vendredi 10 octobre 2025

Moins de catéchisme, moins d’enfants : quand la fin de l’enseignement religieux façonne la société allemande

La suppression progressive des cours religieux obligatoires dans les écoles allemandes entre 1972 et 2004 a laissé une empreinte durable sur les adultes d’aujourd’hui : pratiques religieuses réduites, revenus et emploi en hausse… mais moins d’enfants. Cette étude montre que l’école ne se contente pas de transmettre des savoirs : elle façonne profondément croyances, comportements et choix de vie.
 
Une étude publiée en octobre 2025 dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow apporte un éclairage rare sur la manière dont l’école façonne durablement les croyances religieuses et certains comportements de vie.

L’école peut façonner les croyances et comportements bien au-delà de l’acquisition de connaissances. C’est la conclusion d’une étude publiée dans le Journal of Human Resources par Benjamin Arold, Ludger Woessmann et Larissa Zierow, qui s’appuie sur l’expérience allemande unique d’une abolition progressive de l’enseignement religieux obligatoire entre 1972 et 2004. Environ 1000 heures de cours religieux sur la scolarité, soit plus de quatre fois le volume consacré à la physique, sont devenues optionnelles dans différents Länder, les élèves pouvant choisir entre religion et cours d’« éthique » non religieux.

Pour mesurer l’impact de cette réforme, les auteurs exploitent trois grandes enquêtes représentatives : le National Educational Panel Study (NEPS), le German General Social Survey (ALLBUS) et le German Socio-Economic Panel (SOEP). Leur base fusionnée contient jusqu’à 58 000 observations d’adultes entrés à l’école primaire entre 1950 et 2004. L’approche économétrique utilise un modèle à effets fixes sur l’état et la cohorte, contrôlant pour les caractéristiques individuelles, et compare les trajectoires des élèves exposés ou non à l’enseignement religieux obligatoire.

Les résultats sont clairs : la fin des cours religieux obligatoires réduit significativement la religiosité à l’âge adulte. Les anciens élèves pratiquent moins la prière, fréquentent moins l’église et adhèrent moins souvent à une Église, avec des effets plus marqués dans les régions majoritairement catholiques. Les analyses temporelles indiquent que l’effet sur la prière se développe progressivement, tandis que celui sur l’adhésion à l’Église correspond à un changement quasi immédiat.

La réforme a également des conséquences sur la vie économique et familiale. Les adultes ayant suivi des parcours scolaires plus séculiers affichent une participation accrue au marché du travail, plus d’heures travaillées et des revenus plus élevés, tandis que leur fécondité diminue, reflétant la moindre influence des valeurs religieuses sur les choix familiaux. En revanche, aucun effet n’est observé sur les valeurs éthiques (réciprocité, confiance, bénévolat, satisfaction de vie) ni sur les valeurs politiques (intérêt politique, vote, satisfaction de la démocratie).

Loin d’être neutre, la place donnée à la religion — ou à son absence — dans les programmes scolaires semble façonner la sécularisation et certains choix de vie au cœur des sociétés modernes. 

La robustesse des résultats a été testée de multiples manières : aucune relation n’est observée avec des variables placebo comme la durée de scolarité ou l’âge du premier emploi, et les effets demeurent stables en contrôlant d’autres réformes éducatives contemporaines ou en comparant des comtés voisins situés de part et d’autre des frontières d’État. Les auteurs confirment également la fiabilité de leurs estimations avec des tests récents sur les modèles à deux effets fixes.

En résumé, cette étude illustre la puissance durable de la socialisation scolaire sur la religiosité et certains choix de vie. La place accordée à la religion à l’école influence non seulement la pratique spirituelle mais aussi les comportements économiques et familiaux, renforçant l’idée que l’éducation façonne profondément la société.


jeudi 9 octobre 2025

Danemark : le retard scolaire n'est pas comblé après plusieurs générations pour les non-Occidentaux

Ce bref article propose un survol de la performance scolaire des immigrés au Danemark, en mettant particulièrement l’accent sur le degré d’assimilation observé d’une génération à l’autre.

Première génération : une progression initiale limitée

Une récente étude issue des travaux de Hassan et al. (2023) met en lumière les résultats scolaires des réfugiés au Danemark. Sans surprise, ces derniers accusent, à leur arrivée, un retard beaucoup plus marqué en danois qu’en mathématiques — un écart aisément compréhensible compte tenu de la barrière linguistique.


Au fil du temps, on observe des progrès dans les deux matières, mais nettement plus prononcés en danois. Après environ sept années, les résultats tendent à se stabiliser : l’écart entre les matières s’estompe, mais le niveau moyen demeure à environ un demi écart-type en dessous de la moyenne nationale — et légèrement plus bas encore que celui des natifs danois. Passé ce point, le rattrapage ne progresse plus de manière importante. C’est statistiquement significatif. Ce n’est pas énorme, mais c’est un retard réel et stable, surtout quand il ne se comble plus avec le temps.

De la première à la deuxième génération : des gains substantiels

Les enfants d’immigrés — communément appelés immigrés de seconde génération — présentent des résultats scolaires sensiblement meilleurs que leurs parents. Cela ne saurait étonner, dans la mesure où ces enfants grandissent au sein du système scolaire danois, avec le danois pour langue maternelle — un avantage dont leurs parents ne bénéficiaient pas.

Les données fournies par Statistiques Danemark révèlent une amélioration marquée. Chez les garçons, les notes moyennes augmentent de manière significative entre la première et la seconde génération, tous tests confondus. L’amélioration est particulièrement notable en danois, plus modéré en mathématiques — une tendance attendue.

Autre fait notable : les descendants d’immigrés originaires de pays occidentaux obtiennent des résultats très proches de ceux des Danois d’origine. En revanche, les enfants d’immigrés non occidentaux accusent toujours un retard scolaire important, même en seconde génération.

De la deuxième à la troisième génération : une stagnation inattendue

Si le passage de la première à la deuxième génération s’accompagne d’un net progrès, l’idée selon laquelle chaque génération bénéficierait d’une assimilation croissante n’est pas confirmée par les données.

En effet, tant la deuxième que la troisième génération ont grandi dans un contexte linguistique et scolaire identique : danois comme langue maternelle, scolarité complète au Danemark. Statistiquement, aucune différence notable n’apparaît entre les deux groupes. Les données de officielles danoises (2023) indiquent des résultats presque parfaitement superposés.

Cela remet en question l’hypothèse d’une assimilation linéaire et continue au fil des générations. Il convient néanmoins de nuancer cette conclusion : des différences de composition selon les origines nationales entre la deuxième et la troisième génération pourraient masquer de faibles évolutions.

Pourquoi les immigrés non occidentaux restent-ils à la traîne ?

Au Danemark, les descendants d’immigrés occidentaux affichent en moyenne des résultats comparables à ceux des natifs. Le retard persistant concerne essentiellement les descendants d’immigrés non occidentaux.

Ce phénomène n’est pas propre au Danemark. De nombreuses études internationales ont établi une corrélation entre les performances scolaires des élèves issus de l’immigration et celles des populations de leurs pays d’origine. Cette corrélation perdure à travers les générations (De Philippis & Rossi, 2020 ; Carabaña, 2011). Les différences observées semblent être le reflet de disparités de capital humain existant entre pays, qui se transmettent de manière intergénérationnelle.

Dans les cas où les immigrés surpassent nettement la moyenne de leur pays d’origine — comme c’est parfois le cas pour les immigrés provenant d'Inde —, cela s’explique souvent par une forte sélection à l’entrée (van de Werfhorst & Heath, 2019 ; Cattaneo & Wolter, 2015).

Conclusion

En matière de performance scolaire, l’assimilation des immigrés au Danemark est nette entre la première et la deuxième génération — un phénomène logique, lié à l’exposition complète à la langue et à l’école danoise.

En revanche, au-delà de la deuxième génération, aucune amélioration significative n’est observable. En moyenne, les descendants d’immigrés non occidentaux continuent de présenter des résultats scolaires inférieurs à ceux des Danois d’origine, et ce constat reste vrai pour la troisième génération.  

 
 

 Performances des immigrants de deuxième génération et des autochtones. Source : De Philippis & Rossi (2020) 

Comment lire le graphique ci-dessus. 

La ligne pointillée est la bissectrice 𝑦 = 𝑥

Elle indique l’égalité parfaite entre les deux moyennes (natifs et immigrés de deuxième génération).

Si un pays se trouve sur cette ligne, cela signifie que les enfants d’immigrés obtiennent le même score moyen que les natifs.

Si un pays est au-dessus, les enfants d’immigrés réussissent mieux que les natifs.

Si un pays est en dessous, ils réussissent moins bien. 

La ligne pleine est une droite de régression : elle montre la tendance moyenne entre les deux variables (la relation empirique observée entre scores des natifs et scores des enfants d’immigrés).

  • Elle a souvent une pente proche de 1 : les pays où les natifs ont de bons scores sont aussi ceux où les enfants d’immigrés réussissent bien.

  • Mais l’interception (et les écarts autour de cette droite) indiquent des différences structurelles selon les pays.

Un score de 0 correspond à la moyenne globale (souvent sur l’ensemble de l’échantillon international).

Un score de +1 veut dire une performance supérieure d’un écart-type à la moyenne mondiale, et -1 une performance inférieure d’un écart-type. C’est donc une échelle relative.

Le point USA est sous la ligne pointillée, ce qui signifie :

Les enfants d’immigrés de 2e génération obtiennent des scores plus faibles que les natifs américains.

Et comme ce point est aussi en dessous de la ligne de tendance, cela veut dire que les États-Unis font un peu moins bien que la moyenne internationale, même compte tenu du niveau des natifs. Autrement dit, l’écart entre natifs et enfants d’immigrés y est plus marqué que dans d’autres pays au même niveau de performance globale.


Le point IND dans le graphique.

Position sur l’axe horizontal (x) : score moyen des natifs indiens — souvent plutôt faible en comparaison internationale (l’Inde a un système éducatif très inégal, et les évaluations internationales y sont limitées à des régions pilotes).

Position sur l’axe vertical (y) : score moyen des enfants d’immigrés indiens (de 2ᵉ génération) vivant dans d’autres pays.

Le point IND est donc très au-dessus de la diagonale,l es enfants d’immigrés indiens réussissent donc beaucoup mieux que les natifs indiens.

Pourquoi un tel écart ? Cela tient à la sélection migratoire.

L’émigration indienne moderne (vers les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, etc.) est hautement sélective sur le plan éducatif et socioéconomique :

  1. une très grande part des migrants sont diplômés universitaires (souvent en ingénierie, informatique, médecine) ;
  2. ils viennent de couches moyennes et supérieures ;
  3. leurs enfants bénéficient d’un capital éducatif et linguistique élevé et d’une forte pression académique.
Les enfants d’immigrés indiens (2ᵉ génération) obtiennent souvent des scores supérieurs à la moyenne nationale du pays d’accueil, et très nettement supérieurs à ceux des natifs indiens.

 

« Faire des bébés, c’est payant... mais personne au Québec n’en veut! »

Texte paru dans le Journal de Montréal.


Jamais dans l’histoire du Québec les familles n’ont fait aussi peu de bébés: 1,33 enfant par femme. Un creux historique.

Même dans les années 80, en pleine crise économique, on faisait plus de bébés! Et pourtant... jamais le Québec n’a été aussi généreux avec les familles.

Aujourd’hui, un couple peut recevoir jusqu’à 50 semaines de congé parental. Le papa a droit à cinq semaines payées à 70% de son salaire. La maman? À 18 semaines de congé de maternité. Ensuite, 32 semaines à partager, dont les premières à 70% du revenu, puis à 55%.

On parle ici d’un des régimes les plus généreux au monde.

Ajoutez à ça des places en garderie à 9,10$ par jour. [Rien pour les mères de famille qui décident de rester à la maison et de ne pas retourner au bureau... Le bureau plutôt que les berceaux et les fourneaux. C'est voulu. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? » ]

Ajoutez à ça les prestations familiales. Grâce à l’Allocation canadienne pour enfants, une famille moyenne avec trois enfants peut recevoir jusqu’à 12 000$ par année. C’est l’équivalent de 10% d’un salaire familial moyen! [Il reste à montrer que 3 enfants coûtent moins quand on comptabilise l'achat d'un véhicule plus grand, d'une maison plus grande, etc.]

Ajoutez à ça la fécondation in vitro gratuite, payée par le gouvernement du Québec. Et malgré toutes ces mesures... on ne fait plus d’enfants.

La Cadillac!

Au Québec, on a mis au point la Cadillac des politiques familiales [Pas vraiment, il n'y a pas de quotient familial]. Et elle reste dans le garage. Clairement, le problème n’est plus financier... Il est culturel, social et structurel.

Faire un enfant, dans la tête des jeunes familles, c’est devenu un projet risqué. Un projet souvent trop cher, trop exigeant, trop contraignant.

Le logement est inaccessible. Le coût de la vie explose. Les jeunes parents sont à bout de souffle.

Le résultat est préoccupant: d’ici cinq ans, un Québécois sur quatre aura plus de 65 ans. Dire qu’on manque déjà de médecins spécialisés pour soigner les aînés!

Pendant ce temps, la jeune génération crie «Boomer!» sur TikTok. Mais pendant qu’on blâme les plus vieux, personne ne prépare la suite. Parce qu’à ce rythme-là, ce n’est pas en CPE que se joue l’avenir du Québec... mais en CHSLD.

Et l’enfant roi n’est plus. C’est le papy roi qui s’installe! Avec sa pension, son bungalow payé, son REER gonflé... et bientôt, son lit en CHSLD réservé.

Que faire?

Le Québec paie pour des bébés, mais récolte une crise démographique. Il est temps d’arrêter de penser que l’argent suffira. Faire un enfant, ce n’est pas juste une affaire de chiffres. [C'est juste.]

C’est une décision intime, émotive, existentielle. Aujourd’hui, trop de jeunes parents ont l’impression de devoir s’excuser d’avoir un bébé.

Dérangeant dans l’autobus, inadapté au bureau, encombrant au resto. La parentalité s’est banalisée, parfois même dévalorisée. Il est grand temps de renverser cette perception.

Il faut revaloriser le rôle de parent, dans le discours public, dans les milieux de travail et dans l’aménagement de nos villes et nos villages. Donner envie! Pas en envoyant un dépôt direct, mais en bâtissant une culture qui célèbre l’arrivée d’un enfant.

Le message doit être clair: au Québec, fonder une famille, c’est une richesse et non un sacrifice.

Voir aussi

 Les parents seraient plus heureux que les gens sans enfant (rediff)

Le quotient familial ou le système de conjugalisation des revenus est un mécanisme fiscal, notamment utilisé en France, où l'impôt sur le revenu est calculé en fonction du revenu total du foyer fiscal, divisé par un nombre de parts déterminé par la composition de la famille (nombre d'enfants, situation matrimoniale, etc.). Cela permet de réduire l'impôt pour les familles où un seul conjoint perçoit un revenu élevé, comparé à un système où chaque individu est imposé séparément sur son revenu personnel.

Stephen Harper, en tant que Premier ministre conservateur du Canada, a introduit en 2014 une mesure appelée Fractionnement du revenu familial, qui permettait aux couples avec enfants de moins de 18 ans de partager jusqu'à 50 000 $ de revenus pour réduire leur impôt, avec un crédit plafonné à 2 000 $.  

mercredi 8 octobre 2025

Plus on explique le coût induit par les éoliennes, plus le soutien à l’éolien chute

«Les Français ont globalement une image positive de l’éolien. Mais dès que l’on explique le coût que cela induit sur la facture énergétique[, la manière dont elle sont fabriquée, l'intermittence de cette énergie,] ce soutien à l’éolien chute complètement», observe Paul Cébille dans «Terre des Hommes». Une baisse de 46 points au soutien des éoliens après une explication de ce type d'énergie.

Le sondage IFOP en question est intitulé "L’image de l’énergie éolienne auprès des Français", publié en novembre 2021. Il met en évidence une baisse du soutien à l'éolien lorsque les répondants sont informés des aspects critiques comme son intermittence, son inefficacité perçue pour lutter contre le réchauffement climatique, et les surcoûts associés (par exemple, seulement 25 % des Français sont prêts à payer plus cher pour des énergies intermittentes).  

Dans cette enquête, après présentation des conclusions du rapport GIEC (insistant sur le besoin de multiplier les capacités nucléaires par six pour la neutralité carbone) et du rapport parlementaire sur les énergies renouvelables (soulignant l'incapacité des énergies intermittentes comme l'éolien à combattre efficacement le climat), l'image de l'éolien se dégrade : 44 % des Français ont une mauvaise opinion (contre 34 % une bonne), avec une défiance accrue sur les impacts environnementaux (pollution visuelle/sonore à 72 %, dégradation des paysages à 68 %) et son manque d'efficacité (67 %).  

Cela illustre la versatilité de l'opinion publique sur le sujet : habituellement bienveillante (c'est la bonne opinion, dans l'air du temps), elle bascule vers l'opposition face à ces explications et arguments critiques.

Un sondage connexe, "Les connaissances des Français en matière d’énergie éolienne" (février 2021), montre aussi que plus les personnes sont informées (surtout les sceptiques), plus leur opposition grandit, avec un score de connaissances plus élevé chez les opposants.  

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mardi 7 octobre 2025

Quand l’anonymat récent des copies révèle un biais historique… favorable

À l’Université de Stockholm, la mise en place de la correction anonyme a eu un effet inattendu : les étudiants portant des noms à consonance étrangère, qui bénéficiaient auparavant d’une indulgence implicite de la part des correcteurs, ont vu leurs notes légèrement baisser. Une étude suédoise éclaire ainsi la complexité des biais en évaluation.


Lorsqu’une université décide de rendre les copies d’examen anonymes, on s’attend naturellement à ce que la réforme rende l’évaluation plus juste, en éliminant les préjugés possibles liés au nom ou à l’origine des étudiants.

Mais les résultats obtenus à l’Université de Stockholm vont à l'encontre de cette attente.

Une étude du sociologue Magnus Bygren, publiée dans la revue Assessment & Evaluation in Higher Education, montre qu’après l’introduction de la correction anonyme, les étudiants portant des noms à consonance étrangère ont vu leurs notes baisser.

Non pas parce qu’ils étaient désormais victimes d’un biais négatif, mais parce qu’ils ne bénéficiaient plus, semble-t-il, d’un léger traitement de faveur implicite dont ils jouissaient auparavant.

Une réforme conçue pour réduire les biais


Entre 2010 et 2014, l’Université de Stockholm a progressivement introduit une règle obligeant les correcteurs à évaluer les examens sans connaître l’identité de l’étudiant.

L’objectif était simple : réduire les inégalités et rendre la notation plus objective.

Bygren a analysé des milliers de résultats d’examens avant et après la réforme, en distinguant les étudiants selon la consonance de leur nom. L’idée était d’observer si la réforme — en supprimant les indices identitaires — modifiait les écarts de notes entre groupes.

Un effet inattendu

Les résultats sont clairs : après la généralisation de la correction anonyme, la probabilité pour un étudiant au nom étranger d’obtenir la meilleure note a diminué d’environ six points de pourcentage. Avant la réforme, ces mêmes étudiants réussissaient un peu mieux, toutes choses égales par ailleurs.

Aux attentes négatives que l’on aurait pu supposer — celle d’un biais défavorable envers les minorités — les correcteurs opposaient, sans doute inconsciemment, un ajustement favorable.

Autrement dit, ils tendaient à se montrer légèrement plus indulgents envers les étudiants aux noms étrangers, peut-être par souci d’équité ou pour compenser un désavantage perçu.

Un biais inversé

Ce phénomène éclaire un aspect méconnu du comportement des évaluateurs : leur désir de justice (subjective) peut lui aussi engendrer un biais.

Les correcteurs, animés par des intentions bienveillantes envers des groupes particuliers (ici étrangers), pouvaient accorder inconsciemment une petite marge de tolérance aux étudiants qu’ils imaginaient en situation d’infériorité symbolique.

L’anonymisation des copies a effacé ce réflexe, rétablissant une neutralité plus stricte — et, ce faisant, a fait apparaître une baisse relative des notes pour ce groupe d’étudiants.

Bygren reste prudent : l’ampleur de l’effet varie selon les modèles statistiques utilisés. Mais la tendance demeure. Et surtout, elle contredit l’hypothèse intuitive d’un préjugé défavorable fondé sur le nom.

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7 octobre 1571 — La flotte turque est détruite à Lépante

Le 7 octobre 1571, une flotte chrétienne livre bataille à la flotte turque. C'est le point d'orgue d'une croisade organisée par le pape Pie V pour délivrer l'île de Chypre que les Turcs viennent de conquérir.

 La bataille de Lépante, qui a lieu le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras, sur la côte occidentale de la Grèce, à proximité de Naupacte (alors appelée « Lépante »), est une bataille navale de la quatrième guerre vénéto-ottomane, où s'affrontent la flotte ottomane de Sélim II et la flotte de la Sainte-Ligue. Cette coalition chrétienne formée sous l'égide du pape Pie V, comprenait des escadres vénitiennes et espagnoles, renforcées par des galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes. Cette bataille s'achève par la défaite des Ottomans qui y perdent la plus grande partie de leurs vaisseaux (187 sur 251 engagés) et plus de 20 000 hommes.

Le retentissement de cette victoire est immense en Europe, plus encore que la défaite des janissaires lors du Grand Siège de Malte en 1565, car elle apparaît comme un coup d'arrêt décisif porté à l'expansionnisme ottoman. C’est d’ailleurs en souvenir de cette victoire qu'est instituée la fête de Notre-Dame de la Victoire, puis fête du Saint-Rosaire à partir de 1573.

Les Turcs sont défaits à la surprise générale. Avant Lépante, ils n'avaient connu aucune défaite face aux chrétiens (sauf le repli devant Malte, en 1565), après Lépante, ils n'allaient plus connaître aucune victoire.


Victoire totale


C'est le point d'orgue d'une croisade organisée par le pape en vue de libérer Chypre que le sultan Sélim II venait de conquérir.

La bataille met aux prises 213 galères principalement espagnoles et vénitiennes et quelques 300 vaisseaux turcs. Cent mille hommes combattent dans chaque camp. Les chrétiens remportent une victoire complète.

La quasi-totalité ses galères ennemies sont prises. L'amiral turc est fait prisonnier et décapité et 15.000 captifs chrétiens sont libérés. Les chrétiens perdirent 8 navires et 8000 hommes et eurent 16 000 blessés.

Le héros de la journée est le prince Don Juan d'Autriche (26 ans), qui commande la flotte chrétienne. Il n'est autre que le bâtard de feu l'empereur Charles-Quint et le demi-frère du roi Philippe II d'Espagne. 

Retentissement de Lépante

Lépante a un immense retentissement en Europe car elle libère les Occidentaux de la peur des Turcs.

La bataille permet aussi au roi d'Espagne de se poser en champion de la Contre-Réforme catholique.

Pour Venise, cependant, Lépante a le goût amer d'une victoire à la Pyrrhus. Ruinée par l'effort de guerre et la suspension de son commerce avec l'Orient ottoman, la République se détache de ses alliés et négocie avec les Turcs.

À ceux-ci, elle reconnaît la possession de Chypre, qui avait été pourtant son but de guerre, en échange de la reprise de son commerce.

Notons qu'un jeune soldat espagnol nommé Cervantès perd la main gauche pendant la bataille de Lépante (« pour la gloire de la droite », dira-t-il plus tard)... Ne pouvant plus se battre, il écrira faute de mieux les aventures de Don Quichotte,,,


Source : Hérédote

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« Tradition franque » d'hommes libres contre esclavage traditionnel méditerranéen y compris européen

 

lundi 6 octobre 2025

Netflix — Le wokisme lui ferait perdre des milliards

Au cours des derniers jours, Netflix a vu s’évaporer environ 15 milliards de dollars de capitalisation boursière suite à une campagne initiée par Elon Musk, incitant ses nombreux abonnés à résilier leur abonnement. Ce recul est intervenu au moment où l’entreprise apparaissait encore, pour beaucoup d’investisseurs, comme un pilier du streaming.

On observe une chute successive de l’action : – 2,3 % mardi, – 2,9 % mercredi, puis – 1,04 % la veille, illustrant l’onde de choc que le milliardaire suscite par ses prises de parole.

Le déclencheur : une controverse sur la représentation transgenre

La polémique a débuté lundi lorsqu’un compte nommé Libs of Tiktok a publié un extrait de la série animée Dead End : Paranormal Park, dans lequel apparaît un personnage se déclarant « transgenre » : une adolescente affirmant être un garçon. Le héros est « un adolescent transgenre » : une fille qui se dit garçon.  

Elon Musk a relayé ce clip avec le commentaire lapidaire :« Ce n’est pas OK. »

Le créateur de l'émission Dead End : Paranormal Park, Hamish Steele, est un fan LGBTQ de Bluesky qui a piqué une crise parce que les gens pleuraient Charlie Kirk, et a traité Charlie de nazi.

Le commentateur et YouTuber Benny Johnson a écrit sur X : « Netflix sexualise les enfants en présentant des sujets sexuels explicites, graphiques et radicaux comme des “divertissements pour enfants”. Ce que fait Netflix va au-delà d’une guerre culturelle. C’est immoral. Et cela devrait être illégal. » Elon Musk a retwitté en se disant « 100% d’accord ».

Puis Libs of Tiktok a publié un extrait du Baby Sister Club, qui « encourage le transgenrisme auprès des enfants, culpabilise les personnages secondaires parce qu'ils “mégenrent” l'enfant trans au centre du récit et exige que le personnel hospitalier traite ce garçon comme une fille ». Elon Musk a encore retwitté, et a exhorté les parents à « résilier leur abonnement à Netflix pour la santé de leurs enfants ».

Le psychothérapeute James Esses a publié un article où il souligne que « la propagande transgenre ne se contente pas de se cacher discrètement en arrière-plan sur Netflix : ils la poussent activement auprès des utilisateurs. » Il inclut un lien vers un article Netflix de mars 2025 répertoriant les émissions qui « honorent les personnes transgenres et non binaires » à l’occasion de la « Journée de la visibilité transgenre » : « Chaque année depuis 2009, des millions de personnes à travers le monde célèbrent le 31 mars comme la Journée internationale de la visibilité transgenre (TDOV). D’une femme transgenre qui traverse les États-Unis en voiture avec sa meilleure amie à un élève de quatrième qui retourne en colonie de vacances après avoir fait son coming out, ces acteurs et personnages transgenres et de genre non conforme sont au cœur des titres de notre liste. »

 

[James Esses avait été expulsé alors qu'il était en troisième année à l’université (Institut Metanoia) en 2021 parce qu’il disait que le sexe est biologique et immuable et que cela est particulièrement pertinent dans le domaine de la psychothérapie, car les personnes souffrant de dysphorie de genre doivent être traitées de manière équilibrée et holistique. L’Institut Metanoia lui a présenté des excuses en 2024, admettant notamment qu’il avait été expulsé sans procédure régulière, sans audition ni possibilité d’appel.]

Une multitude de séries et de films pour enfants sur Netflix cherchent à imposer un programme radicalement woke aux enfants.



Non seulement Libs of Tiktok ont-ils dénoncé Netflix pour son contenu woke, mais ils ont également révélé les dirigeants à l'origine de la campagne de l'entreprise visant à conditionner les enfants.

Des personnes comme Wade Davis, vice-président de la « stratégie d'inclusion » chez Netflix, qui était auparavant « consultant en inclusion LGBT » pour la NFL et a travaillé sur la campagne de Barack Obama.

Libs of Tiktok ont également révélé que Netflix semblait se vanter ouvertement de pratiquer une discrimination à l'égard des Blancs.

Dans leur rapport sur l'inclusion et la diversité, ils se félicitent que le pourcentage de réalisateurs et de premiers rôles issus de minorités ethniques ait considérablement augmenté au cours des dernières années.


Netflix et les travelos transgenres (Elon Musk réagit : « Netflix manipulent nos enfants ») :

Supplément

Une scène du film « Le Monde après nous » de Netflix met en garde contre le fait de faire confiance aux Blancs en cas d'apocalypse.

Barack et Michelle Obama sont les producteurs exécutifs du film.

dimanche 5 octobre 2025

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

On ne peut impunément ne pas faire assez d'enfants pour simplement se remplacer depuis 50 ans...

Les enfants nés au Québec (eux-mêmes pas nécessairement des Québécois francophone « pure laine ») sont devenus très minoritaires sur la grande île de Laval. On ne voit pas comment ces enfants minoritaires parviendraient à assimiler une énorme majorité de « minorités ».

Voir aussi
 

« Un manifeste de la jeune génération intellectuelle conservatrice »


samedi 4 octobre 2025

Natalité au plus bas — La Presse de Montréal s'étonne des femmes tradis qui font des enfants dans une société « laïque »

Boucar Diouf s'en prend aussi au mouvement trop visible des femmes tradi.

 
 
 Billet du 14 septembre 2025
 
Rappel : tous les indicateurs démographiques sont au rouge foncé au Québec, nombre de naissances à un creux historique : 77 400 enfants nés en 2024, moins qu’en 1911 alors que la population était de 2 005 776 en 1911 soit près de 4,5 fois moins nombreuses (9,1 millions en 2024). Taux de natalité au plus bas : 8,5 enfants pour mille habitants, il était encore de 14,0 en 1990. Et enfin un indice de fécondité à un nadir : 1,33 enfant par femme alors qu’il était encore de 1,73 enfant par femme en 2008 et en 2009…

Dans un contexte où le peuple québécois constitue une minorité à l’échelle canadienne, il semble évident que ce peuple ne peut envisager d’intégrer et assimiler de larges vagues migratoires sans assurer d’abord sa propre pérennité démographique. Cela suppose, entre autres, de faire des enfants — des enfants 
assez nombreux auxquels les nouveaux arrivants pourront naturellement s’intégrer. Ce n’est déjà plus le cas à Montréal.

On pourrait donc s’attendre à ce que le retour de certaines femmes à la maternité et à des valeurs familiales traditionnelles soit salué. Or, c’est tout le contraire dans
La Presse, qui consacre un dossier spécial à ces femmes dites « traditionnelles », dont la foi — jugée trop visible par le quotidien en ligne — semble déranger dans un Québec qui se dit « laïque ».

Mais en quoi la laïcité de l’État devrait-elle interdire à des femmes adultes d’être croyantes, ou de faire des choix de vie conformes à leurs convictions traditionnelles ? Ce glissement entre laïcité et athéisme semble de plus en plus fréquent. La laïcité, pourtant, n’a jamais signifié l’effacement des croyances y compris jusque dans la sphère privée — mais simplement la neutralité de l’État face à celles-ci. 

Voici un de ces textes avec nos commentaires [entre crochets].


Zoé Roy berce sa fillette dans ses bras, debout dans sa cuisine de Limoilou. À 24 ans, la mère au foyer, qui s’identifie comme une conservatrice chrétienne, a déjà trois enfants. Elle aimerait un jour en avoir six.