lundi 21 septembre 2015

Demain, vraiment tous surdoués ?

Documentaire réalisé en France et en Belgique sur les enfants à hauts potentiels. Comment les repérer ? Quelles structures existent ? Comment sont formés les professeurs ? Quelles sont les difficultés de ces familles ? Autant de questions abordées dans le reportage Demain, tous surdoués ?



Malheureusement, en Belgique et en France, seules les écoles privées — et donc vraiment libres (elles bénéficient de nettement plus de libertés qu’au Québec) — peuvent aujourd’hui accompagner les élèves à hauts potentiels, mais cela a un coût financier, et toutes les familles n’en ont pas les moyens.

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Japon — Nombre d'habitants âgés de plus de 80 ans a atteint 10 millions


Dans le cadre de la Journée nationale dédiée aux personnes âgées, les autorités japonaises ont publié des statistiques selon lesquelles les personnes âgées représentent 7,9 % de la population totale du pays.

Selon les données du ministère des Affaires intérieures et des Communications du Japon, les habitants du pays âgés de plus de 80 ans représentent 10,4 millions de personnes, soit 7,9 % de la population totale du pays.

Cette analyse statistique est publiée chaque année à l’occasion de la Journée nationale du respect des personnes âgées fêtée au Japon le troisième lundi de septembre, soit le 21 septembre cette année.

De même, les données montrent que le nombre de Japonais âgés de 80 ans et plus a atteint pour la première fois 10 millions de personnes.
Quant aux détails, 16,4 millions de personnes (12,9 % des habitants) sont âgées de 75 ans ou plus, près de 33,8 millions de personnes (un quart de la population) sont âgées de 65 ou plus dont 19,2 millions sont des femmes et 14,6 millions des hommes.

Près de 6,8 millions d’habitants âgés de plus de 65 ans au Japon ont un emploi.

De surcroit, le nombre de personnes qui ont déjà fêté leurs 100 ans représente près de 60.000 citoyens japonais.

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La non-exception scandinave : les bons côtés ont précédé l'État-providence

Nima Sanandaji, un Suédois d’origine kurde, a récemment publié un ouvrage (Scandinavian Unexceptionalism : La Non-exception scandinave) qui remet en cause un certain nombre d’idées reçues sur la Suède.
  • Les pays scandinaves se sont attiré des louanges pour leurs niveaux élevés de prestations sociales et leurs résultats économiques et sociaux. Il est vrai qu’ils ont du succès quand on considère la plupart des indicateurs habituels. Cependant, selon l’ouvrage de Sanadaji, le succès de la Scandinavie aurait précédé l’apparition de l’État-providence dans les années 60. En effet, entre 1870 et 1936, la Suède a connu le taux de croissance le plus élevé dans le monde industrialisé. Cependant, entre 1936 et 2008, la Suède ne se classait plus sur le plan du taux de croissance qu’au 13e rang sur 28 pays industrialisés. De 1975 au milieu des années 1990, la Suède est passée du 4e pays au monde selon la richesse au 13e. Pour le chercheur suédois, de nombreuses analyses sur les pays scandinaves confondent corrélation et causalité. Il est clair que bon nombre des caractéristiques souhaitables de sociétés scandinaves, telles que la faible inégalité des revenus, de faibles niveaux de pauvreté et des niveaux élevés de croissance économique sont antérieures au développement de l’État-providence. Ceux-ci et d’autres indicateurs ont commencé à se détériorer après l’expansion de l’État-providence et l’augmentation des impôts pour les financer. 
  • L’ère de la troisième voie sociale-démocrate en Scandinavie, tant admirée par la gauche, n’a duré que du début des années 1970 au début des années 1990. Le taux de création d’entreprises à l’époque de la troisième voie était catastrophique. En 2004, 38 % des entreprises au plus gros chiffre d’affaires avaient été fondées comme des entreprises privées dans le pays. Parmi ces entreprises, seules deux avaient été formées après 1970. Aucune des 100 plus grandes entreprises selon nombre d’employés n’a été fondée en Suède après 1970. En outre, entre 1950 et 2000, bien que la population suédoise soit passée de 7 millions à près de 9 millions, la création nette d’emplois dans le secteur privé fut proche de zéro.
  • Jusqu’en 1960, les recettes fiscales dans les pays nordiques allaient de 25 % du PIB au Danemark à 32 % en Norvège, un taux semblable à d’autres pays développés. À l’heure actuelle, après la forte taxation de l'ère de la troisième voie sociale-démocrate et une phase de réductions des impôts ces dernières années, les pays scandinaves ont, à nouveau, des taux de fardeau fiscal et de dépenses publiques qui les placent dans la moyenne. 
  • On prend souvent la Scandinavie en exemple, car sa population aurait une espérance de vie élevée, serait en bonne santé et connaîtrait une faible mortalité infantile. L’excellence en ce domaine est à nouveau antérieure à l’expansion de l’État providence. En 1960, la Norvège avait l’espérance de vie la plus élevée de la zone OCDE, suivie par la Suède, l’Islande et le Danemark en troisième, quatrième et cinquième positions respectivement. En 2005, l’écart d’espérance de vie entre les pays scandinaves et Royaume-Uni et les États-Unis avait considérablement diminué. L’Islande, dont le secteur d’aide sociale est de taille moyenne, a dépassé au fil du temps les quatre principaux pays scandinaves en termes d’espérance de vie et de mortalité infantile.
  • Les sociétés scandinaves étaient égalitaires bien avant l’apparition de l’État-providence sociale-démocrate. L’inégalité des revenus avait diminué de façon spectaculaire au cours des trois dernières décennies du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle. En effet, la réduction des inégalités s’était produite avant l’introduction d’un vaste secteur public et d’une forte imposition fiscale.
  • Le développement des États providence scandinaves a conduit à une détérioration dans le capital social. Même si les pays nordiques sont caractérisés par une bonne santé, seuls les Pays-Bas dépensent plus en chômage pour incapacité que les pays scandinaves. Une enquête de 2001 a montré que 44 % des Scandinaves pensaient qu’il était acceptable de demander des prestations de maladie s’ils n’étaient pas contents de leur environnement de travail.
  • D’autres études ont indiqué que le nombre des absences pour cause de maladie augmente lors des événements sportifs. On est loin du mythe des Suédois luthériens industrieux. Ainsi, l’absence pour cause de maladie chez les hommes a augmenté de 41 pour cent pendant la Coupe du Monde de football 2002. Ces changements d’attitude face au travail ont fait l’objet d’une étude dans le World Value Survey. Dans l’enquête de 1981 à 1984, 82 pour cent des Suédois étaient d’accord avec l’énoncé « demander des prestations gouvernementales auxquelles vous n’êtes pas autorisé n’est jamais justifiable » ; dans l’enquête 2010-14, seuls 55 pour cent des Suédois croyaient qu’il n’était jamais justifiable de réclamer des prestations auxquelles ils n’avaient pas droit.
  • Selon l’auteur, une autre caractéristique regrettable de pays scandinaves est leur difficulté à assimiler les immigrés, très souvent des réfugiés politiques attirés par les généreux bénéfices sociaux des pays scandinaves. Le taux de chômage des immigrants ayant un faible niveau d’éducation dans les pays anglo-saxons est généralement égal ou inférieur au taux de chômage parmi les gens nés dans le pays avec un bagage éducatif similaire, alors que le taux de chômage des immigrés peu qualifiés est beaucoup plus élevé dans les pays scandinaves. Même les immigrants qualifiés éprouvent des difficultés pour trouver un emploi convenable en Scandinavie. Les immigrants très scolarisés en Finlande et la Suède ont un taux de chômage 8 pour cent plus élevé que les Finlandais et les Suédois avec un niveau de scolarité équivalent. Dans les pays anglo-saxons, les taux d’emploi entre immigrés et natifs de même scolarité sont très similaires.
  • Les descendants de migrants scandinaves aux États-Unis combinent un haut niveau de vie typique des États-Unis et la faible inégalité des pays scandinaves. Le revenu médian des descendants scandinaves est 20 pour cent plus élevé que le revenu moyen aux États-Unis. Il est vrai que taux de pauvreté dans les pays scandinaves est plus bas qu’aux États-Unis. Toutefois, le taux de pauvreté chez les descendants d’immigrants nordiques aux États-Unis aujourd’hui ne représente que la moitié du taux de pauvreté moyen des Américains. C’est le cas depuis des décennies. En fait, les Scandinaves américains ont des taux de pauvreté plus faibles que les citoyens scandinaves qui n’ont pas émigré. Pour l’auteur, ceci suggère que des normes culturelles préexistantes à l’État-providence expliquent du faible niveau de pauvreté chez les Scandinaves, plutôt que les États-providence nordiques.
  • De nombreuses analyses de pays scandinaves confondent corrélation et causalité. Selon Sanandaji, il est patent que bon nombre des caractéristiques souhaitables des sociétés scandinaves, telles que la faible inégalité de revenus, le faible taux de pauvreté et les niveaux élevés de croissance économique, sont antérieures au développement de l’État-providence. Il est également clair pour Sanandaji que des taux élevés de confiance sont également antérieurs à l’ère des fortes dépenses publiques et des impôts élevés. Tous ces indicateurs ont commencé à se détériorer après l’expansion des États-providence scandinaves et l’augmentation des impôts nécessaires pour les financer.

Le livre n’adresse pas certaines questions. En particulier, pourquoi la Suède a connu une forte baisse dans ses résultats scolaires, à tel point qu’elle a demandé à l’OCDE d’en étudier les raisons. Les résultats scolaires sont non seulement en baisse, mais les étudiants suédois démontrent un manque de motivation pour le travail dur et le nombre d’étudiants qui se présentent en retard en classe a également augmenté.

Cette étude n’est pas sans rappeler le constat de Nathalie Bulle au sujet de la Finlande qui a de très bons résultats dans les classements scolaires internationaux : les traits du système finlandais que copie l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes. En effet, la culture finnoise connaît un caractère discipliné et un esprit collectif forts, sa pédagogie est conservatrice, le pays homogène ne connaît que peu d’immigration, contrairement à la Suède. Malgré ces faits, le modèle d’élève décrit dans PISA est très fortement orienté vers le futur alors que le succès finlandais reposerait plutôt largement sur le passé, un monde en train de disparaître, une société préindustrielle et agraire, une éthique d’obéissance peut-être la plus forte parmi les sociétés européennes.

Au sujet de l’auteur

Nima Sanandaji détient un doctorat de l’Institut royal de technologie de Stockholm. Il a publié 15 livres sur des questions politiques telles que les perspectives de carrière des femmes, l’intégration, l’esprit d’entreprise et des réformes qui encouragent l’innovation dans la prestation des services publics. Nima Sanandaji est un chercheur au Centre for Policy Studies à Londres.


mercredi 16 septembre 2015

Nombre d'élèves en difficulté a près de doublé en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

Joanne Marcotte relève des extraits du livre TDAH ? Pour en finir avec le dopage des enfants dont nous avons déjà parlé et les commente. Extraits.

Tout cela dit, il demeure que St-Onge soulève une interrogation importante : Y a-t-il surdiagnostic du TDAH au Québec, maintenant champion canadien de la consommation de psychostimulants (ex. : Ritalin) ?

Les données sont ahurissantes :
  • En 10 ans, de 2000-2009, le nombre d’ordonnances de psychostimulants a pratiquement quadruplé.
  • De 2010-2014 (en 5 ans), la quantité de comprimés vendus en pharmacie a augmenté de 56 %.
  • Québec bat le record de consommation des psychostimulants. En 2011, Québec compte 23 % de la population, mais consomme 35 % des psychostimulants
  • Les EHDAA (élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation) représentent maintenant 20 % de tous les élèves, contre 12 % il y a 10 ans.

La question qui tue : Y a-t-il surdiagnostic ?

Oui, répond clairement le pédiatre Jean-François Chicoine (écoutez ici son commentaire). « Si on est rendus à 13 %, c’est sûr qu’on en traite trop. St-Onge a raison pour ce qui est de la multiplication du diagnostic », conclut-il, ce 13 % faisant référence au pourcentage d’élèves du secondaire qui ont reçu un diagnostic pour le TDAH. Plus encore, selon St-Onge,

Le Centre du TDAH de l’hôpital de Rivière-des-Prairies à Montréal retire 60 % de ces diagnostics aux enfants qui leur sont envoyés par des médecins soupçonnant l,existence d’un TDAH ou ayant posé un tel diagnostic. Le TDAH est surdiagnostiqué ou fait l’objet d’erreurs de diagnostic. Le ministre québécois de la Santé estime que les psychostimulants sont surprescrits et le Collège des médecins du Québec déclarait en février 2015 : « On est conscient qu’il y a un problème de surdiagnostic », les généralistes sont « mal outillés » pour poser des diagnostics liés aux troubles de l,apprentissage et du comportement.
– TDAH ?, p. 21.

Donnée tout à fait intéressante : 60 % des enfants qui prennent des psychostimulants sont nés en juillet, août et septembre. Explication possible ? Plusieurs cas s’expliquent par un simple manque de maturité. Les enfants sont juste trop jeunes et ont plus de difficulté à suivre le groupe. Rien à voir avec un trouble de neurotransmetteurs du cerveau… avis aux parents.

Selon l’auteur, plusieurs autres causes de type social ou environnemental peuvent être à l’origine d’un trouble d’inattention : manque de sommeil, toxines, troubles à la maison, etc.

Et puis, il y a la question des incitatifs financiers…
Les commissions scolaires se livrent à une « course » pour obtenir des diagnostics d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) et ainsi toucher plus de subventions. C’est ce qui explique en partie l’explosion du nombre de diagnostics, estime Québec.

Pour chaque EHDAA qu’elle déclare, une commission scolaire reçoit une allocation de base qui varie de 10 000 $ à un peu plus de 18 000 $, selon le handicap identifié par un « code de difficulté ». Cette allocation est de 5000 $ pour un élève régulier.

– La Presse, février 2015

[...]

Vérification faite auprès du Cabinet du ministre de l’Éducation, c’est 7,3 milliards $ (budget 2015-16) qui sont versés spécifiquement aux commissions scolaires. De ce 7,3 milliards, tenez-vous bien, c’est 2,3 milliards qui sont destinés aux élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage (EHDAA). 2,3 milliards !!! 32 % du 7,3 milliards !!!


32 % de ce qui est versé aux commissions scolaires devrait, en principe, servir à offrir des services directs aux élèves en difficulté.

Est-ce le cas ? Est-il possible qu’encore une fois, fidèle au modèle québécois, on répartisse trop et trop mal des sommes qui devraient être mieux ciblées ? Ce 2,3 milliards, va-t-il vraiment à des services directs en assistance aux enseignants ? On en doute. Selon le ministère, « il s’avère qu’environ 40 % du temps de travail des spécialistes en adaptation scolaire servirait à des tâches administratives ».

[...]

Se peut-il également qu’on « trippe » [sic] pas mal trop « diagnostic », mais qu’on néglige l’assistance et le soutien direct aux enseignants et aux élèves ?

Une généreuse enseignante me faisait part de ce que sa classe comptait 18 élèves. De ce nombre, 8 étaient TDAH ! Quatre élèves dans son groupe requéraient des plans d’intervention individualisés. Lorsqu’un élève avait un résultat de 73 %, on le considérait « à risque ». Vraiment ? À risque à 73 % ?

Lors de l’analyse des crédits du ministère de l’Éducation, on apprend que les EHDAA constituent 28,6 % de la clientèle de la Commission scolaire de Montréal, ce qui est plus élevé que le réseau dont le taux s’élève à 25,8 %. Un élève sur quatre dans tout le réseau…

mardi 15 septembre 2015

Le numérique ne fait pas de miracles à l'école

D’après une étude de l’OCDE, équiper massivement les élèves et leurs classes d’outils numériques ne suffit pas pour obtenir une amélioration des résultats.

Les pays qui ont beaucoup investi dans le numérique n’ont pas enregistré d’amélioration notable des résultats en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a étudié pour la première fois les compétences numériques des élèves de quinze ans, à partir des données recueillies lors de l’édition 2012 de son enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Des pays passant peu de temps en ligne à l’école — comme la Corée, la Chine ou la Finlande — ont de très bons résultats aux tests PISA


Impact « mitigé, dans le meilleur des cas »

Malgré l’omniprésence des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne, elles ne sont pas encore largement répandues dans l’éducation, relève l’OCDE. Lorsqu’elles sont effectivement utilisées en classe, « leur incidence sur la performance des élèves est mitigée, dans le meilleur des cas ».

« Ce n’est pas forcément parce qu’on utilise le numérique de façon intensive à l’école qu’on réussit bien aux tests numériques », explique Éric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Ces tests portent sur la compréhension de l’écrit électronique, mais aussi sur la « navigation ciblée », autrement dit la capacité à trouver la réponse à des questions en cliquant sur une succession de liens internet pertinents.



Le cas de l’Espagne

Les résultats des élèves espagnols se situent ainsi en deçà de la moyenne des pays développés, alors même « qu’ils consacrent plus de 30 minutes par jour au numérique pour les apprentissages », souligne Eric Charbonnier. A contrario, les élèves français se débrouillent mieux sur ordinateur (entre la 10e et la 14e place) que sur papier (12e à 16e), notamment les garçons, « alors que pourtant le numérique ne fait pas partie des apprentissages ».

Les plus performants en compréhension de l’écrit électronique sont les élèves de Singapour, Corée du Sud, Hong Kong, Japon, Canada, Shanghaï... Comme ils ne sont pas davantage exposés à internet à l’école que ceux du reste de l’OCDE, l’étude en déduit que « nombre des compétences essentielles pour la navigation sur internet peuvent également être enseignées et acquises à l’aide de pédagogies et d’outils analogiques traditionnels ».

« Pour réduire les inégalités dans la capacité à tirer profit des outils numériques, les pays doivent avant tout améliorer l’équité de leur système d’éducation », estime donc l’OCDE.

La qualité, pas la quantité, prévaut

Concernant la « navigation ciblée », ce sont les élèves de Singapour qui s’en sortent le mieux, devant ceux de l’Australie, la Corée du Sud, le Canada et les États-Unis. La France est au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais Shanghaï, connu pour ses brillants résultats scolaires, en dessous.

« Ce n’est pas la quantité de l’utilisation » du numérique « qui compte, c’est la qualité », estime Francesco Avvisati, analyste à l’OCDE. L’exemple australien montrerait que le numérique à l’école apporte quelque chose si les professeurs sont formés ou ont de l’expérience.

En revanche, « les pays qui ont donné la priorité à l’équipement ont une tendance plus négative », comme la Pologne. Pour que les nouvelles technologies soient efficaces, « il faut partir des usages », « répondre à des finalités pédagogiques », selon Francesco Avvisati.

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On a probablement surestimé les compétences numériques des professeurs et des élèves, souligne dans le rapport Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE. « Combien d’enfants choisiraient de jouer à un jeu vidéo s’il était de la même (mauvaise) qualité que les logiciels que l’on trouve dans de nombreuses classes ? » relève-t-il aussi.

Le plan pour le numérique à l’école expérimenté en France, généralisé à la rentrée 2016, « ne fonctionnera que si les enseignants y adhèrent, s’ils y sont bien formés et si une culture de la collaboration se met en place », prévient Éric Charbonnier.

François Hollande a annoncé en mai qu’un milliard d’euros seraient consacrés en trois ans à ce plan, visant notamment à doter tous les collégiens d’un outil numérique d’ici 2018. Ce plan prévoit trois jours de formation pour les enseignants et le développement de ressources pédagogiques numériques.

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lundi 14 septembre 2015

Euthanasie — le Québec et son culte du consensus froissés

Texte de Mathieu Bock-Côté :

La nouvelle n’est pas passée sous silence, mais rares sont ceux qui en ont pris la pleine mesure. Dans les premiers jours de septembre, les 29 maisons de soins palliatifs ont annoncé qu’elles feraient dissidence contre la loi assurant l’aide médicale à mourir. Leur argument est simple: elles sont là pour accompagner le patient dans ses derniers jours, pour les humaniser, pas pour se consacrer à l’euthanasie. Ils entendent, à leur manière, et dans la mesure du possible, se soustraire à cette obligation et envoyer vers les hôpitaux ceux qui réclament le suicide assisté.

Gaétan Barrette (ci-contre), l’actuel ministre de la santé, et Véronique Hivon, l’inspiratrice de la loi, désormais dans l’opposition officielle, n’ont pas caché leur colère, ou du moins, leur stupéfaction. On peut résumer ainsi leur réaction: comment les maisons de soins palliatifs osent-elle se dérober au consensus québécois, élaboré au fil des ans, et consacré par la loi? On sentait bien que pour eux, la résistance des maisons de soins palliatifs était inimaginable, inconcevable et surtout, inadmissible.

La réaction des deux leaders politiques avait quelque chose d’absurde: ne se rendaient-ils pas compte que le consensus auquel ils faisaient référence se révélait finalement ... moins consensuelle qu’on ne le disait? Accuser tout un pan de la société de trahir le consensus collectif, n’est-ce pas reconnaître, finalement, qu’il n’existe pas vraiment? À bien des égards, c’est la belle histoire d’une loi adoptée dans l’harmonie généralisée qui éclate devant nous. Que s’est-il vraiment passé?

On nous a vanté un processus législatif exemplaire, conforme aux exigences les plus élevées de la démocratie. Le débat public aurait été exemplaire. Apparemment, tous reconnaissaient la nécessaire reconnaissance d’un droit de mourir dans la dignité – expression politiquement correcte traduisant le droit au suicide médicalement assisté. Apparemment, tous convenaient qu’il fallait désormais considérer comme allant de soi qu’un médecin puisse donner la mort et qu’il s’agissait d’un acte médical.

Dans ce débat, il n’y avait finalement que deux camps autorisés. D’un côté, on avait les partisans enthousiastes du droit de mourir dans la dignité. Et de l’autre, on avait ceux qui confessaient quelques réserves discrètes et gênées sans pour autant remettre en question les fondements de ce projet. Ils n’étaient pas contre. Ils étaient réservés, ou ne se sentaient pas prêts. En un mot, ils n’avaient pas une différence d’objectif, mais de rythme. Le pacte était le suivant: on respecterait les gens du deuxième camp à condition qu’ils acceptent à l’avance d’avoir perdu.

Oh, bien évidemment, on savait qu’il y avait quelques opposants résolus. Mais on les a vite déclarés marginaux et caricaturés en catholiques bornés, suppôts de l’Opus Dei. Il fallait bien les endurer parler et exprimer leur point de vue, mais fondamentalement, ils n’étaient pas les bienvenus dans le débat. On aura bien compris tout cela en commission parlementaire: c’était un grand théâtre où on faisait semblant d’écouter. Mais la décision était déjà prise et on ne permettrait à personne d’empêcher ce grand progrès de s’inscrire dans la loi.

En un mot, on a étouffé le malaise d’un grand nombre et transformé l’opposition avouée au suicide assisté en signe de fermeture d’esprit. Mais aujourd’hui, c’est la réalité qui reprend ses droits. Les désaccords censurés remontent à la surface. Et on se questionne sur l’objection de conscience ou la désobéissance civile. On découvre que le consensus était artificiel et imposé de manière autoritaire. Cela ne veut pas dire que la loi n’est pas légitime. Mais qu’on ne fasse pas semblant que la société communie dans une seule vision.
Réaction d'une artiste subventionnée québécoise
devant une pensée non consensuelle (dans son cercle)


Il y a avait quand même une certaine audace à inscrire le droit au suicide assisté parmi les droits de la personne. Mais la rhétorique des droits, dans la société occidentale contemporaine, semble plus forte que tout. C’est en se maquillant en droit qu’une revendication politique se donne un parfum d’absolu moral auquel il serait indécent de s’opposer. Il faudrait plutôt admettre que sur les questions existentielles, c’est moins la logique des droits qui doit prévaloir que la logique du politique. Personne ne devrait réclamer le monopole de la vertu.

On pourrait élargir le propos: le Québec a souvent l’habitude de se dérober aux débats nécessaires, comme s’il avait le besoin intime de se vautrer dans l’unanimité. Ce qui fait débat ailleurs est ici à peine débattu. On découvrira peut-être un jour qu’une bonne dispute intelligemment menée vaut mieux qu’un silence étouffant. La maturité politique, dans une société, ne consiste pas à abolir la diversité des opinions, mais à reconnaitre la légitimité de désaccords civilisés.

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ECR — Des enseignants peu consultés et toujours mal préparés sept ans plus tard

Extraits d’un article du Devoir de ce jour :

Trop peu formés, trop mal outillés : les enseignants chargés du cours d’Éthique et de culture religieuse se sentent toujours mal préparés et encadrés pour transmettre cette matière à leurs élèves, près de sept ans après son implantation dans la controverse, révèlent les résultats d’une étude obtenue par Le Devoir.

Ex-enseignante et doctorante en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, la chercheuse Anne-Marie Duclos consacre sa thèse à la réception du programme Éthique et culture religieuse (ECR) chez les enseignants du primaire de la région montréalaise. Son analyse porte sur l’implantation et la mise en œuvre de ce cours en contexte de controverse, en 2008. La publication imminente de ces recherches coïncide avec la mise sur pied d’une autre matière controversée, cette année : le nouveau programme d’éducation sexuelle.

Parmi les enseignants du primaire ayant obtenu leur baccalauréat en enseignement avant l’implantation du cours d’ECR, c’est-à-dire la majorité des enseignants du Québec, près de 60 % ont reconnu n’avoir reçu aucune formation pour transmettre la matière à leurs élèves, tandis que 17 % avaient reçu cinq heures de formation, et 25 % plus de six heures. Des données qui étonnent Mme Duclos.

« Six heures pour enseigner toutes les grandes religions et philosophies du monde, ce n’est pas beaucoup, lance-t-elle avec une pointe d’ironie dans la voix. Même si la formation à elle seule n’est pas garante de la réussite ou de l’échec du programme, on peut se demander si cela est suffisant. »

[...]

« À l’époque, il fallait former 23 000 enseignants du primaire, et 2400 spécialistes au secondaire. Ça fait beaucoup de monde, d’autant plus que le gouvernement a coupé le financement de la formation ECR dès 2009 », dit-elle. Cette annulation aussi rapide, qui n’était pas prévue à l’origine, a pu contribuer au faible taux de certification pour l’enseignement d’ECR.

Le sondage mené auprès de 114 enseignants du primaire d’une commission scolaire francophone de Montréal chargés de donner le cours d’Éthique et de culture religieuse montre aussi que la plupart d’entre eux n’ont pas été consultés, ni dans l’implantation ni dans la mise en œuvre du programme d’ECR. Ils n’ont été que 3 % à juger avoir été suffisamment sollicités lors de cette étape de la mise en place du programme.

Implantation controversée

Mis sur pied en 2008, le cours d’ECR présente un aperçu global des différents rites et religions du monde d’un point de vue « neutre et objectif », en y apportant une perspective historique [c’est inexact, une perspective sociologique qui s’intéresse au « phénomène religieux », pas du tout à l’histoire des religieux.]. Il encourage également l’élève à réfléchir aux questions éthiques et sociales [en groupe, avec des balises très politiquement correctes.]

Enseigné dans toutes les écoles de la province, il a une optique strictement « laïque et culturelle ». La loi permet toutefois d’exempter une école privée du programme si le cours de remplacement est jugé « équivalent », ce qui est par exemple le cas au collège Loyola, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

Plusieurs parents avaient exprimé leur mécontentement lorsque Québec avait choisi de mettre fin à l’enseignement religieux traditionnel pour le remplacer par le cours d’ECR en 2008. Les enseignants avaient pour leur part fait entendre leurs réserves sur l’élaboration du nouveau cours ainsi que sur sa méthode d’implantation.

Encore aujourd’hui, une majorité d’enseignants (63 %) se demande comment améliorer le programme, même si celui-ci n’est en place que depuis quelques années [sept !], ce qui laisse Mme Duclos songeuse. 

[...]

Mme Duclos dit craindre que le gouvernement du Québec ne répète ces erreurs avec la création d’un nouveau programme d’éducation sexuelle, à l’étape du projet-pilote depuis la rentrée scolaire.
Ce projet pilote se déroule depuis la rentrée dans une quinzaine d’écoles accueillant quelque 8200 élèves, et durera deux ans. Il devrait par la suite être intégré au programme de tous les élèves dès 2017.

Le ministère de l’Éducation, qui encadre le projet, s’est fait avare de commentaires sur le détail des apprentissages prévus, mais le programme offrirait un certain niveau de latitude aux enseignants ou autres intervenants appelés à transmettre la matière aux élèves.

vendredi 11 septembre 2015

L’Éducation à la sexualité gouvernementale, difficile d’y échapper sauf avec l'école-maison

Comme nous l’avons déjà mentionné ici, le gouvernement québécois a annoncé que l’éducation à la sexualité reviendrait dans les écoles québécoises. Toutefois, ce ne sera pas dans le contexte d’un cours à part, les sujets seront répartis dans les différentes matières. Ceci implique — et le Ministère de l’Éducation l’affirme haut et fort — que l’exemption d’y assister ne serait plus possible alors qu’on pouvait dans les années 90 être dispensé du programme d'éducation à la sexualité de l'époque.

À la lumière de cette nouvelle, la HSLDA prévoit que des familles songeront à instruire leurs enfants à la maison comme la loi le permet et que d’autres seront rassurées d’avoir fait le bon choix. En effet, cette décision du Monopole de l’Éducation n’affecte pas le programme d’études d’enfants éduqués à la maison selon la HSLDA. En effet, une représentante du Ministère de l’Éducation leur aurait affirmé que les parents qui instruisent à la maison leurs enfants ne sont pas tenus de suivre ce programme.

La HSLDA rappelle que, pour elle, « les parents sont les mieux placés pour veiller à l’éducation de leurs enfants, et surtout lorsqu’il est question de valeurs morales. Nous savons que les parents éducateurs veillent aux besoins de leurs enfants en ce sens et savent mieux que quiconque si oui ou non un jeune est prêt à gérer certaines informations ou pas, et à faire la part entre la discrimination et les choix de vie personnels. »


Source : HSLDA

Allemagne et le difficile accueil des immigrants (logement, écoles)

Quelques vidéos sur la situation tragique des réfugiés accueillis en Allemagne et les difficultés de cet accueil.

Difficultés de logement




Conflits dans les salles de classe











Le point de vue d'Éric Zemmour