samedi 16 juillet 2022

« Valeurs européennes » : la promotion de contenus LGBT auprès des mineurs ?

La Commission européenne a saisi la justice de l’UE contre une loi hongroise interdisant notamment la promotion de l’homosexualité auprès des mineurs, considérant qu’elle porte atteinte « droits fondamentaux des personnes » et aux « valeurs de l’UE ».

La Commission européenne a annoncé le 15 juillet avoir saisi la justice de l’UE contre la Hongrie à propos d’une loi interdisant, entre autres, la diffusion de contenus sur l’homosexualité auprès des mineurs. En effet, la Commission considère, dans un communiqué, « que la loi viole les règles du marché intérieur, les droits fondamentaux des personnes [en particulier les personnes LGBT+] ainsi que […] les valeurs de l’UE ».


Il s’agit d’une nouvelle étape dans la procédure d’infraction lancée contre la Hongrie, qui peut conduire à une condamnation de la Cour de justice de l’UE, voire à des sanctions financières. Le Premier ministre nationaliste et conservateur Viktor Orban (ci-contre), dont le pays est dans le collimateur de Bruxelles pour diverses mesures considérées comme des atteintes à l’État de droit, assure que la loi n’est pas homophobe et vise à « protéger les droits des enfants ».

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, avait déjà déclaré en juin : « La loi ne porte pas sur les homosexuels. Elle concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants. Sous le régime communiste, l’homosexualité était punie et je me suis battu pour leur liberté et leurs droits. Je défends les droits des homosexuels », a affirmé le chef du gouvernement hongrois, critiqué par une majorité de ses homologues européens pour cette nouvelle législation. La loi hongroise prévoit désormais que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ». Elle a été qualifiée le 23 juin de « honte » par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Cette loi a été promulguée votée en juin 2021. La loi développe aussi l’arsenal pénal à l’encontre de la pédophilie et la pédopornographie, interdisant par exemple à toute personne condamnée pour pédophilie d’occuper un emploi en contact avec des enfants. La création d’une base de données, accessible au public, des personnes condamnées est aussi prévue. Outre les programmes scolaires, le texte s’appliquera également aux publicités et les programmes télévisés peuvent aussi tomber sous le coup de la loi.

« Si l’Union européenne [UE] veut s’immiscer dans les domaines couverts par les constitutions nationales, cela pourrait faire voler en éclat l’ensemble » du bloc, a déclaré dans la capitale Gergely Gulyas, le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban. « L’UE n’a clairement pas son mot à dire », selon Gergely Gulyas, qui s’exprimait en conférence de presse. Il a accusé la Commission d’avoir un « raisonnement plus politique que juridique » et de mener des « attaques ». 

Une autre décision dans le viseur de la Commission

La Commission saisit également la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) contre la décision du régulateur national hongrois de priver d’antenne la radio indépendante Klubradio, vue comme un nouveau coup porté au pluralisme des médias. L’exécutif avait déclenché une procédure d’infraction à ce sujet en juin 2021. « Dans l’UE, le plus grand espace démocratique au monde, aucune radio libre ne doit être privée d’antenne pour des raisons non objectives, sur la base d’une procédure administrative discriminatoire », a réagi le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton. La Hongrie a été en outre une nouvelle fois épinglée dans le dernier rapport de la Commission sur l’État de droit dans l’UE, présenté le 13 juillet. Bruxelles a activé en avril une procédure qui peut mener à la suspension du versement de fonds européens à ce pays, en raison d’inquiétudes sur les conditions de passation des marchés publics, un manque de contrôle et de transparence de l’utilisation des fonds, les insuffisances dans la lutte contre la fraude et la corruption. Les inquiétudes de la Commission sur l’État de droit sont aussi au cœur du blocage du plan de relance hongrois, d’un montant de 7,2 milliards d’euros de subventions européennes. Tribunal constitutionnel polonais rejette l’imposition des décisions européennes

Le 14 juillet, le Tribunal constitutionnel polonais (TK) a lui aussi défié l’UE, en affirmant que les décisions prises par la Cour de Justice contre Varsovie étaient inconstitutionnelles. L’UE s’est dite le lendemain « profondément préoccupée » et a rappelé la primauté du droit européen. « Toutes les décisions de la Cour de justice sont contraignantes », a fait savoir l’UE dans un communiqué. Par ailleurs, Gergely Gulyas a accusé Bruxelles de retarder l’approbation du plan de relance de la Hongrie en raison de son opposition à sa nouvelle législation. Il a déclaré que son pays prévoyait de mettre son veto au plan climat, présenté par la Commission le 14 juillet pour réduire les émissions carbone, « inacceptable sous cette forme ».

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France — Colère après que des notes du bac de français de lycées privés ont été baissées après publication des résultats


De nombreux candidats au bac dans l’académie de Lyon ont vu leurs notes baisser d’un point après la publication des premiers résultats. Les familles s’interrogent.

«Outre la déception, nous trouvons la méthode particulièrement inique et révélatrice de la tendance actuelle au nivellement par le bas», témoigne un parent d’élève de Sainte-Marie de Lyon. C’est une bien mauvaise surprise à laquelle ont eu droit de nombreux élèves de 1ère de l’académie lyonnaise, lundi 11 juillet. «À la publication des résultats à 10 heures, elle avait 17. À 17 heures 30, la note est passée à 16, sans aucune explication» poursuit-il. De quoi susciter la colère de parents et de lycées qui se sont empressés de demander des explications au rectorat de Lyon, sans succès à cette heure.

Des élèves plus moyens ont eu un point en plus

Les témoignages recueillis concernent des élèves ayant obtenu de très bons résultats, scolarisés dans au moins deux lycées privés de Lyon, les Maristes et le lycée de la Favorite. Ils se sont connectés lundi 11 juillet au matin sur Cyclades, le site de publication des résultats, crédités à ce moment-là de notes de l’ordre de 17 ou 18. Quelques heures plus tard, rebelote, nouvelles connexions... et nouvelles notes. Rabotées d’un point par rapport aux notes initiales, le plus souvent dans l’épreuve orale. Alors que dans le même temps, des candidats ayant obtenu de moins bonnes notes, proches de 10, se sont vus crédités d’un point supplémentaire.

Une erreur de manipulation [?]

Cela ressemble drôlement à un coup de la commission d’harmonisation, dont le rôle est de s’assurer qu’il n’y ait pas de trop grandes disparités entre les paquets de copies. Pour éviter de léser ceux dont le correcteur aurait eu la main un peu lourde. Ou pas assez. Mais ces commissions d’harmonisation, comme le rappelle le ministère de l’Éducation nationale, se tiennent en amont de la publication des résultats. Le processus d’harmonisation des notes est censé être irrévocablement achevé lorsque les notes sont mises en ligne sur Cyclades. L’hypothèse la plus probable est celle d’une erreur de manipulation de la part du rectorat de Lyon qui a pu diffuser dans un premier temps les notes non harmonisées, avant de corriger le tir quelques heures plus tard. L’académie n’a pas encore fourni d’explication. Mais comme le souligne une mère de famille dont la fille s’est vue retirer un point à l’oral, «ce sont les candidats qui en pâtissent». La rectification des notes ex post ne passe pas: «Ma fille a beaucoup bossé, ça lui gâche un peu son plaisir. Qu’ils fassent leur petite cuisine dans leur coin...».

Les bons élèves pénalisés [pour décourager la scolarisation dans le privé ?]

Au-delà de la déception des candidats qui se sentent lésés par ce système, la révision à la baisse de certaines notes pourrait leur porter préjudice l’année prochaine. «Une mention au bac se joue parfois à un point, ce qui peut être assez précieux sur Parcoursup l’année prochaine. Le système est déjà assez stressant comme ça», poursuit ce même parent.

L’harmonisation des notes du bac pose d’ailleurs la question du traitement réservé aux meilleurs lycées, notamment dans le privé. Ces derniers étant réputés pour la sévérité de leur notation, leurs élèves sont déjà pénalisés par l’introduction du contrôle continu dans la moyenne finale de l’examen. Si les notes obtenues dans les épreuves terminales sont également rabaissées, c’est la double peine. «Si une prestation vaut 17, il n’y a pas de raison de retirer un point... Pourquoi n’a-t-on pas le droit d’être bon?», déplore cette mère de famille. Cet état de fait pourrait dissuader certains parents de scolariser leurs enfants dans les établissements les plus sélectifs. «Nos deux aînées sont passées par le privé mais ce n’est pas sûr que notre troisième fille y reste.»

Mise à jour : Vendredi 15 juillet, le rectorat a plaidé «une erreur humaine» et après une demande d’explication émanant de l’Apel, a décidé de garder les meilleures notes des candidats afin que personne ne soit lésé.

Source : Le Figaro

vendredi 15 juillet 2022

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille

Conséquence de la restriction de cette liberté scolaire par le gouvernement Macron.

Pour la rentrée 2022-2023, le nombre de nouveaux enfants instruits à la maisons chute de 9100 à 4000 : c'est le premier ralentissement depuis plus de 15 ans, alors que l'école à la maison était en augmentation constante ! La liberté d'instruction des parents est brimée par Vulcain Macron (il ne faut plus dire Jupiter, depuis minoritaire).

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Norvège — féministe risque 3 ans de prison pour avoir dit qu'un homme ne peut être lesbienne


Une féministe norvégienne qui a déclaré à Tucker Carlson sur Fox News (vidéo ci-dessous) être de gauche risque jusqu’à trois ans de prison pour avoir déclaré que les hommes biologiques ne peuvent pas être lesbiennes.

Christina Ellingsen, de l’organisation féministe mondiale Women’s Declaration International (WDI), fait l’objet d’une enquête policière pour avoir formulé cette affirmation dans un tweet dans lequel elle critiquait le groupe d’activisme trans FRI.

« Pourquoi le FRI enseigne-t-il aux jeunes que les hommes peuvent être lesbiennes ? N’est-ce pas une thérapie de conversion ? » a tweeté Ellingsen.

Elle a également remis en question la légitimité du conseiller de FRI Christine Jentoft qui s’identifie comme lesbienne bien qu’il soit né homme.

« Jentoft, qui est un homme et un conseiller au FRI, se présente comme une lesbienne — cela illustre jusqu’à quel point cette organisation qui prétend protéger les intérêts des jeunes lesbiennes est cinglée. Comment cela aide-t-il les jeunes lesbiennes lorsque des hommes prétendent aussi être lesbiennes ? », de déclarer Ellingsen.

« Vous êtes un homme. Vous ne pouvez pas être une mère », aurait déclaré Ellingsen à Jentoft.

« Normaliser l’idée que les hommes peuvent être mères est une forme définie de discrimination à l’égard des femmes. »

« Amnesty International accuse également Ellingsen de harcèlement pour avoir dit que Jentoft est un homme à la télévision nationale », rapporte Reclaim the Net.

Les lois norvégiennes sur les crimes de haine ont été rendues plus draconiennes l’an dernier pour faire de la critique de l’idéologie de genre un crime. En conséquence, Ellingsen risque jusqu’à trois ans de prison si elle est reconnue coupable.

« Pour certains groupes, le fait que les femmes et les filles soient des femmes et que les hommes ne puissent pas être des femmes, des filles, des mères ou des lesbiennes, est considéré comme haineux », a déclaré Ellingsen à Reduxx, ajoutant que la police enquêtait sur elle pour « avoir fait campagne pour les droits des femmes ». »

« Le fait que la police soit légalement en mesure d’enquêter et de persécuter les femmes qui défendent les droits des femmes est préoccupant », a déclaré Ellingsen.

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jeudi 14 juillet 2022

Les classiques au secours des illettrés

Les jeunes lisent de moins en moins bien. Il faut réinstaller les chefs-d'oeuvre de la littérature dans les programmes de l'Éducation nationale française. (Les classiques ne sont bien sûr pas au programme des écoles secondaires du Québec et encore moins au primaire dont il est question dans l'article ci-dessous...) Un texte de Lisa Kamen-Hirsig paru dans Le Point.

Bac 2022 : certains lycéens ne comprennent pas une consigne car elle contient le mot « ludique ». Si ce n'était pas dramatique, on pourrait trouver cela piquant pour une génération consacrant une grande partie de son temps aux jeux vidéo. Quelques jours plus tard, Sylvie Germain, autrice d'un texte proposé en première filière générale, est conspuée sur les réseaux sociaux au motif que sa prose est trop compliquée.

Je vous invite à juger par vous-même, bien sûr, mais je n'y ai vu pour ma part qu'un texte imagé et puissant. Pas de quoi désarçonner un élève de 16 ans, donc ayant normalement acquis la lecture depuis une dizaine d'années... Mais voilà : lors de la journée défense et citoyenneté de 2020, 78 % des jeunes ont été qualifiés de « lecteurs efficaces ». En d'autres mots, plus d'un jeune sur cinq ne comprend pas correctement ce qu'il lit. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Des parents vissés sur leurs téléphones

Il va de soi que la concurrence des multiples écrans et le fait que les parents eux-mêmes sont vissés sur leurs téléphones ne favorisent pas les habitudes de lecture chez les enfants et les adolescents. On sait bien que l'exposition massive aux écrans provoque troubles de l'attention et retards de langage.

Bill Gates a interdit les smartphones à sa progéniture avant l'âge de 14 ans, Steve Jobs ne donnait pas de tablettes à ses enfants. Mais ce phénomène ne date pas de la démocratisation de ces appareils. Et, si les parents sont responsables de l'exemple qu'ils donnent à leurs rejetons, l'école n'est évidemment pas étrangère à cette débâcle.

Du côté des bonnes nouvelles, les instructions officielles prônent depuis quelques années déjà le retour à la méthode dite syllabique, à départ alphabétique, méthode qui convient à la grande majorité des enfants. L'école reste néanmoins très coupable. Quels sont ses péchés ?

Des professeurs qui parlent mal

Le premier, à mes yeux, est commis par les enseignants eux-mêmes. Il suffit de passer quelques minutes dans un groupe de professeurs sur les réseaux sociaux ou de tendre l'oreille au passage de classes en sortie scolaire pour mesurer l'étendue des dégâts. De nombreux professeurs n'articulent pas leur propre langue, usent d'un vocabulaire très approximatif et ne maîtrisent pas les conjugaisons.

L'incorrection grammaticale le dispute à la grossièreté. Quant à la concordance des temps, elle n'est plus qu'un lointain souvenir. Le futur dans le passé ? Quèsaco ? Le titre d'un film de science-fiction ? Je n'évoque même pas les moments pendant lesquels les enfants sont confiés à des animateurs...

Le deuxième péché est mortel. Et institutionnel : il s'agit de la quasi-disparition des classiques littéraires des instructions officielles (les IO dans le jargon professoral sont l'alpha et l'oméga des inspecteurs). Le ministère de l'Éducation nationale publie régulièrement des listes d'ouvrages que les enseignants sont incités à faire découvrir à leurs élèves. Elles sont aussi décortiquées lors des formations des enseignants : on y puise des idées, les éditeurs publient des fiches pédagogiques pour aider les professeurs à se les approprier.

Ni Hugo ni Molière, mais Delerm

Je mets souvent mon nez pointu dans ces programmes, notamment ceux du cycle 3 (CM1-CM2-sixième [9 à 12 ans]). J'ai eu beau scruter la liste 2018, la ratisser méthodiquement à l'aide de mon Ctrl + F, je n'y ai trouvé ni Baudelaire, ni Hugo, ni Molière. En revanche, le très en vue Olivier Py y côtoie la déjà ringarde Marie Desplechin et le soporifique Vincent Delerm. Nous y trouvons Mon prof est un troll, Monsieur Crocodile a beaucoup faim, Cascades et gaufres à gogo et des pièces de théâtre militantes comme Cent culottes et sans papiers : on nage en plein délire iconoclaste.

Le même site précise : « En CM1 [9-10 ans] les élèves doivent lire, au moins, cinq ouvrages de littérature de jeunesse contemporaine et deux œuvres classiques ; en CM2 [10-11 ans], quatre ouvrages de littérature de jeunesse contemporaine et trois œuvres classiques. » Mais qui a décidé de cela ? En vertu de quoi ? Pourquoi ne pas privilégier les œuvres du patrimoine pour systématiquement favoriser la littérature contemporaine ? Il est indécent de se plaindre ensuite de l'absence de culture des élèves.

Manuels laids et indigestes

Je possède le livre de lecture que mon père avait reçu en 1955, alors qu'il usait ses pantalons sur les bancs du cours moyen [9 à 11 ans] de l'école communale de Brunoy. Il s'intitule « Une semaine avec... » Le principe est de passer une semaine avec un grand auteur classique : on y rencontre Racine et ses Plaideurs, Molière et son Bourgeois gentilhomme, Vigny, La Fontaine, Rabelais... L'ensemble est très bien ficelé : élucidation du vocabulaire, étude de points de grammaire et questions de compréhension s'enchaînent avec logique. En comparaison, les manuels d'aujourd'hui sont laids, indigestes et indigents. Conformes aux programmes.

Les élèves, même jeunes, pas plus qu'aucun d'entre nous, n'aiment être considérés comme des incapables ou des idiots. Exigence et ambition ne sont pas des gros mots. Il est de la responsabilité des professeurs de refuser de lobotomiser des générations entières à coups de mauvaise littérature. L'illettrisme ira croissant si l'on ne réhabilite pas les classiques dès l'école primaire.

Texte abrégé et allégé

Et pas en version « classiques abrégés », ni expurgés de leurs difficultés !
Dénaturer les textes pour les rendre accessibles revient généralement à trahir l'auteur et à affaiblir l'intrigue et l'intérêt de la lecture. Avant d'en ranger un exemplaire dans la bibliothèque de ma classe, je me rappelle avoir vanté la lecture de Sans famille à mes CM1 : « Vous verrez, c'est très prenant : on s'émeut, on tremble, on frémit avec le petit Rémi. »

Pour appuyer mon propos, j'ai évoqué le passage où notre jeune héros est pris au piège d'une mine, passage qui m'était resté en mémoire depuis ma propre lecture à 8 ans. Mais, quelques jours plus tard, une petite délégation d'élèves m'a signalé que ce passage était introuvable dans l'édition que je leur avais procurée : l'éditeur avait peut-être jugé qu'il était trop dur pour de jeunes lecteurs (Rémi y fait mentalement ses adieux aux êtres qui lui sont chers), mais le récit perdait l'une de ses scènes les plus poignantes, l'une de celles qui marquent à jamais. L'abréviation ou l'adaptation d'un texte narratif constituent des exercices périlleux.

Pas féministes, et alors ?

Rabelais, Saint-Exupéry, Maupassant, Flaubert, Vigny et leurs comparses, qui se souciaient peu de parler aux lecteurs de leur quotidien ou de les froisser en n'étant pas assez féministes ou inclusifs, doivent retrouver leur place sur les étagères des écoles et dans les cartables des élèves. Ceux-ci y découvriront la complexité des conjugaisons en même temps que l'amour fou, la jalousie et la haine féroce ; les propositions subordonnées incises leur parleront de trahison, de guerre et de bravoure ; ils fricoteront avec des épithètes et des attributs qualifiant des génies malfaisants et de fatales héroïnes.

Ils apprendront à maîtriser la voix passive et leurs désirs mimétiques avec Swan, Javert, Didon et Iago. Cessons de leur servir de la bouillie mal traduite et des récits expurgés de toute violence : la littérature est aussi faite pour vivre d'autres vies que la sienne. Gageons qu'ils trouveront cela addictif et... ludique.

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mercredi 13 juillet 2022

L’Europe de l'Est en proie à une démographie en chute libre

L’ampleur de l’émigration, conjuguée à la faiblesse de la natalité, pourrait vider de leurs habitants certaines régions de Bulgarie, de Lettonie, de Lituanie, de Serbie et d’Ukraine d’ici à 2050.

L’Europe centrale et orientale a de quoi s’inquiéter. Parmi la soixantaine de pays amenés à voir leur population décroître significativement (1 % ou plus), d’ici à 2050, figurent la Russie, l’Allemagne, la Corée du Sud et Cuba. Mais c’est l’ancien bloc soviétique qui perdra le plus, d’après les dernières projections de l’ONU.

Sur cette photo, prise le 23 janvier 2020, une vieille carte postale montre à quoi ressemblait le village de Blagojev Kamen, en Serbie, il y a cinquante ans. Des villages presque vides, aux maisons abandonnées et délabrées, sont désormais visibles dans toute la Serbie

[L'Europe occidentale vide l'Europe de l'Est sauf la Russie]

La chute s’annonce supérieure à 20 % à l’horizon de trente ans en Bulgarie, en Lettonie, en Lituanie, en Serbie et en Ukraine. Pour cette dernière, il ne s’agit pas d’une nouveauté, même si la guerre déclenchée le 24 février par la Russie a considérablement aggravé la situation préexistante. Fin mai, le conflit en cours avait donné lieu au déplacement de 13 millions de personnes, dont 6,8 millions de réfugiés partis à l’étranger.

L’Ukraine approchait les 52 millions d’habitants au début des années 1990, n’en comptait plus que 43 millions en 2021 et pourrait passer sous la barre des 33 millions en 2050. À l’instar de ses voisins, elle souffre de deux maux chroniques : une natalité faible et une émigration forte. « Tous les pays d’Europe de l’Est, ou presque, ont connu des niveaux de fécondité faibles, environ 1,5 naissance par femme ou moins, depuis vingt ou trente ans », explique-t-on au siège des Nations unies, à New York. Loin, donc, du seuil de remplacement (2,1 naissances par femme) pouvant garantir le renouvellement des générations.

Un ancien blason yougoslave visible sur un bâtiment scolaire abandonné dans le village de Blagojev Kamen, en Serbie, le 23 janvier 2020.

 

« Fécondité très basse »

Par ailleurs, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, la différence entre les entrées (immigration) et les sorties (émigration) n’a cessé d’augmenter, du fait d’une hémorragie de la jeunesse. La Bulgarie, passée de 9 millions d’habitants dans les années 1990, à 6,8 millions en 2022, pourrait ne plus en compter que 5,2 millions en 2050. La Serbie, elle, comptait 8 millions d’habitants à l’effondrement du rideau de fer. Elle en a actuellement 7,2 millions et pourrait tomber à 5,8 millions dans trente ans. 

[Pays baltes]

Sur la même période, la population de la Lituanie pourrait dégringoler de 3,8 millions à 2,2 millions, celle de la Lettonie de 2,7 millions à 1,4 million. [Une certaine portion de cette population sont des Russes qui ont fui des politiques antirusses dans les pays baltes. En 2017, il y avait environ 1 million de Russes de souche dans les trois pays baltes, après atteint environ 1,7 million en 1989, l'année du dernier recensement à l'époque soviétique. En 2009, plus de 15 % des habitants de la Lettonie étaient des non-citoyens, en majorité des russophones ne parlant pas, ou pas assez bien, le lette, et c'est également le cas des russes « non-citoyens d'Estonie » privés de leurs droits civiques et apatrides puisque leur pays d'origine, l'Union soviétique, a disparu.]

« Les jeunes partent et, chez ceux qui restent, la fécondité s’avère très basse. La question est de savoir si ce phénomène va durer ou non », analyse Gilles Pison, conseiller scientifique à l’Institut national d’études démographiques (INED). Ce dernier met néanmoins en garde. 

[La fécondité de la Pologne est légèrement remontée]

« Les choses peuvent vite s’inverser, comme on l’a vu en Pologne. Avec son entrée dans l’Union européenne en 2004, ce pays a connu une émigration importante, tandis que la fécondité était très basse à l’époque, à 1,22 enfant par femme, rappelle M. Pison. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La Pologne redevient un pays attractif, pour les Russes et les Ukrainiens notamment, tandis que le taux de fécondité est remonté » à 1,46 enfant par femme en 2022 et pourrait atteindre 1,56 en 2050.

La Bulgarie s’interroge sur son sort. Alors que « plus des deux tiers » de son territoire seront des déserts démographiques en 2040, selon une étude de l’Académie des sciences bulgares datant de l’été 2021, elle considère faire « partie des 10 % des pays au monde ayant les conditions de vie naturelles les plus favorables », si bien que le changement climatique et la surpopulation dans le monde pourraient faire du territoire bulgare « un lieu de vie de plus en plus attrayant ».

En attendant, le déclin est bien là. Les données de l’ONU corroborent ce que pointaient les démographes Agnieszka Fihel et Marek Okolski dans une étude parue en 2019 dans le bulletin d’information scientifique de l’INED, Population & Sociétés. Dans toute l’Europe de l’Est, précisaient ces deux experts polonais, « le solde migratoire, facteur principal, est responsable des trois quarts de la baisse (73 %), et le solde naturel d’un quart (27 %) ». En Estonie, en Lettonie et en Lituanie, relevait en 2021 Céline Bayou, spécialiste des pays baltes au Quai d’Orsay, dans la revue Nordiques, la population est confrontée à « l’angoisse de la disparition ».

Source : Le Monde

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mardi 12 juillet 2022

Prof de droit de Berkeley en Californie : dire que seules les femmes sont « capables de grossesse » est transphobe

Khiara M. Bridges, une professeure de droit de Berkeley (Californie) dit au sénateur Hawley du Missouri qu’il est transphobe pour avoir dit que seules les femmes peuvent tomber enceintes. Khiara M. Bridges a écrit de nombreux articles concernant la race, la classe, les droits reproductifs et l’intersection des trois.

Maintenir que seules les femmes peuvent tomber enceintes serait, selon elle, ouvrir la voie à la violence.

D’aucuns pourraient se demander comment cette femme est professeur de droit. Son ton est celui d’une institutrice autoritaire, d’une maîtresse d’école intolérante. Elle devrait être une source d’embarras pour l’université qui l’emploie.


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La lecture s’assèche avec la surconnexion aux écrans et aux réseaux sociaux

Les jeunes lisent de manière très « fractionnée » en raison d’un manque d’attention. Le portable cannibalise le livre.

« Tout commence dès le plus jeune âge avec la lecture du soir ou même l’écoute d’un livre audio pour apprendre à aimer lire en grandissant », Régine Hatchondo, présidente du centre national du livre.


Quelle est la durée d’attention d’un poisson rouge ? 8 secondes. Et celle d’un millénarial, cet individu « né [dans les années 1980 et 1990] avec la connexion permanente et avec un écran tactile » ? 10 minutes ? 50 secondes ? Non : 9 secondes. C’est ce que les superordinateurs de Google sont parvenus à estimer. Un chiffre édifiant que Bruno Patino a choisi pour ouvrir son excellent essai La Civilisation du poisson rouge, suivi de Tempête dans le bocal (Grasset). 
 
Comme eux, les zennials (nés entre 1998 et 2003), mais aussi tous ceux qui ont succombé à la surconnexion, « nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés ». Prises entre deux eaux de courriels et de brèves, les jeunes générations lisent-elles encore de « vrais » livres ?

D’abord, les jeunes aiment lire. Dans sa dernière étude sur les pratiques des jeunes et la lecture, parue en début d’année, le Centre national du livre (CNL) révèle que les 7-25 ans sont 84 % à aimer cette activité. Régine Hatchondo, présidente du CNL, confirme : « Le livre a bonne réputation. » Les trois quarts des 7-19 ans interrogés lisent majoritairement de la BD, des mangas et des comics. Des ouvrages qui ont leurs auteurs cultes et amènent souvent les lecteurs vers d’autres univers et cultures. Le manga s’envole quand le roman, lui, perd 11 % de lecteurs en six ans. Ce qui soulève cette question : tous les livres se valent-ils ? Y a-t-il des formes culturelles plus nobles que les autres ?

Il y a un mois de cela, la question de la lecture chez les jeunes a fait grand bruit. D’abord, au bac pro, le mot « ludique » dans un texte de Leïla Slimani a été jugé « trop compliqué » par certains lycéens. Idem avec un extrait de Jours de colère de Sylvie Germain, « trop difficile » à analyser. Après cela, l’auteur a été victime de cyberharcèlement et de menaces de mort. Un phénomène aberrant, mais qui n’est pas nouveau. Andrée Chédid en avait fait les frais, Laurent Gaudé aussi et même Victor Hugo, « ce bel enfoiré avec son Crépuscule à la con » ! Leur crime ? Trop bien écrire.


Pour Régine Hatchondo, ce problème de compréhension et de vocabulaire est à lier « avec la baisse du goût pour la littérature ». C’est donc le serpent qui se mord la queue : sans littérature, pas de vocabulaire, et sans vocabulaire, pas de littérature. Alors, comment expliquer ce long déclin du roman chez les jeunes ? D’abord, un changement de paradigme. « Ce n’est plus sur les humanités, mais sur les maths qu’on sélectionne l’élève, relève avec justesse Sylvie Octobre, sociologue au ministère de la Culture. Ces nouvelles valeurs transforment le rapport qu’on a à la littérature. » Ensuite, un changement d’époque. Irène Frain, auteur de 40 romans, prix Interallié en 2020, a été professeur pendant quinze ans. Pour elle, le coupable est très clair : le portable. « Hier, les parents se battaient avec la télévision, aujourd’hui, avec les écrans. »

Deux chiffres : les jeunes passent 3 h 14 à lire par semaine contre 3 h 50 par jour… sur un écran. Le portable cannibalise le livre. Et quand bien même les lecteurs prennent le temps de lire, ils sont 47 % à faire autre chose durant cette activité (aller sur les réseaux sociaux, regarder des vidéos). En vérité, le problème n’est pas tant « est-ce que les jeunes lisent ? » que « ont-ils le temps ? ». Les jeunes lisent, oui : 5 % de plus qu’il y a six ans, selon l’étude du CNL qui établit à 83 % les 7-19 ans qui s’adonnent à la lecture dans le cadre des loisirs. Mais ils le font de manière très « fractionnée » en raison d’un manque d’attention. Le temps s’est accéléré et raccourci. Ce qui ne devrait pas aller en s’arrangeant. 

Bruno Patino le résume très bien : « Notre temps est devenu un enjeu économique central. » Avec la surconnexion et les fils inextinguibles d’Instagram, internet ressemble à s’y méprendre au tonneau des danaïdes tandis que les géants du numérique ne cessent de « nourrir, en permanence, l’esprit d’utilisateurs qui passent à autre chose avant même d’avoir commencé à faire quelque chose », observe Bruno Patino. Pour rivaliser avec les séries, la tendance est à construire des livres sur le même modèle : chapitres très courts, effet de suspense en rafale… Mais, même là, le roman demande du temps. Surtout quand le téléphone sonne.

Bruno Patino cite Neil Postman qui, dans Se distraire à en mourir (1985), opposait les récits d’Orwell et de Huxley, 1984 et Le Meilleur des mondes, pour conclure à l’actualité de ce dernier. « 1984 décrivait un monde où les livres sont interdits, où la vérité est dissimulée, et la contrainte imposée par la violence. Huxley, quant à lui, annonçait une civilisation séduite, gavée par un torrent de contenus, rendue esclave et comme somnambule par le plaisir qu’elle s’inflige. » Dans cette dystopie, « il n’y a plus de raison d’interdire un livre, car plus personne ne veut en lire ». Bruno Patino le constate : « Nous en sommes là, noyés dans des contenus indifférenciés. »

Outre que cette surexposition aux écrans aseptise le temps, elle pose un problème de santé publique. Ainsi que le rappelle Irène Frain, une étude menée par des chercheurs de Yale montre que la lecture permettrait de gagner deux ans de vie. De quoi s’inquiéter pour l’avenir des enfants… Selon l’observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, pendant le confinement, les moins de 6 ans ont passé 60 % de temps de plus sur les écrans, les enfants, 62 %, les adolescents, 69 %. Comment inverser cette tendance ? Pour Régine Hatchondo, « tout commence dès le plus jeune âge avec la lecture du soir ou même l’écoute d’un livre audio pour apprendre à aimer lire en grandissant ». Pour elle, « 92 % se souviennent du plaisir qu’ils avaient à écouter leur mère leur raconter des livres ».

La vraie vie retrouvée serait-elle donc la littérature ? Outre la perspective de bonnes notes, l’enrichissement du vocabulaire, l’envie de faire plaisir à ses parents, la lecture permet de retrouver de la nuance et de revenir à l’essentiel. « Sans roman, les lycéens se privent de ce qu’il y a de plus profond en eux, ce lac de beauté qui permet d’ouvrir l’esprit à une autre approche du monde, souligne Irène Frain. On peut avoir la tête tournée vers les étoiles, mais, sans romans, on est sans racines. » Le roman développe « l’imagination, abonde Régine Hatchondo, il permet de découvrir et de respecter l’altérité, de se révéler à soi-même : de construire notre humanité ». Il ralentit aussi le temps, car « il permet de se débrancher des écrans », ajoute Sylvie Octobre. C’est donc la possibilité d’une île, d’un refuge que promet le livre. Ou comme l’écrit Bruno Patino : « Paul Valéry annonçait un futur où, pour être libre, il faudrait construire des cloîtres isolés où les ondes n’entreraient pas, pour y mépriser les effets de masse, de nouveauté et de crédulité. La prophétie de l’écrivain est devenue une nécessité de civilisation ». Or, dans une société de facilité et de paresse assistée, sommes-nous prêts à faire des efforts ? Ouvre-t-on un dictionnaire sitôt qu’un mot de Victor Hugo paraît compliqué ? « Même si l’écran a été omniprésent durant la pandémie, des actions ont été entreprises pour redonner du temps aux livres », rétorque Patino. Pensons au Festival Partir en livre, aux Petits champions de la lecture, au Festival du livre de Paris… Le livre n’a pas dit son dernier mot.

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Noir bilan pour tableaux blancs

 

lundi 11 juillet 2022

Faut-il encore avoir peur de la Covid ?

La France connaît une septième vague de contaminations, mais l’exécutif a renoncé à restreindre à nouveau les libertés. L’arrivée du variant Omicron, moins létal, n’est pas la seule explication. Le Figaro Magazine se penche sur le sujet. Extrait.

Les restrictions de libertés ont suscité beaucoup moins de protestations chez nous que chez nos homologues européens, avec des manifestations certes récurrentes, mais de peu d’ampleur comparées aux mobilisations à Berlin, Bruxelles ou Copenhague. Le « Gaulois réfractaire » ne l’a pas été tant que ça, du moins jusqu’au passe [passeport/laissez-passer] vaccinal, soumis aux parlementaires pour adoption alors que les données sur la très faible efficacité du vaccin contre la transmission du virus commençaient à circuler. 
 
« Il y aurait eu un vrai risque politique à poursuivre avec le passe », estime l’épidémiologiste Martin Blachier, qui l’a combattu. Pour lui, « Olivier Véran a commis une erreur de lecture des courbes en voulant l’imposer ». « C’est une faute grave qui va laisser des traces pendant des années, regrette-t-il. Le passe vaccinal est devenu le point Godwin des discussions sur le virus. Il a alimenté le complotisme parce que c’était pire qu’une obligation, une obligation déguisée. » Olivier Véran n’est plus ministre de la Santé, mais porte-parole du gouvernement, après un passage éclair aux Relations avec le Parlement. Martin Blachier espère désormais que « l’exécutif réparera la décision brutale prise contre les soignants non vaccinés, comme promis par Emmanuel Macron ». 
 
Le chef de l’État avait déclaré le 2 juin à Marseille : « Dès que le Conseil scientifique dira qu’on est en phase endémique, on pourra réintégrer les soignants non vaccinés. ». Mais mardi, le nouveau ministre de la Santé François Braun a dit que ce n’était « pas d’actualité ». Voilà qui promet lors du débat parlementaire !

LA PROPAGATION DU VIRUS N’EST PLUS LE BON SIGNAL

L’épidémiologiste a écrit un livre passionnant sur l’histoire de la pandémie, vue de l’intérieur (1). Il y raconte comment les mandarins et la technostructure qui gouvernent notre système de santé publique ont confisqué le pouvoir pendant la crise, avec la complicité parfois active de certains politiques.

Aujourd’hui, il se félicite que « l’obligation vaccinale ait été remplacée par le ciblage des campagnes sur les personnes vulnérables » et qu’on en ait « fini avec l’idée folle du contrôle de la circulation virale ».

« Omicron a changé la donne, explique-t-il, en supprimant quasiment le risque de débordement de notre système de santé. Chaque Français aura été infecté en moyenne 1,2 fois en 2022. On est dans le “vivre avec”. » Est-ce cette fois-ci la fin du précautionnisme sanitaire extrême ? « Il y a un relatif consensus autour de l’usage facultatif du masque dans les espaces clos et la nécessité des gestes barrières, mais les experts admettent enfin que le confinement ne sert à rien et que le passe sanitaire porte atteinte à la liberté », résume le docteur Alice Desbiolles, médecin en santé publique et épidémiologiste, auteur d’un livre récent sur l’éco-anxiété (2).

Comme Martin Blachier, elle considère que les tests remboursés par la Sécurité sociale donnent un mauvais signal. « Il faut arrêter de tester, car les indicateurs de contagions ne sont plus pertinents et être infecté n’est pas grave en soi. Trop de gens les utilisent pour dramatiser la menace, nous dit-elle.

Les seules données intéressantes sont celles qui mesurent le nombre de Covid graves et d’hospitalisations. Encore faut-il s’assurer qu’elles sont fiables. On sait aujourd’hui que la moitié des patients qu’on hospitalise avec le Covid ont en réalité une autre pathologie qui est la cause de leur hospitalisation. Lors des premières vagues, les chiffres, souvent masqués, indiquaient qu’un tiers des patients mouraient avec le Covid, mais pas du Covid. »

LE VACCIN POUR LES PLUS VULNÉRABLES

Le docteur Michaël Peyromaure, chef du service d’urologie à Cochin (Paris), tire de son côté la sonnette d’alarme sur les conséquences néfastes de l’obligation faite aux médecins de ne pas opérer un patient qui répond positif au test du Covid. « Cela peut entraîner de graves complications pour certains malades qui devront attendre l’expiration du délai légal de six semaines, s’inquiète-t-il, alors qu’opérer un malade qui a le Covid ne fait pas courir un grand risque de contagion. C’est comme si on refusait d’opérer un patient porteur du virus du sida au motif qu’il y a un risque de transmission. »

Le bilan exhaustif des campagnes de vaccination n’a pas encore été fait, mais de plus en plus de chercheurs et de médecins jugent sévèrement la doctrine du vaccin pour tous. On sait que les vaccins ont empêché des formes graves chez des patients à risque, mais il est désormais établi qu’ils n’ont pas arrêté la transmission du virus contrairement à ce qui a été martelé au début. Le « vaccin altruiste » n’a pas servi à grand-chose.

« C’est une stratégie qui a été très coûteuse et qui a produit des effets indésirables sur certains sujets (1/1 000), comme les complications cardiovasculaires, troubles menstruels et de la fertilité, asthmes. Il aura fallu tout ce temps pour conclure que la bonne stratégie vaccinale est la vaccination ciblée des populations à risque et bien sûr de ceux qui le souhaitent, comme on le fait pour la grippe », se désole Alice Desbiolles. Les Français ont entendu pendant deux ans que la décision médicale était justifiée si elle comportait plus de bénéfices que de risques.

Le choix du vaccin pour tous ne comportait pas seulement un coût économique, mais aussi des inconvénients qui ont été sous-estimés. Mais la pandémie a fait oublier les règles anciennes en matière de virologie, quand un vaccin devait répondre, avant qu’il ne soit administré à toute la population, à des critères beaucoup plus rigoureux. Ils devaient être 100 % efficaces contre la maladie et contre sa transmission, et sans aucun effet indésirable. Plusieurs épidémiologistes soulignent qu’un Didier Raoult a eu raison de dire qu’un vaccin qui se focalise sur une seule protéine est voué à perdre son efficacité, car les souches mutent. Ils pointent les études allemandes et danoises sur des cohortes de patients vaccinés qui ont relevé que les multivaccinés étaient plus susceptibles d’attraper le Covid. C’est aussi pour cette raison qu’Alice Desbiolles insiste sur l’importance du consentement du patient au remède, un des piliers de la médecine. « Les limites à la liberté de circulation ont eu des effets très négatifs sur le bien-être des Français, sur l’économie, sur l’éducation, sur la santé mentale des enfants : on aurait tort de commettre à nouveau les mêmes erreurs », alerte-t-elle.

LA STRATÉGIE SUÉDOISE VALIDÉE

Le risque existe-t-il ? Du point de vue épidémique, la situation semble sous contrôle. « Nous sommes dans une période où l’alternance des refroidissements et des coups de chaleur provoque des infections mineures qui sont une porte d’entrée pour le dernier variant du Covid en circulation, mais il n’y a aucune raison d’en faire plus de cas que d’une grippe », affirme l’épidémiologiste Laurent Toubiana. Ce chercheur à l’INSERM a décrit son expérience dans Covid-19. Une autre vision de l’épidémie (L’Artilleur). Comme la plupart de ses collègues, il prévoit que « les infections seront en recrudescence en septembre, quand les enfants retourneront à l’école », mais contrairement aux plus « alarmistes » d’entre eux, il espère que ce ne sera pas le prétexte à un retour du passe vaccinal. Même si, selon lui, rien n’est à exclure, car « les grandes institutions préfèrent la politique de la peur à celle de la responsabilité individuelle ».

Entre l’enfermement chinois et l’inconséquence brésilienne, dans de nombreux pays, la politique l’a emporté sur le bon sens sanitaire. Au sein de l’Union européenne, la Suède (voir graphiques ci-contre) a été montrée du doigt pour son « laxisme » par ses voisins plus « enfermistes ». Le port du masque et la distanciation sociale y ont été conseillés, mais jamais imposés. Et il n’y a eu a fortiori ni confinement ni couvre-feu. « On peut comparer les résultats de la France et de la Suède parce que les dynamiques épidémiques y sont très proches, estime Martin Blachier, même s’il faut tenir compte des contextes particuliers à chaque pays : la Suède est un pays peu dense, où l’épidémie est arrivée tardivement, etc. Au départ, elle était plus mal partie que la France, essentiellement parce qu’elle avait mal pris en compte la vulnérabilité des personnes très âgées, mais elle a corrigé le tir. En revanche, en termes de perte de PIB, de ralentissement de la croissance, de dégâts économiques, sociaux et de troubles psychiques — les consultations chez les psys ont été multipliées par deux —, le bilan de la pandémie en France est beaucoup plus lourd qu’en Suède. »

(1) Méga-gâchis. Histoire secrète de la pandémie, Cerf.

(2) L’éco-anxiété. Vivre sereinement dans un monde abîmé, Fayard.

Voir aussi 

Université Laval suspend DEUX professeurs scientifiques pour leur désaccord avec la pensée dominante (de l'époque)

Les vaccins à ARNm Covid sont-ils sûrs ? 

Covid-19 — A-t-on donné le mauvais type de vaccins ? (m à j, autre étude)

Étude — Aucune perte d'apprentissage en lecture parmi les élèves en Suède pendant la pandémie

Covid : le parallèle d'Eric Caumes avec l'épidémie de coronavirus de 1890

L'infectiologue Éric Caumes auditionné devant le Sénat français rappelle que l'immunité naturelle quasi toujours meilleure que l'immunité vaccinale

Extrait plus long de cette audition

dimanche 10 juillet 2022

Transphobie ? Couple homo poursuit une clinique après avoir demandé un embryon mâle mais avoir reçu une petite fille

Un couple homosexuel poursuit en justice une clinique de fertilité californienne après avoir demandé un embryon mâle mais a fini par avoir une petite fille.

Selon CBSNews, Albert et Anthony Saniger étaient déterminés à être deux pères de deux fils. Avant que le couple ne se « marie » en 2013, ils avaient déjà choisi les noms de leurs futurs enfants et même créé des comptes Gmail pour eux.

Mais cela n'a sûrement nulle importance. Après tout, le sexe n'est qu'« attribué à la naissance », non ? Donc, tout ce que ce couple doit faire, c'est demander à une autre infirmière dans la salle d'accouchement de déclarer que le bébé est un garçon et le tour est joué. C'est comme ça que ça marche, non ? À moins d'être essentialiste et peut-être même transphobe...