lundi 12 novembre 2012

Le « mariage pour tous », une menace pour la liberté individuelle

Pour ce professeur de philosophie, le mariage homosexuel célébré par l'État est paradoxalement une menace pour la liberté individuelle, l'État se fait le complice de la fin de la famille traditionnelle :

Les partisans du « mariage pour tous » ont tendance à identifier leur combat avec celui de la liberté individuelle. Malheureusement, c’est exactement le contraire. La redéfinition du mariage par l’État menace gravement les libertés individuelles. Si vous n’êtes pas d’accord avec cette redéfinition du mariage, quand celle-ci sera imposée par la loi, aurez-vous le droit de le dire ? Les églises ou les communautés qui ne reconnaissent pas le « mariage » homosexuel ne seront-elles pas passibles de pénalités et ne feront-elles pas l’objet de poursuites judiciaires fondées sur des lois anti-discrimination ? Allons plus loin, une telle redéfinition du mariage signifie en réalité la négation du mariage traditionnel fondé sur la différence sexuelle, protection irremplaçable et inestimable de l’enfant. Or, au nom de quoi un groupe d’intérêt particulier pourrait-il exiger, avec l’appui de l’État, qu’on détruise une institution de droit naturel ? Le « mariage pour tous » n’est rien d’autre qu’une forme de constructivisme ou d’ingénierie sociale visant à réinventer une structure millénaire. De ce point de vue il faut se rendre à l’évidence, l’État ne protège pas la famille, il en est le véritable fossoyeur.

La police de la pensée homosexuelle

On peut parler de véritable dérive totalitaire quand on observe la police de la pensée homosexuelle à l’œuvre au Canada et aux États-Unis. Six États américains, dont New-York récemment, on légalisé le « same-sex marriage ». Récemment, plusieurs médias aux États-Unis ont comparé ceux qui s’opposent au mariage des homosexuels à ceux qui, au XIXe siècle, étaient en faveur de l’esclavage et ceux qui, au XXe siècle, s’opposaient à la déségrégation. La diabolisation est en marche. Bien entendu de telles accusations sont parfaitement mensongères. Depuis des décennies, les couples de même sexe ont déjà obtenu toutes les libertés auxquelles ils avaient droit. Ils ont parfaitement le droit de revendiquer publiquement leur orientation sexuelle et de former n’importe quel type d’arrangement juridique de leur choix. S’ils veulent appeler leur contrat un mariage, ils ont toute liberté de le faire. Ils sont également libres de se marier dans le sens traditionnel du terme. Rien n’interdit à un homme homo de se marier à une femme ou à une lesbienne de se marier à un homme. Le mariage traditionnel n’est pas interdit aux homosexuels que je sache.

Bien entendu le mariage, ainsi compris, n’est pas ouvert à des couples de même sexe. La raison en est simple : il est défini par l’engagement d’un homme et d’une femme à fonder une famille. Partant de là, le mariage est ouvert à tous les adultes consentants et sans aucune exclusion. Ainsi parler d’atteinte aux droits des homosexuels est une escroquerie intellectuelle. C’est aussi absurde que si on plaignait que les clubs de nudistes violent les droits des porteurs de maillots. Car il est dans la définition même des clubs de nudistes de ne pas accepter les porteurs de maillots. Dès lors, ces derniers doivent-ils faire interdire les clubs de nudistes au motif que ceux-ci les excluent ? Ou bien faut-il que les porteurs de maillots exigent de l’État que l’appellation nudiste ne soit pas réservée aux seuls nudistes mais soit ouverte à tous ?

Alors au nom de quoi ceux qui choisissent de ne pas se marier au sens traditionnel du terme, pour des raisons personnelles, devraient-ils exiger de la loi l’abolition du mariage traditionnel ? Encore une fois, c’est aussi absurde et injuste que si un groupe d’individus bien organisés, détestant l’orthographe, revendiquait l’abolition de ses règles au profit d’une sorte de novlangue parlée par quelques illuminés et qui serait imposée à tous.

Mais le projet totalitaire des lobbies LGBT ne s’arrête pas là. En Amérique du Nord, le soutien au mariage traditionnel peut désormais être passible de graves sanctions.

C’est le cas d’un photographe au Nouveau-Mexique, qui a été condamné à verser une amende de 7.000 $ pour avoir refusé de photographier un mariage lesbien, ou bien celui du service de rencontres eHarmony, qui a été forcé d’accueillir des homosexuels sous peine d’une amende de 2 millions de dollars. C’est encore le cas de la chaîne de restauration Chick-fil-A, qui a été forcée d’abandonner son soutien à des organisations soutenant le mariage traditionnel pour obtenir l’approbation du syndicat des restaurants de Chicago. [Voir Un sympathisant de gauche tire sur l'agent de sécurité d’une organisation familiale conservatrice, silence médiatique.]

« La redéfinition du mariage par l’État menace gravement les libertés individuelles. »

Récemment, Frank Turek, un employé de la firme Cisco, a été licencié pour la publication d’un livre intitulé Correct, not Politically Correct: How Same-Sex Marriage Hurts Everyone. Turek, employé modèle, ne parlait jamais de ses opinions religieuses ou politiques au travail. Il a été victime d’une plainte d’un autre employé qui avait vu son livre en tapant son nom sur Google.

Mais c’est aussi la liberté religieuse qui est gravement menacée. Récemment encore, Damian Goddard, un journaliste sportif de l’émission « Connected » sur la chaîne canadienne de langue anglaise Sportsnet, a été licencié pour avoir déclaré son opposition au mariage homosexuel. Dans un tweet, il avait écrit : « Je soutiens entièrement et de tout cœur Todd Reynolds et sa défense du sens traditionnel et authentique du mariage ». Le porte-parole de Sportsnet a déclaré : « Damian Goddard ne convient plus à notre entreprise ». Goddard a déposé une plainte auprès de la Commission canadiennes des droits de la personne [Note du carnet : elle est pourtant très politiquement prévisible et très à gauche ! Voir ici] contre son ancien employeur. Dans un communiqué il affirme qu’il est victime de discrimination pour avoir défendu ses convictions catholiques. Et l’avocat de Goddard précise que son droit fondamental à la liberté d’expression et à la liberté religieuse ont été violés.

Aux États-Unis, dans les États qui ont légalisé les unions civiles ou le mariage homosexuel, des agences d’adoption catholiques ont été fermées ou ont perdu leur statut d’exonération fiscale pour avoir refusé de laisser les couples homosexuels adopter des enfants. Dans l’Illinois, le gouverneur Pat Quinn a confirmé une décision de l’Illinois Department of Children and Family Services de ne pas renouveler ses contrats avec l’institut Catholic Charities, invoquant la loi de l’État qui reconnaît les unions homosexuelles.

Le droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs propres convictions est aussi menacé. En Californie, le gouverneur Jerry Brown a signé une loi qui est entrée en vigueur en janvier 2012 et qui exige que les écoles publiques ajoutent des leçons sur l’histoire des gays [comprendre homos, gays est une usurpation de vocabulaire, gay = gai, joyeux] dans leurs classes d’études sociales. Cette loi, intitulée SB48, fait obligation d’inclure dans les manuels d’histoire destinés aux élèves, dès la maternelle, collégiens et étudiants des établissements d’enseignement public de l’État, les « importantes contributions » des homosexuels, bisexuels et transgenres à la société américaine. D’autres États ont intégré l’agenda homosexuel dans leurs programmes. [Note du carnet : les petits États adoptent souvent les manuels californiens dans leurs programmes.]

Dans tous ces cas, la loi a été utilisée par des groupes de pression homosexuels pour contraindre les autres à accepter leurs choix de vie. Si la « liberté » signifie maintenant le pouvoir de contraindre les gens à agir contre leur conscience, alors même qu’il existe des alternatives disponibles parfaitement raisonnables, autant dire que le mot « liberté » est complètement vidé de son sens.

L’autre ennemi de la famille : l’État-providence

Tout comme l’État n’a pas compétence pour redéfinir nos droits en tant qu’individus, il n’a pas le pouvoir de redéfinir le mariage, a fortiori dans le seul but de satisfaire aux exigences d’un groupe d’intérêt.

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
À ce stade, une analyse purement hayekienne peut être appliquée au mariage. Selon Hayek, les traditions morales et culturelles spontanées sont des institutions fondamentales qui ont survécu à travers les siècles. Du fait qu’elles ont survécu, elles doivent très probablement avoir une importante fonction sociale, de sorte que nous devons éviter de les manipuler, surtout si nous ne savons pas toujours précisément quelle est leur fonction. Les modifications apportées à ces institutions ne sont pas absolument exclues, mais elles doivent toujours être effectuées avec prudence, à titre provisoire et de manière parcellaire. En tout cas, le fardeau de la preuve en revient toujours aux innovateurs et non aux conservateurs de la tradition. Certains changements peuvent en effet se révéler bénéfiques, permettant à la société dans laquelle elles ont lieu de s’épanouir et de surpasser ses concurrents, mais d’autres pourraient bien s’avérer dangereuses et inefficaces, de sorte que la société qui abandonne ses traditions peut, dans le pire des cas, se dissoudre ou s’effondrer.

Mais allons plus loin. J’entends l’argument de ceux qui disent que, le mariage étant un contrat de droit naturel pré-politique, l’État doit simplement le reconnaître et le protéger, comme l’ensemble des droits fondamentaux. Beaucoup de conservateurs s’en tiennent là et voient dans l’État leur meilleur allié. A ceux-là je réponds que c’est un leurre et que l’État-providence est aujourd’hui le plus grand fossoyeur du mariage. Ainsi par exemple, la légalisation du divorce sans faute, autorisant une partie à abroger le contrat de mariage sans pénalité et sans considération pour l’autre partie, a complètement détruit l’idée de contrat de mariage. Pire, le Léviathan a sapé depuis bien plus longtemps encore les deux autres éléments constitutifs de la famille : l’autorité des parents et la propriété privée.

L’autorité des parents s’exerce par l’éducation. La production des attitudes morales et des comportements vertueux provient de la famille. C’est en son sein que les enfants apprennent aussi à réfléchir de façon critique, à exercer leur liberté et leur responsabilité. De façon plus générale, la famille est une organisation économique beaucoup moins coûteuse que les services publics. Or L’État-providence, la nouvelle religion civile du monde moderne, est une institution collectiviste monopolistique qui exclut par principe toute concurrence. Ainsi, au nom du bien, il exige de ses citoyens une pensée conformiste et parfaitement normalisée. Pour ce faire il a mis en place un monopole de l’éducation, s’assurant que les professeurs n’enseignent que les programmes dictés par la loi. Pour ne rien laisser passer, il a mis aussi en place des garderies subventionnées, retirant les plus jeunes enfants à la garde de leur mère. En pratique, le droit fondamental des parents d’éduquer leurs enfants, selon leurs propres convictions, n’existe plus car le lavage des cerveaux, qui commence au berceau, est permanent. [Voir en ce jour : Poursuite de la nationalisation coûteuse de la garde d'enfants au Québec]

« L’État ne protège pas la famille, il en est le véritable fossoyeur. »

Tout cela ne serait pas grand chose si le droit de propriété protégeait encore les familles contre les empiétements du pouvoir. Mais c’est précisément pour limiter au maximum ce droit de propriété que l’État-providence a mis en place une fiscalité confiscatoire. L’épargne est taxée, quand elle n’est pas insidieusement et volontairement détruite par l’inflation. Quant au patrimoine, il est rendu quasiment intransmissible aux enfants. Or sans héritage, les enfants ne peuvent pas prendre soin de leurs parents correctement. Ainsi, c’est toute la solidarité entre les générations qui est disloquée. Isolées, désunies, appauvries de toutes les façons possibles, les familles ne peuvent que tout attendre de l’assistance de l’État et des services publics.

Que faire alors dans ce contexte ? Exiger le démariage civil

N’attendons pas de la loi qu’elle protège la personne, la liberté, la propriété ou le mariage. Comme le faisait déjà remarquer Hayek, à la suite de Bastiat, « jamais, en vérité, au cours de l’histoire entière, les gouvernements n’ont été comme aujourd’hui dans la nécessité de se plier aux desiderata spéciaux d’un grand nombre d’intérêts particuliers ». Et il ajoutait : « Le résultat de cette évolution est que le concept de loi, lui-même, a perdu toute signification. » (Droit, législation et liberté). La défense du mariage traditionnel doit se faire désormais par les institutions sociales ou la société civile (églises, associations) et non plus par la contrainte de la loi. Quand la loi prétend établir tel ou tel modèle de vie, il en résulte une lutte entre des factions qui veulent se l’approprier pour leur propre compte. Il en fut ainsi quand la loi établissait le christianisme comme religion d’État. On a vu le résultat : la lutte des anticléricaux pour s’emparer du pouvoir et faire des lois antireligieuses. Il se passe la même chose aujourd’hui pour la famille. La loi défendait la famille traditionnelle. Résultat : des groupes de pression s’en emparent pour établir des lois anti-famille.

Concrètement, les chrétiens et les juifs, qui sont à peu près les seuls à dénoncer la supercherie, devraient considérer le « mariage pour tous » comme une rupture unilatérale de contrat entre les églises et l’État et annoncer qu’elles ne seront plus tenues de respecter leurs engagements. En effet, l’État interdit [en France, en Belgique] aux églises de marier leurs fidèles avant qu’ils soient passés devant le maire pour le mariage civil. Cet interdit était respecté par les églises sur la base d’un compromis avec l’État autour de la définition traditionnelle du mariage. À partir du moment où l’État redéfinit le mariage pour l’appliquer aux LGBT, le contrat est rompu. Dès lors, les églises devraient de facto se sentir déliées de toute obligation légale et boycotter le mariage civil c’est-à-dire revendiquer leur droit de marier qui elles veulent et quand elles veulent, sans autorisation.

De même, on peut parfaitement envisager que les gens mariés civilement, fassent une demande de « démariage civil » à la mairie où elles ont signé leur contrat. Encore une fois, le mariage ayant changé de nature, le contrat sera caduc et pourra être dénoncé par tout un chacun comme nul et non avenu.

Après la séparation de l’Église et de l’État, allons jusqu’au bout et revendiquons sans crainte la séparation du mariage et de l’État. Il en va de l’avenir de la famille et de la liberté dans ce pays.

Damien Theillier
Professeur de philosophie
Tribune libre




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Les électeurs blancs ont boudé l'élection présidentielle américaine

L'élection présidentielle américaine de 2012 ne se résume pas à une explosion démographique d'électeurs jeunes, féministes et non blancs. Les mouvements démographiques n'ont pas été assez importants en quatre ans pour expliquer par là seul la défaite de Mitt Romney.

Plutôt que d'une forte croissance démographique des minorités (croissance qui existe bien sûr, mais sur le long terme), on a plutôt assisté, d'une part, à une très bonne mobilisation des électeurs non blancs, des féministes, des étudiants — la machine à faire sortir le vote pro-Obama a très bien fonctionné — et, d'autre part, à l'absence d'un grand nombre d'électeurs blancs qui n'ont pas pris la peine de voter.

Selon RealClearPolitics, près de 7 millions de blancs se sont absentés du scrutin présidentiel cette année, alors que le population blanche continue de croître en termes absolus, même si elle baisse en termes relatifs aux États-Unis. En tenant compte de l'augmentation démographique, il manque sans doute 8 millions d'électeurs blancs. Autrement dit : la part accrue du vote des minorités en termes de pourcentage du total des voix exprimées n'est pas le résultat d'une forte augmentation des minorités (le numérateur), il correspond plutôt à une forte baisse du suffrages des blancs (le dénominateur).


Qui sont ces blancs et pourquoi sont-ils restés à la maison ? On pourrait croire qu'il  s'agisse d'évangéliques conservateurs rebutés par le mormonisme de Mitt Romney ou son passé de politicien modéré du Massachusetts (Nord-Est). Mais la baisse ne semble pas être concentrée dans les États du Sud à forte population évangélique.

RealClearPolitics s'est penché sur l'Ohio, État-clé de cette élection. La carte suivante indique la différence de taux de participation entre l'élection de 2012 et celle de 2008. Le rouge vif représente les comtés où le taux de participation est égal ou a augmenté par rapport à 2008. Chaque degré de pâleur supplémentaire (les teintes de rose) représente une baisse de 1 pour cent dans le pourcentage des votes exprimés par rapport à 2008. Le taux de participation des comtés en mauve est à moins de 90 pour cent du vote de 2008.


Les électeurs des comtés autour de la capitale, Columbus, dans le centre de l'État ont voté en grand nombre, de même ceux des comtés de banlieue près de Cincinnati dans le sud-ouest. Ces comtés fortement républicains connaissent une forte croissance dans le secteur tertiaire.

Là où le taux de participation a fléchi, c'est dans les parties rurales de l'Ohio, en particulier dans le sud-est. Ces zones sont encore durement touchées par la récession. Le taux de chômage y est élevé.

Pour RealClearPolitics, ces électeurs traditionnellement républicains sont mécontents d'Obama. Mais sa longue campagne de publicité extrêmement négative et ciblée sur des États comme l'Ohio qui soulignait sans relâche la richesse de Romney, le fait que ce dernier voulait laisser l'industrie automobile faire faillite et son passage chez Bain Capital ont peut-être détourné ces électeurs du candidat républicain. La campagne de Romney n'aurait fait qu'aggraver la situation, car le prétendant républicain n'a pas réussi à proposer un programme clair, concret et positif qui réponde aux craintes de ces électeurs (la rhétorique laissez-faire libérale ne convainc pas ces électeurs qui voient leur pays se désindustrialiser), pour ne rien dire des gaffes comme le « 47 pour cent ». Confrontés à deux options désagréables, ces électeurs ont simplement boudé les élections.

Selon Andrew C. McCarthy de la National Review, de nombreux électeurs considèrent que le Parti républicain est un parti trop bureaucratique (G.W. Bush a également accru le poids de l'État central et la dette), trop militariste et qui n'attaque pas de front la dette. Romney et le Parti républicain n'ont confronté qu'à fleuret moucheté Obama sur le scandale entourant l'attaque du consulat américain de Benghazi.  Bref, un parti peu inspirant.

Pour Pat Buchanan, chroniqueur, cofondateur du magazine The American Conservative et cofondateur de la fondation paléo-conservatrice The American Cause, le Parti républicain tel qu'incarné par G.W. Bush, McCain et Romney, est complice des délocalisations et du laissez-faire en matière d'immigration (les migrants sont de la main-d'œuvre à bon marché, les patrons l'apprécient). Pour cet ancien rédacteur des discours de Nixon, cette aile du Parti républicain n'a sur l'immigration qu'un mot à la bouche : « amnistie » pour les dix millions d'immigrants illégaux aux États-Unis. Tout cela dans le vain espoir, selon Buchanan, de s'attirer les voix des Hispaniques alors que cela ne ferait que grossir les rangs des électeurs démocrates si on peut en juger par le vote des minorités pour Obama.

Les stratégistes néoconservateurs pensent pouvoir rallier les Hispaniques — si seulement le GOP amnistiait les illégaux — parce qu'ils sont des conservateurs sociaux : ils sont contre l'avortement, pour la famille et pour le mariage traditionnels. Mais c'est oublier que les Latinos considèrent nettement plus important les services sociaux d'un État-providence fort dont ils sont de grands bénéficiaires que l'amnistie comme le révélaient des sondages récents (ici, ici et ). Les Hispaniques sont en général plus pauvres, plus au chômage, ont plus d'enfants, bénéficient d'une moindre couverture médicale et sont plus menacés d'expulsion de leur domicile que les blancs. Ross Douthat rappelle dans le New York Times que, après la signature par Reagan d'une loi d'amnistie en 1986, la part républicaine dans le vote hispanique a chuté à l'élection présidentielle suivante.

Tous ces traits incarnés par Mitt Romney, le candidat de l'établissement républicain, ne peuvent que démobiliser les électeurs blancs de la classe ouvrière qui voient leur rêve américain s'envoler. Ils ne se reconnaissent ni dans l'alliance autour d'Obama faite de minorités ethniques, de féministes, d'homosexuels et de gauchistes blancs, ni dans un Parti républicain libéral économique sans identité qu'ils jugent responsables de guerres inutiles, de la désindustrialisation de leur pays et souvent d'une immigration mal maîtrisée. Les Américains veulent bien moins d'État (à 54 % contre 43% qui veulent plus d'État), mais ils ne voulaient pas nécessairement du modèle politique, social et économique proposé par Mitt Romney.

Notule

Apostille dans notre série luttons contre les préjugés des journalistes Québécois de base, comme un certain Richard Hétu, qui croient vraiment que les électeurs d'Obama sont mieux informés que ces rednecks de Républicains « alimentés par les informations biaisées ou disjonctées de Fox News, Drudge Report et les ténors conservateurs de la talk-radio, dont Rush Limbaugh », car les électeurs d'Obama « sont nombreux à écouter NPR ou à lire des journaux de qualité qui s’efforcent à donner une information équilibrée. » Ces journalistes officient de manière lucrative depuis des lustres dans les médias québécois.

D'abord, une preuve anecdotique de la grande culture des partisans d'Obama. Ci-dessous une électrice de l'Ohio qui se vante d'avoir reçu un téléphone cellulaire gratuit de la part d'Obama comme toutes les minorités, les bénéficiaires de coupons alimentaires, etc. Ce programme fédéral qui considère le téléphone comme un bien essentiel et l'offre bien aux gens défavorisés n'a pas été mis sur pied par Obama... Bien que depuis Obama le nombre de bénéficiaires ait fortement augmenté.


Ensuite, un sondage qui montre que les électeurs démocrates sont nettement moins bien informés que les électeurs républicains sur des faits de base en politique américaine. La même chose vaut pour les jeunes un des forts soutiens d'Obama (merci l'école ?).











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dimanche 11 novembre 2012

France — La théorie du genre enseignée dans une école « catholique »

Pour la théorie du genre, les différences psychologiques et comportementales entre hommes et femmes ne s’expliqueraient que par les influences de la société, l'identité sexuelle ne serait que construction sociale et non plus influencée par la biologie. Bref, il n’y a plus de sexe biologique qui définit les hommes et les femmes mais des formes de sexualités (hétérosexuels, homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuel, etc).

Cette idéologie est enseignée au primaire en France. Comble : dans une école dite catholique. Ainsi, les CM2 [9-10 ans] de l’institution Sévigné à Narbonne (Aude, sud de la France) ont dû travailler sur un texte de Bernard Friot, baptisé : « Il ou elle » (voir la reproduction en bas du billet).

Une jeune mère de famille inquiète a contacté la presse : « Dans ce texte, on y trouve une grande perversité idéologique : un enfant s’enferme dans sa salle de bain, se maquille, se rase, met des boucles d’oreilles, une cravate et s’interroge devant sa glace : Suis-je un garçon ? Suis-je une fille ? La conclusion est encore pire : pas la peine de choisir, être les deux n’est pas plus mal », déplore la maman. « Ce texte a même fait l’objet d’un contrôle afin de vérifier que l’enfant a bien compris cette conclusion : “Retrouve une phrase qui montre sa décision d’être une fille et une autre qui montre le contraire” » (voir la copie du document ci-dessous), témoigne la mère.









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Luxembourg — son éducation dans la moyenne serait un frein à la prospérité

Article intriguant étant donné la grande prospérité économique du Luxembourg : en 2011, le PIB par habitant du Luxembourg est le second PIB le plus élevé au monde, après le Qatar. Peut-être une leçon sur ce type de classements internationaux.


Le Grand-Duché se classe à la 11e place du Legatum Prosperity Index, un classement compilant de nombreuses données internationales relatives au bien-être. Il progresserait cependant substantiellement, si ses résultats en matière d’éducation étaient à la mesure de son rang.

Les groupes d’investissement redoublent d’effort pour faire le buzz et sortir du lot. L’un d’entre eux, basé aux Émirats arabes unis, a mis sa branche de recherche à contribution pour produire une étude sur le niveau de bien-être des populations. Le Legatum Prosperity Index sort cette semaine, pour la troisième année consécutive. Et il commence à se faire un nom…

Car ce classement, du nom (justement) de sa structure faîtière, ne manque pas d’intérêt. Il compile statistiques, études comparatives et sondages d’opinion internationaux existants pour en faire une synthèse. L’index compte 89 variables, regroupées dans huit piliers. Au classement général, le Luxembourg s’en sort plutôt bien. Il se place à la onzième place, entre l’Irlande et les États-Unis. La Norvège, le Danemark et la Suède occupent le podium. L’Allemagne est 15e, la Belgique 17e et la France 18e. [Le Canada est à la 6e à cause de ses résultats en éducation dans les tests PISA, voir cet article sur une critique des tests PISA et des leçons qu'on en tire trop vite.]




Mauvais élève pour l’éducation

Le Grand-Duché n’a pas à rougir de ses résultats obtenus en économie (4e), en entrepreneuriat (5e), en gouvernance (9e), dans la santé (1er), dans la sécurité (7e), en libertés individuelles (8e) et, dans une moindre mesure, dans le « capital social » (16e), jugeant la solidité des liens sociaux. On peut en revanche s’interroger, une fois de plus, sur sa performance en matière d’éducation. Le Luxembourg est 48e du classement sur 142 pays.

Or, le Legatum Prosperity Index met particulièrement en évidence le concours de circonstances idoines pour offrir une éducation adaptée à ses habitants. 96,5 % des enfants ont accès à l’éducation, contre une moyenne de 73,1 % dans l’ensemble des pays considérés. Le ratio élève par professeur est de 11,9 quand la moyenne est de 23,4. Mais l’enquête d’opinion générale sur la qualité de l’éducation rapporte un taux de satisfaction de 75,5 %, quand la moyenne s’élève à 69,5…

Les sondés sont-ils trop exigeants ? Certainement pas. Les mauvaises notes publiées dans les comparaisons internationales, notamment l’étude Pisa de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), constituent autant d’avertissements pour la classe politique luxembourgeoise, qui ne les entend que peu, ou prou.

Opération de comm’ réussie

Les indices internationaux comptent bien sûr leur lot de limites. Les pondérations des critères prêteront toujours, par nature, le flanc à la critique tant elles sont subjectives. Il n’empêche que ces études ont souvent pour intérêt d’appuyer là où cela fait mal, généralement sur la blessure à panser. En l’espèce, le Legatum Prosperity Index n’est pas le premier à sévir au Luxembourg. En revanche, le groupe qui l’a commandité fait lui figure de bon élève en stratégie de communication.

Source







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Belgique — Une école quasiment vide un jour de fête musulmane





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Les « femmes » contre les Républicains ?

On entend sur toutes les antennes québécoises que les « femmes » américaines ont voté contre les Républicains. On relaie par là le message démocrate de la guerre supposée des Républicains contre les femmes et « leurs droits reproductifs ».

Il faut cependant se demander s'il s'agit autant des « femmes » en général, que des femmes non blanches, des femmes monoparentales et des femmes relativement pauvres, car seules 42 % des femmes blanches ont soutenu le président sortant. La race, en effet, avoir été un élément très déterminant dans cette Américaine prétendument « post-raciale ». La race,  la relative pauvreté et la religion. Car ce sont surtout les classes les moins prospères qui ont voté pour Obama, ceux qui voient d'un bon œil un État fédéral interventionniste, un accroissement de la couverture sociale, peu importe l'endettement de l'État ou l'effet négatif d'une ponction croissante de la part de l'État.

Les femmes mariées ont soutenu Romney (53 %) plutôt qu'Obama (46 %). Par contre, les femmes célibataires ont appuyé massivement Obama (67%) alors que Romney n'a récolté que 31 % de leurs suffrages.

Selon Brad Wilcox, professeur de sociologie à l'Université de Virginie, ces données suggèrent que le message de Barack Obama a trouvé un écho auprès des femmes qui subissent de plein fouet la décomposition de la famille. « Les mères monoparentales ont plus tendance à dépendre d'un généreux État-providence et donc de s'identifier à la vision d'un gouvernement croissant du Parti démocratique », d'ajouter le professeur Wilcox. « En revanche, les femmes mariées ont tendance à nettement moins dépendre de l'État-providence et s'identifient donc plus à la philosophie d'un gouvernement réduit du Parti républicain. »


La fracture entre le vote des blancs et des minorités s'est encore accentuée entre 2008 et 2012. Obama ne recueille plus que 39% des voix chez les blancs contre 43 % en 2008. Dans le même temps, il creuse l'écart chez les Hispaniques (71-27 contre 67-30 en 2008). Chez les afro-américains, Obama bénéficie d'un vote stalinien (93 % des suffrages contre 96 en 2008), mais il enregistre surtout une forte percée chez les asiatiques avec 73% des voix, soit dix points de plus que lors de sa première élection.


La victoire d'Obama s'est aussi construite sur les classes à faible revenus et les classes moyennes inférieures qui lui ont renouvelé leur confiance. Il fait même un meilleure score qu'en 2008 chez les personnes gagnant moins de 50.000$ par an avec 52 % des suffrages (49 % en 2008).

Les plus aisés et les entrepreneurs ont en revanche massivement voté pour Romney (60 %, même score qu'en 2008 pour les Républicains). On note par ailleurs que l'électorat d'Obama est bien plus urbain: le président récolte 69 % des voix dans les grandes villes et 58 % dans les villes moyennes. Romney a lui plus convaincu dans les petites villes (56 %) et les banlieues (50 %).


Les protestants continuent de voter républicain (57-42), les juifs et les catholiques démocrate (respectivement 50-48 et 69-30). On note toutefois que Romney a réussi à récupérer une partie des électorats juifs et catholiques (scores en hausse de respectivement 9 et 3 points). De nombreux Hispaniques catholiques appuient Obama car ils sont dépourvus d'une assurance médicale décente et sont donc des bénéficiaires potentiels d'Obamacare. Ils apprécient également la politique récente d'Obama en faveur des enfants d'immigrants illégaux (les DREAMers) qui leur offre une immunité de quatre ans en attendant une probable réforme de l'immigration et une régularisation de nombreux illégaux.

De façon générale, le candidat conservateur a séduit les plus pratiquants puisqu'il recueille 59 des votes chez les personnes se rendant au moins une fois par semaine dans un lieu de culte, soit 4 points de plus que Mc Cain en 2008, et 20 points de plus que son adversaire démocrate.

Les appuis d'Obama sont massifs chez les noirs protestants, les catholiques latinos, les athées et dans les religions « autres ».



Effet délétère de l'État-Providence sur les minorités

Quant à l'effet délétère de l'État-providence sur les minorités et les femmes monoparentales (un autre appui massif à Obama) aux États-Unis, il est sans doute utile de rappeler ce qu'en pensait l'économiste Thomas Sowell :



Et l'effet de la discrimination positive (et de son livre La Vision des oints):



Voir aussi

Les électeurs blancs ont boudé l'élection présidentielle de 2012 (8 millions de moins !)

vendredi 9 novembre 2012

Cour suprême: l'école publique doit faire plus pour un élève souffrant de troubles d'apprentissage

Les parents d'un élève souffrant de troubles d'apprentissage viennent de remporter une importante victoire devant la Cour suprême du Canada dans une décision qui aura vraisemblablement des répercussions dans toutes les provinces canadiennes.

Ces parents de la Colombie-Britannique réclamaient de l'aide en milieu scolaire pour leur fils Jeffrey qui souffrait de dyslexie grave et peinait à lire.

Dans un jugement unanime rendu vendredi, le plus haut tribunal du pays a déterminé que la commission scolaire publique en cause avait fait de la discrimination envers l'enfant en ne lui fournissant pas des services appropriés.

Jeffrey a reçu un peu d'aide, mais il avait besoin de beaucoup plus.

La discrimination a donc été établie parce que les services mis en place par son école n'étaient pas suffisamment intensifs compte tenu de la gravité de ses troubles d'apprentissage.

La Cour ordonne ainsi à la commission scolaire de rembourser aux parents le coût de l'école privée vers laquelle ils se sont tournés pour éviter que leur enfant ne subisse des retards scolaires plus importants. Ils recevront aussi un chèque pour les dédommager de la moitié des frais de transport engendrés pour que leur fils se rende à cette école située plus loin de chez lui.

« En énonçant ainsi l’objet de la loi, le gouvernement reconnaît que la raison pour laquelle tous les enfants ont droit à une éducation est qu’une démocratie et une économie saines requièrent leur contribution en tant que citoyens instruits », a écrit la juge Rosalie Abella dans le jugement.
Le plaignant Rick Moore (à droite) et son fils Jeffrey

« Des services d’éducation spécialisés adéquats ne sont donc pas un luxe dont la société peut se passer. Dans le cas des personnes atteintes de troubles d’apprentissage sévères, de tels services servent de rampe permettant de concrétiser l’engagement pris dans la loi envers tous les enfants en Colombie Britannique, à savoir l’accès à l’éducation », a-t-elle ajouté.

Cette poursuite intentée en vertu des droits de la personne remontait à une douzaine d’années. Rick Moore, le père de Jeffrey Moore — qui était en troisième année à l’époque —, a déposé une plainte contre le gouvernement provincial et la commission scolaire à propos de leur décision de fermer un centre de diagnostic pour des raisons financières, et ce, sans proposer des solutions de rechange.

Le Tribunal a accepté que le district était aux prises avec des difficultés financières durant la période pertinente. Toutefois, il a en outre conclu que des compressions avaient visé de manière disproportionnée les programmes destinés aux élèves ayant des besoins spéciaux. En effet, le district avait maintenu des programmes discrétionnaires comme l’école en plein air (« Outdoor School ») — un centre de plein air où les élèves recevaient de l’enseignement sur la collectivité et l’environnement — alors qu’il avait supprimé le Centre de diagnostic, et ce, malgré les coûts similaires de ces programmes.

Fait plus important encore pour les juges, le Tribunal a conclu que le district n’avait procédé à aucune évaluation, financière ou autre, des solutions de rechange qui existaient ou auraient pu raisonnablement être trouvées pour répondre aux besoins de Jeffrey si la décision de fermer le Centre de diagnostic était prise. L’omission d’envisager d’autres réaménagements financiers invalide complètement l’argument du district, à savoir qu’il avait été justifié de ne pas fournir à Jeffrey d’accès concret à l’éducation, parce qu’il n’avait pas eu le choix d’agir comme il l’a fait. Pour décider qu’il ne disposait d’aucune autre solution, le district devait à tout le moins se demander quelles auraient pu être ces autres solutions.


La décision se trouve ici.




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Jamais une élection américaine n'a été aussi communautariste que celle qui a opposé Obama à-Romney


Éric Zemmour : Jamais une élection américaine n'a été aussi... sur rtl-fr

Transcription du billet d'Éric Zemmour 

« On se souvient que Bill Clinton s’était moqué de son adversaire George Bush, vaincu à la présidentielle de 1992 alors qu’il était pourtant auréolé de sa glorieuse campagne militaire en Irak par un sarcastique, ‘L’économie, stupide !’

Vingt ans après, Barack Obama pourrait paraphraser son ami démocrate en lançant à son adversaire malheureux : ‘La démographie, imbécile !’

Jamais l’Amérique n’a été aussi coupée en deux, jamais une élection américaine n’a été aussi communautariste; on pourrait presque dire racialiste. 93% des Noirs ont voté pour leur candidat, 71% des Latinos ont fait de même. En revanche, les Blancs ont voté massivement pour Romney, surtout les hommes blancs qui n’ont été que 25% à donner leur suffrage au Président sortant.

Les seuls à transgresser cet enfermement communautaire furent les jeunes éduqués et surtout les femmes célibataires, très nombreuses dans les grandes villes de la côte est, qui ont sanctionné les Républicains qui défendaient trop vivement à leurs yeux la famille traditionnelle.

Cette alliance des minorités et des femmes seules est hautement symbolique : la défaite de Romney est la défaite de l’Amérique blanche, rurale, patriarcale, l’Amérique de Reagan et de John Wayne, celle qui a historiquement fait et dirigé l’Amérique.

Les Républicains ne l’ont pas volé : depuis les années 1980, le Big Business a favorisé une immigration massive pour améliorer ses profits. Il a gagné toujours plus d’argent mais a perdu l’Amérique, son Amérique. Car l’immigration appelle l’immigration. Jadis, l’immigrant rêvait de fermer la porte derrière lui pour mieux s’assimiler. Désormais, il souhaite que sa famille, au sens toujours plus large, vienne le rejoindre pour continuer à vivre comme là-bas, pour faire nombre, pour faire peuple…

« Jamais l’Amérique n’a été aussi coupée en deux, jamais une élection américaine n’a été aussi communautariste; on pourrait presque dire racialiste. »

Pour les Latinos, l’immigration est le moyen d’une revanche historique sur ces colons venus du Nord de l’Europe qui leur avaient arraché au XIXe siècle la Californie, le Texas, etc. La revanche du catholicisme sur le protestantisme, qui est en train de changer l’Amérique en lui imposant une culture moins individualiste, plus solidaire diront les optimistes, une mentalité d’assistés, a décrété rudement durant la campagne Mitt Romney.

En France, la ligne stratégique qui a permis à Obama d’être réélu a été théorisé il y a quelques années déjà par le cercle de réflexion de Terra Nova. Hollande a, lui aussi, bénéficié d’une coalition de jeunes des universités, de femmes et d’enfants de l’immigration, les musulmans votant selon un sondage Sofres à 93% pour lui.

On comprend pourquoi de nombreux élus socialistes sont favorables au droit de vote des étrangers et pourquoi, Manuel Valls, qui voit plus loin et plus haut, a remis en marche la machine à naturaliser qu’avait un peu enrayé Claude Guéant.

Mais la France n’est pas l’Amérique. Depuis la victoire d’Obama, une double image est largement reprise sur tous les réseaux sociaux : on y voit une jeunesse américaine bigarrée se réjouir de la victoire de son champion, dansant au milieu des bannières étoilées. Dans l’autre moitié de la page, on reconnaît les jeunes gens qui célébrèrent à la Bastille l’élection de François Hollande, arborant fièrement des drapeaux marocains, sénégalais, algériens, égyptiens ou encore palestiniens.

La question posée est d’une redoutable simplicité : où sont les drapeaux français ? »






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mercredi 7 novembre 2012

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Combien gagne un enseignant au Québec ?

Quelle est l’échelle salariale actuelle des enseignants au Québec ?

Les enseignants de la province, au primaire comme au secondaire, sont rémunérés selon une seule échelle de traitement. À partir du 141e jour de travail de l’année scolaire 2011-2012, le premier échelon est à 37 298 $ alors que le dernier, le 17e, est à 72 608 $. À partir du 141e jour de l’année scolaire 2012-2013, le premier échelon est à 37 951 $ et le 17e à 73 879 $.




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