samedi 16 mars 2013

Japon — l’indépendance énergétique grâce aux hydrates de méthane ?

Le Japon n’a quasiment ni pétrole, ni gaz naturel, ni charbon.

L’exploitation des hydrates de méthane pourrait bien lui permettre d’assurer tous ses besoins en gaz d'ici quelques années. En effet, pour la première fois, les Japonais ont réussi avec succès à en extraire. Les réserves mondiales des hydrates de méthane sont estimées, selon des chercheurs américains, à 10 000 milliards de tonnes, soit deux fois celles du pétrole, du charbon et du gaz naturel réunies.



Plusieurs grands pays, comme la Chine et l'Inde, s'intéressent à cette filière méconnue. Les chercheurs allemands, avec leurs moyens d'étude des fonds marins nettement supérieurs à ceux du Canada malgré l'importance de nos zones maritimes, en ont localisé entre les côtes du Canada et du Groenland notamment, dans la mer du Nord, près de l'Alaska, etc.

Le bassin du fleuve Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, présente une concentration en hydrate de méthane parmi les plus élevées au monde, selon le site Internet du ministère des Ressources naturelles.

Un spécialiste affirme que l'Arctique canadien abrite entre 21 000 et 707 000 milliards de mètres cubes de gaz naturel dans ses hydrates. En comparaison, la consommation annuelle de gaz naturel aux États-Unis est de 650 milliards de mètres cubes, selon Yannick Beaudoin du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Voir aussi

Le désastre du photovoltaïque espagnol

The Guardian : nous avions tort au sujet du pic pétrolier

Les énergies vertes : un tonneau des Danaïdes

Énergies alternatives : scandales, mythes et perspectives

Grande-Bretagne — bientôt le rationnement électrique « intelligent » ?

Détournement et effets pervers du Marché du carbone





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Le pape François sur l'éducation


Extrait du livre Sobre el Cielo y la Tierra (Du Ciel et de la Terre), un dialogue entre Jorge Bergoglio, désormais le pape François, et le rabbin Abraham Skorka, recteur du Séminaire rabbinique latino-américain :

« Je ne suis pas non plus d’accord avec des cours de religion qui impliquent une discrimination envers les non-catholiques. Mais je crois que la religion doit faire partie de l'éducation à l'école, en tant qu'un des éléments du programme offert dans la salle de classe. Je trouve discriminatoire qu’on ne parle pas de religion, qu’on n’enseigne pas la conception religieuse de la vie et les événements historiques comme dans d'autres disciplines.

[…]

Dans la Bible, Dieu est présenté comme un éducateur : « C'est moi qui guidai les pas d'Éphraïm, le soutenant par ses bras » [Osée 11 :3]. [Note du traducteur : le pape François utilise l’expression populaire argentine « a babucha » dans sa version de ce verset.] L'obligation du croyant est d’élever sa descendance. Tout homme et toute femme a le droit d'éduquer ses enfants dans ses valeurs religieuses. Quand l’État prive les enfants de cette éducation, cela peut conduire à des cas comme le nazisme où les enfants étaient endoctrinés dans d'autres valeurs que celles de leurs parents. Les totalitarismes ont tendance à monopoliser l'éducation pour amener l'eau à leur propre moulin.

L'école éduque à la transcendance, à l’instar de la religion. Mais si l’école n’ouvre les portes à une vision religieuse du monde, elle mutile le développement harmonieux de l’enfant. Parce que son rôle est de transmettre les valeurs du père à son fils. On est privé de l'héritage culturel et religieux. Si l’on prive l’éducation de la transmission de la tradition des parents, il ne reste plus que de l'idéologie. On ne voit la vie qu’à travers des yeux remplis, il n’existe pas d’herméneutique [à savoir de science de l’interprétation] aseptisée, même pas en éducation. Les mots sont chargés d’histoire, des expériences de la vie. Quand on laisse un vide, celui-ci se remplit d’idées éloignées de la tradition familiale; c’est ainsi qu’apparaît l’idéologie. Je me souviens qu’à l’école industrielle [où le pape François a étudié la chimie] il y avait un professeur communiste. Nous avions une relation géniale avec lui, il remettait tout en question et nous a fait beaucoup de bien. Mais il ne nous a jamais menti, il nous a toujours dit d'où il nous parlait et quelles étaient son herméneutique [sa grille d’interprétation] et sa vision du monde.

[...]

Il existe une différence entre être un enseignant et être un maître. L'enseignant donne sa matière froidement, tandis que le maître s’implique. Il est foncièrement un témoin. Il y a cohérence entre son comportement et sa vie. Il n’est pas un simple répétiteur d’une science, comme l’est l’enseignant. Il faut aider les hommes et les femmes à être des maîtres, à témoigner, c’est la clé de l'éducation. »

Extrait du chapitre 18, De l'éducation.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 15 mars 2013

Pour l'histoire du Québec

Mathieu Bock-Côté sur le programme d'histoire au Québec.

« Depuis quelques années, l’enseignement de l’histoire au Québec fait problème. Les études se sont multipliées et sont limpides : non seulement l’histoire du Québec est absente de l’école, mais celle qu’on enseigne est diluée, aseptisée et dénationalisée.

L’histoire du Québec n’a plus aucun contenu national. Pourquoi ? Parce qu’à vouloir rendre l’histoire du Québec « inclusive », « moderne », « multiculturelle » et « accommodante », elle a perdu sa saveur. Et même sa pertinence.

Comment comprendre l’histoire du Québec si on ignore la Conquête ? Si on ignore l’Acte d’union ? Et la Confédération ? Et l’affaire Riel ? Et la crise de la conscription ? Et la [prétendue] Révolution tranquille ? Et les deux référendums ? Et le rapatriement de la Constitution en 1982 ?

C’est pourtant une telle histoire déformée qu’on enseigne en ce moment. Une correction s’impose. On nous dira : mais l’histoire nationale n’endoctrinera-t-elle pas les jeunes ? Ne les prend-elle pas par la main pour les conduire à la souveraineté à partir du berceau ? Aucunement.

Les Québécois divisés

Il ne s’agit pas de fabriquer des petits souverainistes et des petits fédéralistes. Il s’agit toutefois de savoir pourquoi les Québécois se sont divisés sur la question nationale ­depuis deux siècles. Peut-on vraiment ­comprendre l’histoire du Québec sans ­comprendre la question nationale ?

On peut chasser la question nationale de l’avenir. On ne peut pas l’évacuer du passé sans falsifier celui-ci. À moins de chercher à effacer la mémoire collective ? Certains le souhaitent parce qu’ils désirent une société n’existant que dans l’instant présent.

Étrange paradoxe : l’école efface la mémoire plutôt que la transmettre. C’est pour cette raison que le PQ proposait dans son programme de restaurer l’enseignement de l’histoire nationale. Excellente initiative, fortement appuyée par la population.

La poisse des bureaucrates saboteurs et des péquistes

Mais le PQ a la poisse : tout ce qu’il touche se retourne contre lui. Comment fait-il pour tout gâcher ? J’ai une explication.

Le PQ a confié la restauration de l’histoire aux bureaucrates et idéologues du ministère de l’Éducation. Or, ce sont eux qui, depuis des années, avec leur désastreuse réforme scolaire, ont saboté l’histoire. Et, d’un coup, un renouveau historique élémentaire fait désormais scandale dans les médias.

Individu perdu

Il faut revenir aux questions fondamentales. Pourquoi enseigne-t-on l’histoire à l’école ? Évidemment pour initier le jeune à la société dans laquelle il grandira, aussi pour développer chez lui un sentiment d’appartenance en lui apprenant qu’il est un héritier.

Sans l’histoire, l’individu est perdu. Il arrive dans un monde qui lui échappe et dans lequel il ne saura pas s’inscrire. Conséquence de cela : il se prendra pour le centre du monde et ne verra pas plus loin que le bout de son nez. La démocratie écopera et s’appauvrira.

Il faut avoir des repères historiques. Sans une bonne connaissance historique, l’homme perd en liberté. Car comment être libre dans un monde dont on ne comprend tout simplement pas les fondements? »

Voir aussi

L’histoire du Québec n’a pas assez de place dans l’enseignement et la recherche universitaires

Cours d'histoire au Québec — Une enquête plaide pour un retour de la dimension politique et nationale

Histoire — De Gaulle et son « Vivre le Québec libre ! »

Québec — Le peu de place consacrée à l'Europe dans les programmes d'histoire

L'historien Ch.-Ph. Courtois critique sévèrement le nouveau programme d’histoire au secondaire

Manuel d'histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l'islam tolérant pour sa part

Manuel d'histoire (2) — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d'Iberville

Bock-Côté : L’histoire aux oubliettes

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Le « mythe » de la Révolution tranquille

Héritage de la Révolution tranquille : lent déclin démographique du Québec ?

La Grande Nouérrceurrr : portrait de famille monochrome, rictus, pénurie francocentrique et ânonnements (5 pages dans un cahier ECR utilisé en classe)

Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité économique et sociale





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 12 mars 2013

Mark Regnerus — l'université du Texas le blanchit et défend son étude alors que Social Science en publie une autre

En juillet dernier, Mark Regnerus a publié dans la revue américaine Social Science Research son article sur les enfants de parents ayant eu une expérience homosexuelle (voir notre article à l'époque). Une campagne de dénigrement s'en est suivi, lancée par des associations homosexuelles militantes (voir notamment ici) qui réclamaient des sanctions pour « inconduite scientifique » à l'encontre du chercheur, professeur de sociologie à l'Université du Texas.

Il y avait urgence pour le lobby LGBTTIQQ2S (lesbien, "gay", bisexuel, transsexuel, transgenre, queer [allosexuel], "en questionnement" et  bispirituel).

En effet, Regnerus révélait dans son étude les difficultés vécues par nombre d'enfants élevés dans des foyers où l'un des parents avait eu une expérience homosexuelle – suffisamment importante et durable pour que l'enfant parvenu à l'âge adulte s'en souvienne distinctement. L'étude reposait en effet sur l'examen de 3.000 de ces enfants devenus grands, après examen de 15.000 dossiers de jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans.

Les critiques de Markus Regnerus l'accusaient d'avoir fait financer son étude par plusieurs institutions conservatrices, avec au premier rang le Witherspoon Institute – chose qui n'était un secret pour personne puisque le jeune chercheur avait rendu compte de tous les financements de son étude dans le cadre de son article initial. Et cela ne poserait un problème que si les conclusions de son étude avaient été taillées pour satisfaire leurs « commanditaires ».

Enquête de l'Université du Texas blanchit Regnerus

Or ce n'est pas le cas. L'Université du Texas, saisie du dossier, a mené une enquête minutieuse comme c'est son habitude dès lors que la probité ou la compétence scientifique d'un de ses membres est mise en cause. Et, le 29 août 2012, l'Université du Texas a publié ce communiqué :
« L'Université du Texas à Austin a conclu qu'aucune enquête officielle ne se justifie quant aux allégations d'inconduite scientifique exprimées à l'encontre du professeur associé Mark Regnerus en ce qui concerne son article de juillet dans le journal Social Science Research. 
Ainsi que l'exige son Manuel révisé des procédures opérationnelles, l'université a mené une enquête afin de déterminer si les accusations portées par l'auteur Scott Rose étaient justifiées et méritaient une enquête officielle. Après avoir consulté un comité consultatif composé de quatre membres éminents de la faculté, le bureau du vice-président pour la Recherche a conclu, dans un rapport daté du 24 août qu'il n'y a pas d'éléments suffisants pour justifier une investigation. 
[…] L'affaire est close en ce qui concerne notre établissement. »
Ayant confirmé la bonne foi de Mark Regnerus, le communiqué s'achève sur ces mots :
« Comme c'est souvent le cas pour la recherche universitaire, l'étude de Regnerus sur les Nouvelles structures familiales touche à une question controversée et très personnelle débattue actuellement dans la société. L'université s'attend à ce que la communauté universitaire continue d'évaluer et de réagir aux conclusions de l'article de Regnerus. Elle soutient de tels débats. »
Étude de Loren Marks

Une seconde étude, également publiée dans le même numéro de Social Science Research, jetait un regard critique sur les hypothèses d'un rapport de l'American Psychological Association souvent cité en matière d'homoparentalité. Le rapport de l'APA dit qu'« aucune étude n'a constaté que les enfants élevés par des couples homosexuels sont désavantagés d'une quelconque manière significative par rapport aux enfants de parents hétérosexuels. »

Cependant, après avoir examiné de près les 59 études qui étayent cette affirmation, Loren Marks, professeur agrégé à l'École d'écologie humaine de l'Université d'État de Louisiane, a déclaré que « le débat est toujours ouvert », « Le manque de données fiables laisse les questions les plus importantes [au sujet de l'homoparentalité] en suspens. » Les faiblesses identifiées dans les études utilisées par l'APA concernent la petite taille des échantillons, une sur-représentation des mères lesbiennes bien éduquées blanches et riches, l'absence de résultats portant sur les effets habituels sur les enfants, comme leur éducation, leur taux de chômage, les risques de déclassement social ou de pauvreté, leur taux de criminalité, de grossesses précoces, de consommation de drogues et leur taux de suicide. Au lieu de cela, les études utilisées par l'APA se concentrent sur les comportements des enfants pour y déceler ou non des comportements traditionnels envers les sexes jugés « sexistes », le fonctionnement émotionnel et l'identité sexuelle.

Étude de Douglas Allen

Quelques mois plus tard, une étude menée par le Dr Douglas Allen, de l'Université Simon Fraser, jetait à nouveau une lumière crue et critique sur une étude brandie par les militants LGBTTIQQ2S : l'étude pro-homosexuels éliminait la majorité des observations, celles qui grevaient les résultats ! La nouvelle étude d'Allen affirme que : « les enfants de couples de même sexe sont nettement moins susceptibles d’avoir un parcours scolaire normal : 35 % moins de chances que les enfants de parents hétérosexuels mariés, 23 % moins de chances que les enfants de mères célibataires et 15 % moins de chances que les enfants de parents en union libre ».

Nouveauté de Regnerus

Regnerus apportait pour sa part quelque chose de totalement nouveau. Son étude est la première à s'être penchée sur un échantillon important, pris au hasard dans la population des jeunes adultes, ceux-ci étant interrogés sans intermédiaire (entendre sans présence des parents homosexuels) sur leur vie d'enfant et sur leur vie présente, à travers de multiples critères comme le succès économique et scolaire, l'expérience amoureuse et sexuelle, le crime, la violence, etc. Soit 15.000 dossiers étudiés et près de 3.000 personnes interviewées.

Sur 25 des 40 critères, les enfants de mères ayant eu une relation lesbienne ont eu de plus mauvais résultats comparés à ceux des enfants élevés au sein de familles biologiques intactes. Les enfants avec un père ayant eu une relation avec un autre homme avaient 11 mauvais résultats sur 40. Regnerus n'a pas signalé la sexualité des parents comme responsable de cet état de fait, affirmant que d'autres forces pouvaient être à l'œuvre spécifiquement dans les familles homosexuelles, mais il disait clairement : « l'affirmation empirique selon laquelle il n'y a pas de différences notables doit être rejetée. »

Éreinté par la presse conformiste

Éreinté par la presse conformiste, Mark Regnerus était alors accusé de deux méfaits principaux : avoir trompé sur la réalité de son étude en utilisant des abréviations pour « mère lesbienne » et « père homosexuel » alors que ces personnes ne s'identifiaient peut-être pas comme tels, s'étant peut-être contentées d'une passade d'une nuit, et, deuxièmement, avoir comparé leurs enfants avec des couples (« hétérosexuels ») mariés ayant élevé leur propre progéniture biologique et étant restés ensemble durant toute l'enfance de celle-ci, voire davantage : « C'est comparer des pommes et des poires. » Il aurait dû, selon ses détracteurs, comparer ces enfants de couples « hétérosexuels » stables avec les enfants de paires homosexuelles  durables, intactes et stables et s'identifiant ainsi. Il ne fallait donc pas accuser les relations homosexuelles, mais l'instabilité.

Réponse de Regnerus 

Regnerus a répondu à ces critiques et sa réponse a été publiée dans le numéro de novembre 2012 de  Social Science Research. Le rédacteur de cette revue scientifique ayant – au terme d'une enquête sur la publication du premier article, confiée à une autorité indépendante – renouvelé sa confiance au chercheur.

Regnerus accepte de ne plus parler de « mère lesbienne » ou « père gay », même si dans son étude initiale il avait nettement précisé de quoi il s'agissait. Il parle désormais de « relations » lesbiennes ou gays, et ajoute qu'il est très, très peu probable qu'il puisse s'agir de passades puisque ce sont les jeunes adultes interrogés qui se remémoraient une relation amoureuse de ce style observée chez leurs parents.

Quant à la stabilité, Regnerus rejette vigoureusement la critique. Pour lui, il ne faut pas « contrôler » la variable de l'instabilité en vue de l'écarter de la comparaison, puisqu'il s'agit plutôt du parcours caractéristique des familles comportant un père ou une mère ayant une relation homosexuelle.

Et ce pour deux raisons : si la stabilité importe pour les enfants, il est « sensé » de conserver cette variable pour évaluer leur réussite dans la vie. Par ailleurs, Regnerus doute qu'il eût été en mesure de trouver un échantillon plus important (et donc statistiquement significatif) de « couples stables » homosexuels ou lesbiens. Sur les 15 000 personnes initialement interrogées, 163 parlaient d'une relation homosexuelle chez leur mère, 73 chez leur père. Dans une douzaine de cas supplémentaires, il s'agissait à la fois du père et de la mère, Regnerus les a intégrés dans la catégorie des mères ayant eu des relations homosexuelles, soit 175 au total. Seuls 85 des enfants concernés ont vécu à un moment ou à un autre avec leur mère et sa partenaire de même sexe pendant l'enfance. Dont 31 enfants pendant 1 an au plus, 20 entre 1 et 2 ans, 5 jusqu'à 3 ans, et huit pendant quatre ans. Seuls 19 enfants ont passé au moins 5 ans consécutifs avec leur mère et sa partenaire, un total qui tombe à 6 pour 10 ans et plus. Seuls deux enfants ont été élevés depuis leur première année jusqu'à leur 18e anniversaire par deux femmes restées ensemble pendant toute cette période.

Chez les hommes, cette dernière catégorie tombe à zéro, sur un échantillon initial de 15.000.

Ainsi, le fait qui saute aux yeux dans l'étude de Regnerus est que « l'instabilité familiale est une expérience caractéristique de ceux dont les parents ont des relations homosexuelles ». Partir à la recherche sans fin d'un échantillon suffisamment important et pris au hasard de couples stables de même sexe élevant des enfants, c'est rater la réalité sociale qui nous confronte : ils sont notablement absents de la vie des enfants dont les parents se trouvent au sein de relations homosexuelles.

Regnerus a appliqué de nouvelles méthodes d'évaluation aux données qu'il avait à sa disposition, prenant en compte la vie ou non avec le partenaire homosexuel, le divorce éventuel, le remariage, la monoparentalité, l'adoption…

Malheureusement pour ceux qui le critiquent, cela ne fait que très peu de différence. Pour ces multiples critères, les enfants de mères s'étant trouvées dans une relation lesbienne réussissent mal, que leurs mères aient eu un partenaire au foyer ou non, et ces deux catégories se ressemblaient davantage qu'elles ne ressemblaient à celle de la famille biologique intacte.

Ce que Regnerus exprime ainsi :
« Les enfants adultes qui rendent compte d'une relation homosexuelle maternelle – indépendamment du fait que leur mère ait jamais résidé ou non avec sa partenaire de même sexe – ressemblent bien davantage aux enfants d'autres types de foyers qu'à ceux de familles biologiques stables et intactes. »
La question se pose de savoir si aujourd'hui, à un moment où l'acceptation sociale des couples de même sexe est devenue bien plus fréquente, les mauvais résultats des enfants seraient aussi flagrants : les personnes interrogées étaient enfants il y a quelque vingt ans, puisque Regnerus ne pouvait interroger que des adultes. Peut-être, dit Regnerus. Mais cela n'est « guère certain ». De multiples études montrent en effet que les couples de même sexe, particulièrement les couples de lesbiennes, ont un taux de divorce plus élevé quand elles peuvent se « marier », et qu'elles restent ensemble moins longtemps. Ce qui a forcément des effets sur les enfants. [Voir aussi Après les drogues et le SIDA, le tabou des violences dans les couples homosexuels.]

Il semble donc qu'on puisse bien dire les enfants vont mieux et réussissent mieux dans couples stables formés de leurs parents biologiques ; aucune étude à ce jour ne permet de confirmer qu'il en va de même pour les enfants élevés au sein d'un couple homosexuel stable, non pas faute de couples homosexuels avec enfants à étudier (bien qu'ils ne représentent que 0,15 % des couples au Canada par exemple), mais faute de couples homosexuels stables avec enfant…

Voir aussi

Les filles aux parents lesbiennes sont 45% moins susceptibles d'obtenir un diplôme d'enseignement secondaire (novembre 2013, étude Douglas Allen)




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 11 mars 2013

Théorie du genre ubiquiste : Google et le sexe « autre »

Vous voulez vous inscrire sur Google+ ? Vous voulez inscrire votre enfant ?

Google demandera le sexe de la personne à inscrire. Parmi les choix : le sexe « autre »...



Il en va différemment chez son concurrent nettement plus populaire Facebook :



Rappelons que ce genre de questions se présente dans le matériel pédagogique québécois, voir « Je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore » :







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Manitoba — opposition à une loi « anti-intimidation » vague qui impose des cercles homo-hétéros (m-à-j : réaction Vic Toews)

Mise à jour du 11 mars

Selon le ministre fédéral Vic Toews (prononcé Tévss), le projet de loi 18 du NPD manitobain qui impose des cercles homo-hétéros à toutes les écoles subventionnées serait « anticonstitutionnelle ». Outre son ministère fédéral de la Sécurité publique, M. Toews est également le ministre fédéral responsable du Manitoba et député de la circonscription de Provencher située autour de Steinbach.

Toews est le représentant au gouvernement fédéral de la ville de Steinbach, où plus de 1 200 personnes se sont récemment rassemblées à l’école secondaire locale (voir ci-dessous) pour exprimer leurs préoccupations quant aux dispositions du projet de loi qui obligeraient les écoles à mettre en place des cercles d’élèves homosexuels, y compris les écoles religieuses indépendantes, sous prétexte de réduire l'intimidation.

Les partisans des écoles religieuses soutiennent que le projet de loi 18 est une violation de leur liberté religieuse.

Le ministre Toews a déclaré qu'il croit que le projet de loi 18 viole la Charte canadienne des droits et libertés. « En particulier », a-t-il ajouté, « l’application de certaines dispositions implique une atteinte inconstitutionnelle à la liberté de religion. »

Le ministre Toews a comparé le projet de loi 18 à l'article 13 de la Loi canadienne sur les droits de l'homme, l’article sur le « discours haineux », que le gouvernement fédéral conservateur est en train d'abroger parce qu'il a été utilisé pour restreindre la liberté d'expression y compris les propos relatifs à la religion. (Voir notre dossier Whatcott).

« Le projet de loi visant à abroger l'article 13 de la loi fédérale est actuellement devant le Sénat et notre gouvernement espère qu’il deviendra prochainement loi », a déclaré M. Toews.

« Si l'Assemblée législative provinciale ne modifie pas le projet de loi 18 pour répondre aux préoccupations des organisations confessionnelles, aux écoles et aux communautés locales », de conclure Toews, « la seule solution consistera à s’adresser aux tribunaux afin qu’ils décident si la législation en question est conforme à la Charte canadienne des droits et libertés. »

Billet du 4 mars 

Une urgence en éducation ?

Apparemment, c’est la dernière urgence en éducation. La dernière mode alors que les résultats des élèves occidentaux aux tests internationaux diminuent et que les économies des pays asiatiques taillent des croupières aux occidentales. Il est soudain urgent de lutter contre l’intimidation dans les écoles et surtout l’intimidation envers les jeunes élèves qui auraient des tendances homosexuelles… De plus en plus de provinces, en effet, imposent des programmes de lutte contre l’« homophobie » dans le cadre de programmes vagues de lutte contre l’intimidation. Ces programmes récents incluent toujours la création d’un cercle homo-hétéro au sein de l’école. C’est très important, urgent même nous dit-on. Certains auteurs se moquent de cette mode. C’est le cas de Mark Steyn dont l’école locale a aussi son cercle homo-héréro de rigueur : « Telle est la triste réalité homophobe de notre système d'éducation : une association d'élèves homosexuels qui ne manque de rien, sauf d'élèves homosexuels. »

Maintenant c’est au tour du Manitoba d’enfin (...) lutter contre l’intimidation en imposant ces cercles homo-hétéros. Et là, certains parents ne trouvent pas du tout la chose comique.

En décembre 2012, le gouvernemental provincial du Manitoba a présenté le projet de loi 18 : « Loi modifiant la Loi sur les écoles publiques (milieux scolaires favorisant la sécurité et l'inclusivité [sic] ». Elle n’a pas encore passé une deuxième lecture.

Le projet de loi 18

Selon le projet de loi,
« Les lignes directrices sur le respect de la diversité humaine contiennent des dispositions visant à appuyer les élèves qui désirent mettre sur pied et diriger des activités ou des organisations qui
  1. promouvoient [sic dans la version officielle en français, entendre « promeuvent »]:
    1. l'équité entre les sexes,
    2. la lutte contre le racisme,
    3. la sensibilisation aux personnes handicapées par des barrières, la compréhension de leur situation et le respect à leur égard,
    4. la sensibilisation aux personnes de toutes orientations et identités sexuelles, la compréhension de leur situation et le respect à leur égard;
  2. utilisent le nom « alliance gai [entendre homo]-hétéro » ou un autre nom se prêtant à la promotion d'un milieu scolaire positif qui est inclusif et où tous les élèves se sentent acceptés. »

Opposition des conservateurs chrétiens, sikhs et d'autres groupes

Pour les opposants de ce projet, la loi va plus loin que la simple lutte contre l’intimidation. Il impose à de nombreuses écoles indépendantes d’agir en contradiction avec leurs préceptes moraux. Le projet de loi accorde une protection juridique explicite envers certains groupes tout en excluant d’autres. Pour les adversaires de cette protection à géométrie variable, le gouvernement devrait être plus inclusif dans son approche et faire preuve d’ouverture envers les parents qui choisissent une école indépendante (en partie subventionnée) qui désapprouve autant la véritable intimidation que la normalisation de l’homosexualité à l’école.

Ministre NPD campe sur ses positions, intimidation à la subvention

Nancy Allan
Pour sa part, la ministre de l’Éducation manitobaine, Nancy Allan du parti de gauche NPD (ci-contre), campe sur ses positions : elle ne fera pas preuve d’ouverture envers ces parents. Les partisans du projet de loi 18 laissent planer la menace de couper toute subvention aux écoles qui ne plieraient pas aux prescriptions controversées. Un peu d’intimidation avec le gros bout du bâton ? L’opposition officielle au Manitoba, les Conservateurs « progressistes » disent que des parents chrétiens, sikhs et d’autres confessions se sont dits inquiets de ce projet de loi.

Froisser les sentiments sera-t-il puni ?

Les alliances homo-hétéros ne sont pas la seule préoccupation des conservateurs quant au projet de loi. Ils soulignent que la définition donnée de l'intimidation est tellement vague que n'importe quel enfant pourrait se retrouver puni. En effet, tout « préjudice, qu'il soit d'ordre corporel, émotif ou matériel ou qu'il porte atteinte à l'estime de soi » serait punissable. L’anglais parle plus clairement de « harm to… feelings, self-esteem ». Froisser les sentiments, l’estime de soi d’autrui deviendrait de l’intimidation répréhensible.

« On ne pourra appliquer cette loi », de déclarer le porte-parole en éducation de l’opposition, Kelvin Goertzen.

« Ce sont des directeurs d’écoles qui m’ont rapporté leurs inquiétudes à ce sujet : "Comment voulez-vous que nous sachions ce qu’est de l’intimidation et ce qui ne l’est pas ?" » d’ajouter M. Goertzen. Pour celui-ci, il faudrait plutôt s’inspirer de la loi anti-intimidation du Dakota du Nord, qui définit l'intimidation comme un acte qui fait raisonnablement craindre à l'élève un préjudice ("harm"). La ministre Allan, toutefois, tient à sa définition qui comprend les sentiments meurtris.

Près de mille deux cents personnes se sont réunies lundi 25 février à Steinbach  (sud du Manitoba) dans les locaux de l'école indépendante locale (en partie subventionnée).

Paradoxalement, il y a de moins en moins d’intimidation sans ces lois

Rappelons que l’intimidation pour des raisons sexuelles est une source mineure d’intimidation dans les écoles et qu’il n’existe aucune « épidémie d’intimidations ». En effet, selon le National Center for Education Statistics, entre 1995 et 2009, le pourcentage d'élèves qui ont déclaré « avoir peur d'une attaque ou de coups à l'école » est passé de 12 % à 4 %. Au cours de la même période, le taux de victimisation pour 1000 étudiants a également été divisé par cinq. On a la désagréable impression que l'on crée une certaine hystérie autour de l'intimidation pour servir de prétexte à la normalisation de l'homosexualité et très peu lutter contre les autres formes d'intimidations nettement majoritaires. Il est vrai que les outre-mangeurs et les obèses du Québec n'ont pas un lobby aussi actif que les homosexuels.

L'« homophobie » cause marginale d'intimidation

Selon une étude de Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 », l'intimidation liée à l'orientation sexuelle des élèves (orientation souvent simplement supposée au début du secondaire) est loin, mais très loin, d'être une des raisons principales des brimades à l'école. En effet, le premier sujet des moqueries et insultes est lié au physique des élèves. Railleries parce qu'un élève est trop gros, trop petit, lent à la course, roux, laid, trop grand, trop maigre, etc. À la fin du secondaire, les motifs reliés au « genre » sont même parmi les moins fréquents loin derrière l'intimidation au physique, aux notes en classe, l'origine culturelle, la langue familiale, la religion et les revenus des parents !

Source: Maria Yau et Janet O'Reilly, « 2006 Student Census, Grades 9-12 »


« La lutte à l'homophobie » gruge du temps et peut mener à l'intimidation

Au nom de cette lutte à l’homophobie, on remplace au Québec l’étude de classiques en français, en anglais,  et l'on préfère lire qui une courte bande dessinée militante, qui un de court ouvrage écrit par un étudiant en chimie militant de la cause homosexuelle.

Ailleurs, un  conférencier anti-intimidation homosexuelle en vient à insulter et à intimider en public du haut de sa tribune et de son micro surpuissant les élèves conservateurs ou chrétiens d’une école pour leurs points de vue pas assez tolérants envers l’homosexualité.


Voir aussi

Intimidation à l'école : insultes sur le physique, les notes, l'origine culturelle et linguistique bien avant « l'homophobie »

Ontario — Les parents se rebiffent contre le nouveau programme de lutte contre l'« homophobie »

Restriction à la liberté d'expression d'un élève dans une école texane

Conférencier anti-intimidation insulte et intimide des élèves chrétiens

Couple homosexuel invité en cours de mathématiques, euh ECR, exercice de « français » sur le « mariage homosexuel »

Un plan de lutte contre l'homophobie méprisant pour la population

Le Monopole de l'Éducation au service des lobbies dits progressistes avec vos sous

École québécoise : l'homoparentalité expliquée aux enfants du primaire par l'État

Comment créer une majorité en faveur de l'homoparentalité...dans les médias (philosophe français)

Cahier ECR : « Beaucoup de travail à faire aux groupes religieux pour accepter les homosexuels »

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d'homosexuels




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Une éducation bien secondaire


Des parents qui se prennent pour les patrons des enseignants. Des enfants-rois qui méprisent leurs professeurs. Des élèves qui obtiennent leur diplôme secondaire même en faisant 150 fautes dans un texte. Des futurs enseignants qui baragouinent le français. Une réforme mal conçue. Des tableaux blancs interactifs coûteux qui ne sont pas fonctionnels. Des dictionnaires qui datent d’il y a 20 ans. Un manque total de culture générale. L’ignorance érigée en système...

C'est le constat que dresse Diane Boudreau. Elle a enseigné pendant plus de trente ans dans les écoles publiques du Québec. Titulaire d’un doctorat en études françaises, elle a publié une dizaine de livres et plusieurs articles, essais, poésie, romans jeunesses. Elle a reçu la médaille de bronze, Ordre du mérite de la Fédération des commissions scolaires du Québec, pour services rendus à l’éducation

Présentation de l'éditeur :

« Dès les premières lignes de la préface Diane Boudreau nous montre de quel bois elle se chauffe : « J’aurais dû enseigner le français au secondaire jusqu’en 2017, mais j’ai remis ma lettre de démission en février 2012. La lassitude et la conviction de ne plus être en mesure d’enseigner dans des conditions acceptables m’ont fait choisir le renoncement : quand la guerre contre la bêtise est perdue, il faut savoir le reconnaître ». Nous voilà avertis. Ce qui va suivre pourrait ressembler à un véritable film d’horreur sauf qu’il se déroule chez nous, ici au Québec et au lieu d’avoir peur c’est plus un sentiment de honte qui nous submerge. À l’heure des grands débats sur notre système d’éducation voici un état des lieux de nos écoles secondaires : décrochage, inculture, intimidation, violence, Ministère amorphe, faiblesse du système et véritable faillite sociale. Diane Boudreau nous démontre avec précision comment un analphabète peut se faufiler entre les mailles des contraintes pédagogiques émises par le Ministère de l’éducation et décrocher aujourd’hui un diplôme d’études secondaires. Ce livre est un cri du cœur, une immense sonnerie d’alarme que tout citoyen intéressé à l’avenir du Québec devrait absolument lire et relire. »

Une Éducation bien secondaire
par Diane Boudreau
dans la collection  Essai libre
chez les Poètes de brousse, éditeurs,
à Montréal
paru le 4 mars 2013
ISBN-13: 978-2923338613

Écoutez Madame Boudreau (9 minutes) sur son expérience et son ouvrage




Voir aussi

Joseph Facal et la dérive de l'éducation au Québec

Études sur la réforme pédagogique : « plus de mal que de bien », portrait sombre

Québec — L'enseignement des sciences d'après la « réforme pédagogique »

Contre la réforme pédagogique

Si j'aurais su que l'escargot est un insecte!

Polémique autour d'un examen de français au rabais

Québec — Examen de français au rabais en secondaire V ?

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010 

Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l'éducation sur du sable

Relativisme, déracinement et constructivisme, visiblement les critiques turlupinent les pères du cours ECR

Joseph Facal : « L’essentiel est invisible »








Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

dimanche 10 mars 2013

Claude Lévis-Strauss sur la Révolution française

Distinction de la société dominée par la règle de droit et une société fondée sur la tradition et les genres de vie :
« La Révolution française a mis en circulation des idées et des valeurs qui ont fasciné l'Europe puis le monde, et qui procurèrent à la France, pendant un demi-siècle, un prestige et un rayonnement exceptionnels. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l'Occident n'ont pas aussi là leur origine. On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu'elle est faite d'habitudes, d'usages, et qu'en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l'état d'atomes interchangeables et anonymes. La liberté véritable ne peut avoir qu'un contenu concret: elle est faite d'équilibres entre des petites appartenances, de menues solidarités: ce contre quoi les idées théoriques qu'on proclame rationnelles s'acharnent; quand elles sont parvenues à leurs fins, il ne reste plus qu'à s'entre-détruire. Nous observons aujourd'hui le résultat ».

De près et de loin, entretiens avec Claude Lévi-Strauss par Didier Eribon, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.
Voir le commentaire de Jacques Dufresne : « Si Lévi-Strauss était un représentant de la droite traditionaliste  une telle opinion n'aurait rien d'étonnant. Il arrive qu'il est le type même de l'intellectuel de gauche »...


Noyades de Nantes pendant la Révolution française (1793)


Voir aussi

S'envoyer des vœux de Nouvel An, une pratique antirépublicaine...

La Révolution française, un homme nouveau et l'éducation nationale...

Mythe — C’est grâce à la Révolution française et à la République que l’enseignement est devenu public et gratuit

La dimension antichrétienne de la Révolution et la tentative d'instauration d'une religion civile déiste

Voltaire, cet inconnu, ce mythe, ce sectaire

Idée reçue : « Au Moyen-Âge, les paysans sont accablés d’impôts »




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 9 mars 2013

Vos impôts à l'œuvre au Secrétariat à la condition féminine du Québec

Malgré les études qui démontrent la vanité des campagnes gouvernementales pour lutter contre les « stéréotypes » sexistes dans les métiers, le gouvernement socialiste péquiste du Québec a décidé de commander un nouveau sondage pour élaborer des outils destinés aux parents qui permettraient de lutter contre les stéréotypes. Pour une école libre a mis la main sur le sondage commandé à Léger Marketing.

Extraits de ce sondage où l'on apprend que les garderies ont déjà droit à la propagande sociale du Secrétariat à la condition féminine :
« Le Secrétariat à la condition féminine s'est associé à Léger Marketing afin de recueillir des données sur les stéréotypes sexuels. Des outils existent déjà ou existeront sous peu pour sensibiliser les intervenantes et intervenants en service de garde éducatif à l'enfance ainsi que ceux en milieu scolaire à cet enjeu des rapports égalitaires en femmes et hommes. Cette étude s'inscrit dans la lignée de ces efforts et mènera éventuellement à des actions et au développement d'un outil pour les parents, visant à les sensibiliser à ce sujet.

Les stéréotypes sexuels peuvent être définis comme des caricatures et des images qui prétendent représenter ce que sont les filles et les garçons, les femmes et les hommes.

Quels stéréotypes observez-vous chez vos enfants et ceux de votre entourage ? »

Exemple de stéréotype donné : « préférence pour un métier relié à l'éducation ou aux soins des personnes » pour les filles, « pour un métier relié à la mécanique, aux technologies ou à l'informatique » pour les garçons.

Les commanditaires de ces sondages et les préparateurs de ces outils de l'État thérapeutique qui veut guérir ses citoyens devraient se pencher sur les effets dérisoires de ces campagnes gouvernementales dans les pays scandinaves. C'est là, où les femmes ont le plus de libertés professionnelles et que les citoyens ont été les plus soumis à toutes ces campagnes de la gauche féministe que les femmes choisissent le plus des carrières stéréotypées féminines, c'est dans les pays les plus pauvres que les femmes cherchent le plus à avoir des emplois d'hommes.

La Norvège trône ainsi depuis des années aux premières places du classement des pays les plus égalitaires envers les femmes et pourtant la division du travail selon les sexes y est très stable, malgré toutes les campagnes gouvernementales pour changer les choses. Chose encore plus curieuse : plus un pays est pauvre et plus ses femmes s'intéressent aux professions techniques et traditionnellement masculines alors qu'elles sont délaissées dans des pays prospères et féministes comme la Norvège, le Danemark, la Finlande, l'Angleterre... C'est ce qu'on nomme le paradoxe de l'égalité entre les sexes.


Réponse à la question « J'aimerais avoir un emploi technique ». Les jeunes femmes le veulent le moins en Norvège (en bas du graphie) alors que les Ougandaise (en haut) le veulent autant que les jeunes Ougandais.


La vidéo norvégienne ci-dessous  a suscité un débat médiatique, scientifique et politique de premier plan en Norvège.  Depuis ce débat, l’État norvégien a décidé de cesser toutes les subventions aux instituts et associations pro-genre. Ce fut plus particulièrement le cas du Nordisk institutt for kunnskap om kjønn (Institut nordique d'études sur le genre).

La controverse est née du reportage de Harald Eia qui dépeint les sociologues et les chercheurs en études du genre sous une lumière peu flatteuse dans une série télévisée appelée « Endoctrinés ».

Le vacarme avait déjà commencé l'été dernier, plus de six mois avant que la série ne soit prête. Certains chercheurs en sciences sociales qui avaient été interrogés par Eia s’étaient exprimés dans la presse pour dire qu'ils se sentaient bernés et trompés par les méthodes« douteuse s» du journaliste.

Eia est d’abord allé interroger des sociologues norvégiens spécialistes en orientation sexuelle, en éducation, les rôles sexuels, l’orientation sexuelle et la race; des domaines fortement politisés dans la communauté universitaire norvégienne. Puis il a traduit ces entretiens en anglais et les a montrés à des chercheurs renommés britanniques et américains comme Robert Plomin, Steven Pinker, Anne Campbell, Simon Baron-Cohen, Richard Lippa, David Buss, et d'autres. Dire que les chercheurs américains et britanniques ont été surpris par ce qu'ils ont entendu serait un euphémisme.

On attend la même lucidité au Québec face aux supercheries. Québec qui pense souvent être un pays scandinave mais qui — tant sur le plan économique (voir les réformes en Suède) que sociale (ici la remise à plat des tabous féministes) — n'est souvent qu'un pays engoncé dans un gauchisme étroit et dépassé. Gauchisme thérapeutique coûteux qui ne connaît pas de fin. C'est ainsi que, même quand les femmes sont majoritaires dans l'enseignement, il en manquerait encore des milliers, selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec...



La vidéo norvégienne sous-titrée en français (par des tiers)

Rappelons qu'il y avait plus de femmes aux États-Unis dans les professions de haut niveau dans les années vingt et trente du siècle passé que dans les années cinquante et soixante. Avant les programmes gouvernementaux en faveur des féministes... Pour le professeur Thomas Sowell, cela s'explique non pas par l'action des gouvernements mais par l'âge du mariage (qui était relativement tardif dans les années 20 et 30) et la fécondité (qui était basse dans les années 20 et 30). Pour le professeur Sowell, les femmes choisissent des carrières qui permettent de concilier naturellement la maternité et l'emploi : celles qui sont les moins soumises à une rapide obsolescence comme les métiers de l'ingénieur et l'informatique.




Voir aussi









Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Cerveau masculin et cerveau féminin


Pour Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement dans les départements de psychiatrie et de psychologie expérimentale à l'université de Cambridge au Royaume-Uni, il existe un cerveau masculin type et un cerveau féminin type.

Tous les hommes n’ont pas le « cerveau masculin » type, de même que toutes les femmes ne sont pas dotées du « cerveau féminin » type. En d’autre termes, certaines femmes ont un « cerveau masculin » type ou possèdent certaines de ses caractéristiques. Mais plus d’hommes que de femmes ont un cerveau de S type homme, et plus de femmes que d’hommes possèdent un cerveau E de type femme. L’encadré ci-joint souligne le rôle de la culture et de la biologie dans ces différences liées au sexe.

Le cerveau féminin : « empathiser »

Quelles sont les données, selon Baron-Cohen, qui démontrent une supériorité féminine en matière d’empathisation ? Dans les études résumées ici, des différences liées au sexe – de faible amplitude mais significatives – ont été mises en évidence.

1. Partager et attendre son tour. En moyenne, les filles se montrent plus concernées par l’équité tandis que les garçons partagent moins. Dans une étude, les garçons ont fait preuve, en 50 occasions, de plus d’esprit de compétition, les filles ayant été, elles, à 20 reprises, plus disposées à attendre leur tour (Charlesworth & Dzur 1987 : 191-200).

2. Moins enclines à jeux brutaux, turbulents ou « bagarres ». Les garçons se montrent plus « turbulents » (lutte, combat simulé, etc.) que les filles. Bien qu’elles aient une composante ludique, ces pratiques peuvent heurter ou blesser et nécessitent donc un niveau d’empathisation plus bas (Maccoby 1998).

3. Répondre avec empathie à la détresse d’autrui. Les petites filles à partir d’un an (avant que la culture ne puisse vraiment avoir une importance trop grande) se montrent plus concernées par la détresse d’autrui et le manifestent par un plus grand nombre de regards tristes, de vocalisations de sympathie et de réconfort. Plus de femmes que d’hommes disent partager fréquemment la détresse émotionnelle de leurs amis. Les femmes se montrent également plus réconfortantes, même envers des étrangers, que les hommes (Hoffman 1977 : 712-722).

4. Utiliser une « théorie de l’esprit ». À trois ans, les petites filles sont déjà en avance sur les garçons par leur plus grande capacité à inférer ce qu’autrui peut penser ou vouloir faire (Happe 1995 : 843-855).

5. Sensibilité aux expressions faciales. Les femmes, en percevant des nuances subtiles à partir du ton de la voix ou d’expressions du visage, sont meilleures à décoder la communication non verbale ou à jauger le caractère d’autrui (Hall 1978 : 845-858).

6. Questionnaires mesurant l’empathie. Dans beaucoup d’entre eux, les femmes obtiennent des scores plus élevés que les hommes (Davis 1994).

7. Valorisation des relations. Plus de femmes valorisent le développement de relations altruistes et réciproques qui, par définition, requièrent de l’empathisation. À l’opposé, plus d’hommes valorisent le pouvoir, la politique et la compétition (Ahlgren & Johnson 1979 : 45-49). Les filles ont plus tendance à cocher, sur un questionnaire, les réponses mettant en avant les valeurs de coopération et à estimer que l’établissement d’un rapport d’intimité est plus important que celui d’un rapport de domination. Les garçons approuvent ce qui met en avant la compétition plus souvent que les filles et considèrent que le statut social est plus important que la relation d’intimité (Knight et al. 1989 : 125-141).

8. Moins sujettes aux troubles de l’empathie. Des troubles tels que les troubles de la personnalité de type psychopathie et les troubles du comportement sont beaucoup plus courants chez les hommes (Dodge 1980 : 162-170 ; Blair 1995 : 1-29).

9. Agressivité indirecte. Même lorsqu’elle s’exprime à des niveaux normaux, l’agressivité ne peut survenir qu’avec une empathisation réduite. Ici aussi, on constate une nette différence selon les sexes. Le sexe masculin a tendance à se montrer beaucoup plus agressif « directement » (poussant, tapant, boxant, etc.), tandis qu’en général le sexe féminin se montre agressif de façon plus « indirecte » – ou de manière « relationnelle », voilée – par des commérages, des pratiques d’exclusion, des remarques fielleuses, etc. L’agression directe pourrait requérir un niveau d’empathie encore plus bas que l’agression indirecte. Et l’agression indirecte demande une plus grande capacité à inférer les pensées d’autrui que l’agression directe car elle a un impact stratégique (Crick & Grotpeter 1995 : 710-722).

10. Meurtre. Il s’agit de l’exemple extrême du manque d’empathie. Daly et Wilson ont dépouillé des archives d’homicides remontant à plus de sept cents ans dans différentes sociétés (1988). Ils en ont retiré que les assassinats d’hommes par des hommes étaient 30 à 40 fois plus fréquents que les meurtres de femmes par des femmes.

11. Établir un rapport hiérarchique. Les mâles établissent plus rapidement des rapports de domination. Cela reflète pour une part leurs moindres capacités d’empathie, car, en général, une hiérarchie est établie par un individu qui rudoie les autres pour en devenir le meneur (Strayer 1980).

12. Styles langagiers. Le discours des petites filles fait preuve de plus d’esprit de coopération, de collaboration et de réciprocité. De manière concrète, cela se traduit aussi par une bonne capacité des filles à mener de plus longues conversations. Quand elles ne sont pas d’accord, elles expriment généralement leur opinion divergente de manière délicate, employant la forme interrogative plutôt qu’affirmative. Le discours des garçons se déroule plus souvent « à une seule voix » (celui qui parle présentant seul son point de vue). Le discours féminin est plus du type « à deux voix » – les filles passent plus de temps à négocier avec l’autre, essayant de prendre en compte ses désirs (Smith 1985).

13. Parler des émotions. Les femmes entre elles parlent beaucoup plus des sentiments tandis que les conversations des hommes entre eux ont plus tendance à être centrées sur des objets ou des activités (Tannen 1990).

14. Attitude des parents. Il est moins courant pour les pères que pour les mères de tenir leur bébé face à eux. Les mères acceptent plus facilement le choix par l’enfant d’un thème de jeu alors que les pères ont plus tendance à imposer leur propre thème. Et les mères adaptent plus souvent leur langage en fonction de ce que l’enfant est en mesure de comprendre (Power 1985 : 1514-1524).

15. Préférence pour le visage et pour les yeux. Dès la naissance, les petites filles observent plus longuement les visages, et tout particulièrement les yeux, tandis que les petits garçons ont plus tendance à regarder les objets inanimés (Connellan et al. 2001 : 113-118).

16. Il a été démontré qu’en général les femmes maîtrisent mieux le langage que les hommes. Il semble probable qu’une bonne empathisation facilite le développement du langage (Baron-Cohen et al. 1997b : 48-57) et vice-versa ; ces deux phénomènes pourraient donc être liés.

Le cerveau masculin : « systémiser »

Tous les systèmes basés sur des règles sont pertinents pour trouver des données appuyant mon hypothèse. Ainsi les échecs et le football sont-ils de bons exemples de systèmes, a contrario des visages et des conversations.

Systémiser implique de noter trois choses dans l’ordre : la donnée entrée (input), l’opération et le résultat (output). L’opération est le traitement de l’input, ou ce qui lui est arrivé, afin de produire l’output.

1. Jouets préférés. Les garçons sont plus intéressés que les filles par les jouets représentant des voitures, des armes, des blocs de construction et des objets mécaniques, jouets qui offrent tous la possibilité d’être « systémisés » (Jennings 1977 : 65-73).

2. Choix professionnels des adultes. Certains métiers sont quasi exclusivement masculins. Il en est ainsi du travail du métal, de la fabrication des armes, de la manufacture d’instruments de musique ou des industries de construction telles que la construction navale. Ces métiers sont centrés sur la construction de systèmes (Geary 1998).

3. Mathématiques, physique et ingénierie. Elles requièrent toutes un haut degré de systémisation et les hommes prédominent largement dans ces disciplines. Le Scholastic Aptitude Maths Test (SAT-M) est la partie mathématique du test passé au niveau national par tous les élèves souhaitant entrer au collège aux Etats-Unis. Les garçons y obtiennent un score supérieur de 50 points en moyenne à celui des filles (Benbow 1988 : 169-232). Si on ne considère que ceux qui obtiennent des scores supérieurs à 700, le sex-ratio est de 13 hommes pour 1 femme (Geary 1996 : 229-284).

4. Capacités de construction. Dans un test visant à assembler un appareil mécanique en 3D, les hommes obtiennent un score moyen plus élevé que les femmes. Les garçons sont également meilleurs pour construire des bâtiments à partir de plans en 2D. Les briques de Lego peuvent être combinées en un nombre infini de systèmes. Les garçons se montrent plus intéressés par les jeux de Lego. Les petits garçons de trois ans sont aussi plus rapides pour copier des modèles en 3D avec de très grandes pièces de Lego, et les garçons plus âgés (à partir de neuf ans) se représentent mieux l’aspect d’un objet en 3D une fois mis à plat. Ils sont également meilleurs pour construire une structure en 3D à partir de seules vues aériennes et de face (Kimura 1999).

5. Test du niveau d’eau. Originellement mis au point par le psychologue suisse de l’enfance Jean Piaget, ce test consiste à montrer à quelqu’un une bouteille vide inclinée puis de lui demander d’indiquer l’emplacement du niveau d’eau si la bouteille est, par exemple, à moitié pleine. Les femmes sont plus nombreuses à dessiner la ligne de niveau alignée sur l’inclinaison de la bouteille plutôt qu’horizontale comme elle doit l’être (Wittig & Allen 1984 : 305-313).

6. Test de la baguette et du cadre. Si l’appréciation de la verticale d’une personne est influencéepar l’inclinaison du cadre, on dit qu’elle est « dépendante par rapport au champ » (field dependent) : son jugement est facilement influencé par un input étranger au contexte environnant. Si elle n’est pas influencée par l’inclinaison du cadre, on dit qu’elle est « indépendante par rapport au champ » (field independent). La plupart des études montrent que les personnes de sexe féminin sont plus dépendantes du champ – c’est-à-dire plus facilement distraites par le contexte au lieu de considérer séparément chaque variable du système. Elles disent plus fréquemment (de manière erronée) que la baguette est droite si elle est alignée sur le cadre (Witkin et al. 1962).

7. Bonne attention au détail pertinent. C’est un des traits communs essentiels de la systémisation. L’attention au détail pertinent est supérieure chez les hommes. On peut la mesurer avec le test du personnage caché : en moyenne, les hommes localisent plus rapidement et plus précisément le personnage caché dans un dessin complexe plus large (Elliot 1961 : 27-36). Les hommes, en moyenne toujours, détectent plus facilement une caractéristique particulière – qu’elle soit mobile ou immobile (Voyer et al. 1995 : 250-270).

8. Test de rotation mentale. Ici encore, les hommes sont plus rapides et plus exacts. Ce test nécessite de systémiser car on doit traiter chaque élément d’un assortiment présenté comme une variable qui peut être transformée (c’est-à-dire changée de place) et prédire où il va réapparaître (l’output) suite à cette transformation (Collins & Kimura 1997 : 845-849).

9. Lire une carte. C’est un autre test courant de systémisation car il implique, à partir d’éléments en 3D, de prédire leur apparence lorsqu’ils seront représentés en 2D. Les jeunes garçons obtiennent de meilleurs résultats que les filles. Les hommes peuvent également apprendre un parcours en un nombre moindre d’essais, en regardant simplement une carte : ils rapportent plus de détails corrects sur la direction et la distance. Cela suggère qu’ils traitent les éléments de la carte comme des variables pouvant être transformées en 3D. Si on demande à des écoliers d’établir une carte d’un endroit qu’ils n’ont visité qu’une seule fois, les cartes des garçons représentent les caractéristiques de l’environnement de manière plus précise que celles des filles. Un nombre plus élevé de cartes dessinées par les filles comporte des erreurs sérieuses quant à la localisation de repères importants. Les garçons ont tendance à insister sur les routes et les parcours, tandis que les filles donnent plus d’importance à des repères spécifiques (la boutique du coin de la rue, etc.). Ces deux stratégies – utiliser des indicateurs de direction versus des points de repère – ont été abondamment étudiées (par exemple, Galea & Kimura 1997 : 53-65). La stratégie directionnelle est un exemple d’une appréhension de l’espace en tant que système géométrique ; l’importance des rues ou des parcours montre que l’espace est considéré dans les termes d’un autre système, ici un système de transport.

10. Systèmes mobiles. Si on demande à des gens de lancer ou d’attraper des objets en mouvement (tests centrés sur des cibles) comme de lancer des fléchettes ou d’intercepter des balles projetées par un lanceur, les hommes sont, en moyenne, meilleurs. De même, si on demande à des hommes de désigner quel est le plus rapide de deux objets en mouvement, les hommes donnent, en moyenne, des réponses plus correctes (Schiff & Oldak 1990 : 303-316).

11. Systèmes organisationnels. On a demandé aux membres de la tribu Aguaruna du nord du Pérou de classer par espèces une centaine ou plus de spécimens locaux (Atran 1994). Les systèmes de classification des hommes comprenaient plus de sous-catégories (par exemple, ils introduisaient une plus grande différenciation) et avaient plus de cohérence que ceux des femmes. Les critères employés par les hommes Aguruna pour décider de la place de tel ou tel animal ressemblaient plus souvent aux critères taxinomiques utilisés par les biologistes occidentaux – pour la plupart masculins (Atran 1994). La classification et l’organisation impliquent de systémiser car les catégories sont prédictibles. Plus les catégories sont fines, plus le système de prédiction sera performant.

12. Quotient de systémisation. Ce questionnaire a été soumis à des adultes choisis au hasard dans la population générale. Il comprend quarante questions sur le niveau d’intérêt éprouvé par le sujet envers un ensemble de différents systèmes présents dans son environnement (incluant des systèmes techniques, abstraits et naturels). Les hommes y obtiennent de meilleurs scores que les femmes (Baron-Cohen & Reichler 2003a).

13. Mécanique. Le questionnaire de prédiction physique (Physical Prediction Quest, PPQ) est basé sur une méthode mise au point pour sélectionner des aspirants ingénieurs. Le test implique de prédire quels leviers de direction vont bouger quand un mécanisme interne (de roues d’engrenage et de poulies) d’un type ou d’un autre est impliqué. Les scores des hommes sont, de manière significative, plus élevés que ceux des femmes (voir figure 2, Lawson et al. à paraître).



Culture et biologie

À l’âge d’un an, les petits garçons manifestent une préférence marquée pour les vidéos montrant des voitures qui roulent (systèmes mécaniques prédictibles) plutôt que pour les films de visages humains. Les petites filles manifestent la préférence opposée. Toujours au même âge, ces dernières établissent également plus de contacts oculaires avec autrui que les garçons (Lutchmaya & Baron-Cohen, 2002c). Certains chercheurs ont fait l’hypothèse que, même à cet âge, la socialisation pourrait avoir provoqué ces différences liées au sexe. Bien qu’il existe des données en faveur d’une socialisation différenciée contribuant aux différences sexuelles, il est cependant peu probable que cette explication soit suffisante car il a été démontré que, même pour les bébés âgés d’un jour, les garçons regardent plus longuement un objet mobile mécanique (système obéissant à des lois de mobilité prédictibles) qu’un visage (objet quasiment impossible à systémiser) tandis que les nourrissons de sexe féminin montrent la tendance inverse (Connellan et al. 2001 : 113-118). Ces différences de sexe sont donc présentes dès le tout début de la vie. Ce qui soulève la possibilité que, tandis que la culture et la socialisation peuvent partiellement déterminer le développement d’un cerveau masculin (avec un intérêt plus développé pour les systèmes) ou d’un cerveau féminin (avec un intérêt plus développé pour l’empathie), la biologie pourrait aussi jouer un rôle dans ce phénomène. Il existe beaucoup de preuves en faveur de ces deux déterminismes : culturel et biologique (Eagly 1987 ; Gouchie & Kimura 1991 : 323-334). Par exemple, la quantité de contacts établis par le regard à l’âge d’un an est inversement proportionnelle au niveau de testostérone prénatale (Lutchmaya et al. 2002a).

Source en anglais (traduction)

Voir aussi

Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Étude norvégienne — Plus un homme participe aux tâches ménagères, plus il y a risque de divorce





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)