Quand ces syndicats seront-ils enfin en faveur de la liberté scolaire et de la fin du monopole étatique en matière d'enseignement ? Plus d'autonomie et la fin de ce monopole permettraient à tous de faire les choix pédagogiques qu'ils privilégient et d'éviter ainsi l'ingérence politique constante.
Québec, le 7 décembre 2007. – Réunis devant l’Assemblée nationale ce matin, une centaine de représentantes et représentants des syndicats membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) y ont déposé sur le parvis une pétition comptant plus de 20 000 signatures d’enseignantes et d’enseignants, recueillies en seulement deux semaines, témoignant notamment de leur insatisfaction au regard de l’ingérence politique dans les décisions pédagogiques.
En effet, les enseignantes et enseignants déplorent à coup sûr le caractère partisan des décisions qui se prennent en éducation depuis un certain temps. « Il est certain que l’éducation est un enjeu politique de taille, mais les orientations données au système doivent l’être pour des considérations pédagogiques, visant la réussite du plus grand nombre et le respect de son personnel, et non pour des raisons partisanes et électoralistes », a déclaré Mme Maureen Morris, présidente de l’APEQ.
Le syndicats dénoncent les nombreux ratés de la réforme pédagogique, desquels le MELS ne semble jamais tirer de leçon et que la FSE dénonce régulièrement, se répètent cette année lors de l’implantation de la réforme à l’éducation des adultes, mais dans un contexte d’organisation scolaire qui la rend tout simplement irréalisable.
« Les enseignants se sentent ballotés par des annonces improvisées à des fins électoralistes alors qu’ils mettent de l’avant des solutions au plan pédagogique. Pourtant, ils sont les mieux placés pour signaler les changements nécessaires au système d’éducation et, sur cette base, méritent d’être entendus au premier chef », a déclaré Mme Johanne Fortier, présidente de la FSE.
Les enseignants de la FSE et de l’APEQ attendent principalement que le MELS respecte leur expertise professionnelle dans les décisions pédagogiques à prendre, qu’il respecte leur autonomie professionnelle dans le choix des outils d’enseignement et d’évaluation. Ils souhaitent également que le MELS reporte l’implantation de la réforme à l’éducation des adultes tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas procédé à une réelle évaluation de sa faisabilité et de sa pertinence et qu’il n’aura pas, en conséquence, apporté les changements requis.
La FSE a choisi de déposer sa pétition sur le parvis de l’Assemblée nationale et non en son sein justement pour s’assurer que le message livré aujourd’hui aux élus québécois se situe au-delà de toute partisannerie politique.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
dimanche 9 décembre 2007
Syndicats québécois contre l'ingérence politique et la gestion partisane de l’éducation
vendredi 7 décembre 2007
Enseignement religieux : les Québécois veulent avoir le choix
Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents « aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse », qui sera imposé partout dès septembre 2008.
Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents «aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse», qui sera imposé partout dès septembre 2008.
En dehors des centres urbains de Québec et Montréal, cette proportion grimpe jusqu’à 62 %, constate la maison de sondages. « On voit qu’en régions, les gens sont plus conservateurs sur la question de l’enseignement religieux à l’école », estime Claude Gauthier, président de CROP, qui par ailleurs ne se dit pas surpris que les gens préfèrent avoir un libre choix.
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne rappelle sa vision progressiste du monopole de l’Éducation : « Ça fait partie d’une évolution de société qui est en train de se vivre au Québec, comme ailleurs », dit-elle, réitérant qu’il n’est pas question de revenir en arrière, d’autant plus que la laïcisation des écoles publiques a fait l’objet d’une « décision unanime » à l’Assemblée nationale. Cette décision intervenue en dernière minute à l'Assemblée nationale ne prouve que le divorce entre les politiciens et le peuple sur un sujet qui n'a jamais fait l'objet de la campagne électorale précédente.
Les électeurs ou sympathisants du Parti libéral du Québec sont par une faible majorité (51 %) d'accord avec le fait de permettre aux différentes religions d’être enseignées dans une même école, contrairement aux répondants péquistes et adéquistes. Or, sur le terrain, certains intervenants souvent laïques affirment qu’il serait impraticable d’avoir une multiplication de cours de confessions religieuses différentes en même temps. Rappelons que la Belgique applique ce système de multiplicité des cours de religion et de morale dans une même école, là où le nombre des élèves est suffisant.
M. Jean-François Lisée trouve que le nombre de Québécois en faveur de ce choix est sans doute sous-estimé par la manière dont les questions ont été posées qui y associait le nom du cardinal Ouellet.
Ces chiffres ne surprennent pas Jean-Pierre Proulx, professeur au département d’éducation de l’Université de Montréal, qui présidait aussi le groupe de travail sur la place de la religion à l’école, à la fin des années 90.
« Les gens veulent transmettre une partie de leur héritage catholique à leurs enfants, c’est normal, souligne M. Proulx, Mais le cours d’éthique et de culture religieuse répond parfaitement à ce besoin-là », selon le président du comité qui a accouché de ce cours obligatoire.
M. Jean-Pierre Proulx trouve normal que les Québécois soient en faveur du choix, mais il réitère son refus d’accorder ce choix parce que, selon lui, l'école doit être le lieu de vivre ensemble et de formation des futurs citoyens. Bref d’uniformiser la culture de tous les Québécois, même au niveau de la morale et de la religion ? Quelle tolérance ! M. Proulx s'en est pris à plusieurs reprises à l'antenne de Radio-Canada au cardinal Ouellet le désignant comme « un dissident » alors que les autres évêques catholiques du Québec avaient été, en quelque sorte, de bons élèves qui avaient simplement pris acte (pas nécessairement de gaîté de cœur) de la décision unilatérale du gouvernement.
L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) estime pour sa part que le nouveau cours fait fausse route en réduisant « l’appartenance chrétienne », contre la volonté des parents. « quatre-vingts pour cent des parents inscrivent toujours leurs enfants à l’enseignement religieux catholique », rappelle la présidente de l’APCQ, Jean Morse-Chevrier.
Un sondage CROP-La Presse révèle que 57 % de la population serait d’accord pour que les parents «aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse», qui sera imposé partout dès septembre 2008.
En dehors des centres urbains de Québec et Montréal, cette proportion grimpe jusqu’à 62 %, constate la maison de sondages. « On voit qu’en régions, les gens sont plus conservateurs sur la question de l’enseignement religieux à l’école », estime Claude Gauthier, président de CROP, qui par ailleurs ne se dit pas surpris que les gens préfèrent avoir un libre choix.
La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne rappelle sa vision progressiste du monopole de l’Éducation : « Ça fait partie d’une évolution de société qui est en train de se vivre au Québec, comme ailleurs », dit-elle, réitérant qu’il n’est pas question de revenir en arrière, d’autant plus que la laïcisation des écoles publiques a fait l’objet d’une « décision unanime » à l’Assemblée nationale. Cette décision intervenue en dernière minute à l'Assemblée nationale ne prouve que le divorce entre les politiciens et le peuple sur un sujet qui n'a jamais fait l'objet de la campagne électorale précédente.
Les électeurs ou sympathisants du Parti libéral du Québec sont par une faible majorité (51 %) d'accord avec le fait de permettre aux différentes religions d’être enseignées dans une même école, contrairement aux répondants péquistes et adéquistes. Or, sur le terrain, certains intervenants souvent laïques affirment qu’il serait impraticable d’avoir une multiplication de cours de confessions religieuses différentes en même temps. Rappelons que la Belgique applique ce système de multiplicité des cours de religion et de morale dans une même école, là où le nombre des élèves est suffisant.
M. Jean-François Lisée trouve que le nombre de Québécois en faveur de ce choix est sans doute sous-estimé par la manière dont les questions ont été posées qui y associait le nom du cardinal Ouellet.
Ces chiffres ne surprennent pas Jean-Pierre Proulx, professeur au département d’éducation de l’Université de Montréal, qui présidait aussi le groupe de travail sur la place de la religion à l’école, à la fin des années 90.
« Les gens veulent transmettre une partie de leur héritage catholique à leurs enfants, c’est normal, souligne M. Proulx, Mais le cours d’éthique et de culture religieuse répond parfaitement à ce besoin-là », selon le président du comité qui a accouché de ce cours obligatoire.
M. Jean-Pierre Proulx trouve normal que les Québécois soient en faveur du choix, mais il réitère son refus d’accorder ce choix parce que, selon lui, l'école doit être le lieu de vivre ensemble et de formation des futurs citoyens. Bref d’uniformiser la culture de tous les Québécois, même au niveau de la morale et de la religion ? Quelle tolérance ! M. Proulx s'en est pris à plusieurs reprises à l'antenne de Radio-Canada au cardinal Ouellet le désignant comme « un dissident » alors que les autres évêques catholiques du Québec avaient été, en quelque sorte, de bons élèves qui avaient simplement pris acte (pas nécessairement de gaîté de cœur) de la décision unilatérale du gouvernement.
L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) estime pour sa part que le nouveau cours fait fausse route en réduisant « l’appartenance chrétienne », contre la volonté des parents. « quatre-vingts pour cent des parents inscrivent toujours leurs enfants à l’enseignement religieux catholique », rappelle la présidente de l’APCQ, Jean Morse-Chevrier.
mercredi 5 décembre 2007
Classement des provinces canadiennes au PISA 2006
| Science | Lecture* | Mathématique | |||
| Pays et province | Note moyenne est. | Pays et province | Note moyenne est. | Pays et province | Note moyenne est. |
| Finlande | 563 | Corée du Sud | 556 | Taïwan | 549 |
| Alberta | 550 | Finlande | 547 | Finlande | 548 |
| Hong Kong | 542 | Hong Kong | 536 | Hong Kong | 547 |
| Colombie-Britannique | 539 | Alberta | 535 | Corée du Sud | 547 |
| Ontario | 537 | Ontario | 534 | Québec | 540 |
| CANADA | 534 | Colombie-Britannique | 528 | Pays-Bas | 531 |
| Taïwan | 532 | CANADA | 527 | Alberta | 530 |
| Estonie | 531 | Québec | 522 | Suisse | 530 |
| Japon | 531 | Nouvelle-Zélande | 521 | CANADA | 527 |
| Québec | 531 | Irlande | 517 | Ontario | 526 |
| Nouvelle-Zélande | 530 | Manitoba | 516 | Macao | 525 |
| Australie | 527 | Terre-Neuve | 514 | Liechtenstein | 525 |
| Terre-Neuve | 526 | Australie | 513 | Colombie-Britannique | 523 |
| Pays-Bas | 525 | Liechtenstein | 510 | Japon | 523 |
| Manitoba | 523 | Pologne | 508 | Nouvelle-Zélande | 522 |
| Corée du Sud | 522 | Pays-Bas | 507 | Manitoba | 521 |
| Liechtenstein | 522 | Saskatchewan | 507 | Belgique | 520 |
| Nouvelle-Écosse | 520 | Suède | 507 | Australie | 520 |
| Slovénie | 519 | Nouvelle-Écosse | 505 | Estonie | 515 |
| Saskatchewan | 517 | Belgique | 501 | Danemark | 513 |
| Allemagne | 516 | Estonie | 501 | République tchèque | 510 |
| Royaume-Uni | 515 | Suisse | 499 | Terre-Neuve | 507 |
| République tchèque | 513 | Japon | 498 | Saskatchewan | 507 |
| Suisse | 512 | Nouveau-Brunswick | 497 | Islande | 506 |
| Autriche | 511 | Île du Prince-Édouard | 497 | Nouveau-Brunswick | 506 |
| Macao | 511 | Taïwan | 496 | Nouvelle-Écosse | 506 |
| Belgique | 510 | Allemagne | 495 | Autriche | 505 |
| Île du Prince-Édouard | 509 | Royaume-Uni | 495 | Allemagne | 504 |
| Irlande | 508 | Danemark | 494 | Slovénie | 504 |
| Nouveau-Brunswick | 506 | Slovénie | 494 | Suède | 502 |
| Hongrie | 504 | Macao | 492 | Irlande | 501 |
| Suède | 503 | Moyenne OCDE | 491 | Île du Prince-Édouard | 501 |
| Moyenne OCDE | 500 | Autriche | 490 | Moyenne OCDE | 498 |
| France | 495 | France | 488 | France | 496 |
| États-Unis | 489 | Italie | 469 | Royaume-Uni | 495 |
| Espagne | 488 | Espagne | 461 | Espagne | 480 |
| Russie | 479 | Russie | 440 | Russie | 476 |
| Italie | 475 | Israël | 439 | États-Unis | 474 |
* Les chiffres pour les É-U d’A. ne sont pas disponibles
Source :Statistiques Canada
mardi 4 décembre 2007
En Ontario, on enseigne n'importe quoi...
On se souvient qu'un journaliste du Journal de Montréal avait titré un article où il avait surtout interrogé un militant du mouvement laïc de l'Ontario « En Ontario, on enseigne n'importe quoi ».
« Ils peuvent enseigner ce qu'ils veulent. Ce sont des entreprises privées. Les professeurs n'ont pas à être autorisés par le ministère, comme c'est le cas dans le réseau public », indiquait à l'époque Michelle Despault, attachée de presse de la ministre ontarienne de l'Éducation, Kathleen Wynne.
Le plumitif du Journal de Montréal soulevait que «
Nous ne pouvons que compatir avec ce journaliste aujourd'hui alors que — malgré cette indépendance et cette liberté des écoles ontariennes — celles-ci réussissent mieux aux tests PISA que les écoles sous la coupe du Monopole de l'Éducation du Québec qui parle de serrer la vis pour imposer son programme unique (et son fameux renouveau pédagogique) et le seul personnel agrée par les conventions collectives et les syndicats. Voir les écoles juives, évangéliques et mennonites du Québec. Comme si la liberté n'était pas une vertu qui non seulement respecte mieux la liberté des parents, mais qui favorise la diversité, l'autonomie et l'implication des parents. Comme si la Ministre n'avait pas déjà tant à balayer devant la porte de ses propres écoles « laïques ». Mais on comprend que tout cela n'est que peu de choses pour nos politiciens qui ne pensent aujourd'hui qu'au devoir de l'État de « protéger les enfants » (entendre évincer les parents dans le rôle de premiers éducateurs) et qu'à former les citoyens tolérants et relativistes d'un Québec qu'ils veulent de plus en plus multiculturel (c'est pourquoi tous devront passer le nouveau cours de tolérance religieuse et de dialogue obligatoire intitulé éthique et culture religieuse).
Trois provinces canadiennes ont pourtant des meilleurs résultats aux tests PISA, elles prévoient toutes des dispenses assez importantes pour les écoles libres, indépendantes ou religieuses : il s'agit dans l'ordre de l'Alberta, avec les meilleurs résultats, puis de la Colombie-Britannique et enfin de l'Ontario (où l'on enseignerait n'importe quoi à plus de 50 000 enfants par an!). Les étudiants du PISA sont sélectionnés à partir d’un échantillon aléatoire d’établissements scolaires (publics ou privés) ainsi que sur un critère d’âge (à partir de 15 ans et 3 mois à 16 ans et 2 mois au début de l’évaluation), et non en fonction de leur classe.
Rappelons que le Québec est également très en deçà de ces provinces en ce qui a trait aux aptitudes de lecture (PIRLS). En 2001, le Québec s'était classé sixième. En 2006, il glissait à la seizième place. Plusieurs croient que cette baisse des habiletés de lecture des jeunes Québécois coïncide avec la réforme scolaire.
« Ils peuvent enseigner ce qu'ils veulent. Ce sont des entreprises privées. Les professeurs n'ont pas à être autorisés par le ministère, comme c'est le cas dans le réseau public », indiquait à l'époque Michelle Despault, attachée de presse de la ministre ontarienne de l'Éducation, Kathleen Wynne.
Le plumitif du Journal de Montréal soulevait que «
contrairement au Québec, aucune législation [sic : n’] oblige en Ontario les jeunes à suivre le programme du ministère. « C'est malheureux, on ne sait pas ce qui est enseigné dans ces écoles. C’est parfois de l'endoctrinement », explique Gilles Arpin, vice-président du Conseil scolaire de district du centre-sud-ouest (membre d'une organisation de promotion de la laïcité dans les écoles de l'Ontario).»
Nous ne pouvons que compatir avec ce journaliste aujourd'hui alors que — malgré cette indépendance et cette liberté des écoles ontariennes — celles-ci réussissent mieux aux tests PISA que les écoles sous la coupe du Monopole de l'Éducation du Québec qui parle de serrer la vis pour imposer son programme unique (et son fameux renouveau pédagogique) et le seul personnel agrée par les conventions collectives et les syndicats. Voir les écoles juives, évangéliques et mennonites du Québec. Comme si la liberté n'était pas une vertu qui non seulement respecte mieux la liberté des parents, mais qui favorise la diversité, l'autonomie et l'implication des parents. Comme si la Ministre n'avait pas déjà tant à balayer devant la porte de ses propres écoles « laïques ». Mais on comprend que tout cela n'est que peu de choses pour nos politiciens qui ne pensent aujourd'hui qu'au devoir de l'État de « protéger les enfants » (entendre évincer les parents dans le rôle de premiers éducateurs) et qu'à former les citoyens tolérants et relativistes d'un Québec qu'ils veulent de plus en plus multiculturel (c'est pourquoi tous devront passer le nouveau cours de tolérance religieuse et de dialogue obligatoire intitulé éthique et culture religieuse).
Trois provinces canadiennes ont pourtant des meilleurs résultats aux tests PISA, elles prévoient toutes des dispenses assez importantes pour les écoles libres, indépendantes ou religieuses : il s'agit dans l'ordre de l'Alberta, avec les meilleurs résultats, puis de la Colombie-Britannique et enfin de l'Ontario (où l'on enseignerait n'importe quoi à plus de 50 000 enfants par an!). Les étudiants du PISA sont sélectionnés à partir d’un échantillon aléatoire d’établissements scolaires (publics ou privés) ainsi que sur un critère d’âge (à partir de 15 ans et 3 mois à 16 ans et 2 mois au début de l’évaluation), et non en fonction de leur classe.
Rappelons que le Québec est également très en deçà de ces provinces en ce qui a trait aux aptitudes de lecture (PIRLS). En 2001, le Québec s'était classé sixième. En 2006, il glissait à la seizième place. Plusieurs croient que cette baisse des habiletés de lecture des jeunes Québécois coïncide avec la réforme scolaire.
samedi 1 décembre 2007
L'école malade du pédagogisme et de l'ethnocentrisme du présent
Entretien intéressant dans le Devoir avec Alain Finkielkraut qui y fustige le pédagogisme et l'imposture de l'ethnocentrisme du présent que pratique notre société. Extraits :
Extraits de l'émission de Canal+ à laquelle Alain Finkielkraut fait référence :
Le Devoir — « Le monde dans lequel les enfants sont introduits est un monde ancien » : c'est là une des idées centrales d'Arendt que vous reprenez souvent. Mais l'école d'aujourd'hui semble refuser cette idée. On a peur de présenter aux élèves des « choses anciennes ».Le 27 octobre 2007 sur France culture, Alain Finkielkraut recevait, lors de l'émission Répliques, Cécile Réveret, professeur de lettres classiques dans un collège de la région parisienne et le père Jean-Marie Petitclerc, polytechnicien et éducateur, chargé de mission au cabinet du ministre du logement et de la ville. On trouvera ci-dessous un pointeur vers l'émission.
Alain Finkielkraut — Oui, et c'est tout à fait extraordinaire : on renonce à l'idée de dépayser les élèves, de les désaccoutumer d'eux-mêmes. Or qu'est-ce que la transmission ? C'est l'élargissement du présent : en lisant Platon et Corneille, nous devenons les contemporains de Platon et de Corneille. Aujourd'hui, on part du principe que les hommes vivent dans le présent et les enfants également. Puisqu'il n'y a pas d'autre contemporanéité que celle de notre temps, l'actualité prime et les élèves sont censés ne désirer que l'actualité elle-même. Dans ce contexte, on oublie les classiques. Sinon, on les « dépoussière ». Cette obsession du dépoussiérage est très révélatrice.
L.D. — C'est étrange : notre époque ne cesse de prôner l'ouverture à l'autre mais elle ne supporte pas l'altérité du passé. D'où nous vient cette fermeture ?
A.F. — C'est une sorte de « chauvinisme du présent ». Le sentiment prévaut aujourd'hui selon lequel aucune autre époque que celle à laquelle nous vivons n'a combattu les diverses formes d'intolérance ou de refus de l'autre. À écouter ce qu'on dit d'elle, notre époque serait la seule à combattre simultanément la misogynie, l'homophobie, le racisme, l'antisémitisme, etc. Selon cette perspective, il n'y a plus aucune raison d'aller chercher des leçons dans le passé, considéré comme une « grande noirceur ». Et c'est ainsi d'ailleurs que l'allergie de plus en plus visible au dépaysement se présente comme le privilège d'une époque ouverte à toutes les modalités de l'altérité.
L.D. — C'est un paradoxe!
A.F. — C'est même une imposture, c'est la grande imposture de notre temps. C'est un temps rétréci, c'est une époque qui croit avoir démystifié, récusé ou réfuté toutes les formes d'ethnocentrisme mais qui développe comme nulle autre avant elle l'ethnocentrisme du présent.
L.D. — Dans La crise de l'éducation, Hannah Arendt écrit : « C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaire que puissent être ses actes, est, du pont de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. » Comment comprenez-vous cette phrase paradoxale aujourd'hui ?
A.F. — Je crois que rien n'illustre mieux cette phrase extraordinaire d'Hannah Arendt que la situation de la langue. Pour acquérir un style qui vous soit propre, par exemple, il faut bien connaître la langue. Et la langue, elle, ne vous appartient pas. Donc la mission première de l'école, c'est la transmission de la langue. Une langue est certes maternelle, donc on ne l'apprend pas qu'à l'école. Mais les nuances et les subtilités sont contenues dans la littérature que, précisément, l'école a pour mission de transmettre.
Or, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Il y a un nombre considérable d'élèves en situation d'illettrisme jusque dans l'enseignement secondaire. On parle donc d'échecs lourds: un quart des élèves arrivent à la fin du primaire sans maîtriser l'orthographe, voire la lecture et l'écriture, mais en fait le diagnostic doit être radicalisé : ceux qui évitent l'échec lourd sont en situation de réussite légère. On voit aujourd'hui les Français divorcer d'avec leur propre langue. Celle-ci est de moins en moins bien parlée et connue. Et moins elle est parlée, moins les locuteurs ont la possibilité de faire valoir leurs possibilités de commencer quelque chose de neuf.
Extraits de l'émission de Canal+ à laquelle Alain Finkielkraut fait référence :
vendredi 30 novembre 2007
Dossier complet sur le désastre de l'orthographe à l'école française (Valeurs actuelles)
L'hebdomadaire Valeurs Actuelles publie aujourd'hui un entretien avec le délégué général de S.O.S. Éducation, ainsi qu'un dossier complet sur le désastre de l'orthographe à l'école. De nombreux exemples de copies et lettres d'élèves de tous âges sont reproduits.
Lire le dossier de Valeurs actuelles.
Lire le dossier de Valeurs actuelles.
Résultats d'une évaluation internationale sur les aptitudes en lecture
Le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) est une initiative de l’Association internationale pour l’évaluation des acquis scolaires (IEA). Il évalue les habiletés des filles et des garçons de neuf ou dix ans (élèves de 4e année) par rapport à la lecture de textes littéraires et informatifs authentiques. Le PIRLS a été administré pour la première fois en 2001. En 2006, 40 pays et plusieurs provinces ont participé à l’évaluation. Au Canada, outre le Québec, quatre autres provinces y ont pris part, à savoir l'Alberta, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l'Ontario.
Les résultats de l’enquête internationale PIRLS 2006 portant sur les aptitudes en lecture des enfants de 9/10 ans ont été rendu publics.
Les enfants issus de la réforme de l'éducation au Québec sont légèrement moins bons que leurs prédécesseurs en lecture, selon les données du PIRLS. En effet, les élèves québécois de quatrième année perdent 4 points, passant de 537 en 2001 à 533 à 2006 alors que les élèves ontariens améliorent leur performance de 6 points. Dans les deux cas, il faut cependant souligner que les différences entre les résultats de 2001 et 2006 ne sont pas statistiquement significatives.
Les élèves de la fédération de Russie sortent premiers de cette évaluation internationale, ils ont également vu leurs résultats moyens s'améliorer de 37 points en 5 ans.
En 2001, le Québec s'était classé sixième. En 2006, il glissait à la seizième place.
Plusieurs croient que cette baisse des habiletés de lecture des jeunes Québécois coïncide avec la réforme scolaire.
Selon les codirecteurs de PIRLS, Ina Mullis et Michael Martin, du Boston College, les pays peuvent utiliser les données du rapport pour améliorer l'enseignement de la lecture.
Le rapport, ajoutent-ils, confirme la place de la famille comme premier, et peut-être le plus important, enseignant de la lecture.
Écoutez l'émission de Maisonneuve en direct de Radio Canada sur le même sujet :
Les filles continuent lors du PIRLS 2006, comme c'était le cas pour le PIRLS 2001, à obtenir de meilleurs résultats que les garçons (en moyenne 509 pour les filles contre 492 pour les garçons).
On retrouvera ci-dessous le classement complet du PIRLS.
Exemple de texte du PIRLS 2001 : La nature et le questionnaire correspondant.
Les résultats de l’enquête internationale PIRLS 2006 portant sur les aptitudes en lecture des enfants de 9/10 ans ont été rendu publics.
Les enfants issus de la réforme de l'éducation au Québec sont légèrement moins bons que leurs prédécesseurs en lecture, selon les données du PIRLS. En effet, les élèves québécois de quatrième année perdent 4 points, passant de 537 en 2001 à 533 à 2006 alors que les élèves ontariens améliorent leur performance de 6 points. Dans les deux cas, il faut cependant souligner que les différences entre les résultats de 2001 et 2006 ne sont pas statistiquement significatives.
Les élèves de la fédération de Russie sortent premiers de cette évaluation internationale, ils ont également vu leurs résultats moyens s'améliorer de 37 points en 5 ans.
En 2001, le Québec s'était classé sixième. En 2006, il glissait à la seizième place.
Plusieurs croient que cette baisse des habiletés de lecture des jeunes Québécois coïncide avec la réforme scolaire.
Selon les codirecteurs de PIRLS, Ina Mullis et Michael Martin, du Boston College, les pays peuvent utiliser les données du rapport pour améliorer l'enseignement de la lecture.
Le rapport, ajoutent-ils, confirme la place de la famille comme premier, et peut-être le plus important, enseignant de la lecture.
Écoutez l'émission de Maisonneuve en direct de Radio Canada sur le même sujet :
Les filles continuent lors du PIRLS 2006, comme c'était le cas pour le PIRLS 2001, à obtenir de meilleurs résultats que les garçons (en moyenne 509 pour les filles contre 492 pour les garçons).
On retrouvera ci-dessous le classement complet du PIRLS.
| Pays | Note moyenne |
| Russie (Fédération de) | 565 |
| Hong-Kong | 564 |
| Canada, Alberta | 560 |
| Singapour | 558 |
| Canada, Colombie-Britannique | 558 |
| Luxembourg | 557 |
| Canada, Ontario | 555 |
| Italie | 551 |
| Hongrie | 551 |
| Suède | 549 |
| Allemagne | 548 |
| Pays-Bas | 547 |
| Belgique (Flandre) | 547 |
| Bulgarie | 547 |
| Danemark | 546 |
| Canada, Nouvelle-Écosse | 542 |
| Lettonie | 541 |
| États-Unis d’Amérique | 540 |
| Angleterre | 539 |
| Autriche | 538 |
| Lituanie | 537 |
| Taïwan | 535 |
| Canada, Québec | 533 |
| Nouvelle-Zélande | 532 |
| Slovaquie | 531 |
| Écosse | 527 |
| France | 522 |
| Slovénie | 522 |
| Pologne | 519 |
| Espagne | 513 |
| Israël | 512 |
| Islande | 511 |
| Moyenne de l’échelle du PIRLS | 500 |
| Moldavie | 500 |
| Belgique (francophone) | 500 |
| Norvège | 498 |
| Roumanie | 489 |
| Géorgie | 471 |
| Macédoine (république de) | 442 |
| Trinité et Tobago | 436 |
| Iran | 421 |
| Indonésie | 405 |
| Qatar | 353 |
| Koweït | 330 |
| Maroc | 323 |
| Afrique du Sud | 302 |
Exemple de texte du PIRLS 2001 : La nature et le questionnaire correspondant.
jeudi 29 novembre 2007
Résultats préliminaires PISA 2006 — Finlande et Hong-Kong en tête
Selon les résultats préliminaires de la dernière étude PISA sur les connaissances des jeunes de 15 ans en sciences naturelles, la Finlande fait de nouveau figure de premier de classe suivie de Hong-Kong et du Canada en troisième position.
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ces résultats préalables de l'étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui sera présentée en détail le 4 décembre. Cinquante-sept États ont participé à l'enquête. Une comparaison avec les résultats de 2003 pour les sciences naturelles n'est pas possible, selon l'OCDE, car l'enquête de 2006 est la première qui ait retenu les sciences comme domaine prioritaire.
La Finlande (563 points de moyenne) y précède Hong Kong et le Canada s'agissant des connaissances des élèves de 15 ans en sciences naturelles. Les résultats par province canadienne ne sont pas encore disponibles. La France se trouve en 25e place, en milieu de peloton. La Belgique est 19e, on ne connaît pas à ce stade les résultats des différentes communautés linguistiques.
Rappelons que si le PISA évaluent les enfants du public et du privé, il ne teste pas les décrocheurs, nombreux au Québec. «Ils ne testent pas ceux qui n'y sont pas et qui sont les plus susceptibles de faire baisser la moyenne de performance. Imaginez le bond en avant qu'une moyenne peut faire si on retranche toutes les notes les plus basses.»
On retrouvera ici une réflexion intéressante sur les tests PISA, ce qui y est évalué (les compétences et non les connaissances), comment ces évaluations sont faites et si les résultats sont fiables.
Voir également Les succès scolaires de la Finlande s'expliquent-ils d'abord par « l'absence d'immigration » (Xavier Darcos) ?
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ces résultats préalables de l'étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui sera présentée en détail le 4 décembre. Cinquante-sept États ont participé à l'enquête. Une comparaison avec les résultats de 2003 pour les sciences naturelles n'est pas possible, selon l'OCDE, car l'enquête de 2006 est la première qui ait retenu les sciences comme domaine prioritaire.
La Finlande (563 points de moyenne) y précède Hong Kong et le Canada s'agissant des connaissances des élèves de 15 ans en sciences naturelles. Les résultats par province canadienne ne sont pas encore disponibles. La France se trouve en 25e place, en milieu de peloton. La Belgique est 19e, on ne connaît pas à ce stade les résultats des différentes communautés linguistiques.
Rappelons que si le PISA évaluent les enfants du public et du privé, il ne teste pas les décrocheurs, nombreux au Québec. «Ils ne testent pas ceux qui n'y sont pas et qui sont les plus susceptibles de faire baisser la moyenne de performance. Imaginez le bond en avant qu'une moyenne peut faire si on retranche toutes les notes les plus basses.»
| Place | Pays | Note moyenne | Erreur type |
| 1 | Finlande | 563 | (2,0) |
| 2 | Hong-Kong | 542 | (2,5) |
| 3 | Canada | 534 | (2,0) |
| 4 | Taïwan | 532 | (3,6) |
| 5 | Estonie | 531 | (2,5) |
| 6 | Japon | 531 | (3,4) |
| 7 | Nouvelle-Zélande | 530 | (2,7) |
| 8 | Australie | 527 | (2,3) |
| 9 | Pays-Bas | 525 | (2,7) |
| 10 | Liechtenstein | 522 | (4,1) |
| 11 | Corée | 522 | (3,4) |
| 12 | Slovénie | 519 | (1,1) |
| 13 | Allemagne | 516 | (3,8) |
| 14 | Royaume-Uni | 515 | (2,3) |
| 15 | République tchèque | 513 | (3,5) |
| 16 | Suisse | 512 | (3,2) |
| 17 | Macao | 511 | (1,1) |
| 18 | Autriche | 511 | (3,9) |
| 19 | Belgique | 510 | (2,5) |
| 20 | Irlande | 508 | (3,2) |
| 21 | Hongrie | 504 | (2,7) |
| 22 | Suède | 503 | (2,4) |
| 23 | Pologne | 498 | (2,3) |
| 24 | Danemark | 496 | (3,1) |
| 25 | France | 495 | (3,4) |
| 26 | Croatie | 493 | (2,4) |
| 27 | Islande | 491 | (1,6) |
| 28 | Lettonie | 490 | (3,0) |
| 29 | États-Unis d’Amérique | 489 | (4,2) |
| 30 | Slovaquie | 488 | (2,6) |
| 31 | Espagne | 488 | (2,6) |
| 32 | Lituanie | 488 | (2,8) |
| 33 | Norvège | 487 | (3,1) |
| 34 | Luxembourg | 486 | (1,1) |
| 35 | Fédération russe | 479 | (3,7) |
| 36 | Italie | 475 | (2,0) |
| 37 | Portugal | 474 | (3,0) |
| 38 | Grèce | 473 | (3,2) |
| 39 | Israël | 454 | (3,7) |
| 40 | Chili | 438 | (4,3) |
| 41 | Serbie | 436 | (3,0) |
| 42 | Bulgarie | 434 | (6,1) |
| 43 | Uruguay | 428 | (2,7) |
| 44 | Turquie | 424 | (3,8) |
| 45 | Jordanie | 422 | (2,8) |
| 46 | Thaïlande | 421 | (2,1) |
| 47 | Roumanie | 418 | (4,2) |
| 48 | Monténégro | 412 | (1,1) |
| 49 | Mexique | 410 | (2,7) |
| 50 | Indonésie | 393 | (5,7) |
| 51 | Argentine | 391 | (6,1) |
| 52 | Brésil | 390 | (2,8) |
| 53 | Colombie | 388 | (3,4) |
| 54 | Tunisie | 386 | (3,0) |
| 55 | Azerbaïdjan | 382 | (2,8) |
| 56 | Qatar | 349 | (0,9) |
| 57 | Kirghizistan | 322 | (2,9) |
On retrouvera ici une réflexion intéressante sur les tests PISA, ce qui y est évalué (les compétences et non les connaissances), comment ces évaluations sont faites et si les résultats sont fiables.
Voir également Les succès scolaires de la Finlande s'expliquent-ils d'abord par « l'absence d'immigration » (Xavier Darcos) ?
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