mardi 20 juillet 2010

« Sans transparence, on ne peut faire confiance à la science du climat »

Article tiré de l'hebdomadaire scientifique britannique The New Scientist :
Le Climategate est-il enfin terminé ? Ce devrait être le cas avec le troisième rapport britannique sur les fameux courriels divulgués de l'Unité de recherche climatique (CRU) de l'Université d'East Anglia (Anglie orientale). Chose incroyable, aucun ne s'est préoccupé de la qualité scientifique en tant que telle.

L'enquête du premier ministre — parue précipitamment peu avant les élections générales britanniques du 6 mai — a éludé la question scientifique parce que l'université avait déclaré qu'elle mettait sur pied une « commission d'évaluation scientifique indépendante » présidée par le géologue Ron Oxburgh.

En publiant son épître de cinq pages, Ron Oxburgh déclara : « l'aspect scientifique n'est pas l'objet de notre étude ». Enfin, la semaine dernière vit la publication de l'ancien fonctionnaire Muir Russel, long de 150 pages. Comme les autres, il fustige le CRU pour sa pratique du secret, mais a conclu à son intégrité tout en affirmant que son enquête « ne porte pas sur... le contenu ou la qualité du travail scientifique [du CRU] ». (Voir « Les scientifiques répondent au rapport Muir Russell »).

Bien qu'il existe toujours de bonnes raisons pour réduire l'émission des gaz à effet de serre, cette omission a son importance. Comment pouvons-nous savoir si les chercheurs du CRU ont exercé correctement leur jugement ? Sans plonger dans la science, comment Russell pourrait-il établir que les gens du CRU n'ont pas abusé de leur pouvoir et influence pour rejeter les publications qui allaient à l'encontre de leur propre recherche ou pour éliminer les résultats des climatosceptique des rapports du GIEC ?

[La troisième enquête :] Le rapport Russell a été beaucoup plus sévère sur le secret entourant les données [du CRU], concluant à « un manque de transparence chronique ». Des données clés pour le public - comme celles assemblées par le CRU sur les 160 années de mesures thermométriques terrestres - ne peuvent pas être considérées comme des biens privés. Malgré cela, il aurait dû se joindre à Oxburgh pour exiger une meilleure documentation des décisions d'ordre subjectif utilisées pour transformer les données brutes en graphiques de températures moyennes mondiales. La manipulation des données est l'essence même de la science, mais celle-ci doit être aussi ouverte et transparente que les données elles-mêmes.

Les données sur les 160 années de mesures de température planétaire ne peuvent pas être considérées comme des biens privés.

L'équipe de Russell a omis de se poser certaines questions. C'est ainsi qu'elle a décidé de ne pas analyser par le menu les courriels qui avaient fui dans le domaine public. Elle ne se s'est penchée que sur trois cas d'abus possibles du processus de relecture par les pairs, et seulement deux cas où les chercheurs du CRU auraient abusé de leur rôle en tant qu'auteurs des rapports du GIEC. Il y en avait bien d'autres. Les membres de la commission Russel n'ont pas étudié les centaines de milliers de courriels non publiées du CRU. De toute évidence, la transparence exigerait pourtant leur publication.

Si l'on ajoute à cela l'incapacité à vérifier si des courriels avaient été supprimés pour empêcher leur divulgation en vertu des lois sur l'information, rend peu crédible la conclusion de Russell que « la rigueur et l'honnêteté des scientifiques concernés ne sont pas de doute ».

Certains diront qu'il est temps d'oublier le Climategate. Mais il est difficile de justifier la conclusion d'Edouard Acton, vice-chancelier de l'Université d'East Anglia, que le CRU a été « totalement disculpé ». La divulgation des données, même à vos critiques, est une obligation légale.

Mais qu'est donc devenue l'honnêteté intellectuelle — en particulier celle qui consiste à reconnaître les lacunes de ces enquêtes et à discuter franchement de la façon dont la science a été pratiquée ? Sans franchise, la confiance du public dans la science du climat ne peut être rétablie et elle ne devrait d'ailleurs pas l'être.

Le New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il est publié à Londres chaque semaine à 170 000 exemplaires.

Voir également le scepticisme de la BBC et du Guardian face à ces enquêtes. Il est amusant et révélateur de comparer ces articles avec celui, enthousiaste, de Radio-Canada traitant du même sujet.




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Le gouvernement du Québec fait appel du jugement Loyola

On se rappellera que M. Charest avait promis que le gouvernement ferait probablement appel pour imposer sa vision du programme ECR au collège privé Loyola : « Il nous semble assez évident que le gouvernement ira en appel du jugement dans l'affaire Loyola compte tenu de l'enjeu ». Sans qu'on en sache plus sur cet enjeu — le monopole non seulement des programmes mais des méthodes pédagogiques dans les écoles privées ? — et sans qu'un journaliste le presse de questions à ce sujet.

Eh bien, c'est confirmé. Le gouvernement québécois a bien fait appel dans l'affaire Loyola High School c. Michelle Courchesne. Vos impôts à l'œuvre.

Le PLQ et QS doivent pousser un soupir de soulagement.





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samedi 17 juillet 2010

Dictionnaire écrit par des enfants publié à des milliers d'exemplaires

L'Académie de Créteil [l'équivalent d'une grande commission scolaire en France] a fait rédiger par les élèves de 700 classes de CE2 (8-9 ans), CM1 (9-10 ans) et CM2 (10-11 ans) un dictionnaire de 7 000 mots, histoire de dépoussiérer un peu la langue française. Et sans intervention des instituteurs. Le résultat est à la hauteur des espérances : un nouveau désastre à mettre au crédit du pédagogisme.

[...]

L’affaire du « Dictionnaire des élèves » de l’Académie de Créteil constitue l’un de ces modèles de transparence révélant à quel point l’idéologie pédagogiste reste puissante à tous les niveaux de l’appareil éducatif, se montrant toujours aussi déterminée sur ses objectifs qu’aveugle sur ses résultats. Tous ses poncifs – l’élève au centre du système, l’enseignement par le jeu, la soumission des contenus au monde extérieur, le jeunisme - étaient en effet réunis dans cette opération consistant à doter les élèves d’un dictionnaire écrit par eux-mêmes pour leur donner un outil plus moderne que tous ces vieux dictionnaires d’adultes qu’ils ne comprennent pas.

[...]

« Nous avons décidé d’explorer cet outil parce que nous avions besoin d’un projet-phare pour dynamiser les pratiques en classe », a expliqué de son côté le rectorat. Le raisonnement est imparable : de plus en plus d’élèves ont des difficultés en Français ? Au diable l’instruction, vive l’autogestion : le meilleur moyen de leur permettre d’être au niveau est de ne pas les intimider par le vocabulaire qu’ils ne connaissent pas et de les laisser définir eux-mêmes leur langage.

Mais en faisant fonctionner l’institution éducative à l’envers – non pas défaire les préjugés et l’ignorance par l’accès à la connaissance commune mais donner à ces préjugés valeur de savoirs légitimes – l’on aboutit inévitablement à des petits problèmes, d’autant plus que ce dictionnaire si moderne fut évidemment mis en ligne sans interférence pour conserver la pureté de l’expérience. Comme l’expliquait au Figaro le rectorat de Créteil : « Nous avons pris les mots les plus courants de la langue française. Il ne faut pas lire les définitions avec nos yeux d’adultes, ce sont les enfants qui les ont élaborées. Le rectorat n’est quasiment pas intervenu sur le sens, pour conserver cet aspect ».

Cela se voit. L’on a ainsi pu lire que le « pape » est « le représentant de Dieu sur terre ». Les exemples pour « fille » et « femme » sont conformistes ou étranges : « cette femme est belle », « cette fille me donne froid au dos », « j’ai trouvé une jeune fille dans la forêt ». Pour « chrétien », l’exemple retenu est : « les chrétiens partent en croisade pour défendre le tombeau du Christ en Terre sainte ». Pour « juif » : « un juif va s’installer dans notre immeuble ». Et « Arabe » figure avec la connotation essentialiste propre aux intégristes et aux racistes (« je suis arabe et je fais l’aïd »). Mais l’on ne trouve pas trace, dans ce dictionnaire de l’enseignement public, du mot « laïcité ». Sans parler d’« athée » ou « homosexuel ». [L'article est tiré du journal de gauche Marianne, cela explique sans doute ces regrets...]

[...]

Après avoir été légèrement expurgé des détails les plus gênants, une version papier de ce dictionnaire nombriliste va être tirée à plusieurs milliers d’exemplaires pour que chaque classe de l’Académie de Créteil puisse disposer dès la rentrée de cet outil indispensable à la poursuite du désastre scolaire.

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vendredi 16 juillet 2010

France — François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon virés des manuels d'histoire

La lecture des 116 pages des nouvelles instructions officielles pour les programmes scolaires est surréaliste pour ne pas dire affligeante !

François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon vont être réduit à leur plus simple expression dans les programmes de l’année prochaine au profit des empires africains Songhaï et du Monomotapa !

Cette décision officielle a été prise cette année au nom de « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde » et n’a pour l’instant était que très peu ébruitée. Cette nouvelle ahurissante bouleverse les grands repères et les bases de l’enseignement des jeunes Français et laisse les historiens sans voix…

L’étude de la Révolution et l’Empire sont sacrifiés pour mieux pouvoir étudier les grands courants d’échanges commerciaux au XVIIIe et XIXe comprenant les traites négrières et l’esclavage.

Le nouveau programme de 4e revient donc une nouvelle fois sur les traites négrières auxquelles il propose de consacrer 3 heures alors que toute l’histoire de la Révolution et l’Empire est expédiée en moins de 8 heures… contre 12 heures auparavant.

Pire encore, le programme donne la possibilité de traiter la période de la Révolution uniquement jusqu’en 1799. Libre alors au professeur de s’abstenir totalement d’évoquer le Consulat et l’Empire de 1799 à 1815, éludant ainsi de nombreux évènements fondamentaux de notre histoire !

Enfin, le summum d’absurdité ; dans le seul chapitre consacré à la Révolution et l’Empire : « La fondation d’une France moderne », l’étude doit être mené à travers un sujet donné. Il y a 5 propositions dont 3 excluent totalement la période impériale :
  1. Invention de la vie politique ;
  2. Le peuple dans la Révolution ;
  3. La Révolution et les femmes ;
  4. La Révolution, l’Empire et les religions ;
  5. Les grandes figures de la Révolution et de l’Empire.

Ainsi, le grand fil de notre mémoire nationale, de Valmy à Waterloo en passant par Austerlitz, est totalement passé sous silence et ne sera jamais porté à la connaissances des élèves !!!

Autre exemple édifiant, Louis XIV qui constituait un temps fort du 1er trimestre de 4e est remplacée par un thème appelé l’ « Émergence du roi absolu ». Le Roi Soleil est désormais renvoyé en 5e à la fin du mois de juin, au terme d’un énorme programme sur lequel on se sera longuement attardé sur les civilisations africaines du Monomotapa et Songhaï et sur la traite orientale. Le risque pour Louis XIV d’être totalement passé sous silence est donc évident !

On voudrait faire disparaître Louis XIV et Napoléon dans les oubliettes de l’Histoire que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Petit immigré corse

Et pourtant Napoléon est et a longtemps été à travers le monde l’expression même du goût de l’effort, de l’énergie, de la volonté, de la créativité et du sens de l’organisation. Qu’un petit immigré qui ne parle pas un seul mot de français jusqu’à l’âge de 10 ans, puisse arriver aussi jeune et aussi rapidement au sommet, par la seule force de son caractère, de sa volonté et de son talent, est un formidable exemple d’intégration. Assurément il y a chez lui du « petit immigré déraciné et intégré » qui épouse totalement le sentiment national.

Une véritable déconstruction nationale

La déconstruction de notre histoire est rampante et les tenants de ces théories révisionnistes creusent lentement leurs sillons. Sans que personne ne réagisse. De plus en plus tournée vers la seule lecture culpabilisante du passé et cet éternel esprit de repentance, la France multiplie les lois mémorielles (loi Taubira 2001). Nos hommes politiques sont-ils à ce point désemparés devant les enjeux du présent et les perspectives d’avenir pour se déchirer ainsi sur le passé ? Ont-ils une si noire vision de la France, de son héritage et de ses valeurs qu’ils s’acharnent à salir le pays pour plaire à leurs clientèles communautaires ?

Un peuple qui oublie son Histoire est un peuple perdu.

« Ceux qui ne frissonnent pas  à l’évocation du baptême de Clovis et de la fête de la fédération de 1790 ne comprendront jamais l’histoire de la France » a dit Marc Bloch. Il faut donc tout faire pour redynamiser l’apprentissage d’une Histoire avant tout faite par les hommes eux même. Il faut aussi savoir utiliser les immenses possibilités que nous offre le multimédia et les nouvelles technologies et cessé d’avoir une lecture culpabilisante du passé. Enfin il faut cesser ce que j’appelle la culture du dénigrement, spécialité des médias français, et bien comprendre que l’Histoire de notre pays est une des plus grandes histoires du monde et que tous les pays nous l’envient.

[Rappelons que Jack Lang, ministre socialiste, avait déjà fait éliminer toute référence à Champlain, la Nouvelle-France et le premier Empire colonial français du programme scolaire français.]

« Si tu veux marcher vers le futur retourne toujours à tes racines»
Machiavel

Dimitri Casali est historien, spécialiste du Ier Empire, auteur d’une trentaine d’ouvrages.

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mardi 13 juillet 2010

Cours ECR serait à l'origine de la faillite de la maison Fides

Le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) serait à l'origine des déboires de la maison d'édition Fides, qui a annoncé mardi s'être placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

C'est du moins ce qu'a affirmé le directeur de l'entreprise, Michel Maillé à la Presse Canadienne : « On a pensé, à l'époque, que c'était une bonne idée de produire du matériel pour ce cours. [...] Pour toutes sortes de raisons, cela s'est avéré très décevant, l'investissement a été très lourd et les retombées ont été minimes », a-t-il expliqué.

Ainsi, la maison d'édition a investi 1,5 million $ dans la production de manuels et de guides pour le cours enseigné dans les écoles primaires et secondaires de la province. Fides a également publié deux livres qui faisaient l'éloge du cours imposé d'ECR : Éthique, culture religieuse, dialogue. Arguments pour un programme de Georges Leroux et École, religions et formation du citoyen : transformations au Québec (1996-2009) de Stéphanie Tremblay. Georges Leroux a également participé à l'élaboration des manuels ECR de Fides. Enfin, rappelons que Guy Durand avait proposé son livre critique du programme ECR à Fides, son éditeur de longue date, mais que cette maison avait refusé de le publier. L'ouvrage a été publié par les éditions Guérin qui, aux dernières nouvelles, se portent bien financièrement.

Cependant, la concurrence d'autres maisons d'édition et les critiques formulées envers le cours par le milieu de l'enseignement et les parents d'élèves ont nui aux ventes dans les écoles, ce qui a empêché Fides de récupérer sa mise.

« Je pense qu'il y a beaucoup d'écoles qui hésitent à faire des achats sans trop savoir ce qu'il va advenir du programme [d'éthique et de culture religieuse] », a ajouté M. Maillé.

Les dernières statistiques de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec dans le secteur du livre indiquent que la part de marché des éditeurs québécois n’a pas fléchi, ce qui constitue une bonne nouvelle ; la littérature générale n’a pas perdu de terrain, au contraire. Ce sont les éditeurs scolaires, un secteur traditionnellement solide, qui s’affaiblissent. L’édition scolaire est un secteur dangereux : les maisons conçoivent et impriment des manuels, soumis en période d’essai à la bienveillance des enseignants qui en éprouvent la qualité en classe. Les changements de programme sont également des aléas constants, la remise en cause du programme ECR par le PQ et l'ADQ agit enfin comme une épée de Damoclès qui décourage l'achat de manuels.

Fides devra présenter d'ici le 30 août un plan de restructuration à ses créanciers, pour indiquer comment elle compte redresser ses finances. Un délai peut être accordé, advenant que le plan de redressement de l'entreprise ne soit pas tout à fait au point.

L'éditeur avait annoncé à la fin du mois de juin le licenciement de 13 employés. Ceux-ci quitteront leurs fonctions le 30 août prochain, après le préavis de huit semaines exigé par la loi, a indiqué M. Maillé, précisant qu'ils travaillent dans tous les secteurs d'activités de l'entreprise.

Le non-renouvellement par l'Université de Montréal d'une entente conclue avec Fides pour la gestion de ses éditions a également contribué aux déboires financiers de la maison d'édition montréalaise.

M. Maillé a, par ailleurs, bon espoir de s'entendre avec d'autres entreprises du secteur de l'édition pour assurer l'avenir de l'entreprise. Il a notamment indiqué être en pourparlers avec quatre éditeurs, mais n'a pas voulu préciser lesquels. Il y a quelques jours Le Devoir mentionnait parmi les acheteurs potentiels Bayard Canada, propriété d'une autre congrégation religieuse, de même que les éditions de Mortagne.

Fides, qui emploie présentement 21 personnes, est l'une des plus importantes maisons d'édition au Québec. L'éditeur Fides, autrefois propriétaire d'immeubles, de presses rotatives et d'un réseau de distribution possède encore un catalogue qui compte plus de 2 000 titres, certains considérés comme des classiques de la littérature québécoise. C'est un des catalogues les plus riches au pays. Fides a été fondée en 1937 par le père Paul-Aimé Martin.




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jeudi 8 juillet 2010

Ralentissement estival

Une grande partie de l'équipe de Pour une école libre étant absente, la mise à jour du carnet est fortement ralentie.



À la rentrée, deux dossiers juridiques nous attendent :
  1. la demande d'appel du gouvernement du Québec contre la décision du juge Dugré ;
  2. la réponse de la Cour suprême à la demande des parents de Drummondville d'être entendus.

Les commentaires ne seront pas approuvés en notre absence, il faudra attendre notre retour...





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Loyola — L'approche confessionnelle et l'équivalence

Pour Patrice Perreault de Granby qui se dit bibliste, le jugement Dugré est problématique. Il s'en offusquait récemment dans les colonnes du Devoir.
Un récent jugement concernant une demande de dérogation pour le cours Éthique et culture religieuse a reçu un verdict favorable. Selon le jugement Dugré, le cours d'enseignement religieux proposé par le collège Loyola, bien que s'inscrivant dans une perspective confessionnelle, équivaut au cours ECR, lequel prône une approche culturelle. Il s'avère difficile de saisir en quoi une orientation confessionnelle peut s'avérer équivalente à une approche culturelle, même si un programme confessionnel peut prétendre poursuivre les mêmes objectifs que le programme ECR.

[...]

Un autre enjeu est également soulevé: les enfants ont-ils la possibilité de découvrir autre chose — condition essentielle à la formation de l'esprit critique — que ce que leurs parents souhaitent leur transmettre ? Dans cette perspective, le jugement Dugré ne risque-t-il pas d'occasionner une dérive potentiellement dangereuse pour l'ensemble de la société ?
La réponse du chercheur en éducation, Roger Girard, est intéressante :
Monsieur Perreault ne se rend pas compte que le juge devait s’en tenir à ce qui est écrit dans le programme ÉCR et que «l’approche culturelle» n’en constitue pas un élément déterminant. En fait, l’expression ne figure même pas dans le programme. Les promoteurs et les partisans du programme parlent de cette «approche culturelle» comme de son caractère spécifique mais on n’en trouve aucune référence explicite dans le document officiel. Le juge ne pouvait prendre en compte des interprétations et des intentions, si valables soient-elles, qui ne se retrouvent pas dans le texte en question.

Lors les sessions de formation et des exposés publics, les responsables ont souvent mentionné que cette « approche culturelle » caractérisait le nouveau programme, mais ils ne l’ont guère définie autrement qu’en l’opposant « l’approche confessionnelle » ou en donnant certains exemples pas toujours évidents. Il n’est donc pas facile de percevoir clairement ce qu’il faut entendre par l’expression, même si elle évoque beaucoup de choses chez ceux et celles qui supportent le programme… Faute de bien situer les éléments devant guider les interventions pédagogiques, comme doit le faire tout programme d’étude, l’ÉCR fait appel à une adhésion bien subjective du personnel scolaire. Tout porte à croire que sous le couvert de nobles objectifs très généraux, les motifs profonds relèvent de l’organisation scolaire et d’une philosophie politique et non de la qualité de l’éducation des jeunes.

D’ailleurs, si l’on considère l’exemple donné par M. Perreault, les énoncés des derniers programmes d’EMRC [Enseignement moral et de religion catholique] du primaire tenaient d’une approche culturelle plutôt que confessionnelle.

Fier défendeur de la « méthode scientifique », M. Perreault devrait éviter de faire des extrapolations simplistes sur les conflits de celle-ci avec les croyances religieuses. Le mécanisme de reconnaissance des cours « équivalents » pour accorder l’exemption telle que demandée par Loyola ne permettrait pas d’accepter ce qui fait l’objet de ses craintes. Il suppose que les convictions religieuses et philosophiques viennent nécessairement contrecarrer une démarche scientifique ou une formation à cette démarche. S’il ne trouve pas au Québec de quoi le rassurer à cet égard, qu’il regarde ailleurs dans le monde, ne serait-ce que les universités américaines « confessionnelles » qui performent tout de même assez bien au plan scientifique. Que certaines tensions apparaissent à l’occasion avec les autorités religieuses ne doit pas faire oublier l’ensemble des résultats auprès des étudiants et dans la société. Il y a peut-être bien plus de conflits latents de nature économique et politique qui peuvent entraver le caractère «scientifique» de l’enseignement et de la recherche.

Enfin, s’il est « partisan du modèle de laïcité de reconnaissance », il devrait savoir que cette forme de laïcité s’applique à des pays admettant des enseignements religieux confessionnels à l’école publique, comme la Belgique et l’Allemagne (cf. Jean-Paul Willaime, «Europe : à chacun sa laïcité»).

Roger Girard



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Les trois enquêtes officielles sur le Climategate

Bon résumé de la BBC sur les trois enquêtes officielles sur le Climategate : mandat modifié en un « tour de passe-passe », liste d'articles à analyser choisie par les scientifiques impliqués dans le scandale, pas de question sur la « science », seuls les gens de l'Université sont interrogés, aucun critique extérieur.

Fred Pearce dans le Guardian fait remarquer que personne lors de ces commissions d'enquête n'a posé à Phil Jones la question pourtant fondamentale quant à savoir s'il avait supprimé des données ou des courriels. Par ailleurs, pour Fred Pearce, ce dernier rapport est loin d'être une exonération complète des scientifiques impliqués.

Résumé des conclusions de la dernière commission d'enquête (mise en place par l'Université impliquée).

Articles connexes :

Gare à l'hystérie climatique, par Richard S. Lindzen du MIT

Phil Jones à la BBC : pas de réchauffement depuis 1995

La police verte

L'unamisme grégaire en sciences

Complément ECR et les questions éthiques liées au climat : L'intox autour des glaciers himalayens





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Quebec — victoria de la libertad religiosa y de elección de los padres en la educación

Madre de QuebecEn la multicultural Quebec, la promoción del respeto a la diversidad se ha convertido en un lugar común. Por eso, a muchos quebequenses les ha sorprendido el empeño del gobierno por imponer a un colegio católico lo que deben pensar sus alumnos sobre la religión. En una sentencia clarificadora, un juez del Tribunal Superior de Quebec da la razón al colegio Loyola, de los jesuitas, y saca los colores al gobierno.

El pasado septiembre, la asignatura de Ética y Cultura Religiosa (ECR) pasó a convertirse en obligatoria para todos los alumnos de la provincia canadiense de Quebec. Su objetivo, según el gobierno, es promover el respeto a las diferencias culturales y religiosas de una población cada vez más diversa.

Ciertamente, la idea es atractiva. Pero en la práctica no todo es trigo limpio. De entrada, esta materia ha sustituido — sin pasar por un debate público — a la asignatura de religión en la escuela. Si antes existía la alternativa entre clase de religión (católica o protestante) y ética, ahora se enseña ECR a todos.

Otro aspecto polémico de esta materia es el relativismo religioso y ético que subyace a sus contenidos. Desde la guardería hasta el final de la secundaria, a los alumnos se les explica que todas las religiones, incluyendo el animismo pagano y las sectas, son igualmente verdaderas.

Según uno de los creadores de ECR, el curso “debe sacudir en los estudiantes una identidad demasiado sólida” de modo que experimenten “la divergencia y la disonancia” a través del “cuestionamiento”.

Sesgo totalitario

Contra esta curiosa forma de enseñar el pluralismo ha protestado el colegio católico Loyola, con sede en Montreal. El centro solicitó al gobierno de Quebec que le eximiera de impartir esa materia, dado que ya contaban con una asignatura que enseñaba la tolerancia de acuerdo con su ideario.

Pero el gobierno denegó la petición, alegando que una asignatura confesional no podía cumplir los objetivos que persigue ERC. La idea es que para enseñar el respeto a la diversidad es preciso pasar por el aro del relativismo, y punto.

Decisión del juez Gérard Dugré

“Una excelente noticia para los que creen en la libertad religiosa y de elección de los padres en la educación”. Así se refiere el periódico The Gazette a la decisión de la Corte Suprema de Quebec que da la razón a los padres del Catholic Loyola High School que se oponen a la materia obligatoria de “Ética y Cultura Religiosa” (ECR).

La ECR de Quebec pretende justificarse en la necesidad de enseñar a los jóvenes la tolerancia religiosa y la igualdad de todas las religiones en la esfera pública, pero, como ha declarado el juez Gérard Dugré, su imposición por el gobierno “asume un sesgo totalitario”. “El programa, según el mismo juez , tiene más que ver con la liberación de la religión que con la libertad religiosa”.

La mayoría de los padres del Catholic Loyola High School había pedido que se eximiera a sus hijos de esta asignatura por coherencia con la identidad católica de su colegio. La exención fue rechazada por el Gobierno y esto llevó al propio colegio a plantear una demanda en la Corte Suprema, que ahora da la razón a los padres.

Gana la libertad religiosa

La columnista Barbara Kay se ha sumado a la polémica en el diario canadiense National Post (22-06-2010): “Muchos padres comprometidos con la religión e instituciones como el colegio Loyola, fundado en 1848, creen que ‘la divergencia y la disonancia’ así como el ‘cuestionamiento’ (o sea, crear dudas sobre la propia identidad religiosa y cultural) es lo último que necesitan los niños”. 

“Esta estrategia pedagógica socava la serena interiorización de la identidad religiosa que los niños aprenden en casa”. Por otra parte, “asumir una identidad propia no excluye instruirse sobre otras religiones y culturas; algo que los alumnos y las instituciones educativas como el Loyola ya hacen. El problema es que ERC quiere ir más lejos: pretende obligar a las instituciones religiosas a enseñar que todas las visiones éticas son igualmente válidas”.

Kay celebra la sentencia del Tribunal Superior de Quebec como una victoria para la libertad religiosa. “Es una decisión ejemplar que envía un mensaje alto y claro: las instituciones seculares no pueden entrometerse y decir a los niños qué es lo que deben pensar sobre la religión”.

Neutralidad kafkiana

Para justificar la imposición de la asignatura de Ética y Cultura Religiosa a todos los alumnos de Quebec, el gobierno ha terminado utilizando argumentos que resultan kafkianos. Por ejemplo, cuando alega que los colegios confesionales no serían neutrales al enseñar el valor de la religión. Todo un descubrimiento.

Para Raymond J. De Souza, la idea de neutralidad que maneja el gobierno adolece del más elemental sentido pedagógico: “¿Cómo van a ser creíbles unos profesores a los que se les obliga a enseñar a sus alumnos que la fe católica — presumiblemente, el motivo principal que llevó a sus padres a decantarse por un colegio católico — no es mejor camino de salvación que la brujería [Wiccan] o el ateísmo?”, se pregunta en un artículo del National Post (24-06-2010).

Por otra parte, De Souza denuncia que la neutralidad exigida por el gobierno es cualquier cosa menos neutral. En realidad, se trata de “una forma de laicismo que despeja la cuestión religiosa, diciendo que las verdades de todas las religiones son relativas y que ninguna es verdad. Enseñar esto a un niño en contra de los deseos de sus padres y profesores es sencillamente un acto dictatorial”.

“La postura del gobierno de Quebec es que nadie, ningún colegio, ningún niño, por el motivo que sea, puedan ser eximidos de la enseñanza de esta materia incluso — o precisamente por eso — si vulnera la libertad religiosa. En nombre de la tolerancia hacia todas las confesiones, se enseña que todas ellas son falsas desde un punto de vista laicista”.

Decisión del juez (en francés)

Resumen de la decisión (en inglés)

Fuentes: Quebec: cuando el Estado quiere enseñar religión y Quebec: victoria de la libertad religiosa y de elección de los padres en la educación.




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Problème juridique complexe et délicat

Michel Lebel, ancien professeur des droits et libertés de la personne, a publié cet article sur le jugement Loyola.


L'abbé Raymond Gravel, dans un texte publié dans Cyberpresse le 28 juin, estime qu'il y a « un problème éthique de taille » dans le fait que deux jugements de la Cour supérieure arrivent à des conclusions différentes sur des affaires portant sur le Cours d'éthique et de culture religieuse(ECR). Je ne dirais pas que c'est « un problème éthique » mais plutôt un certain différend juridique entre deux magistrats, explicables en bonne partie en raison des faits distincts ayant donné naissance aux causes respectives. Sur le fond, il faut toutefois reconnaître qu'il y a des ressemblances entre les deux litiges. Il appartiendra aux cours d'appel, il faut le souhaiter, de réunir ces deux affaires.

La question centrale est ici la suivante : le cours ECR, obligatoire pour chaque année du programme des élèves du primaire et secondaire, viole-t-il la liberté religieuse de certains parents d'élèves et de certains professeurs ? Ma réponse est oui, parce que je ne crois pas que dans les faits pareil enseignement ne puisse pas brimer cette liberté religieuse. Séparer l'aspect culturel de celui de la croyance lors de l'étude du fait religieux par des enfants et des jeunes personnes me paraît une vue de l'esprit, une impossibilité pratique. Une vue de l'esprit tant pour les élèves que leurs professeurs. Je reconnais cependant d'emblée qu'une évaluation différente de ce cours puisse être faite. Seule une preuve sérieuse pourra amener à une conclusion précise à cet égard.

Ceci étant dit, je reconnais à l'État le droit de mettre sur pied un tel cours ECR, mais je reconnais aussi, au nom de la liberté religieuse, le droit des parents d'exempter leurs enfants de suivre pareil cours et des professeurs de le donner. La même règle devrait s'appliquer tant aux écoles publiques que privées. Si une mesure réparatrice limitée d'exemption s'avère juridiquement impossible, il faudra conclure à l'inconstitutionnalité, donc à la nullité du programme ECR.

Au nom de la séparation de l'Église et de l'État, je préférerais cependant que l'État s'abstienne de tout enseignement religieux, y inclus le cours ECR, dans les écoles publiques. Les écoles privées confessionnelles auraient toutefois le droit de donner un enseignement de leur religion, ce qui serait conforme à la Charte québécoise des droits et libertés et au droit international de la personne.

Tout ce sujet de l'enseignement religieux dans les écoles est fort complexe et délicat. Chaque pays a sa façon de traiter la question. Il appartiendra sans doute maintenant aux plus hauts tribunaux du pays d'y apporter un éclairage important.




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