dimanche 3 octobre 2010

Québec vu de France : refus de la discrimation par les savoirs

Article d'un français amateur de lettres classiques au sortir d'une conférence à Montréal tenue la semaine passée sur le thème : « La culture classique : un héritage pour l’avenir ? »
L’élitisme devint, je le devine seulement, le diable du mouvement laïque : j’ai entendu, de la part de jeunes poulains doctoraux, le lundi de la conférence, le refus des grandes écoles à la française, discriminantes ("discrimination sociale par les savoirs", tel fut le maître mot finalement de la soirée, puisque seuls peuvent savoir ceux qui sont riches, ceux qui parlent correctement le Français – pensons aux immigrés).

Le mouvement laïc des années 60, renversant l’omniprésence du pouvoir étouffant de l’Église catholique, s’est alors appuyé, c’est un peu plus qu'une hypothèse, sur les « sciences de l’éducation » qui pointaient alors au Canada le bout de leur long nez.

Libération du religieux élitiste (le latin, le grec, la philosophie… obligatoires) allant de pair avec la libération des masses à l’égard de connaissances difficiles à acquérir sans doute… Égalité, égalitarisme, déformation du mot. Obsession du même. Et de l’inégalité des chances.

L'article est quelque peu caricatural : il y a encore quelques écoles qui enseignent le latin au Québec (très peu, mais elles existent). Et puis, on  rencontre dans cet article l'inévitable Québécois qui a eu 21 frères et sœurs alors que l'indice de fécondité en 1930 était proche de trois enfants par femme. On n'a, au passage, des statistiques détaillées qui permettent le calcul  précis de l'indice de fécondité au Québec que depuis 1926.

Cependant, il est vrai qu'au Québec le mythe de la Grande Noirceur fait rejeter par la plupart et en particulier les pédagogistes tout l'héritage des humanités gréco-latines. et l'idée même de la promotion par les savoirs et la culture (classique) générale. On préfère s'ouvrir superficiellement « au monde&nbsp:» et parler des mythologies amérindiennes et de ces merveilleux écologistes qu'auraient été les autochtones d'Amérique du Nord. Car c'était sur l'impitoyable férule des prêtres haïs et honnis désormais, à cette heure-des-plus-sombres-de-l'histoire-du-QuébecMC, que l'on apprenait les rudiments de la culture classique alors que depuis la Révolution tranquille on s'en dispense, on démocratise et on refuse de « discriminer par les savoirs&nbsp:»...





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Bulgarie — manifestation et pétition pour l’enseignement religieux à l’école



Le chef de la communauté musulmane de Bulgarie apporte son appui à la campagne menée par l’Église orthodoxe du pays pour rendre obligatoire le cours d’éducation religieuse à l’école.

À l’occasion d’un grand défilé organisé par l’Eglise en soutien à cet objectif dans la capitale bulgare, Sofia, le 24 septembre, des manifestants ont scandé des slogans dénonçant les « 60 ans d’athéisme », mis en place pendant la période communiste.

Dans un communiqué repris dans le quotidien bulgare Klassa, le bureau du grand mufti, leader spirituel des musulmans de Bulgarie, deuxième communauté religieuse du pays, indique que « le mufti appelle les citoyens bulgares professant l’islam à appuyer cette expression de solidarité avec la campagne menée par les chrétiens ».

La plupart des 7 millions d’habitants de la Bulgarie sont des chrétiens orthodoxes, mais d’après la législation du pays, l’enseignement scolaire doit rester laïc, même si, depuis quelques années, l’étude de la religion est autorisée en tant que matière optionnelle.

L’organe directeur de l’Eglise, le Saint-Synode, a approuvé une campagne visant à faire de l’étude de la religion une matière obligatoire à l’école, tout en affirmant que les écoles auraient le choix d’enseigner la confession chrétienne de leur choix, l’islam ou le judaïsme. Les écoles ne souhaitant pas enseigner la religion devraient obligatoirement dispenser des cours d’éthique.

Dans une interview accordée au quotidien bulgare Trud, le métropolite Nikolaï de Plovdiv, deuxième ville de Bulgarie, a déclaré que l’éducation religieuse à l’école vise à donner aux enfants « des fondations morales, à leur enseigner des valeurs stables, à les rapprocher des réalisations culturelles de la civilisation européenne, qui, pardonnez-moi, est chrétienne. »

Le métropolite Nikolaï ajoute que « tout le monde s’inquiète de l’augmentation de la délinquance, de la consommation de drogue et de la violence chez les jeunes à l’école … Le système éducatif n’offre pas de solution mais l’Église montre le bon chemin ».

La manifestation du 24 mars, concentrée autour de la cathédrale Alexandre-Nevsky de Sofia, s’est s’achevée par la remise d’une pétition remise au Premier ministre et au président du Parlement.

Selon l’agence de presse Focus, à Sofia, la responsable du Syndicat des enseignants de Bulgarie, Yanka Takeva, a également apporté son soutien à la campagne de l’Église orthodoxe bulgare.

Dans une série d’entretiens dans la presse et à la télévision, le ministre de l’Education, Sergueï Ignatov, du parti de centre-droit au pouvoir dans le pays, a pris parti contre l’éducation religieuse obligatoire. « Je crains que les écoles bulgares ne deviennent un terrain de rivalités religieuses », a opiné le ministre.



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jeudi 30 septembre 2010

Le cours ECR à l'ordre du jour du congrès des jeunes péquistes

Les jeunes délégués péquistes de tout le Québec se réuniront dès vendredi et pendant toute la fin de semaine à Victoriaville, pour discuter de plusieurs sujets, dont l'abolition du poste de lieutenant-gouverneur, l'extension de la Charte de la langue française, l'amélioration de l'aide financière aux études et des normes d'efficacité énergétique plus rigoureuses, pour ensuite les soumettre au Parti québécois.

Parmi les autres thèmes abordés à ce grand rassemblement national, on retrouvera la modification du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR).

Modification et non abolition...




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mercredi 29 septembre 2010

ECR et la culture du baratin « libéral »

Le philosophe Jean Laberge se penche sur la recherche de sincérité qui a aujourd’hui remplacé la recherche de la vérité en citant d'abord le philosophe américain Harry G. Frankfurt et son essai retentissant De l’art de dire des conneries (On Bullshit), on lit :
« La prolifération contemporaine du baratin a des sources encore plus profondes dans les diverses formes de scepticisme qui nient toute possibilité d’accéder à une réalité objective et par conséquent de connaître la nature véritable des choses. Ces doctrines «antiréalistes» sapent notre confiance dans la valeur des efforts désintéressés pour distinguer le vrai du faux, et même dans l’intelligibilité de la notion de recherche objective. Cette perte de confiance a entraîné un abandon de la discipline nécessaire à toute personne désireuse de se consacrer à l’idéal d’exactitude, au profit d’une autre sorte de discipline : celle que requiert l’idéal alternatif de sincérité. Au lieu d’essayer de parvenir à une représentation exacte du monde, l’individu s’efforce de donner une représentation honnête de lui-même. Convaincu que la réalité ne possède pas de nature inhérente, qu’il pourrait espérer identifier comme la véritable essence des choses, il tente d’être fidèle à sa propre nature. C’est comme si, partant du principe qu’être fidèle à la réalité n’a aucun sens, il décidait d’essayer d’être fidèle à lui-même… La sincérité, par conséquent, c’est du baratin. »
Harry G. Frankfurt, De l’art de dire des conneries, 10/18, p. 73 à 75.
[...]


Cette culture du baratin, omniprésente, procède de la sincérité laquelle est devenue, dans nos sociétés libérales, l’héritière par défaut de la vérité. La société libérale ne cultive pas tant le mensonge que le baratin. Les discours ronflants faisant l’éloge des droits de la personne, de la primauté de la personne contre la collectivité, de la tolérance, du respect de soi et des autres, constituent le baratin libéral courant.

Qu’il me soit permis d’évoquer encore une fois dans ce carnet de blogueur un seul cas, celui du nouveau cours d’Éthique et de culture religieuse (ECR), mis en place depuis septembre 2008. On n’a pas, en effet, de plus bel exemple illustrant le baratin de la culture libérale qui brille par sa démission devant la vérité et dont la marque de commerce est celle d’un souci inversement immodeste pour la sincérité.

Au nom du respect de soi et des autres, la vérité ainsi que sa recherche sont exclues du programme ECR. Ce que l’on recherche à faire dans ce programme, c’est d’amener l’élève à identifier ses valeurs et ses croyances et à reconnaître celles des autres. En somme, l’élève doit se respecter tout en respectant les autres, le pari étant que l’on pourra de la sorte assurer le bien commun, le vivre-ensemble, la coexistence pacifique. Pas le bien vivre-ensemble et le bonheur qui l’accompagne, puisque le bonheur est l’affaire privée de chacun. Or, cet objectif central d’ECR repose sur la prémisse centrale libérale de la sincérité à l’égard de soi, de ses valeurs et de ses croyances, la vérité étant exclue du processus. Ce qui compte, en bout de piste, c’est la sincérité et l’adhésion à celui ou celle que l’on est. C’est le Connais-toi toi-même socratique déchargé de l’éprouvante épreuve de la vérité. La seule exigence, c’est que celui ou celle que l’on est en toute sincérité et authenticité doive respecter ce que les autres sont. Voilà l’idéal libéral où la sincérité joue un rôle central. Or, tant qu’on ne passe pas par le test de la vérité, l’idéal libéral reste du baratin. 






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France d'outre-mer — graves échecs scolaires

Pour réussir à l’école, mieux vaut ne pas étudier Outre-mer. Ce constat sans appel a été dressé par deux chercheurs au CNRS et à l’Université de Caen, Rémi Rouault et Patrice Caro.

Les deux hommes ont étudié de près toute la France, Outre-mer compris, afin de mieux cerner les facteurs de réussite des élèves. Ils en ont tiré un « Atlas des fractures scolaires », publié aux éditions Autrement. Le livre est sous-titré « une école à plusieurs vitesses ». En effet, l’étude révèle de très grandes inégalités sur le plan national. Alors que les élèves des académies de Rennes et de Versailles s’en sortent très bien, le constat est tout autre à Lille, Créteil et surtout… Outre-mer. La Guyane, notamment arrive en queue de peloton

Faible scolarisation des parents, immigration importante, classe unique

Taux de chômage élevé, immigration clandestine, niveaux de classes disparates… les éléments expliquant cette médiocrité sur le plan scolaire sont multiples.

Interrogé par RFO Paris, Rémi Rouault insiste sur l’importance du degré d’études des parents : « Nous remarquons, et nous ne sommes pas les seuls, que la réussite scolaire est fortement corrélée au niveau d’éducation des parents, notamment au dernier diplôme obtenu par la mère », affirme-t-il.

C’est, toujours aujourd’hui, la mère, à qui revient le plus souvent la tâche d’assurer le soutien scolaire à la maison. Sa compréhension des exercices demandés est par conséquent décisive pour la progression de l’enfant.

« Pour vous donner un exemple, explique Patrice Caro à RFO Paris, dans des quartiers de Cayenne ou de Kourou, on peut avoir 80 % des parents d’élèves qui n’ont aucun diplôme, même pas un certificat d’études. Ce chiffre n’atteindra pas 10 % dans le 1er ou le 4e arrondissement de Paris ». Est-ce une surprise, les élèves de ces quartiers sont généralement beaucoup mieux armés pour aller jusqu’au baccalauréat, et bien au-delà.


Source : RFO Guyane



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Russie — Succès mitigés des cours de religion chrétienne, fort succès des cours de religion musulmane

Depuis le 1er septembre 2009, des cours de religions ou de morale laïque ont été introduit dans 18 régions de la fédération de Russie. Ces dix-huit régions regroupent près de 12 000 écoles. [Ces 18 régions sont les républiques de Kalmoukie, de Karatchaevo-Tcherkessie, d'Oudmourtie, de Tchouvachie et de Tchétchénie, ainsi que les kraïs de Kamtchatka, de Krasnoïarsk et de Stavropol et finalement les oblasts autonome juif, de Kaliningrad, de Kourgan, de Kostroma, de Novossibirsk, de Penzen, de Sverdlovsk, de Tambov, de Tomsk, de Tver et de Vologod.] Ces cours de religions seront étendus à toute la Fédération de Russie en 2012, si le bilan de l’expérience est concluant.

Contrairement au Québec, il ne s'agit pas d'imposer un seul enseignement multireligieux à tous, mais d'offrir la possibilité de choisir un enseignement distinct pour ce que la Russie appelle ses quatre religions traditionnelles. Il y aura donc des cours séparés d'enseignement religieux orthodoxe russe, islamique, bouddhiste et judaïque. Une alternative aux quatre religions est constituée par une branche sur l’histoire et la culture des religions mondiales, ainsi qu’un enseignement de « morale laïque ». Les élèves ont donc le choix entre six options différentes.

Les manuels sont divisés en quatre parties, les première et dernière étant commune à tous les manuels de religion :
  1. La Russie, notre patrie.
  2. Fondements de la religion choisie, ou de morale laïque.
  3. Fondements de la religion choisie, ou de morale laïque (suite).
  4. La tradition spirituelle de la Russie multiethnique.
Ces cours sur les religions auront lieu le 4e trimestre pour les élèves de 4e année, et le 1er trimestre pour les élèves de 5e année, à raison de 17 heures de cours par trimestre.

Trois défis

Selon l’archidiacre du Patriarcat de Moscou de l’Église orthodoxe russe Andreï Kouraev, « Cette expérience qui ne fait que commencer est une tentative hystérique de répondre aux trois défis de notre époque. Il s’agit tout d’abord de la globalisation. Comment conserver notre identité culturelle sans devenir une nouvelle Corée du Nord. Vient ensuite la question des travailleurs immigrés et le défi de l’islam. Il faut préserver l’islam russe traditionnel des peuples de la Volga de l’influence des mécènes du Moyen Orient, qui ont des objectifs différents des nôtres. Enfin le problème de la démographie nous pousse à inculquer à nos enfants le goût de la vie, de leur famille. »

 Intervention des pouvoirs publics et des professeurs laïcs

À propos de « l’identité russe », « Malheureusement, reconnaît-il, aujourd’hui, ceux qui imposent l’étude des fondements de la culture orthodoxe (FCO) sont les mêmes qui, auparavant, ont lutté contre l’introduction de cette matière. » Le père Andreï pointe directement du doigt le ministère de l’Éducation, contre qui il mène une lutte acharnée, et qu’il accuse de falsifier la volonté des parents : dans certaines régions et villes de Russie, personne n’a choisi les cours d’orthodoxie à l’école !

Islam plébiscité, orthodoxie relativement délaissée

Dans l’oblast de Tomsk et le kraï de Krasnodar, « historiquement russes », seuls 19 % des élèves étudieront les FCO, ils seront encore moins nombreux à Novossibirsk. Ils seront 34 % dans l’oblast [province] de Kaliningrad (Königsberg), 39 % dans le kraï du Kamtchatka, 20 % dans l’oblast de Kourgan, 16% en Oudmourtie, et seulement 55% dans la Tambov russe. Le seul succès relatif notable concerne l’oblast de Kostroma (75 %), le kraï de Stavropol (environ 60 %) et l’oblast de Tver (62 %). Selon des données officielles, personne (!) ne souhaite étudier les FCO dans l’oblast de Penza, où 62 % préfèrent la morale laïque, alors que les 38 % restant avouent préférer l’histoire des religions du monde. À ce sujet, remarquons que la plus conservatrice des confessions russes, l’Église des anciens orthodoxes des Pomores, a soutenu ce dernier cours. Autre résultat « parlant », celui de la Tchétchénie où les «Fondamentaux de l’islam» ont été choisis par 99,64 % des parents, les autres ayant pris les FCO.

Comment expliquer cet échec partiel ?

Le père Andreï explique ces échecs, du point de vue de l’Église orthodoxe russe, par les intrigues complexes menées par « les tours du Kremlin » qui craignent l’influence grandissante du Patriarche Kirill. Cet auteur d'un manuel de FCO a eu lui aussi son lot de déception : « Chez l’éditeur Les Lumières, se plaint-il, mon manuel sur les FCO a subi des corrections idéologiques extrêmes, sans mon accord, juste avant leur impression. La leçon 3 (sur Dieu) a été réduite de 2,5 fois. De telles coupures s’apparentent à de la censure. » La direction des Lumières a écarté du manuel les définitions de la compréhension de « Dieu », arguant que la « propagande du créationnisme » était contraire à la Constitution. Au final, pour le patriarcat de Moscou, qui a réussi à imposer les FCO dans les écoles publiques, la matière enseignée a été profanée, et il convient de se défier des enseignants éloignés de la foi, qui enseignent les « Fondamentaux de la culture orthodoxe » sans âme, mais seulement « par devoir ». Le père Andreï résume le bilan provisoire de cette expérience mieux que quiconque, lorsqu’il prononce cette phrase lors de sa conférence de presse : « Si j’avais des enfants, je ne leur permettrais pas d’étudier les FCO. »

Influence des gouvernements locaux

Pour la Novaya Gazeta, si la majorité des régions ont préféré l’enseignement de la morale laïque et l’histoire des religions du monde, cela est dû aux instances locales de l’Education.

Du fait de la structure « verticale » du pouvoir, les fonctionnaires de l’Education n’ont pu tenir une telle position contre l’avis de leur gouverneur. En outre, les ministères et les directions de l’Éducation des régions appartiennent aux organes du pouvoir des sujets de la Fédération. Ainsi, les fonctionnaires locaux ont fait délibérément montre de leur insoumission à l’Eglise orthodoxe russe.

Influence des musulmans

Les musulmans russes ont joué un rôle significatif dans cet échec de l’« orthodoxisation ». Par exemple, il y a deux ans, les pouvoirs locaux de Penza ont tenté d’imposer les FCO en réponse à l’incident survenu à Poganovka, où des antimondialistes orthodoxes s’étaient retirés du monde dans une grotte. La logique de l’État était alors à peu près la suivante : sans contrôle, l’orthodoxie dérive vers de tels phénomènes, mieux vaut enseigner la culture orthodoxe sous contrôle gouvernemental. Pourtant, les organisations musulmanes locales se sont adressées à la Procurature (le Ministère public, le Parquet) qui a interdit l’enseignement de l’orthodoxie. La même chose s’est produite dans la région du Kourgan, où les musulmans sont loin d’être une « minorité en voie de disparition ». Il n’est pas étonnant que le Kremlin n’ait pas inclus Moscou et Saint Petersbourg dans le lot des 19 régions expérimentales: ces deux villes comptent pratiquement autant de musulmans pratiquants que d’orthodoxes pratiquants.

Ces premiers échecs n’ont pas découragé les activistes religieux soutenant les FCO. Ainsi, l’éparchie de Voronej soutient-elle que dans deux à trois ans, toutes les écoles du pays dispenseront des cours d’orthodoxie. Et dans le but d’éviter les erreurs de leurs voisins, chaque école a rapidement été liée à un prêtre paroissial tenu d’éclairer systématiquement professeurs et parents. L’éparchie de Tambov a, quant à elle, officiellement déclaré qu’elle n’était pas satisfaite du chiffre peu élevé de personnes désirant apprendre les FCO. On peut tout à fait analyser de différentes manières les premiers résultats de cette expérience de l’enseignement de la religion dans les écoles laïques.

Voir aussi

Russie — Retour de l’enseignement religieux dans les écoles.

Regard sur l'Est.

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France — hausse de fréquentation dans l'enseignement catholique, mais coupure pour les établissements subventionnés






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mardi 28 septembre 2010

Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête

Pour lutter contre le pessimisme écologiste exagéré des manuels scolaires, un nouvel ouvrage.

Depuis longtemps, les géographes contestent le catastrophisme qui s’appuie sur les constats et prédictions de certains savants, souvent enfermés dans leur spécialité et refusant d’admettre la réalité de l’évolution de la planète. Ils ne nient pas les changements environnementaux qui se produisent en ce moment, en particulier dans le domaine climatique, ni la part de responsabilité qui revient aux sociétés humaines en la matière. Ils constatent en revanche que la rapidité des progrès techniques donne beaucoup plus de moyens aux hommes de s’adapter aux évolutions naturelles ou anthropiques en cours et d’en tirer profit, d’enrayer certaines de leurs conséquences fâcheuses et de restaurer des dégradations que l’on qualifie trop rapidement d’irréversibles.

Attachés aux faits, ils constatent que la population de la planète atteindra bientôt les 7 milliards, vivant plus longtemps et dans de meilleures conditions que les 3 milliards d’il y a 40 ans.

Voici quelques thèmes abordés, chacun par un géographe :
  •  Maîtriser les risques environnementaux, 
    • Yvette Veyret, Université de Paris X-Nanterre.
  • Que faut-il penser du réchauffement climatique ? 
    • Martine Tabeaud, Panthéon-Sorbonne.
  • Les océans sont-ils déréglés (niveau des eaux, pollutions, richesses halieutiques, etc) ? 
    • Alain Miossec, Recteur de l’Académie de Rennes.
  • Va-t-on manquer d’eau douce ? 
    • Loïc Fauchon, Président du Conseil Mondial de l’Eau.
  • La biodiversité est-elle en péril ? 
    • Georges Rossi, Université Michel de Montaigne, Bordeaux. 
  • Une bonne forêt est-elle une forêt bien exploitée ? 
    • Paul Arnould, ENS Lyon. 
  • 7 milliards d’hommes : la terre est-elle surpeuplée ou vieillissante ? 
    • Gérard-François Dumont, Paris-Sorbonne. 
  • Peut-on nourrir correctement la multitude humaine ? Les défis du développement.
    •  Sylvie Brunel, Paris-Sorbonne. 
  • Pour une vision optimiste de la croissance, 
    • Frédéric Teulon, directeur de la recherche à l’IPAG.

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Julien Arnaud reçoit Jean-Robert Pitte, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Selon le scientifique, il faut arrêter le catastrophisme en matière d'écologie, et avoir une gestion responsable de la planète.


À lire sur le site du journal suisse Le Temps, un entretien avec Sylvie Brunel, directrice de la maîtrise en « Mondialisation, pays du Sud et développement durable » à la Sorbonne, à propos du livre Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, qu’elle a dirigé en collaboration avec Jean-Robert Pitte.
Extrait :
– À qui profite le discours écologiste catastrophiste?
– Il profite tout d’abord à notre système économique. Le capitalisme a toujours cherché de nouvelles sources de profit. Or voici que, au moment où les habitants des pays industrialisés voient leurs besoins globalement satisfaits, ce discours vient leur dire que leurs biens, jugés dangereux pour la planète, doivent être remplacés par d’autres, plus propres et plus chers. Quelle aubaine!
– Et qui ce discours dessert-il?
 Il lèse les petites gens. Alors que les géographes croient en la capacité de l’humanité à s’adapter au changement climatique, le discours catastrophiste insiste sur la nécessité d’empêcher autant que possible le réchauffement en limitant les rejets de gaz à effet de serre. Or, ce faisant, il attise une guerre entre les riches et les pauvres. Au niveau global entre les pays industrialisés, qui prônent la réduction des émissions et se battent pour contrôler le marché des technologies vertes, et les pays émergents, qui souhaitent privilégier les stratégies d’adaptation mais ont mille peines à obtenir les moyens financiers nécessaires. D’où de fortes tensions, comme il en a surgi lors de la conférence de Copenhague sur le climat. Au niveau local, les personnes modestes sont culpabilisées par les nantis qui ont la possibilité d’acheter des certificats de compensation carbone et de racheter ainsi leurs « écarts » comme on acquérait des indulgences au Moyen-Âge.

– N’existe-t-il pas une contradiction entre l’appétit illimité de l’homme et les ressources limitées de la planète?

– Vous raisonnez comme si la nature constituait un certain stock de ressources dans lequel l’homme se contenterait de puiser. Cette perception peut se vérifier dans un petit nombre de cas, comme celui des ressources fossiles – charbon, gaz et pétrole – qui sont à la base de la dernière révolution capitaliste. Mais elle se révèle généralement erronée. Les écosystèmes sont en évolution perpétuelle. Et l’homme peut créer de la ressource. Il peut substituer du capital construit à du capital naturel, en produisant lui-même de la biodiversité, par exemple, chaque fois qu’il le juge souhaitable ou nécessaire. On ne peut pas opposer une nature qui serait par essence prodigue, bienveillante et positive à une humanité qui serait proliférante, nuisible et destructrice. La réalité est beaucoup plus complexe. Il existe un grand nombre de territoires qui ont été aménagés dans un sens positif, de la réintroduction des mangroves au Vietnam à la construction des polders aux Pays-Bas, en passant par la réhabilitation de zones considérées comme désertiques comme la Camargue. L’homme n’est pas l’ennemi de la nature.
Voir aussi

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Non ! "Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête".




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lundi 27 septembre 2010

ECR — L'impossible posture laïque

D'un article du Devoir de ce lundi :

Le cours d'éthique et culture religieuse a suscité nombre de débats, tant sur le contenu que sur la façon de l'enseigner. Pour Adeela Arshad-Ayaz, professeure au département des sciences de l'éducation de l'Université Concordia, à Montréal, la formation de ceux qui enseigneront à leur tour la diversité culturelle n'est pas adéquate. Pire, elle renforcerait les stéréotypes.

[...]

Au sujet du cours d'éthique et culture religieuse, maintenant obligatoire dans toutes les écoles du Québec, Adeela Arshad-Ayaz n'a en essence qu'une chose à dire: les enseignants ne sont pas bien préparés. «Leur formation n'est peut-être pas adaptée, mais il y a aussi le fait qu'on attend beaucoup d'eux, alors qu'on ne leur donne pas les outils. Là est tout le problème», avance-t-elle pour expliquer la réticence de plusieurs à l'égard du contenu du cours et des connaissances qui sont transmises aux enfants.

En juin dernier, la Cour supérieure a accordé au Collège Loyola le droit de dispenser le cours d'éthique et culture religieuse avec une perspective catholique, ce qui a été porté en appel par le gouvernement, qui juge qu'on doit user d'une approche professionnelle laïque pour l'enseigner. Mme Arshad-Ayaz a eu plus d'une fois l'occasion de débattre de la question.

«C'est absolument impossible comme individu d'être laïque. Comme être humain, on a des préférences. On finit toujours par refléter, à travers nos actions et nos choix, nos convictions, affirme-t-elle. Au mieux, on peut exposer clairement nos préjugés et nos opinions. Mais je me demande bien où vous trouveriez une personne qui soit capable d'enseigner avec une posture "laïque". Moi, je cherche encore!»




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dimanche 26 septembre 2010

Critiques de la position « docile » du CAF (Estrie) quant au rôle de l'État

Nous avons annoncé ci-dessous l'assemblée générale de fondation du CAF Estrie.

Toutefois, il faut indiquer ici aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison que l'attitude de la CAF en matière de relations avec les commissions scolaires ne suscite pas l'unanimité.

C'est ainsi que certains parents craignent que, en suivant les recommandations du CAF et en recevant de la part des commissions scolaires ou du gouvernement des subventions ou divers services (tutorat, évaluations, labos ou autres), les parents en viennent à compromettre la liberté des familles qui ont choisi d'éduquer leurs enfants à la maison, car l'État imposera des conditions à l'obtention de ces services ou subventions.

Quand on considère la liberté des parents et leur autonomie, il est préférable pour eux que les familles qui ont fait ce choix, se prennent en main avec leurs associations et groupes de soutien, en s'organisant elles-mêmes. Pour ces défenseurs de la liberté des parents, à la limite, peut-être qu'un crédit d'impôt de la part des gouvernements pourrait être acceptable.

Enlèvement par la police d'enfant éduqué à la maison
Couverture de Is Public Education Necessary?,
 l'enlèvement par la police d'un enfant
 éduqué à la maison sous les yeux effarés de sa mère.
Ce dernier point soulève beaucoup de discussions partout en Amérique du Nord, au sein de la communauté des familles qui ont opté pour l'école-maison. D'une part, on affirme que la liberté acquise par les pionniers du mouvement dans les années 80, souvent au prix de sacrifices (litiges devant les tribunaux et parfois même la prison), est compromise par les familles qui acceptent les offres souvent alléchantes des instances scolaires, dans le but de les rapatrier sous leur parapluie. Si de plus en plus de familles vont dans ce sens, il est plus certain que les gouvernements finiront éventuellement par imposer à toutes les familles ce qu'ils veulent (à savoir leurs programmes et toutes leurs exigences), et que tous les parents finiront faire l'école à la maison, tôt ou tard, en utilisant la même pédagogie et le même programme que dans les écoles gouvernementales.

D'autre part, certains ne voient pas le danger lié à cette démarche, ou ne veulent pas le voir en pensant seulement aux avantages du moment. Le conseil d'administration de la plus grande association pour l'éducation en famille en Alberta, l'AHEA, a pris position sur cette question, et tente de renverser une tendance qui s'est installée avec le temps, puisque les gens ne voyaient aucun préjudice pour leur liberté, dans les offres de service et les subventions du gouvernement et des instances scolaires. Cette association a pris position après s'être davantage informée auprès du ministère de l'Éducation de cette province. La Colombie-Britannique, qui peut être perçue comme un modèle par certains, laisse toujours le choix aux familles d'utiliser les programmes et services gouvernementaux ou non, bien qu'elle offre des avantages alléchants, financiers et autres, aux familles qui ont fait le choix de les utiliser. Mais encore ici, des voix commencent à informer les gens des conséquences à long terme de ce choix pour les familles qui scolarisent leurs enfants à la maison. Il faut dire que l'école-maison est établie dans ces deux provinces depuis plus longtemps qu'au Québec.

Pour ce qui est de l'intention du CAF d'intervenir auprès d'une ou de plusieurs commissions scolaires, il faut mentionner que les balises pour l'école-maison se décident au niveau du MELS. À preuve, la nouvelle politique du MELS (juin 2010) pour la scolarisation à domicile. Les commissions scolaires ont donc une marge de manoeuvre restreinte puisqu'elles doivent suivre les balises du MELS ou le consulter si elles veulent en déroger. Par conséquent, des négociations à ce niveau, s'il y en a, se font généralement dans un cadre délimité figé et préétabli.

Il va de soi que les commissions scolaires et le MELS préféreraient avoir des interlocuteurs dociles qui vont répandre la vision Monopole de l'Éducation, c'est l'intérêt du MELS mais pas nécessairement celui des familles.

C'est la raison pour laquelle, il est primordial, pour toute famille qui instruit ses enfants à la maison, de bien se renseigner sur les associations qui disent avoir leur intérêt à coeur.

Dans ce sens, les gens qui souhaitent adhérer au CAF devraient poser des questions pertinentes quant aux intentions et buts du CAF, dans son intention de représenter les familles auprès des instances scolaires dans la région de l'Estrie, et probablement éventuellement auprès du MELS.

Quelles sont ses propositions de gouvernance pour l'école-maison et le suivi qu'il souhaite tant établir avec les commissions scolaires? Est-ce que les familles seront redevables aux commissions scolaires pour plus qu'une évaluation annuellement ? Si le CAF souhaite établir des rencontres de suivi entre les familles et leur commission scolaire, n'est-il pas en train d'établir un rapport où l'on verra d'un côté des experts (le MELS, la commission scolaire) et de l'autre des parents considérés comme non experts et intimidés par le jargon et la machine du Monopole de l'Éducation du Québec. Quelles en seront les conséquences ? Des experts régulièrement « consultés » qui diront aux parents que faire, quel programme utilisé, quelle pédagogie ?

Est-ce que la collaboration très proche et fréquente que préconise le CAF avec l'État ne risque pas de rendre les familles tributaires d'un système qui cherche à les contrôler davantage ? Dans un autre ordre d'idées, pourquoi semble-t-on si sûr de réussir au CAF dans ces démarches, alors que les autres associations de parents éducateurs (AQED, ACPE, HSLDA) n'ont jamais réussi jusqu'à présent à obtenir une entente satisfaisante avec le MELS pour la très grande majorité des familles qui instruisent leurs enfants à la maison au Québec et cela après des années d'efforts intenses de lobbying, de rencontres et de discussions ?

Est-ce parce que la CAF sera nettement plus docile comme le craignent, à la lumière des axes d'intervention que le CAF a fait connaître,  plusieurs parents que nous avons rencontrés ?




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