jeudi 8 juillet 2021

L’éditeur d’Eric Zemmour refuse de publier son prochain livre (m à j, bis)

L’éditrice d’Éric Zemmour claque la porte d’Albin Michel

Zemmour c. Albin Michel, deuxième partie. Après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, Lise Boëll, la directrice éditoriale non-fiction et éditrice du journaliste, a annoncé qu’elle quittait la célèbre maison. Ce nouveau rebondissement fait suite au refus de Gilles Haéri, le président des Éditions Albin Michel, de publier le prochain livre d’Éric Zemmour. S’ensuivit le départ tonitruant de Philippe de Villiers en soutien au polémiste.

Cela fait maintenant plusieurs années que la maison de la rue Huyghens fait face à des problèmes internes. Éric Zemmour est arrivé chez Albin Michel après le décès de son éditeur en 2011. C’est Lise Boëll qui fut chargée de le recruter, car Francis Esménard, président d’Albin Michel, et Richard Ducousset, directeur des éditions Albin Michel, souhaitaient récupérer l’auteur après le succès de Mélancolie française (Fayard). En dehors d’Éric Zemmour, Lise Boëll publie le Dr Frédéric Saldmann, Stéphane Bern et l’essayiste Éric Naulleau, qui représenteraient entre 12 et 13 % du chiffre d’affaires des Éditions Albin Michel.

Au fil du temps, Lise Boëll « a été associée aux auteurs qu’elle publie », confie une source au Figaro, ce qui lui vaudra son surnom d’« éditrice des réacs ». Quand l’actuel patron des Éditions Albin Michel est arrivé en 2019, beaucoup de choses ont changé : à commencer par la ligne éditoriale. Le meilleur exemple : celui du livre du cardinal Barbarin, qui devait être publié à l’automne 2020. Il n’aura fallu que quelques oppositions internes pour que Gilles Haéri arrête le projet. De son côté, Éric Zemmour a annoncé porter plainte contre son ancienne maison d’édition pour rupture abusive de contrat, car « il n’y a jamais eu d’accord entre Albin Michel et [s] on client pour rompre le contrat », a déclaré Me Arnaud de Senilhes, l’avocat du chroniqueur. Il va désormais devoir trouver une nouvelle maison d’édition. 

 


Première mise à jour du 1er juillet 

Philippe de Villiers, autre auteur à succès édité par Albin Michel, a annoncé son intention de quitter Albin Michel :


Le nouveau livre d’Eric Zemmour est presque achevé et devait être publié en septembre. Il pourrait trouver refuge dans une des maisons d’édition d’Editis (Robert Laffont, Plon, Presses de la Cité, XO, Julliard, Le Cherche Midi, etc.), propriété de Vivendi.

Mauvaise journée pour la maison d’édition, qui devra donc se passer de deux mastodontes littéraires pour la rentrée. Face aux interrogations qu’ont suscitées l’annonce, le président de la maison d’édition Gilles Haéri a tenu à préciser les raisons derrière ce choix :

« Nous avons eu un échange très franc avec Éric Zemmour qui m’a récemment confirmé son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clé de sa candidature. »

 La déclaration est formellement démentie par le principal intéressé dans un communiqué de presse.


 


Billet originel du 28 juin

L'essayiste à succès devait sortir son prochain ouvrage à l'automne, mais devra se trouver un nouvel éditeur.

Le chroniqueur a annoncé lundi 28 juin que son éditeur historique, Albin Michel, avait décidé de ne pas publier son prochain livre. Cela après 10 ans de collaboration. L’ouvrage, dont le titre n’a pas encore été révélé, devait sortir en octobre 2021.

« Je suis un peu perturbé », a reconnu Éric Zemmour sur CNews, sans cependant s’étendre sur le sujet. Sur Twitter, les admirateurs de l’écrivain ont rapidement dénoncé une « censure », certains appelant au boycott de l’éditeur. D’autres dénoncent une étrange coïncidence, quelques semaines après qu’Éric Zemmour a évoqué la possibilité de se lancer dans l’arène politique.

En août dernier, l’éditeur, interrogé par Valeurs Actuelles, semblait pourtant ravi de cette nouvelle collaboration et de la teneur de l’ouvrage : « Ce sera un ouvrage extrêmement puissant, je n’ai pas peur d’affirmer qu’il connaîtra le même succès d’édition que le Suicide français », disait alors Lise Boëll, directrice éditoriale « non-fiction » d’Albin Michel.

« L’ADN et la construction seront les mêmes que ceux du Suicide : il reprend la chronologie en 2006 et poursuit jusqu’à aujourd’hui. Éric apporte une dimension très personnelle, comme il l’avait esquissé dans l’introduction du Destin français. Il ouvre des portes qui étaient jusqu’à présent restées fermées », poursuivait-elle. Selon un sondage publié mi-juin par Le Point, Éric Zemmour serait crédité de 5,5 % d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle s’il se présentait.

Voir aussi

Employés de Penguin RH en pleurs parce que l'éditeur publiera le prochain livre de Jordan Peterson

Programme pour enfants de Radio-Canada (CBC) traite J.K. Rowling de transphobe

J.K. Rowling : Hachette n'autorise pas ses employés à boycotter son prochain livre. Plusieurs membres wokes du personnel de la maison d'édition anglaise avaient exprimé leur refus de travailler sur The Ickabog, le nouvel ouvrage de la romancière. Celle-ci a été accusée de transphobie après avoir publié des tweets « controversés », à savoir avoir osé dire que seules les femmes ont des règles menstruelles...


mardi 6 juillet 2021

« "Connais-toi toi-même", ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d'enseignants américain

Le plus grand syndicat d’enseignants américain (NEA) a approuvé une proposition visant à promouvoir la théorie critique de la race dans les 50 États et 14 000 districts scolaires locaux.


Dans sa conclusion, la résolution approuvée affirme que « Connais-toi toi-même » est un proverbe africain. Sans aucune preuve. Pourtant les personnes cultivées (ou celles qui ont simplement compulsé les pages roses d’un Larousse) savent que γνῶθι σεαυτόν est une des maximes delphiques. C’est, en effet, selon le Charmide de Platon, le plus ancien des trois préceptes qui furent gravés à l’entrée du temple d’Apollon à Delphes. La Description de Delphes par Pausanias le Périégète en confirme l’existence. Platon mentionne également deux autres maximes gravées à l’entrée du temple d’Apollon à Delphes : « Sois tempéré » et « Donne-toi pour caution et tu n’es pas loin de ta ruine ».

La version latine du « proverbe africain »…
 
La National Education Association (NEA) a approuvé une résolution visant à « faire connaître » la théorie critique de la race et à mettre sur pied une « équipe de membres du personnel » pour aider les membres du syndicat qui cherchent à « lutter contre la rhétorique anti-TRC ». 

La NEA représente près de 3 millions d’employés des écoles publiques dans les 50 États. Son budget annuel est de 300 millions de dollars.

La nouvelle résolution 39 déclare également que le syndicat s’oppose aux interdictions de la théorie raciale critique (TRC) et du controversé Projet 1619 du New York Times Magazine. Interdiction qu’environ la moitié des États américains auraient déjà mise en œuvre ou seraient prêts de le faire.

En outre, la résolution appelle le syndicat à « se joindre à Black Lives Matter à l’école et au Zinn Education Project pour organiser une manifestation ce 14 octobre — l’anniversaire de George Floyd — en tant que journée nationale d’action pour enseigner des leçons sur le racisme structurel et l’oppression. »

Le troisième paragraphe s’engage à accomplir ce qui suit :

« Communiquer publiquement (à travers les médias existants) son soutien à l’enseignement précis et honnête des sujets d’études sociales, y compris des comptes rendus véridiques et adaptés à l’âge des aspects désagréables de l’histoire américaine, tels que l’esclavage, l’oppression et la discrimination des indigènes, noirs, bruns et d’autres peuples de couleur, ainsi que l’impact persistant de cette histoire sur notre société actuelle. L’Association fera également comprendre qu’en enseignant ces sujets, il est raisonnable et approprié que le programme d’études se fonde sur des éléments universitaires conçus pour comprendre et interpréter l’impact du passé sur la société actuelle, y compris la théorie raciale critique. »

Cependant, malgré l’approbation, une note sur le site Web du syndicat indique : « Cet élément ne peut pas être accompli avec le personnel et les ressources actuels dans le cadre du plan stratégique et du budget proposés et modifiés pour 2021-2022. Cela coûterait 127 600 $ supplémentaires. »

Cette décision intervient alors que les districts du pays et les experts libéraux ont tenté de repousser les critiques des parents anti-TRC en leur disant que le programme est trop complexe pour les élèves de la maternelle à la 12e année et ne serait donc enseigné qu’aux étudiants des cycles supérieurs.

Cette thèse progressiste est pourtant contredite par le fait que des séminaires sur la théorie raciale critique sont proposés aux enseignants et aux administrateurs et que des enseignants présentent des sujets inspirés de la théorie raciale critique dans certaines classes.

Les législateurs conservateurs ont déjà obtenu l’interdiction de la TRC dans environ deux douzaines d’États, l’Iowa allant même jusqu’à le déclarer d’« endoctrinement discriminatoire ». Et le sujet à lui seul a suscité des commentaires publics passionnés lors des réunions des conseils scolaires à travers le pays.

Les détracteurs de la TRC disent qu’il s’agit d’une philosophie intrinsèquement raciste qui encourage les stéréotypes et l’étiquetage tout en renforçant la division et la rhétorique anti-américaine plutôt que l’unité et les vertus des documents fondateurs.

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États-Unis — Princeton supprime l’obligation de faire du latin ou du grec pour les études classiques  

Le retour du racialisme, la vengeance de Gobineau ? 

Silos raciaux ou chasses gardées ?  

La vaccination ethno-raciale existe en Ontario... et au Québec comme aux États-Unis  

Les personnes racisées homosexuelles contre le métissage ?  

Ne pas parler de race (mais considérer l'origine sociale) serait-il raciste ? 

États-Unis — Suppression de classes « avancées » au nom de l’« équité » (trop de blancs et d’Asiatiques y sont inscrits)

États-Unis — district scolaire exclut élèves asiatiques des personnes de couleur et les classe avec les Blancs 

Patriarcat blanc : plus grande proportion de femmes racisées fréquentent désormais l'université que les jeunes hommes blancs

 États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques 

Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques (14 août 2020) [Depuis l’Administration Biden a abandonné les poursuites au nom de l’« équité »]  

La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques (recension) 

États-Unis : deux écoles (fréquentées par une majorité de noirs) ne veulent plus du nom de l’explorateur français Jean Ribault (blanc) 

Théorie du genre, décolonialisme, racialisme… Ces nouveaux dogmes qui veulent s’impose 

Comment les grands médias ont favorisé le grand réveil racial (analyse statistique et lexical de quatre journaux américains) 

Analyse du désarroi des classes moyennes blanches aux États-Unis

L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant  (vidéo)

Le wokisme : des protestants puritains athées

Les cégeps hors Montréal veulent leur part d'investissements

Le regroupement de 12 cégeps régionaux fait valoir qu’environ 9000 places sont actuellement disponibles dans leurs établissements, alors qu’il faudra vraisemblablement agrandir les bâtiments montréalais plutôt que de mettre à niveau les infrastructures souvent vieillissantes des cégeps éloignés.

La porte-parole et directrice du Cégep de La Pocatière, Marie-Claude Deschênes, estime qu’il en coûtera environ 150 millions de dollars pour un chantier montréalais, alors que les besoins s’élèvent à 180 millions pour les 12 institutions du regroupement, incluant le Cégep de la Gaspésie et des Îles.

Marie-Claude Deschênes s’attend à ce que la ministre Danielle McCann annonce d’ici la fin de l’année une bonification des programmes de mobilité étudiante et de l’offre de formations dispensées en régions, afin d’y attirer et d’y retenir suffisamment d’étudiants pour consolider davantage de cohortes.

Selon Marie-Claude Deschênes, le Regroupement des cégeps de région est là pour rester afin de démontrer au gouvernement les impacts collatéraux de ses décisions orientées sur les besoins des cégeps des grands centres.

Source

lundi 5 juillet 2021

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Covid — Les enfants ne devraient pas être obligés de porter des masques, selon des chercheurs

Les enfants ne devraient pas être obligés de porter des masques, affirment des chercheurs. Et cela peu après qu’une autre étude a révélé des preuves de niveaux inacceptables de dioxyde de carbone atteints après 3 minutes de port.

Une lettre de recherche publiée dans le réseau JAMA par des scientifiques de Pologne, d’Allemagne et d’Autriche découle d’une analyse sur 45 enfants, âgés en moyenne de 10 ans et âgés de 6 à 17 ans.

Alors que l’air libre contient environ 0,04 % de dioxyde de carbone en volume, l’Office fédéral allemand de l’environnement plafonne le volume de dioxyde de carbone acceptable dans les pièces fermées à 0,2 % (2 000 ppm). 

Pour mener leur étude, l’équipe a d’abord mesuré les niveaux de base de dioxyde de carbone sans masque pendant 3 minutes. Pour chaque masque, l’équipe a mesuré la teneur en dioxyde de carbone inhalé et exhalé en 3 minutes.

Les résultats indiquent que les niveaux de dioxyde de carbone dépassaient les niveaux acceptables après 3 minutes par un facteur de 6 : les moyennes variaient entre 13 120 et 13 910 parties par million (ppm) dans l’air inhalé sous les masques chirurgicaux et filtrants 2 (FFP2).

« Les plus jeunes enfants avaient les valeurs les plus élevées, avec un niveau de dioxyde de carbone d’un enfant de 7 ans mesuré à 25 000 ppm », indique la lettre. Les chercheurs ont calculé que les enfants portaient des masques à l’école pendant environ 270 minutes en moyenne, soit 4,5 heures.

L’étude a ses limites liées par exemple à sa nature à court terme, le fait que l’étude a été menée en laboratoire et non en classe et que les enfants pourraient avoir été appréhensifs pendant l’étude. D’autres études signalent des plaintes liées au port de masques chez plus de 25 000 enfants, obtenues par l’entremise d’un registre en ligne de l’Université de Witten/Herdecke en Rhénanie du Nord-Westphalie. Certaines plaintes courantes, soumises par les parents au nom des enfants, comprenaient l’irritabilité (60 %), les maux de tête (53 %) et les difficultés de concentration (50 %).

Bien que les chercheurs n’aient pas pu établir une relation causale entre l’utilisation du masque et les plaintes en raison des limites de l’étude, les auteurs en question écrivent que « la plupart des plaintes signalées par les enfants peuvent être comprises comme des conséquences de niveaux élevés de dioxyde de carbone dans l’air inhalé. Cela est dû au volume d’espace mort des masques, qui recueille rapidement le dioxyde de carbone expiré après une courte période. Ce dioxyde de carbone se mélange à l’air frais et élève la teneur en dioxyde de carbone de l’air inhalé sous le masque, et cela était plus prononcé dans cette étude pour les jeunes enfants. »

Les scientifiques ont fait valoir que les problèmes liés à l’utilisation du masque peuvent être liés à l’hypercapnie, ou à une accumulation de dioxyde de carbone dans le sang, qui se produit lorsque les poumons ne reçoivent pas assez d’oxygène et qu’il n’y a pas assez de dioxyde de carbone libéré.

« Nous suggérons que les décideurs évaluent en conséquence les preuves tangibles produites par ces mesures expérimentales, lesquelles suggèrent que les enfants ne devraient pas être obligés de porter des masques », ont conclu les chercheurs.

D’autres chercheurs ont fait valoir que les enfants ne devraient pas porter de masques, quel que soit leur statut vaccinal en raison d’un faible risque d’infection au COVID-19. Un article d’opinion publié dans le Washington Post, par le Dr Tracy Beth Høeg, épidémiologiste et chercheur associé à l’Université de Californie à Davis, entre autres, cite l’extrême rareté des complications comme l’hospitalisation et le décès à la suite d’une infection chez les enfants.

« Pour ces raisons, les écoles devraient lever les exigences en matière de masques pour les enfants, en particulier à l’extérieur. Elles devraient également supprimer les barrières en plexiglas, les écrans et le nettoyage en profondeur, mesures qui n’ont jamais été étayées par la science », lit-on dans l’éditorial.


Voir aussi cette étude Un masque qui couvre la bouche et le nez est-il exempt d’effets secondaires indésirables dans l’utilisation quotidienne et exempt de dangers potentiels ? Dont voici le résumé fourni avec l’article :

De nombreux pays ont introduit l’obligation de porter des masques dans les espaces publics pour contenir le SRAS-CoV-2, ils sont donc devenus courants en 2020. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’enquête approfondie sur les effets néfastes sur la santé que les masques peuvent causer. L’objectif de cette étude était de trouver, tester, évaluer et compiler les effets secondaires scientifiquement prouvés liés au port de masques. Pour une évaluation quantitative, 44 études pour la plupart expérimentales ont été référencées, et pour une évaluation de fond, 65 publications ont été répertoriées. Les publications scientifiques révèlent des effets indésirables liés aux masques dans de nombreux domaines.

Dans cet article, nous nous référons à la détérioration psychologique et physique ainsi qu’aux multiples symptômes décrits en raison de leur présentation cohérente, récurrente et uniforme par différentes disciplines comme un syndrome d’épuisement induit par le masque. Nous avons objectivé les changements mis en évidence par l’évaluation dans :

  • la physiologie respiratoire des porteurs de masques avec une corrélation significative entre baisse d’O2 et fatigue (p < 0,05),
  • une cooccurrence groupée d’insuffisance respiratoire et de baisse d’O2 (67 %),
  • port du masque N95 et hausse du CO2 (82 %),
  • port du masque N95 et chute de l’O2 (72 %),
  • port du masque N95 et maux de tête (60 %),
  • insuffisance respiratoire et élévation de la température (88 %),
  • mais aussi élévation de la température et humidité (100 %) sous les masques.

Le port prolongé du masque par la population générale pourrait entraîner des effets et des conséquences pertinents dans de nombreux domaines médicaux.

 



samedi 3 juillet 2021

« La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues »

Pour Darrell Bricker et John Ibbitson, la chute de la natalité et celle à venir de la population mondiale représenteront le phénomène majeur du XXIe siècle. L’enjeu majeur du XXIe siècle ne sera pas la surpopulation, mais le déclin de l’humanité. Dans le passionnant Planète vide (publié aux Arènes), les Canadiens John Ibbitson, grand journaliste au Globe and Mail (quotidien de tendance libérale et progressiste), et Darrell Bricker, PDG d’Ipsos Public Affairs, montrent que la natalité est déjà en chute libre sur presque tous les continents, et que cela aura des conséquences vertigineuses sur les plans géopolitique, économique ou de l’immigration. Depuis la parution de leur livre en 2019, les données ou l’épidémie du Covid-19 n’ont fait que confirmer cette thèse qui bouleverse toutes nos idées reçues. Extraits d’un entretien de ces deux auteurs paru dans L’Express.

— Dans un monde moderne et technologique, n’avons-nous pas tendance à sous-estimer l’importance de la démographie ?

Darrell Bricker — Comme l’a dit Auguste Comte, « la démographie, c’est le destin ». Plus jeune dans ma carrière, en tant que sondeur, j’ai sous-estimé son influence, en pensant que le plus important était les comportements et les opinions des personnes. Mais si vous changez la structure de la population, cela bouleverse tout. J’ai ainsi compris que Comte était en avance sur son temps. Un grand nombre d’événements historiques peuvent s’expliquer à travers la démographie. Pourquoi les pays font-ils la guerre ? Eh bien, il y a une forte corrélation entre le bellicisme d’une nation et le fait d’avoir une population jeune, à l’image de la France de Napoléon. [Voir Gunnar Heinsohn : jeunesse de la population et index de belligérance] Pourquoi y a-t-il aujourd’hui moins de conflits sur la planète ? Parce que nous n’avons plus autant de jeunes hommes pour combattre…

— Vous rappelez par exemple que le conflit israélo-palestinien est aussi une bataille démographique, les deux populations ayant des taux de fécondité identiques et élevés de 3,1…

D.B. — En plus, le taux naturel fait qu’il y a en moyenne près de 105 garçons qui naissent pour 100 filles. Quand une population a une moyenne d’âge peu élevée, cela renforce la frustration des jeunes hommes, comme on peut le voir en Palestine. Ce n’est bien sûr pas le seul facteur, mais c’est une des explications.

Quant à Israël, il a le taux de fécondité le plus élevé des pays du monde développé, le double de la majorité des nations occidentales. C’est même le seul pays à ma connaissance qui a réussi à remonter ses taux de fécondité, passant de 2,70 enfants par femme au début des années 1990 à plus de 3 aujourd’hui. [Note du carnet : la fécondité en Algérie est passée de  2,4 enfants par femme en 2000 à 3,1 enfants par femme en 2015. Cela s’explique généralement par la réislamisation de la société alors que les conditions économiques ne se sont, paradoxalement, pas améliorées pour former des ménages et accueillir plus d’enfants.] 

La population juive, un îlot au milieu de populations arabes qui lui sont hostiles, semble donc ressentir un impératif de conserver un niveau élevé de naissances pour ne pas être submergée, alors même que les taux de fécondité des Arabes israéliens sont eux en baisse. 

[…]

— Depuis Malthus, nous ne cessons de craindre la surpopulation. Mais la thèse de votre livre est que l’événement marquant du XXIe siècle sera au contraire le déclin inévitable de la population mondiale…

Famille chinoise. Quatre grands-parents, deux parents, un seul enfant ? L’indice de fécondité chinoise serait de 1,3 enfant par femme en 2020.

D.B. — Selon les projections des Nations Unies, la population mondiale devrait culminer à la fin du XXIe siècle à environ 11 milliards. Mais nous expliquions dans notre livre que ce modèle n’est pas réaliste. La population devrait plutôt atteindre un maximum de 8 à 9 milliards d’humains au milieu de ce siècle, avant de connaître un déclin important. Personne ne sait jusqu’où ira cette baisse. Tout simplement parce que nous, humains, avons fait le choix de ne plus avoir autant d’enfants que par le passé. 

Autre élément clé : ce n’est pas seulement la taille de la population mondiale qui va connaître des bouleversements spectaculaires, mais aussi sa structure. Nous allons ainsi connaître un rapide vieillissement. La disparition des baby-boomers, nés avant le milieu des années 1960, représentera une extinction de masse (rires [!]). Ce ne sera donc pas un déclin progressif, mais une chute dramatique. Il faut vraiment reconsidérer notre avenir, car nos perceptions actuelles sont totalement fausses. 

Castropignano, entre Rome et Naples, un des villages italiens qui vend des maisons à 1 euro pour attirer de jeunes habitants

— Depuis, une étude publiée l’année dernière dans The Lancet a confirmé que le pic de la population mondiale pourrait être atteint dès 2064. Selon vous, le Covid-19 va-t-il encore renforcer ces tendances ? 

[Voir À partir de 2064 la population mondiale devrait diminuer rapidement.

D.B.   C’est amusant, car tous les journalistes qui nous ont interviewés étaient initialement sceptiques. Mais aujourd’hui, cette idée d’une planète qui va se vider de sa population s’impose de plus en plus. Même les Nations Unies ont en 2019 révisé leurs projections à la baisse, en tablant sur 300 millions de personnes en moins à la fin du siècle. Quant au Covid-19, les chiffres en Chine, en Grande-Bretagne ou en France ont tous illustré une chute importante des naissances durant la pandémie. Quand les personnes se sentent en situation d’insécurité face à l’avenir, ils ne font pas d’enfants.

[Note du carnet : ce n’est pas du tout évident : la natalité a rebondi en France à partir de 1942 pendant la 2e GM. Période très incertaine… La population congolaise (RDC) a continué d’augmenter rapidement malgré des conditions matérielles qui empirent depuis l’indépendance en 1960, la population de l’ancienne colonie belge est passée de 15,3 millions en 1960 à environ 100 millions en 2020, environ car le dernier recensement date de 1984… À contrario, c’est en pleine Trente glorieuses (1945-1975), années très prospères, que la fécondité s’est effondrée en Occident passant pour la France de 3 enfants par femme en moyenne après la 2e GM à moins de 2 enfants en 1975. Au Québec, la chute sera encore plus brutale pendant ces années prospères : après avoir connu un sommet à 4,1 enfants par femme dans les années 1950, l’indice synthétique de fécondité a chuté de façon constante dans les années qui ont suivi pour passer sous les 2 enfants par femme dès 1971.]

Aux États-Unis, le Brooking Institution a même estimé à 300 000 le nombre de bébés qui ne sont pas nés du fait du Covid-19. Depuis, on observe une petite remontée de la natalité, mais il est fort probable que le Covid-19 n’a fait qu’accentuer une tendance durable, celle de la baisse des taux de fécondité. [Au Québec aussi, après une chute importante en 2020, depuis mars 2021 la natalité remonte. Voir Québec — Indice de fécondité pour 2020 est tombé à 1,52 enfant/femme, il était de 1,57 en 2019.

Il faut bien avoir conscience que si la population mondiale continue aujourd’hui à croître, ce n’est pas du fait des naissances, mais parce que les humains ne meurent plus aussi vite qu’avant.

—  Comment expliquer qu’il y ait encore tant de préjugés et idées fausses sur les niveaux de natalité dans le monde ? Les personnes imaginent par exemple souvent le Bangladesh avec de nombreux enfants, alors que taux de fécondité y est de 2. En Iran, c’est 2,1, ce qui inquiète d’ailleurs le régime des mollahs. Le Brésil, c’est 1,8…

John Ibbitson Il suffit de regarder les pays qui ne sont pas loin de la France. La Tunisie a un taux de fécondité de 2,2. Pareil en Libye. L’Algérie, c’est 3, mais en était encore à 7 en 1960 ! Votre pays est entouré de pays qui ont une natalité déclinante, et cela ne concerne pas que l’Europe, mais également l’Afrique du Nord. [C’est certainement vrai pour toute l’Europe. Mais ce n’est pas le cas de l’Algérie, répétons-le, dont le taux de fécondité a rebondi depuis 2000.]

 

Maison vide au Japon. Il y en avait plus de 8,46 millions en 2019…

— Quelles sont selon vous les principales causes de ces déclins spectaculaires des taux de fécondité dans le monde entier ?

J.I. — La réponse est très simple et peut se résumer à un mot : urbanisation. La planète s’est urbanisée à une vitesse spectaculaire. En 1950, seulement 30 % de la population mondiale était urbaine. En 2007, pour la première fois dans l’histoire, la population urbaine a surpassé celle rurale. Et en 2050, deux tiers d’entre nous devraient vivre en ville. Or à la campagne, l’enfant représente un atout économique, avec des bras supplémentaires pour travailler dans les champs. Mais quand on déménage en ville, il se transforme en un fardeau financier.

[…]

Par ailleurs, et c’est sans doute encore plus important, l’urbanisation favorise l’éducation [enfin une certaine éducation, certaines valeurs] des femmes à travers le système scolaire, internet, les librairies, les médias, mais aussi la fréquentation d’autres femmes. Et une fois que les femmes ont cette liberté, elles veulent contrôler leur vie comme leur corps, ce qui passe par avoir moins d’enfants.

L’influence des religions organisées est également plus forte dans des environnements ruraux que citadins. Or les sociétés religieuses ont des taux de fécondité plus élevés que les profanes. Et puis il y a aussi l’influence clanique — les tantes qui vous poussent à vous marier et faire des enfants — qui, en ville, est remplacée par celle de vos pairs. Vous entendrez ainsi rarement vos collègues [éduqués comme vous, avec les mêmes valeurs]  vous inciter à avoir des enfants.

[…]

 

La végétation envahit un bâtiment à Mostar, en Bosnie-Herzégovine

 

— La Chine vient d’autoriser les couples à avoir trois enfants pour tenter d’éradiquer la baisse des naissances. Cela aura-t-il un impact ? [Voir La Chine va autoriser les familles à avoir trois enfants]

D.B. — Autoriser les personnes à avoir des enfants dont ils ne veulent pas ne va pas changer grand-chose (rires).  

[Si c’est vrai qu’en Chine le nombre de naissances par femme correspond au nombre idéal d’enfants désiré par les familles, ce n’est pas partout le cas dans le monde. Voir la carte ci-dessous. Dans de nombreux pays, dont le Québec, les gens veulent plus d’enfants qu’ils n’en auront, mais voilà, ces enfants coûtent cher dans nos sociétés urbanisées qui poussent au carriérisme. En orange tous les pays où la fécondité est inférieure à la taille de la famille idéale selon les sondages effectués.


]
 

Peut-être que cela aura un petit impact sur les taux de fécondité dans les régions plus rurales, mais cela n’inversera pas la tendance. La Chine est l’exemple même du pays qui s’est rapidement urbanisé. En 1960, seuls 16 % des Chinois vivaient dans des zones urbaines. Aujourd’hui, c’est 54 %, et en 2050, cela devrait être plus de trois quarts. Les Chinoises, qui sont d’ailleurs en proportion moins nombreuses que dans les autres sociétés du monde du fait de la politique de l’enfant unique, ont décidé de ne pas vivre l’existence de leur mère, et elles en ont aujourd’hui le pouvoir. Au mieux, cette décision du gouvernement chinois d’autoriser trois enfants par couple ne ainsi fera que ralentir légèrement le déclin démographique. Les médias se focalisent sur la Chine, car c’est le pays le plus peuplé, mais ce déclin de la natalité a lieu partout dans le monde.

J.I. — N’oublions pas non plus que la tragédie des Ouïghours en Chine a aussi une cause démographique. C’est un génocide contre une minorité religieuse commise par le gouvernement, dans le but de réduire de force sa natalité, qui était plus élevée que celle de la majorité Han. D’où des stérilisations contraintes et la déportation de parents de trois enfants ou plus. Ces atrocités sont directement liées aux taux de fécondité. [Voir Chine dit libérer les femmes Ouïgoures de la maternité en les émancipant et en les rendant plus autonomes.]

— Les États-Unis devraient être la seule superpuissance dont la population va croître à la fin du siècle du fait de l’immigration. Est-ce un avantage important ?

J.I. — La Chine va connaître un rapide déclin. Si le taux de fécondité de 1,3 annoncé dans le recensement de 2020 est correct, ce pays peut perdre la moitié de sa population au cours de ce siècle, passant de 1,4 milliard d’habitants à 700 000. La Russie, qui a une faible natalité et une faible espérance de vie, a déjà moins d’habitants qu’à la fin de l’URSS. L’Union européenne a elle aussi un taux de fécondité faible, de l’ordre de 1,5 [comme le Québec]. Les États-Unis sont historiquement la superpuissance la plus ouverte à l’immigration. Si cette tendance continue — ce qui n’est pas une certitude au vu de l’opposition grandissante à l’immigration —, leur population pourrait croître de quelques millions d’habitants en 2100. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est l’inverse de ses rivaux. Cela aura un impact géopolitique évident.

[D’une part, La Russie a jugulé son déclin démographique rapide et si sa population a baissé dernièrement c’est un « écho » de la calamiteuse ère Eltsine. Cependant la fécondité russe est passée de 1,16 enfant en 1999 à 1,50 enfant par femme en 2019. D’autre part, est-ce qu’un pouvoir autoritaire chinois se croisera les bras devant une implosion démographique et ces « femmes qui ont le pouvoir » selon ces deux auteurs anglo-saxons ?  Rien ne permet de prévoir avec précision ce qui arrivera dans 80 ans, même si des tendances lourdes sont bien visibles.]
 

Rue qui traverse la partie abandonnée de la capitale lithuanienne, Vilnius.

 

— Pays le plus vieux du monde, le Japon a déjà un citoyen sur quatre qui est un senior. Pensez-vous que les robots et l’intelligence artificielle puissent compenser ce déclin démographique ?

D.B. — Vous pouvez certes compenser la productivité grâce à la technologie. Mais vous ne pouvez rien face à la baisse de la consommation. Nous sommes dans une économie qui est tirée par les consommateurs. Mais qui va acheter les nouveaux produits quand, comme au Japon, la population devrait passer de 125 à 80 millions, voir même à 60 millions en 2100 ? Le Japon a ainsi certes le plus grand nombre de robots de service dans le monde. Mais les robots ne sont pas des consommateurs. [Ils n’achèteront pas plus votre maison ou vos actions en bourse… Bref, vos avoirs, votre magot pour votre retraite.]

Après avoir lu notre livre, Charles Jones, un économiste de Stanford, a analysé les implications économiques d’une baisse de la population mondiale. Selon lui, il y a deux grandes conséquences négatives. La première, c’est qu’une diminution des consommateurs signifie une baisse de la croissance. C’est inévitable. La deuxième, c’est une régression en matière d’innovation, qui est le privilège de la jeunesse. Une population vieillissante diminue ainsi la probabilité que vous puissiez développer un nouveau logiciel révolutionnaire. [Le démographe nataliste Alfred Sauvy (1898-1990) disait déjà la même chose… dans les années 1930.]

J.I. — Le Japon mise aujourd’hui tout sur les travailleurs temporaires étrangers pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre liée au déclin démographique.

D.B.  Un démographe japonais m’avait expliqué que le modèle pour le Japon est Dubaï, avec l’importation d’une main-d’œuvre étrangère non intégrée dans la société. Mais cela sera-t-il possible d’un point de vue culturel, en sachant que le Japon, contrairement aux Émirats arabes unis, est une démocratie ? Par ailleurs, n’oublions pas que les pays d’où est issue cette main-d’œuvre sont eux aussi touchés par la baisse des taux de fécondité. L’immigration n’est souvent qu’une solution à moyen terme pour faire face au déclin de la population. Car tous les pays du monde vont connaître cette même transition démographique…

J.I. — Si on regarde le cas du Canada, qui a la politique migratoire la plus ouverte au monde, on voit que l’Inde, la Chine et les Philippines sont les principaux fournisseurs d’immigrés. Or l’Inde a déjà atteint le seuil de renouvellement des générations si on en croit l’étude du Lancet, la Chine est bien en dessous, et aux Philippines, le taux de fécondité est passé de 6,4 en 1969 à 2,75 en 2020. Le Canada pourrait donc, plus vite qu’on ne le pense, être privé de ces réserves migratoires.  [Note du carnet : Il restera l’Afrique…]

Wittstock-Dosse en Allemagne de l’Est a été rénovée, ses façades rafraîchies, mais la ville continue à perdre des habitants

 

Des « pays en voie de disparition »

— En Europe de l’Est, la Bulgarie pourrait perdre plus de 20 % de sa population en 2050. La Hongrie devrait, elle, connaître une baisse de plus de 10 % sur la même période. Ce qui explique l’obsession de son dirigeant Viktor Orban pour la démographie et une politique nataliste activiste. Pensez-vous que cela puisse fonctionner ?

D.B.  C’est Orban qui a l’approche la plus agressive en matière de politique nataliste. Mais les données dans les autres pays montrent que vous pouvez ralentir la baisse des naissances, mais qu’il est très difficile d’inverser la tendance. C’est ce qu’on appelle le « piège de la fécondité basse ». Une fois que la famille à un ou deux enfants devient la norme, cela le reste. Quand une société arrive à un taux de fécondité en dessous de 1,5, il est presque impossible de remonter ce chiffre. Outre une natalité faible, la Hongrie doit faire face à un autre problème : l’émigration de sa jeunesse. Il y a une forte diaspora hongroise dans toute l’Europe. Résultat, ce pays fait face à une diminution de sa population depuis les années 1980. Je ne pense pas que les aides natalistes changent grand-chose à cela.

[…]

Pour ces nations qui perdent déjà leur population, le coût du vieillissement va être très lourd. « Nous sommes un pays en voie de disparition », avait même averti la ministre de la Santé italienne Beatrice Lorenzin. 


 

—  L’Afrique subsaharienne reste aujourd’hui une exception. Un pays comme le Niger a toujours un taux de fécondité au-dessus de 7…

D.B.   L’Afrique subsaharienne n’échappera pas à cette chute de la natalité, car le reste du monde l’a fait avant elle. Cela arrivera, c’est inévitable. La seule vraie question est de savoir à quelle vitesse. Avec l’accélération technologique, je pense que l’évolution démographique en Afrique sera encore plus spectaculaire qu’ailleurs. Il a fallu cent-cinquante ans à l’Europe pour arriver aux taux de fécondité actuels. L’Amérique latine, c’est cinquante ans. En Afrique, je pense que la rapide urbanisation et l’essor de l’accès à la technologie rendront ce processus encore plus court. On voit par exemple que le Kenya est passé d’un taux de fécondité de 8 dans les années 1960 à environ 3 aujourd’hui. [Soixante ans déjà… Ce sera donc plus long que pour l’Amérique latine…] C’est juste une question de temps.

[…]

J.I. — Dans notre livre, nous évoquions le fait que le gouvernement kenyan ait rendu obligatoire l’école élémentaire pour les filles comme pour les garçons. Or les résultats de l’examen qui sanctionne la fin de l’école primaire montrent qu’en 2020, les filles représentaient 49,9 % des élèves, et qu’elles ont de meilleurs résultats que les garçons en anglais ou en souahéli. Dans une génération, vous allez automatiquement voir les conséquences de cet accès à l’éducation à travers une chute de la natalité. Et ce qui se passe déjà en Afrique de l’Est va se répandre en Afrique de l’Ouest. 

[…]

J.I. — Le ressentiment d’une partie de la population blanche au sein des pays occidentaux contre des immigrés non blancs et non européens est l’un des grands défis politiques de notre époque, cela ne fait aucun doute. C’est vrai au Canada comme aux États-Unis ou en Europe. C’est un débat houleux et miné, mais qui s’avère inévitable, du fait de ces bouleversements démographiques.

D.B. — Dans ce livre, nous ne voulions pas donner de points de vue moraux. On peut estimer l’immigration, c’est bien ou mal. En tout cas, c’est un sujet essentiel. Ces questions autour de la démographie et de l’immigration seront les grands enjeux des années à venir. La plus grave erreur serait d’éviter d’en parler et de faire l’autruche. Nous devons avoir un vrai débat identitaire et culturel. Mais la plupart des gouvernements modérés et centristes tentent de l’éviter, car le sujet les effraie. Mais c’est à eux de trouver de meilleures solutions politiques que celles proposées par les extrêmes. [Mais qu’est-ce que « extrême » veut dire quand on ne veut pas donner de points de vue moraux… ?]

— Pour conclure : une baisse de la population représente donc à la fois de bonnes nouvelles sur le plan environnemental ou de l’éducation, mais aussi de mauvaises d’un point de vue de l’économie et de l’innovation…

D.B. — Sur la question écologique, je pense qu’il faut que nous changions rapidement de logiciel. Car si vous vous focalisez sur la surpopulation et estimez que les humains ravagent la planète, que se passera-t-il quand on sait que dans quelques dizaines d’années, les humains vont diminuer de manière spectaculaire ? La question du changement climatique ne prend généralement pas en compte cette évolution pourtant essentielle. On reste dans une logique popularisée par le biologiste Paul Ehrlich, auteur du succès de librairie La Bombe P, qui avait annoncé à la fin des années 1960 des millions de morts de famine du fait de l’explosion démographique… C’est la même chose du côté des gens du marketing. Tous ceux qui travaillent dans les secteurs de la consommation et de la publicité restent obsédés par la jeunesse. Alors que la réalité, c’est que la majorité des consommateurs sera bientôt âgée. C’est pour cela que la lecture de notre livre peut être difficile à assimiler pour beaucoup de personnes. Cela bouleverse nos certitudes. Pourtant, il va bien falloir complètement changer notre vision du monde. La réalité de ces données sur un déclin démographique inévitable [Note du carnet : certainement sur le court à moyen terme] est d’ailleurs en train de s’imposer. L’ONU a déjà minoré ses modèles prévisionnels de 300 millions de personnes, et d’autres révisions auront lieu après la pandémie. Tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que la population mondiale va se réduire drastiquement. Le seul débat entre démographes est « quand ? » et « à quelle vitesse ? ». Mais à partir de là, il faut aussi se demander ce que nous allons faire face à un changement complet de paradigme. Comment allons-nous faire face à un vieillissement et à une diminution de la population ? 
 
Voir aussi
 
Plus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme (c’est une question de priorités, de « valeurs »)

Un pays à très faible fécondité peut-il jamais renouer avec le taux de renouvellement des générations ? (l’exemple de la Géorgie dans le Caucase)

 
 
 

 
 

vendredi 2 juillet 2021

Les scouts américains concluent un accord de 850 millions $ avec des victimes d'abus sexuels

Les Boy Scouts d’Amérique (BSA) ont conclu une entente s’élevant à 850 millions de dollars avec des dizaines de milliers d’hommes victimes d’abus sexuels, une étape importante dans les procédures judiciaires qui ont conduit à la faillite de cette institution vieille de 111 ans.

Les BSA regroupent un grand nombre d’organisations. Ils regroupent ainsi non seulement des scouts catholiques ou protestants, mais aussi des troupes bouddhistes depuis 1920. Les BSA ont également signé un protocole d’accord avec l’Association unitarienne universaliste en 2016 qui donne spécifiquement l’autorité ultime sur le bien-être spirituel d’un participant à la congrégation unitarienne universaliste individuelle. Le même accord accepte des organisations humanistes, « ainsi que les religions centrées sur la Terre ».

Dans un document déposé jeudi auprès du tribunal des faillites du Delaware, les Boy Scouts d’Amérique ont déclaré que leur proposition avait reçu le soutien des représentants d’environ 60 000 survivants d’abus.

Les BSA défilent lors du défilé de la « Fierté » homosexuelle à San Francisco en 2015
 

Elle ouvre ainsi la voie à une résolution générale des nombreuses plaintes déposées pour abus sexuels. Les défenseurs des victimes ont mentionné, dans une déclaration commune, que l’accord, qui nécessite encore l’approbation du tribunal, parvient à un consensus entre un grand nombre de plaignants, ainsi que les BSA et plus de 250 conseils locaux.

Fondés en 1910, les Boy Scouts se sont placés sous la protection contre les créanciers en février 2020 après avoir été après avoir été submergés par des plaintes pour abus sexuels.

Cette demande est intervenue après que plusieurs États américains, dont New York, eurent levé les obstacles juridiques qui empêchaient les gens de poursuivre en justice l’organisme pour des abus sexuels qui auraient eu lieu des décennies plus tôt.

Voir aussi  

Nouvelle politique woke des Guides (Girl Scouts) de Californie du Nord

Chefs scouts homosexuels : les organisations religieuses américaines ruent dans les brancards

Scouts Canada s’excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

La hiérarchie de Scouts Canada n’aurait pas transmis des cas de pédophilie à la police

Pédophilie en Grande-Bretagne : que fait la hiérarchie ? (660 personnes arrêtées, des médecins, des chefs scouts, des travailleurs sociaux, des professeurs et d’anciens policiers)    

Chasser la religion et la remplacer par la spiritualité (notamment Scouts du Canada)

 


La Chine, un essor irréversible ? Retour du conservatisme et du nationalisme ?

Les résultats chinois en matière d’alphabétisation, de scolarisation, de diplomation universitaire sont impressionnants. Plus de jeunes diplômés universitaires chinois que dans tout l’Occident (Amérique du Nord et Europe). Les professeurs chinois seraient payés à la performance de leurs élèves.

Les parents chinois plébiscitent l’étude des classiques chinois, le parti communiste chinois a intégré des épreuves sur la culture traditionnelle dans les examens d’accès à l’université.

Le communisme qui était un progressisme féroce et un messianisme laïcisé se mue en nationalisme conservateur.

Voir aussi

Et si la diversité diminuait la confiance ? (Putnam) 

La « diversité » ou la tarte à la crème

Un Québec de plus en plus divers, est-ce vraiment une bonne chose ?

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l’augmentation du nombre d’étrangers

Très forte augmentation des élèves allophones à Montréal

Multiculturalisme, « hybridation », « métissage culturel », une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales

« Trop de diversité sape les fondements de la solidarité » 

La Chine va autoriser les familles à avoir trois enfants

Chine — scolarité moins longue pour augmenter la natalité 

Chine — Malgré la fin de la politique de l’enfant unique, la natalité continue de baisser

Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, part d’Hollywood s’effondre en Chine

Chine — Plus besoin de faire des études aux États-Unis

Chine : le nombre croissant de diplômés sans emploi inquiète les autorités 

La Chine voudrait que l’école virilise les garçons

 

 

mercredi 30 juin 2021

Plus de frères et sœurs ? Plus de chance de se marier et moins de risque de divorcer !

Les divorces sont moins nombreux chez les personnes ayant grandi parmi plusieurs frères et sœurs.

Avant de prendre la décision de se marier, un futur époux se pose de nombreuses questions: « L’élue de mon cœur ne me décevra-t-elle pas? Notre union sera-t-elle durable ? Aurons-nous des enfants, combien en voulons-nous ? » À en croire une étude américaine, plus surprenante, mériterait d’être examinée lors de la préparation au mariage : « Combien mon futur conjoint a-t-il de frères et sœurs ? »

Une interrogation pas si saugrenue, à en croire une étude de l’université de l’État de l’Ohio. Selon ses conclusions, « parmi les facteurs qui peuvent faire diminuer les risques de divorcer à l’âge à adulte, on doit faire entrer la taille de la fratrie dans laquelle on a grandi. Plus on a eu de frères et de sœurs, meilleure est la probabilité de ne pas divorcer. »

Donna Bobbitt-Zeher, sociologue, professeur de l’université de l’Ohio et membre de son institut de recherches sur la population, est un des codirecteurs de cette étude, qu’elle vient de présenter à la réunion annuelle de l’Association américaine de sociologie, à New York. La recherche s'appuie sur le parcours de 57 000 Américains adultes ces trente dernières années.

En croisant les taux de divorce et la taille des fratries d’origine de chacun, les chercheurs de l’Ohio ont d’abord établi que la probabilité de se marier est plus élevée quand on vient d’une grande famille. Plus étonnant, chaque frère ou sœur supplémentaire augmente de 2 % la probabilité pour une personne de rester mariée.

« Avec des frères et des sœurs, on est obligé d’entretenir des liens d’amitié. On doit gérer des hauts et des bas avec d’autres personnes et s’entendre avec des gens qui ne sont pas forcément comme nous », a expliqué Donna Bobbitt-Zeher. Le fait d’avoir passé son enfance à se disputer pour savoir qui mettrait la table ou qui irait chercher le pain, à partager des jouets, à hériter de vêtements usagés laissés par un aîné et à aller chercher un plus jeune à l’école, offrirait une sorte de « préparation » aux contraintes du mariage et une capacité à bien les vivre.

L’envie de reproduire le modèle dans lequel on a vécu ses premières années entre aussi sans doute en ligne de compte. Un couple ayant plusieurs enfants, et qui a donc partagé de nombreuses années de vie commune, offre généralement un exemple de solidité et d’enracinement dans un projet. La religion compte également. Les familles croyantes sont, en moyenne, plus souvent des familles nombreuses et le divorce y est moins bien considéré, donc la décision de se séparer de son conjoint y est encore plus difficile à prendre.

Même si le fait d’être issu d’une grande fratrie offre des avantages, les enfants uniques ne sont pas pour autant condamnés au divorce ou à l’incapacité de supporter autrui. Une étude précédente, portant sur 13 000 enfants uniques, réalisée en 2010 par Donna Bobbitt-Zeher et Douglas Downey, concluait que « le fait de grandir sans frères et sœurs ne compromettait pas les aptitudes sociales. »





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Jean-Paul Brighelli : « le bac est mort depuis longtemps »

« Ceux qui s’insurgent [contre la discrimination] ont voulu ce système, il faut qu’ils en payent le prix à un certain moment. Des élèves sont envoyés à l’université, ils sont envoyés dans le mur. Ils seront chez Uber, ils pédaleront avec une licence. »