dimanche 23 décembre 2018

Adolescents et réseaux sociaux : naïveté, insouciance et méfiance

Si le numérique fait désormais partie du quotidien des jeunes et des moins jeunes, un important travail de pédagogie doit encore être mené auprès des enfants comme de leurs parents pour maîtriser au mieux leurs usages sur internet, notamment en matière de sécurité.

Une nouvelle recherche, financée par les National Institutes of Health, a révélé des changements cérébraux chez les enfants qui utilisent des écrans plus de sept heures par jour et des compétences cognitives plus faibles chez ceux utilisant des écrans plus de deux heures par jour.

Lorsque, dans le passé, des études ont établi un lien entre le temps passé devant un écran et les résultats négatifs, certains ont fait valoir qu’il ne s’agissait que de la dernière panique moralisatrice en matière de technologie. Mais de nouvelles recherches sur la relation entre l’utilisation d’un appareil portable et le sommeil apportent certaines réponses.

Les appareils portables d’aujourd’hui sont fondamentalement différents des téléviseurs et des vieux téléphones à cadran du salon.

Depuis que les chercheurs ont suivi les habitudes de télévision, l’adolescent américain moyen n’a jamais passé plus de deux heures et demie par jour à regarder la télévision.

Pourtant, à compter de 2016, l’adolescent moyen passe environ six heures par jour sur les plateformes numériques, soit plus de deux fois plus de temps.

Ce temps considérable passé à utiliser les médias numériques gruge le temps consacré auparavant à d’autres activités, telles que le sport, l’interaction avec des amis, la lecture, le chant ou les sorties. Et contrairement au téléphone, les applications multimédias numériques sont conçues pour vous accrocher.

Comme le disait Tristan Harris, ancien responsable de la Silicon Valley, à propos des applications de téléphones dits intelligents : « Dans les années 1970, votre téléphone n’avait pas un millier d’ingénieurs… mettant à jour la manière dont votre téléphone fonctionnait chaque jour pour devenir de plus en plus persuasif. »

Contrairement à la télévision ou aux téléphones fixes, les appareils portables peuvent être transportés partout : à l’école, où les enseignants disent qu’ils sont une distraction presque constante, et dans des situations sociales, où une conversation peut être instantanément interrompue pour répondre ou lire un téléphone qui bourdonne.
 
Les enfants du numérique : des naïfs numériques  ?
Dès 2001, au tournant du XXIe siècle, les plus jeunes générations ont reçu un nouveau surnom : « les natifs numériques » ou enfants du numérique. Ils ont grandi avec la Toile, les téléphones et ordinateurs, et sont ultra-connectés : ils naviguent d’un site à l’autre et s’approprient sans peine les derniers téléphones intelligents et tablettes.

Mais certaines études laissent entrevoir une véritable négligence chez les adolescents. « La familiarité des plus jeunes avec les nouvelles technologies leur donne parfois la fausse impression de tout maîtriser alors qu’ils n’ont qu’une utilisation superficielle et “ludique” de la Toile.

Savoir naviguer sur le dernier réseau social à la mode est une chose, savoir se protéger en ligne en est une autre », précise Jean-Philippe Bécane, responsable mercatique grand public de Google France. À l’âge des amitiés fusionnelles, par exemple, ils sont près de 30 % à avoir déjà communiqué leur mot de passe à un camarade.

« Leur imprudence peut avoir des conséquences néfastes sur leur réputation à l’avenir ; mais quand on est ado, on ne se projette pas à dix ou vingt ans », souligne Cyril Di Palma délégué général de Génération Numérique, association qui mène des campagnes de sensibilisation sur le sujet dans les établissements scolaires.

Paradoxes générationnels

Mais, comme tout n’est jamais tout noir ou tout blanc, il semble que les jeunes internautes affichent une forme d’ambivalence dans leurs comportements oscillant ainsi entre insouciance et méfiance. Si l’on s’intéresse à la tranche des 15-17 ans, ils sont par exemple plus nombreux que la moyenne des Français à craindre une interception de leurs données personnelles. Ils redoutent aussi particulièrement la capacité de nuisance de la toile, estimant pour moitié qu’il est « très difficile » de supprimer un contenu numérique qu’un autre a posté à son sujet. Preuve qu’ils tiennent à leur cyberréputation, près de trois quarts des 18-24 ans déclarent rechercher régulièrement sur Internet les informations liées à leur nom et prénom. Sans doute aussi parce que les attaques ad hominem s’avèrent plus fréquentes à leur âge…

Et les parents dans tout ça ? Eux aussi se montrent assez paradoxaux. Si une écrasante majorité d’entre eux considère Internet comme « dangereux », les deux autres tiers ne se soucient pas ou peu de la présence de leurs enfants sur le web5. Ils trouvent d’ailleurs difficile de contrôler l’activité numérique de leur progéniture. Il faut dire que leur expérience sur Internet diffère : si les parents sont particulièrement exposés aux faux courriels de « hameçonnage » visant à extorquer leur numéro de compte ou de carte bancaire, les adolescents sont bien davantage concernés par des histoires d’usurpations d’identité, pouvant aller de la simple moquerie à l’humiliation.

Facilement piégés

Face à ces enjeux, des associations se mobilisent en France, à l’image des Petits Débrouillards ou Génération Numérique, qui opèrent un travail de pédagogie pour aider les plus jeunes à mieux se protéger sur la toile. « Chez Génération Numérique, nous organisons 1 500 journées d’informations par an pour des élèves âgés de 8 à 18 ans, avec des programmes comme Les Complots Rigolos, soutenus par Google. Le sujet qui les passionne le plus est celui des réseaux sociaux, car ils les fréquentent à longueur de journée. », décrit Cyril Di Palma. Il y a quelques années, pour ancrer ses conseils dans le concret, l’association a créé de faux profils d’adolescents et piégé quelques internautes. Un lycéen avait ainsi communiqué son adresse et son numéro de téléphone à une internaute avant de donner rendez-vous à la belle inconnue... totalement fictive. « Il y a toujours un silence de plomb dans la salle quand on fait cette démonstration aux collégiens. On les laisse imaginer ce qu’il serait advenu du jeune homme si les informations étaient tombées dans de mauvaises mains », poursuit Cyril Di Palma.

« Nous abordons des problématiques aussi variées que “Comment mieux se protéger en ligne”, “Comment mieux contrôler les données que nous partageons”, la lutte contre les mauvais comportements en ligne ou l’éducation aux médias », précise Jean-Philippe Bécane. Les bonnes pratiques existent et doivent être partagées au plus grand nombre pour permettre à chacun de mieux naviguer en ligne. En tout état de cause, les parents gardent un rôle central, car « rien ne remplacera jamais une bonne discussion en famille sur les règles à suivre et les pièges à éviter », nuance Jean-Philippe Bécane. Un dialogue ouvert et constructif entre générations constitue la meilleure arme de prévention contre les dangers éventuels.


Culture religieuse — Décoder un tableau religieux

Régis et Éliane Burnet viennent de publier « Décoder un tableau religieux » aux éditions du Cerf. Au fil des pages et des tableaux, ils souhaitent guider le lecteur dans son analyse et sa compréhension des œuvres. Pour Régis Burnet, ce livre est avant tout ce que l’on souhaite en faire : moyen de se divertir, occasion de s’instruire, ou instrument de prière. Régis Burnet, ancien élève de l’École normale supérieure, est professeur à l’université catholique de Louvain. Éliane Burnet est agrégée et docteur en esthétique. Elle a enseigné à l’université de Savoie. Ils ont accordé un entretien à FigaroVox.

— Vous écrivez que les codes culturels communs ont disparu et que la culture chrétienne est en déclin : cherchez-vous par ce livre à y remédier ?

Régis BURNET. — Il serait prétentieux de penser que l’on puisse remédier à ce qui est un mouvement de fond. Et ce n’est pas le but du livre, qui n’est pas un « cours d’iconographie ». Il s’agit plutôt d’un guide pour comprendre une scène que l’on aime bien ou qu’on a découverte au cours d’une balade devant le portail d’une cathédrale ou lors d’une visite au musée. À quel passage biblique fait-elle référence ? Quels sont les personnages qui s’y trouvent ? Quel est le sens de la scène ? Comment les artistes ont-ils représenté cette scène au cours de l’histoire et y a-t-il eu des variations majeures ? Nous avons essayé aussi systématiquement de prévoir des « ouvertures » qui montrent l’actualité de la scène ou l’intérêt qu’elle présente pour l’histoire de l’art. Le tout en employant un style simple et pas trop pédant : l’art est avant tout un plaisir et même s’il faut quelques connaissances pour bien l’apprécier, il ne s’agit pas de transformer cela en un cours pesant et ennuyeux.

« Voici un livre exemplaire, qui illustre ce que peut et devrait être l’enseignement du fait religieux dans un espace de laïcité », écrit Régis Debray en préface de votre ouvrage. Avec ce livre on comprend donc que la laïcité n’est pas un bannissement du religieux de la société ?

Adoration de l’enfant, v.1620 — Gerrit van Honthorst, (1590-1656) — Galerie des Offices, Florence, Italie.

La laïcité n’a jamais été le bannissement du religieux de la société ! On a depuis le début eu tendance à confondre la neutralité de l’État — la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte [sauf musulman via de très généreux baux emphytéotiques et le financement de centre dit « culturel » ?] —, avec la neutralisation des religions. L’entreprise de laïcité, bien comprise, ne consiste pas à interdire jusqu’à la mention des religions dans l’espace public, mais plutôt à refuser de prendre parti pour l’une d’entre elles. Ce qui devrait donc conduire à les connaître toutes, sans exclusive.

Bartolomé Esteban Murillo,
Le repos pendant la fuite en Égypte (1667),
Musée de l’Ermitage, Saint Petersbourg.
Il faut ajouter que le but du livre n’est pas un manuel de catéchisme. Il présente les textes qui ont donné lieu aux représentations, mais uniquement pour faire comprendre le sens que nos ancêtres y voyaient. Le but est avant tout de les comprendre. Chacun est libre, ensuite, de voir dans ces images de simples objets culturels, des images religieuses voire des supports de prière, ou, pourquoi pas, les témoignages de croyances à combattre.

— En parcourant le livre, on réalise à quel point l’art européen s’est nourri du Nouveau Testament. Peinture et théologie ont donc à jamais partie liée en Occident ?

—  Vous avez raison, peinture et théologie ont partie liée, mais pas dans toutes les périodes, ni pour toutes les œuvres. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’art n’est jamais neutre. Il sert une idéologie ou une vision du monde. L’idée, héritée du romantisme du 19e siècle, que la peinture ne serait que le moyen d’expression d’un génie torturé cherchant à transmettre la beauté au monde est très récente.

Et même lorsqu’il y croit, l’artiste est-il vraiment détaché de toute considération de profit, d’idéologie, de reconnaissance personnelle ? [...]  Pourquoi Athènes fait-elle réaliser les spectaculaires œuvres d’art de l’Acropole, sinon pour célébrer sa propre grandeur ? Pourquoi Louis XIV passe-t-il commande aux plus grands peintres de son époque ? Et aujourd’hui pourquoi une ville comme Dubaï fait-elle appel aux architectes les plus audacieux ? Il s’agit d’en mettre « plein la vue », au sens propre, à ses concurrents, de les décourager d’entrer en guerre contre soi, de les pousser à collaborer avec vous.

Or, pendant longtemps, l’Église et plus généralement la religion chrétienne a été un pouvoir qui comptait. Aussi ne faut-il pas s’étonner de ce qu’elle se soit montré un efficace mécène et qu’elle ait cherché à accroître son prestige par son goût des arts.

Mais il y a une autre raison, qui tient à la théologie même de la religion chrétienne. Le christianisme est une religion de l’incarnation, il croit que son Dieu a pris figure humaine et — au bout de longs débats qui ont surtout agité le monde grec — elle estime qu’il est légitime de le représenter. Et peut-être même plus que légitime : indispensable. En effet, si l’on croit que Dieu est venu comme un homme dans le monde, alors il a donné de la dignité et au monde et à l’homme, et il convient de retranscrire cette dignité dans les images les plus belles possible. Les images chrétiennes ne sont donc pas de simples « pense-bêtes » de ce qui s’est passé, mais de véritables prises de position en faveur de la beauté, de la dignité, de l’amour.

—  L’art n’a-t-il pas été un moyen de transmettre la foi à part entière ? En vous lisant, un tableau semble presque aussi riche d’enseignement qu’un livre.

—   Absolument ! On a longtemps considéré que les images n’étaient, comme je viens de le dire, que des aide-mémoire, des illustrations. En réalité, comme le disait Daniel Arasse, un universitaire disparu il y a une dizaine d’années, l’art, « ça pense ».

Même si l’art propose une lecture visuelle des textes bibliques, ce sont quand même des lectures, qui sont tout autant originales et pénétrantes que les autres lectures. On en apprend autant sur les textes en regardant les œuvres qu’en lisant les livres des théologiens ou des universitaires.

Certains épisodes de l’Évangile ont été beaucoup plus représentés que d’autres. C’est le cas, par exemple, de l’Annonciation, qui n’occupe pourtant que quelques versets de l’Évangile de saint Luc. Pourquoi a-t-elle tant inspiré les peintres ?

La fréquence des œuvres s’explique surtout par l’importance théologique de ce qui est représenté. L’Annonciation, qui est l’annonce faite à Marie de la naissance de Jésus, est un moment très important pour la théologie chrétienne.

Fra Angelico, l’Annonciation faite à Marie (1430 - 1432), Musée du Prado, Madrid.

D’une part, il révèle l’un des dogmes centraux de la religion chrétienne : le fait que Dieu se soit fait homme. Avec l’image de la Passion (le crucifix) et celle de la Résurrection, c’est certainement l’une des images les plus importantes du cycle chrétien. Mais il y a une autre raison qui explique sa faveur : elle met en scène la Vierge Marie. Et l’on sait l’importance que le catholicisme accorde à la mère de Jésus qui est l’objet d’un culte particulier. On peut rajouter une troisième raison, plus esthétique : l’épisode comporte un ange, une créature céleste, qu’il est toujours intéressant de représenter. Faut-il lui faire des ailes multicolores comme un papillon ou bien des ailes blanches ? Et comment le figurer alors qu’il n’est pas censé avoir de sexe ? Comme un homme, comme une femme, comme un enfant ?

—  En plus des personnages connus de l’Évangile, certains types reviennent régulièrement : c’est le cas par exemple de la figure du pasteur ?

—  La figure du Bon Pasteur provient d’une comparaison que Jésus s’applique à lui-même. Il s’affirme comme le bon berger de la communauté, celui qui s’occupe bien de ses moutons, car il les aime. Cette figure était très fréquente dans l’art ancien depuis les catacombes, car elle dit quelque chose de très important : la puissance protectrice de Dieu.

La métaphore elle-même remonte à très loin puisque dès les Psaumes on affirme que Dieu est le berger de son peuple. L’image est très belle puisqu’elle traduit le sentiment d’impuissance qui nous saisit tous de temps en temps face au monde ; l’impression d’être comme cet être parfaitement désarmé qu’est le mouton, sans griffes, sans crocs, sans cornes dangereuses. Affirmer que le Christ est le berger, c’est exprimer l’espoir que l’on ne sera plus isolé, mais regroupé dans un troupeau ; plus en danger, mais protégé par le berger et son chien ; plus désorienté, mais conduit vers la bergerie, le lieu de la sécurité. Cela explique la faveur qu’a connue cette image au cours des siècles.

—   C’est la même chose pour la symbolique… on apprend ainsi que celle de l’eau revêt une dimension particulière.

—   Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’eau a une symbolique à la fois positive et négative. Certes, selon l’expression bien connue, l’eau c’est la vie, le liquide indispensable à la survie, qui rafraîchit et qui apaise. Mais l’eau est aussi la mort, surtout lorsqu’elle se déverse en cataclysme et qu’elle se déchaîne en tempête. Cette symbolique se retrouve dans le rite du baptême, très souvent représenté par l’image du Baptême de Jésus. En effet, dans la théologie chrétienne le baptême est d’abord une plongée dans la mort du Christ avant d’être renaissance dans sa Résurrection. C’est bien un rite de passage, au sens anthropologique du terme : un rite qui fait mourir pour mieux faire renaître.

— On ne peut terminer sans vous demander votre tableau préféré ?

Giovanni Bellini,
le Christ bénissant (1465 - 1470),
Musée du Louvre, Paris.
—  Voilà une question très difficile, car cela change très souvent. Depuis longtemps, j’ai une tendresse toute particulière pour un tableau de Giovanni Bellini, le Christ bénissant (1465-1470). Il est infiniment moins connu que la Joconde (qui se trouve dans la salle qui s’ouvre en face de lui). Pourtant, pour moi, c’est le plus beau tableau du Musée du Louvre. Jésus fait face au spectateur debout derrière un paysage d’orage. Il porte encore la couronne d’épines de son supplice qui a fait couler quelques gouttes de sang de son front et de ses tempes et il arbore les marques des clous de ses mains. Il a passé une belle chemise à galon d’or dont une ouverture laisse voir la blessure que lui a faite la lance du centurion romain. Il porte un épais livre, sans doute celui de l’Évangile, et lève la main droite en signe de bénédiction.

La précision du paysage d’arrière-plan, le jeu subtil des couleurs du ciel et la virtuosité du traitement de la lumière sur les plis du vêtement léger comme de la soie font déjà de cette peinture un chef-d’œuvre, mais le plus extraordinaire est certainement le visage qui est peint avec un stupéfiant réalisme. Juvénile, le Christ a les traits tirés, comme s’il venait à peine de sortir de son tombeau. Il a les paupières tombantes et des poches sous les yeux de celui qui vient de traverser une douleur terrible. Et pourtant, ses yeux si las qui viennent de contempler la souffrance et la mort n’ont rien perdu de leur clarté : il y a, dans ce regard épuisé une ineffable bonté. C’est un tableau qui aide à vivre, car il nous rappelle à la bonté et à la beauté.





Décoder un tableau religieux : Ancien Testament
par Éliane et Régis Burnet
paru en novembre 2016
aux éditions du Cerf
à Paris
152 pages
ISBN : 9 782 204 104 418
(2204104418)
29 euros ou 50,50 $











Décoder un tableau religieux : Nouveau Testament
par Éliane et Régis Burnet
paru le 26 octobre 2018
aux éditions du Cerf
à Paris
206 pages
ISBN : 978-2204129404
(2204129402)
29 euros ou 57,95 $




À l'approche de Noël, Télé-Québec (vos impôts) et le Fonds Bell financent cette capsule

Vos impôts pour financer de l’« humour » collégien qui se veut grinçant alors qu’il s’agit d’un genre extrêmement daté et éculé. Toujours une guerre de retard. On attend les mêmes vidéos sur la vie de Mahomet ou d’autres figures religieuses.



Les Brutes se spécialisent dans les vidéos de gauche superficielles et prévisibles qui se croient modernes, intelligentes, originales et mordantes. Bâillements sur le contenu des vidéos, étonnement quant au financement public. Voir Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et le féminisme extrémiste.




vendredi 21 décembre 2018

Genève : chants de Noël et crèches admis à l’école publique

Peut-on parler de la naissance de Jésus aux élèves ? Leur faire chanter « Il est né le divin enfant » ? Installer une crèche au fond de la classe ? Telles sont les questions que se posent les enseignants du primaire à Genève, pendant la période de l’avent.

Pour certains maîtres, c’est toute la symbolique chrétienne qui doit être bannie de la classe.

Aucune directive précise n’est fournie par le Canton. Des principes généraux, inscrits dans la brochure « La laïcité à l’école » élaborée en 2016 et distribuée à tous les enseignants, rappellent que « les fêtes qui ponctuent l’année scolaire, les symboles et les rites d’origine chrétienne entrent pleinement dans le cadre de l’enseignement régulier pour autant que leur dimension religieuse soit mise en perspective et expliquée ». Voilà qui pencherait plutôt en faveur des figurines du bœuf, de l’âne et des Rois mages, ainsi que des chants de Noël à l’école. Mais il est précisé que ces activités « ne doivent pas porter atteinte aux sentiments religieux des élèves d’autres religions ». Que faire, donc ? Si dans le canton de Vaud la réponse est claire — chants et sapins autorisés, crèches refusées — ce n’est pas le cas à Genève. En l’absence de consigne interne à leur établissement, les enseignants sont seuls maîtres à bord.

« Dans un contexte multiculturel, s’abstenir de placer une crèche relève du simple respect », estime une enseignante à Carouge. Pour elle, la crèche est « un objet aussi symbolique que le crucifix accroché au mur », toléré en Valais, interdit à Genève. Et de narrer un bricolage de Noël qui avait mal tourné : « Il y a deux ans, j’ai reçu la plainte de parents qui ne voulaient pas que leur enfant, de confession musulmane, représente ce qu’ils considéraient comme une étoile de David, et donc un soutien insidieux à l’État d’Israël. Aujourd’hui, je privilégie les étoiles à cinq branches pour les découpages. »

[Parents ignares : il y a des étoiles de David sur des portes de mosquées en pays musulmans...

Minaret de Testour en Tunisie avec le « Sceau de Salomon »

ou encore au Maroc, comme sur cette pièce de 4 fels frappée à Fès en 1288 année de l’Hégire, soit 1871/2 apr. J.-C.

]


Source : Tribune de Genève

En 1960, les crèches dans l'espace public n'offusquaient personne

En 1960, les crèches de Noël étaient encore un aimable sujet de fin d’année sans aucune polémique. Le Figaro du 14 décembre présente alors une installation géante sous un chapiteau de cirque, promue par Radio-Luxembourg, une radio privée qui émettait à partir du Luxembourg, mais avec des studios à Paris.

En cette fin d’année 1960, la porte Maillot à Paris accueille le chapiteau du Grand cirque de France. Et contrairement à d’habitude, les lieux n’accueillent ni clown, ni trapéziste, mais ce qui se présente comme la plus grande crèche du monde, sous le patronage de Radio-Luxembourg. « Il s’agit en fait d’un mistere de la plus ancienne tradition, écrit Le Figaro, mais utilisant toutes les ressources de la technique moderne — son stéréophonique, jeux de lumière — dont la durée n’excédera pas les forces du jeune public : une demi-heure. »

À une époque où la présence de crèches ne soulevait pas encore de débats devant le Conseil d’État, le spectacle était assuré « dix fois par jour entre 15 et 23 heures, du 25 décembre au 4 janvier, la première ayant lieu la nuit de la Nativité avant la messe des gens du voyage célébrée sous le chapiteau même, par Mgr Rhodain. »

Inspirée des crèches de la renaissance italienne

Détaillant la construction de cette vaste crèche, le quotidien précise : « Le mistere lui-même comprendra — dans des décors de Willy Holt qui s’est inspiré des crèches de la Renaissance italienne — une suite d’images animées évoquant la naissance de Jésus et l’an I de l’ère chrétienne, tandis que les haut-parleurs diffuseront de la musique et des textes de l’Évangile. Apparaîtront ainsi : le palais où l’empereur Auguste ordonne le recensement de tous les habitants de l’Empire romain ; la route de Nazareth à Bethléem où cheminent Marie et Joseph ; l’étable où naît l’Enfant Jésus ; les bergers et tout le peuple adorant ; l’étoile apparaissant aux Rois Mages [...] »


Mais au-delà de la construction du décor, ce qui anime véritablement les lieux, ce sont les « soixante acteurs et figurants ainsi qu’une importante ménagerie où l’âne côtoie naturellement le bœuf, et les chevaux, les dromadaires. Cent trente-cinq projecteurs et vingt-quatre jeux d’orgue seront mis en œuvre et quarante haut-parleurs transmettront les bandes sonores [...] » À noter : le spectacle était gratuit, pour peu que l’on retire ses billets au siège parisien de Radio-Luxembourg.

Jean-Bernard Litzler
Le Figaro





France — Vives réactions après amalgame par ministre Blanquer entre écoles indépendantes et écoles illégales

Quand le Ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer assimile publiquement écoles indépendantes et écoles illégales sans se reprendre, la Fondation pour l’école voit rouge par le biais de sa Directrice générale.

Invitée par le Figaro Vox comme par Valeurs Actuelles le jeudi 20 décembre, Anne Coffinier a exprimé publiquement son désaccord et exprimé des doutes quant à la neutralité des services de l’Éducation nationale à l’égard des écoles indépendantes, notamment lors des inspections.

Entretien avec Valeurs Actuelles :

Au lieu d’assimiler les écoles hors contrat aux écoles clandestines, le ministre de l’Education nationale ferait mieux d’impulser une politique transparente de contrôle des écoles indépendantes, souligne Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l'école.

Vous avez évoqué, à la suite du passage de Jean-Michel Blanquer chez Jean-Jacques Bourdin ce mardi, un « dérapage verbal » du ministre de l’Education nationale. De quoi parliez-vous ?

Monsieur Blanquer est intervenu pour expliquer qu’il avait fait fermer à Marseille une « école » clandestine, parce que non déclarée et reliée au fondamentalisme salafiste. On ne peut que s'en féliciter. Selon lui, cette fermeture aurait été rendue possible par le vote en avril dernier de la loi Gatel, qui lui aurait donné les outils juridiques pour « fermer les écoles qui ne sont pas dans les normes ». Or, cette affirmation est fausse, car la structure clandestine en question n’avait pas le statut d’école ; elle n’était pas déclarée et donc pas assujettie aux contrôles stricts prévus par le Code de l'éducation pour ces écoles. La fermeture de cette structure clandestine relevait donc des pouvoirs de police généraux, et pas des nouvelles dispositions introduites par loi Gatel, à l'instigation de l'actuel ministre.


En quoi cette confusion est-elle lourde de sens ?
Jean-Michel Blanquer a assimilé les écoles clandestines aux écoles hors contrat. C’était un lapsus, sans doute, mais un lapsus très inquiétant, qui a suscité immédiatement un profond malaise chez les personnes attachées à la liberté scolaire. Non, l’école publique n'est pas le seul système de scolarisation légal et légitime ! Le ministre doit au contraire se féliciter de la richesse apportée par les écoles indépendantes au paysage éducatif français. Comme le disait Condorcet, la présence d'écoles privées différentes de l'école publique constitue un stimulus utile pour cette dernière. De surcroît, la liberté d’enseignement a une valeur constitutionnelle et il revient justement à l'Etat d'en garantir le respect. C'est pour cela qu'il est essentiel que le ministère rappelle clairement son attachement respectueux à la liberté scolaire, surtout après cet épisode malheureux.


Qu’attendez-vous de l’Etat et de Jean-Michel Blanquer ?

Soyons clairs, les écoles hors contrat acceptent totalement le contrôle de l’État, à condition qu’il soit exercé de manière neutre et conforme au droit. Quand on entend de telles déclarations, on est en droit de se poser des questions sur l'objectivité avec laquelle s'exercent les contrôles sur l'ensemble des écoles indépendantes. Et quand on voit le vade-mecum imposé aux inspecteurs pour mener leurs contrôles, on ne peut qu'avoir des interrogations renforcées, tant il est animé manifestement d'une prévention de principe à l'encontre des écoles indépendantes dans leur ensemble. Et ce, alors qu'elles sont de plus en plus diverses et populaires. Sans doute est-ce pour cela que ce vade-mecum n'a jamais été publié officiellement, ni communiqué aux écoles, alors même que les inspections sont ouvertement réalisées sur la base de ce document conçu sous Najat Vallaud-Belkacem, et jamais abrogé malgré nos demandes étayées. Nous attendons aujourd'hui que le ministre réaffirme son respect des écoles indépendantes, qu'il retire ce vade-mecum et enfin, qu'il impulse une politique transparente de contrôle des écoles indépendantes, qui soit respectueuse du droit et des libertés constitutionnelles.


Communiqué de la Fondation pour l'école

Invité par Jean-Jacques Bourdin sur BFM.TV le mardi 18 décembre 2018, le ministre Jean-Michel BLANQUER s’est laissé aller à un dérapage verbal, assimilant purement et simplement les écoles clandestines aux écoles hors contrat. Ce lapsus linguae a de quoi inquiéter, d’autant qu’il est accompagné de plusieurs propos très contestables.

1 – LA LOI GATEL N’A AUCUN RAPPORT AVEC LA FERMETURE D’ÉCOLES CLANDESTINES :

L’école clandestine fermée à Marseille n’avait pas le statut d’école. C’était un regroupement informel d’enfants selon le ministre : cela n’a rien à voir avec une école hors contrat, dont le régime juridique d’ouverture et de contrôle est dûment prévu et encadré par la loi.

Contrairement aux affirmations du ministre, ce n’est donc pas sur la base juridique de la loi GATEL, adoptée en avril 2018 et visant au renforcement du contrôle des écoles hors contrat, que le ministre a pu faire fermer cette école de fait, mais sur la base de pouvoirs de police plus généraux, dont il disposait bien avant cette loi.

L’État a depuis toujours la possibilité de fermer ces écoles clandestines, pour autant qu’il en ait la volonté politique. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour fermer l’école clandestine de Marseille ?

2 – UNE RECONNAISSANCE DE PATERNITÉ À RETARDEMENT :

Pourquoi n’avoir pas assumé à l’époque son pilotage en sous-main de cette loi de restriction de l’essor des écoles indépendantes ?Jean-Michel Blanquer revendique la paternité de la loi GATEL adoptée en avril dernier et portée par le groupe Union Centriste du Sénat. Il dit en effet aujourd’hui « depuis que nous avons fait voter une loi… » mais était beaucoup plus discret au moment de son adoption, faisant comme si elle était réellement portée de manière indépendante par le groupe Union centriste constitué derrière la sénatrice Françoise Gatel.

3 – « LES ÉCOLES INDÉPENDANTES, VOILÀ L’ENNEMI » :

Ancien directeur de l’ESSEC, Jean-Michel Blanquer a manifesté plusieurs fois son ouverture pragmatique aux écoles privées, persuadé de ce qu’elles pouvaient apporter au système public comme source d’inspiration.

Il avait notamment manifesté son soutien aux écoles Espérance banlieues en participant à leur colloque[1] et a également manifesté son soutien aux écoles Montessori[2].

Mais le changement, c’était avant. Avant d’être nommé ministre. Aujourd’hui, Jean-Michel BLANQUER présente toutes les écoles indépendantes, qui sont de plus en plus diverses (écoles à pédagogie structurée et explicite, pour publics spécifiques ou à pédagogies innovantes), comme des établissements douteux par définition.

Pourquoi un tel revirement de langage, alors qu’il sait mieux que quiconque que les écoles indépendantes sont étroitement contrôlées par l’État, bien plus d’ailleurs que ne le sont les autres écoles [publiques et privées subventionnées] ?

Pour mémoire, voici la composition des écoles ouvertes la rentrée dernière[3] : leur variété saute aux yeux. En entretenant volontairement ou non les confusions, le Ministre porte atteinte à la réputation de l’ensemble de ces écoles, dont plusieurs ont d’ailleurs été fondées par des militants de La République en Marche.

4 – NON, LE SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS NE SE RÉDUIT PAS À L’ÉDUCATION NATIONALE :

Jean-Michel BLANQUER tend, dans son discours, à assimiler le paysage scolaire français à l’Éducation nationale. C’est tendancieux. Ce dernier se constitue de l’école publique (qui ne relève pas toujours de la tutelle de l’Éducation nationale), des écoles privées sous contrat, des écoles privées hors contrat, et de la scolarisation à domicile (avec ou sans cours par correspondance).

Tous ces types de scolarisation sont prévus et encadrés par le Code de l’éducation et garantis constitutionnellement. Dans son intervention, par plusieurs approximations langagières, il témoigne de son manque de respect pour cette diversité.

Il indique que les enfants issus de cette école clandestine de Marseille seront « rescolarisés dans une école publique ». Il outrepasse donc la loi, qui prévoit qu’ils doivent être rescolarisés dans un autre établissement, sans imposer que ce soit spécialement dans une école publique. Les autres modes de scolarisation sont tout aussi acceptables et républicains pourvu qu’ils respectent la loi.

5 – AU-DELÀ DES FORMULATIONS DU MINISTRE QUI LAISSENT SONGEUR, LA LÉGALITÉ ET LA TRANSPARENCE DE SON ACTION PARAISSENT DÉSORMAIS INCERTAINES :

Sur les écoles clandestines : « il y en a quelques-unes. On ne donne pas le chiffre précisément parce qu’on veut être efficace ». En quoi donner un chiffre d’écoles clandestines nuirait-il à l’efficacité des contrôles diligentés par la puissance publique ?

En démocratie, et au lendemain de l’attentat islamiste de Strasbourg, on est vraiment en droit de savoir combien il y a d’écoles clandestines et d’avoir l’assurance que l’État va les fermer sans plus attendre.

EN CONSÉQUENCE, LA FONDATION POUR L’ÉCOLE :

– demande au Ministre de cesser les amalgames entre écoles hors contrat et écoles clandestines et de rétablir publiquement la vérité ;

– de veiller à ce que la politique qu’il impulse soit conforme au Code de l’éducation et, plus largement, à la liberté d’enseignement et aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ;

– demande en particulier à ce que les contrôles sur les écoles indépendantes se déroulent désormais conformément au droit, sans hostilité de principe à la liberté scolaire. Les écoles indépendantes sont en effet libres leur organisation, programmes et méthodes pédagogiques pourvu qu’elles se conforment aux obligations légales et règlementaires qui leur incombent ;

– renouvelle (encore) sa demande d’audience au Ministre de l’Éducation nationale ;

– demande au Ministre de ne plus traiter les professeurs, parents d’élèves et élèves en citoyens de seconde zone et de les traiter conformément à l’égalité républicaine, sans discrimination aucune.

Cliquez pour télécharger le communiqué de presse

[1] http://demain-lecole.over-blog.com/2017/05/jean-michel-blanquer.bientot-une-ecole-type-esperance-banlieue.video-documents.html

[2] https://blogs.mediapart.fr/claude-lelievre/blog/310717/la-bonne-pioche-blanquer-invoque-l-esprit-montessori

[3] https://www.fondationpourlecole.org/157-nouvelles-ecoles-ouvertes-en-2018-communique-de-presse-de-lassociation-creer-son-ecole/



Les Américains sont plus gros, plus petits et meurent plus jeunes

Les Américains sont plus gros... et plus petits qu’en 1999...

En une quinzaine d’années, la silhouette des Américains s’est transformée, selon des statistiques sanitaires fédérales publiées hier.

Ce n’est pas vraiment une surprise, dans un pays luttant depuis de nombreuses années contre le fléau de l’obésité, que le poids moyen, le tour de taille et l’indice de masse corporelle (IMC) aient augmenté chez les adultes entre 1999 et 2016, dernières statistiques disponibles.

« Une augmentation linéaire importante dans le poids a été constatée à travers le temps, à la fois chez les hommes et chez les femmes », relève le National Center for Health Statistics dans son rapport, qui s’appuie sur des examens physiques de plus de 47 000 personnes âgées de plus de 20 ans aux États-Unis.

D’après les données publiées jeudi, un Américain pesait en moyenne 89,8 kg en 2015-2016 et une Américaine 77 kg. En 1999-2000, ils affichaient respectivement 86 et 74 kg en moyenne.

Tour de taille et stature

Sur la même période, le tour de taille des hommes s’est étiré, pour passer de 99 cm à 102 cm, et celui des femmes a pris 5 cm, pour en arriver à 98 cm.

Si la population américaine a ajouté quelques centimètres à sa circonférence, elle a perdu quelques millimètres au niveau de la taille. Un Américain mesurait en moyenne 175,4 cm en 2015-2016, contre 175,6 cm en 1999-2000. L’Américaine a également perdu en hauteur, passant de 162,1 cm à 161,7 cm.

En ce qui concerne l’IMC, le ratio entre la taille et le poids, celui des hommes est passé de 27,8 en moyenne en 1999 à 29,1 en 2016. Chez les femmes, il ressort à 28,2 contre 27,8 auparavant.

Pour l’Organisation mondiale de la santé, un adulte dont l’IMC dépasse 25 est en surpoids et une personne est obèse quand il est supérieur à 30, soit à partir de 87 kg pour une personne mesurant 170 cm.

D’après les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 39,8 % des Américains sont considérés comme obèses.

Stature en baisse liée à la « diversité » ?

Une métaétude récente intitulée « Un siècle de tendances en matière de taille humaine chez l’adulte » s’est penchée sur les données relatives à la taille issues de 1 472 études basées sur la population menées dans plus de 200 pays. L’étude a révélé que si les Américains étaient parmi les plus grands du monde en 1896, la croissance des Américains a diminué au cours du siècle alors que les habitants de très nombreux autres pays sont devenus plus grands.

En 1914, les hommes américains se classaient au troisième rang mondial sous la toise et les femmes américaines au quatrième rang. Aujourd’hui, ils ont chuté aux 37e et 42e places, respectivement, après avoir atteint leur apogée en 1996 et 1988.

Les personnes les plus grandes des cent dernières années sont les Néerlandais nés depuis 1975 et dont la taille moyenne dépasse 182,5 cm (6 pieds). Les personnes les plus courtes étaient des femmes nées au Guatemala en 1896, dont la taille moyenne était de 140,3 cm.

Un facteur qui pourrait expliquer cette légère baisse dans la stature des Américains alors que les autres populations ont tendance à grandir pourrait être le changement dans la composition ethnique des États-Unis. Il y a un nombre croissant d’Américains mexicains, qui représentent environ les deux tiers des Hispaniques aux États-Unis, et ce groupe a une plus petite taille que les autres groupes ethniques, a déclaré l’une des auteurs du rapport, Cynthia Ogden de l’agence fédérale du centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Il en va de même des Centro-Américains qui forment aujourd’hui un fort contingent parmi les immigrés illégaux.

Remarque : parmi les pays en bleu en 1896, seuls les pays baltes le sont demeurés, ce sont des pays à faible immigration (contrairement à la Suède, le Canada ou les États-Unis).

Américains meurent plus jeunes, blancs et ruraux frappés

L’espérance de vie a continué à baisser aux États-Unis en 2017 par rapport à 2014, une dégradation historique principalement due à la crise des surdoses de drogues, mais aussi à l’augmentation du nombre de suicides, selon des statistiques de santé publiées hier.

L’espérance de vie était en 2017 de 76,1 ans pour les hommes et de 81,1 ans pour les femmes. La moyenne pour la population était de 78,6 ans, contre 78,9 en 2014. C’est trois ans et demi de moins que de l’autre côté de la frontière, au Canada, également touché par les surdoses. « Ces statistiques nous alertent et montrent que nous perdons trop d’Américains, trop souvent, pour des causes évitables », a déclaré le directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies, Robert Redfield, ajoutant que l’espérance de vie était un indicateur de l’état de santé général des États-Unis.

Les taux de mortalité ont augmenté en 2017, en particulier chez les 25 à 44 ans, selon le CDC. Le taux de mortalité a augmenté chez les Américains blancs, tout en restant stable ou en baisse chez les autres groupes raciaux.

Au total, 2,8 millions d’habitants des États-Unis sont décédés dans le pays en 2017, soit 69 255 décès de plus qu’en 2016.

Le fléau des surdoses de drogues a commencé au début des années 2000, son intensité s’accélérant depuis quatre ans. Les décès par surdose de drogue ont atteint un nouveau record - 70 237 l’an dernier (2017), selon un autre nouveau rapport du CDC. Le taux de décès par surdose a augmenté de 9,6 % entre 2016 et 2017.

Le taux de mortalité due au fentanyl et à des opioïdes de synthèse similaires a augmenté de 45 % en une seule année. Les décès dus à l’héroïne et aux médicaments sur ordonnance sont restés inchangés.


Les décès par suicide ont également augmenté. Le taux de suicide a augmenté d’un tiers depuis 1999, selon les statistiques du CDC, pour atteindre 14 pour 100 000 personnes l’an dernier.

Les données montrent que le taux de suicide dans les comtés les plus ruraux est presque le double de celui des pays les plus urbains. En 2016, le suicide est devenu la deuxième cause de décès chez les 10 à 34 ans. C’est la 10e cause de décès pour tous les groupes d’âge.

Parmi les 10 principales causes de décès du pays, seul le taux de mortalité par cancer a diminué l’année dernière.

La surdose de drogue et les suicides entraînent une diminution de l’espérance de vie. Les décès dus à sept causes — accidents, maladies respiratoires, AVC, Alzheimer, diabète, grippe et suicide — ont augmenté.




Les Marchands de nouvelles

Chronique d’Éric Zemmour sur le dernier livre d’Ingrid Riocreux.

Marcel Proust disait déjà qu’on écrit toujours le même livre. Le dernier ouvrage d’Ingrid Riocreux l’atteste une fois encore. Notre professeur agrégée de lettres modernes était sortie de l’anonymat protecteur des salles de classe il y a deux ans, en publiant une remarquable analyse de la Langue des médias, déconstruisant avec sagacité, mâtinée d’une ironie jubilatoire, le jargon et les non-dits, les fautes contre la grammaire et les fautes contre la réalité, de tous les grands prêtres et des petits abbés médiatiques, qu’ils soient de presse écrite ou audiovisuelle. Comme toujours après un livre réussi, on s’aperçoit que d’autres, avant soi, il y a des années, des décennies, voire parfois des siècles, ont déjà tout écrit et mieux sur la question.

Sans surprise, Ingrid Riocreux a retrouvé dans Balzac ou Maupassant une dénonciation farouche des mœurs de la presse qui n’a pas pris une ride : rien de nouveau sous le soleil, sauf la technologie. Cette leçon d’humilité est en même temps une incitation à recommencer, puisque la lecture des grands anciens nous hisse sur les épaules de géants d’où on voit plus loin et plus grand. Ainsi va la vie intellectuelle depuis des lustres et ainsi va la vie éditoriale d’Ingrid Riocreux qui creuse à nouveau le même sillon, mais en labourant de plus en plus profond. Cela donne un livre à la fois passionnant et désordonné, qui abuse des digressions personnelles et ressemble davantage à une suite de chroniques (qu’elle livre désormais dans Causeur) qu’à un essai ordonné à la française. Mais le lecteur est comme Louis XIV dînant à Versailles, qui veut goûter à chacun des innombrables plats servis devant lui, même si ceux-ci ne lui plaisent pas tous également.

Notre spécialiste en rhétorique, stylistique et grammaire reprend son travail de sape si utile. Elle renoue avec les mêmes thématiques en les renouvelant, pointe de son doigt moqueur les sempiternels mensonges et dissimulations, parti pris et peur « de faire le jeu du… ». Les thèmes principaux sont ceux attendus : immigration, islam (« Le djihadisme n’a rien à voir avec l’islam »), la psychologisation et la psychiatrisation des actes pour mieux dissimuler les mobiles idéologiques et religieux, mais aussi le féminisme (« Les meurtres conjugaux commis par les femmes sont excusables et ceux commis par les hommes scandaleux »), l’homosexualité (l’incroyable puissance de feu du lobby LGBT) ou encore les méchants qui sont toujours méchants comme Poutine ou Trump, ou les gentils qui sont toujours gentils comme Obama.

Ingrid Riocreux analyse avec finesse les ressorts idéologiques de la doxa médiatique : « Les journalistes n’approuvent que deux sentiments d’appartenance ; le communautarisme, notamment régionaliste, qui fractionne la communauté nationale ; et l’européisme qui la transcende. Plus petit ou plus grand, tout sauf la nation » ; et décrit les modes de transmission de l’unanimisme moutonnier, en particulier les centres de formation des journalistes (qui ont le même rôle d’unificateur idéologique que les instituts de formation des profs) qui préparent avec une rare efficacité cette « convergence spontanée » fort bien décrite par le sociologue des médias Alain Accardo. Après d’autres, elle note le rôle de chien de garde du système joué désormais par les comiques, ceux qu’elle qualifie de « lieutenants des journalistes ». Et pointe avec pertinence « la tendance globale des médias à se considérer comme la conscience morale de notre société […] Comme la parole de Dieu fait advenir le réel, les journalistes semblent penser que leur parole a le pouvoir de faire advenir ce qui est. Dès lors, à l’inverse, taire une réalité contribuerait à la reléguer dans le non-être, comme si le silence avait le pouvoir d’abolir le réel. »

Les médias ou le parti-prêtre de la société moderne. Ingrid Riocreux fait de l’interviewer-éditorialiste Jean-Michel Aphatie l’incarnation dérisoire de ce Haut Clergé, croqué à la manière d’un Trissotin peint par Molière : suffisant autant qu’insuffisant, arrogant autant qu’ignorant, vaniteux autant que fielleux. Un petit courtisan qui pose au grand résistant.

De l’insignifiant à l’essentiel : en plongeant dans les ouvrages oubliés du passé, notre auteur découvre comment Hitler et les nazis se sont inspirés des techniques de propagande américaine pendant la Première Guerre mondiale. Contrairement à ce que nous serine la doxa, il n’y a pas d’étanchéité absolue, en la matière, entre les régimes totalitaires et les méthodes qui ont pu être utilisées par certaines démocraties, notamment la plus grande d’entre elles.

Ce renversement de perspective historique est la pépite du livre. Il rappelle, après Orwell, qu’aucun régime n’est épargné par ce phénomène. Il donne son éclairant sous-titre à l’ouvrage : Essai sur les pulsions totalitaires des médias. Surtout, il permet de mieux comprendre le terrible travail d’endoctrinement de la propagande médiatique qui, à la manière des régimes totalitaires, se sert de la langue pour envahir nos cerveaux et pervertir nos esprits, pour mieux les soumettre à sa Loi. Il faudrait d’ailleurs aller encore plus loin, s’arracher à la contemplation de la seule information et des seuls journalistes, accomplir le même travail d’analyse et de déconstruction pour le reste du paysage médiatique, les émissions de soi-disant divertissement, ou d’infodivertissement, mais encore les fictions, des séries aux films, du plouc Plus belle la vie jusqu’au chic « made in Hollywood », voire aux publicités ou encore aux « campagnes d’information » des pouvoirs publics ; ce puissant et irrésistible fleuve médiatique qui inonde en permanence nos regards et nos cerveaux, détruit en nous les dernières digues qui résistent encore à la propagande effrénée de l’idéologie dominante, ce politiquement correct à la fois libéral et libertaire, qui exalte sans cesse les mêmes totems et tabous qu’Ingrid Riocreux a pertinemment pointés ; ce puissant et irrésistible fleuve médiatique d’aujourd’hui qui aurait sans doute fait rêver les artificiers de Hitler et de Staline. Peut-être pour un prochain livre.


Hitler découvre la télé moderne



Les Marchands de nouvelles
Essai sur les pulsions totalitaires des médias.

par Ingrid Riocreux,
chez L’artilleur,
paru le 24 octobre 2018
à Paris
528 pages,
22 euros.
ISBN-13 : 978-2810008469


Voir aussi


Médias : la nouvelle Inquisition ?

Cours de rhétorique et de décryptage des médias à l’école



jeudi 20 décembre 2018

Confondre hospitalité légitime temporaire et droit à l'immigration définitive

Laurent Dandrieu déplore le soutien du Vatican au Pacte mondial des migrations. Il invite les chrétiens à écouter la souffrance des peuples européens en situation d’insécurité culturelle et à réaffirmer avec conviction le droit de rester dans son pays.

Laurent Dandrieu est rédacteur en chef des pages Culture à Valeurs Actuelles. Il a publié Église et immigration, le grand malaise. Le pape et le suicide de la civilisation européenne, aux Presses de la Renaissance en 2017.


Depuis le début du pontificat, les prises de position répétées du pape François en faveur des migrants suscitent de nombreuses incompréhensions et critiques chez beaucoup de fidèles, qui les jugent irréalistes, contraires aux règles élémentaires du bien commun ou tout simplement incompatibles avec la survie des nations européennes et avec le droit des peuples européens à la continuité historique de leurs identités.

Et depuis le début du pontificat, ceux qui soutiennent ces positions du pape rétorquent à ses détracteurs qu’il ne s’agirait, de la part de François, que d’une stricte mise en œuvre de la charité évangélique, d’un rappel vigoureux de la parabole du bon Samaritain et des appels de Jésus à accueillir l’étranger, que cela interdirait toute critique et fermerait la porte à tout débat. À mesure toutefois que le pontificat avance et que les textes et les déclarations s’accumulent, cette ligne de défense paraît de moins en moins tenable, les interventions du pape sur le sujet apparaissant de plus en plus clairement pour ce qu’elles sont : des positions qui ressortent de la politique — mais une politique malheureusement colonisée par la morale, et donc étrangère au souci du bien commun.

Le pape argentin François en compagnie d’immigrants le 11 avril 2018 au Vatican derrière une banderole « Personne n’est étranger »... Dans le Royaume des Cieux... Mais même l’Apocalypse distingue encore les nations...

Déjà, à l’été 2017, le message annuel du pape à l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié énumérait pas moins de 21 mesures proposées aux gouvernements des pays d’accueil qui, si elles étaient appliquées, interdiraient à ceux-ci l’exercice de cette « prudence » dans l’accueil des migrants pourtant théoriquement prônée par le pape, et la possibilité même d’une politique migratoire maîtrisée. Aujourd’hui, le soutien enthousiaste du Vatican au « Pacte mondial des Nations unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » ne fait que renforcer la conviction que le propos du pape n’est pas seulement de rappeler la dignité à laquelle a droit toute personne humaine, mais bien de promouvoir une vision du monde où la migration constitue l’horizon indépassable de l’humanité, et la voie de son salut.

Le texte du Pacte postule que la migration est devenue la loi du genre humain.

Preuve de cette adhésion enthousiaste, le pape avait dépêché à Marrakech, pour l’adoption du pacte, rien de moins que son Secrétaire d’État, Mgr Pietro Parolin. Rien d’étonnant à cela, puisque le journal la Croix souligne que « dès le début, le Saint-Siège avait (...) fortement promu le processus d’élaboration de ce pacte, en particulier à travers la section pour les migrants et les réfugiés du Dicastère pour le développement humain intégral, qui avait notamment publié vingt pistes d’action ». Et, sur la place Saint-Pierre, dimanche 16 décembre, le pape François a tenu à saluer l’adoption de ce pacte qui permettra à la communauté internationale « d’œuvrer avec responsabilité, solidarité et compassion envers ceux qui, pour des raisons diverses, ont quitté leur pays ».

Mgr Parolin aura eu beau, à Marrakech, rappeler le droit fondamental « à ne pas émigrer », cela ne sera apparu, comme les appels à la prudence du pape François, que comme une précaution oratoire ou une concession rituelle aux opinions publiques, dans un contexte où il s’agissait d’apporter son soutien à un texte qui postule clairement que la migration est devenue la loi du genre humain, « partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d’une même région et d’une région à l’autre et faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination ». Migrations auxquelles il serait d’autant plus absurde de vouloir s’opposer « qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable ». Dès lors, même si la souveraineté nationale en matière de politique migratoire est posée en principe et même si les signataires s’engagent à « lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine », l’objectif prioritaire du texte paraît nettement être moins d’endiguer le flot des migrations que de dégager « une meilleure gouvernance (qui) permette d’optimiser ces effets positifs » qu’elles sont censées engendrer. Il n’est d’ailleurs pas anodin de noter que ce sont les mêmes Nations unies, à l’origine de ce pacte, qui ont inventé dans un texte de 2001, le concept de « remplacement de population » censé pallier par des migrations massives le déficit démographique des nations occidentales.

Au passage, notons que la dénonciation des « fake news » que constitueraient les craintes sur la nocivité du Pacte, alors que celui-ci, n’étant pas juridiquement contraignant, n’engagerait à rien de précis, est elle-même la plus formidable des « fake news » : car, que l’on sache, la Déclaration universelle des droits de l’homme n’est pas davantage un texte juridiquement contraignant : oserait-on dire qu’il n’engage à rien les États qui la reconnaissent? Si demain, la CEDH ou toute autre juridiction intégrait le pacte pour les migrations à sa jurisprudence, ne constituerait-il pas un formidable moyen de pression sur les gouvernements qui l’auront adopté?

C’est à un texte qui peut devenir directement opposable aux États que le pape François a donné son aval.

C’est donc à un texte qui, demain, peut devenir directement opposable aux États que le pape François a donné son aval. Il ne s’agit pas de sa part d’une vague et énième pétition de principe, mais bel et bien d’un acte politique. Et d’un acte politique posé d’autant plus aisément que le texte de Nations unies rejoint au moins trois des constantes les plus marquantes du pape sur le sujet. D’abord, l’idée que les migrations seraient, malgré les tragédies personnelles qui peuvent en être l’origine, un bien fondamental pour la marche du monde. Opportunité d’exercer une « culture de la rencontre », « de créer de nouvelles synthèses culturelles », « occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste » : le pape François n’est pas avare d’expressions pour exprimer cette vision, développée à des degrés divers par tous les papes depuis Jean XXIII : les migrations de masse seraient un moyen privilégié de progresser vers cette « unité de la famille humaine » qui est comme une « préfiguration anticipée de la Cité sans frontières de Dieu ». Les migrations, écrit ainsi le pape François, peuvent « ouvrir des espaces à la croissance d’une nouvelle humanité, annoncée par avance dans le mystère pascal : une humanité pour laquelle toute terre étrangère est une patrie et toute patrie est une terre étrangère ».

La deuxième constante est que, dans ce processus censé conduire naturellement à un enrichissement humain et culturel des pays d’accueil, seul l’intérêt du migrant est considéré, puisque, « fuyant la guerre et la faim », comme ne cesse de le marteler le pape François, ce nouveau prolétaire des nations a pour ainsi dire un crédit illimité sur les anciens peuples colonisateurs, coupables de sa misère (le pape a explicitement limité la colonisation à une entreprise de pillage) et confits dans une opulence coupable, qu’ils ne répugneraient à partager que par des réflexes de peur ou de xénophobie. Quand il s’agit des Européens inquiets de l’immigration de masse et de la progression de l’islam, le « Qui suis-je pour juger? » n’est plus de mise : la sentence est prononcée, sans même entendre la défense.

Le problème est que cette vision caricaturale véhiculée par les déclarations du pape François ne correspond pas le moins du monde à la réalité. Des réfugiés « fuyant la guerre et la faim »? Aussi opposés soient-ils sur la lecture politique du phénomène, les démographes s’accordent sur une chose, comme le notait Jean-Pierre Robin dans un récent article du Figaro : « Ce n’est pas “la misère du monde” qui franchit (…) la Méditerranée, mais les mieux formés et les plus argentés qui tentent l’aventure migratoire. » Loin de résoudre le problème de l’inégale distribution des richesses dans le monde, les migrations de masse l’aggravent en réalité, en privant les pays pauvres de leurs forces vives et en les plongeant dans une spirale de l’échec. Des pays opulents qui refuseraient, par pur égoïsme, d’ouvrir leurs frontières aux miséreux? La récente révolte des « gilets jaunes » et l’attention médiatique trop longtemps déniée qu’elle a enfin value à la France des oubliés a rappelé de manière tonitruante que la richesse apparente de nos sociétés masquait la paupérisation accélérée des classes populaires, qui admettent de moins en moins que leurs souffrances soient niées. Dans les innombrables déclarations du pape François sur l’accueil des migrants, on cherchera en vain une attention pour ces souffrances. Comme on cherchera en vain, sinon pour les condamner, une mention des inquiétudes que fait naître la présence de plus en plus massive d’un islam conquérant sur le territoire d’une Europe qui s’est construite comme une terre de chrétienté. « Le phénomène des migrations contribue à cultiver le “rêve” d’un avenir de paix pour l’humanité tout entière », écrivait Jean-Paul II en 2004 : aujourd’hui, communautarisme, dissociété, islamisme radical et appauvrissement généralisé aidant, le « rêve » a tourné au cauchemar pour toutes les parties concernées, mais le pape continue de rêver…

Il y a un décalage entre ce que vivent les populations européennes et le discours pontifical.

Ce décalage entre ce que vivent les populations européennes et le discours pontifical amène à la troisième convergence entre le pape et les Nations unies : contaminé sans doute par le « en même temps » macronien, le texte du pacte mondial pour les migrations, tout en s’inscrivant « dans le plein respect de la liberté de la presse », n’en propose pas moins aux États signataires d’orienter le débat public en vue d’« amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières » ; pour ce faire, il faudra « sensibiliser » les journalistes « aux questions de migration et à la terminologie afférente » et punir les récalcitrants qui persisteraient à ne pas présenter l’immigration sous un ses aspects les plus positifs, et donc « cesser d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants ». Ce programme subjectif (on sait avec quelle facilité l’accusation d’intolérance est imputable à quiconque ne cède pas aux sirènes du sans-frontiérisme) et fort peu libéral rejoint les préoccupations de longue date du pape François qui, depuis le début de son pontificat, ne cesse d’admonester les journalistes coupables de propager une vision anxiogène de l’immigration, et à les appeler, au contraire, non pas à informer objectivement, mais à concourir à la « conversion des attitudes et à favoriser ce changement de comportement envers les migrants et les réfugiés ». Un appel à une « information » militante quelque peu consternante pour tout journaliste soucieux de décrire le réel tel qu’il est. C’est avec une consternation similaire que l’on entendait il y a quelques jours l’archevêque de Strasbourg, Mgr Ravel, lors de l’office en mémoire des victimes du récent attentat islamiste, déclarer qu’il ne fallait surtout pas en profiter pour réfléchir à la place de l’islam dans nos sociétés, ou à l’ampleur des migrations, « vieux démons » de division. Quand les disciples du Maître qui a enseigné que « la Vérité vous rendra libres » préfèrent cacher la poussière sous le tapis de peur de nuire au « vivre-ensemble », la belle liberté des enfants de Dieu a dangereusement du plomb dans l’aile.

Il faut rétablir l’équilibre bimillénaire entre le respect de l’identité des nations et l’appel à la fraternité universelle.

À l’heure où tous les peuples européens, les uns après les autres, entrent en rébellion contre des élites qui ont voulu les emmener de force là où ils ne voulaient pas aller, il est tragique de constater que le Vatican, comme le montre son soutien au pacte mondial pour les migrations, a choisi de se solidariser avec ces élites hors-sol plutôt que d’écouter les souffrances des peuples, au risque de creuser encore un peu plus le fossé béant qui la sépare désormais des Européens. À cette voie suicidaire, on nous permettra d’opposer les fortes paroles du cardinal Robert Sarah, prononcées lors d’une conférence donnée à Varsovie en octobre 2017 : « Je le redis avec conviction : il s’agit de coopérer ardemment au développement intégral des peuples touchés par la guerre, la corruption et les injustices de la mondialisation. Et non pas d’encourager le déracinement des individus et l’appauvrissement des peuples.

Certains se plaisent à utiliser des passages de la Parole de Dieu pour apporter une caution à la promotion de la mobilité universelle et du multiculturalisme. On utilise ainsi allégrement le devoir d’hospitalité envers l’étranger en déplacement pour légitimer l’accueil définitif de l’immigré. L’Église respecte les médiations naturelles voulues par le Créateur dans sa sagesse. Le génie du christianisme est l’Incarnation de Dieu dans le monde humain, non pas pour le détruire, mais pour l’assumer et l’élever à sa destination divine. »

Rétablir l’équilibre miraculeux, bimillénaire, entre le respect de l’identité des nations et l’appel à la fraternité universelle, convaincre à nouveau les Européens que le catholicisme est l’avenir des peuples et non leur destruction, telle est la seule voie pour que l’Europe et l’Église aient encore un avenir commun.

Source : Figaro Vox

LIRE AUSSI Le Pacte mondial sur les migrations pourrait devenir contraignant (Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l’Institut Thomas More)

mercredi 19 décembre 2018

Éthique — passage en revue rapide d'arguments classiques pro-avortement

Sentience = sensibilité, conscience, sentient = doué de sensibilité.

La phrase sous-titrée « Ok, je ne crois pas, que le fait que vous soyez un fardeau pour quelqu'un, ne soit une justification suffisante pour quiconque voudrait vous tuer, » serait plus clair écrite ainsi : « Ok, je ne crois pas que le fait que vous soyez un fardeau pour quelqu'un soit une justification suffisante pour quiconque voudrait vous tuer. » Le « ne » explétif (sans valeur négative) pouvant induire en erreur.


Le programme ECR (Éthique et culture religieuse) aborde la question de l’avortement. Les manuels ECR ne présentent d’ailleurs pas toujours de manière juste les arguments même lors qu’ils essaient d’être objectifs (prétendant par exemple que l’idée que la vie commence à la conception comme une idée religieuse, plutôt que scientifique...) Voir Erreurs et imprécisions dans le chapitre sur le clonage d’un livre d’ECR pour la 2e secondaire :

Dire au sujet des catholiques à la page 159, que « pour eux, la vie commence dès la conception » est un non-sens. Ce n’est pas l’Église catholique qui dit ça, mais c’est la réalité biologique. Dès la fusion des gamètes, une nouvelle vie humaine est présente, ce n’est pas une question de dogme ou de croyance. Aucun biologiste, athée ou d’une autre religion, ne peut le nier ni prouver le contraire. Mais ce que fait l’Église catholique en revanche, c’est qu’elle admet cette donnée de la biologie et en prend acte et donc se dit : si c’est bien un être humain, alors c’est mon frère, alors je dois le respecter comme un autre moi-même. Et donc, je ne puis détruire sa vie, ni l’instrumentaliser même pour me guérir ou guérir mon propre enfant. C’est un sujet de droit, non un objet. De là à dire que l’Église catholique interdise toute manipulation génétique (légende de l’illustration 10.11, Le Devoir, 10 mars 2008) est également faux : l’Église catholique interdit toute manipulation qui attenterait à la vie ou au respect d’un être humain, mais une manipulation génétique (thérapie génique par exemple) qui aurait pour but de guérir est tout à fait légitime et même souhaitable.





De l’avortement à l’infanticide... pour le bien-être de la famille

France — les débats en classe sur l’avortement excluent-ils la présentation des arguments des pro-vie ?

Militant pro-avortement brutalise une militante pro-vie, silence radio (m à j)

Éric Zemmour sur l’avortement

États-Unis : les jeunes femmes adultes sceptiques envers le féminisme militant et l’avortement

Russie : réduction rapide du nombre d’avortements