire un point de référence. Ceci est nécessaire au bon équilibre du développement. En insérant des contenus de différentes croyances au primaire, ce processus d’identification personnel est outrepassé. On bouscule la pensée du jeune enfant avant de l’aider à définir et à solidifier ses propres croyances de base. L’enfant se retrouve confronté trop tôt. Il se fait présenter ce à quoi il peut croire. On veut que ce soit présenté comme une culture, mais l’enfant, qui n’a pas encore à son âge de croyance de base bien définie, recherchera à s’en approprier une sans avoir la capacité et le développement mental pour le faire. Voilà pourquoi la présentation d’une variété de « culture » religieuse n’a pas sa place dans un cours imposé à des « élèves » du primaire.

Patrice Gagnon, enseignant
Porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation de la Haute-Yamaska

L'emprise du monopole de l'Éducation sur le secteur privé

Mythe : L'école privée offre une diversité pédagogique et permet aux parents d'éviter la réforme pédagogique décriée par de nombreux parents et intervenants.

Réalité

Les écoles privées québécoises doivent respecter les exigences du ministère de l'Éducation. Que ce soit pour les notes, les bulletins, la pédagogie ou le contenu du programme de l'éducation québécoise, toutes les institutions doivent s'y conformer.

Certaines écoles privées ont un programme d'enseignement enrichi, mais elles doivent toutefois se conformer aux exigences du ministère de l'Éducation; exigences qui tendent à s'allonger. La dernière exigence du Monopole : le programme unique pour tous d'éthique et de culture religieuse qui — ne pas rire — permettrait l'ouverture à la diversité...