mardi 19 mai 2009

« Le libre choix, ça fait partie de nos valeurs au Québec »

« Le libre choix, ça fait partie de nos valeurs au Québec »
C'est ce qu'a déclaré ce matin madame Yolande James, ministre de l'immigration et des communautés culturelles, au micro de Paul Arcand au 98,5 MF.

C'est ce qu'elle a affirmé mot pour mot, en parlant du port du voile musulman dans la fonction publique québécoise, pas de la liberté de choix à l'école, bien sûr.

lundi 18 mai 2009

Jacques Pettigrew à la barre – ne pas faire de vagues, aseptiser le cours

On se rappellera qu’en septembre passé MM. Pettigrew et Bergevin étaient passés par Valcourt et Sherbrooke pour rencontrer les parents des alentours au sujet du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse (ECR). Nous avions alors publié un rapport de leur intervention à Valcourt.

Après ces deux réunions houleuses, M. Pettigrew a fait un rapport au sous-ministre de l’Éducation. Voici ce qu’on en apprit au procès grâce à Me Bélisle et son équipe.

Quelques extraits de la séance du mercredi 13 mai tirés du repiquage audio :

Il est obligatoire d’offrir le cours ECR, mais faut-il le suivre ?
11:15 Me Bélisle – Le régime pédagogique, cours sujet à sanction, cours obligatoire, quand un élève arrive dans une classe avec un billet motivé de son parent pour une absence, est-ce qu’il y a une disposition dans le régime pédagogique qui indique au professeur ou à l’école de faire quelque chose ?

[objection de Me Jacob, rejetée]

M. Pettigrew – Je suis incapable de répondre à votre réponse [sic] pour la raison suivante que la gestion de la présence en classe – à ma connaissance – relève de la commission scolaire et de l’école, de la direction d’école. À ma connaissance, elle ne fait pas partie du régime pédagogique, je ne suis pas un expert dans l’application du régime pédagogique. Je m’occupe du programme d’éthique et de culture religieuse.

Me Bélisle – M. Pettigrew vous me surprenez. Si effectivement, le cours ECR, il y avait 50 % des élèves qui apportaient un billet motivé de leurs parents à l’effet qu’ils ne vont pas au cours une journée. Est-ce qu’il y a quelque chose que le prof que le directeur d’école en vertu du régime pédagogique doit faire? Y a-t-il quelque chose que vous connaissez qu’il doit faire ?

M. Pettigrew – Je suis incapable de répondre à cette question.

Me Bélisle – D’accord. Je vais prendre le même cas, le même exemple. Je vais prendre le même enfant, le même parent, puis ça fait 50 fois qu’il y a le même billet d’absence qui est remis au prof. Est-ce qu’il y a quelque chose dans le régime pédagogique qui dit au prof, à la direction d’école qu’il y a un traitement particulier à faire ?

M. Pettigrew – Je répète ce que j’ai dit. La gestion de la présence en classe est de juridiction – à ma connaissance – de l’école et de la commission scolaire.

[…]

11 h 19

Me Bélisle – Quand vous dites dans le régime pédagogique que le cours est obligatoire, qu’est-ce que cela signifie « obligatoire » ?

M. Pettigrew – Cela veut dire …

Me Bélisle – Obligatoire de présence ou obligatoire, mais avec absence répétée chronique, mais ça respecte l’obligation. Vous comprenez ma question ?

M. Pettigrew – Très bien.

Me Bélisle – Répondez à la question.

M. Pettigrew – La réponse c’est que le régime pédagogique donne le mandat ou institue les cours qui sont obligatoires et que la commission scolaire doit mettre à son horaire et doit mettre à l’horaire des élèves. La gestion de la présence en classe, ça c’est du regard de la commission scolaire et de l’école.

Me Bélisle – Donc le régime pédagogique quand il dit qu’un cours est obligatoire, ce n’est pas obligatoire ?

[M. Pettigrew dit ne pas savoir, Me Boucher vient à la rescousse et objecte, discussion avec le juge, objection refusée, mais pas de réponse de M. Pettigrew.]
Nous verrons lors de la plaidoirie ce que dit la commission scolaire locale dans les interrogatoires pré-audience et en se basant sur quels textes.

Ne pas faire de vagues
11 h 24, Me Bélisle – Votre dernière page de votre rapport (JP-1). Il y a eu un débriefing après la rencontre.

M. Pettigrew – Oui, Monsieur.

[Long accouchement pour apprendre qui était présent à la rencontre dont nous faisons grâce aux lecteurs]

Me Bélisle, lisant le rapport – Première conclusion de l’avis de deux représentants du MELS, – je suppose que c’est vous et M. Bergevin ? –

M. Pettigrew – Exact.

Me Bélisle, continue la lecture – …ce genre de rencontres risque d’offrir aux représentants de la CLÉ une tribune que ce mouvement, pour l’instant marginal, recherche à des fins de promotion de ses idées, ainsi nous estimons qu’il serait préférable de ne pas répéter ces rencontres. C’est bien ça ?

M. Pettigrew – Exact.

Me Bélisle – Alors votre stratégie à vous autres c’est on ne fait plus de rencontres, on ne va pas exposer ou communiquer ou faire la pro-mo-tion é-ner-gique du programme, du nouveau produit parce qu’on se fait brasser. Vous l’avez dit aux pages précédentes que vous vous êtes fait brasser.

[…]

Me Bélisle – Vous avez eu Valcourt, vous avez eu effectivement ici à Drummondville. Puis vous en avez eu assez. Deuxième commentaire, conclusion : « Une fois l’année scolaire engagée, le MELS devrait peut-être utiliser la stratégie de soutien aux autorités scolaires locales, les laisser assumer le rôle de prestataire de services, et éviter de se présenter localement comme le premier interlocuteur auprès des parents. Vous disparaissez de la circulation, vous laissez là la commission scolaire avec ses problèmes. C’est vous qui êtes responsable du programme ECR, il y a un peu de houle dans le bateau, vous vous retirez, vous laissez la commission scolaire effectivement aller au bâton pour vous autres.

M. Pettigrew – Ce sont les commissions scolaires qui sont les premiers intervenants au niveau des enseignants …

Me Bélisle – Je comprends.

M. Pettigrew – …et on leur a toujours dit qu’on était en soutien à eux.

Me Bélisle – Je comprends. Je comprends très bien.

[silence]

La troisième et la quatrième [recommandations] : « D’une façon ou d’une autre, les enseignantes et enseignants du primaire devraient être invités à se concentrer sur le volet éthique du programme dans les premières semaines, ce volet ne soulevant pas ou fort peu d’oppositions. » La stratégie que vous adoptez au MELS : on va faire le moins de vagues possible et puis on va toucher au secteur plutôt éthique du programme parce qu’on ne veut pas avoir de vagues, on ne veut pas avoir d’autres demandes. N’est-ce pas vrai ? N’est-ce pas la raison ?

M. Pettigrew – Je pense qu’il faut mettre ce point aussi en rapport avec le point suivant où on disait que le catholicisme et le protestantisme étant prépondérants dans le programme, ils pourraient pour les premières semaines d’implantation occuper l’essentiel du contenu relié au volet culture religieuse. Faut se rappeler que le programme comprend deux volets : éthique et culture religieuse et que l’enseignant est tout à fait libre de décider par lequel il commence.

Me Bélisle – J’ai très bien compris.

[…]


Les parents oubliés et tassés
11 h 29

Me Bélisle – J’attire votre attention sur le système planétaire. La galaxie vous en avez parlé longuement, p. 278 du programme. C’est réellement beau, y a bin de la couleur, c’est réellement très beau. L’élève est dans le centre.

Juge Dubois – Je dois tenir compte de cela dans mon jugement, parce que c’est beau ?

Me Bélisle – Non, non, c’est bôô. Oui, vous allez faire ce qui s’en vient, vous pourriez tenir compte de ce qui s’en vient. L’élève, « structuration de l’identité », « développement du pouvoir d’action » […], puis « construction d’une vision du monde », on fabrique effectivement quelque chose. Puis à l’extérieur de la galaxie, manifester une compréhension du phénomène religieux, réfléchir, pratiquer le dialogue et tout le reste. C’est du domaine du développement personnel, le programme comme tel, l’élève est au cœur de cela. C’est l’univers social, c’est la ga-la-xie telle que perçue, conçue par le MELS, le ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports. C’est bien ça ?

M. Pettigrew – C’est la schématisation du programme de formation de l’école québécoise.

Me Bélisle – Est-ce qu’il y a une autre galaxie qui n’est pas là, qui devrait être là avec celle-là? Vous ne savez pas ?

M. Pettigrew – Je ne sais pas à quoi vous vous référez.

Me Bélisle – La galaxie des valeurs et des croyances des parents ? [pas de réponse] Oui ou non ? [pas de réponse] Pourquoi on n’en tient pas compte dans tout ce beau schéma technocratique qui est là de couleurs ? Pourquoi on ne tient pas compte de l’autorité parentale ? Des croyances et des valeurs des familles et des parents ? Pourquoi ?

M. Pettigrew – Tout ce que je peux dire c’est que c’est le programme de formation de l’école québécoise et tout le programme, évidemment, tient compte de… ne propose rien qui doit aller à l’encontre… euh..

Me Bélisle – C’est votre opinion, mais les parents ne sont pas là. Ils ne sont pas dans la galaxie. Okay c’est beau.
Pas d’athéisme dans le programme « malheureusement », vraiment ?
11 h 32

Me Bélisle – Est-ce que le programme permet aux enseignants de traiter, de communiquer, de donner de l’information sur tout ce qui s’appelle les [nouveaux] mouvements religieux, je parle des sectes, je parle des mouvements religieux réellement marginaux ?

M. Pettigrew – Il y a une possibilité au deuxième cycle du secondaire.

Me Bélisle – Parfait. Maintenant, l’athéisme, l’athéisme. Est-ce que les enseignants dans le programme du ministère peuvent parler de l’athéisme, de la non-existence de Dieu, en donnant des exemples.

M. Pettigrew – Je rappelle que le programme est un programme qui aborde le monde des religions de façon culturelle, c’est important pour la réponse…

Me Bélisle – Je comprends, je comprends très bien, il n’y a pas de culture athée ? C’est cela que vous allez me dire.

[Me Boucher demande que le témoin puisse répondre]

M. Pettigrew – …donc une approche culturelle du phénomène religieux et, dans ce sens, on amène l’élève à décoder, comme je le disais à M. le juge hier, des expressions du religieux. Je donnais le crucifix en exemple. Et, en ce sens là, on veut tenir compte des autres manières de penser, on va nommer des fêtes religieuses et on va identifier avec les élèves des fêtes qui ne relèvent pas du fait religieux.

Me Bélisle – Et s’il n’y a pas de fête religieuse pour les athées, donc on ne parlera pas du phénomène d’athéisme, parce que tout simplement ce n’est pas une manifestation d’un phénomène religieux et donc ce n’est pas prévu dans la conception du programme.

M. Pettigrew – Je vous référerais à la page 277 (non paginé) du préambule : « religions, ni de promouvoir quelque nouvelle doctrine religieuse commune destinée à remplacer les croyances particulières. » […] Au primaire, on se limite à décoder des éléments qui sont dans l’univers du jeune, et malheureusement il n’y a pas de temple athée, il n’y a pas de temple agnostique, donc lorsqu’on va aborder la question des temples, on va dire tiens le musulman va à la mosquée, le jeune juif va à la synagogue, le jeune qui fait partie d’une famille où on ne pratique aucune religion…

Me Bélisle – Vous avez lu l’article du Journal de Québec du 19 avril 2008 « Le mot athée banni » ?

M. Pettigrew – Oui.

L’ennui c’est que la question de M. Bélisle ne se limitait pas au primaire et qu'au secondaire on peut aborder le sujet de l’athéisme, il est cité comme exemple de sujet de discussion pour aborder l'existence du divin et plusieurs cahiers le font ! Voir programme page 543.

C'est ainsi que le « cahier-manuel » d'éthique et de culture religieuse publié par les éditions de la Pensée en 2008 et destiné à la 2e année du 2e cycle du secondaire (soit secondaire IV) y consacre cinq pages explicitement.

Karl Marx et Jea-Paul Sartre, athées
(page 183, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)


On a droit à deux pages sur Karl Marx, Jean-Paul Sartre et Simone Beauvoir. Simone de Beauvoir est l'auteur du livre Le deuxième sexe devenu l'ouvrage de référence du mouvement féministe selon les auteurs de ce cahier d'ECR qui déjà consacrent ailleurs 28 pages au féminisme.

Aseptiser le cours, pas de débat sur les aspects religieux?

Ce n’est pas la première fois que M. Pettigrew aseptise de la sorte le programme d’éthique et culture religieuse. Ainsi, mardi (entre 17 h 30 et 17 h 32), a-t-il dit qu’on ne discutait, qu’on ne débattait pas de religion, ce n’est pas tout à fait faux dans le sens que le programme ne prévoit pas l’analyse critique des récits ou des principes des différentes religions comme un sujet distinct d’analyse.

Mais, cela n’empêche pas la discussion et la confrontation de récits religieux en classe, voir le reportage de Radio-Canada fait à micro ouvert dans une classe d’ECR où les élèves comparent les récits de la Création, ni de discuter de « repères » (de valeurs) religieux, de les comparer, de les confronter et donc de les analyser : qu’elle est la place de la femme dans la société, le clonage est-il permis, l’avortement, tous les types de famille sont-ils bons, etc. ? Il existe des repères religieux en la matière et ils pourront être mis à mal lors d’une discussion sur ces sujets dans un débat où tout peut être mis en question (sauf ce qui nuirait aux finalités très vagues de bien commun et de « reconnaissance de l’autre »).

Il ne nous apparaît donc pas honnête de vouloir faire croire au tribunal que la discussion, pardon le dialogue, sur des sujets religieux, se limitera à savoir si un tel aspect du programme se discutera sous la forme d’une pièce de théâtre, d’une présentation PowerPoint, d’un récit, etc. (mardi 17 h 53)

Intriguant

Nous ne savons pas pourquoi les avocats de la défenderesse (Mme Lavallée) n’ont pas réagi à cette volonté évidente d’aseptiser, de rendre inoffensif et inodore le programme ECR, en parlant le plus possible du premier cycle du primaire, alors que le programme précise clairement le contraire de ce que laissait sous-entendre M. Pettigrew (pour l’athéisme voir ci-dessus, pour la discussion des « repères » religieux voir ci-dessous). Les avocats des requérants se réservent-ils la dénonciation de cette volonté de banalisation pour la plaidoirie ? Désirent-ils ne pas tant s’attaquer au contenu du programme, mais plutôt au droit administratif et au non-respect des Chartes, une fois la croyance sincère et non frivole de la demanderesse prouvée ?

Transcription du contre-interrogatoire de M. Pettigrew
mardi, 17 h 52 à 17 h 55

M. Pettigrew – Il y a une erreur qu’il faut éviter à tout prix, M. le juge, c’est de prendre le contenu ou des éléments du dialogue et de l’appliquer systématiquement à la culture religieuse ou à l’éthique.

Le dialogue ici [p. 332] vise à habileter [sic] l’élève à dialoguer avec ses copains, avec les gens qui l’entourent sur des sujets qui ne sont pas de sa croyance religieuse, on ne discute pas et on ne remet surtout pas en question la croyance ou les convictions du jeune.

Je peux dire, par exemple, que si je voulais donner un exemple de la pratique du dialogue, on pourrait dire, par exemple, si les enfants ont à illustrer le récit, pour prendre celui qu’on a utilisé tout à l’heure, le récit de la Nativité. Les enfants sont quatre, ils sont ensemble et ils doivent se demander comment on va illustrer à nos amis de la classe, comment on comprend ou comment ou quel est le récit de la Nativité. Alors, ils ont à entrer en dialogue, l’un va vouloir faire une pièce de théâtre, l’autre un dessin, un autre va vouloir faire une présentation PowerPoint de ce qui en est. Et ils devront être capables. En sixième année [à six ans ?], en première année, ils sont capables.

Le juge Dubois – Ils sont meilleurs que les adultes, quand on leur demande d’expliquer, ils n’expliquent pas.

M. Pettigrew – Vous connaissez les mêmes adultes que moi. C’est là que se situe le dialogue.
Extrait du programme d’ECR (primaire)
« Examiner quelques repères d’ordre culturel, moral, religieux, scientifique ou social

Premier cycle du primaire


Trouver quelques repères présents dans différents points de vue • En rechercher le rôle • Considérer d’autres repères (p. 341)

Troisième cycle du primaire

Trouver quelques repères présents dans différents points de vue • En rechercher le rôle et le sens • Considérer d’autres repères • Comparer le sens de certains repères dans différents contextes » (pp. 298 et 341). »
Primaire Culture religieuse — Attentes de fin de cycle pp. 301 à 303

1er cycle p. 301 :

« Il en repère dans son environnement et reconnaît ce qu’elles ont en commun et ce qui les distingue. Il peut faire des liens entre des écrits sacrés, des guides spirituels et leurs traditions. Il est capable d’établir quelques liens entre diverses expressions religieuses et des éléments de l’environnement social et culturel d’ici et d’ailleurs. Il nomme diverses façons de penser, d’être ou d’agir et des comportements appropriés à l’égard de la diversité.

Dans l'illustration p. 301 :

« Explorer diverses façons de penser, d’être ou d’agir à l’intérieur d’une même tradition religieuse ou entre plusieurs traditions religieuses Repérer des expressions du religieux dans son environnement • Les rattacher à des éléments de l’environnement social et culturel d’ici et d’ailleurs • Reconnaître leur influence
sur certains aspects de la vie en société • Dégager ce qu’elles ont en commun et ce qui les distingue »...
« Établir des liens entre des expressions du religieux et l’environnement social et culturel

Deuxième et troisième cycles du primaire

Repérer des expressions du religieux dans son environnement • Les rattacher à des éléments de l’environnement social et culturel d’ici et d’ailleurs • Reconnaître leur influence sur certains aspects de la vie en société • Dégager ce qu’elles ont en commun et ce qui les distingue • Faire un retour sur ses découvertes et ses réflexions (p.302) »

dimanche 17 mai 2009

L'ainé des enfants du procès de Drummondville tombe dans les pommes alors qu'on s'apprête à le contre-interroger

Nous avions décidé de ne pas en parler pour préserver l'intimité et la dignité de l'ainé des deux enfants Lavallée (son nom de famille n'est pas Lavallée). Depuis, on nous a dit que d'autres médias en ont parlé. Nous pensons aussi qu'il faut exposer ces faits pour faire apparaître le caractère scandaleux de ce procès qui, incidemment, coûte une véritable fortune à la famille Lavallée.

L'ainé des enfants Lavallée est en secondaire V, il a seize ans, c'est un grand et beau jeune homme de six pieds deux. Il devait être contre-interrogé lundi après sa mère. Il avait assisté aux attaques répétées des procureurs contre celle-ci. Ils questionnèrent ses motifs et mirent en doute sa sincérité de catholique croyante pendant plus d'une heure (10h53 à 12h01). Pendant ce temps, le jeune homme à quelques mètres de sa mère se passa fréquemment la main sur la nuque pour se masser le cou.

Vient son tour d'être appelé à la barre. Il se présente. Décline à la greffière son nom, son âge, son occupation. Me Bélisle lui demande ensuite sa date de naissance, histoire de le mettre en confiance. Pas de réponse. Il dit « Je suis un peu étourdi. » Il titube. Puis tombe à la renverse. Me Coté se précipite pour le retenir. Le jeune homme tombe allongé au pied de Me Jacob qui au lieu de lui prêter secours passe un dossier à la greffière et déclare à 12h03 : « J'ai l'original de l'interrogatoire de M. X, moi j'avais l'intention de me référer à cela as is. » Me Boucher pour sa part croise les bras, le menton relevé, son visage émacié arbore un petit rictus aux commissures des lèvres. La séance est levée. Les avocats se réunissent avec le juge. L'aîné des enfants Lavallée est excusé, il ne devra plus témoigner. On ne le reverra plus jusqu'à vendredi.

Il faut dire ici que cet évènement fait suite à deux interrogatoires de l'aîné Lavallée qui ont eu lieu avant le procès. Lors du second, le procureur affecté à la « question » a tellement pressé le jeune homme de questions intimes ou de détails que celui-ci est resté sans voix et a perdu tous ses moyens. Ajoutons à la décharge du jeune homme que sa mère avait pleuré peu avant, lors de son deuxième interrogatoire à elle.

La famille Lavallée nous a appris que leur garçon n'avait pas dormi la veille, n'avait pas mangé lundi matin, que depuis quelques mois ses notes à l'école ont connu un fléchissement certain.

Lors de son témoignage, quelques minutes auparavant, Mme Lavallée avait relaté le fait que, l'an passé, son fils avait suivi un cours d'éthique et de culture religieuse en secondaire IV et qu'il n'avait pas aimé les discussions autour de la sexualité, étant assez timide sur la question. Il était également revenu fâché et « mêlé » par les cas de conscience qu'on lui exposait. Il n'avait pas aimé non plus la confrontation à plusieurs dieux et il en avait ressenti un malaise.

Et le comble c'est qu'à l'issue de ces épreuves, du premier refus d'exemption, du refus renouvelé d'exemption après la demande de révision, après deux longs interrogatoires et le long contre-interrogatoire imposé à la mère, la commission scolaire et la Procureure générale disent maintenant que le cours d'ECR en secondaire V n'est pas obligatoire et que, d'ailleurs, on ne le donne même pas à l'école de ce jeune homme, on y donne plutôt un cours d'« éthique et valeurs humanistes » !

On aurait donc induit la mère et l'enfant en erreur pendant une année en ne leur signalant jamais ce fait et en indiquant sur le bulletin de leur enfant qu'il s'absentait bien du cours ECR !?

Grand dérangement de journalistes pour le dernier jour du procès de Drummondville

À la fin du procès de Drummondville, il n'y avait plus dans la salle d'audience qu'un seul journaliste à couvrir celui-ci, le reporter de la Tribune de Sherbrooke.

Le juge Dubois a cependant entendu cinq autres journalistes, toutes des femmes.

Que s'est-il donc passé lors de ce dernier acte du procès ECR ?

Articles de presse refusés comme preuves par le gouvernement

On se rappellera qu'un des griefs formulés par les requérants serait que la commission scolaire a refusé les demandes de dérogation au cours d'ECR sous la dictée d'un tiers alors que celle-ci bénéficie d'un pouvoir discrétionnaire en matière d'exemption aux cours inscrits au régime pédagogique et qu'elle doit exercer ce pouvoir de façon indépendante.

En d'autres termes, les commissions scolaires qui ont toutes répondu par des lettres quasi identiques ont-elles suivi une directive émanant de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne ?

C'est ce qui semble ressortir de plusieurs articles écrits à la suite d'une rencontre de presse organisée le 18 avril 2008 par la ministre de l'Éducation, Mme Courchesne. C'est ainsi que Mme Isabelle Mathieu écrivait dans le Soleil du 19 avril 2008 :
« On ne négocie pas un virage aussi important sans écraser d'orteils, convenait hier la ministre Michelle Courchesne, en rencontre avec les médias. Mais elle ne fera aucune concession et refuse les exemptions pour les parents qui voudraient retirer leur enfant du nouveau cours. »
La ministre Courchesne n'a jamais démenti ces propos par la suite et ces articles ont été retrouvés dans la revue de presse de la commission scolaire des Chênes, elle était donc au courant des désirs de la ministre en la matière tels que rapportés par la presse écrite.

Conscients du caractère accablant de ce type de preuves, les avocats représentant la Procureure générale et la commission scolaire avaient refusé de les admettre, les considérant comme du ouï-dire. Il a donc fallu convoquer en catastrophe les journalistes présentes à cette rencontre.

Témoignages concordants

La première journaliste a être entendue fut Mme Isabelle Mathieu, actuellement en congé de maternité. Elle a déclaré que lorsqu'on aborda la question des exemptions, la ministre Courchesne avait répondu « Non, il n'en est pas question. »

Puis, vient à la barre Isabelle Haché de la Presse qui n'a plus souvenir de ce passage de la rencontre. Suit sa collègue plus chevronnée Michèle Ouimet qui a la suite d'un précédent procès a gardé son carnet de notes. Elle lit ses notes télégraphiques quant à la question des exemptions : « Les écoles sont linguistiques. La ministre a fait ce choix. Pas d'exemption possible. » On fait une copie de la page du carnet et on la verse comme preuve au dossier. La mine de Me Boucher s'allonge, Me Jacob gratte copieusement son front dégarni, puis jette un regard inquiet sur l'assistance.

Valérie Dufour, journaliste en lockout du Journal de Montréal et actuellement au Lac-Saint-Jean, est la suivante. Elle est assermentée par téléphone pour confirmer ce qu'elle avait compris sur les exemptions. Son témoignage concorde avec les autres journalistes. Me Boucher regarde de plus en plus sévèrement à travers ses petites lunettes rectangulaires. Il tente sa dernière carte : « Vous avez parlé de libre choix, un choix entre quoi et quoi ? » La journaliste répond : « Entre ce cours et ne pas le suivre ».

L'accablement est à son comble parmi les quatre avocats de la Procureure générale et de la commission scolaire. Me Boucher, le front plissé, se penche vers Me Jacob. Ils discutent à voix basse. Me Jacob qui est resté assis, souffle,puis penche la tête en arrière. Plus de traces de la confiance que tout avocat doit de rigueur afficher. Il est trop tard, il ne reste plus qu'un témoin et le procès devant le juge est terminé.

C'est maintenant le tour de la journaliste du Devoir, journal qui a résolument pris fait et cause pour l'imposition du cours ECR (voir son éditorial du 27 février 2008 intitulé « Vain combat »). Mme Clairandrée Cauchy qui a également assisté à la réunion du 18 avril 2008 est à Montréal. Elle commettra le lendemain un long article sur le procès de Drummondville pour s'étonner du « débat surréel qui fait intervenir le Vatican » dans une affaire concernant l'enseignement d'une culture religieuse censément neutre à des catholiques. Elle ressortira avec le plus grand sérieux dans le même article les explications habituelles en faveur du cours ECR sans considérer aucune expertise présentée devant le tribunal, voilà ce qu'on nomme du grand journalisme. Il faut dire que le Devoir n'a envoyé aucun journaliste couvrir le procès.

Ayant été assermentée, Mme Cauchy déclare en substance la même chose que les autres témoins : pas question d'exemption au cours d'ECR, pas de choix. Me Boucher attendait le mot choix et tente de lui faire dire libre choix entre différents régimes (mais toujours, sous-entendu, une possibilité d'exemption en vertu de l'article 222). Mme Cauchy commence par dire « Oui », le visage de Me Boucher affiche à nouveau un petit sourire. La journaliste du Devoir poursuit : il n'était pas question « d'ouvrir une brèche » en acceptant des exemptions, car on aurait alors abouti sur plusieurs régimes d'enseignement moral et religieux, ce que la ministre ne voulait pas. À bien y réfléchir, cet aveu ne fait que renforcer la volonté de refuser toute exemption au cours en vertu de l'article 222, car il en fournit désormais une justification. Les avocats de la partie gouvernementale le comprirent sans doute également, car leur mine était bien sombre alors que l'on remerciait Mme Cauchy et que se terminaient ainsi les derniers témoignages du procès.

Commissions scolaires inféodées

« À quoi servent les commissions scolaires ? Elles sont supposées être indépendantes et ne se plier à aucune directive de la ministre » a déclaré Me Bélisle à la sortie de la salle d'audience.

Drummondville — fin du procès, les avocats des parents ont deux semaines pour remettre leur plaidoirie

C'est par écrit que les plaidoiries des avocats mis en cause dans le procès sur le cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR) parviendront au juge Jean-Guy Dubois.

Vendredi, à la toute fin de la dernière des quatre journées d'audience au palais de justice de Drummondville, le juge Dubois a décrété que la partie demanderesse, représentée par Me Jean-Pierre Bélisle et Me Jean-Yves Côté, aura jusqu'au 29 mai pour présenter son mémoire tandis que la partie défenderesse, c'est-à-dire la commission scolaire, et la partie intervenante, représentant la Procureure générale et le Monopole de l'Éducation, auront jusqu'au 19 juin pour le faire.

Le juge Dubois a fourni deux raisons qui justifient à ses yeux la soumission de plaidoiries écrites plutôt qu'orales : d'une part les avocats de la Procureure générale seront occupés dans les semaines à venir par une cause semblable impliquant le collège Loyola de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal contre le ministère de l'Éducation rendant impossible toute plaidoirie orale pendant la seule semaine libre pour le juge Dubois d'ici la fin juin et, d'autre part, il s'agit ici d'une affaire complexe qui mérite de toute façon d'être écrite à l'avance que l'on plaide orale ou non.

Le mémoire de chacune des parties sera limité à 30 pages, toutefois leurs annexes comprenant, par exemple, les textes de doctrine pourront être nettement plus volumineuses. La partie demanderesse représentant les parents aura ensuite jusqu'au 8 juillet pour produire une réplique. À la suite de quoi, le juge Dubois aurait six mois pour rendre son jugement, à savoir la commission scolaire des Chênes a-t-elle agi sous la dictée d'un tiers quand elle a refusé les exemptions et le caractère obligatoire du cours ÉCR ne cause-t-il pas un préjudice grave en niant l'application de la liberté de conscience et de religion sincère et non frivole des parents ?

Avant de remercier les avocats, le juge Dubois a toutefois tenu à ce que les plaidoiries prochaines contribuent à l'éclairer sur un certain nombre de points précis :
  1. « Est-ce que le cours ÉCR va à l'encontre de la liberté de conscience et religieuse ?
  2. Est-ce que les enseignements de l'Église catholique empêchent qu'on impose un cours d'éthique et de culture religieuse ?
  3. Y a-t-il véritablement un droit d'exemption tel que le stipule l'article 222 [de la Loi sur l'instruction publique] ?
  4. Pourquoi le laisser dans la loi si les parents ne peuvent plus s'en prévaloir ?
  5. Est-ce possible que sept commissions scolaires aient toutes les mêmes réponses négatives, à quelques mots près, aux demandes d'exemption des parents dans différentes régions du Québec ?
  6. Si le tribunal décidait que le cours ECR n'allait pas à l'encontre de la liberté de conscience et de religion, le juge pourrait-il pourtant accueillir la requête des parents Lavallée ?
  7. Est-ce que dans un désir de plaire à tous et d'uniformiser, on n'enlève pas dans le matériel didactique des choses admises par tous les croyants de la confession catholique [dans ce cas-ci] ? »
La mère de deux enfants à l'origine de cette cause, Mme Suzanne Lavallée, a déclaré à la fin du procès : « Je suis très satisfaite. J'ai le sentiment qu'on a clairement démontré qu'on avait droit à un recours et que cela nous a été refusé de façon injuste. »

Calendrier
  1. jusqu'au 29 mai 16h30, plaidoirie des avocats des parents ;
  2. jusqu'au 19 juin 16h30, plaidoirie des avocats représentant la C.S. et le ministère ;
  3. jusqu'au 8 juillet 16h30, réplique des avocats des parents.

Mgr Veillette sur le programme ECR, sa lettre aux Chevaliers de Colomb et la lettre du Vatican

Écoutez ci-dessous Mgr Veillette expliquer sa position sur le cours d'éthique et de culture religieuse et son interprétation particulière de deux documents récemment publiés sur le sujet. L'intervention du président de la conférence épiscopale catholique du Québec est suivie d'une court débat entre Mme Morse-Chevrier, présidente de l'Association des parents catholiques du Québec, et Louis Rousseau, sociologue des religions.



Les deux documents dont il est question sont, d'une part, une lettre de Mgr Veillette en date du 28 avril adressée aux Chevaliers de Colomb qui rappelle et sélectionne une partie des positions officielles de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec. L'évêque de Trois-Rivières sélectionne les points positifs de cette déclaration, il n'y cite pas les craintes explicites de cette même assemblée à l'égard du programme d'éthique et de culture religieuse.

L'autre lettre est celle de la Congrégation pour l'éducation catholique où celle-ci rappelle que «  si l'enseignement religieux se limite à une exposition des différentes religions de manière comparative et "neutre", cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme ».

Il est intéressant de décortiquer le discours du partisan du cours d'éthique et de culture religieuse qu'est Mgr Veillette. Comment d'ailleurs appeler autrement un évêque qui intervient et défend ce programme alors qu'un procès a lieu sur ce sujet ?

Mgr Veillette insiste sur les objectifs du programme (c'est-à-dire, car il ne le dit pas, la reconnaissance de l'autre et poursuite du bien commun), mais il passe sous silence la mise en œuvre et la manière dont ces objectifs sont poursuivis dans le cours d'éthique et de culture religieuse. Or, c'est justement contre cette manière qu'en ont les parents catholiques de Drummondville et la Congrégation pour l'éducation catholique, manière qui peut « être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme ».

L'évêque de Trois-Rivières tente également de minimiser la portée du document de la Congrégation pour l'Éducation catholique en affirmant qu'il s'agirait d'un simple rappel de principes généraux adressés à l'ensemble des conférences épiscopales dans le monde et qu'il revient aux évêques de décider de l'application locale de ces principes. C'est faire l'impasse sur une déclaration précédente du cardinal Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique où il déclarait que l'imposition du cours ECR au Québec violait la liberté de choix des parents. Quant au fait que le document serait simplement produit pour l'ensemble des évêques dans le monde, nous invitons Mgr Veillette à considérer le fait que le document n'ait été diffusé qu'en français et en italien (langue de travail au Vatican).

Enfin, Mgr Veillette oublie opportunément un élément dans la hiérarchie catholique : les parents qui, en dernière analyse, sont ceux qui prennent les décisions s'éclairant des principes mis en avant par leur hiérarchie autant au Vatican que leurs évêques locaux s'ils sont en communion avec Rome...

C'est ce que rappellent pourtant clairement les textes du Magistère :
En outre les droits des parents se trouvent violés lorsque les enfants sont contraints de fréquenter des cours scolaires ne répondant pas à la conviction religieuse des parents ou quand est imposée une forme d'éducation d'où toute formation religieuse est exclue.

Dignitatis humanae, § 5

Qu'ils [les laïcs] attendent des prêtres lumières et forces spirituelles. Qu'ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compétence telle qu'ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne, prêtant fidèlement attention à l'enseignement du Magistère(17), qu'ils prennent eux-mêmes leurs responsabilités.

Gaudium et Spes, § 43.2


Caractère prédominant du christianisme

Dans le débat qui suit, M. Rousseau prétend que le christianisme aurait une place majoritaire dans le programme d'éthique et de culture religieuse. C'est faux.

Reprenons ici ce que déclarait M. Bergevin de la direction des programmes du Monopole de l'Éducation (MELS) à Valcourt le 2 septembre 2008 :
C’est avec amusement que l’on a entendu M. Bergevin nous dire que la prédominance donnée au christianisme ne signifiait pas qu’une majorité du cours sur les religions serait réservée au christianisme, ni qu’il pouvait citer un chiffre précis qui correspondrait au minimum de contenu chrétien. Il a bien fait car, au 3e cycle du primaire, les manuels de Modulo ne consacrent que 27 % de leurs contenus au christianisme guère plus que les 20 % consacrés à la spiritualité autochtone au 1er cycle du primaire…

Mais alors que signifie cette promesse que le christianisme serait prédominant ? Peu de choses. Une autre manière d’endormir la méfiance de la masse de la population québécoise ? En quoi consacrer tant de temps aux minorités religieuses (souvent infimes au Québec) sert-il vraiment le Québec qui se doit de viser également à une intégration à sa culture dominante, et là dominante veut dire nettement plus que simplement majoritaire ?

Dernier jour du procès de Drummondville – fin du contre-interrogatoire de l’« expert » Gilles Routhier

La dernière journée du procès de Drummondville a débuté par la poursuite du contre-interrogatoire du théologien et prêtre, Gilles Routhier, interrompu mercredi.

On se rappellera que la troisième journée du procès, c'est-à-dire mercredi, avait vu la production d’un document daté du 5 mai provenant de la Congrégation pour l’éducation catholique. Le Vatican n'a produit cet avis qu'en français et en italien. Dans celui-ci le cardinal Grocholewski et son secrétaire, Mgr Jean-Louis Bruguès, écrivent que « si l'enseignement religieux se limite à une exposition des différentes religions de manière comparative et "neutre", cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme ». On reconnaît dans cette description le cours d’éthique et de culture religieuse que le Monopole de l’Éducation du Québec prétend « neutre ».

Comme une précédente déclaration du préfet de cette congrégation, Zénon cardinal Grocholewski, avait déjà affirmé que l’imposition du cours ECR violait les droits des parents québécois, M. Routhier avait sa réponse toute prête mercredi : la Congrégation pour l’éducation catholique n’était pas compétente en la matière !

Voici ce qu’il disait verbatim mercredi à partir de 14h30, nous transcrivons ici le repiquage audio de son contre-interrogatoire en éliminant toutefois les hésitations.

(Nous demandons de bien vouloir nous excuser pour les réponses à rallonge de Gilles Routhier, cela donne toutefois un peu une idée du personnage.)

Routhier – Alors, en matière d’éducation catholique, il y a au moins deux autorités distinctes. Il y a, d’une part, la Congrégation pour l’éducation catholique constituée par la constitution apostolique Pastor bonus et cette congrégation qu’on appelle un dicastère, qui équivaut à un ministère dans nos États, s’occupe de trois choses. La constitution Pastor bonus dit elle s’occupe 1) de toute la formation des clercs dans les grands séminaires et dans les maisons des religieux et religieuses y compris les instituts séculiers. Première compétence. Deuxième juridiction, pour la Congrégation pour l’éducation catholique, il s’agit des universités catholiques et des écoles supérieures catholiques. Troisième champ d’autorité, les écoles catholiques. Alors, sur ces trois champs, l’autorité est la Congrégation pour l’éducation catholique. Elle ne couvre pas, l’autorité de la Congrégation ne couvre pas les écoles publiques ou les écoles non catholiques.

Deuxième autorité, c’est la Congrégation pour le clergé, d’ailleurs j’avais écrit cela dans mon texte juste un peu plus haut. La Congrégation pour le clergé s’occupe, parce qu’elle a été constituée à la suite du concile de Trente, on l’a appelé la Congrégation du concile à partir du XVIe siècle. L’appellation a été modifiée par Paul VI dans sa constitution Pastor Bonus et elle s’occupe de toute l’éducation chrétienne en plus de s’occuper naturellement du clergé. Elle s’occupe de l’éducation chrétienne. Et c’est pour ça, par exemple, que le directoire général pour la catéchèse qui s’occupe de l’éducation chrétienne des enfants est publié par la Congrégation pour le clergé.

Cela apparaît bizarre qu’il y ait deux congrégations qui s’occupent de formation, de l’éducation catholique et on pourrait penser que c’est celle qui est désignée sous le nom de Congrégation pour l’éducation catholique qui s’occupe de la formation chrétienne alors que c’est une autre, mais cela tient à des raisons historiques parce que le concile de Trente avait publié un catéchisme et on demandait au clergé d’assurer – alors, c’est tout le rôle des pasteurs –dans la formation chrétienne des fidèles. C’est pour ça que la formation chrétienne des fidèles ne dépend pas de la Congrégation pour l’éducation catholique.

14h33, Me Bélisle, avocat des parents – M. Routhier, la Congrégation pour l’éducation catholique, qui est le tenant du poste supérieur à la Congrégation pour l’éducation catholique, le 13 mai 2009 ?

M. Routhier – Alors, il s’agit encore, s’il n’y a pas eu de changements depuis ce matin, du cardinal Zenon Grocholewski.

Me Bélisle – Est-ce que vous lui avez déjà parlé ?

M. Routhier – Oui.

Me Bélisle – Quand ?

M. Routhier – Plus ou moins en 2000, à Montréal.

Me Bélisle – Depuis ce temps-là, non ?

M. Routhier – Depuis ce temps-là, non.

Me Bélisle – Est-ce que vous l’avez lu dans des écrits depuis 2000 jusqu’à ce matin ?

M. Routhier – Absolument.

Me Bélisle – Vous l’avez lu ? Plus d’une fois ?

M. Routhier – Plus d’une fois.

Me Bélisle – Est-ce que l’on peut considérer, comme vous l’avez dit tantôt, que c’est un niveau hiérarchique très important, c’est le poste le plus important relativement à l’éducation catholique à travers le monde là, à travers la planète bleue. Est-ce que vous avez eu l’occasion de le lire au cours de l’année 2008 et/ou2009 ?

M. Routhier – Oui, sans doute.

Me Bélisle – Qu’est-ce que vous avez lu provenant de celui qui est le ministre de l’Éducation de l’Église en éducation catholique ?

Me Boucher, avocat de la Procureure générale – Alors, M. le juge, si vous me permettez, je ne pense pas que c’était la réponse du témoin. Au contraire.

Le juge Dubois – Qu’il soit le ministre de l’Éducation?

Me Boucher – Non, tout à fait, ni le ministre de l’Éducation, ni le ministre catholique de l’éducation. Au contraire. Il vient d’expliquer que c’est tout le contraire.

Le juge Dubois – Il a demandé qui était le supérieur de la Congrégation pour l’éducation catholique, c’est le cardinal…

M. Routhier – Oui, le supérieur de la Congrégation pour l’éducation catholique c’est bien le cardinal Zénon Grocholewski. J’ai précisé que sous la compétence de cette Congrégation pour l’éducation catholique ne tombent pas les écoles publiques, mais sous sa juridiction tombent les écoles catholiques.

Me Bélisle, élevant la voix – Vous me dites ça en vertu de quel écrit que c’est uniquement les écoles catholiques ? Quel texte ? Quel document que la Congrégation pour l’éducation catholique ne s’occupe que des écoles catholiques ? Vous avez les textes, prenez vos textes [pointant vers les gros volumes qu’avait apportés M. Gilles Routhier].

[Le juge reprend Me Bélisle pour avoir haussé la voix alors que M. Routhier n’est pas un témoin récalcitrant.]

14h37, Me Bélisle, d’une voix calme – Pas de problème. Dites-moi donc dans le code de droit canonique ou dans l’autre document que vous avez apporté…

M. Routhier – …le concile œcuménique Vatican II…

Me Bélisle – …le concile, ou dans les lettres apostoliques, ou dans les avis envoyés aux conférences épiscopales, donnez-moi, montrez-moi un texte, montrez-nous un texte où il est dit que la Congrégation pour l’éducation catholique, c’est seulement, effectivement, pour les écoles catholiques et que cela ne s’applique pas à l’éducation des catholiques dans quelque forme de système éducationnel et de réseau scolaire que ce soit.

14h37, M. Routhier – Alors, c’est d’une part dans un texte de Paul VI, dans une constitution apostolique dont le titre est Pastor bonus, et je ne l’ai pas ici parce que ce n’est pas le droit canonique …

Me Bélisle – Vous allez nous le produire.

M. Routhier – Je pourrais le produire. [M. Routhier adore les conditionnels, même s’il les accorde parfois mal, ailleurs : « Je serais… si je ferais »].


Le contre-interrogatoire continue, pour s’interrompre lors de la production de l’avis de la Congrégation pour l’éducation catholique du 5 mai 2009, comme nous l’avons déjà relaté ici.

[Nous n’avons pas encore le repiquage audio de la séance de vendredi en voici le résumé, nous complèterons au besoin ce texte avec une transcription fidèle des échanges dès que nous aurons reçu les fichiers audios.]

Vendredi la séance reprend donc avec la fin du contre-interrogatoire de Gilles Routhier.

La crédibilité de l’expertise de Routhier fortement ébranlée

La démolition de Routhier va s’opérer en trois temps : d'abord, lui faire admettre qu’il n’est pas un spécialiste en droit canon, puis bien ferrer « l’expert » en montrant comment il interprète à sa façon les textes du droit canon pour se donner raison et enfin montrer à tous que le cas est prévu explicitement et que l'expert a mal interprété les textes soumis plus tôt.

Tout commence donc par la laborieuse admission de M. Routhier qu’il n’a pas de formation de canoniste. Il ne peut s’empêcher d’ajouter qu’il a été amené à fréquenter de nombreux canonistes lors de sa carrière… Nous sommes tous amenés à fréquenter de nombreux garagistes ou docteurs, cela ne fait pas de nous des mécaniciens, ni des médecins pour autant...

On assiste alors à la remise par Me Bélisle de cinq épais volumes du droit canon annoté par Ernest Caparros, présent dans la salle, aux avocats de la partie adverse et au juge.

On passe alors à la page 1655 et aux articles 114 et 115 de la constitution apostolique Pastor Bonus qu’avait invoquée M. Gilles Routhier.

L’article 115 dit (nous traduisons librement ici, car nous n’avons pas retrouvé la version française sur internet, mais nous fournissons ci-dessous la version originale latine et une traduction officielle en anglais à des fins de vérification) :
« La Congrégation se rend disponible aux évêques diocésains afin que des écoles catholiques, là où cela est possible, soient fondées et promues avec un soin extrême et que dans toutes les écoles on offre une instruction catéchétique et un soin pastoral aux élèves chrétiens. » [1]
Me Bélisle a essayé de faire comprendre à M. Routhier qu’on parlait bien ici de toutes les écoles et non seulement des écoles catholiques. Mais, M. Routhier n’a pas voulu l’admettre et s’est plutôt engagé dans de longs développements pour maintenir son point de vue que la Congrégation pour l’éducation catholique ne s’occupait pas des écoles publiques.

On a alors abordé la description de la Congrégation du clergé en se fiant à la description qui se trouve sur le site du Vatican :
« 2) l'Office Catéchétique [une des trois parties de la Congrégation pour le clergé, les deux autres étant l'Office Clergé et l'Office Administratif] promeut la formation religieuse des fidèles de tout âge et de toute condition ; il publie les normes opportunes pour que l’enseignement de la catéchèse soit convenablement imparti ; il veille à ce que la formation catéchétique soit correctement menée ; il concède l’approbation du Saint-Siège qui est prescrite pour les catéchismes et les directoires publiés par les conférences d’Evêques ; il assiste les bureaux catéchétiques, il suit les initiatives de caractère international concernant la formation religieuse, il en coordonne les activités et leur propose son aide si nécessaire. »
Me Bélisle a souligné que cette congrégation s’occupait de la catéchèse et non des écoles publiques.

Mais M. Gilles Routhier insistait qu’il avait toujours raison.

Il a fallu alors lui sortir la description (en anglais, elle n'existe pas en français) de la Congrégation pour l’éducation catholique tirée du site du Vatican :
« Some of the issues treated by this office regard the teaching of sex education in Catholic schools, problems related to the teaching of moral or religious matters in public schools, the closing of Catholic schools in some countries or, in others, the juridical recognition of Catholic schools and ecclesial goods and properties. »
Me Bélisle a vainement tenté de faire admettre à M. Routhier qu'il s’était trompé. Impossible. On ne pouvait s'empêcher de penser au témoignage de M. David Mascré quand celui-ci avait cité les Évangiles « que ton oui soit oui, ton non soit non » et d'être saisi du contraste en voyant M. Routhier se lancer dans une tentative alambiquée d’explications en prétendant que – comme il l’avait dit – la Congrégation pour l’éducation catholique collabore uniquement, mais n’avait pas le monopole de l’éducation dans les écoles publiques et qu’avant 2005 au Québec quand la catéchèse était donnée dans les écoles publiques au Québec, la Congrégation pour le clergé avait aussi son mot à dire…

Plus personne n’écoutait M. Routhier alors qu’il s’enfonçait de plus en plus dans des arguties de moins en moins crédibles même pour les gens les moins versés en droit canon.

Le reste du contre-interrogatoire ne fut qu’un pénible déballage des sections coupées, omises ou interprétées de manière particulière par M. Routhier. On était partagé entre un sentiment d’agacement devant tant d’ergotage inutile et de la pitié pour cet expert dont l’impartialité et la crédibilité étaient manifestement très entamées. Mais cela devait faire partie de la « kénose », l'abaissement que réclame si librement M. Routhier pour autrui et même l'Église.

Lors de la suspension de séance, Me Boucher sort en compagnie de M. Routhier et demande qui est cet annotateur du Code de droit canonique, ce M. Capparos, assis à la première travée. M. Routhier répond sotto voce « Opus Dei ». Me Boucher lève les yeux. Puis le mot passe de manière étouffée dans la colonne d’avocats – ils sont quatre – et les témoins de l’État qui sortent de la salle d’audience : Opus Dei, Opus Dei, Opus Dei… Derrière eux, alors qu’il passe devant Me Caparros, un membre du public dit bien fort : « Alors comme cela vous êtes de l’Opus Dei, monsieur ? » Me Caparros sourit, n’ayant — après vérification de notre part — jamais caché la chose.

Il ne s'agirait donc pas d'entêtement et d'incompétence de la part de Gilles Routhier, mais d'un ténébreux complot... Comme c'est commode.




[1] « Episcopis diœcesanis adest, ut scholæ catholicæ ubi fieri potest, constituantur, et summa sollicitudine foveantur utque in omnibus scholis educatio catechetica et pastoralis cura alumnis Christifidelibus per opportuna incepta præbeantur. »

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_constitutions/documents/hf_jp-ii_apc_19880628_pastor-bonus-roman-curia_lt.html

« It is available to diocesan bishops so that, wherever possible, Catholic schools be established and fostered with the utmost care, and that in every school appropriate undertakings bring catechetical instruction and pastoral care to the Christian pupils. »

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_constitutions/documents/hf_jp-ii_apc_19880628_pastor-bonus-roman-curia_en.html

samedi 16 mai 2009

L'historien Ch.-Ph. Courtois critique sévèrement le nouveau programme d’histoire au secondaire

L’historien Charles-Philippe Courtois, de l’Institut de recherche sur le Québec, signe une étude solide sur le nouveau programme d’histoire du Québec au secondaire.
«
Le rapport Lacoursière, avait, en 1996, prescrit une augmentation du nombre de cours d’histoire obligatoires à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires, lesquels sont passés de deux à quatre. Le nouveau cours d’histoire nationale du Québec, préparé en 2006, devait répondre à l’obligation de traiter cette matière en deux ans au lieu d’une seule. Seulement, ce programme devait à présent s’inscrire dans le renouveau pédagogique.

Une fuite dans Le Devoir en avril 2006 révéla la nature « post-nationaliste » de ce programme désormais rebaptisé « Histoire et éducation à la citoyenneté » – beau paradoxe que celui d’éduquer à la citoyenneté et à la démocratie en faisant abstraction du peuple au cœur de cette histoire et de ce régime. Le tollé fut tel que le ministère de l’Éducation s’engagea à apporter des modifications au contenu du programme, réintégrant notamment de grands événements liés à la question nationale, modifiant quelques titres de modules.

Le nouveau programme, avec ces ajustements, est enfin paru en 2007. Mais au-delà de quelques modifications apportées en réaction au scandale suscité, comment jauger ce nouveau programme, celui par lequel les enfants québécois apprendront leurs rudiments d’histoire du Québec et du Canada ? Les modifications apportées l’ont-il dégagé de son orientation post-nationaliste, voire multiculturaliste à la canadienne ?

À la lumière d’une étude exhaustive du programme Histoire et éducation à la citoyenneté et du Programme de formation de l’école québécoise dans lequel il s’inscrit en fonction de la logique des compétences, il est patent que ce programme transmet encore une vision intégralement dénationalisée, et ce, à un degré qui en étonnera plusieurs. De fait, la mention, sans plus, de quelques dates, et la modification des titres de certains modules n’ont en rien rectifié l’économie générale du programme. Ce programme occulte entièrement le sujet national, autant dans les moments d’affirmation que dans les moments difficiles.

Ainsi, le rapport Durham est « oublié » comme tout un pan de la Révolution tranquille, soit l’affirmation nationale de cette époque. Ce constat est renforcé par la comparaison avec l’ancien programme. La vision amnésique de notre histoire proposée dans le nouveau programme est modelée de façon extrêmement compatible, en pratique, avec une identification au multiculturalisme canadien plutôt qu’au creuset québécois.

Le Québec n’est plus une nation membre de la confédération canadienne mais un agrégat d’identités éclatées rassemblées dans une fédération canadienne et une province caractérisée par la dualité linguistique. À bien des égards malhonnête, ce nouveau programme mérite d’être vigoureusement dénoncé pour ce qu’il occulte : tout référent national. Cette ablation de la mémoire québécoise apparaît dépourvue de légitimité démocratique.
»

Rapide revue de presse réalisée par Carl Bergeron :

A. Robitaille. « Courchesne défend le cours d’histoire », Le Devoir, 14/5/09.
K. Lapare. « History course leaves out huge parts of Quebec history », The Canadian Press, 13/5/09.
Radio-Canada. Maisonneuve en direct, « Controverse autour d’un cours d’histoire », 13/5/09.
R. Nadeau. « Cours d’histoire : la ministre Courchesne réfute[rait] les critiques , La Presse Canadienne, 13/5/09.
M. Allard, « Le nouveau cours d’histoire critiqué dans une étude », La Presse, 12/5/09.
M.-A. Séguin, « Le récit national toujours écarté », Journal de Québec, 12/5/09.

Crimes haineux au Canada et au Québec — mauvaise nouvelle pour les rééducateurs du peuple

Statistiques Canada : Diminution des crimes haineux. Les Noirs et les Blancs sont plus ciblés que les Arabes, et les Juifs que les musulmans



Mauvaise nouvelle pour les rééducateurs du peuple québécois, les culpabilisateurs à la Georges Leroux et autres membres du Cercle des perpétuels offensésmc. On peut réduire leurs grasses subventions. Le profil du crime haineux est ...un graffiti par un ado !

Il n’y a pas lieu de contrôler les médias et de restreindre la liberté d’expression des Canadiens. Les paroles jugées si offensantes par certaines minorités et par les rééducateurs bien-pensants patentés ne se traduisent pas en actes. Il n’y a pas de génocide appréhendé ! Le Canada est une démocratie à maturité, une société civilisée et pacifique. Les débats musclés ne mènent pas à la violence ; au contraire, ils la préviennent.

Les premières victimes de crimes haineux sont les Noirs. En outre, il y a plus de victimes chez les blancs que chez les Arabes, et chez les Juifs que chez les musulmans. C’est à Montréal que le taux de crime haineux est le plus bas parmi les grandes villes canadiennes. Nul besoin d'imposer le cours d'éthique et de culture religieuse pour assurer un vivre-ensemble et éviter la confrontation.

Depuis l’année dernière, Statistiques Canada compile des données sur les crimes motivés par la haine qui sont déclarés par la police. Le rapport de l’année dernière portait sur l’année 2006. Le rapport portant sur l’année 2007 vient d’être publié (voir les données et tableaux ci-dessous).

Le Canada compte une population estimée à 33,5 millions par Statistiques Canada. Or, seulement 785 crimes motivés par la haine ont été déclarés en 2007, en baisse par rapport à 892 en 2006.

De plus, les méfaits, notamment les graffitis sur la propriété publique, représentent près de 50% des crimes haineux. Dans l’ensemble, 3 crimes sur 10 concernaient des actes de violence, normalement des voies de fait mineures ou des menaces, dans lesquels la victime avait subi des blessures mineures ou n’avait eu aucune blessure.

Le tiers (32 %) des auteurs présumés des crimes haineux étaient des jeunes de 12 à 17 ans.

SOMMAIRE


Nombre total de crimes motivés par la haine : 785 (en baisse : 892 en 2006)

Facteurs ayant motivé les crimes (les proportions sont semblables à celles de 2006) :

  • 62% : La race ou l’origine ethnique
  • 24 % : La religion
  • 10 %. : L’orientation sexuelle
Crimes motivés par la race : 185 crimes (en baisse : 220 en 2006)

  • Noirs : 33 % (154 crimes, en baisse : 238 en 2006)
  • Asiatiques de l’Est et du Sud-Est : 11,7% (55 crimes, en hausse : 25 en 2006)
  • Asiatiques du Sud : 11,3% (53 crimes, en baisse : 66 en 2006)
  • Blancs : 10,4% (49 crimes, en hausse par rapport à 24 en 2006)
  • Arabe ou Asiatique occidental : 6,2% (29 crimes, en baisse : 61 en 2006)
Crimes motivés par la religion : 185 crimes (en baisse : 220 en 2006)

  • Juive : 68,9% (124 crimes, en baisse : 137 en 2006)
  • Musulmane (islamique) : 16,1% (29 crimes, en baisse : 46 en 2006)
  • Catholique : 8,3% (15 crimes, en hausse : 13 en 2006)
  • Autres : 6.7% (12 crimes, en baisse : 20 en 2006)



Statistiques Canada - Les crimes haineux déclarés par la police - (2007)

La race ou l’origine ethnique est toujours le facteur de motivation le plus fréquent des crimes haineux déclarés.

La grande majorité des crimes haineux déclarés par la police ont été motivés par l’un des trois facteurs principaux suivants, soit la race ou l’origine ethnique, la religion et l’orientation sexuelle.

La race ou l’origine ethnique était le facteur de motivation le plus courant ; il représentait près des deux tiers (64 %) du nombre total de crimes haineux déclarés par la police en 2007. La religion était à l’origine de 24 % de ces crimes, et l’orientation sexuelle, de 10 %. Ces proportions étaient semblables à celles communiquées par la police en 2006.

Dans le cas des crimes motivés par la haine de la race, les Noirs étaient toujours la cible la plus fréquente (33 %), bien que le nombre d’affaires dans lesquelles ils étaient visés ait fléchi ; ce nombre, qui se situait à 238 en 2006, s’est fixé à 154 en 2007.

On a également constaté une importante baisse du nombre d’affaires contre des Arabes et des Asiatiques occidentaux. Toutefois, les affaires motivées par la haine tant des Asiatiques de l’Est et du Sud-Est que des Blancs se sont accrues.

On a dénombré 185 affaires motivées par la haine de la religion en 2007, en baisse par rapport aux 220 affaires déclarées en 2006. Le nombre d’affaires commises contre des personnes juives et musulmanes a diminué.

Les affaires visant la religion juive constituaient toujours les deux tiers environ de tous les crimes motivés par la haine de la religion.



Quelque 79 crimes ont été motivés par la haine de l’orientation sexuelle en 2007, soit un nombre pratiquement inchangé par rapport à 2006.

Montréal et Toronto affichent un moins grand nombre de crimes de haine déclarés par la police

La région métropolitaine de recensement de Montréal a enregistré 43 crimes motivés par la haine de moins en 2007, en baisse d’environ 50 %. Toronto a également connu un recul ; le nombre de ces crimes s’est établi à 252 en 2007, soit 19 de moins qu’en 2006.

Par contre, des hausses du nombre de crimes haineux ont été signalées par les services de police d’Edmonton (+17) et de Hamilton (+13) par rapport à 2006.

Compte tenu de la population, Calgary a affiché le plus fort taux de crimes haineux déclarés pour les deux années, même si le nombre d’affaires a diminué en 2007 ; ce nombre s’est établi à 83 cette année-là, par rapport à 92 en 2006.

La présence ou l’absence d’initiatives ou de programmes spécialisés de lutte contre les crimes haineux peut avoir une incidence sur le nombre de ces crimes déclarés par la police dans une région donnée. Ce nombre peut varier entre les services de police et entre les années.

Les méfaits représentent la moitié des crimes de haine déclarés

L’information sur le type d’infraction et sur les auteurs présumés de crimes haineux est fondée sur un plus petit sous-ensemble de corps de police, qui desservaient 22 % de la population en 2007. Toutefois, les résultats sont très semblables à ceux observés en 2006, alors que la couverture des affaires s’établissait à 87 %.

En 2006 et en 2007, les méfaits, notamment les graffitis griffonnés sur la propriété publique, représentaient environ la moitié de toutes les affaires de crimes haineux déclarées par la police. Dans l’ensemble, 3 crimes de haine sur 10 concernaient des actes de violence, normalement des voies de fait mineures ou des menaces, dans lesquels la victime avait subi des blessures mineures ou n’avait eu aucune blessure.

En 2007, le tiers (32 %) des auteurs présumés de crimes motivés par la haine étaient des jeunes de 12 à 17 ans. Cette proportion est presque le double de la proportion de jeunes auteurs présumés de crimes en général (17 %).








Source.
Voir en ligne : http://www.statcan.gc.ca/daily-quot...

Jacques Brassard, ECR une « bouillabaisse de religions » !

Le journaliste André Arthur et Jacques Brassard discutent du cours ECR qui, selon eux, suscite de nombreuses et constantes critiques.

L'ex-ministre péquiste, Jacques Brassard, traite le cours ÉCR de « bouillabaisse de religions » ! Il affirme que la majorité de la classe politique n'a que mépris pour les parents qui demandent l'exemption et confrontent le programme. Il déclare également que les parents sont écartés en général du système d'éducation.