lundi 31 août 2009

Décision du procès de Drummondville est tombée

Beaucoup de textes catholiques dans le jugement du juge Dubois, les athées, agnostiques, coptes, juifs et protestants vont apprécier.

Rappel de qui est l'abbé Gilles Routhier qui veut que l'Église connaisse sa Pâques et qui, entêté, maintenait à tort que la Congrégation pour l'éducation catholique n'avait rien à dire dans ce dossier.

Lettre circulaire de la Congrégation pour l'éducation catholique sur l'éducation de la religion dans les écoles (document refusé par le tribunal, remis trop tard): « En outre, si l'enseignement religieux se limite à une exposition des différentes religions de manière comparative et «neutre», cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme. »

Analyse demain.

Sympatisants peuvent contacter le carnetier : pouruneecolelibre@gmail.com.

Irlande: forte hausse de la natalité, pas de CPE

L'Irlande a enregistré en 2008 son nombre de naissances le plus élevé depuis 1896, selon des statistiques officielles publiées lundi. Un total de 75.065 naissances ont été recensées en 2008, a annoncé l'Office central des statistiques (CSO).

Le taux de fécondité (2,1) a dépassé pour la première fois depuis 1990 le seuil de deux enfants par femme, qui garantit le renouvellement naturel des générations. Ce taux de fécondité a augmenté dans toutes les tranches d'âge entre 20 et 49 ans.

Contrairement au Québec, l'Irlande n'a pour l'instant pas de service de garderie, mais privilégie les allocations directes. Plus de 73 000 familles, soit 42,5 % de toutes les familles irlandaises avec des enfants d'âge préscolaire, utilisent des services de garderie pour s'occuper de leurs enfants pendant des heures de travail normales.

Depuis 2006, le gouvernement verse une allocation familiale universelle de 1 000 € par enfant de moins de 6 ans. Même les parents dont les enfants vivent à l’étranger peuvent percevoir cette allocation. Malheureusement, lors de l’annonce du budget 2009, en avril de la même année, le gouvernement a annoncé le versement mensuel du Supplément aux allocations pour la petite enfance (Early Childcare Supplement) sera divisé par deux à partir du 1er mai 2009 pour s’établir à 41,50 € par enfant. Le supplément sera supprimé à la fin de 2009 et remplacé en janvier 2010 par l’ouverture d'école maternelle gratuite tous les enfants âgés entre 3 ans et 3 mois et 4 ans et 6 mois. Il faudra observer dans les années à venir les effets de cette politique moins universelle.

Rappelons que l'indice synthétique de fécondité au Québec s'établit à 1,7 enfant par femme (les chiffres de 2008 sont encore une prévision), ce que les médias appellent un peu vite un « baby boom » (alors qu'il faut 2,1 enfants par femme pour simplement remplacer les générations) et que les féministes et le gouvernement (sont-ce vraiment deux choses différentes ?) attribuent à la politique non universelle et très chère des CPE et des congés parentaux. Attribution que rien jusqu'à présent ne justifie vraiment, car on n'a pas su isoler, par exemple, les effets de l'embellie économique ces dernières années, ni la part croissante des immigrés dans la natalité. Un programme plus universel et nettement moins cher dans les années 1990 s'était accompagné d'une remontée similaire de la fécondité alors que l'économie était nettement moins florissante. L'aide aux familles n'est pas condamnable, bien au contraire, mais elle ne doit pas être sélective comme aujourd'hui pour ne cibler que les femmes qui adoptent des comportements « modernes » : travailler dans un bureau, tout en privant de multiples aides celles qui décident plutôt d'élever elles-mêmes leurs enfants en bas âge.

dimanche 30 août 2009

François de Closets contre le « fétichisme » de l'orthographe

Long dossier sur la dictature de l'orthographe dans Le Point de cette semaine.

L’auteur, amoureux de notre langue, nous fait un aveu qui ne manque pas de courage : lui qui a publié une vingtaine d’ouvrages à succès lutte depuis toujours contre ses fautes d’orthographe.

La France a encore et toujours le culte de l’orthographe. La note de dictée, c’est le QI version française. Depuis deux siècles, l’orthographe est érigée en critère de sélection sociale et scolaire. François de Closets s’est décidé à affronter le monstre qui l’a terrorisé depuis son plus jeune âge en retraçant l’histoire de notre langue. De François Ier à Voltaire, le français a vécu une époque bénie de grande liberté orthographique.

S’il était la langue parlée de toute l’Europe, c’est que, dans l'usage commun, nul ne se souciait de la manière dont on devait l’écrire. Il existait deux orthographes : l'une extrêmement complexe utilisée par les imprimeurs, l'autre privée, très libre. Le même mot pouvait s’orthographier de plusieurs façons dans l’indifférence générale. Mais, à partir du XIXe siècle, l’État décide de figer l'orthographe et d'en imposer son usage dans les écoles et son administration. Le respect de ses règles est alors un enjeu politique…

Selon François de Closets, le temps des réformes, toutes vouées à l’échec, se referme sur la tentative de simplification de l’orthographe, en 1990, qui vit les instituteurs se faire huer par l’intelligentsia gardienne du temple.

Aujourd’hui, le niveau de dictée s’est écroulé, les enseignants se désespèrent, d’autant que le portable et ses fameux textos ont tout bouleversé. Selon Closets, nous sommes face à un dilemme : d’un côté une langue véhiculée qui ignore l’orthographe et de l’autre une graphie musée, patrimoine des élites.

Extraits de l'article (très long) :

L'orthographe est en crise. Collégiens, étudiants, cadres : les nouvelles générations ne savent plus écrire trois phrases sans erreurs. Or en France l'orthographe est une religion laïque qu'il est malséant de ne pas pratiquer dans les règles. Comment faire pour que les citoyens de ce pays soient encore capables de s'exprimer correctement par écrit dans leur langue maternelle ? Faut il imaginer une nouvelle simplification de la graphie du français, alors que chaque tentative de réforme provoque un psychodrame national ? La dégradation de l’orthographe n’annonce-t-elle pas celle de la langue française elle-même ? Faut-il compter sur les progrès des correcteurs d’orthographe informatiques ?

François de Closets s’est penché sur ce sujet qui figure en bonne place dans le catalogue des passions nationales. L’enquêteur-écrivain le plus célèbre de France signe une enquête captivante où l’on découvre que les injures faites à l’orthographe comptent parmi les dysfonctionnement nationaux qui constituent le diagnostic de ce mal français que de Closets analyse dans chacun de ses best-sellers depuis quarante ans.

Entretien du Point avec de François de Closets :

— Que se passe-t-il aujourd’hui en France avec l’orthographe ?

— Le système orthographique qui a prévalu en France pendant deux siècles est en train de s’effondrer. Les jeunes générations ne sauront plus l’orthographe et, si l’on continue comme celle, elles ne sauront plus le français non plus. Le fétichisme de la graphie est amené à disparaître. Car est en train de naître une pratique de l’écriture fluide, évolutive, entièrement nouvelle et différente de tout ce qu’on a connu. Alors qu’auparavant l’écrit était destiné à fixer le verbe, il est de plus en plus utilisé aujourd’hui pour mener des conversations écrites; l’écriture est désormais électronique et assistés par des correcteurs orthographiques. Notre siècle est celui de l’écrit et pas seulement celui de l’image. Or à l’école on continue de faire la dictée du XIXe siècle avec un stylo et du papier alors que chez eux les enfants écrivent sur ordinateur. Le savoir académique et la pratique courante, quotidienne, n’ont plus rien à voir.

— Quel est-ce fétichisme de la graphie dont vous parlez ?

— C’est celui qui a permis à peu d’illetrés de devenir un peuple de scribes au XIXe siècle. Entre le XVIe et le XVIIe siècle existaient deux orthographes : une orthographe professionnelles, complexe, qui était celle des correcteurs d’imprimerie, et une orthographe privée, très libre. Et voilà qu’au XIXe siècle l’État - ce qui est formidable ! - veut que cette orthographe soit enseignée à tous mais sans qu’elle ai été simplifié. Le défi est énorme et reposa sur la sacralisation de l’orthographe, qui se fige et est donc sanctionnée par des fautes. Aujourd’hui, les jeunes dés leur plus jeunes âge, jouent avec les mots, les torturent, les coupent, les retournent. Ils s’amusent avec le langage SMS, qui n’est qu’un nouveau système de notation et en aucun cas une nouvelle orthographe. Ils ne peuvent plus éprouver ce respect fétichiste pour notre graphie, alors ils jonglent en permanence avec les nouveaux instruments d’écriture.

[...]

— Dans votre livre, vous racontez les tentatives de réforme de l'orthographe et le rôle de ceux qui s'y sont opposés, comme ce fut le cas en 1990. Cela relève-t-il d'un clivage gauche-droite ?

— Oui, concernant le camp des réformateurs au XIXe et au début du XXe  [Note du carnet : pourtant c'est la « gauche » et les radicaux qui imposeront par l'école laïque et l'examen d'entrée à l'administration la graphie complexe et figée]  non concernant le clan des écrivains. Les réformateurs sont des gens de gauche qui se heurtent aux forces réactionnaires, les antidreyfusards [Phillipe Nemo démonte cette adéquation trop commode]1, les adversaires des lois laïques, les défenseurs de l'ordre moral, hostiles à tout changement de la graphie, quel qu'il soit. Les écrivains, quant à eux, sont sous l'Ancien Régime, à la pointe de la modernisaton de l'orthographe, les Ronsard [était-il de gauche ?], Corneille, Voltaire, Diderot sont tous dans le camp du mouvement. Mais, au XXe siècle, les écrivains passent dans le camp de la réaction, qu'ils soient de droite ou de gauche; on ne touche pas à l'orthographe.


[1] Dans Les Deux Républiques françaises, Nemo rappelle que les adeptes de « 1793 », les jacobins, ont prétendu, et prétendent encore, que la gauche a été dreyfusarde et la droite antidreyfusarde. C’est d’ailleurs ce qu’avait eu le front de dire le Premier ministre socialiste Lionel Jospin à l’Assemblée nationale, lors du centenaire de l’« Affaire » (1998). Nemo démontre, documents d’archives et travaux scientifiques à l’appui, que les dreyfusards ont été des hommes de « 1789 » (des libéraux, pp. 144-146), et les antidreyfusards des hommes de « 1793 » (des étatistes, pp. 147-155).

Voir France — les lycéens sont-ils des ânes en orthographe et en grammaire ?

Voir également Les deux révolutions françaises : 1789 et 1793

Quel est le meilleur slogan pour nos maillots ?

Choisissez le meilleur slogan pour nos t-shirts, débardeurs et maillots. Indiquez également la couleur que ceux-ci devraient avoir.


samedi 29 août 2009

ÉCR en secondaire IV : gavage

En secondaire IV, le gouvernement termine l'enseignement de sa doctrine pluraliste normative, une conviction philosophique parmi d'autres (voir l'aveu de Georges Leroux, vers 18 h 15), en mettant les bouchées doubles.

On remarquera dans les copies de documents officiels ci-dessous qu’il y a quatre cours d’ÉCR par période de 9 jours (en mauve) pour les étudiants du secondaire IV.



Ensuite, voyez ce que cela donne sur le calendrier scolaire d’une année (75 cours au total — les petits cercles en mauve).



N’oubliez surtout pas de compléter et d’envoyer vos demandes d’exemption du cours ÉCR.

Résolution à l'unanimité des Chevaliers de Colomb

C'est avec un certain étonnement que nous avons entendu la semaine passée un évêque catholique important au Québec déclarer que la résolution des Chevaliers de Colomb d'appuyer le libre choix des parents en matière d'éducation morale et religieuse n'avait pas été adoptée à l'unanimité.

On trouvera donc ci-dessous la lettre signée par l’avocat d’État des Chevaliers de Colomb qui mentionne dans le premier paragraphe que cette résolution a bien été acceptée à l’unanimité par tous les membres présents.



On aimerait que certains hiérarques catholiques soient aussi sourcilleux quant à la manière dont a été voté le projet de loi 95 qui modifia l'article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec pour imposer le cours d'éthique et de culture religieuse. Ce projet de loi fut adopté sans vote par appel nominal de l’Assemblée nationale : on ne sait donc pas qui a voté.

vendredi 28 août 2009

Immigration et population vieillissante

Selon le C.D. Howe Institute, l'immigration ne serait pas une solution miracle pour éviter une crise dans la vieillissement de la population active au pays. Selon le directeur exécutif de l'institut de recherche, les politiques économique et sociale ont considérablement augmenté le nombre d'immigrants au pays, mais cette immigration massive a eu peu d'effets sur l'ensemble de la structure démographique au pays. L'institut suggère d'autres mesures pour contrer le problème du vieillissement de la population active, dont :
  1. Reporter l'âge de la retraite prévue de 65 ans à 70 ans ;
  2. Relever le taux de fécondité des Canadiens ;
  3. Stimuler la productivité.


L'étude : Faster, Younger, Richer? The Fond Hope and Sobering Reality of Immigration's Impact on Canada's Demographic and Economic Future par Banerjee, Robin et William B.P. Robson.


Voir aussi L’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général ; les politiques d’immigration doivent être revues.

L'immigration en Europe, les chiffres, les arguments

L’Europe est pour la première fois de son histoire un continent de migrants. 40 millions sont nés dans un autre pays. Plus de 10 % du total.

Comme le titre de son livre l'indique, Caldwell pense qu'une révolution est en train de balayer l'Europe. Dans un des passages les plus mémorables du livre, il se demande « si on peut avoir la même Europe avec un peuple différent », pour Caldwell « la réponse est non ». Incidemment, au Québec, l'immigration et l'euphémisme de diversité croissante ont servi de prétexte pour modifier la charte des droits de la personne et imposer le cours d'éthique et de culture religieuse.

Forte croissance des musulmans en Europe

Caldwell rappelle qu'en 1950, il n'y avait pratiquement pas de musulmans en Europe à l'exception des Balkans. En l'an 2000, il y en avait entre 15 et 17 millions : 5 millions en France, 4 millions en Allemagne et 2 millions en Grande-Bretagne. Comme les immigrants aux États-Unis, ils sont jeunes, citadins, prolifiques et surreprésentés dans les prisons. Quarante pour cent des enfants de Paris ont des parents immigrants, à Londres un huitième des habitants est musulman. Cinquante pour cent des prisonniers français sont musulmans. À Turin, les immigrants représentent 10 % de la population mais seulement 0,2 % des décès et 25 % des naissances. Les musulmans qui arrivent en Europe font en moyenne plus d'enfants que ceux qui restent au pays, le même phénomène s'observe chez les Mexicains ayant émigrés aux États-Unis.

L’effet de taille compte énormément, écrit Christopher Caldwell, éditorialiste au Financial Times. On dénombre 15 à 17 millions de musulmans en Europe. C’est unique dans l’histoire. Et cette immigration constitue le plus grand problème que rencontre l’Europe. Il est frappant de constater le manque de confiance de la démocratie, sa plus importante valeur morale, à le traiter, écrit-il.

Peuples européens non consultés

Si l’Europe accueille davantage d’immigrants que ses citoyens ne le souhaitent, c’est une bonne indication que la démocratie fonctionne mal. Dans ce contexte de « confrontation avec l’islam », il dépeint des Européens de souche qui « se sentent exclus chez eux, victimes d’une OPA culturelle » et propose ses propres pistes.

L’islam a brisé bien des habitudes, structures et institutions de l’État. L’immigration, à travers sa main-d’œuvre bon marché, peut être bénéfique à l’économie privée. Pour l’État, c’est différent. Les prestations aux immigrés et à leurs familles dépassent leurs contributions. En Allemagne, les indigènes de 20 à 65 ans paient davantage de contributions qu’ils ne font appel aux prestations sociales. Les Turcs d’Allemagne ne le font qu’entre 28 et 57 ans. La tendance n’est pas encourageante. Entre 1971 et 2000, le nombre de résidents étrangers en Allemagne a explosé de 3 à 7,5 millions, mais le nombre d’étrangers actifs s’est maintenu à 2 millions !

« La Grande-Bretagne reçoit un demi-million de nouveaux immigrés extra-communautaires tous les ans » et déjà environ 80 « tribunaux islamiques » autorisés à résoudre des controverses par la charia, y sont à l'œuvre.

En Norvège, on a assisté à un cas d'intégration à rebours : toutes les élèves d'une école ont mis le voile, convaincues d'être plus mignonnes ainsi.

L'immigration vers l'Europe, une richesse économique ?

On soutient que les immigrés « sont une ressource » parce qu'ils font les travaux que les européens ne veulent plus faire. Au contraire, « avec leurs bas salaires, ils maintiennent souvent temporairement en vie des postes de travail de toute façon destinés à disparaître (…) à cause du progrès technologique et de la disponibilité de produits à coûts mineurs provenant de Chine ».

[Notons que ces bas salaires sont également le fait des immigrés au Canada et qu'on ne peut partager l'optimisme de MM. Bouchard et Taylor qui pensent que la sélection des immigrants empêchera au Québec de connaître les affres de l'immigration européenne. D'une part, près de la moitié des immigrés au Canada n'est pas sélectionnée selon des critères économiques, il s'agit de réfugiés et de personnes qui immigrent au nom du regroupement familial. D'autre part, rappelons, en effet, que près du tiers des Maghrébins au Québec, le gros de la nouvelle immigration en hausse qu'encourage le gouvernement du Québec, est au chômage ! En outre si, en 1980, les nouveaux immigrants de sexe masculin qui avaient un revenu d'emploi gagnaient 85 cents pour chaque dollar de revenu d'emploi des hommes nés au Canada. En 2005, ils n'en gagnaient plus que 63. Chez les nouvelles immigrantes, les chiffres correspondants étaient de 85 cents et de 56 cents respectivement. Enfin, les choses ne s'améliorent pas pour tous les immigrants de deuxième génération. En effet, selon une étude récente de Statistiques Canada, toutes choses étant égales par ailleurs, certains hommes de minorités visibles dont les deux parents sont immigrants semblaient avoir un désavantage significatif au chapitre des gains comparativement à leurs pairs dont les parents sont nés au Canada.]


De plus en plus, lorsque les immigrés se naturalisent, ils ne veulent plus faire certains travaux.

On dit aussi que ce sont les immigrés qui vont « payer nos retraites ». Mais « en général, ils font des travaux peu rémunérés, leurs contributions sont donc relativement basses ». Ajoutons que « eux aussi vieillissent et deviennent retraités. En outre, très vite, ils ont des problèmes de santé que les assurances sociales doivent prendre en charge ». Sans compter que « en Allemagne et en France 70% des immigrés extra-communautaires ne travaillent pas - soit parce qu'ils sont trop jeunes, soit parce qu'ils sont au chômage donc ils ne payent pas de cotisations, alors qu'ils constituent un coût pour le système de protection sociale ».

[Voir aussi pour le Canada Immigration et population vieillissante]


Selon Philippe Legrain, auteur d’Immigrants: Your Country Needs Them, « Des économistes sensés estiment que les gains potentiels liés à une libéralisation des migrations mondiales sont énormes. » « La Banque mondiale estime que si les pays riches permettaient de voir leur main d’œuvre croître de seulement 3 % en accueillant 14 millions de travailleurs de plus du Tiers-Monde entre 2001 et 2005, le monde s’enrichirait de 356 milliards de $ par an : 162 milliards pour les nouveaux immigrants, 143 milliards pour les pays pauvres et 139 milliards pour les autochtones des pays riches. »

Cent trente-neuf milliards de dollars ? Pour une « simple » augmentation de 14 millions d’immigrés ? Comme Caldwell le rappelle : « Le produit intérieur brut total des économies avancées pour l'année 2008 est évalué par le Fonds monétaire international à près de 40 billions de dollars. » Quarante billions français, c'est-à-dire quarante mille milliards, 40 000 000 000 000. Mais ces 139 milliards ne représentent donc que 0,35 % de croissance. Cette minuscule croissance mène Caldwell à comparer les gens comme Philippe Legrain au docteur Folamour prêt à prendre en otage le monde pour un million de dollars ! « Sacrifier 0,35 % de notre économie est un prix dérisoire à payer pour reprendre en main notre pays. »

L'immigration néfaste pour le Tiers-Monde

En somme, rien ne permet de conclure « qu'il soit moins coûteux pour l'Europe d'accueillir des millions d'immigrés extra-communautaires plutôt que de destiner les mêmes ressources à les aider dans leurs pays d'origine ».

Cela vaut aussi pour les diplômés originaires du Tiers-monde : « en faisant ainsi, on soustrait aux pays d'origine justement ces élites qui leur seraient indispensables pour sortir du sous-développement ».

C'est la culture faible qui cèdera devant une culture forte

En outre, l'Europe [et le Québec] « est tellement plongée dans le relativisme qu'elle n'a vraiment pas les idées claires sur la culture qu'elle veut défendre et proposer aux immigrés. Il semble que les réactions se produisent dans un seul domaine, qui comprend le féminisme et les droits des homosexuels ».

Ainsi, nous le rappelle Caldwell, les Pays-Bas ont décidé « de proposer aux nouveaux immigrés les « valeurs hollandaises » résumée dans une vidéo qu'ils doivent obligatoirement voir. On y voit, entre autre, deux homosexuels qui échangent des effusions en public et une baigneuse "topless". Il n'est pas certain que la majorité des Néerlandais se reconnaissent dans ces valeurs. Pour contre, il est très certain que la vidéo confirmera les immigrés musulmans dans leur sentiment de supériorité par rapport à l'Occident décadent. Dans d'autres Pays les cours sur la citoyenneté proposés aux immigrés exaltent le droit à l'avortement ».

L’immigration et l’État providence se marient mal. « Une fois que les immigrés comprennent le système d’État social, ils peuvent changer les objectifs des assurances sociales. Au lieu de dépenser les prestations sociales, par exemple en nourriture, l’argent peut financer l’islam. Les deux tiers des imans en France sont à la sécurité sociale », explique Caldwell.

Certes la gestion cohérente des flux de population n’est pas aisée avec une économie globale complexe et les conséquences culturelles qui en résultent. Il ne s’agit pas seulement d’importer des facteurs de production, mais aussi le changement social. Car avec l’immigration de masse, la diversité, la tolérance, le sécularisme sont mis à rude épreuve.

Ces 20 dernières années mettent en lumière l’absence d’assimilation. Caldwell observe même une détérioration avec les nouvelles générations. Des zones de non-droit émergent dans les banlieues. Nicolas Sarkozy est le seul chef d’État à condamner les responsables d’émeutes dans les banlieues et non pas le manque de générosité à leur égard. Ce n’est pas à des délinquants de déterminer l’agenda politique. Caldwell approuve avec force. Mais est-il trop tard ? Les lois sur la tolérance ont commencé à profiter aux intolérants, dit-il.

Caldwell s’en tient aux faits : 19 % des Européens pensent que l’immigration est bonne pour leur pays. Les autres ne sont pas devenus moins généreux envers les immigrés. « Simplement, ils paient la facture ». Beaucoup d’Européens sont à la recherche d’une vie meilleure, comme les immigrés. Mais, contrairement à ces derniers, « ils n’ont pas voulu le changement », explique l’auteur. Ils sont pourtant expulsés de la culture de leurs parents. Certaines de leurs traditions sont parfois rejetées sous prétexte que les immigrés musulmans pourraient se sentir exclus. La réciprocité des pays musulmans à l’égard de religion chrétienne n’est pourtant de loin pas garantie.

Pour l’auteur, l’histoire de l’Europe est, depuis la Seconde Guerre mondiale, une histoire d’émancipation à l’égard des États-Unis. La création de l’Union européenne s’inscrit dans ce contexte. La solution à l’immigration de masse risque toutefois d’obliger l’Europe à suivre l’exemple américain. Les États-Unis sont, en théorie, libres, ouverts et occidentaux. En pratique, « l’Amérique exerce des pressions dignes de Procuste sur les immigrés pour qu’ils se conforment à leur système. Ce sont ces pressions et non son ouverture qui font des Etats-Unis un peuple ». L’immigré peut maintenir sa culture ancestrale, mais « si elle l’empêche de parler l’anglais ou d’être à l’heure au travail, il aura faim. Il rentrera dans son pays et personne ne le regrettera ». Le modèle américain ne peut toutefois être transposé intégralement. Il résulte de conditions historiques particulières et d’une réforme du système pénal, sous Nixon, destiné à lutter plus férocement contre la drogue. De plus, l’Amérique compte seulement 2 millions de musulmans.

« Le problème de base avec l’islam et avec l’immigration tient au fait que les communautés les plus fortes en Europe ne sont pas des communautés européennes », selon Caldwell. Ce problème existe malgré le multiculturalisme des Pays-Bas et la laïcité de la France. L’islam est une religion magnifique, mais ce n’est pas la religion de l’Europe et ce n’est en aucune manière la culture européenne. Il est certain que l’Europe sortira changée de la confrontation.

Quand une culture malléable, incertaine et relative rencontre une culture confiante, bien ancrée, renforcée par des doctrines communes, c’est la première qui s’adapte à la seconde.

Reflections on the Revolution In Europe: Immigration, Islam, and the West
par Christopher Caldwell
432 pages
Doubleday (juillet 2009)
ISBN-10: 0385518269
ISBN-13: 978-0385518260

Voir aussi Un Québec de plus en plus divers, est-ce vraiment une bonne chose ?

We can’t talk about immigration, la recension du livre de Christopher Caldwell dans Maclean's.

Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques

L’organisation sans but lucratif ACT (anciennement « American College Testing ») a publié ses résultats pour 2009. Tout comme le SAT, l’ACT est un examen normalisé organisé dans l’ensemble des États-Unis d’Amérique. Il sert de classement pour les examens d'entrées dans les universités américaines.

Sur une échelle de 1 à 36, les enfants instruits à la maison ont obtenu une note moyenne de 22,5 alors que la moyenne nationale est de 22,1.

Selon des porte-parole de l’ACT, de bons résultats aux tests ACT sont un très bon indicateur de succès à l’université. De bons résultats à l’ACT révèlent aussi que l’enseignement donné aux élèves du secondaire a été efficace.

En 2009, 1,48 million d’élèves ont passé l’ACT, parmi ceux-ci 11 535 enfants instruits à la maison.

Les nouveaux résultats de l’ACT viennent conforter de nombreuses études qui indiquent que les enfants instruits à la maison obtiennent de meilleurs résultats que les enfants de l’école publique primaire et secondaire. La dernière étude du National Home Education Research Institute indique que l’enfant éduqué à la maison se place, dans un test normalisé, 37 centiles plus hauts que l’enfant moyen éduqué à l’école publique.

Selon les partisans de l’école à la maison, l’instruction donnée sur une base individuelle par des parents convaincus explique ces meilleurs résultats. Cette forme d’instruction est également nettement moins chère (si l’on considère que le travail des parents éducateurs n’est pas rétribué). Un élève de l’école publique coûte en moyenne 10 000 dollars aux contribuables états-uniens.

Non seulement les élèves instruits à la maison ont de meilleurs résultats que ceux qui fréquentent l’école publique, mais leurs résultats sont également moins divergents que ceux de l’école publique.

Les garçons instruits à la maison (moyenne à 87e centile de l’école publique) et les filles instruites à la maison (88e) ont des résultats semblables. En outre, le revenu familial ne joue pas un rôle significatif : les enfants des foyers gagnant moins de 35 000 dollars se plaçaient au 85e centile alors que ceux de plus de 70 000 $ atteignaient le 89e centile de la distribution des enfants éduqués à l’école publique. Même les enfants dont aucun des deux parents n’avait de diplôme universitaire arrivaient au 83e centile, ce qui bien supérieur à la moyenne nationale des élèves du secteur public. Les élèves instruits à la maison dont les deux parents étaient diplômés se plaçaient en moyenne au 90e centile.

Et au Québec ?

Selon Christine Brabant, étudiante-chercheuse au doctorat en éducation à l’Université de Sherbrooke (dont la thèse porte sur l’éducation à domicile) et boursière de la Fondation Trudeau, il n’y a pas vraiment de danger à faire l’école à la maison.

« Toutes les études scientifiques sur le sujet montrent des résultats très positifs. Elles révèlent que les résultats scolaires des enfants qui apprennent à la maison sont supérieurs à ceux de la moyenne des jeunes scolarisés. Elles montrent également que leur développement social et émotif ainsi que leur insertion sociale sont égaux ou supérieurs à ceux de la moyenne des enfants scolarisés. Cela dit, il ne faut pas considérer cela comme une panacée. On ne peut pas affirmer qu’il n’y a jamais d’échecs. Reste qu’il est possible de très bien faire si les parents s’entourent de façon adéquate. »

Résultats précédents des enfants instruits à la maison au test de l'ACT.

jeudi 27 août 2009

L’école infantilise-t-elle les adolescents ?

Le professeur Robert Epstein, ex-rédacteur en chef de Psychology Today, a écrit un livre qui fait beaucoup de bruit aux États-Unis : The Case Against Adolescence: Rediscovering the Adult in Every Teen (Quill Driver Books, 2007).

Selon Epstein, la socialisation est le processus grâce auquel on apprend à s'intégrer à une communauté. La question qui se pose alors est de savoir à quelle communauté nous voulons que nos enfants s’intègrent. Beaucoup de parents se disent que l’école est cruciale pour assurer la socialisation de leurs enfants. Selon Epstein la réponse est un retentissant non, car les adolescents ne devraient pas être « parqués » avec leurs congénères en permanence. En tant que parents et société, nous voulons qu’ils s’intègrent à la communauté à laquelle ils appartiendront toute leur vie. Ils doivent apprendre à devenir adultes. À l’heure actuelle, ils apprennent pour ainsi dire tout ce qu’ils savent de leurs amis et des médias qui leur sont destinés. Cette situation est absurde, selon l’ancien rédacteur en chef de Psychology Today, plus particulièrement parce que les adolescents dans notre société sont fortement influencés par des médias frivoles et l’industrie de la mode.

Alors que, dans l’histoire de l’humanité ou de nombreuses sociétés traditionnelles dans le monde aujourd’hui, les adolescents passent la plus grande partie de leur temps à apprendre comment devenir des adultes, dans nos sociétés modernes ils passent la majorité de leur temps à essayer de se séparer des adultes. Les anthropologues auraient ainsi identifié plus de cent sociétés contemporaines où la crise de l’adolescence est totalement absente. La plupart de ces sociétés n’ont même pas de terme pour désigner l’adolescence. Dans ces sociétés préindustrielles, les jeunes ne sont en contact avec leurs paires que pendant 4 heures par semaine, alors qu’aux États-Unis ils le sont 65 heures par semaine. Une étude anthropologique à long terme menée par l’université Harvard dans les années quatre-vingt a démontré que les troubles reliés à l’adolescence apparaissent quelques années après que des sociétés adoptent le modèle scolaire occidental et sont exposées aux médias occidentaux.

Epstein identifie quatre failles héritées de la Révolution industrielle dont les établissements scolaires souffriraient. Failles qui trouveraient leur fondement dans des idées qui pouvaient se justifier il y a un siècle, mais qui n’ont plus leur place dans un monde en changement constant. Monde qui nécessite une éducation répartie tout au long de la vie et dans lequel la chose la plus importante à apprendre aux jeunes est l’amour de l’étude et de l’apprentissage.

Premièrement, bien que des voitures puissent être construites à la demande, il est absurde d’enseigner aux gens qui ne sont pas prêts à apprendre.

Deuxièmement, bien que l’éducation de masse fût une idée séduisante pour l’époque qui a inventé la production de masse, celle-ci fait du tort à la majorité des étudiants. Ceux-ci apprennent différemment, ont des compétences différentes. Un apprentissage efficace – c'est-à-dire un apprentissage bénéfique pour tous les élèves – doit être individualisé et son rythme adapté à l’étudiant.

Troisièmement, bien qu’on puisse penser qu’il est efficace de concentrer toute la connaissance essentielle dans les vingt premières années de la vie, le résultat net de cette méthode est que nous apprenons à la majorité des élèves à détester l’école alors que, dans notre monde en état de changements constants, il faut d’abord que les jeunes apprennent à aimer l’étude et la découverte.

Enfin, selon Epstein, alors que les premières lois d’obligation scolaire au Massachusetts, étaient fondées sur la compétence (elles permettaient la dispense de fréquentation, si on démontrait que l’on connaissait déjà la matière), le système actuel oblige tous les jeunes à fréquenter l’école quelle que soit leur compétence. Pire, le système n’encourage pas les jeunes à maîtriser rapidement la matière et n’offre peu ou pas d’options utiles aux jeunes qui décrochent et quittent l’école.

Il y a un siècle, il n’y avait pas moyen, selon le professeur américain, de répondre à ces préoccupations, mais aujourd’hui, grâce aux ordinateurs et à l’internet, des outils apparaissent qui permettront à tous les jeunes de maîtriser les savoirs essentiels à leur propre rythme et de le faire à n’importe quel moment de leur vie. La classe continuera sans doute d’exister, mais il s’agira d’un endroit où des étudiants très motivés étudient de manière intense et non plus d’un poste sur la chaîne de montage.

Dans ce sens, pour le docteur Epstein, l’éducation à domicile peut être une solution idéale pour certains élèves, car elle permet un enseignement individualisé et une distance par rapport à la culture destinée aux adolescents. L’éducation à domicile expose les adolescents à des contacts plus enrichissants avec les adultes, leurs parents. Elle permet également une maturation plus rapide. Toutes ces choses sont envisageables avec l’éducation à domicile, alors qu’elles ne sont pas avec la plupart des systèmes scolaires traditionnels. Mais l’éducation à domicile n’est pas la réponse à tous les problèmes. En réalité, aucune forme unique de scolarité n’est appropriée pour tous les jeunes tout le temps. L’éducation à domicile fait, d’ailleurs, toujours partie du système rigide de scolarité obligatoire et prolongée. Elle est toujours régie par des lois sur l’instruction dans chaque État et son programme est fixé, en grande partie, par le système public.

Le docteur Epstein préconise une plus grande liberté en termes d’éducation, une plus grande insertion des jeunes dans la société adulte en limitant l’âge obligatoire d’instruction selon les compétences des adolescents. En effet, d’abondantes données montrent que, lorsqu’on donne aux jeunes des responsabilités importantes et qu’ils sont au contact d’adultes qui les enrichissent, ces jeunes se montrent à la hauteur et leur « for intérieur adulte » apparaît.

L’ensemble de ces problèmes amène Robert Epstein à des conclusions très originales : les troubles socioémotionnels que connaissent beaucoup de jeunes aux États-Unis sont une création de la culture contemporaine. Ces troubles sont produits par l’infantilisation des jeunes et leur isolation des adultes. La scolarité moderne et les restrictions qui frappent le travail des adolescents sont des reliques de la Révolution industrielle qui ne sont plus de mise aujourd’hui. L’exploitation à grande échelle dans les usines a disparu depuis belle lurette dans nos pays, nous avons maintenant d’autres moyens d’éduquer toute la population sur une base individuelle.

Epstein propose que l’on donne plus de libertés aux jeunes adultes (dans certains cas dès 13 ans) : travailler, se marier, devenir propriétaires, signer des contrats, se lancer en affaires, vivre de manière indépendante — de bénéficier de tous les droits, privilèges et devoir des adultes. Cette liberté devrait être octroyée sur la base d’un test de compétences individuel. Pour certains, cela voudra dire qu’ils devront passer plus de temps à l’école alors qu’il occupe en même temps un emploi, pour d’autres cela pourrait vouloir dire, selon Epstein, qu’à 15 ans ils pourraient lancer leur société informatique. D’autres deviendraient apprentis et commenceraient dès lors leur vie adulte. Pour Epstein, il suffit de développer les tests de compétence pour déterminer les droits que les jeune auraient à un âge donné, tout comme on passe un examen pour obtenir son permis de conduire.

Si l’on peut être d’accord avec l’analyse du docteur Epstein quant aux problèmes induits à l’adolescence par les lois restrictives en matière de travail des adolescents ou de scolarité obligatoire toujours plus tardive, on peut se demander si le problème n’est pas apparu avec la massification des études supérieures. L’État encourage fortement les jeunes à aller à l’université et à suivre une formation (à la limite n’importe laquelle). Ce mythe du diplôme supérieur prolonge ainsi l’infantilisation jusqu’à un âge très avancé pour un large secteur de la population des jeunes adultes. Notons que cette scolarité encouragée par l’État jusqu’à, souvent, 23 ou 24 ans a également un impact non négligeable sur la démographie des pays qui repoussent ainsi sans cesse le début de la vie adulte.

Certaines solutions proposées par le docteur Epstein semblent être marquées au coin du bon sens : il faut résister à toute tentative des gouvernements à sans cesse reporter l’âge de la scolarité obligatoire, il faut permettre une multitude de parcours scolaires dont la scolarisation à domicile ou des études plus courtes pour les enfants doués ou précoces, valoriser le statut d’apprenti, etc. D’autres sont plus inquiétantes en ce qu’elles constituent une attaque directe contre les droits des parents et constituent une recette parfaite pour une implication encore plus grande de la part des gouvernements déjà trop présents dans le domaine familial et éducatif. En effet, qui va faire passer ces tests de compétence si ce n’est l’État ? Et dès que l’État aura décidé que votre jeune ado de 13 ans est « compétent » et peut s’émanciper, qui perdra de son influence ? Pas l’État, mais bien les parents. Ceci reviendra donc à donner un droit d’ingérence supplémentaire à l’État qui pourra dire aux parents qu’ils n’ont plus droit de regard sur la vie de leur fils ou leur fille de 13 ans parce que l’État a déclaré leur enfant adulte ou l'a émancipé.