En prévision de la fermeture de tous les établissements scolaires à dater du lundi 16 mars jusqu’à nouvel ordre dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, les éditeurs scolaires du groupe Hachette Livre ont décidé de mettre à disposition gratuitement les manuels scolaires en ligne.
Les éditeurs scolaires du groupe Hachette Livre (Hatier, Hachette Éducation, Istra, Foucher et Didier) s’associent au plan de continuité pédagogique mis en place par le ministère de l’Éducation dans le cadre de l’épidémie de covid 19 et de la fermeture des établissements scolaires à dater du lundi 16 mars en proposant un accès gratuit à tous leurs manuels en ligne, afin que les élèves puissent continuer à travailler de chez eux plus facilement pendant cette période.
MESMANUELS.FR/ALAMAISON : UNE ADRESSE OÙ RETROUVER 600 MANUELS SCOLAIRES EN LIGNE DU CP À LA TERMINALE
Ainsi, 600 manuels, du CP à la Terminale, sont librement accessibles aux élèves depuis leurs domiciles à ce lien : mesmanuels.fr/alamaison
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
dimanche 15 mars 2020
Soutien au personnel hospitalier et au peuple italien
Quelques vidéos.
D'abord triste, sur les conséquences du covid-19 à Bergame, un des foyers de la pandémie.
Puis, la solidarité des Italiens confinés chez eux.
Et dans le registre tragico-comique, une « explication » de M. Justin Trudeau. Au Canada, Justin Trudeau tergiverse et esquive (« esquisse », comme il a déjà dit). Tout cela dans un mauvais français au débit hésitant et où il semble confondre « voyageur étranger » et « travailleur outremer » (overseas traveller?)... Au moins 4 fautes de français en une longue phrase ondoyante en langue de bois avec force appels aux experts, à la science et aux mesures vagues.
mercredi 11 mars 2020
Aller au cégep anglais pour apprendre l'anglais ? Vraiment ?
Frédéric Lacroix est un chercheur essentiel sur les questions qui touchent à la démographie et à l’avenir linguistique du Québec. Dans un contexte politique où la question du cégep français, je l’ai interviewé pour mieux comprendre les motivations des jeunes Québécois francophones qui passent à l’anglais. Comment l’expliquer ? De quoi est-elle symptomatique ? Entretien avec Mathieu Bock-Côté.
Mathieu Bock-Côté : Pour la première fois depuis des années, on a beaucoup parlé, ces derniers jours, de la place de plus en plus compromise du français au niveau collégial, au point même où certains veulent y appliquer la loi 101, une idée qui était disparue du radar depuis plusieurs années. Mais il faut néanmoins poser la question correctement : qu’est-ce qui explique le désir de plus en plus fort des jeunes francophones et allophones de passer à l’anglais au cégep ? Est-ce, comme on l’entend souvent, parce qu’ils veulent parfaire leur anglais ? Ou doit-on repérer d’autres motivations derrière cette tendance ?
Frédéric Lacroix : La tendance qui ressort des statistiques d’inscription au collégial est en effet très claire : de 1995 à 2018, le nombre de francophones (langue maternelle) qui étudie en anglais au collégial au Québec est passé de 4150 étudiants à 7686, soit une augmentation de 3536 (85 % d’augmentation). Et cette tendance à la hausse s’accélère nettement depuis 2007. L’augmentation du nombre d’allophones dans les cégeps anglais depuis 1995 est aussi nette : ils sont passés de 6383 en 1995 à 8820 en 2018, soit une augmentation de 2437 (ou 38 %). L’augmentation du contingent francophone et allophone au collégial anglais représente donc 5973 étudiants depuis 1995. Ce n’est pas négligeable : ceci est presque équivalent de la taille de John Abbott College (parmi les plus gros cégeps au Québec), par exemple.
Et ceci, soit l’effectif collégial, ne recense que les étudiants qui ont la moyenne générale requise pour entrer dans un cégep anglais. Comme les cégeps anglais sont en mesure d’écrémer seulement les meilleurs étudiants, les statistiques d’effectif collégial ne donnent pas une idée juste du désir d’études en anglais parmi les jeunes.
Nous apprenions il y a quelques semaines que Dawson College acceptait seulement 30 % des demandes d’admission qui lui sont adressées. Ce qui signifie que Dawson reçoit grosso modo 10 000 demandes d’admission par année et refuse environ 6000 étudiants qui auraient aimé s’y inscrire. Ce chiffre, absolument renversant, donne une bonne idée de la situation du français au collégial. Le désir d’études en anglais est absolument massif.
La question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi, après 11 années de cours d’anglais à chaque année de la première année du primaire à la fin du secondaire, un francophone ressent-il le besoin d’aller dans un cégep anglophone pour apprendre une langue qu’il devrait déjà savoir ? Les cours d’anglais au Québec seraient-ils si mauvais, si catastrophiques, qu’il faille absolument passer par des études en anglais (et non seulement des cours d’anglais) pour maîtriser cette langue ?
Un lecteur perspicace, Akos Verboczy, me fait remarquer que la chose peut aussi être vue à rebours : plutôt qu’un déficit de maîtrise, n’est-ce pas plutôt la maîtrise grandissante de l’anglais chez les jeunes francophones (et allophones scolarisés en français) qui les incite à poursuivre leurs études postsecondaires en anglais ?
Il faut « inverser, toujours inverser » disait Charlie Munger, le partenaire d’affaires de Warren Buffet dans le conglomérat multimilliardaire Berkshire Hathaway, qui affirmait que cette technique était son outil de travail le plus important pour résoudre des problèmes. Ceci permettait souvent, selon lui, en changeant complètement de perspective, de voir et de comprendre les choses sous un éclairage nouveau.
Mathieu Bock-Côté : Pour la première fois depuis des années, on a beaucoup parlé, ces derniers jours, de la place de plus en plus compromise du français au niveau collégial, au point même où certains veulent y appliquer la loi 101, une idée qui était disparue du radar depuis plusieurs années. Mais il faut néanmoins poser la question correctement : qu’est-ce qui explique le désir de plus en plus fort des jeunes francophones et allophones de passer à l’anglais au cégep ? Est-ce, comme on l’entend souvent, parce qu’ils veulent parfaire leur anglais ? Ou doit-on repérer d’autres motivations derrière cette tendance ?
Frédéric Lacroix : La tendance qui ressort des statistiques d’inscription au collégial est en effet très claire : de 1995 à 2018, le nombre de francophones (langue maternelle) qui étudie en anglais au collégial au Québec est passé de 4150 étudiants à 7686, soit une augmentation de 3536 (85 % d’augmentation). Et cette tendance à la hausse s’accélère nettement depuis 2007. L’augmentation du nombre d’allophones dans les cégeps anglais depuis 1995 est aussi nette : ils sont passés de 6383 en 1995 à 8820 en 2018, soit une augmentation de 2437 (ou 38 %). L’augmentation du contingent francophone et allophone au collégial anglais représente donc 5973 étudiants depuis 1995. Ce n’est pas négligeable : ceci est presque équivalent de la taille de John Abbott College (parmi les plus gros cégeps au Québec), par exemple.
Et ceci, soit l’effectif collégial, ne recense que les étudiants qui ont la moyenne générale requise pour entrer dans un cégep anglais. Comme les cégeps anglais sont en mesure d’écrémer seulement les meilleurs étudiants, les statistiques d’effectif collégial ne donnent pas une idée juste du désir d’études en anglais parmi les jeunes.
Nous apprenions il y a quelques semaines que Dawson College acceptait seulement 30 % des demandes d’admission qui lui sont adressées. Ce qui signifie que Dawson reçoit grosso modo 10 000 demandes d’admission par année et refuse environ 6000 étudiants qui auraient aimé s’y inscrire. Ce chiffre, absolument renversant, donne une bonne idée de la situation du français au collégial. Le désir d’études en anglais est absolument massif.
La question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi, après 11 années de cours d’anglais à chaque année de la première année du primaire à la fin du secondaire, un francophone ressent-il le besoin d’aller dans un cégep anglophone pour apprendre une langue qu’il devrait déjà savoir ? Les cours d’anglais au Québec seraient-ils si mauvais, si catastrophiques, qu’il faille absolument passer par des études en anglais (et non seulement des cours d’anglais) pour maîtriser cette langue ?
Un lecteur perspicace, Akos Verboczy, me fait remarquer que la chose peut aussi être vue à rebours : plutôt qu’un déficit de maîtrise, n’est-ce pas plutôt la maîtrise grandissante de l’anglais chez les jeunes francophones (et allophones scolarisés en français) qui les incite à poursuivre leurs études postsecondaires en anglais ?
Il faut « inverser, toujours inverser » disait Charlie Munger, le partenaire d’affaires de Warren Buffet dans le conglomérat multimilliardaire Berkshire Hathaway, qui affirmait que cette technique était son outil de travail le plus important pour résoudre des problèmes. Ceci permettait souvent, selon lui, en changeant complètement de perspective, de voir et de comprendre les choses sous un éclairage nouveau.
Derek Sloan s'insurge contre projets de loi qui criminalisent l’affirmation positive de son corps
Le gouvernement de Justin Trudeau (ci-contre) a déposé un projet de loi en chambre (C-8) qui vise à criminaliser ce qu’il appelle les « thérapies de conversion » et leur publicité. Le Sénat a proposé un projet de loi similaire, mais plus bref (S-202).
Extrait de C-8 :
Ces projets de loi ont suscité une réaction de Derek Sloan, un jeune député ontarien, unilingue, avocat de formation qui brigue la présidence du Parti dit conservateur du Canada (PCC). Il est considéré comme un des chefs de file des conservateurs sociaux. Richard Décarie, éliminé par une camarilla non élue du PCC, a demandé à ses partisans de le soutenir. Nous avons traduit son communiqué puisqu’il ne semble pas l’avoir publié en français (...).
Un de nos contacts s’était insurgé dans les commentaires du site de la société d’État contre ces projets de loi qui visent à interdire des séances de « conseil en affirmation corporelle » (dans les termes de Derek Sloan) alors que le gouvernement n’interdit pas les thérapies de conversion pro-LGBTQ qui modifient de façon permanente l’anatomie des enfants par l’utilisation d’hormones. La société gouvernementale de diffusion a censuré son message. Plus d’un milliard de dollars de subventions à l’œuvre.

Rappelons aussi que les juges et les associations militantes LGBT en Colombie-Britannique empêchent un père de s’opposer aux traitements hormonaux imposés par le tribunal à sa fille et d’en parler à quiconque (voir vidéo ci-dessous enregistrée aux États-Unis).
Voir aussi
Colombie-Britannique : Cour suprême interdit aux parents de s’opposer au traitement hormonal de transition de leur fille de 14 ans
Trans — Médecins inquiets que des enfants s’exposent à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs
Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l’enfant
Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?
Fonctionnaires contre père : qui décide si un enfant mineur peut subir une thérapie de transition de genre ? (le cas en Cour d’appel)
Extrait de C-8 :
Thérapie de conversion
Définition de thérapie de conversion
320 101 Aux articles 320.102 à 320 106, thérapie de conversion s’entend d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, soit à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels. Il est entendu que la présente définition ne vise pas les pratiques, les traitements ou les services qui se rapportent :
a) à la transition de genre d’une personne ;
b) à l’exploration ou à la construction de son identité.
Thérapie de conversion forcée
320.102 Quiconque, sciemment, fait suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré est coupable :
a) soit d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans ;
b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Thérapie de conversion : enfant
320.103 (1) Quiconque, sciemment, fait suivre une thérapie de conversion à une personne âgée de moins de dix-huit ans est coupable :
a) soit d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans ;
b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
[...]
Publicité de thérapie de conversion
320.104 Quiconque fait sciemment de la publicité pour offrir de la thérapie de conversion est coupable :
a) soit d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de deux ans ;
b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Avantage matériel
320 105 Quiconque bénéficie d’un avantage matériel, notamment pécuniaire, qu’il sait provenir ou avoir été obtenu, directement ou indirectement, de la prestation de thérapies de conversion est coupable :
a) soit d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de deux ans ;
b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
Ces projets de loi ont suscité une réaction de Derek Sloan, un jeune député ontarien, unilingue, avocat de formation qui brigue la présidence du Parti dit conservateur du Canada (PCC). Il est considéré comme un des chefs de file des conservateurs sociaux. Richard Décarie, éliminé par une camarilla non élue du PCC, a demandé à ses partisans de le soutenir. Nous avons traduit son communiqué puisqu’il ne semble pas l’avoir publié en français (...).
Une astuce courante de la gauche progressiste [« liberal » en anglais] consiste à changer le sens des mots afin de masquer la vérité.
La « thérapie de conversion » en est le dernier exemple orwellien.
La gauche condamne sous le nom de « thérapie de conversion » l’idée que les parents puissent aider un enfant à se sentir bien dans sa peau et heureux du corps avec lequel il est né, alors qu’elle se félicite qu’on donne à un enfant des hormones et qu’on lui fasse subir une chirurgie plastique irréversible en appelant cela de l’« affirmation de genre ».
Si ces termes vous paraissent inversés, c’est parce que c’est le cas. En fait, pour les adolescents souffrant de dysphorie de genre, cela peut être un cauchemar.
Les idéologues du genre enseignent aux enfants dans les écoles publiques (ou partout ailleurs où ils peuvent les atteindre) que leur « genre » est fluide et qu’ils peuvent ne pas être des « garçons » ou des « filles » contrairement à ce que leurs familles leur ont dit.
Ensuite, les idéologues du genre attirent les enfants désorientés qui développent une dysphorie de genre pour leur faire prendre des hormones afin de modifier leur corps encore en croissance.
Mais, lorsque cette « conversion » de garçon en fille ou de fille en garçon n’est pas tout à fait terminée, et que les enfants demandent de l’aide, ou que leurs parents demandent de l’aide en leur nom pour arrêter cette « conversion », les idéologues du genre crient « comment osez-vous essayer d’arrêter ça ? » Et puis les idéologues du genre condamnent les efforts en matière de conseil en les nommant une « thérapie de conversion ».
Cette semaine, le gouvernement libéral de Trudeau a annoncé un projet de loi, le projet de loi C-8, il vise à interdire tout ce que les idéologues du genre considèrent comme une « thérapie de conversion ».
Il fait suite à la législation en vigueur à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse et au fameux « projet de loi 77 » de l’Ontario, présenté par les libéraux de Kathleen Wynne en 2015.
Maintenant, les idéologues de genre du Parti libéral fédéral veulent entraîner le reste du Canada dans un monde chamboulé, cul par-dessus tête, qui élimine les droits parentaux dans ce domaine. Bien plus : l’interdiction de ces « thérapies de conversion » empêche en fait les mineurs souffrant de dysphorie de genre d’obtenir une aide psychologique, même s’ils la sollicitent.
C’est de la folie.
Des études montrent que, pour la grande majorité des enfants qui s’identifient comme « trans », il ne s’agit qu’une phase et que, à l’âge adulte, ils finissent par s’identifier avec bonheur au corps avec lequel ils sont nés, quelle que soit leur orientation sexuelle.
Les « interdictions » prônées sont beaucoup trop vastes et représentent une atteinte dangereuse aux libertés individuelles et aux droits parentaux.
Bien sûr, chaque député responsable devrait soutenir les mesures visant à empêcher des conseils coercitifs qui nuisent aux patients. Mais cette nouvelle loi, le projet de loi C-8, empêchera les Canadiens d’un océan à l’autre de s’engager librement dans des conversations et des conseils privés, à l’instar de la situation à laquelle nous sommes actuellement aux prises en Ontario.
Au début de l’hiver, je me suis entretenu avec l’animateur de CTV Power Play Evan Solomon sur ce sujet :
Sloan suggests “body affirming counselling” for youth struggling with gender identity issues. #cdnpoli #ctvpp—CTV Power Play (@CTV_PowerPlay) January 28, 2020
More at https://t.co/uCQmGSHoEL pic.twitter.com/CMnihuFVal
Après la diffusion de cet entretien, j’ai reçu de nombreux messages de soutien, y compris certains de la part des membres de la communauté LGBT qui reconnaissent que la vie des enfants est sacrifiée au nom de l’« idéologie du genre » destructrice.
Pour ma part, je voterai contre le projet de loi C-8.
J’espère et je prie que d’autres députés — en particulier mes collègues conservateurs — se joindront à moi pour vaincre cette nouvelle tentative d’imposer une idéologie de genre aux enfants du Canada.
Un de nos contacts s’était insurgé dans les commentaires du site de la société d’État contre ces projets de loi qui visent à interdire des séances de « conseil en affirmation corporelle » (dans les termes de Derek Sloan) alors que le gouvernement n’interdit pas les thérapies de conversion pro-LGBTQ qui modifient de façon permanente l’anatomie des enfants par l’utilisation d’hormones. La société gouvernementale de diffusion a censuré son message. Plus d’un milliard de dollars de subventions à l’œuvre.

Rappelons aussi que les juges et les associations militantes LGBT en Colombie-Britannique empêchent un père de s’opposer aux traitements hormonaux imposés par le tribunal à sa fille et d’en parler à quiconque (voir vidéo ci-dessous enregistrée aux États-Unis).
Voir aussi
Colombie-Britannique : Cour suprême interdit aux parents de s’opposer au traitement hormonal de transition de leur fille de 14 ans
Trans — Médecins inquiets que des enfants s’exposent à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs
Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l’enfant
Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?
Fonctionnaires contre père : qui décide si un enfant mineur peut subir une thérapie de transition de genre ? (le cas en Cour d’appel)
mardi 10 mars 2020
Coronavirus : l’école française face au défi des cours à distance
Plus de 300 000 élèves, sur 12 millions d’enfants scolarisés en France, sont concernés par la fermeture de leurs établissements.
Mère de deux enfants âgés de 6 et 9 ans, Sophie a appris ce week-end que l’école privée de ses enfants à Mulhouse (Haut-Rhin) était fermée par précaution pendant quinze jours pour éviter la propagation du coronavirus. « Pour le moment, ce sont mes parents qui s’occupent des petits », raconte-t-elle. Les grands-parents sont âgés, ce n’est pas l’idéal, « mais mon mari et moi-même sommes commerçants. Nous ne pouvons pas arrêter le travail ». Sophie a bien « reçu un courriel de l’école promettant un contact mercredi pour d’éventuels devoirs », mais, faute de temps, elle ne s’y est pas encore intéressée.
Comme pour beaucoup de parents, son urgence, c’est d’abord de trouver une solution de garde pérenne. Dans les Hauts-de-France, Amélie s’appuie ainsi depuis la semaine dernière sur les « quelques consignes » envoyées « en une fois » via un mail par l’enseignante de sa fille de 10 ans : « on fait des révisions le matin. Mais en une heure, elle a fait le tour. Je l’envoie dans sa chambre pour lire, mais elle passe aussi du temps devant la télé. Car moi-même je travaille à distance pour mon entreprise. » Au total, plus de 300 000 élèves, sur les 12 millions scolarisés en France, de la maternelle au lycée, sont concernés en ce début de semaine par la fermeture de leurs établissements scolaires. Pour assurer une « continuité pédagogique », le ministère de l’Éducation nationale a prévu des dispositifs d’enseignement à distance, dans l’Oise, le Haut-Rhin et Ajaccio. Quelques classes ont par ailleurs été fermées lundi après des cas positifs chez des élèves ou enseignants à Paris, Woippy (Moselle), Louvres (Val-d’Oise).
Les enseignants des collèges et lycées « jouent plutôt le jeu », car ils ont « l’habitude, comme leurs élèves » d’utiliser des espaces numériques de travail et d’y glisser documents et devoirs, selon Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP (deuxième fédération des parents d’élèves de l’enseignement public).
Dans le lycée de sa fille à Chantilly (Oise), une professeur de français a même mis des vidéos de ses cours en ligne. « Certes, l’engagement des enseignants est variable, poursuit Hubert Salaün. L’un d’eux a demandé de bénéficier d’un droit de retrait. C’est choquant, mais exceptionnel. On n’était d’ailleurs pas surpris quand on a vu le nom du professeur… »
Quant aux parents et aux élèves, si tous disposent d’un téléphone relié à internet, certains n’ont pas forcément ordinateur ou tablette à domicile, ce qui peut être handicapant. C’est dans les écoles primaires que la continuité est la plus difficile à assurer, la plupart des élèves et professeurs ne disposant pas d’espace numérique de travail.
« Classe virtuelle »
Les enseignants n’ont à leur disposition que les courriels des parents. Certains ont bien envoyé des « fiches » par ce biais, assure Francette Popineau, du principal syndicat d’enseignants du primaire. De petites révisions pour l’essentiel « qui ressemblent à ce qu’on trouve dans les cahiers de vacances », raconte une enseignante de Senlis (Oise). Beaucoup renvoient aussi vers le Cned, le Centre national d’enseignement à distance, qui propose une plateforme avec des exercices pour chaque niveau de classe, censée compléter les directives des enseignants.
Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers
La qualité est assez inégale, mais « elle a été mise en place très rapidement. C’est un travail colossal », observe Stéphane Crochet du syndicat enseignant Se-Unsa. Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers. La directrice de l’école Viefvillers (Oise), fermée jusqu’au 20 mars, a demandé lundi aux parents de s’y inscrire, et donné des consignes très générales. Pour les CP « revoir les différents sons étudiés, les tables d’addition et les nombres jusqu’à 59 ». Pour les CE2 et CM1 « revoir les verbes au présent, les tables de multiplication 1 2 3 5 et faire un résumé du livre Les Doigts rouges… ».
Quant à la « classe virtuelle » proposée par le Cned, elle ne fait pas recette auprès des enseignants qui se disent « insuffisamment formés » selon Francette Popineau. « Il faut bien reconnaître que les enseignants ne sont pas du tout habitués au télétravail », note Stéphane Crochet de l’Unsa, selon qui il n’est « pas évident de donner du travail à distance à des enfants très jeunes, encore non autonomes. D’autant plus que de nombreuses familles parlent mal le français surtout en zones d’éducation prioritaire (REP et REP+) ».
Il ne faudrait pas non plus que ces cours et devoirs créent des conflits entre parents et enfants, craignent des enseignants : « suivre les devoirs trente minutes le soir, c’est plus facile que de suivre son enfant une matinée chaque jour », soutient-il. « C’est assez éprouvant, reconnaît Stéphanie, confinée avec ses enfants collégiens dans l’Oise, additionner sa journée de travail et un semblant de cours de mathématiques ou de physique, c’est vraiment la double peine. Je ne tiendrai pas des semaines. Et pourtant mes enfants sont plutôt bons élèves. »
Source : Le Figaro
Mère de deux enfants âgés de 6 et 9 ans, Sophie a appris ce week-end que l’école privée de ses enfants à Mulhouse (Haut-Rhin) était fermée par précaution pendant quinze jours pour éviter la propagation du coronavirus. « Pour le moment, ce sont mes parents qui s’occupent des petits », raconte-t-elle. Les grands-parents sont âgés, ce n’est pas l’idéal, « mais mon mari et moi-même sommes commerçants. Nous ne pouvons pas arrêter le travail ». Sophie a bien « reçu un courriel de l’école promettant un contact mercredi pour d’éventuels devoirs », mais, faute de temps, elle ne s’y est pas encore intéressée.
Comme pour beaucoup de parents, son urgence, c’est d’abord de trouver une solution de garde pérenne. Dans les Hauts-de-France, Amélie s’appuie ainsi depuis la semaine dernière sur les « quelques consignes » envoyées « en une fois » via un mail par l’enseignante de sa fille de 10 ans : « on fait des révisions le matin. Mais en une heure, elle a fait le tour. Je l’envoie dans sa chambre pour lire, mais elle passe aussi du temps devant la télé. Car moi-même je travaille à distance pour mon entreprise. » Au total, plus de 300 000 élèves, sur les 12 millions scolarisés en France, de la maternelle au lycée, sont concernés en ce début de semaine par la fermeture de leurs établissements scolaires. Pour assurer une « continuité pédagogique », le ministère de l’Éducation nationale a prévu des dispositifs d’enseignement à distance, dans l’Oise, le Haut-Rhin et Ajaccio. Quelques classes ont par ailleurs été fermées lundi après des cas positifs chez des élèves ou enseignants à Paris, Woippy (Moselle), Louvres (Val-d’Oise).
Les enseignants des collèges et lycées « jouent plutôt le jeu », car ils ont « l’habitude, comme leurs élèves » d’utiliser des espaces numériques de travail et d’y glisser documents et devoirs, selon Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP (deuxième fédération des parents d’élèves de l’enseignement public).
Dans le lycée de sa fille à Chantilly (Oise), une professeur de français a même mis des vidéos de ses cours en ligne. « Certes, l’engagement des enseignants est variable, poursuit Hubert Salaün. L’un d’eux a demandé de bénéficier d’un droit de retrait. C’est choquant, mais exceptionnel. On n’était d’ailleurs pas surpris quand on a vu le nom du professeur… »
Quant aux parents et aux élèves, si tous disposent d’un téléphone relié à internet, certains n’ont pas forcément ordinateur ou tablette à domicile, ce qui peut être handicapant. C’est dans les écoles primaires que la continuité est la plus difficile à assurer, la plupart des élèves et professeurs ne disposant pas d’espace numérique de travail.
« Classe virtuelle »
Les enseignants n’ont à leur disposition que les courriels des parents. Certains ont bien envoyé des « fiches » par ce biais, assure Francette Popineau, du principal syndicat d’enseignants du primaire. De petites révisions pour l’essentiel « qui ressemblent à ce qu’on trouve dans les cahiers de vacances », raconte une enseignante de Senlis (Oise). Beaucoup renvoient aussi vers le Cned, le Centre national d’enseignement à distance, qui propose une plateforme avec des exercices pour chaque niveau de classe, censée compléter les directives des enseignants.
Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers
La qualité est assez inégale, mais « elle a été mise en place très rapidement. C’est un travail colossal », observe Stéphane Crochet du syndicat enseignant Se-Unsa. Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers. La directrice de l’école Viefvillers (Oise), fermée jusqu’au 20 mars, a demandé lundi aux parents de s’y inscrire, et donné des consignes très générales. Pour les CP « revoir les différents sons étudiés, les tables d’addition et les nombres jusqu’à 59 ». Pour les CE2 et CM1 « revoir les verbes au présent, les tables de multiplication 1 2 3 5 et faire un résumé du livre Les Doigts rouges… ».
Quant à la « classe virtuelle » proposée par le Cned, elle ne fait pas recette auprès des enseignants qui se disent « insuffisamment formés » selon Francette Popineau. « Il faut bien reconnaître que les enseignants ne sont pas du tout habitués au télétravail », note Stéphane Crochet de l’Unsa, selon qui il n’est « pas évident de donner du travail à distance à des enfants très jeunes, encore non autonomes. D’autant plus que de nombreuses familles parlent mal le français surtout en zones d’éducation prioritaire (REP et REP+) ».
Il ne faudrait pas non plus que ces cours et devoirs créent des conflits entre parents et enfants, craignent des enseignants : « suivre les devoirs trente minutes le soir, c’est plus facile que de suivre son enfant une matinée chaque jour », soutient-il. « C’est assez éprouvant, reconnaît Stéphanie, confinée avec ses enfants collégiens dans l’Oise, additionner sa journée de travail et un semblant de cours de mathématiques ou de physique, c’est vraiment la double peine. Je ne tiendrai pas des semaines. Et pourtant mes enfants sont plutôt bons élèves. »
Source : Le Figaro
L'anomie d’une société régie par le seul principe des droits individuels
Chronique d’Éric Zemmour sur une critique de l’anomie [de ἀνομία en grec : absence (a — ) de loi (nomos), de valeurs communes] d’une société régie par le seul principe des droits individuels, due à l’un des grands héritiers de la tradition libérale française, et qui reparaît en édition de poche.
Rien ne va plus dans le monde enchanté du libéralisme. Alors que les « gilets jaunes » ont sonné la révolte des victimes de la mondialisation, montrant la face sombre du libéralisme économique, on pensait au moins que sa version philosophique, solidement assise sur la Déclaration des droits de l’homme, n’était contestée que par des réactionnaires grincheux (tout réactionnaire ne peut être que grincheux aux yeux de nos éminents progressistes) ou des communistes qui n’avaient rien appris ni rien compris. Et voilà que l’un des plus éminents philosophes libéraux, un élève de Raymond Aron lui-même, un de nos plus glorieux héritiers de la tradition tocquevilienne française, Pierre Manent, dynamite les fondements mêmes de notre régime en opposant la loi naturelle aux droits de l’homme. Pourtant, depuis les années 1980, la cause semblait entendue : la Déclaration des droits de l’homme, notre titre de gloire aux yeux de l’humanité, était la version laïcisée, moderne, de la loi naturelle qui devait servir de rempart aux tentations liberticides du pouvoir, car tout pouvoir est tenté d’en abuser, selon la célèbre formule de lord Acton : « Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend fou absolument. »
Cette vulgate libérale fonde notre « État de droit » qui a peu à peu transformé l’État en dispensateur de droits individuels, toujours plus étendus, toujours plus indiscutables, toujours plus impérieux.
C’est à ce libéralisme devenu fou que le libéral Manent s’en prend. Il se retrouve curieusement dans la peau de ces intellectuels communistes qui reniaient leur idéal de jeunesse en observant les ravages causés par le socialisme réel. Il le fait dans un texte court, dense, ardu, jusqu’à devenir en certaines pages abscons. Parfois, au milieu de pages d’une lecture difficile, une phrase lumineuse éclaire et récompense le lecteur : « L’État moderne entend régler un monde humain qui se croit ou se veut sans loi ni règle », ou encore : « La loi désormais se propose de donner aux sociétaires les seuls commandements qui leur sont nécessaires pour mener une vie sans loi. »
C’est à cette contradiction fondatrice de nos sociétés contemporaines que Manent fait un sort. Il en analyse les causes et les effets. Les causes, en remontant aux grands transgresseurs originels, de Machiavel à Luther, retrouvant à sa manière, le triptyque cher à Balzac : réforme, révolution, démocratie. Manent décrit le combat séculaire mené par le libéralisme pour abattre la loi naturelle chrétienne. « Les philosophes les plus importants ou les plus influents dans l’élaboration du projet libéral (Hobbes, Spinoza, Bayle) sont pour ainsi dire tous des critiques résolus et explicites de la conception grecque du choix réfléchi comme de la conception chrétienne du libre arbitre et de la conscience. »
Il en décrit les effets par le menu. Que ce soit sur la sexualité : « Tandis que le sexe est dénaturalisé en genre, l’homosexualité est naturalisée en “orientation sexuelle”. (…) Plus l’orientation homosexuelle est naturalisée, plus elle ôte de son pouvoir ou de son autorité à la différence sexuelle. (…) [Avec le mariage homosexuel] il s’agit d’obliger les sociétaires à reconnaître par leurs paroles et leurs actions qu’il n’y a pas de loi naturelle. »
Ou sur l’appartenance à une nation : « Ce n’est plus aux cités de déterminer qui sera citoyen et à quelles conditions, puisque chacun désormais est supposé avoir le droit de devenir citoyen de la cité qu’il choisit. »
Et même sur notre rapport à la mort : « L’État moderne qui a renoncé à infliger la peine de mort pour des crimes déterminés par la loi, tend de plus en plus à accorder l’autorisation de donner la mort à des malades estimés en fin de vie. (…) Une loi prétendant régler la manière d’enfreindre le commandement le plus universel et le plus rigoureux — “tu ne tueras point” — est le contraire d’une loi. »
Manent n’est pas le premier à dénoncer ces effets pervers ni à pointer la responsabilité d’un système libéral où le seul rôle dévolu à la loi est de « protéger, garantir et promouvoir les droits constitutifs de la liberté naturelle ». Mais son originalité est de montrer l’inanité du raisonnement moderne qui oppose la loi naturelle à la loi humaine, qui, seule, a le droit de s’imposer des contraintes, tandis que la nature, elle, ne saurait légiférer : « Cette objection s’est imposée alors même et à mesure que l’on perdait toute notion un peu sérieuse de la loi humaine, de la loi politique. La loi naturelle et la loi politique ou humaine, loin d’être des notions incompatibles, sont au contraire des notions solidaires et qui pour ainsi dire s’entre-appartiennent. »
Manent tente donc de retrouver une loi naturelle qui permettrait le grand retour d’une loi politique qui ne soit pas une simple protection des droits individuels. Il tourne autour des antiques notions de « l’agréable, l’utile, l’honnête, voire du juste et du noble ». Valeurs archaïques que Manent chérit à contre-courant d’une époque qui ne veut connaître que le caprice et la transgression moutonnière. Sous sa prose philosophique, on entend l’écho de querelles plus politiques et plus brûlantes.
Ainsi, lorsque le Hongrois Orban théorise sa fameuse « démocratie illibérale », il prend soin de distinguer entre le libéralisme du XIXe siècle, qui respectait la nation, la famille et la tradition, et son homonyme du XXIe siècle, qui les nie et les désagrège. Manent n’est plus très loin de ces libéraux conservateurs, de plus en plus conservateurs et de moins en moins libéraux, lorsqu’il explique que nos sociétés ont troqué l’obéissance — rejetée au nom d’une conception maximaliste de la liberté — pour la domination : « C’est certainement une des faiblesses les plus graves du libéralisme que son incapacité à prendre la mesure de ce phénomène. (…) En nous abandonnant à l’inertie du laisser-faire, laissez-passer, nous avons perdu de vue le rôle central du commandement dans la vie pratique. »
La question qui reste est celle qui est posée par les marxistes comme Jean-Claude Michéa, qui arrivent au même point que Manent, mais par une autre route : le marché n’est-il pas le plus grand ennemi de la tradition, de la famille, de la nation, le plus grand agent révolutionnaire, le plus nihiliste et le plus impitoyable ? Bref, le libéralisme n’est-il pas le plus grand ennemi du conservatisme ?
Rien ne va plus dans le monde enchanté du libéralisme. Alors que les « gilets jaunes » ont sonné la révolte des victimes de la mondialisation, montrant la face sombre du libéralisme économique, on pensait au moins que sa version philosophique, solidement assise sur la Déclaration des droits de l’homme, n’était contestée que par des réactionnaires grincheux (tout réactionnaire ne peut être que grincheux aux yeux de nos éminents progressistes) ou des communistes qui n’avaient rien appris ni rien compris. Et voilà que l’un des plus éminents philosophes libéraux, un élève de Raymond Aron lui-même, un de nos plus glorieux héritiers de la tradition tocquevilienne française, Pierre Manent, dynamite les fondements mêmes de notre régime en opposant la loi naturelle aux droits de l’homme. Pourtant, depuis les années 1980, la cause semblait entendue : la Déclaration des droits de l’homme, notre titre de gloire aux yeux de l’humanité, était la version laïcisée, moderne, de la loi naturelle qui devait servir de rempart aux tentations liberticides du pouvoir, car tout pouvoir est tenté d’en abuser, selon la célèbre formule de lord Acton : « Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend fou absolument. »
Cette vulgate libérale fonde notre « État de droit » qui a peu à peu transformé l’État en dispensateur de droits individuels, toujours plus étendus, toujours plus indiscutables, toujours plus impérieux.
C’est à ce libéralisme devenu fou que le libéral Manent s’en prend. Il se retrouve curieusement dans la peau de ces intellectuels communistes qui reniaient leur idéal de jeunesse en observant les ravages causés par le socialisme réel. Il le fait dans un texte court, dense, ardu, jusqu’à devenir en certaines pages abscons. Parfois, au milieu de pages d’une lecture difficile, une phrase lumineuse éclaire et récompense le lecteur : « L’État moderne entend régler un monde humain qui se croit ou se veut sans loi ni règle », ou encore : « La loi désormais se propose de donner aux sociétaires les seuls commandements qui leur sont nécessaires pour mener une vie sans loi. »
C’est à cette contradiction fondatrice de nos sociétés contemporaines que Manent fait un sort. Il en analyse les causes et les effets. Les causes, en remontant aux grands transgresseurs originels, de Machiavel à Luther, retrouvant à sa manière, le triptyque cher à Balzac : réforme, révolution, démocratie. Manent décrit le combat séculaire mené par le libéralisme pour abattre la loi naturelle chrétienne. « Les philosophes les plus importants ou les plus influents dans l’élaboration du projet libéral (Hobbes, Spinoza, Bayle) sont pour ainsi dire tous des critiques résolus et explicites de la conception grecque du choix réfléchi comme de la conception chrétienne du libre arbitre et de la conscience. »
Il en décrit les effets par le menu. Que ce soit sur la sexualité : « Tandis que le sexe est dénaturalisé en genre, l’homosexualité est naturalisée en “orientation sexuelle”. (…) Plus l’orientation homosexuelle est naturalisée, plus elle ôte de son pouvoir ou de son autorité à la différence sexuelle. (…) [Avec le mariage homosexuel] il s’agit d’obliger les sociétaires à reconnaître par leurs paroles et leurs actions qu’il n’y a pas de loi naturelle. »
Ou sur l’appartenance à une nation : « Ce n’est plus aux cités de déterminer qui sera citoyen et à quelles conditions, puisque chacun désormais est supposé avoir le droit de devenir citoyen de la cité qu’il choisit. »
Et même sur notre rapport à la mort : « L’État moderne qui a renoncé à infliger la peine de mort pour des crimes déterminés par la loi, tend de plus en plus à accorder l’autorisation de donner la mort à des malades estimés en fin de vie. (…) Une loi prétendant régler la manière d’enfreindre le commandement le plus universel et le plus rigoureux — “tu ne tueras point” — est le contraire d’une loi. »
Manent n’est pas le premier à dénoncer ces effets pervers ni à pointer la responsabilité d’un système libéral où le seul rôle dévolu à la loi est de « protéger, garantir et promouvoir les droits constitutifs de la liberté naturelle ». Mais son originalité est de montrer l’inanité du raisonnement moderne qui oppose la loi naturelle à la loi humaine, qui, seule, a le droit de s’imposer des contraintes, tandis que la nature, elle, ne saurait légiférer : « Cette objection s’est imposée alors même et à mesure que l’on perdait toute notion un peu sérieuse de la loi humaine, de la loi politique. La loi naturelle et la loi politique ou humaine, loin d’être des notions incompatibles, sont au contraire des notions solidaires et qui pour ainsi dire s’entre-appartiennent. »
Manent tente donc de retrouver une loi naturelle qui permettrait le grand retour d’une loi politique qui ne soit pas une simple protection des droits individuels. Il tourne autour des antiques notions de « l’agréable, l’utile, l’honnête, voire du juste et du noble ». Valeurs archaïques que Manent chérit à contre-courant d’une époque qui ne veut connaître que le caprice et la transgression moutonnière. Sous sa prose philosophique, on entend l’écho de querelles plus politiques et plus brûlantes.
Ainsi, lorsque le Hongrois Orban théorise sa fameuse « démocratie illibérale », il prend soin de distinguer entre le libéralisme du XIXe siècle, qui respectait la nation, la famille et la tradition, et son homonyme du XXIe siècle, qui les nie et les désagrège. Manent n’est plus très loin de ces libéraux conservateurs, de plus en plus conservateurs et de moins en moins libéraux, lorsqu’il explique que nos sociétés ont troqué l’obéissance — rejetée au nom d’une conception maximaliste de la liberté — pour la domination : « C’est certainement une des faiblesses les plus graves du libéralisme que son incapacité à prendre la mesure de ce phénomène. (…) En nous abandonnant à l’inertie du laisser-faire, laissez-passer, nous avons perdu de vue le rôle central du commandement dans la vie pratique. »
La question qui reste est celle qui est posée par les marxistes comme Jean-Claude Michéa, qui arrivent au même point que Manent, mais par une autre route : le marché n’est-il pas le plus grand ennemi de la tradition, de la famille, de la nation, le plus grand agent révolutionnaire, le plus nihiliste et le plus impitoyable ? Bref, le libéralisme n’est-il pas le plus grand ennemi du conservatisme ?
La Loi naturelle et les droits de l’homme
par Pierre Manent
publié aux PUF (Presses universitaires de France)
dans la collection « Quadrige »,
à Paris,
le 4 mars 2020,
131 pp.
12 €.
La démographie, c'est le destin (le débat, vidéo)
La chronique d’Éric Zemmour dans le Figaro sur le livre de Bruno Tertrais sur le Choc démographique.
On connaît tous le docteur Pangloss. Le célèbre personnage de Voltaire dans Candide incarne à jamais un providentialisme béat qui considère que tout ce qui arrive — même les pires catastrophes — est bel et bon pour l’humanité. En matière d’immigration, depuis quarante ans, qu’ils soient démographes, politiques, universitaires, journalistes, patrons, les Pangloss sont légion. Notre dernier Pangloss en titre a pour nom Bruno Tertrais. Dans son livre Le Choc démographique, le politologue s’emploie à réfuter les thèses qu’il juge catastrophistes, en gros celle du « grand remplacement », et en particulier celle de Stephen Smith qui dans son livre, La Ruée vers l’Europe décrivait l’Afrique comme une « salle d’attente de 1,3 milliard d’habitants aux portes de l’Europe », et dont on comprend très vite qu’il est la cible principale de l’auteur.Tertrais nous inonde de chiffres pour mieux réfuter ceux du journaliste franco-américain. On restera extérieur à cette querelle ; on n’ignore pas qu’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres. On connaît la fameuse formule de Churchill : « Je ne crois qu’aux statistiques que j’ai moi-même manipulées. » Surtout, on se méfiera d’autant plus des données de Tertrais qu’il cite quasiment à toutes les pages comme références suprêmes, les deux démographes François Héran et Hervé le Bras, qui, depuis quarante ans, ont été les militants les plus acharnés du multiculturalisme et de l’ouverture des frontières, véritables Lyssenko de l’idéologie immigrationniste, rêvant pour la France un destin métissé d’île de La Réunion, et ne voyant pas qu’ils lui préparaient plutôt celui du Liban.
Tertrais, lui, le voit très bien. Car Tertrais est un Pangloss d’une espèce particulière, un Pangloss non leibnizien, mais macronien, un Pangloss qui manie le « en même temps » qu’il croit emblème de modération, mais qui s’avère une impasse intellectuelle et surtout politique. En exergue de son ouvrage, l’auteur reprend la magnifique formule tirée du film québécois de Denys Arcand, Le Déclin de l’Empire américain : « Il y a trois choses importantes en histoire : premièrement le nombre, deuxièmement le nombre ; troisièmement le nombre » ; mais dès les premières pages, il nous dit tout le mal qu’il pense de la fameuse formule (faussement attribuée, paraît-il à Auguste Comte) : « La démographie, c’est le destin. »
On se perd avec Tertrais, adepte du « en même temps ». Ainsi, a-t-on compris que Stephen Smith ne dit que des bêtises, sauf quand il explique que c’est le développement économique qui favorise l’immigration (et pas l’inverse comme on nous l’a seriné pendant des décennies).
De même, Tertrais nous explique doctement que le « grand remplacement » n’existe pas ; puis, au détour d’une analyse sur la démographie européenne, il nous dit que l’Europe est en « dépopulation », mais pas en « dépeuplement ».
Quelle meilleure démonstration du « grand remplacement » ?
Il n’y a pas de « grand remplacement », mais les blancs du Royaume-Uni sont minoritaires à Londres. Il n’y a pas de grand remplacement, mais les blancs américains seront minoritaires en 2050. Il n’y a pas de « grand remplacement », mais 20 millions d’Allemands (le quart de la population) sont issus de l’immigration, et le nombre de résidents en France issus de la première ou deuxième génération d’immigrés est de 13 à 14 millions. Il n’y aura pas dans l’avenir « d’Eurabie », (Europe arabisée selon le terme inventé par la célèbre Bat Yor), mais beaucoup de « Londonistan ».
Selon Tertrais, ceux qui annoncent des guerres civiles en France et en Europe sont des prophètes de malheur, mais il connaît et reconnaît les travaux du sociologue suédois Gunnar Heinsohn qui a calculé un « indice de belligérance » pour les pays comprenant plus de 20 % de 15-24 ans. En clair, plus il y a de jeunes mâles dans un pays, plus on a de chances d’avoir des guerres : extérieures ou civiles. L’histoire de l’Europe a donné rétrospectivement raison à notre sociologue suédois : l’exubérante démographie française du XVIIIe siècle (la grande génération de 1750-1770 dont parle François Furet) donne la Révolution française et les guerres de Napoléon ; de même le pangermanisme et l’hitlérisme sont en partie les fruits de la puissance démographique allemande du XIXe siècle en quête de lebensraum.
Tertrais le reconnaît honnêtement : « Les guerres civiles depuis les années 1970 sont intervenues dans des pays connaissant de telles situations : Irlande du Nord, Sri Lanka, Liban, Algérie, Tchétchénie, Kosovo, Rwanda, Congo. » Avant d’ajouter : « Dans les états multiethniques ou aux populations peu homogènes, l’évolution des ICF (indices conjoncturels de fécondité) respectifs des différentes communautés doit être suivie avec attention, en tant qu’indicateur prédictif de tensions. » Mais il ne pousse pas l’honnêteté jusqu’à rappeler que la Seine–Saint-Denis est de loin le département le plus fécond de la France métropolitaine.
Tertrais s’empêtre dans ses contradictions. Il cherche la mesure et la nuance, mais on a l’impression croissante qu’il veut plutôt noyer le poisson. Comme s’il était effrayé par ce qu’il découvrait, et qu’il ne voulait pas l’avouer. Il nous somme de distinguer entre islam et immigration, mais il reconnaît que la plupart des pays africains pourvoyeurs d’immigrants sont musulmans. Prenant une légitime hauteur historique, il nous dit à juste titre : « On ne peut pas comprendre la montée en puissance au cours du XIXe, puis du XXe siècle, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la Russie, ou des États-Unis et de l’URSS, sans le facteur démographique. » Il pourrait d’ailleurs ajouter le déclin de la France pour les mêmes raisons démographiques durant ce même XIXe siècle [La France a arrêté de faire des enfants avec la Révolution française, ce qui entraînera son déclin relatif face à des pays comme l’Allemagne, l’Angleterre ou la Russie nettement plus fécondes]. Mais s’il admet que la démographie bouleverse la hiérarchie des puissances, il refuse d’accepter la comparaison pourtant probante entre la démographie africaine et européenne : au XIXe siècle, l’Europe représentait entre trois fois et quatre fois la population africaine. Au XXIe siècle, la proportion s’est exactement inversée. Au XIXe siècle, l’Europe a colonisé l’Afrique. Mais au XXIe siècle, l’Afrique n’envahira et ne colonisera pas l’Europe. C’est Tertrais-Pangloss qui nous l’affirme. Mais on le croit d’autant moins que tout son livre prouve le contraire.Le choc démographique
par Bruno Tertrais
publié le 19 février 2020
à Paris
chez Odile Jacob
256 pages
ISBN-13 : 978-2738150929
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Le Japon relève l’âge de la retraite à 70 ans [un quart des 128 millions de Japonais ont plus de 65 ans.] Conséquence de la faible natalité depuis 50 ans : le Japon a perdu un demi-million d’habitants en 2019. En ce début d’année 2020, les autorités japonaises craignent une nouvelle récession. Le PIB nippon du dernier trimestre 2019 s’est contracté de 1,6 %.
jeudi 5 mars 2020
École secondaire ferme « toilettes non genrées » après agression sexuelle
Une école secondaire (lycée) du Wisconsin a fermé ses toilettes unisexes réservées aux élèves après qu’un jeune homme de 18 ans aurait agressé sexuellement une autre élève.
Austin Sauer, âgé de 18 ans, a été arrêté pour détournement de mineurs, agression sexuelle grave et exposition de parties génitales à un enfant dans les toilettes unisexes de l’école secondaire de Rhinelander, selon le bureau du shérif du comté d’Oneida.
AustrinSauer, qui n’a pas encore été inculpé, a été libéré sous caution de 1 500 $ et devrait comparaître devant le tribunal en avril, selon plusieurs médias.
Afin d’accueillir des élèves transgenres ou au « genre étendu », l’école a réaménagé à la fin de l’année dernière les toilettes pour garçons, les transformant en toilettes unisexes.
Il ne s’agit pas d’un incident isolé lié aux toilettes unisexes ou ouvertes aux hommes qui se disent femmes. Ces toilettes semblent faciliter les incidents de voyeurisme qui existaient auparavant.
Au Minnesota, un élève du secondaire biologiquement mâle qui s’identifie comme une femme a été autorisé à accéder aux vestiaires des filles, où l’élève a dansé « d’une manière sexuellement explicite » comme s’il était sur une barre de « strip-teaseuse », s’est débarrassé de ses sous-vêtements tout en dansant, a posé des questions sur la taille du soutien-gorge d’une fille, et lui a demandé d’« échanger des parties du corps ».
À Toronto, un homme s’est fait passer pour une femme transgenre (« Jessica ») afin d’agresser sexuellement et de harceler criminellement quatre femmes — dont une sourde et une survivante de violence familiale — dans deux refuges pour femmes. Auparavant, il avait attaqué d’autres femmes et filles dont l’âge variait de 5 à 53 ans.
En Virginie, un homme s’est présenté comme une femme avec une longue perruque et une chemise rose pour entrer dans les toilettes des femmes dans un centre commercial afin de prendre des photos d’une fillette de cinq ans, de sa mère et d’une autre femme.
À Toronto, deux cas distincts de voyeurisme ont eu lieu sur le campus de l’Université de Toronto après que celle-ci a mis en œuvre une politique de toilettes unisexes. Dans les deux cas, des étudiants masculins ont été trouvés en train d’utiliser des caméras de téléphone portable pour filmer des femmes se douchant. Ces incidents ont incité l’Université de Toronto à réviser sa nouvelle politique.
À Milwaukie, dans l’Oregon, un homme a été arrêté pour s’être habillé en femme pour entrer dans les vestiaires des femmes dans un parc aquatique. Il avait déjà été reconnu coupable d’abus sexuels, d’achat de pornographie juvénile et de contacts illégaux avec un enfant.
À Olympie, dans l’État de Washington, un homme portant une perruque et un soutien-gorge a été arrêté pour être entré dans les toilettes des femmes de l’Everett Community College. Il a admis à la police qu’« il était le suspect d’un incident de voyeurisme antérieur ».
En juillet 2016, un homme biologique qui se dit femme et portait une perruque et une robe a été accusé d’avoir secrètement filmé une jeune fille de 18 ans en tenue de bain dans une cabine d’essayage d’un magasin Target en Idaho.
Plus de 120 exemples supplémentaires peuvent être trouvés dans un rapport en ligne publié par The Heritage Foundation.
Source : WSAW
Austin Sauer, âgé de 18 ans, a été arrêté pour détournement de mineurs, agression sexuelle grave et exposition de parties génitales à un enfant dans les toilettes unisexes de l’école secondaire de Rhinelander, selon le bureau du shérif du comté d’Oneida.
AustrinSauer, qui n’a pas encore été inculpé, a été libéré sous caution de 1 500 $ et devrait comparaître devant le tribunal en avril, selon plusieurs médias.
Afin d’accueillir des élèves transgenres ou au « genre étendu », l’école a réaménagé à la fin de l’année dernière les toilettes pour garçons, les transformant en toilettes unisexes.
Il ne s’agit pas d’un incident isolé lié aux toilettes unisexes ou ouvertes aux hommes qui se disent femmes. Ces toilettes semblent faciliter les incidents de voyeurisme qui existaient auparavant.Au Minnesota, un élève du secondaire biologiquement mâle qui s’identifie comme une femme a été autorisé à accéder aux vestiaires des filles, où l’élève a dansé « d’une manière sexuellement explicite » comme s’il était sur une barre de « strip-teaseuse », s’est débarrassé de ses sous-vêtements tout en dansant, a posé des questions sur la taille du soutien-gorge d’une fille, et lui a demandé d’« échanger des parties du corps ».
À Toronto, un homme s’est fait passer pour une femme transgenre (« Jessica ») afin d’agresser sexuellement et de harceler criminellement quatre femmes — dont une sourde et une survivante de violence familiale — dans deux refuges pour femmes. Auparavant, il avait attaqué d’autres femmes et filles dont l’âge variait de 5 à 53 ans.
En Virginie, un homme s’est présenté comme une femme avec une longue perruque et une chemise rose pour entrer dans les toilettes des femmes dans un centre commercial afin de prendre des photos d’une fillette de cinq ans, de sa mère et d’une autre femme.
À Toronto, deux cas distincts de voyeurisme ont eu lieu sur le campus de l’Université de Toronto après que celle-ci a mis en œuvre une politique de toilettes unisexes. Dans les deux cas, des étudiants masculins ont été trouvés en train d’utiliser des caméras de téléphone portable pour filmer des femmes se douchant. Ces incidents ont incité l’Université de Toronto à réviser sa nouvelle politique.
À Milwaukie, dans l’Oregon, un homme a été arrêté pour s’être habillé en femme pour entrer dans les vestiaires des femmes dans un parc aquatique. Il avait déjà été reconnu coupable d’abus sexuels, d’achat de pornographie juvénile et de contacts illégaux avec un enfant.
À Olympie, dans l’État de Washington, un homme portant une perruque et un soutien-gorge a été arrêté pour être entré dans les toilettes des femmes de l’Everett Community College. Il a admis à la police qu’« il était le suspect d’un incident de voyeurisme antérieur ».
En juillet 2016, un homme biologique qui se dit femme et portait une perruque et une robe a été accusé d’avoir secrètement filmé une jeune fille de 18 ans en tenue de bain dans une cabine d’essayage d’un magasin Target en Idaho.
Plus de 120 exemples supplémentaires peuvent être trouvés dans un rapport en ligne publié par The Heritage Foundation.
Source : WSAW
mercredi 4 mars 2020
« Ce n'est pas beau, c'est symétrique »
Dans un débat enlevé sur l’art (voir la vidéo ci-dessous), le philosophe et critique d’art Yves Michaud déclare que « Versailles n’est pas beau, mais symétrique »...
Si l’art ne se résume pas à la beauté (l’émotion et l’inventivité en font aussi partie), il nous semble que M. Michaud évacue un peu vite la beauté de l’art. Plus grave, selon nous, ce philosophe oppose symétrie et beauté alors qu’il semble que ces deux notions soient fortement liées, peut-être même programmées, câblées au plus profond de nous.
Grâce à de nombreuses expériences astucieuses, les chercheurs ont confirmé plus un visage est symétrique plus il nous est attrayant. C’est une constante à travers toutes les cultures et les époques historiques.
Comme tous les vertébrés, l’homme se développe selon une symétrie bilatérale. Pour la plupart, notre côté droit se développe comme une image miroir de notre côté gauche. Depuis le stade embryonnaire et pendant toute notre croissance et maturité, les mêmes gènes de développement doivent être activés dans les mêmes cellules au même moment et avec la même dose. Dans la situation idéale, tout cela se déroule à l’identique des côtés gauche et droit de nos visages; ce qui aboutit à une parfaite symétrie entre les deux moitiés.
Bien sûr, dans le monde réel, la moindre fluctuation de l’expression des gènes et de l’activité cellulaire conduit à de petites différences entre les deux moitiés de notre visage. Regardez attentivement votre visage dans le miroir (ou le visage d’un ami...). En général, un œil est légèrement plus grand que l’autre. L’œil plus grand est également généralement un peu plus haut que l’autre. Les narines présentent généralement également une asymétrie dans leur taille et leur forme. La hauteur et la taille des oreilles peuvent également être étonnamment asymétriques. Toutes ces microasymétries se traduisent par une note de symétrie générale pour chaque visage humain. Et ces notes de symétrie influencent fortement la façon dont nous évaluons l’attrait d’un visage. En utilisant l’informatique, les chercheurs peuvent transformer un visage que la plupart des gens jugent très attrayant en une image très mal notée, simplement en en modifiant la symétrie. Voir les deux visages ci-dessous.
Mais pourquoi trouvons-nous les visages symétriques plus attrayants ? L’explication scientifique dominante veut que la symétrie indique un développement harmonieux et l’absence de mutations, de faiblesses ou de maladies délétères chez le sujet observé. En effet, si la grande chorégraphie de l’expression des gènes de développement est parfaitement exécutée, le résultat est une symétrie parfaite. En conséquence, la moindre imperfection, la moindre asymétrie indique une sorte de dysfonctionnement, même minime. Si, d’un côté du visage, un gène s’exprime trop ou trop peu, au mauvais endroit, ou un peu tôt ou tard, le tissu prendra une forme légèrement différente de celle de l’autre côté du visage. La plupart de ces petites fluctuations entraînent ce qu’on appelle des microasymétries que nous ne pouvons pas détecter à l’œil nu, mais dont nous pouvons parfois saisir l’effet dans son ensemble.
De plus grandes asymétries peuvent indiquer des problèmes qui se sont produits (ou sont en cours) dans la croissance et le développement de la personne en question. Certains facteurs connus pour affecter la symétrie faciale sont les infections, les inflammations, les réactions allergiques, les blessures, les mutations, le stress chronique, la malnutrition, les dégâts subis par l’ADN, les parasites et les maladies génétiques ou métaboliques. Chacun de ces facteurs peut représenter un désavantage pour la personne et sa progéniture.
L'idée admise en science veut donc que l'homme a appris à valoriser les visages symétriques, car la symétrie serait gage d'une bonne santé du propriétaire. Nous aurions donc une répugnance instinctive pour la laideur, pour les difformités qui trahiraient des défauts de développement, un patrimoine génétique affaibli ou une santé moindre. Valorisation de la symétrie qui s'étend à l'ensemble du corps (qui est bilatéral) chez l'homme et même au-delà en architecture où la symétrique est également gage d'équilibre et de solidité.
Source : Facial attractiveness, Philosophical Transactions of the Royal Society
Notons que par ailleurs, Yves Michaud, vient de faire publier un court essai (Ceci n’est pas une fleur) intéressant sur la commercialisation de l’art et la touristification de Paris. En voici une recension de Charles Jaigu.
Si l’art ne se résume pas à la beauté (l’émotion et l’inventivité en font aussi partie), il nous semble que M. Michaud évacue un peu vite la beauté de l’art. Plus grave, selon nous, ce philosophe oppose symétrie et beauté alors qu’il semble que ces deux notions soient fortement liées, peut-être même programmées, câblées au plus profond de nous.
Grâce à de nombreuses expériences astucieuses, les chercheurs ont confirmé plus un visage est symétrique plus il nous est attrayant. C’est une constante à travers toutes les cultures et les époques historiques.
Comme tous les vertébrés, l’homme se développe selon une symétrie bilatérale. Pour la plupart, notre côté droit se développe comme une image miroir de notre côté gauche. Depuis le stade embryonnaire et pendant toute notre croissance et maturité, les mêmes gènes de développement doivent être activés dans les mêmes cellules au même moment et avec la même dose. Dans la situation idéale, tout cela se déroule à l’identique des côtés gauche et droit de nos visages; ce qui aboutit à une parfaite symétrie entre les deux moitiés.
Bien sûr, dans le monde réel, la moindre fluctuation de l’expression des gènes et de l’activité cellulaire conduit à de petites différences entre les deux moitiés de notre visage. Regardez attentivement votre visage dans le miroir (ou le visage d’un ami...). En général, un œil est légèrement plus grand que l’autre. L’œil plus grand est également généralement un peu plus haut que l’autre. Les narines présentent généralement également une asymétrie dans leur taille et leur forme. La hauteur et la taille des oreilles peuvent également être étonnamment asymétriques. Toutes ces microasymétries se traduisent par une note de symétrie générale pour chaque visage humain. Et ces notes de symétrie influencent fortement la façon dont nous évaluons l’attrait d’un visage. En utilisant l’informatique, les chercheurs peuvent transformer un visage que la plupart des gens jugent très attrayant en une image très mal notée, simplement en en modifiant la symétrie. Voir les deux visages ci-dessous.
Mais pourquoi trouvons-nous les visages symétriques plus attrayants ? L’explication scientifique dominante veut que la symétrie indique un développement harmonieux et l’absence de mutations, de faiblesses ou de maladies délétères chez le sujet observé. En effet, si la grande chorégraphie de l’expression des gènes de développement est parfaitement exécutée, le résultat est une symétrie parfaite. En conséquence, la moindre imperfection, la moindre asymétrie indique une sorte de dysfonctionnement, même minime. Si, d’un côté du visage, un gène s’exprime trop ou trop peu, au mauvais endroit, ou un peu tôt ou tard, le tissu prendra une forme légèrement différente de celle de l’autre côté du visage. La plupart de ces petites fluctuations entraînent ce qu’on appelle des microasymétries que nous ne pouvons pas détecter à l’œil nu, mais dont nous pouvons parfois saisir l’effet dans son ensemble.
De plus grandes asymétries peuvent indiquer des problèmes qui se sont produits (ou sont en cours) dans la croissance et le développement de la personne en question. Certains facteurs connus pour affecter la symétrie faciale sont les infections, les inflammations, les réactions allergiques, les blessures, les mutations, le stress chronique, la malnutrition, les dégâts subis par l’ADN, les parasites et les maladies génétiques ou métaboliques. Chacun de ces facteurs peut représenter un désavantage pour la personne et sa progéniture.
L'idée admise en science veut donc que l'homme a appris à valoriser les visages symétriques, car la symétrie serait gage d'une bonne santé du propriétaire. Nous aurions donc une répugnance instinctive pour la laideur, pour les difformités qui trahiraient des défauts de développement, un patrimoine génétique affaibli ou une santé moindre. Valorisation de la symétrie qui s'étend à l'ensemble du corps (qui est bilatéral) chez l'homme et même au-delà en architecture où la symétrique est également gage d'équilibre et de solidité.
Source : Facial attractiveness, Philosophical Transactions of the Royal Society
Notons que par ailleurs, Yves Michaud, vient de faire publier un court essai (Ceci n’est pas une fleur) intéressant sur la commercialisation de l’art et la touristification de Paris. En voici une recension de Charles Jaigu.
Les ventes de test ADN s'effondrent aux États-Unis
Les deux principales entreprises commercialisant des tests génétiques à visée généalogique aux USA, sont confrontées à un effondrement de leur activité : – 54 % pour l’entreprise 23andMe et — 38 % pour les kits Ancestry. Les consommateurs se détournent de ces produits, car ils s’inquiètent de l’utilisation de leurs données personnelles.Deux utilisations de la généalogie génétique par des tiers les ont conduits à réfléchir. Tout d’abord, le partage des informations collectées avec l’industrie pharmaceutique. Lorsque l’entreprise 23andMe a signé des accords importants avec des fabricants de médicaments, « les consommateurs ont commencé à réaliser qu’une fois encore, à l’instar des plateformes de partage social, ils étaient le produit »
Ensuite, l’utilisation de ces données pour résoudre des affaires criminelles a accéléré la chute des ventes. En 2018, des détectives californiens ont annoncé qu’ils avaient utilisé GEDmatch, une base de données généalogiques publique, pour résoudre l’affaire non élucidée d’un violeur et tueur sadique. Et l’hiver dernier, une société de tests Family Tree DNA, a révélé qu’elle avait coopéré avec le FBI à l’insu de ses utilisateurs. Or les Américains sont très sceptiques quant à l’utilisation par la police de leurs données personnelles, surtout qu’aucune règlementation ne prévoit quel type de crime ou d’infraction peut justifier une telle violation de la vie privée.
Pour compenser la baisse des ventes de leurs tests d’ascendance génétique, les entreprises recentrent désormais leurs efforts sur la vente de tests génétiques sur la santé. On peut désormais s’attendre « à moins de marketing sur le passé et plus sur l’avenir, moins sur les frissons des histoires ancestrales et plus sur les risques sanitaires dont nous avons hérité et que nous menaçons de transmettre, le tout formulé dans le même langage optimiste de la connaissance de soi — à partager largement ».
On ne voit cependant pas en quoi cela empêchera les deux utilisations mentionnées plus haut : le partage des informations collectées avec l’industrie pharmaceutique et l’utilisation de ces données pour résoudre des affaires criminelles.
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