vendredi 30 mai 2014

Avis juridiques sur l'euthanasie au Québec, personne ne les réclame ?

Extraits d'un article de l'ancien ministre Jacques Brassard dans le Journal de Montréal :

En octobre 2013, Philippe Couillard, maintenant premier ministre, révélait qu’il avait « de sérieuses réserves » sur le projet de loi fallacieusement intitulé « aide médicale à mourir ». Il n’a jamais précisé la nature de ces réserves, mais on sait désormais qu’elles n’existent plus. Évaporées ! Le projet de loi sera donc redéposé et adopté à toute vapeur. Le vote sera-t-il libre ? J’en doute fort ! L’autre jour, au Salon Rouge, l’ancien président Clément Richard, après avoir reçu la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec, souhaitait que le vote libre soit une règle reconnue sur les « questions morales ». C’est loin d’être le cas. On proclamera sans doute qu’il y a vote libre, mais, en réalité, c’est la ligne de parti qui va prévaloir.

[...]

Trompeur et dissimulateur

Ce n’est pas ce que pense cependant le Dr Patrick Vinay, chef de l’unité des soins palliatifs à l’Hôpital Notre-Dame : « L’euthanasie, écrit-il, est présentée sous le nom d’“aide médicale à mourir”, comme étant un soin s’insérant naturellement dans le continuum des soins palliatifs. Or, soigner, c’est ouvrir un meilleur espace de futur, même court, pour le malade fragilisé. Tuer, au contraire, élimine le futur. Tuer n’est pas soigner, c’est priver le malade des possibles auxquels il a droit. » Le Dr Vinay a raison. Ce projet de loi est délibérément de mauvaise foi, trompeur, dissimulateur. Il présente l’euthanasie, qui en vertu des chartes contrevient à « l’inviolabilité de la vie de chaque citoyen », comme un « soin de fin de vie », une « aide médicale à mourir », un « geste de respect de la dignité du malade ». Quelle hypocrisie ! « Mal nommer les choses, écrivait Albert Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Le projet de loi 52 nomme très mal les choses. Et le pire, c’est que c’est voulu.

[...]

Soins palliatifs

« Les soins palliatifs, écrit encore le Dr Vinay, ont toujours trouvé une solution non euthanasique pour répondre aux 2 ou 3 demandes qui persistent, parfois avec l’aide précieuse de la sédation palliative, une procédure qui n’abrège pas la vie, mais ramène le confort. Nous n’avons jamais eu besoin de l’euthanasie, et la majorité des médecins de soins palliatifs n’en veulent pas : d’autres approches efficaces existent. » Mourir dans la dignité, ce n’est pas légaliser l’euthanasie, c’est rendre accessibles des soins palliatifs de qualité partout au Québec. Le Collectif des médecins contre l’euthanasie a écrit au premier ministre pour lui dire que « d’un point de vue juridique et politique, il est clair que le Québec n’a pas compétence pour légaliser l’euthanasie et que les dispositions du projet de loi à cet égard seront contestées devant les tribunaux ». À propos, il doit bien y avoir des avis juridiques sur la question. Curieusement, personne ne les réclame.





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Liberté temporaire des écoles juives québécoises

Le Monopole de l'Éducation du Québec tolère depuis six ans cinq écoles de confession juive de Montréal qui ne respectent pas le régime pédagogique gouvernemental. Le ministre Yves Bolduc a déclaré avoir une « tolérance temporaire ». En 2008, le Monopole de l'Éducation (MELS) avait renouvelé les permis et les subventions de ces écoles malgré plusieurs lacunes: présence de personnel enseignant non qualifié selon ce même Monopole, temps consacré aux services éducatifs inférieur au temps prescrits par le gouvernement, liberté par rapport au régime pédagogique unique étatique, élèves non déclarés, non-respect de la Charte de la langue française, absence de laboratoire, insuffisance de ressources matérielles, refus d'enseignement du très controversé cours d'éthique et de culture religieuse imposé par le gouvernement, etc.

En vertu d'une entente convenu en 2009, le ministère de l'Éducation avait donné cinq ans à ces écoles pour apporter les correctifs nécessaires et se conformer à toutes ses exigences. Dans son dernier rapport remis au Monopole de l'Éducation, la Commission consultative de l'enseignement privé recommandait de ne pas renouveler les permis et les subventions de ces écoles privées financées à 60 % par des fonds publics. Ainsi à l'automne 2012, les conditions posées à ces écoles n'avaient toujours pas été satisfaites. Le Collège rabbinique du Canada, l'École communautaire Belz, l'École première Mesifta, Les écoles communautaires Skver et l'école Yechiva Gedola-Merkaz Hatorah de Montréal étaient toujours en défaut de respecter les conditions imposées par le gouvernement. Une vérification sur le site Internet du MELS a permis au Journal de Montréal de constater qu'au moins quatre des ces cinq écoles ont obtenu un nouveau permis, sauf le Collège rabbinique du Canada. Ce dernier a toujours pignon sur rue à Montréal.

La CAQ pour moins de liberté, patience au MELS ?

« Ces écoles devaient se conformer depuis 2009 (...) une situation tolérée tant par les ministres du Parti québécois que du Parti libéral qui n'ont pas eu le courage de faire appliquer la loi (...) Le ministre peut-il nous garantir que dès septembre, les élèves de ces écoles illégales fréquenteront des écoles qui respectent le régime pédagogique », a demandé la députée caquiste Nathalie Roy à l'Assemblée nationale. Nathalie Roy ne devrait-elle pas plutôt militer pour l'assouplissement des règlements et lois sur l'enseignement qui pourraient profiter à tous les parents québécois ?

Le ministre de l'Éducation soutient vouloir se montrer tolérant envers ces écoles qui « ont besoin de s'améliorer ». « Les écoles qui ne répondent pas aux normes on va travailler avec elles. Il faut avoir une tolérance temporaire pour qu'elles puissent se conformer. Entrer en conflit avec certaines communautés, ça ne serait pas une bonne chose », a exposé Yves Bolduc. Quant aux écoles sans permis et qui existent clandestinement, M. Bolduc dit manquer de moyens pour les fermer. « On n'a pas tous les outils légaux pour le faire. [Que faut-il comprendre ? Serait-ce illégal de les fermer donc?] J'ai formé un comité avec mes collègues de la Justice et des Services sociaux », a dit M. Bolduc.




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mardi 27 mai 2014

Euthanasie – Recours aux tribunaux du Québec

Une requête en jugement déclaratoire est en voie d'être déposée à la Cour Supérieure du Québec, district de Montréal. Les requérants sont Mme Lisa D'Amico, citoyenne handicapée, et le Dr Paul J. Saba, médecin de famille. Cette requête les oppose au Procureur général du Québec et met en cause le Procureur général du Canada, afin de faire déclarer que :

  1. L'euthanasie d'un être humain par son médecin, notion plus connue au Québec sous l'euphémisme d'« aide médicale à mourir », n'est pas un soin ;
  2. Le Québec n'a donc pas compétence pour légiférer en la matière ;
  3. L'euthanasie est contraire aux Chartes canadienne et québécoise des droits fondamentaux, au Code criminel canadien, au Code Civil du Québec, à la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec, ainsi qu'au Code de déontologie des médecins du Québec et à la Loi Constitutionnelle de 1867 ;
  4. Il est impossible de constater au Québec un consentement libre et éclairé des patients concernés par l'euthanasie en raison de leur vulnérabilité accentuée découlant du manque de ressources en matière de soins appropriés, en raison de leur état de santé et du manquement à l'accès universel aux soins palliatifs à toutes les personnes qui en ont besoin, notamment pour apaiser les souffrances ;
  5. Il est impossible et incompatible de confier la vérification des conditions de l'euthanasie et le geste létal aux seuls médecins, qui transgresseraient leur code déontologie et la loi criminelle fédérale.

Madame D'Amico a un intérêt personnel à agir en affirmant craindre que l'insuffisance des moyens en soins et en services sociaux au Québec ne la place en situation de grande vulnérabilité, en l'incitant à accepter l'euthanasie en raison de l'évolution de sa condition. Le Dr Saba estime qu'il n'est pas possible de demander à un médecin de pratiquer l'euthanasie sur un patient. Il rappelle deux principes qui sont parmi les fondements de la pratique de la médecine :

·        En premier lieu, l'adage primum non nocere, qui peut se traduire comme étant « le devoir de ne rien faire qui puisse nuire à l'état du patient ». L'administration d'une injection létale, lorsqu'il y a d'autres options moins agressives et dangereuses, est contraire aux principes d'une saine pratique de la médecine.

        Deuxièmement, l'idée du bien commun ou celle du Bon Samaritain, devrait assurer l'ensemble de la population que les soins autorisés ne vont pas nuire à ses proches. Cette notion doit guider le médecin afin de protéger les intérêts de l'ensemble de la population. Dans ce sens, l'euthanasie va causer des décès inadmissibles et que l'on peut éviter : celui des personnes qui seront euthanasiées à cause d'erreurs de diagnostic et de pronostic.

Selon la Société canadienne des médecins de soins palliatifs, l'euthanasie est un geste qui consiste à causer délibérément la mort d'une autre personne pour mettre fin à ses souffrances. La médecine palliative n'inclue pas la pratique de l'euthanasie. Les soins palliatifs appropriés ne sont pas offerts de façon égale sur tout le territoire québécois ni dans tous les établissements de soins et ne sont offerts qu'à des taux variant de 20 à 60 % selon les régions et les types de maladies (Rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, mars 2012, page 26). Une majorité de patients n'y a donc pas accès et ne sera donc pas en mesure de faire un véritable choix libre et éclairé. Cette requête soulève une question d'intérêt public. Il existe un risque réel de danger immédiat que la légalisation de l'euthanasie conduise à mettre fin rapidement, sans balises sérieuses, à la vie des personnes les plus vulnérables de notre société, au premier rang desquelles figurent les personnes handicapées. L'expérience de la Belgique a démontré qu'il y a des dérapages avec 32 % des personnes euthanasiées sans leur consentement ou celui de leurs familles (Physician-assisted deaths under the euthanasia law in Belgium: a population based survey, Journal de l'Association médicale canadienne, édition du 15 juin 2010). Des changements récents à la loi Belge donne maintenant aux personnes dépressives et aux enfants l'accès à l'euthanasie. Ces situations ne sont pas à la hauteur des valeurs fondamentales de notre pays. L'euthanasie est un accroc à la Déclaration sur l'euthanasie de l'Association médicale mondiale – représentant 9 millions de médecins dans 100 pays, dont plusieurs du Canada – qui stipule ce qui suit : « L'euthanasie, c'est-à-dire mettre fin à la vie d'un patient par un acte délibéré, même à sa demande ou à celle de ses proches, est contraire à l'éthique… et doit être condamnée par la profession médicale. » Et par résolution : « L'Association médicale mondiale encourage vivement toutes les associations médicales nationales et les médecins à refuser de participer à un acte d'euthanasie, même si la loi nationale l'autorise ou la décriminalise dans certaines situations. » L'Assemblée nationale du Québec leur ayant fait la sourde oreille, les demandeurs font maintenant appel aux tribunaux où ils sont confiants d'être entendus quant au projet de loi 52, dont les articles prévoyant l'euthanasie ne respectent pas notre constitution ni nos valeurs fondamentales, l'euthanasie ne constituant pas un soin médical.

La requête en jugement déclaratoire (33 pages en PDF)




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dimanche 25 mai 2014

France et euthanasie — les médecins de l'Académie de médecine préfèrent soigner

Si la presse générale fait ses choux gras (symbole d'ouverture, tolérance et toutes les scies désormais habituelles) d'une femme à barbe choisie par les jurys et non le vote téléphonique des téléspectateurs, il y a un fait dont on a étonnamment peu entendu parler : le rapport émis par l’Académie nationale de médecine sur la fin de vie.

Il répond à la saisine du Conseil d’État faisant suite à l’affaire Vincent Lambert. S’il n’a pas vocation à prendre une position ferme sur cette affaire en particulier, le rapport réaffirme des principes fondamentaux destinés à éclairer la prise de décision. Face au pathos mis en avant par les promoteurs de l’euthanasie et du suicide assisté, l’Académie prend position et met en avant une évidence que l’on cherche à nous faire oublier : un médecin a pour unique mission de soigner, aucun ne peut accepter de donner la mort. « L’arrêt de vie en réponse à une demande volontaire à mourir ne peut être assimilé à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s’agirait “seulement” d’une aide au suicide, il n’est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort. »

Cette mission de soin doit être menée quel que soit l’état de conscience : l’Académie s’oppose à ce que l’on opère une distinction dans les traitements qui soit subordonnée à la capacité relationnelle du patient. Elle considère, en effet, qu’il est difficile de déterminer les états végétatifs chroniques de ceux de conscience minimale. Ainsi, un état comateux ne saurait justifier un arrêt des soins et de l’alimentation – ce qui est pourtant le cas pour Vincent Lambert. Ces soins doivent être administrés dans des structures adaptées : c’est aussi l’inadéquation des moyens qui amène à les remettre en question.

Quant aux situations d’arrêt de traitements, le médecin doit opérer une consultation collégiale des proches avant de décider s’il y a obstination déraisonnable. Une sédation peut alors être entreprise, dans le respect de la dignité du malade. N’en déplaise à nos politiciens, ce n’est donc pas à la justice mais au corps médical de trancher, même si cette grande latitude donnée n’est toutefois pas sans risques de dérives…

Une prise de position ferme par un organisme compétent : de quoi expliquer le silence observé par la plupart des médias à l’information sélective. Cette mobilisation du monde médical contre l’euthanasie active rappelle les fondamentaux du serment d’Hippocrate, et trouve aussi un écho avec le collectif d’étudiants en médecine Soigner dans la dignité. Face à l’absence d’éthique dans leur formation et devant une notion de la dignité galvaudée, ces futurs médecins se refusent à donner délibérément la mort et font la promotion des soins palliatifs.

Il ne reste plus qu’à saluer ces observations sensées rappelant la vocation du médecin : soigner et accompagner le patient jusqu’au bout de sa vie, quels que soient sa couleur de peau, son niveau intellectuel, de santé ou son état de conscience.

Source




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samedi 24 mai 2014

Examens du Ministère du Québec: les exigences à la baisse et effets de l'anglais intensif

Le Soleil de Québec du 23 mai 2014 nous apprend qu'il a consulté les documents que le Monopole de l'Éducation du Québec fournit aux enseignants pour corriger les examens de sixième année en mathématiques et en français.


Compter moins de fautes

Pour corriger un texte de français, le Ministère demande maintenant de ne compter qu'une seule erreur « lorsque tous les mots d'un groupe (y compris l'attribut) régis par la même règle d'accord ne sont pas accordés comme ils devraient l'être ». Par exemple, dans la phrase suivante, « Les chatte sont noire », les profs doivent compter une seule erreur plutôt que deux, puisqu'il s'agit de la même règle d'accord du pluriel qui n'est pas respectée.

« J'enseigne depuis 12 ans, presque toujours en sixième année. C'est nouveau que l'on me prescrive de diminuer ainsi le nombre de fautes. C'est du nivellement par le bas », affirme une enseignante, qui refuse toutefois d'être identifiée. [On la comprend.]

Le scénario est semblable en mathématiques. Par exemple, il est maintenant possible d'obtenir un A si l'élève commet « au plus deux erreurs mineures (imprécisions, oublis, etc.) » ou « certaines erreurs de transcription ». Une situation qui perdure depuis déjà quelques années, alors qu'avant, l'élève pouvait obtenir un A seulement si les calculs étaient « exacts », peut-on lire sur une grille de correction de 2007. Les critères ont aussi été assouplis pour l'obtention des autres cotes, B, C ou D.

« Ça n'a pas de sens! Les critères de correction diminuent d'année en année, on baisse les exigences », déplore une autre enseignante qui refuse d'être identifiée par crainte de représailles de la part de sa commission scolaire.

Un constat qui ne surprend vraiment pas Suzanne G.-Chartrand, didacticienne du français et professeure retraitée de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval. « À chaque année, le Ministère trouve des façons de diminuer le nombre d'erreurs [sanctionnées] », lance-t-elle.

Double discours

Les exemples sont nombreux, ajoute Mme Chartrand. En réaction aux nombreuses critiques entourant les programmes de la réforme, le ministère de l'Éducation a publié il y a quelques années une «progression des apprentissages» pour chacune des matières, un document qui détaille les connaissances à acquérir pour chaque année scolaire.

[...]

[Mme Chartrand explique:] « Il y a un double discours. On a des programmes ambitieux et exigeants, ça paraît bien, mais l'évaluation ne suit pas »

[...]


Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), on affirme avoir entendu « certains commentaires » concernant la baisse des exigences dans les grilles de correction, mais aucun bilan n'est disponible pour l'instant. « On a des vérifications à faire. Mais ça ne nous surprendrait pas si c'était le cas », affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Effets de l'anglais intensif en 6e ?

L'anglais intensif, que le gouvernement Charest avait voulu rendre obligatoire pour tous les élèves de sixième année, pourrait expliquer en partie cette tendance, ajoute-t-elle.

Avec cette formule, la moitié de l'année scolaire est consacrée exclusivement à l'enseignement de la langue de Shakespeare. « En diminuant de 50 % le temps consacré aux autres matières, il faut baisser les exigences si on veut que tout le monde passe, ajoute Mme Scalabrini. Ça ne peut pas faire autrement. »

[Pour les élèves moyens ce n'est pas impossible. On a observé une chute des résultats en France quand on a fait repasser la même dictée à trente ans d'intervalle. Le test a été soumis à des élèves « mélangés » : en banlieue, en centre-ville, en province. En 1976, l'éducation des jeunes de 14/15 ans était déjà quasi universelle. L'exercice a été pioché dans les épreuves du brevet des collèges de 1976. Principale cause probable de cette dégringolade : le manque d'heures de français, les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu'en 1976.]

Voir aussi

France — les ados sont devenus nuls en dictée

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

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Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et aux immigrants que l'on prétend franciser

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Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

Lent déclin du français à Montréal et sa banlieue

Épreuve de français pour enseignants — « démission calamiteuse »

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Québec — Les examens du ministère à nouveau mis en cause

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Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?






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jeudi 22 mai 2014

Abolir les commissions scolaires, une bonne idée ?

Article intéressant de Michel Pallascio dans le numéro 43 d'Égards sur la question d'abolir les commissions scolaires :

« La question de l’abolition des commissions scolaires a été soulevée à plusieurs reprises lors des dernières campagnes électorales. À ma connaissance, elle a été présentée pour la première fois par l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors de l’élection de 2008. Elle a été récupérée ensuite par la Coalition Avenir Québec (CAQ), le parti de François Legault. Et, plus récemment, le Parti libéral du Québec (PLQ) n’avait pas fermé la porte à l’idée de cette abolition, sondages d’opinion obligent.

Il n’est pas facile de répondre à une telle question. Il faut d’abord préciser que l’ADQ et la CAQ ont proposé cette mesure dans une optique essentiellement économique, et non dans le cadre plus global d’une réforme de notre système d’éducation. Dans ce contexte, la proposition ne nous avance guère. Il est douteux que l’abolition des commissions scolaires apporte quelque économie que ce soit, étant donné la garantie d’emploi des gens syndiqués œuvrant dans ces institutions et les services rendus par ces mêmes personnes au bénéfice des écoles.

Rappelons-nous les conséquences liées à la réduction du nombre de commissions scolaires au cours des années 1990. Cette opération avait aussi pour but ultime d'apporter des économies d'échelle et de faciliter la gestion de ces institutions. Il était pourtant à prévoir que le résultat serait « nul ». Exemple : là où il existait trois commissions scolaires avec trois directeurs généraux, on s'est retrouvé avec un directeur général et deux adjoints. Il ne faut pas oublier que le salaire de ces personnes est déterminé en fonction de l'importance de la clientèle, donc commission scolaire plus « grosse », salaire plus « gros », CQFD.

Il faut aussi noter que les représentants de l'ADQ et de la CAQ ont toujours fourni des réponses assez vagues lorsqu'on leur demandait d'expliquer quel organisme allait reprendre des pouvoirs octroyés aux commissions scolaires. Encore aujourd'hui, personne n'est en mesure de répondre de façon claire et satisfaisante.

En ce qui concerne l'ADQ, Mario Dumont avait mentionné publiquement que les pouvoirs des commissions scolaires seraient remis au gouvernement. Cette proposition était pour le moins surprenante venant d'un parti qui prônait «moins d'État» et semblait privilégier, en général, la «subsidiarité», notamment dans le domaine de la famille. Quant à la CAQ, son programme indique que son gouvernement accorderait plus d'autonomie à l'école », mais sans donner plus d'explications sur la réalisation d'un tel objectif. Pour sa part , le Parti Québécois (PQ) a préconisé un certain temps l'abolition des directions régionales du ministère de l'Éducation du Québec CMÉQ) et la transformation des commissions scolaires actuelles en banques de service pour les écoles, mais cette résolution semble s'être évaporée. Il faut toutefois mentionner que ce parti insistait beaucoup sur l'autonomie de l'école. Encore là, on ne sait pas ce qu'il serait advenu des droits et obligations des commissions scolaires et rien n'avait été dit concernant l'avenir des commissaires élus.

Dans tous les cas, il s'agit d'abord de mesures économiques qui ne sauraient résoudre les problèmes de fond du système d'éducation québécois. On s'attaque aux structures, sans oser [remettre en question] les différentes réformes de l'éducation pilotées par les « théologiens » du MÉQ.

Si l'on veut vraiment « dégraisser le mammouth », il faudrait peut-être envisager de remettre en cause le fonctionnement de certaines instances œuvrant au niveau de l'éducation. Tout de suite, il me vient à l'esprit le pouvoir abusif des syndicats, pouvoir qui leur a été octroyé en opérant une centralisation à outrance des négociations patronales/syndicales. Il est bon de rappeler qu'au début des années 1980, le gouvernement provincial dirigé alors par le Parti Québécois (avec Pierre Marc Johnson comme ministre de l'Éducation) avait mis en tutelle la CECM pour une période de vingt-quatre heures, afin de signer une convention collective avec l'Alliance des professeurs de Montréal, passant ainsi outre aux pouvoirs légitimes de la commission scolaire. Il est bien entendu qu'à partir de ce moment, le p ou voir de négociation, principalement au niveau salarial (ne laissant que les questions normatives au niveau local), a été retiré graduellement aux commissions scolaires. Pour se donner bonne conscience, on a permis aux commissions scolaires d 'être représentées aux tables de négociations provinciales.

Par contre, il faut le signaler, bien des commissions scolaires ont tiré une certaine satisfaction, pour ne pas dire un certain soulagement de cette situation. Elles s'éviteraient désormais les conflits locaux avec le lot de misère, de contestations et de gestes disgracieux qui accompagnaient généralement le renouvellement des négociations collectives. Malheureuse ment, c'était aussi le début de la fin. Aujourd'hui, il est évident que les syndicats négocient directement avec leur véritable employeur, l'État, que les commissions scolaires soient présentes ou non aux tables de négociations provinciales. Pourtant Louis-Philippe Audet, dans son livre Le système scolaire de la province de Québec (Québec, Éditions de l'Érable, tome I, 1951 , p. 137) soulignait : « Mandataires des parents dont ils ont mission de compléter la tâche éducatrice, les instituteurs, dans la provin ce de Québec, ne sont pas des fonctionnaires de l'État. Ils sont engagés par la commission qui représente tous les propriétaires de biens-fonds de leur municipalité scolaire ». Il appert que les commissaires d'école ont ainsi abandonné leurs droits et leurs obligations.


[...]

Le rôle de la commission scolaire a toujours été de permettre aux communautés locales de gérer leurs écoles publiques avec des objectifs scolaires communs et d'utiliser conjointement les ressources nécessaires au bon fonctionnement des écoles. On peut soutenir sans se tromper que les objectifs scolaires sont maintenant déterminés par le ministère de l'Éducation — l'exemple du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR) le démontre amplement, aucune commission scolaire à ma connaissance n'ayant amorcé une quelconque réflexion sur son contenu et procédé à l'analyse des demandes d'exemption de façon sérieuse.

[...]

»

Lire la suite en vous abonnant ou en achetant en ligne Égards.




†  Ex-commissaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) de 1980 à 1990 et de 1994 à 2003; président de cette même commission scolaire de 1984 à 1990 et de 1994 à 1999.

mardi 20 mai 2014

Les enseignants québécois passent beaucoup de temps à l'école, mais peu à y enseigner


Chiffres intéressants relevés par L'Antagoniste :


Éducation Québec
 
Performance remarquable du Québec !  Nous sommes premiers, avec une confortable avance, sur le Canada et l’OCDE !  Mais avant de sabrer le champagne, j’attire votre attention sur le titre du graphique, il s’agit du « temps de travail à l’école »…  Or, le temps de travail à l’école n’est pas nécessairement du temps d’enseignement…
 
Éducation Québec
 
Si nous étions confortablement en première position en ce qui a trait au  « temps de travail à l’école », nous sommes confortablement derniers pour ce qui est du  » temps d’enseignement »…  Nos enseignants passent beaucoup de temps à l’école, mais ils enseignent moins qu’ailleurs…  Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le temps d’enseignement comme pourcentage du temps de travail total:
 
Éducation Québec
 
Au Québec, les enseignants de niveau secondaire ne consacrent même pas 50% de leur temps à l’enseignement!  Au Canada et dans les pays de l’OCDE, la proportion est de 61% et 58% respectivement. À titre indicatif, en Alberta, pour le primaire et le secondaire le temps d’enseignement est de 905 heures ce qui représente 75% du temps de travail à l’école. On est très loin des chiffres du Québec…
 
En bref, le Québec est l’endroit où les enseignants passent le plus de temps à l’école, mais où les enseignants enseignent le moins…
 




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samedi 17 mai 2014

Des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écran

Plusieurs gros journaux, parmi lesquels Le Monde, Libération, L’Étudiant, se sont intéressés à une école californienne, sise au cœur de la Silicon Valley et comptant sur ses bancs essentiellement des enfants de l’industrie numérique : les fils et filles des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft (3/4 des parents travaillent dans le secteur des « nouvelles technologies »). Dans cette école, pas de télévision, pas d’ordinateur, pas de tablette. Même pas un pauvre tableau numérique interactif grâce auquel devenir créatif et autonome ! Le désert technologique. Mais un désert pavé d’or, à 20 000 dollars annuels pour une scolarité centrée sur la méthode Steiner : tricot et couture, proximité avec la nature, utilisation du corps dans les apprentissages et tableaux noirs. L’école accueille un peu plus de 300 élèves, et publie chaque année son rapport annuel, autant académique que financier, ce qu’on apprécierait de voir faire à certaines de nos écoles françaises. « S’extraire de l’exposition aux écrans est devenu un marqueur du luxe. » (Guillemette Faure, Le Monde, 27/IV/2012).

On peut se précipiter dans la course folle des nouvelles technologies à l’école, qui a l’immense avantage de remplir quelques bons de commandes et d’opérer d’utiles transferts de fonds, mais on peut aussi raison garder face au numérique et faire attention aux conclusions des publications scientifiques : une étude américaine de 2013 portant sur 1 123 élèves venant de 15 écoles californiennes montre ainsi qu’il n’y a aucune différence de résultats scolaires entre ceux qui travaillent avec un ordinateur et ceux qui n’en ont pas ; l’expérience nous conduit aussi à considérer le numérique en matière scolaire avec une circonspection méthodologique.

(Source : Virginie Subias Konofal)




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jeudi 15 mai 2014

Coût annuel des garderies au Québec : 2,3 milliards

Les 220.000 places du réseau à contribution réduite coûtent annuellement 2,3 milliards $ au Trésor public québécois. Chaque place subventionnée revient ainsi à 10.455 $ par an aux contribuables.

Le Parti québécois prévoyait de créer 6800 places supplémentaires en 2014-2015 pour un déboursé de 109 millions de $, soit 16.030 $ le bambin.

Malgré des investissements croissants dans la politique familiale (qui inclut également d'autres mesures comme l'assurance parentale), la natalité du Québec baisse constamment depuis cinq ans. L'indice synthétique de fécondité atteint désormais 1,649 enfant par femme.




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mercredi 14 mai 2014

Le Monopole de l'Éducation veut fermer les écoles juives « illégales »

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a confirmé mercredi son intention d'entreprendre des démarches pour fermer les écoles juives illégales qui sont exploitées clandestinement.

Sa déclaration fait suite à la diffusion sur les ondes de TVA Nouvelles en début de semaine d’un reportage sur une école dite clandestine de la communauté juive hassidique Kyrias Tosh, à Boisbriand, dans Lanaudière.

Des voisins avaient informé la Ville de la présence quotidienne de jeunes filles qui affluent vers une résidence du chemin de la Rivière-Cachée, tout près de l'important quartier habité par 3000 juifs hassidiques.

« Au niveau des écoles juives, on a trois catégories d'écoles, a rappelé le ministre Bolduc mercredi matin, à Québec. Il y a des écoles qui ont un permis, qui sont légales, et qui répondent aux critères du ministère de l'Éducation. Donc, à ce moment-là, il n'y a pas de difficultés. Il y a des écoles légales qui ont besoin d'ajustements. Et il y a les écoles illégales qu'on ne tolérera pas. »

« On est en train de regarder ce qui peut être fait, a-t-il ajouté. Il y a une réunion entre différents ministères afin de voir les actions à poser. Mais je tiens à le dire, il ne doit pas y avoir d'écoles illégales. Il faut que les étudiants reçoivent l'éducation recommandée par le ministère. »

Voir aussi

Les écoles juives et la liberté du choix d'éducation des parents québécois





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