jeudi 8 juillet 2010

Le cours d'ÉCR II - Les hypothèses de solution

Lettre ouverte de Guy Durand publiée dans La Voix de l'Est.

Compte tenu de l'insatisfaction engendrée par l'actuel programme d'Éthique et culture religieuse (ÉCR), quatre voies, en partie complémentaires, sont à explorer en conformité avec le sens de trois notions modernes.

L'école commune vise à favoriser l'expérience de la mixité sociale et l'intégration à la culture commune. Elle n'est pas synonyme d'école uniforme: elle désigne plutôt une école basée sur des valeurs communes qui, en même temps, accepte la diversité et offre des parcours différents pour répondre aux aptitudes et centres d'intérêt divers des jeunes.

La laïcité n'est pas un concept univoque ou un modèle idéal à l'aulne duquel toutes les applications sont évaluées comme plus ou moins laïques. Elle admet plutôt des modèles multiples, y compris des options en enseignement religieux confessionnel, comme dans beaucoup de pays européens (Belgique, Allemagne, etc.), y compris une partie de la France (Alsace-Moselle et certains départements d'outre-mer). Le modèle idéal étant celui qui correspond le mieux à la sociologie, à l'histoire, aux traditions du pays, à la volonté des citoyens, voire des parents.

La mission de l'école est de favoriser le développement intégral de l'élève. La Loi sur l'instruction publique précise qu'elle doit «faciliter le développement spirituel de l'élève». L'école relève d'ailleurs d'une responsabilité partagée: État et parents. Ce qui ne donne pas tous les droits à l'État, ni aux parents tout en leur attribuant une responsabilité indéniable quant au choix de l'école et de ce qui s'y enseigne.

  1. La première voie à mettre en oeuvre urgente et facilement réalisable concerne le droit à l'exemption. Ce droit peut être fondé sur l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique. Plus profondément, il repose sur la liberté de conscience et de religion, laquelle est d'abord un droit naturel, d'ordre éthique, inhérent à la personne du seul fait de son appartenance à l'humanité, fondé sur le respect de la dignité de chaque personne, lié ici à la responsabilité des parents vis-à-vis leurs enfants.
  2. La deuxième voie à explorer concerne les changements importants à apporter au programme actuel d'ÉCR, afin qu'il devienne plus clairement un cours d'éthique et de culture religieuse au vrai sens des mots, et qu'il tienne compte de la psychologie des jeunes et du rôle indispensable des maîtres. Entre autres: présenter les religions de manière continue de sorte que l'élève en ait une vision cohérente et puisse mieux les comprendre. Dans le volet éthique: expliciter davantage les valeurs ou les principes qui servent de base à l'éthique et donc à la formation morale.
  3. La troisième voie à explorer porte sur l'offre d'options confessionnelles, en parallèle avec le cours ÉCR, notamment au primaire où il faut protéger la cohérence avec la famille. Elle s'inspire d'un article du politologue et essayiste Jean-François Lisée. Au sein de l'école publique, les Églises ou groupes religieux disposeraient d'une case horaire disons, une heure le vendredi matin qu'ils aménageraient à leur gré. L'école ou les commissions scolaires exerceraient un certain contrôle des enseignements pour assurer l'ouverture au respect de l'autre, dont un certain pourcentage de temps accordé aux autres religions, par exemple 20 %. La perspective du cours serait différente de ce qu'elle est dans le programme actuel d'ÉCR: elle remplirait cependant partiellement le même objectif .
  4. Une dernière hypothèse consisterait à offrir une option portant sur la culture chrétienne ou l'histoire du christianisme: origine, évolution, éléments d'ordre anthropologique et artistique, valeurs, témoins. Cours axé sur la transmission d'un savoir et clairement distinct d'une approche catéchétique. Cours optionnel ouvert à tous (chrétiens ou non, immigrants ou de souche), destiné à présenter explicitement cette culture qui fait la richesse de l'Occident.

L'auteur, résidant de Dunham, théologien et juriste, est professeur retraité de l'Université de Montréal. Il est l'auteur du livre Le cours ÉCR, au-delà des apparences




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Secularism vs. Freedom of Religion?

A Radio debate on the Quebec Ethics and Religious Culture, the role of religion in the schools, the role of the State, freedom of religion and the public curriculum. The debate deals with the ruling on Loyola High School, a private school, allowing it to give an equivalent ethics and religious culture course from a Catholic perspective.

A panel discussion with host Rob Breakenridge and Jean Morse-Chevrier, president of the Association of Catholic Parents of Quebec and Michael Payton from the Canadian Secular Alliance.

The Rob Breakenridge Show, Corus Entertainment Radio
AM 770 CHQR Calgary, Alberta

Listen: (20 minutes)





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La dernière mode : la philosophie avant l'âge de raison

Paul Clavier est philosophe, professeur à l'École normale supérieure. Il a notamment publié La Cote Argus des valeurs morales (Presses de la Renaissance) et dernièrement Qu'est-ce que le bien ? (Vrin).

LE FIGARO LITTÉRAIRE — Que pensez-vous de cette volonté de mettre la philosophie à la portée des enfants ?

Paul CLAVIER — Cet engouement pour la philosophie, qui se décline à travers des livres intitulés La Philosophie pour les nuls, ou La Philosophie expliquée à ma fille, n'est pas mauvais en soi. En revanche une partie de cette littérature est trop bêtifiante. Les enfants, par leur naïveté et leur franchise, savent poser de bonnes questions. On leur propose des réponses infantiles. Je me souviens avoir lu un ouvrage de ce type sur le thème de la guerre, qui aboutissait à cette conclusion : « La guerre, il ne faut pas la faire. » Alors quoi, la “collaboration dans l'honneur” ? Si c'est cela faire de la philosophie, c'est bien dommage.

Ces ouvrages ne seraient donc pas nécessaires ?

Je ne veux pas avoir de mépris à leur égard. On a dit de Camus qu'il était un philosophe pour classes de terminale. Je trouve que L'Homme révolté est plus éclairant sur notre temps que bien des ouvrages de philosophie. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut accepter que certaines réponses ne soient pas fournies sur le mode de l'immédiat : « Ceux qui font la guerre sont toujours méchants. » Et on ne rend pas forcément service aux enfants en leur faisant croire qu'ils vont avoir une réponse au bout de quarante pages.

N'est-ce pas plutôt le parent que l'on cherche à rassurer ?

On comble en effet une angoisse des parents. Ils ne se sentent plus légitimes pour répondre à des questions existentielles et s'en remettent donc à des experts. Dans ce cas, ils se cachent derrière l'autorité du philosophe. C'est une forme de démission, par rapport au devoir de transmission qui leur incombe. Du point de vue du marketing, par contre, c'est une véritable réussite.

Ces ouvrages ne remplissent-ils pas un rôle que pouvaient auparavant tenir en partie la leçon de morale républicaine ou le catéchisme ? Au-delà de la morale républicaine et du catéchisme, les enfants pouvaient commencer à construire certaines réponses à leurs questions dans les contes ou les grands récits de fiction. Or l'imaginaire proposé aux enfants a tendance à se réduire au virtuel ou aux effets spéciaux. S'interroger sur la mort à partir de Kill Bill ou en lisant Le Petit Prince, ce n'est pas tout à fait la même chose. On comprend que pour combler ce déficit d'imaginaire constructif, on veuille servir aux enfants une philosophie moins violente et plus appropriée à leurs jeunes estomacs.




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Espagne — Plainte contre l’éducation à la citoyenneté devant le parlement européen

ROME, Mardi 6 juillet 2010 (ZENIT.org) - Une délégation de l’association espagnole « Professionnels pour l’éthique », conduite par son président, Jaime Urcelay, a présenté mardi 29 juin, au siège du parlement européen, à Bruxelles, un rapport élaboré par l’association sous le titre « La version espagnole d’éducation à la citoyenneté  : une agression à la liberté d’instruction en Europe », expliquant la dimension européenne du conflit qui intéresse un millier de famille espagnoles.

Selon ce qu’a déclaré Jaime Urcelay devant une cinquantaine d’eurodéputés du Groupe populaire européen (majoritaire au parlement), « se protégeant derrière la Recommandation 12/2002 du Conseil européen et d’autres directives européennes, le gouvernement espagnol a inséré en 2006, sans le consensus souhaitable, un ensemble de matières scolaires formant un programme, obligatoire et évaluable, appelé « Éducation à la citoyenneté (EpC) », ont rapporté à ZENIT les « Professionnels pour l’éthique ».

« Même si la dénomination des nouvelles matières scolaires espagnoles peut coïncider avec celle des matières existantes dans d’autres pays européens, a expliqué Jaime Urcelay, les différences sont importantes. En Espagne, les matières d’EpC sont obligatoires et évaluables, elles sont expressément destinées (selon le programme légal) à former la conscience morale des élèves, en s’introduisant dans leurs valeurs et dans l’intimité personnelle et familiale ».

Pour sa part, Leonor Tamayo, coordinatrice de la campagne d’objection à l’EpC, a rappelé que les parents espagnols ont présenté, ces trois dernières années, 55.000 déclarations d’objection de conscience à ces matières, refusant que ses propres enfants assistent aux leçons correspondantes.

« Le conflit, a déclaré Leonor Tamayo, a donné lieu à plus de 2.000 procédures judiciaires toujours en cours même si le Tribunal suprême (dans un vote très controversé) a rejeté la possibilité pour les parents de faire objection contre ces matières. Le 19 mars dernier, 305 espagnols ont présenté un recours contre l’Etat au Tribunal européen des droits de l’homme à Strasbourg pour atteinte aux droits fondamentaux. Le recours inclut 105 cas de jeunes élèves pris à partie pour avoir contester des matières de l’EpC ».

Jaime Urcelay a conclu affirmant que « cette réalité appelle à une prise de conscience de la part des institutions de l’Union européenne et, en particulier, de la part des représentants de la citoyenneté à l’assemblée parlementaire. Le conflit de l’EpC a franchi les frontières espagnoles et a pris une dimension européenne, vu que sont en jeu les droits fondamentaux sur lesquels veille la législation communautaire ».

Pour cette raison, Jaime Urcelay a annoncé la création d’un Réseau européen pour la liberté d’instruction, une initiative partie des « Professionnels pour l’éthique », pour encourager l’échange d’informations et d’expériences et la coordination d’actions entre les entités européennes qui défendent la liberté des parents à éduquer leurs propres enfants.

À noter par ailleurs, une intervention du vice-président du Groupe populaire européen, Jaime Mayor Oreja, au nom des députés européens, qui a remercié l’association de ses efforts et de sa visite à Bruxelles pour présenter ce travail.

Voir aussi 

L'Espagne poursuivie par des parents devant la Cour européenne

Espagne — les tribunaux régionaux continuent d'accorder le droit d'exemption




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Brief Legal Summary of the Loyola Ruling by Justice Dugré

Loyola High School v. Courchesne, Superior Court (S.C.), Montréal, QC, CANADA, 500-17-045278-085, Justice Gérard Dugré, judgment rendered On June 18, 2010 and reported at 2010 QCCS 2631, SOQUIJ AZ-50647607, 2010EXP-2071, J.E. 2010-1137 (91 pages).

Motion to quash a decision rendered by the Quebec Minister of Education, Recreation and Sports, and application to be exempted from the Ministerial Ethics and Religious Culture (ERC) program on the grounds that the school teaches that subject using its own program. Granted.

Facts

The applicant, Loyola High School, is a Jesuit-administered Catholic confessional educational institution. Loyola filed an application to be exempted from teaching the Ministerial ERC program under the first paragraph of section 22 of the Regulation respecting the application of the Act respecting private education because it is incompatible with its mission and convictions, primarily because it inculcates a relativist philosophy commonly called "normative pluralism". It applied for the exemption on the grounds that it dispenses an equivalent program. The Minister of Education, Recreation and Sports dismissed its application, hence the action instituted by Loyola. The Minister asserts that she has broad discretion under the first paragraph of section 22 of the Regulation and that her decision is reasonable and should not be quashed. Regarding the issue of freedom of religion, she states that because Loyola is a legal person, it cannot allege infringement of freedom of religion. She argues that her ERC program does not infringe Loyola's freedom of conscience and of religion and, even if such an infringement occurred, it is warranted in a free and democratic society.

Decision

The exemption provided for in the first paragraph of section 22 of the Regulation is automatic if an equivalent program is dispensed by the educational institution. The word "equivalent" must be construed in accordance with their ordinary meaning. The Minister is not competent to define the term "equivalent" or to determine criteria of equivalence. She only has a non-discretionary power, namely to decide whether or not Loyola's program is, within the ordinary meaning of the word, "equivalent" to the program established by the Minister. In the case under consideration, if the Minister decides erroneously that a program is not equivalent, she has exceeded her jurisdiction. Therefore, the standard of judicial review to be applied to her decision is the correctness of her decision. Four of the six grounds of the impugned decision are based on the distinction between the ERC program approach, which is cultural, and the Loyola program approach, which is confessional. The four grounds raised by the Minister are erroneous and amount to an excess of jurisdiction. The ordinary meaning of the word "equivalent" does not involve any such distinction or exclusion.

The power delegated to the Minister under the Regulation is the power to "judge", not the power to "legislate". She is not empowered to define standards of equivalence or to delegate a power that she does not have to the civil servants who reviewed the application for exemption. She failed to take into account highly relevant facts, namely that the program is dispensed by a private Catholic confessional school and that the parents and students of that school want all courses to be taught in accordance with the precepts of the Catholic church and the Catholic religion.

The Minister refused to grant the exemption on the grounds that in granting an exemption she would be authorizing a mandatory course in religion thereby contravening the Quebec Charter of Human Rights and Freedoms and the Canadian Charter of Rights and Freedoms. Her refusal is wrong and unreasonable, firstly because it is premature to presume that had she granted the exemption applied for, there would be contestations based on the charters, and secondly because the values of the charters must be taken into account only where the wording of a statute is ambiguous, which is not the situation in this case. Even in the event of ambiguity, the combined effect of the principles stated in sections 3, 41, 42, 52, 53, 54 and subsection 56 (3) of the Québec Charter confirm Loyola's entitlement to the exemption under the first paragraph of section 22 of the Regulation, because such quasi-constitutional provisions in regulatory measures must be construed and applied as they are written. The two other grounds raised by the Minister in her decision, namely the acquisition of skills in dialogue, and the teacher's role, are pretexts. A reading of the exhibits tendered into evidence unequivocally confirms that the program dispensed by Loyola covers both aspects. Moreover, the Minister could not add laicity as a prerequisite to program equivalency. She applied an irrelevant consideration; it is the program that must be equivalent or comparable, not the manner in which the mandatory ERC content is taught.

Notwithstanding that since enactment of a 1997 constitutional amendment, confessional schools are no longer entitled to constitutional protection, the Québéc legislator has allowed schools to retain their confessional recognition. The Minister may require a public secular school to teach the ERC program in a secular manner, but she cannot prevent a private confessional school from dispensing ERC according to confessional precepts.

Application of correctness as the standard of judicial review requires that this Court determine if both programs are "equivalent" within the meaning of the first paragraph of section 22 of the Regulation. The word "equivalent", used as a qualifying adjective in that paragraph, commonly means, "that which has the same value or function". In using that word, the government has not required that both programs be the same. The content of both programs is similar, if not the same. The objectives are similar, hence equivalent. The skills of dialogue targeted by both programs involve two interactive aspects, namely internal deliberation and the exchange of ideas with others. The ERC program's secular approach and the Loyola program's Catholic confessional approach cannot prevent a finding of program equivalency. The cultural approach promoted by the ERC program is not in any manner incompatible or irreconcilable with the confessional approach required by Loyola's religious precepts.

The Minister argued that were she to approve Loyola's confessional program, she would be making a course in religion mandatory, in contravention of the charters. That argument is unfounded and indicates an excess of jurisdiction in her decision because, on that legal basis, she has excluded a confessional program for teaching ERC in a private Catholic school from the definition of the word "equivalent", from the outset and without any evidence or complaint. As regards the constitutional aspect of the decision, the Supreme Court of Canada has yet to rule on the right of a legal person to invoke freedom of religion under the Canadian charter. However, as the impugned decision emanates from a Québéc minister and is based on a Québéc regulatory provision, the Court should limit itself to application of the Québec Charter. The proper standard of judicial review is correctness of the impugned decision given that this is a review of a ministerial decision conducted in light of the principles set forth in the Québec Charter.

Loyola is a non-profit company incorporated under Part III (ss. 216 to 233) of the Companies Act. The attribute of legal personality should not deprive a group or grouping of persons of the fundamental rights protected by the charters.

Freedom of religion and freedom of religious expression are an integral part of the fundamental basis of the primacy of the law, a principle that benefits all persons and is not limited solely to human beings. In section 3 of the Québec Charter, the legislator used the word "person" and not the term "human being". Moreover, the designation "person" is defined by the Québéc legislator as including natural and legal persons. That section of the Charter included legal persons such as Loyola. The school asserts the right to teach the mandatory ERC subject matter in the general secondary curriculum using its own confessional program. That right, like freedom of religious expression, is included in the expression "freedom of religion" and is therefore protected by the Québec Charter. Loyola students and parents must sign an undertaking to the college that covers the religious aspect. Parents must exercise their parental authority, which includes education and religion, in the greater interests of their children.

The Québec Charter recognizes the parental right to ensure the religious and moral education of their children in accordance with their convictions. That right is not limited to the home and places of worship. It must be interpreted as including the private educational institution in which parents choose to have their children educated and instructed. No statutory standard prevents Loyola from being a Catholic confessional educational institution. It should therefore be allowed to teach all subjects in accordance with the catholic confessional approach.

In Syndicat Northcrest v. Amselem (S.C. Can., 2004-06-30), [2004] 2 S.C.R. 551, the Supreme Court held that, to trigger freedom of religion, the applicant must demonstrate that he or she sincerely believes in a practice or belief that has a nexus with religion and that the impugned conduct of the third party amounts to a non-trivial or non-insubstantial interference with the exercise of that practice or belief. In the case under consideration, Loyola and its members are sincerely convinced that to fulfil its mission as a Catholic confessional educational institution, the school must teach ERC using its own program and in accordance with Catholic precepts. The Minister's decision qualified in light of Greater Vancouver Transportation Authority v. Canadian Federation of Students — British Columbia Component and British Columbia Teachers’ Federation (S.C. Can., 2009-07-10), [2009] 2 S.C.R. 295, is not a rule of law and therefore cannot be protected under section 9.1 of the Québec Charter.

In addition, the trivial infringement test is not satisfied in the case under consideration. The Minister had several solutions available to her to avoid infringing a right protected by the Québec Charter. Moreover, according to the reasoning of Justices Deschamps and Abella in Multani v. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (S.C. Can., 2006-03-02), [2006] 1 S.C.R. 256, recourse to a constitutional law justification is not appropriate where, as in the case under consideration, what must be assessed is the propriety of an administrative body’s decision relating to human rights.

Lastly, to allow the Minister to attempt to justify her decision would in itself result in an excess of jurisdiction. Her decision is therefore quashed. It is hereby declared that pursuant to the first paragraph of section 22 of the Regulation, Loyola is exempted from being required to use the program established by the Minister to teach the mandatory subject of ERC.

Lastly, Loyola is hereby authorized to teach ERC using its own program.



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jeudi 1 juillet 2010

Le cours ECR par Guy Durand

Lettre ouverte de Guy Durand envoyée à la Voix de l'Est.

Le jugement du tribunal dans l'affaire du collège Loyola à propos du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR) vient contredire, en grande partie, celui de la même cour lors du procès de Drummondville. Dans un cas, les parents dont les enfants fréquentaient une école publique se voient refuser la demande d'exemption du cours, demande basée sur le respect de leur liberté de conscience et de religion; dans l'autre, une école privée se voit reconnaître, au nom de cette même liberté, le droit de présenter un programme dit équivalent au programme officiel, mais conçu dans la perspective chrétienne de l'institution. Ces jugements appellent plusieurs remarques.

Premièrement, on ne peut s'empêcher de penser que les juges interprètent souvent, voire toujours, les lois à partir de leurs convictions personnelles. Que ce soit évident ou non, consciemment ou non, le présent cas confirme plusieurs études connues. Malgré l'importance des tribunaux, ceux-ci ont des limites importantes surtout dans des questions d'intérêt général.

Deuxièmement, tel que les tribunaux viennent de le décider, il y a un traitement différent accordé aux élèves selon qu'ils sont inscrits dans une école publique ou dans une école privée, à savoir dans une école où les parents paient une partie des frais d'inscription, donc dans une école où les parents ont de l'argent à moins que l'élève ne reçoive une bourse d'études ou des convictions profondes qui justifient à leurs yeux les dépenses engagées au-delà des taxes générales.

Troisième remarque: le jugement renvoie à une question de fond, celle de la pertinence pédagogique du programme d'ÉCR. Or on y trouve une présentation de la religion et de l'éthique contestable sur plusieurs points. Par exemple:
  1. Dès le premier cycle du primaire, donc à des enfants de 6-7 ans, le programme demande d'enseigner huit religions (catholicisme, protestantisme, judaïsme, spiritualités autochtones, islam, bouddhisme, hindouisme, orthodoxie), à quoi il ajoute «autres religions» et «autres expressions», soit sectes et athéisme.
  2. Toutes les religions et les conceptions séculières sont mises sur le même pied. Et elles côtoient des mythologies avérées ainsi que des fables et des contes animaliers.
  3. Les éléments des religions sont présentés de manière superficielle. On se limite à la face extérieure des religions (rituels et symboles, objets et lieux de culte, célébrations, fêtes, fondateurs), sans signaler adéquatement ce qui en constitue le coeur, la signification et la cohérence.
  4. Les éléments des religions sont, d'ailleurs, présentés de manière morcelée, fragmentée, sans que l'élève ne puisse saisir la signification profonde de la religion ou le sens qu'elle pourrait donner à sa vie.
  5. À propos de l'enseignement de l'éthique, à part quelques allusions à la Charte des droits de la personne qui évoque une éthique juridique et individualiste , l'éthique est toute basée sur la tolérance, la discussion, la recherche de consensus.
Bref, sous prétexte de pluralisme et de tolérance, le programme propose une sorte de relativisme religieux et éthique. Il est antipédagogique, notamment pour des jeunes du primaire. Il constitue souvent une rupture avec les valeurs de la famille. Et incidemment, sur un autre plan, il renforce le multiculturalisme canadien au lieu de favoriser l'intégration à la culture québécoise.

Quatrième remarque, enfin, du point de vue démocratique, en s'en remettant aux tribunaux, le gouvernement abdique sa responsabilité de trouver l'aménagement social et politique adéquat à un sain équilibre entre la volonté des uns et des autres citoyens. C'est à lui de se remettre à la tâche.

À suivre dans un autre texte: les hypothèses de solution.

L'auteur, résidant de Dunham, théologien et juriste, est professeur retraité de l'Université de Montréal. Il est l'auteur du livre Le cours ÉCR, au-delà des apparences.




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Louis O'Neill : Liberté de choix au royaume de la laïcité

L'ancien ministre Louis O'Neill sur le jugement Dugré.

Première retombée du jugement Dugré, dans l’affaire Loyola : l’embarras du premier ministre du Québec qui, réagissant de façon improvisée, en appelle d’une décision qui pourtant n’a rien de catastrophique puisqu’elle ne fait que confirmer l’importance de certaines valeurs qu’il convient de promouvoir dans une société démocratique : la liberté religieuse, le respect des droits des parents en éducation, la liberté de choix. Au lieu de se hâter d’en appeler de ce jugement, il eut été plus approprié de s’interroger sur la pertinence d’un enseignement étatique obligatoire susceptible de porter atteinte aux convictions spirituelles et éthiques de milliers de parents et de jeunes.

Deuxième retombée : la réaction de la chef de l’opposition, non moins embêtée qui, réagissant aussi à la hâte, est d’accord pour interdire à un établissement privé d’intégrer au curriculum régulier un enseignement équivalent au programme officiel, mais marqué en sus d’une tonalité spirituelle particulière. Apparemment, ce projet heurte ses convictions laïques.

Faut se rappeler qu’en cette matière la chef de l’opposition a suivi un cheminement pour le moins sinueux. Il fut un temps où elle s’engageait à défendre non seulement le droit à un enseignement religieux mais même à respecter le statut confessionnel des établissements scolaires. Puis elle a changé de camp. La voici devenue militante fervente d’un laïcisme en apparence pur et dur. Elle dit craindre qu’on en revienne au Moyen Âge. Au fait, que sait-elle de cette époque médiévale chrétienne ? Il a connu la grandeur, ce temps où vécut et enseigna Thomas d’Aquin, qui s’efforçait de démontrer qu’il existe une connexion étroite entre la foi chrétienne et la raison. Il ne pensait pas que le fait de croire nuise à la vigueur intellectuelle, ni que la non-croyance offrît une garantie contre l’anémie de l’esprit.

Car ce fut là un grand projet médiéval : arrimer foi chrétienne et raison. Une raison autonome sous l’éclairage de la foi , celle-ci remplissant la fonction d’éclairage , de lumen sub quo. C’est le même objectif que poursuivent les enseignants de Loyola, auquel ils ajoutent celui de faire connaître à leurs étudiants les grandes composantes de l’humanisme chrétien. D’une génération à l’autre l’établissement s’est acquitté de cette tâche avec compétence et succès. Faut-il lui interdire de poursuivre désormais une mission aussi noble ?

L’empressement du premier ministre d’en appeler du jugement Dugré étonne d’autant plus que le personnage donne l’impression d’avoir des convictions élastiques. Il semble peu enclin aux visées de longue portée.

Ce n’est pas dans son genre de vouloir changer le cours de l’histoire.

Dans le cas de la chef péquiste, c’est plus inquiétant. Elle transporte dans ses bagages le projet d’une nouvelle société, d’un monde différent. D’où la question : de quoi sera fait ce monde nouveau ? Par exemple, quelle place y va-t-on accorder à la liberté de conscience et de religion et aux droits des parents en éducation ? Sans doute que le Québec souverain de demain ne risque pas de ressembler à une sorte de république de style islamique revêtue d’une défroque laïque intégriste. Mais encore, pour se sentir rassuré, il ne serait pas superflu qu’on en sache plus sur ce pays nouveau auquel rêve la chef péquiste. Il sera laïque, soit, et cela sied bien, car la laïcité est une vertu partout vantée. Mais de quelle étoffe sera tricotée cette laïcité nouvelle : ouverte ou fermée, aérée ou constipée, en continuité avec le passé ou en rupture avec lui, capable d’un minimum d’empathie face aux valeurs de souche chrétienne ou habitée par la culture du ressentiment ? Voilà une question complexe qui mérite qu’on s’y attarde.

En attendant une réponse qui pourra nous éclairer sur ce que sera le Québec de demain, il apparaît souhaitable qu’on trouve un accommodement raisonnable qui permette à un établissement scolaire hautement renommé de poursuivre la mission éducatrice de qualité dont il s’acquitte depuis un siècle et demi. Autrement dit, ce serait plus que pertinent qu’on fiche la paix à cette institution héritière d’une grande et belle tradition qui remonte à saint Ignace de Loyola.

LOUIS O’NEILL
Juillet 2010




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lundi 28 juin 2010

Guy Durand. Le cours d’ECR. Au-delà des apparences

Le philosophe Jean Laberge aborde sur son carnet le jugement Loyola et le livre de son homologue Guy Durand sur le programmme ECR.

 L’« affaire ECR » — selon le mot consacré de Louis Cornellier — continue toujours de susciter la controverse. Le 18 juin dernier, en effet, le juge de la Cour supérieure, Gérard Dugré, reconnaissait le droit à l’école secondaire Loyola d’enseigner ECR dans une perspective catholique. Le jugement a évidemment suscité l’indignation des partisans d’ECR, dont la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, qui a déclaré que «¸ c’est un très grand recul ». Le gouvernement, lui, songe à porter en appel le jugement. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la teneur des propos du juge Dugré qui liait ECR à l’Inquisition : « L’obligation imposée à Loyola d’enseigner la matière ECR de façon laïque revêt un caractère totalitaire qui équivaut, essentiellement, à l’ordre donné à Galilée par l’Inquisition de renier la cosmologie de Copernic ».


Le moins qu’on puisse dire c’est que le juge Dugré n’y est pas allé de main morte. Est-ce vraiment le cas ? Le juge avait-il raison de comparer ECR à la sainte Inquisition ? À lire l’essai de Guy Durand, Le cours d’ECR. Au-delà des apparences (Guérin, 2009), on se prend à se réveiller d’un cauchemar digne de l'Inquisition. D’après l’auteur :

« La conception et l’imposition du cours ECR prend place à l’intérieur d’un processus de déconfessionnalisation des écoles publiques en marche depuis une vingtaine d’années, ainsi que dans le cadre d’une Réforme pédagogique elle-même en marche depuis plusieurs années. Quand on examine ce qui s’est passé, on ne peut que déplorer les atteintes à la démocratie et les dérives de raisonnement auxquelles cette histoire a donné lieu : population mal informée, voire trompée à plusieurs occasions, fausses justifications servies, processus d’implantation inadéquat, etc. » (chapitre II, p. 51).


Le lecteur aurait tout intérêt à lire (ou relire) ces pages du livre de Durand dans le contexte du jugement récent de la Cour supérieure. Il y apprendra bien des choses qui éclaireront la suite des événements et lui permettront de porter son propre jugement sur toute l’« affaire ECR ».

Au plan philosophique, le lecteur y trouvera aussi son compte. Critiquant la position « pluraliste » de Georges Leroux suivant laquelle «la vérité existe mais ne peut être que le fruit d’un consensus général», Durand écrit  :

« …selon moi, il y a une méprise entre le moyen, la poursuite de la vérité par la réflexion, le dialogue et la discussion, et la fin, soit la vérité elle-même. À mon sens, la Vérité existe et il faut toujours la rechercher en allant chacun au bout de ses efforts pour l’atteindre, établissant en cours de route des convictions personnelles, même si on ne peut jamais avoir la certitude absolue de l’avoir atteinte. » (p. 12)

La distinction entre le moyen (le dialogue réflexif) et la fin (la vérité), qu’évoque le théologien, est fort éclairante. L’adepte du pluralisme comme Leroux confond en effet le la fin et le moyen, car la vérité n’est autre, en bout de piste, que le consensus obtenu par le dialogue. Le pluralisme n’admet pas quelque chose comme une Vérité indépendante du processus de recherche.

Il n’y a rien de surprenant à cela puisque le pluralisme de Leroux est calquée sur celui du de Rawls. En effet, la justice résulte, selon Rawls, du moins dans le contexte d’une démocratie, de l’accord obtenu entre les participants discutant publiquement. La justice est procédurale : « …la justice procédurale pure s’exerce quand il n’y a pas de critère indépendant pour déterminer le résultat correct ; au lieu de cela, c’est une procédure correcte ou équitable qui détermine si un résultat est également correct ou équitable, quel qu’en soit le contenu, pourvu que la procédure ait été correctement appliquée. » (Théorie de la justice, p. 118) Pour bloquer la régression à l’infini qu’engendre la justice procédurale, Rawls en appel donc au consensus obtenu. On pourrait dire la même chose pour ce qui concerne la vérité : c’est essentiellement une affaire de consensus obtenu à l’aide d’une procédure « correcte ». Le problème, comme on le voit, c'est qu'on présuppose une procédure « correcte ». Il faut s'entendre là-dessuss, et ainsi de suite ad infinitum...

Dans la conception rawlsienne libérale de la vérité, celle-ci n’existe pas indépendamment des jugements des citoyens, telle une autorité suprême, un dictateur, Dieu, ou quoi que ce soit d’autre : la vérité résulte de la convergence des jugements, c’est-à-dire de l’accord de tous. Tous peuvent donc errer ; ce qui importe, toutefois, c’est le consensus. Voilà la conception de la vérité au cœur de ECR qui, on le constate, est parfaitement aberrante. Est-ce cela que mérite nos enfants ?

Nous sacrifions leur éducation sur l'autel du libéralisme. Dans La Duchesse de Langeais, Balzac fait dire à la duchesse, devant la cour par trop insistante du marquis de Montriveau: « Taisez-vous, ne parlez pas ainsi ; vous avez l’âme trop grande pour épouser les sottises du libéralisme, qui a la prétention de tuer Dieu ». Nietzsche annonça la mort de Dieu; le libéralisme l'avait déjà tué. La satanée liberté des modernes aura en effet coûté un prix élevé à l’humanité. C’est à son prix que la vérité sera sacrifiée pour celle de chacun et de tous. Le cours ECR coule depuis lors de source.

Jugement Loyola — Communiqué du président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

28 juin 2010

Le juge Gérard Dugré, de la Cour supérieure du Québec, vient de donner raison au Collège Loyola, qui affirme respecter les exigences de la loi en donnant un programme équivalent au cours obligatoire d’Éthique et Culture religieuse mais dans une perspective confessionnelle qui s’inscrit dans le cadre de son projet éducatif catholique.

Ce jugement apporte un éclairage nouveau sur une question fort complexe et ouvre de nouvelles voies pour qui s’intéresse à la mise en place, dans nos écoles, d’une véritable formation au pluralisme et à la diversité religieuse.

Le développement d’un tel programme par Loyola fait valoir le point de vue que la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun — les deux grandes finalités du cours d’Éthique et Culture religieuse — ne sont pas menacées quand on y est initié dans un cadre confessionnel sérieux. Connaissance de soi et respect de l’autre vont de pair et nul n’est mieux préparé à accueillir la différence en matière de foi et de croyances que celui ou celle qui a appris à trouver dans sa propre identité spirituelle et religieuse les fondements de l’accueil, du respect et du dialogue.

Nous ne pouvons qu’accueillir avec satisfaction la reconnaissance par la Cour supérieure de la légitimité de cette approche.


Quand la création du programme d’Éthique et Culture religieuse avait été annoncée, en remplacement du régime d’option entre enseignement religieux et enseignement moral, nous nous étions engagés publiquement, malgré notre déception de voir disparaître la liberté de choix des parents, à maintenir « une attitude d’ouverture et de prudence..., critique et vigilante ».  C’est dans cette perspective qu’en septembre dernier, nous avions exprimé à la Ministre de vives inquiétudes sur les modalités concrètes d’application du nouveau programme au cours de sa première année. Nous avions en particulier mis en évidence les lacunes dans l’implication des parents, premiers responsables de l’éducation de leur enfant. Ils devront être mieux informés et écoutés, écrivions-nous.

Nous avions alors rappelé à la Ministre ce que nous avions dit dans notre déclaration du 17 mars 2008 : « L'Assemblée des évêques a toujours exprimé sa préférence pour le respect du choix des parents en matière d'éducation morale et religieuse. C'est pourquoi elle a favorisé l'établissement d'un régime d'options entre un enseignement confessionnel et un enseignement moral sans dimension religieuse. Cette liberté de choix disparaîtra avec l'implantation du nouveau programme. Cela représente à nos yeux une perte et nous estimons qu'il faudra demeurer très attentifs au respect intégral de la liberté de conscience dans le nouveau con-texte qui vient d'être créé. » 
 
+ Martin Veillette
évêque de Trois-Rivières
président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec




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Canada — Do We Still Have Religious Freedom ?

In this program, Radio Maria interviews Suzanne Lavallee from Drummondville, Quebec. Her family has been forced to go to the Supreme Court of Canada to rule on whether they have the constitutional right to exempt their children from the Ministry mandated secular course called, Ethics and Religious Culture. Suzanne's legal struggle to have her children taught the Catholic faith shows the present difficulties faced by families when the province imposes a moral and religious curriculum. This is a battle for religious freedom and to keep religion in the public square.
Listen: (28 minutes)




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