vendredi 18 décembre 2020

CDC recommande que les «travailleurs essentiels» soient vaccinés avant les plus de 65 ans, même si cela entraînera davantage de décès

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains vont recommander que les « travailleurs essentiels » soient vaccinés avant les plus de 65 ans, malgré leur propre modélisation qui démontre que cela entraînera davantage de décès. C'est ce qui ressort d'un rapport publié sur le site du CDC intitulé CDC : Phased Allocation of COVID-19 Vaccines.

Pourquoi ? Parce que, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, il serait immoral (contraire à l’éthique) d’accorder la priorité aux personnes âgées sachant qu’elles ne sont pas assez diversifiées sur le plan racial (comprendre trop blanches).

La population américaine est divisée en cinq groupes :

  • personnel de santé (~ 21 millions)
  • travailleurs essentiels (non sanitaires) (~ 87 millions)
  • adultes à haut risque conditions médicales (> 100 millions)
  • âge des adultes ≥ 65 ans (53 millions)
  • les autres (non considérés) (~ 80 millions)

Il est pris pour acquis que les travailleurs de la santé seront les premiers vaccinés. La question est donc  de savoir si le prochain groupe devrait être d’autres travailleurs essentiels, les plus de 65 ans ou les adultes souffrant de maladies à haut risque.

Les auteurs notent ensuite ces trois groupes selon trois critères :

  • la Science (à savoir le nombre de décès et d’infections évités)
  • la facilité de mise en œuvre
  • l’éthique

En premier, la « Science ».

Les auteurs s’appuient sur la modélisation des décès évités en donnant la priorité à chacun des trois groupes, à la fois pour un scénario vaccinal « bloquant la maladie » et « bloquant l’infection ». 

 


Dans les deux scénarios, la vaccination des plus de 65 ans devrait sauver le plus de vies.

Dans le scénario de blocage de la maladie (qui semble plus pertinent pour le vaccin Pfizer), plus de deux fois plus de décès sont évités en vaccinant d’abord les personnes âgées, par rapport aux travailleurs essentiels.

Malgré cela, les auteurs concluent que « les différences entre 3 stratégies sont minimes » (sic). Chaque stratégie obtient ainsi 3 points sur 3.

La mise en œuvre est considérée comme plus facile pour les personnes âgées que pour les deux autres groupes, ce qui donne la matrice de cotation ci-dessous :


Travailleurs essentiels
(non sanitaires)
(~ 87 millions)
Adultes à haut risque
(> 100 millions)
≥ 65 ans
(53 millions)
Science+++ +++ +++
Mise en œuvre ++ ++ +++
Éthique ? ? ?

Donc — alors qu’il ne reste plus qu’à détermine les valeurs associées à l’éthique — les plus de 65 ans sont en tête.

L’éthique est elle-même divisée en trois sous-catégories.

Principe éthique  Travailleurs essentiels
(non sanitaires)
(~ 87 millions)
Adultes à haut risque
(> 100 millions)
≥ 65 ans
(53 millions)
Maximise bienfaits et minimise risquePréserve les services essentiels à la réponse à la COVID-19 et au fonctionnement global de la société (« effet multiplicateur ») Réduit la morbidité et la mortalité personnes avec un lourd fardeau de la maladie COVID19 et la mortRéduit la morbidité et la mortalité chez les personnes ayant le plus lourd fardeau d’hospitalisation et de décès liés à la COVID-19
Mise en œuvre 

— Travailleurs incapables de travailler à domicile (risque d’exposition accru)

– Favorise l’accès au vaccin et peut réduire les obstacles pour les travailleurs à faible taux de vaccination

Nécessitera une sensibilisation ciblée auprès des personnes ayant un accès limité ou inexistant aux soins de santé Nécessitera une sensibilisation ciblée de ceux qui rencontrent des obstacles pour accéder aux soins de santé
Éthique— Les groupes de minorités raciales et ethniques sont représentés de manière disproportionnée dans de nombreuses industries essentielles

– ~ 1/4 des travailleurs essentiels vivent dans des familles à faible revenu

— Augmentation de la prévalence de certaines conditions médicales dans les groupes raciaux/ethniques minoritaires et dans les zones rurales

– Le diagnostic des conditions médicales nécessite l’accès aux soins de santé

— Incidence et mortalité les plus élevées dans la vie en communauté

– Groupes de minorités raciales et ethniques sous-représentés parmi les adultes de plus de 65 ans

La principale considération (mise en évidence en rouge) semble être que « les groupes raciaux et ethniques minoritaires [sont] sous-représentés parmi les adultes de plus de 65 ans ».

D’autres considérations qui semblent importantes sont :

i) les adultes souffrant de problèmes de santé à haut risque doivent avoir été diagnostiqués, ce qui implique qu’ils ont accès aux soins de santé (ce qui est en leur défaveur, car les blancs/riches ont plus accès aux soins);

ii) les travailleurs essentiels ne peuvent pas travailler à domicile.

Donc, sur le plan éthique, vacciner les travailleurs essentiels est la meilleure décision éthique selon ces critères, obtenant le maximum dans toutes les sous-catégories. Maintenant, notez que les plus de 65 ans arrivent en 2e position et marquent 6 + sur les 9 possibles :

Principe éthique  Travailleurs essentiels
(non sanitaires)
(~ 87 millions)
Adultes à haut risque
(> 100 millions)
≥ 65 ans
(53 millions)
Maximise bienfaits et minimise risque+++
+++++
Mise en œuvre +++++++
Éthique+++++

Cela se traduit par une note de 1/3 en éthique dans l’évaluation globale (alors qu’arithmétiquement 6/9 fait 2/3), ce qui signifie que les travailleurs essentiels coiffent les personnes âgées au poteau quand on fait le total général de ces notes.


  
Travailleurs essentiels
(non sanitaires)
(~ 87 millions)
Adultes à haut risque
(> 100 millions)
≥ 65 ans
(53 millions)
Science+++ +++ +++
Mise en œuvre  ++ +++++
Éthique+++
++

D’où la recommandation selon laquelle les travailleurs essentiels sont les prochains après les travailleurs de la santé.

On dit que le CDC prendrait une décision définitive ce dimanche (bien que, en théorie, avant le poids pris par les GAFAM et les médias, le dernier mot revienne aux États).

Cette décision semble clairement erronée et ne correspond pas à ce que fait le Royaume-Uni, par exemple, où l’ordre des vaccinations est établi en fonction de l’âge des personnes. Les plus âgées étant prioritaires.

On peut également être sceptique quant aux résultats de la modélisation étant donné les risques beaucoup plus importants auxquels sont confrontées les personnes âgées (le graphique ci-dessous tiré du rapport — et traduit par ce carnet — le montre également).

Notons, enfin, que dès que ces groupes très à risque (plus de 65 ans) sont vaccinés, il est concevable d'éliminer la majeure partie des mesures qui étouffent l'économie, la vie sociale et les études des jeunes adultes. La disparition plus rapide de ces contraintes n'est pas prise en compte par le rapport des CDC.



Source CDC : Phased Allocation of COVID-19 Vaccines


Secte «woke» pas prise au sérieux. Mais confrontés à celle-ci, les gens se soumettent ou sont détruits

Bret Weinstein est un professeur progressiste (liberal) de biologie et théoricien de l’évolution américain. Pour la première fois, il s’exprime dans un média français (Le Figaro) pour alerter sur la gauche «woke», cette gauche américaine adepte de la politique identitaire qui pratique la chasse aux sorcières et veut faire taire toute parole dissidente au nom d’un antiracisme devenu fou.

Le frère de Weinstein, Eric Weinstein, a inventé le terme “Intellectual Dark Web” (le web sombre intellectuel) et décrit Weinstein comme un de ses membres. Le terme fait référence à un groupe d’universitaires et de personnalités des médias qui publient en dehors des médias grand public. Depuis juin 2019, Weinstein anime une émission vidéo DarkHorse.


LE FIGARO.— Après avoir refusé d’observer une journée « sans Blancs », décrétée par l’administration du campus de l’université Evergreen, où vous enseigniez, dans l’État de Washington, vous avez fait l’objet de harcèlements d’organisations militantes étudiantes antiracistes « woke », puis avez dû démissionner de votre poste avec fracas, ajoutant votre nom à la liste de plus en plus longue de « professeurs annulés » par le mouvement des « justiciers sociaux ». Quelles leçons tirez-vous de ce qui vous est arrivé ?  [Voir L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant  (vidéo)]

Bret WEINSTEIN.— Ma femme et moi avons eu le sentiment d’être aspirés, en mai 2017, par une tornade qui ne nous a toujours pas redéposés au sol ! Cela a changé tous les aspects de notre vie. Les changements ont été très traumatisants sur le moment, mais ils nous ont ouvert de nombreuses portes et nous ont transportés dans un monde qu’il est très excitant d’explorer. On a eu le sentiment d’avoir fait face à la tornade trois ans avant les autres. Ce qui veut dire que nous avons vécu une sorte d’avant-première du chaos qui venait. Evergreen est aujourd’hui partout ! Les mêmes dynamiques révolutionnaires sont visibles dans les rues, et pas seulement celles des États-Unis : en Europe, en Australie ! C’est un moment très intéressant, mais j’ai le sentiment que les leçons d’Evergreen ont été gâchées. Si nous avions compris qu’il ne s’agissait pas d’une aberration, mais d’un avant-goût du présent, nous n’aurions pas permis que notre civilisation s’amuse à jouer avec de nouvelles formes de racisme, camouflées en lutte contre l’injustice.

— Comment comprendre cette « révolution woke » dont vous avez été victime ?

WEINSTEIN.— J’ai dit tout de suite que ce n’était pas seulement une crise de la liberté d’expression et que cela ne resterait pas limité aux campus, mais que le phénomène déborderait dans le secteur technologique, dans les structures d’État, dans toutes les institutions. J’avais raison, mais j’ai été surpris par la rapidité avec laquelle c’est arrivé. La difficulté, en 2017, était de convaincre les gens qu’il ne s’agissait pas seulement d’étudiants en train de faire du bruit. Certains d’entre nous en étaient conscients. On a essayé de sonner l’alarme. Mais les gens qui n’ont pas été confrontés personnellement à ce défi idéologique, ne voient pas à quel point il est sérieux et le sous-estiment. C’est une erreur. Même si les arguments sont pauvres, le pouvoir stratégique de ce mouvement est extrêmement important.

— De quel danger s’agit-il ? Est-ce une atteinte aux principes fondamentaux du libéralisme qui fait de nous des citoyens, et non simplement les porteurs d’identités raciales ou sexuelles ?

WEINSTEIN.— C’est tout à fait le cas. Il y a dans ce mouvement, différents types de personnes. Ceux qui le dirigent et orientent la stratégie, et ceux qui y participent sans être tout à fait conscients de ce qu’on demande. L’Occident est très dynamique et productif, mais n’a jamais été à la hauteur de ses idéaux en matière de justice et d’égalité des conditions. Nous avons tendance à ne pas voir tout ce que ce système fait bien et à nous concentrer sur ses manquements. Il faut comprendre qu’il y a aujourd’hui une énorme énergie, tout particulièrement aux États-Unis, qui vise à abattre le système parce qu’il est perçu comme corrompu. Il l’est bien sûr. Mais ce mouvement est très naïf car il a décidé que les réponses étaient très simples. Il veut tout recommencer à partir d’une simple page blanche. Un scénario qui nous emmènerait presque inéluctablement vers un désastre. Malheureusement, le mouvement « woke » regarde toute personne qui pense ainsi comme un simple réformateur, c’est-à-dire quelqu’un qui ne fait que changer les choses à la marge. C’est l’échec chronique de ce mouvement que de tout simplifier. Aucune nuance n’est possible.

— N’est-ce pas précisément l’essence des mouvements révolutionnaires ?

WEINSTEIN.— C’est juste. Les mouvements révolutionnaires font du trafic de fictions utopiques pour trouver des motifs pour changer l’ordre établi. La bêtise de la vision « woke » est évidente. Mais le caractère contagieux de la stratégie est spectaculaire. Et c’est là le problème. Les gens ne prennent pas ces mouvements au sérieux parce qu’ils sont ridicules. Mais quand ils s’y retrouvent confrontés, ils n’ont plus qu’un choix : soit se soumettre, soit être détruits.

— J’ai regardé les images des séances d’autocritique du collège d’Evergreen, où les professeurs doivent battre leur coulpe en public en énumérant leurs privilèges. Elles sont grotesques. Comment un tel théâtre peut-il tenir longtemps ?

WEINSTEIN.— Oui, ce sont des séances grotesques. Mais votre question sur le fait de savoir pourquoi cela marche trouve une réponse intéressante dans la théorie des jeux. Bien que la solution paraisse facile, elle ne l’est pas. A priori, cela a du sens de se défendre, quand on est accusé de crimes qu’on n’a pas commis. Mais le problème est que ce mouvement manie la stigmatisation et comme il suit une forme de fausse logique, il n’y a pas de mécanisme qui vous permette d’établir votre innocence. [Voir La théorie de la « fragilité blanche »] Chaque personne se retrouve confrontée à la question suivante : vais-je me défendre sans chance de succès et me retrouver avec un stigma féroce attaché à mon nom (et potentiellement des vidéos de ma résistance utilisées comme preuves de ma culpabilité), ou ferais-je mieux d’accepter de dire des choses qui ne sont pas vraies, dans l’espoir que mes accusateurs passent à autre chose, et s’en aillent cibler quelqu’un d’autre ?

— Ce que vous décrivez ressemble à la logique de la dictature.

WEINSTEIN.— C’est une dictature en cours de formation. On a un problème d’action collective. La société a besoin que les individus fassent front commun pour empêcher ces actions. Mais les incitations à aller dans l’autre sens sont plus fortes pour chaque individu, car il y a menace sur leur emploi, leur réputation, leur sécurité… Ils ont donc tendance à plier, et à laisser la société vulnérable. Mais une fois qu’ils ont cédé, ils sont forcés de se regarder dans un miroir et n’ont pas envie de se voir comme des couards. Ils finissent donc par se convaincre qu’ils croient à ce qu’ils ont dit. Ils se disent que s’ils ont dit qu’ils étaient racistes, c’était sans doute parce qu’ils le sont.

—  Il y a eu tant de procès et d’écrits en URSS, qui décrivaient les mêmes phénomènes d’accusation, de démission et de soumission…

WEINSTEIN.— Cette comparaison est juste. Ce que nous voyons ressemble de manière effrayante au bolchevisme ou à la période chinoise précédant le Grand Bond en avant. Ce qu’il est important de noter, c’est que ces mouvements révolutionnaires qui recherchent le pouvoir et ont pour objet de maximiser la justice sociale évoluent immanquablement vers ces mécanismes coercitifs, parce qu’ils fonctionnent ! Mais dans le cas présent on est face à une coalition instable, temporaire, dans laquelle les règles d’appartenance à la cause sont basées sur ce qu’on appelle l’intersectionnalité. Si ce mouvement gagne du pouvoir, et qu’il parvient à prendre le contrôle du système, il se fragmentera en factions. Les différents groupes coalisés se mettront à se battre les uns contre les autres.

— N’est-ce pas déjà le cas ? Le fait que certains hommes noirs soient maintenant jugés inaptes à soutenir la cause « woke » parce qu’ils sont hommes n’est-il pas un signe ? 

WEINSTEIN.— Tous ces groupes pourraient en effet potentiellement se fragmenter. La communauté LGBT se fractionne déjà aujourd’hui entre les homosexuels et les transgenres par exemple. Mais cette fragmentation potentielle est aujourd’hui utilisée comme une arme pour forcer les troupes à serrer les rangs. Cela finira par éclater, mais le résultat, dangereux selon moi, c’est que les tribus se recomposeront selon des lignes identitaires raciales.

Votre crainte est que cette révolution identitariste réveille le nationalisme « blanc » qu’elle prétend combattre ?

WEINSTEIN.— L’Occident est une expérience unique qui essaie de réduire l’impact de l’identité en favorisant la collaboration au-delà des lignes identitaires, à travers la citoyenneté et le mérite. Mais le problème est que ce système occidental, éminemment supérieur aux autres, et plus juste, est aussi très fragile. Le fait que de larges segments de la population soient obsédés par l’identité mènera ceux qui ne le sont pas, à voir aussi le monde sous ce biais. Ce mouvement « woke » pourrait créer le démon qu’il entendait combattre, et mener le nationalisme blanc des marges vers le « courant dominant ». Il pourrait réveiller l’antisémitisme. Si l'on diabolise les Blancs, ils finiront par se penser en minorité opprimée et réagir.

— Beaucoup des libéraux (de gauche, dans le vocabulaire américain, NDLR) qui se rebellent contre l’idéologie « woke » sont juifs. Ils dénoncent l’antisémitisme qui grandit dans ce mouvement ?

WEINSTEIN.— Oui, l’antisémitisme est présent dans le mouvement de manière ouverte et en progression. L’antisémitisme grandit toujours quand le centre politique s’affaisse. Le centre disparaît, la polarisation le remplace, l’antisémitisme devient inévitable.

— Comment la presse « dominante» a-t-elle couvert votre histoire en 2017 ?

WEINSTEIN.— Le New York Times est pénétré par la mentalité des « justiciers sociaux ». Mais en 2017, la réaction a été complexe. Quand mon histoire a éclaté, les pages infos n’ont quasiment pas traité le sujet, tandis que les pages éditoriales ont permis à Bari Weiss de la couvrir sans biais. Ce qu’a montré mon histoire est la réalité du journalisme actuel. Dans une presse superpolarisée, les journaux font un très bon travail sur les sujets qui coïncident avec leur vision idéologique des choses, et ne font rien sur les histoires qui ne collent pas avec leur prisme. Pour la presse libérale, l’idée que des sectaires noirs s’en prennent à un professeur blanc aux vues égalitaristes ne faisait pas sens. Ils préféraient que cela n’existe pas et ont refusé d’en parler. Pour la presse de droite, cela a été une affaire nationale.

— Que pensez-vous de la défaite cuisante que la gauche identitariste a essuyée aux élections, vu qu’une portion assez spectaculaire du vote des minorités est allée à Donald Trump, et a rejeté l’obsession raciale de la campagne démocrate ?

WEINSTEIN.— C’est la partie la plus importante, et la moins couverte, de l’histoire. L’absurdité du portrait que fait la gauche « woke » des défauts de l’Occident est en fait une insulte terrible pour les minorités qui veulent simplement une chance de réussir. Si vous essayez de réussir dans le système où vous vivez, la dernière chose dont vous avez besoin est un mouvement qui vous dise que votre succès est impossible parce que toute personne blanche est raciste et vous opprime. L’élection a aussi révélé le nombre impressionnant d’intellectuels noirs qui ont donné de la voix contre ce mouvement « woke ». Je suis en admiration devant leur courage et la force de leurs arguments.

— Quelle est votre vision du trumpisme après Trump ?

WEINSTEIN.— Il faut comprendre que le système politique est profondément corrompu par les intérêts spéciaux. Cela a plongé les Américains dans la frustration. Il y a donc eu une rébellion sur les deux flancs du spectre politique. Bernie Sanders, qui aurait gagné en 2016 si le Comité national démocrate ne l’en avait pas empêché, a à nouveau failli gagner en 2020 mais s’est vu encore barrer la route par la direction du parti. De l’autre côté, on a eu Donald Trump qui a mené avec succès une rébellion contre la hiérarchie républicaine corrompue. Donald Trump a gagné, mais il n’a pas la capacité, ou peut-être plutôt le tempérament, pour utiliser productivement le pouvoir. Trump a été une rupture avec l’étau que les élites traditionnelles maintenaient sur le pouvoir. Mais cela n’a pas été une rupture très utile. Et aujourd’hui, avec l’élection de Joe Biden, nous revenons à l’ancien système corrompu que décrivait Bernie Sanders. La vérité est qu’on est face à deux familles du « crime », le Parti démocrate et le Parti républicain. Ce sont des réseaux d’influence pour des intérêts privés et de grandes entreprises.

— Joe Biden le centriste pourrait-il aller contre le mouvement identitaire « woke » avec l’aide des républicains, vu le signal encourageant envoyé par les électeurs ?

WEINSTEIN.— Je pense qu’il n’essaiera même pas, car c’est un politicien de la machine du parti, une sorte de porte-parole du Comité national démocrate (DNC). Il essaiera d’utiliser le pouvoir et l’énergie de ce mouvement, tout en laissant le DNC gérer les activistes. Mais je pense que la direction démocrate aura du mal à dompter ce tigre qu’elle a lancé dans l’arène. Elle s’alliera cyniquement avec lui, mais n’aura pas le dessus.

Source : Le Figaro. 18 décembre 2020

Voir aussi 

L'Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant  (vidéo)

Le wokisme : des protestants puritains athées

La protestation radicale dans les universités, un acte religieux ? (vidéo)

Carence de crimes haineux, il faut les inventer ? 

Des universités politiquement correctes qui doivent « protéger » leurs étudiants 

La théorie de la « fragilité blanche » (une nouvelle ordalie de l'eau utilisée pour découvrir les sorcières) 

Les effets délétères de la critique post-moderne et de la « justice sociale » à l’Université

Malgré le fort secteur privé, le Québec aurait le système scolaire le plus équitable au Canada

Selon David Bowles, président de la Fédération des établissements d’enseignement privé :

De plus, contrairement à un discours populaire [anti-école privée], le Québec n’a pas un système scolaire inéquitable. Les tests PISA évaluent l’équité des différents systèmes scolaires en mesurant l’écart entre les élèves les plus performants et les moins performants.

En 2018, de toutes les provinces canadiennes, c’est au Québec que cet écart était le plus faible en lecture et en mathématique, ce qui en ferait en fait le système scolaire le plus équitable au Canada, qui se classe lui-même parmi les pays les plus équitables au monde.

M. Bowles poursuit en disant « Nos élèves se démarquaient dans les tests internationaux. Les jeunes de 15 ans, évalués tous les trois ans par le biais des tests PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), se classaient parmi les meilleurs au monde, particulièrement en mathématique. »

Dans le dernier TEIMS (2019), les résultats des élèves québécois en mathématiques sont dans la moyenne supérieure, mais en rien parmi les premiers au monde. Les élèves québécois en 4e année du primaire se classent ainsi 17e avec la Flandre belge et juste derrière les États-Unis… C’est bien, mais encore faut-il comprendre les limites de ces tests (aucune démonstration, aucune dissertation, rien sur la culture générale ou même scientifique, rien qui évalue la faculté de pourvoir bien écrire dans sa langue maternelle (en français ici), etc.) 

Voir Les élèves québécois parmi les meilleurs au monde ? et Québec et PISA 2018 — bons résultats en maths, baisse en sciences, immigrants à la traîne et fort taux de non-participation des écoles.

Voir aussi 

PISA — analyse des résultats de la Finlande (en baisse) et de l’Estonie (1re en Occident)

Effet d’écrémage lié à la liberté scolaire : faible ou déjà présent

L’école privée n’est pas à blâmer

« Ségrégation scolaire » : harcèlement scolaire des bons élèves

Grande-Bretagne : se débarrasser des écoles privées ? Mieux vaudrait résorber l’inégalité entre les écoles publiques

QS et le PQ s’uniraient contre la « ségrégation scolaire »

Québec — Moins d’élèves, mais dépenses en forte hausse

Très forte augmentation des élèves allophones à Montréal (coûts supplémentaires en francisation et remédiation)

Nombre d’élèves en difficulté a près de doubler en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

jeudi 17 décembre 2020

Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir...

Mise à jour : l'ADN de Beethoven a été séquencé, ce séquençage met un terme scientifique aux spéculations sur une ascendance africaine, révélations qui n’avaient aucun soutien historique ou génétique. Voir Beethoven sous la loupe de la génétique : santé fragile, ascendance européenne, et fin d’un mythe « mauresque » tenace.


Dans un message en anglais (c’est Brussels, Capital of Europe), le Musée des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar pour ne pas imposer trop de français, c’est Brussel… capitale de la Flandre et les Flamands aux manettes préfèrent l’anglais au français)a voulu célébrer à sa façon « diversitaire » la naissance de Ludwig van Beethoven descendant d’une famille malinoise (en Belgique). Beethoven a été baptisé le 17 décembre 1770, il est né la veille ou l’avant-veille.

Le reste du texte en anglais (langue non officielle en Belgique) expliquait ce choix provocateur :

« Adkins’ video ‘Synapse’ was developed as a part of his ‘Black Beethoven’ series, which explores the myth of Ludwig von Beethoven being black, as he had Moorish ancestry. In the work, Adkins presents a portrait of the iconic composer that slowly morphs into that of a young black man with short dreadlocks and back again. The repeated transformation of the image conveys Adkins’s unwillingness to settle the debate on Beethoven’s race. He explained, ‘I hope to generate a sense of seeking in the audience. . . You can then fill in the gaps and participate in history in your own way.’. »

Portrait de Beethoven en 1820
En langue française : « La vidéo “Synapse” d’Adkins a été développée dans le cadre de sa série “Black Beethoven”, qui explore le mythe de Ludwig von Beethoven étant noir, car il avait une ascendance maure. Dans l’œuvre, Adkins présente un portrait du compositeur emblématique qui se transforme lentement en celui d’un jeune homme noir avec des dreadlocks courts et inversement. La transformation répétée de l’image traduit la réticence d’Adkins à régler le débat sur la race de Beethoven. Il a expliqué : “J’espère générer un sentiment de recherche dans le public… Vous pourrez alors combler les lacunes et participer à l’histoire à votre manière”. »


Il n’y a AUCUNE preuve que Beethoven était d’ascendance maure. Il n’y a pas de réel débat.

Le grand-père paternel du compositeur, Ludwig van Beethoven l’ancien (1712-1773), descendait d’une famille flamande roturière originaire de Malines (la préposition van « de » dans les patronymes néerlandais n’est pas une particule nobiliaire, contrairement au von, « de » en allemand). Homme respecté et bon musicien, il s’était installé à Bonn en 1732 et était devenu maître de chapelle du prince-électeur de Cologne, Clément-Auguste de Bavière.

Ludwig vers 1800

Selon le biographe du compositeur Barry Cooper, le patronyme Beethoven pointe vers une famille « originaire d’une ferme (hoven) de betteraves (beet) ». Contrairement à cette étymologie populaire, le nom pourrait plutôt faire référence au village de Bettincourt (Bettehoven en néerlandais) dans la Hesbaye région de la province de Liège, auquel cas l’étymologie ferait référence à la ferme de Betto. Le village se trouve non loin de la frontière linguistique qui sépare les parlers flamands et wallons. À la fin du XVe siècle, on retrouve un certain Jan van Bettehoven (vers 1485-1571, sa généalogie) à Kampenhout, c’est l’aïeul à la septième génération du compositeur. En 1595, une certaine Josyne van Beethoven, accusée de sorcellerie, montait sur le bûcher, à la Grand-Place de Bruxelles.

Enfant, son teint basané lui vaut le surnom de « l’Espagnol » : cette mélanodermie fait suspecter une hémochromatose à l’origine de sa cirrhose chronique qui se développera à partir de 1821 et sera la cause de sa mort (et non l’alcoolisme).


[Lire Ludwig van Beethoven : préludes et variations d’une cirrhose si majeure par J. Watelet du Service d’hépatogastroentérologie, CHU de Nancy :
La fragmentation des cheveux, visible sur certains portraits, et le teint mat de l’artiste orientant vers une potentielle mélanodermie (enfant, son teint basané l’avait fait appeler « l’Espagnol ») peuvent conforter cette hypothèse (10). Il en est de même des manifestations cliniques associées, puisque l’on note, outre des épisodes de fatigue intense, des douleurs rhumatismales (1820,182 1, 1822 et 1826) — mais de localisation plutôt axiale que périphérique — émaillées de crises de pseudo-goutte. L’autopsie permettra de constater l’existence d’une atteinte pancréatique (« Le pancréas était gros et ferme ; son canal était large comme un tuyau de plume d’oie »), sans visualiser la moindre calcification, ce qui éliminerait a priori une étiologie alcoolique, associée à une nécrose tubulaire rénale d’origine potentiellement diabétique (11).
]

Tout cette théorie du Beethoven noir tient au teint mat du compositeur. Rien de plus. Nous avons une bonne partie de l’arbre généalogique des van Beethoven. Dans la théorie africanocentriste, le teint mat du compositeur serait dû à un ancêtre espagnol qui aurait lui-même un ancêtre maure, lequel enfin aurait lui des ancêtres subsahariens. Tout cela sans aucune preuve. La Flandre a bien été occupée par une « armée espagnole » de l’empire des Habsbourg. Cette armée des Flandres (1567 - 1659) dont les effectifs ont beaucoup varié (de 10 000 à 90 000) avait un recrutement très varié : des Espagnols, des Italiens, des Francs-Comtois, des Allemands catholiques et des Wallons (plus de 35 000 en 1640 à eux seuls). Les « chances » d’une naissance illégitime issue d’un soldat castillan aux ancêtres maures stationné en Flandre sont bien minces, fantaisistes diront certains.

 Réactions

Devant les nombreuses critiques écrites par des internautes qui connaissent Bruxelles, Bozar a daigné écrire en français pour s’expliquer devant ces gens locaux de peu d’ouverture (et sans doute de peu de comprenure) :

Nous supposons que « remplir les manquements » (terme moral, manque qui constitue une faute) devrait se lire « combler les lacunes ». Et depuis quand l’art doit-il avoir comme mission non plus d’être beau (oui, oui, notion petite-bourgeoise dépassée), mais de « générer du questionnement [sic] » (susciter un questionnement). Pour le reste, il s’agit pour nous de bouillie pour chats diversitaires. On ne voit pas pourquoi il faut travestir l’histoire à moins que l’idéologie afrocentriste délirante (il avait le teint basané jeune, il devait « donc » être d’origine africaine) préempte les faits. On ne voit pas le rapport entre cette mascarade et le prétexte invoqué par le musée des Beaux-Arts : « un lieu d’art et culture ouvert à tous les publics. » Tous les musées sont ouverts à tous les publics en Belgique que l’on sache…

Revenant à son programme habituel « woke », grâce aux impôts des contribuables belges qui n’en peuvent mais, le Musée des Beaux-Arts a ensuite publié en anglais uniquement (Brussels, Capital of Europe, embêter les francophones de Bruxelles, etc.) un message pour promouvoir un documentaire sur la diversité (c’est une scie ! une obsession !) des familles qui seraient « compliquées. Plus encore lorsque vous êtes LGBTQIA+. » On ne se refait pas. Mais pourquoi avec l’argent des contribuables ? Et quel rapport entre cette propagande LGBTQS2SAI+ et les beaux arts ?


 
Pour se nettoyer l’esprit, le concert du 250e anniversaire de baptême de Beethoven organisée par la télé allemande à l’Opéra de Bonn sous la direction de Daniel Barenboim. 



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Pologne — ministre de l'éducation veut rompre avec l'activisme LGBTQ

Depuis sa prise de fonctions, le 19 octobre, Przemyslaw Czarnek ne cesse de faire les gros titres. Son obsession : extirper l’« idéologie LGBT », la « théorie du genre » et la « pédagogie de la honte » de l’institution.

Si le chef de la majorité nationale-conservatrice de Droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, voulait montrer davantage sa rupture avec les valeurs d’une Europe en phase avec son temps, ouverte et démocratique, il n’aurait pu mieux faire que de nommer Przemyslaw Czarnek au ministère de l’Éducation nationale. Depuis sa prise de fonctions, le 19 octobre, il ne se passe pas un jour sans que le nouveau titulaire du poste ne fasse les gros titres de la presse. Comme, par exemple, le 27 novembre, lorsqu’il a affirmé sans sourciller, à la télévision publique, que « nous sommes arrivés en Europe à un niveau pire qu’à l’époque de l’Union soviétique et du communisme ».

Cet homme de 43 ans, propre sur lui, s’est forgé une sévère réputation à force de sorties franches. Les passions que le ministre suscite sont telles parmi certains extrémistes qu’une militante de gauche est allée jusqu’à se coller les mains au portail du ministère, nécessitant l’intervention d’une équipe médicale.

Docteur en droit de l’Université catholique de Lublin (KUL), M. Czarnek a fait parler de lui pour la première fois quand, en tant que voïvode de la région de Lublin (l’équivalent d’un préfet de région), il décernait en 2019 des « diplômes du mérite » aux collectivités locales qui adoptaient les résolutions « zone anti-idéologie LGBT » (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) sur leurs territoires

À la même époque, il s’était prononcé pour une interdiction des « Marches de l’égalité » [pro-LGBTQ]. Le 13 juin, au sujet des homosexuels, il déclarait à la télévision publique qu’il faut « défendre les familles polonaises contre le pourrissement et la dépravation » et « arrêter d’écouter ces idioties sur de prétendus droits de l’homme ou une prétendue égalité. Ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux ».



mardi 15 décembre 2020

Révision du cours de multiculturalisme 101 (ECR) : davantage de lutte contre le racisme

Le gouvernement Legault profiterait de la réforme du cours Éthique et culture religieuse (ECR) pour « sensibiliser » encore davantage les élèves du primaire et du secondaire à la lutte contre le racisme. Il s’agit de l’une des 25 mesures que le Groupe d’action contre le racisme présentera ce lundi, mesures qui touchent quatre domaines : l’accès au marché de l’emploi, la sécurité publique, le droit au logement et l’éducation.

Aucune des mesures ne nécessite un changement législatif. Elles ont été retenues parce qu’elles sont applicables dans un délai raisonnable.

Il n’est pas question que le gouvernement reconnaisse l’existence d’un racisme ou d’une discrimination « systémique » à l’égard des communautés culturelles. Le Premier ministre François Legault a été clair à ce sujet — bien qu’utiliser l’expression « discrimination systémique » à l’égard des autochtones ait été considéré un moment par le Groupe d’action. La commission d’enquête du juge à la retraite Jacques Viens a reconnu la discrimination systémique [fédérale] à l’égard des autochtones dans son rapport déposé l’an dernier. [Il n’est pas clair que les autochtones accepteraient les mesures égalitaires de Tom Flanagan dans son livre Au-delà de la loi des Indiens (Septentrion) où il propose propose la création d’un nouveau système qui permettrait aux Premières Nations de jouir de la pleine propriété de leurs terres, à titre individuel ou collectif, un système qui pourrait améliorer la qualité de vie dans les communautés autochtones de tout le pays.]

En éducation, le Groupe d’action veut que l’enjeu du racisme fasse partie du nouveau programme qui doit être donné au primaire et au secondaire en lieu et place du cours Éthique et culture religieuse (ECR) à compter de 2022. Le ministère de l’Éducation a mené une consultation plus tôt cette année sur une réforme d’ECR. Le nouveau programme abordera d’autres thèmes, comme la démocratie, la citoyenneté numérique et l’éducation à la sexualité.

En matière d’employabilité, le Groupe d’action souhaite réduire le chômage plus élevé chez les immigrants, en particulier les minorités visibles. Le gouvernement lui-même n’est pas exemplaire ; les cibles d’embauche de personnes issues de communautés culturelles n’ont pas été respectées jusqu’ici.

Le Groupe d’action n’ira cependant pas jusqu’à proposer le CV anonyme. Cette mesure, qui avait été proposée par le Parti québécois lors des dernières élections, vise à ce qu’une personne ne soit pas écartée à la seule lecture de son nom ; l’idée est de faire en sorte que la compétence et l’expérience soient d’abord considérées, avant la convocation à une entrevue. La raison de ce refus d’utiliser le CV anonyme est peut-être liée au fait que cette mesure peut en fait renforcer l’embauche de blancs mâles (horresco referens). Voir Canada — Projet-pilote de recrutement anonyme : pas de biais détecté (2018), Partialité ? Préférence pour nommer des femmes professeurs dans les sciences plutôt qu’hommes avec même CV, et  Australie — Recrutement sur base de CV anonymisés augmente nombre d’hommes blancs sélectionnés (les CV anonymisés ont été abandonnés).

 En matière de sécurité publique, des ajustements à la formation des policiers seraient proposés par le Groupe d’action.

C’est dans le secteur de l’accès au logement que le groupe d’action a eu plus de mal à accoucher de propositions.

Le groupe ne chiffre pas les sommes nécessaires pour mettre en œuvre les 25 mesures. Chaque ministère concerné sera chargé de dégager les fonds et devra rendre des comptes sur la mise en œuvre des recommandations qui le concernent.

Le Groupe d’action a présenté ses conclusions à François Legault il y a une semaine. Le Conseil des ministres a approuvé le rapport mercredi, lors de sa réunion hebdomadaire.

Lionel Carmant, qui est coprésident du Groupe avec Nadine Girault, promet que les recommandations qui seront présentées « vont changer la donne pour les jeunes des différentes communautés ethnoculturelles qui grandissent au Québec ».

« Les propositions qu’on fait vont être solides, et on va faire le suivi nous autres », a-t-il confié à La Presse lors d’une entrevue de fin d’année.



lundi 14 décembre 2020

France — Pourquoi, malgré des concessions par Macron, il faut continuer à lutter pour la liberté d'instruire ses enfants à la maison

Le projet de loi que le Premier ministre a présenté le 9 décembre, jour de la laïcité, n’est pas satisfaisant et doit être combattu avec la plus grande détermination.

Ne nous leurrons pas : il supprime la précieuse possibilité que nous avons tous jusqu’à présent de retirer nos enfants de l’école pour les scolariser nous-mêmes, quand nous l’estimons nécessaire, au profit d’un régime d’autorisation réservé à quelques situations particulières, et soumis au pouvoir discrétionnaire du recteur.

De plus, le projet de loi dispose expressément que les convictions religieuses ou autres des parents seront exclues des motifs recevables.

Ce projet de loi est lourdement inconstitutionnel. Trois fois inconstitutionnel :

  • premièrement parce qu’on ne peut pas soumettre un principe fondamental reconnu par les lois de la République à un régime d’autorisation ;
  • deuxièmement parce qu’il est totalement disproportionné d’interdire au plus grand nombre l’instruction en famille pour lutter contre un possible détournement ultra minoritaire sur lequel on n’a pas de données sérieuses ;
  • et enfin (et ce point est nouveau !) parce qu’il est impossible en droit français et même en droit européen d’interdire à des citoyens de faire un choix d’enseignement au regard de leurs convictions religieuses (article 9 de la Déclaration européenne des droits de l’homme). Entendons-nous bien : s’il est nécessaire et légitime que l’État vérifie scrupuleusement que les parents n’endoctrinent pas leurs enfants, il est évident en revanche qu’il n’a pas le droit d’empêcher les parents de choisir un mode d’instruction en raison de leur religion ou de leurs conceptions éducatives.

Si nous laissons passer une telle loi, en croyant nous donner ainsi les moyens de lutter contre l’islamisme, c’est le fondement même du droit à l’existence et au caractère propre de l’ensemble des écoles libres qui sera réduit en poussière.

Ce projet de loi est ainsi à la fois une formidable attaque contre la famille (contre son aptitude à choisir ce qui est bon pour son enfant), et plus précisément contre l’autorité parentale dans son principe même, mais aussi une attaque inédite contre la liberté de pensée et de conscience. L’État se fait seul juge de ce qui est bon pour l’enfant, au mépris du rôle de ses parents, perçus comme des endoctrineurs à corseter dans leurs choix éducatifs. Cette dérive totalitaire et laïcarde doit être combattue. La société civile, les parents, ont des droits propres que l’État n’a pas vocation à absorber, dans un État de droit.

Ainsi, il apparaît clairement que ce qui est en cause dans ce projet de loi, ce n’est pas seulement le sort de 20 000 enfants instruits en famille, mais aussi et surtout le statut que l’on reconnaît aux parents et le sort que l’on entend réserver à la liberté de penser et de croire et d’agir en conséquence.

C’est pour cela que combattre ce projet de loi est encore plus nécessaire et décisif que ce qu’on aurait pu estimer de prime abord.

Nous avons besoin de votre aide pour mener ce combat jusqu’à la victoire.

Diffusez ce message autour de vous S. V. P. et, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait.

Faites-nous parvenir un don pour nous aider à effectuer le travail d’information et de sensibilisation nécessaire pour obtenir que le Parlement supprime les articles litigieux de la loi ou, à défaut, que le Conseil constitutionnel censure ces articles. Cela va prendre plusieurs mois de travail intense.

Aidez-nous à soutenir l’effort jusqu’à la victoire, sans négliger pour autant notre mission de formation et de soutien pédagogique et financier aux écoles libres hors contrat.

Anne Coffinier, présidente de Créer son école — Educ’France

Axelle Girard, directrice d’Educ’France


France — changer les programmes scolaires pour insister (encore plus) sur les enjeux écologistes

Le président français Macron a annoncé ce 14 décembre la tenue d’un référendum en vue de modifier l’article 1 de la Constitution pour y inscrire « la garantie de la préservation de l’environnement ».

Ceci sera accompagné par une campagne de propagande à tous les niveaux y compris à l’école. Ou pour parler « républicain » : « Nous allons changer les programmes scolaires et faire une campagne de communication et d’éducation de nos concitoyens sur les enjeux écologistes »

Une partie importante des programmes de SVT (Sciences de la vie et de la Terre) est déjà consacrée au climat, à la biodiversité, à l’écologie. Tant au collège (secondaire inférieur) qu’au lycée (fin secondaire + cégep). Voici par exemple les trois thèmes de ce cours en terminale, voie générale (à 18 ans). Les trois thèmes (ce sont les seuls) sont des thèmes chers aux écologistes. (Hyperlien vers le programme)

Voir aussi

France — la Théorie du genre enseignée en SVT (rien n’a changé avec Blanquer)

Sondage : La religion ne s’est pas effondrée dans notre société. Elle a seulement changé de visage

Baromètre de ce que les Québécois déclarent trouver le plus immoral (1990 comparé à 2020)

À VOTRE AVIS, EST-CE QUE LES ACTIONS SUIVANTES SONT IMMORALES OU NON (2020) ?

1. Le harcèlement psychologique : 96 %

2. Faire des commentaires racistes : 95 %

3. Faire des commentaires homophobes : 94 %

4. Insulter quelqu’un sur les médias sociaux : 91 %

5. Être sexiste : 88 %

6. Ne pas payer d’impôts : 88 %

7. Ne pas faire attention à l’environnement : 87 %

8. Ne pas payer ses dettes : 83 %

9. Les punitions corporelles aux enfants : 81 %

10. La consommation de drogues dures : 78 %

11. Être contre le port du masque : 75 %

12. Les relations extraconjugales : 69 %


13. Croire à des théories du complot : 63 %

14. L’excès d’alcool : 60 %

15. Rire des religions : 59 %

16. Le travail au noir : 53 %

17. La prostitution : 46 %

18. Posséder une ou des armes à feu : 41 %

19. Les couples ouverts : 41 %

20. Les relations sexuelles avant 16 ans : 35 %

21. Aller sur des sites pornographiques : 26 %

22. La consommation de la marijuana : 25 %

23. L’avortement : 11 %

24. Avoir une relation homosexuelle : 9 %

25. Le divorce : 5 %

LE BAROMÈTRE DE L’IMMORALITÉ QUÉBÉCOISE EN 1990

1. Excès de boisson : 92 %

2. Relations amoureuses avant 16 ans : 80 %

3. Prostitution : 68 %

4. Relations extraconjugales : 66 %

5. Blasphème : 63 %

6. Avoir une relation homosexuelle : 46 %

7. Avortement : 43 %

8. Divorce : 37 %


► Méthodologie

Une question ouverte a été posée aux panélistes LEO (Léger Opinion) pour qu’ils soumettent ce qu’ils jugent immoral. Ensuite, un sondage scientifique a été réalisé auprès de 1000 Québécoises et Québécois représentatifs, du 13 au 15 novembre 2020, sur la base de 35 actions immorales. Seules les 30 premières sont présentées dans ce baromètre. 

[Malheureusement, le sondage de 1990 semble ne pas avoir porté sur de nombreux sujets : est-ce que, par exemple, faire des commentaires racistes ou faire du harcèlement psychologique était mal vu à l’époque ? Et à quel point ? Et qu’est-ce que ces notions veulent dire dans la pratique quand on sait la facilité avec laquelle d’aucuns crient au racisme aujourd’hui ?]

Le constat pour le Journal de Montréal

En 1990, Léger sondait les Québécois sur leurs principaux tabous. 30 ans plus tard, les résultats sont éloquents. En 1990, 46 % jugeaient l’homosexualité immorale. Ce taux est maintenant de 9 %. La perception quant à l’avortement est passée de 43 % à 11 %, le divorce, de 37 % à 5 %, la prostitution, de 68 % à 46 % et les relations sexuelles avant l’âge de 16 ans, de 80 % à 35 %. De 1990 à 2020, nos interdits se sont complètement effondrés, au profit d’une société « plus ouverte et plus inclusive » [sic]. 

La surprise

Le Québec a de nouveaux péchés capitaux : le harcèlement psychologique, les commentaires racistes, homophobes ou sexistes et les insultes sur les médias sociaux sont devenus les 5 actions les plus immorales, selon une grande majorité de Québécois. Ce sont les nouveaux interdits de notre époque et ils sont, pour la plupart, liés aux médias sociaux.


La tendance

Les Québécois sont de plus en plus permissifs sur les questions de sexualité. Les relations sexuelles avant 16 ans sont plus acceptées qu’auparavant, tout comme la fréquentation de sites pornographiques. Il faut dire aussi que le couple ouvert est immoral pour 41 % d’entre nous seulement. Même chose pour les relations sexuelles avant le mariage qui apparaît maintenant comme une chose plus qu’acceptable. Les Québécois, niveau sexualité, sont moins dans le jugement et plus dans l’ouverture [sic]. 

[Cette « ouverture » est bien évidemment orientée (antiracisme, LGBTQ, écologisme, liberté d’avorter) et ce n’est souvent qu’une fermeture envers d’autres valeurs, celles de la famille traditionnelle, de la valeur de la vie à naître, du sens de la lignée, etc. Il serait intéressant de se pencher sur les mécanismes de remplacement des valeurs de jadis. Dans quelle mesure l’école québécoise participe-t-elle à l’établissement de la nouvelle morale, de la nouvelle religion.]

QUAND LA MORALE CHANGE DE DÉFINITION

par Mathieu Bock-Côté, Le Journal de Montréal

Le monde et les temps changent, c’est bien connu. Et notre définition de ce qui est moral et immoral aussi, comme en témoignent les résultats de ce sondage Léger.

On le voit, en 1990, le bien et le mal sont encore marqués par la vieille morale chrétienne concernant la vie sexuelle. Il n’en est plus ainsi. Les interdits d’hier se sont effondrés.

Les hommes et les femmes ont gagné en liberté dans leur vie privée. Mais de nouveaux interdits sont apparus.

Ils touchent à la question du racisme, généralement considéré comme le plus grand mal, ce qui n’est nullement contestable. Nous savons à quelles horreurs il a poussé dans l’histoire.

Le visage du diable

Le racisme prend même le visage du diable, et ceux qu’on imagine possédés par l’intolérance doivent être exorcisés. À la tempête d’eau bénite succède la tempête médiatique.

On ne méfie d’ailleurs des tentateurs et des esprits mauvais qui pousseraient nos concitoyens à commettre ce nouveau péché ! Pour cela, on les diabolise.

Mais toute époque a ses problèmes théologiques ! Comment définir le fameux racisme ? Ce n’est pas toujours clair. Comment définir l’intolérance ? Est-ce que certains proposent une définition exagérément élargie de ce nouveau péché ?

Disons-le autrement.

La religion ne s’est pas effondrée dans notre société. Elle a seulement changé de visage. Elle se réclamait autrefois de la figure du Christ, elle se réclame aujourd’hui de la « Diversité ». Elle réclame aussi qu’on l’adore et traite d’hérétiques ceux qui posent trop de questions.

Curés

L’Église catholique a été remplacée comme productrice de morale par les mouvements qui prétendent incarner la diversité. Eux aussi connaissent leurs fanatiques. Ils ont même leurs mots tabous, comme on l’a vu récemment.

Questionnons-nous : dans trente ans, comment verrons-nous la morale qui nous semble aujourd’hui aller de soi ? Et que penserons-nous de ceux qui, même s’ils ne portent pas de soutanes, se comportent pratiquement comme de nouveaux curés ?

Voir aussi 

Le wokisme : des protestants puritains athées

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Le Monopole de l’Éducation au service des lobbies dits progressistes avec vos sous

Ex-ministre Jacques Brassard : ECR, une nouvelle religion. Quel parti aura le courage de l’abolir ?

« On a basculé dans l’antiscience »

Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale…

vendredi 11 décembre 2020

Québec — loi 66 adoptée, la CAQ participe à l'anglicisation rapide de Montréal

Le Premier ministre du Québec, François Legault, qui passe parfois pour un nationaliste centriste, s’est félicité hier soir du passage de la loi 66 qui soutient massivement deux établissements anglophones déjà très subventionnés de Montréal.

Pour Frédéric Lacroix, auteur de Pourquoi la loi 101 est un échec :
L’inclusion dans ce projet de loi 66 d’un agrandissement princier pour Dawson et le don royal du Royal Victoria à McGill constitue le plus gros investissement direct dans l’anglicisation de Montréal depuis la construction du McGill University Health Center il y a 20 ans. L’investissement de 3,5 milliards dans le MUHC est en train d’effacer le français dans tout le sud-ouest de Montréal (Saint-Henri, etc). Cet investissement d’au moins 750 millions dans les deux institutions postsecondaires qui sont déjà les plus riches au Québec signifie la fin du français au centre-ville de Montréal dans les 20 prochaines années (parions qu’en fin de compte, les sommes investies dépasseront allègrement le milliard de dollars). Deux projets irresponsables et incompréhensibles. Nationaliste la CAQ ? Si l’on ignore les belles paroles et que l’on compte les sous, on ne peut pas distinguer entre la CAQ et le PLQ. En fait, la CAQ fait même actuellement PIRE que le PLQ. Il s’agit d’une véritable trahison linguistique de la part de ce parti qui était censé défendre nos intérêts. Mais l’adoption du PL66 n’est pas la fin. Elle sonne le début de la mobilisation. Il s’agit maintenant de faire payer le prix politique de cette décision à la CAQ.