Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 18 mars 2009
Réal Gaudreault, capsules sur le cours d'éthique et culture religieuse
La République des bien-pensants
Pour assujettir un peuple, nul besoin de lui faire la guerre, faites-lui plutôt l’école. De Voltaire, en passant par Helvétius ou Robespierre, l’idée qui trône au milieu de la République des bien-pensants est que les philosophes sont les seuls qui sont en mesure d’instruire sur le bon, le bien et le vrai. Ici au Québec, nos bien-pensants ont fait encore mieux : ils ont réussi, par la loi, à forcer le peuple à s’abreuver de leurs très excellentes rêveries philosophiques.
Messieurs les bien-pensants, ouvrez donc une école !
Messieurs les bien-pensants (G. Leroux, F. Ouellet, J. Racine, D. Watters), avez-vous déjà pensé à ouvrir une école pour expérimenter vos théories sur vos propres enfants ? car c’est bien le pluralisme qui est l’objet de votre dévotion… Et qu’est-ce que le pluralisme sinon une mouvance religieuse syncrétique qui soutient que Dieu, la Réalité ultime, est la somme de toutes les révélations religieuses. Il n’y a rien de neutre dans cette approche puisqu’il s’agit d’une croyance qui s’apparente au nouvel âge, voire même au gnosticisme ancien.
« Une religion d'État enseignée à nos enfants ! »
Plus je m'informe et me renseigne sur le cours d'Éthique et Culture religieuse, plus cela soulève en moi des appréhensions. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a présenté ce cours comme quelque chose de bon. Elle a dit : « Quand on sait, on accepte. Quand on ne sait pas, on se méfie ». Je crois que c'est plutôt le contraire ; plus j'en sais, plus je me méfie. Elle a rendu le cours obligatoire, donc, les parents ont perdu le droit d'exercer un choix fondamental pour l'éducation de leurs enfants. Que les mathématiques, le français ou la géographie soient obligatoires, ça ne dérange pas grand monde. Par contre, lorsqu'il s'agit de morale, d'éthique ou de religion, beaucoup de parents sont contre le fait que l'État enseigne des choses contraires aux valeurs et croyances qu'ils ont inculquées à leurs enfants.
Dialogue
On essaye de nous vendre ce cours en le présentant dans son habit du dimanche. Il est censé promouvoir des valeurs comme l'acceptation, l'ouverture et le dialogue, ce qui sous-entend que cela est un manque de la part des parents. D'ailleurs, pour ce qui est du dialogue, la ministre Courchesne a dit aux commissions scolaires que toute demande d'exemption devait être systématiquement refusée. Alors, merci pour le dialogue ! On pourrait dire la même chose pour l'ouverture et l'acceptation : son attitude intransigeante nous en dit beaucoup. Le gouvernement prétend que ce cours est neutre. Comment oser nous faire avaler ce mensonge, quand le responsable du cours au ministère de l'Éducation, M. Denis Watters, a déclaré, sur les ondes de Radio Canada, le 24 avril 2008 : « Ce n'est pas un programme neutre, je le dis haut et fort ; ce n'est pas un programme neutre ». Donc, si ce n'est pas neutre, c'est quoi ?
Idéologies
En gros, on fait la promotion subtile de deux idéologies ; le « relativisme » et le « pluralisme ». Le relativisme prétend que tout est relatif, qu'il n'y a rien d'absolu, que chacun a raison à sa manière. Le pluralisme est un peu comme son frère jumeau. Dans le pluralisme, on affirme que toutes les religions sont bonnes, que toutes les opinions sont bonnes, on tolère tout et n'importe quoi pour éviter des conflits. Affirmer que toutes les religions sont bonnes est un non-sens ; une religion enseigne que nous avons une seule vie à vivre, une autre enseigne la réincarnation et plusieurs vies à vivre. L'une des deux est forcément dans l'erreur. Le ministère de l'Éducation prétendait vouloir sortir la religion des écoles et, maintenant, il essaye d'en enseigner sept différentes à nos enfants. En réalité, il les enseigne mal et les banalise pour finir, en bout de piste, par enseigner une religion d'État qui est contraire aux choix de la majorité des parents. N'oublions pas que 80 % des parents se trouvaient confortables dans l'enseignement religieux catholique ou protestant avant cette manigance de cours d'Éthique et Culture religieuse.
Insulte aux croyants
Le philosophe Gérard Lévesque croit que ce cours « jette le discrédit sur les croyances ». Il dit, également : « Ce programme est davantage une injure à l'endroit du fait religieux comme tel et une insulte aux croyants de toutes les confessions ». Avis que je partage. Que penser d'une déclaration du concepteur de ce cours, M. Fernand Ouellet : « Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d'éduquer à la reconnaissance et au respect de l'autre, il faut aussi apprendre à ébranler la suffisance identitaire. » Que ce cours serve à ébranler la suffisance identitaire d'enfants de 6-7-8 ans (et plus) me donne des frissons dans le dos. C'est déjà un défi pour la plupart des parents d'inculquer des valeurs à leurs enfants et l'État déclare ouvertement vouloir les détruire ; on croirait se réveiller d'un cauchemar, mais c'est la triste réalité. Ce cours devrait être aboli, car il va créer de la confusion dans l'esprit de jeunes enfants qui n'ont pas la maturité pour peser le pour et le contre de ce qui leur est imposé.
Jacques-André Fortin, Dolbeau-Mistassini
lundi 16 mars 2009
Complément cour d'ECR — avortements tardifs en Russie, en Espagne et au Québec
La bande-annonce d'un film qui sort sous peu sur le sujet pourra alimenter le dialogue.
Extrait du documentaire Killing Girls de David Kinsella, un nom donné car toutes les femmes filmées ont finalement appris qu'elles portaient une petite fille.
On estime que 80 % des femmes russes ont eu au moins un avortement, même si la tendance semble s'inverser. Le documentaire aborde également les risques démographique, économique et ceux liés à la stérilité ultérieure de ces jeunes femmes.
Le producteur-directeur, David Kinsella admet avoir eu beaucoup de difficultés à produire le film : « Killing Girls a aussi été mon film le plus difficile à produire, principalement parce qu'il était à peu près impossible de trouver des financements. Tout le monde me disait que je ne pouvais pas montrer ci ou ça ! [...] J'étais scandalisé par toutes les critiques négatives envers notre film. Donc j'ai décidé de faire un film venant directement de mon cœur et de mon âme et d'oublier tout de ces réactions négatives. »
Il livre aussi ses réactions durant le documentaire : « À certains moments, je me sentais complètement impuissant durant le tournage, les cris dans l'hôpital sont tatoués à mon âme, les sons d'un bébé criant pendant l'avortement », raconte-t-il, « j'étais totalement sous le choc ». Cependant, il dit ne pas se placer sur une ligne idéologique : « Je vous montre les faits ! Vous décidez ce qui est bien ou mal. »
Admettant avoir coupé les scènes d'avortement, il justifie : « Je pense... J'aurais un bien meilleur taux de succès avec le public normal en ne montrant pas ces images affreuses. Les gens, en particulier les femmes, ne feraient qu'éteindre le poste ».
Kinsella a aussi révélé que « de nombreux pays » ont demandé à pouvoir utiliser le documentaire pour l'éducation sexuelle des jeunes filles.
Anna Sirota, qui a écrit le script du film, et en est la narratrice, s'est déclarée elle aussi choquée, « pas seulement parce que tout ceci était si plein de souffrances et si cruel, mais parce que je ne pouvais pas comprendre comment il était aussi facile de donner et de prendre des vies, à quel point tout le processus d'avortement est si mécanique. » Sirota a donné naissance à une fille et a eu quatre avortements.
En Espagne
En Espagne, ce reportage a été montré à la télévision, sur la chaîne Intereconomia TV, avec la réalité horrible de deux avortements tardifs filmés dans l’avortoir El bosque de Madid. C’est probablement une première mondiale. Pour la première fois dans l’histoire, l’avortement tardif a été présenté dans toute sa réalité. On y apprend également comment des psychiatres permettent de détourner la Loi espagnole qui exige une raison grave pour avorter si tardivement.
(images dures à partir de la 9e minute)
Au Québec aussi...
Mme Denise Bombardier a dénoncé les mêmes avortements au Québec : « On finance des vasectomies et des revasectomies, tout ça avec nos fonds publics. » « On paie des avortements » « jusqu'à 24 semaines » et dans un cas d'espèce une même femme a avorté « 23 fois ». « On finance les gens pour ne pas avoir d'enfants, alors qu'on a un problème de survie collective. »
Quand commence la vie par le professeur Lejeune
Y a pas besoin d'être un catho intégriste...
Pour Radio-Canada, Morgentaler, apôtre du libre choix
C'est le titre du reportage sur cette page.
Morgentaler commence fort : la proportion d'avortements a peut-être augmenté parce que la population a augmenté... Notons que, depuis 1999, la proportion des avortements par rapport aux grossesses a encore augmenté : elle est proche de 1 sur 3 aujourd'hui.
dimanche 15 mars 2009
Réaction de Mme Poisson du MLQ
«Les lecteurs du Devoir auraient grand intérêt à connaître l'avis de la Commission des droits de la personnes au sujet de ce nouveau cours exprimé dans un document intitulé :
Examen de la conformité du Cours d'Éthique et culture religieuse à la Charte (novembre 2008).
La CDPDJ émet de sérieuses réserves quant au respect du principe de neutralité de L'État envers la religion et identifie des motifs sérieux de recours devant la commission si les dérapages appréhendés se présentaient dans l'application du programme.
La CDPDJ a aussi publié une étude qui mets à mal quelques préjugés concernant une religiosité plus forte chez les immigrants.
Cette étude nous oblige à remmettre en doute l'un des a priori majeurs du programme ECR qui prétend contribuer à la "reconnaissance de la culture de l'autre" via la connaissance de sa "culture religieuse". Or cette étude nous apprend que :
« Alors que parmi les Québécois non immigrants, 5 % ne se réclament d'aucune religion, cette proportion grimpe à 10,3 % chez les immigrants, et à 15,5 % chez les immigrants récents, soit ceux arrivés au Canada entre 1996 et 2001. En d'autres termes, au Québec, un immigrant récent a approximativement une fois et demie plus de chances qu'un immigrant plus anciennement établi, et trois fois plus de chances qu'un non-immigrant, de ne se réclamer d'aucune religion. Notons également que les immigrants, toutes périodes d'établissement confondues, représentent 18,2 % des Québécois sans religion alors qu'ils ne forment que 9,9 % de la population québécoise. Ces chiffres suggèrent que, loin d'être l'apanage des natifs québécois, la non-affiliation religieuse, l'incroyance, l'athéisme et l'agnosticisme - toutes des postures que l'on peut raisonnablement associer à la réponse « aucune religion » - touchent davantage les immigrants en général, et a fortiori les immigrants récents. »
(...)
« La plus grande surprise provient des immigrants québécois de foi musulmane. Ces derniers occupent le 21e rang au classement de religiosité relative, figurant ainsi au palmarès des cinq groupes les moins religieux au pays, et faisant même preuve d'une ferveur religieuse plus modérée que celle des Québécois protestants, qu'ils soient nés au Canada ou à l'étranger. De tels résultats mettent à mal l'image stéréotypée de fervents pratiquants que les médias et l'opinion publique ont l'habitude, au Québec, d'associer aux immigrants musulmans. Fait intéressant, les musulmans d'origine étrangère sont beaucoup moins dévots au Québec que dans l'ensemble canadien, où ils occupent le 15e rang au classement de religiosité relative. »
(...)
« Étonnamment, les natifs de parents catholiques sont ceux qui maintiennent le mieux une affiliation religieuse d'une génération à l'autre, bien que, dans la majorité des cas, les écarts avec les natifs dont les parents professent une autre foi soient marginaux. Seuls 5,4 % des natifs catholiques au Canada et 4,7 % au Québec déclarent n'adhérer à aucune religion. »
(...)
« Chez les immigrants, dans l'ensemble du Canada, seuls les répondants de parents chrétiens orthodoxes affichent un taux moyen de désaffiliation religieuse et d'incroyance (légèrement) inférieur à celui des Canadiens et des Québécois de parents catholiques. »
(...)
« En résumé, ces résultats nous obligent à nuancer l'idée largement répandue selon laquelle le fait d'appartenir à un groupe religieux minoritaire, ou encore d'être né à l'étranger, constitue systématiquement le signe d'une plus grande dévotion religieuse. Il est apparu que de telles dichotomies de type Nous - Eux comportaient plusieurs limites lorsque soumises à l'épreuve des faits. »
Au vu de ces résultats, force nous est de nous questionner sur la pertinence de cet enseignement des "cultures religieuses" qui risque plus d'enfermer les immigrants dans des caricatures d'eux-mêmes plutôt que de l'inviter à réaliser l'idéal héroique qui l'a mené jusqu'ici; être (enfin?) libre de son destin en cette nouvelle terre d'Amérique. »
samedi 14 mars 2009
Dossier contre le cours ECR dans l'Action nationale
Dossier
Éthique et culture religieuse : l’intoxication multiculturaliste
L’école, laboratoire du multiculturalisme
— Mathieu Bock-Côté
La culture de la médiocrité
— Charles Courtois
L’endoctrinement bien‑pensant
— Joëlle Quérin
L’intolérable liberté
— Carl Bergeron
Commander en ligne
On remarquera que les quatre auteurs de ce dossier sont précisément ceux épinglés dans l'article de Louis Cornellier dans le Devoir qui défendait le cours d'ECR et Georges Leroux.
Les Haïdas et le Québec de la Grande Nouerceur
On y compare deux sociétés : une autochtone de Colombie-Britannique (!) à travers une histoire dessinée dite « vraie » et une autre bande dessinée sur le Québec de la Grande Nouerceur.
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« Une histoire vraie » — page 72 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
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Ils sont sympas et ont de l'humour anachronique ces autochtones — page 73 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
Jean XXIII mêlé à une affaire de témoins de Jéhovah au Québec (c'est bien sûr faux) — page 172 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
Autre anachronisme : Ministère de l'Éducation sous Duplessis — page 173 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
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Les chamanes de la Grande Noirceur —page 184 du guide du professeur d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
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Parallèles entre les Haïdas et le Québec des années cinquante —page 187 guide du professeur d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire
A blog about the promotion of Eastern spirituality in Quebec schools
Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)
Le Devoir défend « son » cours d'Éthique et de culture religieuse
Louis CornellierEt de l'éthique !
Édition du samedi 14 et du dimanche 15 mars 2009
On s'attendait, bien sûr, à ce que le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse (ECR), implanté dans les écoles québécoises en septembre 2008, suscite une certaine controverse. Les partisans de l'ancien programme d'enseignement religieux confessionnel et les athées militants se rejoignaient dans le mécontentement ressenti quant à cette nouvelle approche du fait religieux.
Aux premiers, on pouvait pourtant rappeler l'inefficacité de l'ancien cours, qui échouait à transmettre tant la foi que la culture religieuse, et son caractère peu rassembleur, voire discriminatoire.Arguments peu convaincants : on pouvait améliorer les anciens cours, ne pas rendre encore plus difficile la transmission et puis cette contradiction de tant de partisans de la « diversité » et du « métissage », mots fétiche du Devoir, qui veulent pourtant rassembler, ignorer ou même rendre plus difficile la perpétuation des différences et de la diversité religieuses. Pour ce qui est de la discrimination, la solution avait été proposée et même inscrite dans la Loi pendant quelques années : permettre d'autres cours de religion là où le nombre le permet. Mais voilà, on voulait pouvoir imposer une même solution à tous.
Aux seconds, qui souhaitaient voir le religieux disparaître du programme de l'école québécoise, on pouvait répliquer qu'il serait mal avisé de négliger ainsi un pan du réel qui a contribué, et qui contribue encore, à définir la culture occidentale et les autres et les inciter à se réjouir de l'abandon de la perspective confessionnelle.Le plus gros problème avec cet argument du réel (qu'on utilise ou non selon les besoins de la cause), c'est que les parents peuvent regretter ce réel et l'imposition de ce que les experts perçoivent comme le réel aux enfants des autres, même quand les parents s'y opposent et essaient de se réfugier dans des écoles privées. Ainsi des parents athées peuvent regretter que tant de gens croient encore à ces mythes incapacitants ou nuisibles que sont, selon eux, les religions (le réel) et ne veulent pas que leurs enfants soient soumis dès six ans à ces sornettes.
Sans suffire à convaincre les uns et les autres, ces arguments avaient au moins le mérite de justifier, aux yeux de la majorité, pouvait-on espérer, la pertinence du nouveau programme d'ECR.La majorité... Guère plus de 52 % malgré tout le battage publicitaire orchestré par le Monopole de l'Éducation, Radio-Canada et des journaux comme Le Devoir, partisans en la matière !
Mais le Devoir néglige de dire que 72 % des parents québécois veulent en fait avoir le choix entre ce nouveau programme d'ECR et un cours traditionnel de religion.
Mais peu importe, les « experts », dont les deux collaborateurs réguliers du Devoir que sont MM. Georges Leroux et Jean-Pierre Proulx, savaient ce qui était bon pour les enfants des autres.
Ce qu'on avait moins vu venir, cependant, c'est la contestation virulente émanant des rangs d'une certaine droite nationaliste et intellectuelle,Alors qu'on se demande bien en quoi une certaine gauche québécoise qui écrit dans Le Devoir est encore nationaliste.
au nom de la protection de l'identité nationale. Aux yeux de ces conservateurs à la québécoise, en effet, l'essai de Georges Leroux intitulé Éthique, culture religieuse, dialogue: arguments pour un programme (Fides, 2007) est devenu l'ennemi à abattre parce que, défendant le programme d'ECR au nom du respect du pluralisme, il mènerait à une « rupture avec l'identité nationale », selon la formule de Charles-Ph. Courtois.Un essai serait l'ennemi à abattre ?
Non, c'est le programme que défend cet opuscule peu convaincant.
Pour Mathieu Bock-Côté, par exemple, l'« éducation à la tolérance » et la « sensibilisation à la différence » qui sont au cœur du programme d'ECR annoncent « une véritable haine de soi qu'on inculquera à une jeunesse devenue étrangère à sa propre culture » (Le Devoir, 24 avril 2008). Leroux est pourtant clair à ce sujet : le programme reconnaît le catholicisme comme « la tradition religieuse de référence au Québec ».Ce ne sont que des mots. Dans les faits, le catholicisme est très souvent minoritaire dans la partie culture religieuse, elle-même minoritaire dans le cours d'ECR, et ce catholicisme en est réduit à une analyse pas toujours bienveillante des phénomènes qui l'entourent, on a souvent l'impression d'une présentation de reliques d'un autre temps sans prégnance véritable sur la société actuelle.
À partir de là, dialogue. Où est le problème ?Pourquoi M. Cornellier ne lit-il pas ce que cette « certaine » droite a écrit ? On prétend pourtant que le Devoir est un journal de qualité...
Charles-Philippe Courtois, docteur en histoire (UQAM) et en sciences politiques (Paris), dans l'ouvrage collectif Contre la réforme pédagogique, a pourtant déjà expliqué le danger qui se cachait derrière ce mot trompeur de « dialogue » :
« L'évaluation par compétence peut donc être particulièrement insidieuse, non seulement parce qu'elle rend secondaire l'accès aux connaissances de base, mais aussi parce qu'elle permet facilement d'accorder la première place au conditionnement idéologique dans le processus d'évaluation. Constatation qui ne manque pas de piquant, lorsqu'on songe que les défenseurs de la nouvelle pédagogie n'en finissent plus de se distancier des modèles classiques de l'école, soit catholique, soit républicain, en critiquant non seulement les idéologies véhiculées par ceux-ci, mais, prétendument, le fait même de favoriser soit le catholicisme, soit le patriotisme. »
Conservatisme de combatAlors que, pour le journaliste soi-disant sérieux du Devoir, qui devrait décider des valeurs à inculquer aux enfants ? L'État (s'il est de gauche) ? Les experts (idem) ?
Dans L'État québécois et le carnaval de la décadence (L'intelligence conséquente, 2008), un pamphlet débridé animé par un conservatisme de combat, Carl Bergeron qualifie Leroux d'« idéologue pur jus » et lui attribue une « haine anti-occidentale » et le désir de détruire la famille, seule dépositaire légitime, selon le pamphlétaire, des valeurs à transmettre aux enfants.;?
Bergeron affirme même que l'ouvrage de Leroux est « le produit d'une pensée totalitaire ». Une telle extravagance ne mérite même pas la réplique.Mais bien quelques lignes pour démolir l'auteur ? Il faut dire que Carl Bergeron
rend la pareille aux « publijournalistes » du Devoir et ne se prive pas pour attaquer — souvent avec raison et dans un style débridé — les folliculaires de ce bulletin paroissial du Plateau Mont-Royal, à gauche, soi-disant progressistes, prétendument nationalistes mais bien féministes, de tous les combats gays, interculturalistes, étatistes et sans enfants.
Dans le numéro de février 2009 de L'Action nationale, Joëlle Quérin, doctorante en sociologie à l'UQAM, tente une critique plus raisonnée, mais pas nécessairement plus forte, des arguments de Leroux. Le philosophe, explique-t-elle, ferait fausse route en proposant « que le pluralisme de fait appelle une adhésion au pluralisme normatif ». Faut-il comprendre que, selon elle, le pluralisme existe bel et bien, mais devrait être ignoré, voire combattu, par l'école ?Qu'est-ce que cela a de choquant pour ceux qui sont pour un monopole de l'éducation qui décide sans cesse ce qui doit être enseigné ou non ? Les gens du Devoir par exemple. Il existe de nombreuses options (politiques, culturelles, linguistiques, littéraires, etc.) qui existent de fait et qui sont ignorées dans les programmes scolaires gouvernementaux.
Quoi qu'il en soit, c'est un point de vue cohérent pour des nationalistes qui veulent d'abord que l'école publique transmette les valeurs de la société d'accueil et non pas toutes les valeurs (en quelles proportions de toute façon ?) qui se retrouvent dans la société devenue bigarrée.
Quérin affirme même que « le pluralisme ne découle pas de la diversité », mais qu'il la produit. Faut-il comprendre qu'il s'agirait de ne pas tenir compte de la diversité pour la voir disparaître ?On ne voit pas très bien ce qui turlupine M. Corneiller. En tout cas, il n'y a pas de quoi fouetter un chat quand on adopte le point de vue nationaliste de l'autrice (« auteure » mal formé dans le Devoir, mais pas ici).
Quand Leroux avance l'argument historique selon lequel il importe de transmettre aux nouvelles générations le savoir moral et religieux qui a animé l'histoire du Québec, la sociologue réplique qu'il « procède à une réécriture de l'histoire » parce qu'il inclut dans ce savoir non seulement le christianisme, mais aussi les religions amérindiennes et le judaïsme. Qui, peut-on demander, réécrit l'histoire ?Pourquoi cette question rhétorique ? Un peu de courage que diable au Devoir...
Leroux dit « tous [l]es aspects moraux et spirituels », or quels sont les aspects moraux et religieux des Amérindiens qui forment les valeurs sociales de la société québécoise d'aujourd'hui ? Quasi aucun, sauf dans l'esprit de ceux qui mythifient l'écologisme ou la culture du dialogue qui viendraient, selon eux, des Amérindiens. Les Iroquois n'ont cependant pas attendu les Français pour massacrer de l'Algonquin. L'immense majorité des Amérindiens sont des chrétiens aujourd'hui. Les récits présentés dans les manuels d'ECR sont des mythes divers et hétéroclites qui doivent former par décision gouvernementale un volet « spiritualités autochtones » alors que pour de nombreuses tribus québécoises ces mythes leur sont étrangers... (voir la bande dessinée de 15 pages sur les Haïdas de Colombie-britannique dans le cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire).
On construit littéralement devant nous une spiritualité autochtone commune et artificielle qui sera enseignée par décret à des millions de jeunes Québécois qui y sont totalement étrangers, mais qui croiront que celle-ci existe ou est importante puisqu'on y revient souvent dans le programme.
Celui qui inclut tout le réel, dans le respect des proportions de ce qui le compose, ou celle qui suggère de faire l'impasse sur certains de ses éléments?M. Cornellier est un petit pince-sans-rire. Il n'y a justement pas, pour se conformer au programme officiel, de proportionnalité respectée. Résumé : 27 % des pages pour représenter la religion de 90 % des Québécois.
À moins que M. Cornellier ne soit pas un comique, mais un ignare ou encore un savant malveillant ? (Nous pouvons aussi faire dans la question rhétorique.)
Charles-Ph. Courtois, dans la critique du cours d'ECR qu'il publie dans le collectif Contre la réforme pédagogique (VLB, 2008), développe des arguments semblables à ceux de Joëlle Quérin. Ce cours, écrit-il, serait déstructurant sur le plan national parce qu'il «vide l'interculturalisme de sa culture majoritaire de convergence» et va à l'encontre du «modèle républicain d'intégration dans la laïcité [qui] repose sur l'intégration à une culture nationale commune». Courtois parle lui aussi d'un «bourrage de crâne» et d'une «rééducation idéologique» qui abolit «la perspective québécoise».Facile à dire, mais on attend le début d'une preuve... Il ne suffit pas d'extraire et de mettre entre guillemets chaque mot un peu fort tout en éliminant les explications des auteurs...
Ces critiques outrées ne rendent pas justice au programme d'ECR et à la défense qu'en fait Georges Leroux.
Car de quoi, au juste, a-t-on peur? D'un multiculturalisme qui mènerait à la fragmentation de l'identité nationale québécoise en encourageant un relativisme moral de principe ? Ce n'est pourtant pas de cela qu'il s'agit. La pratique du dialogue qui est au cœur du programme d'ECR repose sur le credo démocratique, le respect des lois du Québec, imprégnées de sa culture et de son histoire, et elle se fera en français.Qu'est-ce qui se fera en français ? La pratique du dialogue dans les écoles anglaises ? C'est nouveau. Je ne regrette pas d'avoir lu le Devoir ! On dirait un vain appel du pied aux nationalistes...
Le pluralisme qu'il s'agit de valoriser ne concerne pas ce socle, mais le reste, c'est-à-dire les convictions intimes qui guident nos vies et qui se nourrissent à l'éthique et, très souvent, à la culture religieuse. C'est ce que veut dire Leroux quand il écrit qu'il s'agit «de mettre en harmonie l'école avec la modernité politique».D'une part, il s'agit d'un vœu que la réalité dément souvent : la diversité et l'hétérogénéité des valeurs fragilisent souvent les sociétés (voir Taguieff qui qualifie ce multiculturalisme béat de dernière utopie des bien-pensants). C'est d'ailleurs, paradoxalement, pourquoi les auteurs de cours d'ECR parlent de créer par ce cours « une culture publique commune » !
Il y a, au Québec, des Québécois croyants d'une foule de confessions religieuses, des agnostiques et des athées. Même à l'intérieur du catholicisme, les «différentes conceptions de la vie bonne» sont multiples. Apprendre à connaître et à reconnaître, même sans y adhérer, la richesse de ces dernières et pratiquer l'art de les mettre en débat dans un dialogue respectueux ne peut apparaître comme une menace qu'à des nostalgiques d'un monde ancien dans lequel la diversité éthique et religieuse était vécue sur le mode du malaise et constituait un obstacle à l'intégration. Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde.
D'autre part, il est toujours intéressant de confronter les écrits de ces apôtres du dialogue aux actes qu'ils posent ou approuvent (ne fût-ce que par leur silence médiatique) : ils imposent le cours sans aucun dialogue, menacent de faire intervenir la DPJ, sanctionnent les enfants qui s'absentent du nouveau catéchisme obligatoire et ne conçoivent le dialogue que comme la soumission au consensus social moderne qu'ils disent incarner alors qu'en vérité ils veulent le façonner.
jeudi 12 mars 2009
Aiguiser l'esprit critique en chassant les hérétiques
Quelles étaient les raisons invoquées par ce professeur et ses partisans ?
- Le regroupement estime que le cégep est un établissement laïc ;
- que l'établissement doit favoriser l'enseignement scientifique et l'éveil de l'esprit critique ;
- que les jeunes gens sont trop jeunes pour pouvoir démêler le vrai du faux dans cette matière et que cela pourrait causer une certaine confusion.
- Les écoles et cégeps invitent régulièrement des conférenciers qui parlent de leur foi (plus c'est exotique, mieux c'est dans ces cas-là !) ;
- la laïcité de l'établissement était sauve, la conférence se tenait après les heures de cours ;
- il est ironique qu'un professeur de philosophie ose parler de sujet « scientifique » et rejette les « croyances » alors que certains pourraient considérer la philosophie comme étant justement un domaine très spéculatif ;
- n'est-il pas contradictoire de parler d'éveiller l'esprit critique et de ne pas permettre les élèves qui le désirent d'entendre un autre point de vue que celui que chérissent leurs professeurs habituels et que ces jeunes gens puissent se faire une opinion ?;
- les cours d'éthique et de culture religieuse parlent des récits de la création divine du monde, plusieurs fois plutôt qu'une, et ceci à l'école (mais cela serait acceptable car purement transmis comme une connaissance mythologique alors ?) ;
- il y a une certaine ironie à oser parler d'un risque de confusion chez les jeunes gens de 17-19 ans à la simple exposition volontaire à une conférence hors des heures de cours sur la création alors que, dès six ans et par décision gouvernementale, des élèves bien plus jeunes sont exposés à plusieurs religions et récits de la création du monde, et là les « laïques » pro-ECR nous disent qu'il n'y aucun risque de confusion !
Addendum de 12 mars
Extrait d'un article du Devoir qui s'intéresse dans ses rares pages à cette affaire.
Clairandrée CauchyAddendum 13 mars
La contestation aura eu raison de la conférence sur le créationnisme, qui devait avoir lieu ce soir au cégep de Sherbrooke. Le groupe d'étudiants évangélistes à l'origine de la conférence a choisi de la tenir dans une église de Sherbrooke plutôt qu'au cégep. La porte-parole du cégep a pris soin de préciser que le groupe d'étudiants évangélistes avait pris la décision « par lui-même » [sic] de changer le lieu de la conférence de Michel Couillard, fondateur du groupe Origine Création. Le professeur de philosophie Philippe Langlois, qui menait avec une quarantaine de ses collègues la contestation, se réjouissait de voir le caractère laïque du cégep préservé. La victoire n'était cependant pas totale [c'est la journaliste « neutre » qui parle !] puisque la décision est venue du groupe d'étudiants et non de l'administration du cégep. « On va continuer à communiquer avec l'administration pour faire en sorte que ce genre de situation ne se reproduise plus, ou à tout le moins pour établir des critères clairs », a affirmé M. Langlois. La direction du cégep justifiait hier encore sa décision de permettre la conférence créationniste. « Cela respecte la charte. On laisse libre cours à de gens qui veulent exprimer leurs opinions et croyances. On espère que ça permettra aux étudiants de se faire une idée sur le créationnisme. Les étudiants sont à même de se faire leur propre idée », a fait valoir la responsable des communications, Marie-Claude Dupoy. Sur le site Internet du groupe fondé par M. Couillard, on ne cache pas que ses conférences visent à « équiper les chrétiens pour les rendre capables d'offrir une défense crédible de la Genèse et pour qu'ils sachent que la Bible est le seul fondement pour l'interprétation de tous les aspects de la réalité ». Ainsi, il soutient que la « vraie science » confirme « l'interprétation des origines telle qu'établie dans la Bible ». Pour les enseignants opposés à la conférence, les étudiants ne sont pas assez outillés pour accueillir un tel discours avec un nécessaire esprit critique. « Dès qu'on offre une tribune aux créationnistes, on leur donne un peu de crédibilité. […] Ils tentent de présenter leurs croyances comme ayant une valeur scientifique », ajoute M. Langlois, qui se préparait hier matin à donner la réplique au conférencier [quoi, un débat !?, non le philosophe Langlois ne peut penser à cela], s'il s'aventurait dans l'enceinte de la maison d'enseignement, par définition laïque [dixit la journaliste « neutre »].
Lettre ouverte sur le sujet publiée dans la Tribune de Sherbrooke.
Une conférence sur le créationnisme devait être présentée au Cégep de Sherbrooke, vite on se mobilise pour faire annuler l'événement !
Ce que l'on enseigne à vos enfants dans les Cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR), c'est scientifique je suppose ?
Il faudrait tolérer que l'État oblige l'enseignement de toutes les religions à nos enfants, mais lorsque mon voisin chrétien ose parler publiquement de la Bible, alors là la tolérance prend le bord. On essaie par tous les moyens de le faire taire.
La conférence présentée donnait pourtant libre choix à chacun d'y participer ou non. Peut-on en dire autant pour les cours d'ÉCR ?
Peut-on encore se sentir libre de vivre selon notre foi au Québec en 2009?
Cette foi qui n'a absolument rien à voir avec la science apporte pourtant le salut de l'âme à celui qui la possède. Votre science peut-elle en faire autant ?
Christine Plante
Magog



