mardi 24 octobre 2023

Loïk Le Floch-Prigent : « Les Européens sont en train de disparaître de l'histoire »

À la 29e min.


« il n'y a pas de civilisation qui soit resté dans l'histoire qui n'a pas eu une énergie abondante, bon marché et souveraine. »

Loïk Le Floch-Prigent est ex-président de grandes entreprises françaises telles que Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine, GDF et la SNCF, critique la politique énergétique du président Emmanuel Macron. Il affirme que ce dernier « ne maîtrise pas les enjeux énergétiques actuels » et renchérit en disant que « la sobriété c'est la pénurie, et la pénurie, c'est être le choix entre la vie et la mort ».

Emmanuel Macron, ce président qui malmène la langue française

Jean-Marie Rouart, écrivain et académicien, fustige le président français qui n’a fait que malmené la langue française dans ce texte d'opinion paru dans Le Figaro.

[...]

Comme s’il était subitement pris d’un remords, comme si soudain, à l’instar de saint Paul sur le chemin de Damas, il était tombé de son cheval sous le coup d’une révélation divine, [Macron] se lance (à grands frais, c’est peu de le dire) dans la restauration d’une ruine, certes en mauvais état, mais à tout prendre moins en ruine que la malheureuse langue française elle-même. C’est dans ce château de Villers-Cotterêts que François Ier a signé l’édit qui proclamait la naissance de la langue française et sa suprématie sur le latin. On peut relever des pierres on ne relève pas une langue d’une si longue maltraitance et d’une malveillance aussi obstinée. Aussitôt se pose une question brûlante : pourquoi sanctifier un symbole dans le même temps où l’on abandonne la langue française à une inéluctable détérioration qui la condamne à devenir une langue morte remplacée peu à peu par un sabir franco-anglais. Il suffisait de suivre l’exemple des Canadiens qui, eux, résistent courageusement, et se désolent de notre laxisme.

Restaurer un vieux château chargé d’histoire, qui s’en plaindra ? Louable entreprise, certes coûteuse (209 millions d’euros) et d’autant plus coûteuse qu’elle risque de n’être qu’un château d’illusions. Sans parler des frais de fonctionnement. Est-ce vraiment un service à rendre à la langue française que d’inaugurer en grande pompe un lieu de réflexions platoniques qui risque de tenir le pompon dans la vaste farandole des comités Théodule et des usines à gaz bureaucratiques si vaines sur le plan pratique mais si utiles pour recaser les recalés des officines politiques dont on ne sait plus que faire. Usine à colloques, couveuse de symposiums, grande pondeuse d’acronymes, il offrira un véritable paradis pour les linguistes qui se livreront avec ivresse à leurs absconses turlutaines sémantiques. Beaucoup sont à la langue française ce que le pédagogisme est à l’éducation.

À quoi servira ce « laboratoire de la francophonie » situé à trois heures de Paris et baptisé « Cité internationale de la langue française » ? Oui, à quoi servira ce joujou présidentiel ? Rien n’est plus flou que sa mission. Une mission qui, telle que la définit Paul

Rondin, le nouveau directeur, ancien président du Festival d’Avignon, cofondateur de la French Tech Culture (non, cher lecteur, ce n’est pas une blague) laisse rêveur : « La langue est un nuage qui se défait, qui se refait, et qui crée des formes nouvelles à chaque fois. » Avec une telle déclaration, nous voilà bien armés pour lutter contre la détérioration de notre langue. Ce qu’on sait dans ce brouillard d’intentions, c’est qu’il sera beaucoup question de francophonie : le soutien du président qui a contribué à placer à la tête de cette organisation une ancienne ministre rwandaise de Paul Kagamé, connue pour avoir promu dans son pays l’anglais au détriment du français, accroît notre perplexité.

La grande idée du règne en matière de français, c’est le plurilinguisme. Derrière ce vocable pompeux qui dissimule une véritable abdication au nom du relativisme, il y a la volonté de ne plus affirmer la priorité du français. On considère que la véritable langue française se fait hors de France et que, puisque cette langue a accueilli tout au long de son histoire des vocables étrangers (arabes, allemands, anglais, etc.) il faut non pas stopper la gangrène du franglais mais au contraire l’encourager. Enfin pour parachever la visite de ce château par une note comique, il paraît que sous la verrière flotteront suspendus au plafond des mots désuets employés par le président « saperlipopette », « carabistouille », ce qui prouve que les organisateurs ont trouvé leur inspiration chez Kim Jong-il junior, autocrate d’un pays où l’on a porté la flagornerie au niveau d’un art.

Tout cela prêterait à sourire si le président lui-même ne s’était pas rendu coupable des plus graves entorses à la langue française. Ce qui lui a valu en compagnie de Guillaume Pepy (Ouigo) d’obtenir le prix de la Carpette anglaise, donné par une académie parodique à ceux qui se soumettent éperdument au franglais. Après avoir posé avec un sourire réjoui lors du « One Planet Summit » à Paris, tenant une pancarte « Make our planet great again » : il nous a asséné un « Choose France » à Versailles, « une start-up nation » et il a fait école : Olivier Véran, pendant qu’il nous bassinait avec des conseils d’hygiène élémentaire pendant le Covid, n’a pas pu trouver un autre mot que « cluster » [foyer].

Un rapport de l’académie française a relevé tous les manquements qui contreviennent à la loi Toubon de la part des responsables des institutions de la République. De la carte d’identité traduite en anglais, de « Sorbonne Université » à « Lorraine aéroport » (syntaxe anglaise) aux niaiseries régionales « Sarthe Me Up », « Oh My Lot », c’est un accablant florilège de notre soumission au franglais. Une abdication qui nous mène tout droit, si on ne réagit pas (je crains hélas qu’il ne soit trop tard) à devenir, comme tant d’autres pays sous-développés, une province « gallo-ricaine » pour employer la si juste expression de Régis Debray. Désastre d’une langue qui aura pour corollaire la fin de la civilisation française puisque leurs destins sont liés.

Le général de Gaulle doit bouillir dans sa tombe lui qui, déjà, se désespérait en 1962 de cette corruption galopante, écrivant à son ministre des Armées, Pierre Messmer, de veiller dans les services de l’état « à éviter un emploi excessif de la terminologie anglo-saxonne chaque fois qu’un vocable français peut être employé, (et il soulignait) c’est-à-dire dans tous les cas ». Quelques années plus tard, le philosophe Cioran, roumain converti au français, s’exclamait, désespéré :

« Aujourd’hui que cette langue est en plein déclin, ce qui m’attriste le plus, c’est de constater que les Français n’ont pas l’air d’en souffrir. Et c’est moi, rebut des Balkans, qui me désole de la voir sombrer. Eh bien, je coulerai, inconsolable, avec elle. »

Belle initiative, digne de Tartuffe, de mettre la langue française dans un musée pour ne pas avoir à se préoccuper de sa lente destruction à laquelle on a soi-même participé.

lundi 23 octobre 2023

La foi est-elle morte ? Pas en politique, si l'on en croit Juppé et son « je veux encore le croire »

Incidemment, la foi en de premiers principes non démontrés semble aussi exister en sciences.

En effet, les processus scientifiques reposent sur plusieurs hypothèses philosophiques, appelées « axiomes » ou « premiers principes ». Ils sont nécessaires pour effectuer des déductions à partir des données scientifiques et, en fait, même pour l’application et la méthode de la science elle-même. Nous les tenons pour acquis — comme la plupart des philosophes — et nous n’y pensons guère.

Les principes du tiers exclu (principium medii exclusi), de non-contradiction, d’identité, d’intelligibilité, de raison suffisante, de fermeture causale, de finalité et au moins un principe de substance sont tous des « premiers principes » qui ont été démontrés par leur application après avoir été utilisés, mais qui ne peuvent être eux-mêmes que supposés a priori.

On doit supposer que l’univers est un lieu fondamentalement rationnel, que les causes et les effets sont rationnellement prévisibles, au moins avec probabilité, et que les données passées fournissent une base rationnelle pour étudier le présent et faire des prévisions. En d’autres termes, nous devons supposer les lois de la causalité et l’uniformité de la nature pour la science et aussi pour la connaissance elle-même.

En mathématiques, il existe un axiome de l’infini qui assure l’existence d’un ensemble infini, plus précisément d’un ensemble qui contient une représentation des entiers naturels. Par définition, cet axiome n’est pas prouvé.

En outre, si on définit la foi comme une hypothèse qui n’a jamais été démontrée, mais qui rassemble un large consensus, ce fut le cas de la théorie des cordes qui connut son heure de gloire dans la seconde moitié du XXe siècle. La théorie des cordes est peut-être la grande idée la plus controversée de toute la science actuelle. D’une part, il s’agit d’un cadre mathématique séduisant qui offre la possibilité d’unifier le modèle standard et la relativité générale, en fournissant une description quantique de la gravité et en apportant des connaissances approfondies sur la manière dont nous concevons l’univers tout entier. D’un autre côté, ses prédictions sont très variables, ne peuvent être testées dans la pratique et nécessitent un énorme ensemble d’hypothèses qui ne sont étayées par aucun élément de preuve scientifique. Depuis près de 40 ans, la théorie des cordes est l’idée dominante de la physique théorique des particules. Pourtant, pendant tout ce temps, elle n’a pas produit la moindre prédiction vérifiable, ce qui a conduit récemment de nombreuses personnes à déclarer qu’elle ne respectait même pas les normes de la science. Elle semble être tombée en défaveur sans qu’elle soit prouvée fausse : à l’heure actuelle, la théorie des cordes ne peut être falsifiée par aucun résultat expérimental concevable. Elle semble surtout non productive, de plus en plus complexe et détourne de projets plus proches de la réalité empirique.

Israël retire Greta Thunberg des programmes scolaires en raison d'un message pro-Gaza

Selon le Jerusalem Post, Israël retire Greta Thunberg des programmes scolaires en raison d’un gazouillis jugé anti-israélien. Chute d'une icône moderne
?

Plus de 100 signataires ont envoyé une lettre ouverte à Greta Thunberg, et plusieurs militants lui ont également répondu directement sur X.

Le ministère de l’Éducation a déclaré qu’il supprimerait toute référence à l’activiste climatique Greta Thunberg après qu’elle a publié un message au cours du week-end, tenant une pancarte anti-israélienne sur laquelle on pouvait lire « Stand with Gaza » (Soutien à Gaza).

« Le Hamas est une organisation terroriste responsable du meurtre de 1 400 Israéliens innocents, dont des enfants, des femmes et des personnes âgées, et il a enlevé plus de 200 personnes à Gaza », a déclaré le ministère. « Cette position l’empêche d’être un modèle éducatif et moral, et elle n’est plus éligible pour servir d’inspiration et d’éducateur aux étudiants israéliens.

 
Au cours de la fin de semaine, Mme Thunberg a fait l’objet de critiques de la part de centaines de militants israéliens pour le climat après avoir posté sur X qu’« aujourd’hui, nous faisons grève en solidarité avec la Palestine et la bande de Gaza. Le monde doit s’exprimer et appeler à un cessez-le-feu immédiat, à la justice et à la liberté pour les Palestiniens et tous les civils touchés ».

Elon Musk contre Wikipédia, jugé trop « wokiste » : Idiopédia/Bitopédia/Wokopédia

Elon Musk a fait de l’encyclopédie en ligne la nouvelle cible de ses gazouillis assassins. La cause ? La partialité de l’encyclopédie en ligne. Le week-end dernier, le propriétaire de X (ex-Twitter) a publié sur sa plateforme plus d’une dizaine de réflexions au sujet de Wikipédia.

Auparavant, Musk avait déjà relativisé l’aphorisme selon lequel « l’histoire est écrite par les vainqueurs ».

Devant Netanyahou, Musk avait déclaré : « Il y a un vieux dicton selon lequel “l’histoire est écrite par les vainqueurs”, sauf si vos ennemis sont encore en vie et ont beaucoup de temps libre pour éditer Wikipédia. Les perdants ont simplement beaucoup de temps libre. » Netanyahou d’opiner du bonnet de ricaner bruyamment.

« Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la fondation Wikimedia reçoit autant d’argent ? », a notamment interrogé le PDG de X. « Ce n’est certainement pas nécessaire pour faire fonctionner Wikipédia. Vous pouvez littéralement faire tenir un examplaire de l’intégralité du texte sur votre téléphone ! Alors, à quoi sert l’argent ? Des esprits curieux voudraient savoir… » s’est demandé l’entrepreneur milliardaire.


Elon Musk, qui accuse le site de biaiser sa propre fiche Wikipédia avec de fausses informations, a donc proposé, usant de l’un de ses jeux de mots osés qu’il affectionne, d’offrir 1 milliard de dollars à l’encyclopédie pour la renommer « Dickipedia » (« Bitopedia » ou « Idiopedia », si l’on devait traduire en français, le mot « dick » étant polysémique).

Il a également évoqué dans des réponses à des internautes le nom de « Wokopedia », pour souligner que l’encyclopédie servirait l’idéologie « woke », un terme qui désigne un état d’alerte face à l’oppression pesant sur les personnes issues de minorités, qu’elles soient sexuelles, religieuses ou encore ethniques.


Modèle hiérarchique opaque contre modèle décentralisé transparent
 
Pour Musk, le modèle de X (Twitter) est foncièrement différent du modèle de Wikipédia. Selon lui, Wikipédia est intrinsèquement hiérarchique et donc soumis aux préjugés des éditeurs de rang supérieur, indépendamment de leurs mérites. Alors qu'avant qu'une note de la communauté sur X ne soit publiée, il faut que des personnes ayant des points de vue historiquement différents, en fonction de la manière dont elles ont évalué et rédigé des notes précédentes, soient d'accord. Tout le code et les données sont ouverts, on peut donc recréer le résultat soi-même.
 
 
 
Wikipédia a un an de réserves de fonctionnement

Wikipédia est géré par une équipe de bénévoles et son accès est gratuit. Les bénévoles aident à maintenir le site à jour et rédigent de nombreuses traductions pour divers articles afin d’en améliorer l’accessibilité et assurent aussi la modération. La sélection des modérateurs et leurs partialités ont déjà attiré les foudres d’un des fondateurs de Wikipédia, Larry Sanger. Les dons demandés par la plateforme servent donc à financer ce travail pour partie. Dans une enquête du Washington Post, Samantha Lien, porte-parole de la fondation Wikimedia, a expliqué le fonctionnement interne de l’encyclopédie.

« Selon les directives du conseil d’administration de la fondation Wikimedia, notre réserve s’élève à un an de budget de fonctionnement, a-t-elle assuré. Si des circonstances affectaient notre capacité à collecter ces fonds pendant cette période, nous pourrions nous retrouver dans une situation d’urgence — la réserve est un filet de sécurité pour protéger Wikipédia contre une telle éventualité », avait conclu la représentante.

Voir aussi

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé (vidéo + exemples de parti-pris)

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Wikipédia et le gouvernement britannique auraient décidé de censurer le débat sur le climat

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia  


dimanche 22 octobre 2023

Quis custodiet veritatis custodes ?

Qui garde les gardiens de la vérité ?

La BBC (comme tous les médias de grand chemin subventionnés) aime se présenter comme une source d’informations sérieuses. Elle a également publié des gazouillis sur X (ex-Twitter) sur comment reconnaître de la désinformation (message subliminal : suivez-nous).

Les abonnés de X, par le biais d’une note de la communauté, lui ont rappelé qu’elle a elle-même été prise la main dans le sac et qu’elle a dû s’excuser récemment pour des informations trompeuses.




Données mondiales sur la fécondité (2023)

Comment lire: pendant les 6 premiers de 2023, il est né au Québec 4,2 % moins de bébés qu'en 2022. Si cette tendance se maintient, l'indice synthétique de fécondité (le nombre d'enfants par femme) sera de 1,39 au Québec en 2023 alors qu'il sera de 1,03 en Colombie britannique et 1,24 pour l'ensemble du Canada.

Niveaux de fécondité par religion en Israël. Cette année, l'ISF des juifs pourrait passer à 2,98, celui des musulmans à 2,79, celui des chrétiens à 1,59, celui des druzes à 1,79 et celui des personnes non classées par religion à 1,19 enfant par femme.

L'écart de fécondité entre Juifs et Arabes en Israël et en Palestine se réduit. Entre 1950 et 2000, les Arabes ont maintenu un taux de fécondité deux fois plus élevé que celui des Juifs, mais au cours des 20 dernières années, les taux de fécondité ont presque convergé et devraient se croiser au cours de la présente décennie.

 
La baisse globale des naissances aux États-Unis a été modérée: -1,2% pour les six premiers mois de 2023 par rapport à 2022. Certains États ont connu une chute brutale (Alaska à -5,3%, Californie à -4,5%, Hawaï à -4,4%, Vermont à -7,5%), tandis que d'autres ont vu leur nombre de naissances légèrement augmenter (Kansas à +1,4%, Alabama, Iowa et Tennessee tous à +1,6%, Wyoming à +1,7%, Mississippi à +1,8%), tous ruraux. Au cours des huit dernières années, certains États, comme le Mississippi, n'ont pratiquement pas connu de baisse de la fécondité.

Variation des naissances aux États-Unis de janvier à juin 2023 p/r 2022 (% part janv-juin 2023):
 
Groupe racialVariation  Part (jan.-juin)
Blancs -2,261% (50,06%)
Noirs -2,377% (13,77%)
Hispaniques +1,416% (25,72%)
Asiatiques -1,517% (6,03%)
Amérindiens -3,070% (0,69%)
Insulaires (Polynésiens)  
+0,300% (0,28%)
2 races et +  +1,387% (2,46%)

Comment lire : la part des naissances des blancs a baissé de 2,261% pour les six premiers mois de 2023 comparé aux même mois de 2022. Très légèrement plus de la moitié des naissances aux États-Unis (50,06%) était déclarée comme celles de nourrissons blancs.

La baisse du nombre de naissances en Pologne s'accélère : Au premier semestre 2023, il y a eu 139 500 naissances, soit 9,2 % de moins qu'en 2022. En mai, la baisse était de 12,4 % et en juin de 15,4 %. Au troisième trimestre, la baisse s'est encore accélérée : Il y a eu 13,3% de naissances en moins qu'au troisième trimestre 2022 en Pologne, ce qui porte la baisse globale cette année à 10,6%. L'ISF devrait baisser à 1,22 enfant par femme, ce qui serait la valeur la plus basse jamais enregistrée pour la Pologne.

Étudiants anglophones résidents hors Québec — La hausse de leurs frais de scolarité se ferait déjà sentir

La décision du Québec d’augmenter les frais de scolarité universitaires pour les étudiants venant de l’extérieur de la province à partir de l’année prochaine pèserait [nous usons du conditionnel] déjà sur les élèves du secondaire et leurs familles.

Des centaines d’adolescents et leurs familles se sont rassemblés samedi sur le campus du centre-ville de l’Université Concordia pour assister à la journée portes ouvertes d’automne de l’école.

Malgré la forte participation, la directrice du recrutement étudiant de Concordia, Savvy Papayiannis, a eu l’impression que la foule était plus petite que les années précédentes.

« Il n’y a pas plus de monde, c’est sûr », a affirmé Mme Papayiannis [membre sans aucun doute de la communauté « historique anglophone »] au téléphone depuis l’évènement. Elle n’a pas pu confirmer les chiffres de fréquentation, mais a conclu qu’elle avait l’impression qu’il y avait une baisse de fréquentation.

Mme Papayiannis soutient que son bureau constate déjà les effets de la hausse des frais de scolarité qui devrait entrer en vigueur l’année prochaine, alors que de nombreux candidats potentiels annulent leur visite du campus et se retirent des évènements de recrutement.

Et depuis l’annonce du 13 octobre par le gouvernement provincial, des appels et des courriels ont afflué d’étudiants potentiels inquiets, a-t-elle fait savoir, dont beaucoup affirment que la hausse des frais de scolarité – de 8992 $ à environ 17 000 $ par an pour les Canadiens hors Québec – est une barrière financière insurmontable.

« Nous sommes de plus en plus critiqués chaque jour, a indiqué Mme Papayiannis.

Plusieurs élèves présents à la journée portes ouvertes ont déclaré que cette augmentation influencerait leurs décisions concernant l’université. Pour Gage Crouchman, 17 ans et originaire d’Ottawa, cela pourrait signifier renoncer à aller à l’école au Québec.

« C’est dommage, a-t-il déploré. [Pour] beaucoup d’étudiants, cela va enlever Montréal comme option. »

M. Crouchman envisageait Concordia et l’Université McGill voisine pour ses études de premier cycle. Il a dit que si le gouvernement revenait sur sa décision d’imposer une hausse des frais de scolarité, ce serait une toujours une possibilité. Autrement, « c’est définitivement non », a assuré son père, Cameron.

Coco Clément, une jeune de 17 ans qui a voyagé de Vancouver à Montréal pour visiter l’Université Concordia, soutient que les nouveaux frais de scolarité la rendent moins intéressée par le Québec en raison du fardeau financier supplémentaire.

« C’est extrêmement cher et cela fait que je ne veux pas autant venir ici simplement parce que c’est une autre chose que je dois surmonter », a raconté Mme Clément.

Bien que Kees Lokker, 16 ans, et son père originaires de Grimsby, en Ontario, disent que leur famille serait en mesure de payer les nouveaux frais de scolarité, d’environ 17 000 $, Kees Lokker craint que cette somme élimine des occasions pour ses amis.

« Cela va simplement rendre la tâche encore plus difficile pour eux d’obtenir suffisamment d’argent pour aller à Concordia, ou même dans une université comme McGill », a déclaré le jeune homme de 16 ans.

Il envisage les programmes renommés d’ingénierie et d’aérospatiale de la province, mais son père affirme que cette augmentation les encouragera à explorer plus sérieusement les options en Ontario, aux États-Unis et en Europe.

Déclin du français au Québec


Selon les données préliminaires de Statistique Canada pour l’année scolaire 2023-2024, les frais de scolarité de premier cycle d’environ 17 000 $ seraient parmi les plus élevés au pays pour les étudiants nationaux et les plus élevés en dehors des programmes spécialisés de premier cycle en droit, en gestion, en dentisterie, en médecine, en médecine vétérinaire et en pharmacie.

« Je ne pense pas que ce soit juste », a mentionné Jaco Lokker, pointant du doigt les frais de scolarité dans d’autres provinces.

Québec a fait valoir que cette augmentation lui permettrait de récupérer le coût de l’éducation des non-résidents du Québec. Le gouvernement provincial prévoit également de facturer aux universités 20 000 $ pour chaque étudiant international qu’elles recrutent. Le premier ministre François Legault a défendu cette décision, insistant sur le fait que les contribuables québécois ne devraient pas avoir à subventionner les étudiants de l’extérieur de la province.

Cette mesure devrait toucher principalement les trois universités anglophones du Québec – Concordia, McGill et Bishop’s – qui accueillent plus de non-Québécois que les écoles francophones. Des membres du gouvernement ont évoqué ce qu’ils affirment être un déclin du français dans la province dans leur décision d’augmenter les frais de scolarité. M. Legault a soutenu mardi que l’afflux d’étudiants anglophones « menace la survie du français ».

Le Québec s’est engagé à réinvestir ses fonds récupérés dans le réseau universitaire francophone.


La Saskatchewan adopte sa loi sur les jeunes de moins de 16 ans qui se disent trans à l'école

Le projet de loi sur l'utilisation des pronoms pour les jeunes trans dans les écoles a reçu l'approbation finale de l'Assemblée législative de la Saskatchewan, vendredi.

La nouvelle loi interdit donc aux jeunes de moins de 16 ans de changer de prénom ou de pronoms à l'école sans l'accord de leurs parents.

Le gouvernement a eu recours à la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés pour outrepasser certains articles de la Charte et du Code des droits de la personne de la Saskatchewan.
 
Le Premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe

Le Parti saskatchewanais au pouvoir a déclaré que cette loi venait officialiser, en fait, des politiques déjà en place dans de nombreux districts scolaires et qu'elle garantissait que les parents sont informés au sujet de leurs enfants.

Lors du débat final en Chambre, vendredi matin, le ministre de la Société d’investissements de la Couronne, Dustin Duncan, a souligné que pour son gouvernement, «les parents sont des partenaires dans l'éducation de leurs enfants».


samedi 21 octobre 2023

Le Totalitarisme sans le goulag, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté

Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l’histoire du totalitarisme était derrière eux, qu’elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l’apparition d’un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l’incrédulité générale, puisqu’il revient sans goulag, car il n’en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale.

Nos sociétés veulent croire que ce qu’elles appellent « l’extrême-droite » les menace existentiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle.

Cette catégorie politique fanto­matique, indé­fi­nis­sable, manipulée et instru­men­talisée, sert essentiel­­lement à étiqueter tous ceux qui s’opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n’adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l’infamie.

La lutte contre la prétendue « extrême-droite » justifie aujourd’hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d’ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l’homme. En d’autres mots, ce n’est pas « l’extrême-droite » qui nous menace, mais la lutte contre « l’extrême-droite » qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer.

Mathieu Bock-Côté
 
Le Totalitarisme sans le goulag
par Mathieu Bock-Côté
publié aux Presses de la Cité,
le 9 novembre 2023,
à Paris,
255 pages,
ISBN : ‎ 2 258 201 640
EAN : 9 782 258 201 644

SOMMAIRE
 
Introduction. Le retour de la question totalitaire

Chapitre 1. L’extrême-droite introuvable
  • La France, l’extrême-droite et la culture du cordon sanitaire
  • L’enjeu d’une définition : argument géographique et argument idéologique
  • Détour par l’extrême-centre macronien — une redéfinition de l’argument géographique au temps du peuple factieux
  • L’extrême-droite comme tradition idéologique
  • En quoi les thèmes de l’extrême-droite sont-ils d’extrême-droite ?
  • Faut-il parler au diable ? Faut-il aller chez lui ? Que dit-on d’un homme lorsqu’on dit qu’il est d’extrême-droite ?
  • L’extrême-droitisation comme technique de verrouillage du débat public
Chapitre 2. L’institutionnalisation du mensonge : no pasarán, le réel ne passera pas !
  • Du sentiment d’insécurité, ou l’accusation de paranoïa lancée à ceux qui découvrent la diversité compliquée
  • De la récupération politique : que faire du fait divers ?
  • L’art de nier l’existence des peuples, ou le rôle très particulier du démographe lyssenkiste dans le régime diversitaire
  • Nous sommes tous des immigrés, ou l’abolition du peuple historique : retour sur l’exemple québécois
  • De l’inexistence des sexes : le rôle du sociologue du genre
  • La théorie de la discrimination systémique — ou comment le régime diversitaire justifie une ingénierie sociale permanente
  • Une esthétique de la laideur, ou l’inversion du beau et du laid
  • Fonction de la novlangue inclusive
  • L’intelligence artificielle et le devenir de l’homme avatarisé
Chapitre 3. Les prochains prisonniers politiques d’Occident ou la radicalisation de l’extrême-centre
  • Surveiller et punir : logique de la peine de mort sociale
  • La fin de la vie privée dans un monde connecté
  • Interdire l’extrême-droite
  • Le rôle des procès politiques et le prochain registre des propos haineux
  • Interdire la critique de la théorie du genre
  • Retour sur la pandémie et réflexions sur les nouvelles modalités du contrôle social
  • Vers un contrôle politique des médias : la propagande d’État au nom du consensus scientifique et pour lutter contre la désinformation
  • Le sort des dissidents, et la punition des réfractaires
  • De l’URSS à l’EURSS ?
Conclusion. Un totalitarisme à visage humain ? Portrait de l’homme dissocié
  • Penser contre les commissaires politiques