vendredi 13 octobre 2023

Allemagne — Les élèves n'ont jamais été aussi mauvais en allemand et aussi bons en anglais

Les élèves de neuvième année n’ont jamais été aussi mauvais en allemand — mais comprennent mieux que jamais l’anglais. Les élèves immigrés jouent un rôle particulier dans les deux cas.

Les élèves allemands apprennent l’anglais dès le primaire
 

On n’avait jamais obtenu un tel résultat auparavant. Depuis plus de deux décennies, les responsables de la politique scolaire font tester scientifiquement à intervalles réguliers ce que les élèves allemands savent faire dans les principales matières d’enseignement. C’était maintenant au tour des élèves de neuvième année d’être testés en anglais et en allemand. Et les résultats surprennent même les observateurs de longue date des courbes de compétences : alors que les performances en allemand atteignent un nouveau plancher, les capacités en anglais s’envolent vers des sommets insoupçonnés.

D’abord la vallée des larmes. Ce que le bilan des élèves de l’école primaire avait déjà laissé entrevoir l’année dernière s’est maintenant confirmé pour les élèves plus âgés, mais de manière encore plus radicale. Dans tous les types d’écoles, dans tous les Länder et dans chacun des trois domaines testés — lecture, écoute et orthographe — l’Institut pour le développement de la qualité dans l’éducation (IQB) observe dans son rapport des « changements défavorables », des « baisses importantes des performances », des « reculs continus des compétences ». En fin de compte, il semble que l’équipe de recherche de Berlin ait manqué de termes négatifs.

Trois chiffres tirés du rapport de 460 pages suffisent à illustrer le caractère dramatique de l’évolution.

  • L’IQB indique systématiquement les performances des élèves en points de performance. Dans le domaine de la lecture, les élèves de neuvième année obtiennent cette fois-ci en moyenne 25 points de moins que les élèves testés en 2015, ce qui correspond à l’apprentissage attendu pour une année scolaire complète.
  • La proportion de très mauvais lecteurs s’élève désormais à près d’un tiers dans toute l’Allemagne (près de la moitié à Brême). Ces élèves de 9e année n’atteignent même pas les exigences minimales dans la matière pour leur âge. Cela signifie qu’en 9e année ils comprennent les informations d’un texte à peu près au niveau escompté par un bon élève de l’école primaire en fin de 4e année.
  • Les régions les plus durement touchées sont la Rhénanie-du-Nord–Westphalie, le Brandebourg et le Schleswig-Holstein, tandis que Hambourg et le Bade-Wurtemberg s’en sortent un peu moins mal. Mais même les régions qui étaient jusqu’à présent des modèles, comme la Bavière, connaissent désormais des difficultés. En compréhension orale, les élèves y ont presque atteint le niveau moyen des élèves brêmois (les cancres) en 2009. En bref, la Bavière est devenue Brême.
Comment les compétences en lecture en allemand se sont-elles développées ?
Évolution des performances des élèves de 9e de 2015 à 2022 en points*

 

Bock-Côté : « Je n'ai jamais compris pourquoi on ne tenait pas compte de la compatibilité culturelle » dans l'immigration

À 8 min 32 : « Moi, je n'ai jamais compris pourquoi on refusait de tenir compte des appartenances historiques, identitaires, géographiques des gens qui arrivaient. À un moment donné, le fait est... Et surtout, les gens n'arrivent plus — quoi qu'on en dise — individuellement à notre époque, les gens arrivent par communauté. »


Trois jours après l’hommage national à Samuel Paty, enseignant décapité en France, un autre professeur d’histoire est violemment agressé au couteau, cette fois à Arras. 

«Aujourd’hui, les professeurs d’histoire ont une cible au front», déplore Bock-Côté

Ce genre de discours valait (et vaut peut-être encore) un procès en racisme. Voir ce que disait Jean-Marie Le Pen il y a 35 ans.

Québec haussera les tarifs pour les étudiants qui ne résident pas au Québec

Le gouvernement Legault compte augmenter dès l’automne 2024 les tarifs imposés aux étudiants étrangers et aux étudiants canadiens hors Québec des universités de la province, qui, selon son évaluation, profitent surtout aux établissements anglophones que sont McGill, Concordia et Bishop’s. 

Le gouvernement ne semble, toutefois, pas vouloir imposer la francisation de certaines facultés de ces nombreuses universités anglophones. Pourquoi continue-t-il ainsi d’offrir des formations fort coûteuses subventionnées par les contribuables en médecine en anglais ? C’est former des docteurs qui ne pourront parler correctement la langue officielle du Québec, tiendront des dossiers en anglais qu’ils communiqueront à des collègues québécois ou qui s’expatrieront rapidement.

La nouvelle a été confirmée vendredi matin par le biais d’un communiqué rédigé par les cabinets de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, et du ministre responsable de la Langue française, Jean-François Roberge.

Deux mesures en lien avec « la tarification s’appliquant aux étudiants non québécois » sont annoncées.

La première consistera en un tarif plancher qui sera établi « pour tous les étudiants québécois inscrits aux 1er cycle et au 2e cycle professionnel », explique-t-on.

La seconde verra les étudiants canadiens non résidents du Québec payer « un tarif équivalent à ce que coûte la formation au gouvernement du Québec, alors que le tarif établi pour les étudiants internationaux sera plus élevé ». Les frais de scolarité pour un étudiant canadien provenant de l’extérieur du Québec, actuellement de 8992 $, passeront à près de 17 000 $ annuellement dès l’an prochain. Québec affirme que cette somme permettra de couvrir l’ensemble des coûts liés à leur formation.

À l’Université de Toronto, par exemple, une année au bac [licence] en administration coûtera 15 900 $. Pour étudier en droit, c’est près de 35 000 $ qu’il faudra débourser.  À 17 000 $/an au Québec, venir étudier en anglais au Québec constituera toujours une aubaine.

 L’annonce de ce vendredi s’inscrit dans le cadre des travaux lancés plus tôt cette année par le Groupe d’action pour l’avenir de la langue française, composé, entre autres, des ministres Jean-François Roberge (au centre), Christine Fréchette (à gauche) et Pascale Déry (à droite).

« De plus, le ministère de l’Enseignement supérieur va récupérer un montant forfaitaire pour chaque étudiant non québécois », poursuit-on. Les établissements universitaires, cela dit, « conserveront le droit de facturer un montant discrétionnaire additionnel selon leur stratégie et leurs priorités de recrutement à l’étranger ».

Ces mesures, espère-t-on, permettront de corriger le déséquilibre financier entre les réseaux francophone et anglophone, mis à mal par « l’adoption de la politique de déréglementation » du gouvernement Couillard.

De 2019 à 2022, cette politique a permis aux universités d’engranger 407 M$ en revenus additionnels grâce aux droits de scolarité des étudiants internationaux. Or, McGill, Concordia et Bishop’s ont à elles seules encaissé 282 M$ de cette enveloppe, contrairement à 47 M$ pour les 10 établissements de l’Université du Québec.

Le Journal de Montréal révélait récemment que les contribuables québécois paient 200 millions $ par année pour subventionner le parcours scolaire d’étudiants du Canada anglais et de l’étranger inscrits dans des universités anglophones. Ces fonds publics « contribuent directement » à l’anglicisation du Québec, dénonçait Martin Maltais, professeur spécialisé en financement de l’éducation à l’Université du Québec à Rimouski.

Des exceptions sont toutefois prévues

« Les étudiants visés par des ententes internationales, notamment les Français et les Belges, ainsi que les étudiants non québécois inscrits dans des programmes au 2e cycle (recherche) et au 3e cycle, ne seront pas touchés par ces changements », précisent les cabinets des ministres Déry et Roberge. Il n’est pas précisé si cette exception vaudra toujours pour les Belges et les Français inscrits dans les universités anglophones du Québec.

En outre, les étudiants internationaux et les étudiants canadiens hors Québec ayant déjà entamé leur programme d’études « pourront continuer de bénéficier des conditions de tarification actuelles jusqu’à leur diplomation », assure-t-on.

Résumé des coûts

  • Étudiant québécois en 2022-2023 : 2881 $
  • Canadien hors Québec actuellement : 8992 $
  • Canadien hors Québec l’an prochain : ~17 000 $
  • Étudiants étrangers l’an prochain : 20 000 $ et +
  • Les exemptions demeurent pour les ententes internationales (France, Belgique, etc.)
  • La mesure ne s’applique pas au 2e cycle (recherche) et au 3e cycle

Réactions du chef du Parti Québécois, une mesure timide insuffisante

Paul St-Pierre Plamondon a réagit en ces termes à ces annonces :

L'intention du gouvernement est certes louable. La mesure va cependant manquer d'envergure et aura donc un impact limité. Ce n'est pas parce que ça coûte un peu plus cher qu’on réussira à changer les dynamiques migratoires et linguistiques. Ainsi, nous appuyons très certainement la démarche mais elle doit venir avec d'autres mesures plus structurantes.

L'enjeu est le NOMBRE. Comme nous l’avons déjà proposé, il faut donc mettre un quota MAXIMAL pour les étudiants étrangers dans les universités anglophones.

Contrairement à ce que pense la ministre de l’Immigration, le Québec dispose bel et bien des pouvoirs pour agir en la matière. Nous contrôlons nos universités et délivrons nous-mêmes nos certificats d'acceptation. Le laisser-faire total de la CAQ a comme résultat que le Québec finance sa propre anglicisation comme jamais auparavant depuis cinq ans.

On est passé de 160 000 immigrants temporaires à 471 000 en cinq ans de gouvernance caquiste. Environ la moitié sont des étudiants étrangers. Un peu moins de la moitié ne maîtrisent pas le français.

Le rythme annualisé était de 12 000 par année sous Couillard. Seulement cette année, entre janvier et juillet, le nombre d'immigrants temporaires a augmenté de 85 000. L'année dernière, le nombre annualisé sous la CAQ était 7x plus important que celui sous les libéraux; à ce rythme, il sera 8x ou 9x plus élevé cette année.

L'enjeu, il est là. Et ça n'a rien à voir avec notre volonté de recevoir des jeunes de partout à travers la planète. Il s'agit de ne pas créer un écosystème linguistique dans lequel le français est condamné à décliner et c'est exactement ce que la CAQ a fait en 5 ans. Hausser les frais de scolarité est une mesure timide qui ne renversera pas ces dynamiques, bien que nous l'appuyons.

 

 

Sources : Radio-Canada, Journal de Montréal, X

Voir aussi

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Les Pays nordiques veulent limiter la place de l’anglais à l’université

Sur l’île de Montréal, chaque étudiant qui étudie en anglais reçoit 56 % de plus de fonds d’immobilisation que celui qui étudie en français

 

Attentat islamiste au cri d'«Allah Akbar» dans le nord de la France : un enseignant tué, un autre poignardé

Un enseignant a été égorgé, un autre poignardé à Arras dans le nord de la France ; l’auteur est un Tchétchène de 20 ans fiché S pour radicalisation islamiste. La Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) l’avait contrôlé hier. L’auteur cherchait un professeur d’histoire, comme Samuel Paty qui avait été égorgé le 16 octobre 2020.

Le frère de l’auteur aurait été interpellé par la DGSI pour son implication dans un projet d’attentat déjoué le 26 avril 2019. Six individus projetaient une action violente visant l’Élysée et le commissariat d’Aulnay-sous-Bois.


En 2014, la famille du terroriste présumé d’Arras aurait dû être expulsée du territoire. Les associations de défense des sans-papiers ont fait pression sur la préfecture pour annuler sa décision.

Ce que l'on sait à ce stade

Un homme armé d’un couteau a tué un enseignant devant le lycée Gambetta à Arras (Pas-de-Calais) ce vendredi matin vers 11 heures, au cri d’« Allah Akhbar ». L’homme est ensuite entré dans le lycée et a fait deux blessés graves. Les élèves ont été confinés et n’ont pas été blessés.

Combien de victimes déplore-t-on ?


Un enseignant a été tué. Selon BFMTV, il s’appelle Dominique Bernard. Il était professeur de lettres et âgé d’une quarantaine d’années.

Deux personnes sont blessées, parmi elles, un agent du lycée en urgence absolue après avoir été atteint par plusieurs coups de couteau, selon une source policière. Il est «très gravement blessé, entre la vie et la mort». Le deuxième blessé est un enseignant, qui se trouve en urgence relative, informe Le Figaro.

Que sait-on de l’assaillant ?


Le meurtrier se nomme Mohamed Mogouchkov, un Tchétchène né en 2003 en Russie, et fiché S pour islamisme radical. Il n’avait pas obtenu la nationalité française. Il avait encore été contrôlé par la police ce jeudi 12 octobre. L’homme est un ancien élève du lycée.

« L’auteur des faits a été interpellé par la police », assure le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur X. Son frère a également été arrêté, selon Beauvau. Tous deux seraient d’origine tchétchène.

Le père du terroriste tchétchène, expulsé en 2018, est revenu en France en février 2019... Lunaire, hallucinant.

Triple système : l'intelligence intuitive rapide, l'intelligence logique lente et, enfin, la curiosité, le regret et le doute

C’est l’un des paradoxes de la condition humaine : de l’apparition d’Homo sapiens, il y a 300 000 ans, à son entrée dans l’histoire et aux temps modernes, l’homme a connu un singulier perfectionnement de ses capacités intellectuelles. Il ne cesse, pour autant, de se tromper.

Les psychologues se sont penchés, depuis la fin du XIXe siècle, sur cette énigme. Récompensé par le prix Nobel d’économie en 2002, Daniel Kahneman l’avait expliquée par la concurrence, dans notre cerveau, entre une intelligence intuitive, approximative et rapide (ce qu’il appelle le système 1), et une intelligence logique, fondée sur l’analyse, plus sûre, mais plus lente (système 2). Nos erreurs seraient dues à la prévalence, dans de nombreuses circonstances, de la démarche intuitive, elle-même affectée par le jeu des émotions primaires — peur, joie, tristesse ou colère —, sur la démarche logique. Le constat avait paru remettre en cause les analyses de Jean Piaget, selon lequel la sortie de l’enfance consistait en un passage progressif de comportements dictés par des intuitions trop rapides à une plus grande rationalité grâce au développement des capacités d’abstraction.

Disciple de Piaget, professeur de psychologie à l’université Paris-Cité, fort d’une réputation internationale pour ses travaux sur le développement cognitif de l’enfant, Olivier Houdé propose ici une théorie nouvelle, qui vient surmonter la contradiction entre les deux hypothèses en les dépassant. Appuyé sur les connaissances que nous donnent les formidables progrès de l’informatique et de l’imagerie médicale, et au terme de vingt ans de travail à la tête du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant, il estime en effet que procède des neurones de notre cortex préfrontal, à l’avant du cerveau, notre capacité d’inhiber nos réflexes intuitifs en activant au contraire les algorithmes d’où émane la pensée réfléchie.

Le propos ne relève pas de la spéculation théorique : il a des conséquences pratiques d’une immense portée dans la mesure où Olivier Houdé estime que c’est dès lors à cette disposition (système 3) que l’éducation doit d’abord s’adresser en encourageant non la seule logique mais, au terme d’une démarche qui soit presque « morale », les émotions « contrefactuelles » — doute, regret, curiosité — qui entretiennent la crainte de se faire abuser par les apparences ; qu’elle doit certes apprendre à lire, à écrire, à compter, mais plus encore à trier, déduire, raisonner.

Il a réuni et étoffé ici cinq de ses ouvrages pour les ordonner autour de cette question essentielle : Comment raisonne notre cerveau ? Le volume pourrait paraître intimidant au profane. Il suscite au contraire chez le lecteur un constant intérêt. Olivier Houdé ne s’y contente pas en effet de livrer les résultats de ses études et d’apporter une vision toute nouvelle des mécanismes de l’intelligence. Il a replacé son travail dans l’histoire longue de la pensée. Comme il le souligne lui-même, son hypothèse rejoint en effet la théorie de Platon, distinguant « trois systèmes de l’âme » — le désir impétueux, la raison et la volonté — qui correspondent aux trois systèmes de la psychologie contemporaine. « Platon avait déjà compris, écrit-il, une chose importante : le système 2, la raison ou la logique pure, ne peut rien sans le courage et l’ardeur du système 3. » Contre Aristote et sa foi dans la toute-puissance du logos, il avait mesuré que la raison logique n’avait pas en elle-même, dans son formalisme, la force nécessaire pour contrôler le réflexe intuitif, et, partant, l’arrêter ; qu’elle avait besoin du secours de la volonté.

Avant de mettre en scène les grands débats contemporains sur la construction de la logique, d’éclairer le mystère de la persistance, chez l’adulte, de comportements irrationnels, Olivier Houdé fait dès lors, sous cet angle, un survol passionnant de toute l’histoire des idées : comment saint Augustin a décrit dans le De Trinitate illusions et biais perceptifs qui encombrent l’esprit humain ; comment saint Thomas d’Aquin a résolu dans sa Somme l’opposition entre foi et raison en montrant qu’il s’agissait de deux chemins pour atteindre la même vérité. Voici plus loin Montaigne dénonçant dans le fanatisme la prédominance du désir et des impulsions sur la réflexion ; voilà Pascal opposant l’esprit de finesse à l’esprit de géométrie, Hume soulignant combien contiguïtés spatiales ou temporelles, associations d’idées, ressemblances configurent la mémoire humaine en de puissants mécanismes d’assemblage qui conditionnent nos sentiments et, par là, nos idées.

En reliant l’univers aride de la recherche à l’histoire deux fois millénaire de la pensée philosophique, Olivier Houdé nous offre ainsi, sous les couleurs d’un travail purement scientifique, un livre essentiel : à l’heure où domine l’irrationalité, la tyrannie de l’émotion, la superficialité d’une pensée fascinée par la vitesse de réaction des machines, l’abondance d’informations placées sur un pied d’égalité, l’autorité des écrans numériques et leur propension à nous faire réagir de manière intuitive, la tentation de nous en remettre, in fine, aux algorithmes de l’intelligence artificielle, il nous invite à faire usage de la plus précieuse de nos capacités : celle de nous dominer.


Recension : Figaro Histoire

Comment raisonne notre cerveau, 2e édition

par Olivier Houdé
aux Presses universitaires françaises,
dans la collection « Que sais-je ? »,
564 pages,
ISBN-10 : 2 715 418 590
ISBN-13 : 978-2715418592

jeudi 12 octobre 2023

« Testament », le plus récent Denys Arcand

Synopsis

Dans une ère de luttes identitaires, Jean-Michel, un célibataire de 70 ans, a perdu tous ses repères dans cette société et n’a plus grand-chose à attendre de la vie. Mais voici que dans la maison de retraite où il réside, Suzanne, la directrice, est prise à partie par de jeunes manifestants (wokes) qui réclament la destruction d’une fresque offensante à leurs yeux. Alors qu’il observe avec ironie cette époque post pandémique où tout lui semble partir à la dérive, Jean-Michel reprend en main sa vie… et celles des autres.

Selon le journaliste et essayiste Christian Dufour

Il est des signes qui ne trompent pas, comme le public d’une banale représentation  d’après-midi qui applaudit spontanément à la fin du film, comme ce fut le cas vendredi au cinéma Quartier Latin.

Courez voir «  Testament » de Denys Arcand, clairement son œuvre la plus forte. Film à la fois drôle et (presque) désespéré, ne craignant pas la caricature jusqu’au burlesque, implacable de lucidité et sans compromis, nostalgique, désenchanté, touchant et sensible, éminemment personnel et québécois tout à la fois.

Ne serait-ce que pour la performance de Sophie Lorain, courez voir le magistral « Testament » de Denys Arcand, à mille lieues des bons sentiments faciles et des aveuglements idéologiques à la mode.

Avec également Rémy Girard bien sûr, accompagné d’une panoplie d’acteurs québécois: Caroline Neron, Guylaine Tremblay, Marie-mai, Danièle Lorain, Robert Lepage, Denis Bouchard, Yves Jacques, Louis-José Houde, Clémence Desrochers, Guillaume Lambert, Sophie Faucher, Pierre Curzi, René Richard Cyr, Danielle Fichaud, Louise Turcot, Geneviève Schmidt, Johanne-Marie Tremblay, Marcel Sabourin et d’autres.


 
L'effacement du vieil homme blanc ?

 

Québec — Explosion du nombre de prétendus « réfugiés » émargeant à l’aide sociale

Les dépenses en aide sociale liées à l’accueil de ceux qui se disent réfugiés ont pratiquement triplé en un an. Le gouvernement du Québec estime que c’est à Ottawa de payer la note.

L’augmentation massive du nombre de demandeurs d’asile au Québec a pratiquement fait tripler, en un an, les dépenses en aide sociale liées à leur accueil. Préoccupé, le gouvernement Legault somme le fédéral de payer la facture.

Selon un document interne du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale consulté par l’Agence QMI, 40 142 des 273 305 des adultes ayant reçu en juin dernier une aide de dernier recours de la part du gouvernement du Québec — soit environ 14,6 % — étaient des demandeurs d’asile.


Malgré un ralentissement depuis la fermeture du chemin Roxham en mars dernier, cela représente une véritable explosion par rapport aux années précédentes. À pareille date l’an dernier, 17 544 demandeurs d’asile recevaient de l’aide sociale, et seulement 7429 en juin 2021.

Or, le nombre de prestataires excluant les demandeurs d’asile est quant à lui en baisse de 1,6 %. « Une diminution de la clientèle de l’assistance sociale aurait été observée, n’eût été l’arrivée massive des demandeurs d’asile », peut-on lire dans le document du ministère.  

« Ce qui se passe en ce moment, c’est que pour une personne qui sort de l’aide sociale au Québec, il y a 10 [prétendus] réfugiés qui rentrent sur le programme », illustre une source gouvernementale. « Et ça serait moins grave si le fédéral mettait moins de temps à délivrer des permis de travail. » Pression financière

Le stress occasionné par cette augmentation sur les ressources financières du programme d’aide sociale est considérable : les dépenses supplémentaires encourues par les sommes versées aux réfugiés en aide de dernier recours sont passées, pendant la même période, de 12,1 millions $ mensuellement à 30,5 millions $.

Devant cette tendance, Québec estime contribuer au-delà de ce qui lui revient et rappelle que les demandeurs d’asile sont sous la responsabilité d’Ottawa [qui a facilité leur arrivée en assouplissant l’obtention de visas pour les ressortissants de pays pauvres souvent demandeurs d’asile].

« Le Québec respecte son devoir humanitaire. Cependant, notre capacité d’accueil est atteinte et nos organismes communautaires sont débordés », a indiqué le cabinet de la ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, dans une déclaration écrite.   

« Le gouvernement canadien doit rembourser l’ensemble des dépenses encourues par le gouvernement du Québec pour l’accueil des demandeurs d’asile et s’assurer d’une répartition plus équitable de ces personnes à travers le Canada », a-t-on ajouté.

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, le Québec accueille 147 000 des 260 000 réfugiés au pays, soit 57 % du total canadien, alors même que le poids démographique du Québec dans la fédération n’est que de 22,2 %.  


Prestations d’aide sociale versées à des demandeurs d’asile


Juin 2017 : 2 616 742 $

Juin 2018 : 6 723 869 $

Juin 2019 : 7 316 975 $

Juin 2020 : 9 905 664 $

Juin 2021 : 5 474 411 $

Juin 2022 : 12 064 994 $

Juin 2023 : 30 479 406 $  


Proportion des demandeurs d’asile parmi les prestataires d’aide sociale


Juin 2017 : 1,2 %

Juin 2018 : 3,2 %

Juin 2019 : 4 %

Juin 2020 : 4,9 %

Juin 2021 : 3 %

Juin 2022 : 6,8 %

Juin 2023 : 14,6 % (40 142 réfugiés sur les 273 305 adultes ayant reçu en juin dernier une aide)

Source : Journal de Québec

Voir aussi

L’afflux des « réfugiés » à l’aéroport de Dorval (Montréal) engorge le contrôle aux frontières

Trudeau a fermé la porte de Roxham pour ouvrir grand la fenêtre des aéroports en assouplissant les règles 

Un nombre record de demandeurs d’asile passent désormais par les aéroports (Une majorité est arrivée par avion : ils ont demandé l’asile sur-le-champ à l’aéroport ou encore dans un bureau d’IRCC après un certain temps, selon la ventilation des données disponible. On compte ainsi environ 31 000 demandeurs d’asile pour les 5 premiers mois de 2023 au Québec. Si le rythme d’ajout de plus de 4000 par mois se poursuit, le niveau de 2022 sera atteint, soit un peu plus de 58 000 au total.)

Les demandeurs d’asile liés à une hausse record des assistés sociaux au Québec (Entre les mois de juin 2022 et juin 2023, le nombre de demandeurs d’asile prestataires de l’assistance sociale est passé de 17 544 à 40 142, un sommet historique. La prise en charge des demandeurs d’asile a coûté environ 35 millions de dollars en juin au Québec)

 
Canada — Un million de résidents non permanents de plus que les chiffres officiels

 

Octobre 732 — Charles Martel et le tournant décisif de Poitiers

Extrait de Contre-histoire de France Philippe Delorme sur la bataille de Poitiers, qui marque, en 732, un coup d’arrêt à l’expansion du djihad.

En 719, Es-Sameh ibn Malik el-Khawlani, émir gouverneur de l’Espagne — le Zama des chroniques chrétiennes – passe les Pyrénées. Narbonne, à l’abri de ses anciennes murailles romaines, oppose une âpre résistance. Ses défenseurs mâles sont passés au fil de l’épée, femmes et enfants sont réduits en esclavage. Selon la loi musulmane, chrétiens et juifs qui refusent de se convertir sont ravalés au rang de dhimmis — ou « protégés » — et soumis à un tribut particulier.

Pendant quatre décennies, Arbouna — Narbonne — sert de base arrière à des opérations de conquête ultérieures, en direction du nord, de la mystérieuse contrée des Francs, réputée pour ses richesses fabuleuses et que les Sarrasins surnomment la « Grande Terre ». En 721, Zama et ses troupes déferlent vers l’ouest. Ils enlèvent Béziers et Carcassonne, mais leur élan est brisé devant Toulouse, le 8 juin, par le duc Eudes, qui a rameuté les milices d’Aquitaine.

Harcelé au sud, Eudes redoute surtout son voisin du nord

Zama, quant à lui, est tombé dans l’engagement, le corps percé d’une lance. Dès 725, le nouveau wali — gouverneur — d’Hispanie, Anbaça ibn Suhaim el-Kalbi — connu sous le nom latinisé d’Ambiza —, déclenche une nouvelle campagne. Il consolide ses positions en Septimanie, met la main sur Nîmes et envoie des détachements en reconnaissance le long de la vallée du Rhône. Ils traversent la Provence et la Burgondie, mettant à sac Vienne, Lyon, Mâcon et Chalon-sur-Saône, pillant et ravageant les établissements religieux. Les plus hardis auraient même poussé une pointe jusqu’à Besançon et Luxeuil, sur les contreforts des Vosges.

Harcelé sur son flanc méridional, Eudes d’Aquitaine redoute aussi les appétits de son puissant voisin septentrional, le Franc Charles Martel, maire du palais d’Austrasie et de Neustrie. Il décide alors de s’aboucher avec un certain Othman ibn Ali Nesa — alias Munuza —, commandant les troupes musulmanes en Cerdagne et qui rêve de créer une principauté indépendante. Il semble qu’aux termes de leur alliance, conclue en 729, Eudes lui aurait accordé la main de sa propre fille — prénommée Lampégie ou Numérance.

La suite des événements reste mal connue et leur chronologie incertaine. Vers 731, Charles Martel, vainqueur des Alamans et des Souabes, aurait mené plusieurs campagnes sur la rive gauche de la Loire et occupé la ville de Bourges. La même année, Abder-Rahman ibn Abdallah el-Ghafiqi — ou Abdérame —, récemment nommé wali d’El-Andalous par le calife Hicham, mate la rébellion de Munuza. Sa tête est expédiée à Damas, en manière de trophée. Puis, au printemps de 732, il rassemble à Pampelune une puissante armée et franchit le col de Roncevaux dans l’idée de châtier le duc d’Aquitaine et de mettre le pays en coupe réglée.

Remontant l’ancienne voie romaine, les envahisseurs se dirigent vers Bordeaux. Le duc Eudes tente vainement d’arrêter Abdérame près du confluent de la Dordogne et de la Garonne. Après Bordeaux, c’est Agen, Périgueux, Saintes et Angoulême qui sont dévastés, le long d’un sillon de flammes et de sang. La basilique Saint-Hilaire, dans les faubourgs de Poitiers, est réduite en cendres. Comme la cité résiste, Abdérame abandonne le siège et se dirige vers la Loire.

Charles Martel, appelé à la rescousse par Eudes, va dès lors intervenir. La rencontre décisive aura lieu sur la route de Tours. Quelque part entre la Vienne et le Clain, ou peut-être au-delà de Châtellerault, vers Sainte-Maure-de-Touraine.

Encore une fois, le détail des opérations nous échappe. On lira dans une chronique du pseudo-Frédégaire, qui se veut l’historien de l’époque, cette phrase : « Le prince Charles se disposa vaillamment à les combattre, accourut pour les attaquer, renversa leurs tentes par le secours du Christ, se précipita au milieu du carnage, tua leur roi Abdérame, et détruisit complètement l’armée de ses ennemis. »

Finalement, les infidèles battent précipitamment en retraite.

Les historiens s’interrogent sur la date exacte de cet affrontement au retentissement symbolique. Un jour d’octobre, en 732 selon la tradition, ou plutôt en 733. Charles y gagne son surnom de « Martel » car, rapporteront les Grandes Chroniques de Saint-Denis, au XIIIe siècle : « Comme le marteau débrise et froisse le fer, l’acier, et tous les autres métaux, aussi froissait-il et brisait par la bataille tous ses ennemis et toutes nations étrangères. » Les années suivantes, il imposera son protectorat à l’Aquitaine et soumettra la Burgondie, plaçant ses leudes, ses fidèles, les plus dévoués aux postes clés.

La bataille de Poitiers — que les Anglo-Saxons désignent « bataille de Tours » — apparaît de nos jours comme un enjeu mémoriel clivant, objet de prises de position idéologiques, d’un antagonisme aussi marqué qu’excessif. Dès le XIXe siècle, Chateaubriand affirme que, « sans la vaillance de Charles Martel, nous porterions aujourd’hui le turban ». Dans la Gaule poétique, parue en 1813, Marchangy renchérit : « Sans [cette victoire], la France eût infailliblement perdu son nom, sa religion, ses lois et ses mœurs. Toutes ses cités seraient peut-être maintenant remplies de mosquées, de sérails, de bazars et de minarets. »

Au contraire, Anatole France soutiendra qu’« en arrêtant les Arabes à Poitiers, c’est la civilisation qui fut arrêtée ». Récupérée par la IIIe République dans la perspective de l’expansion coloniale, la figure de Charles Martel sera vouée ensuite aux gémonies par Hitler qui aurait souhaité que « le mahométisme triomphât », afin de contrer « l’influence judaïque et son produit, le christianisme ».

Depuis quelques décennies, on assiste à une nouvelle relecture de Poitiers sous le prisme du « choc des civilisations ». Dans son livre paru il y a vingt-sept ans, l’Américain Samuel Huntington fait de cette bataille de Poitiers l’un des épisodes capitaux du conflit millénaire qui opposerait un « bloc occidental » à un « bloc musulman », résolument irréconciliables.

En face, le blogue islamiste Assalafiyyah explique que « les musulmans étaient implantés dans certaines régions de la France actuelle bien avant les Francs et donc bien avant la France ».

Redoutant d’être taxés d’islamophobie, d’aucuns tendront à minimiser l’impact historique de l’événement, d’en faire une « simple razzia », à l’instar du site Mediapart qui, en 2014, caricature Charles Martel en « putschiste ambitieux venu envahir l’Aquitaine », et soutient que « l’idée d’une invasion arabo-musulmane destinée à conquérir le territoire français ne correspond à aucune vérité historique ».

Poitiers devient la « bataille du Pavé des martyrs »

Il n’en reste pas moins que le djihad, la guerre sainte en vue de propager la foi du Prophète, a constitué le moteur de l’élan formidable qui a conduit les Arabes à quitter leurs déserts pour aller faire boire leurs chevaux jusque dans les eaux de l’Indus et du Guadalquivir. L’hagiographie musulmane parle d’ailleurs de Poitiers comme de la « bataille du Pavé des martyrs », un lieu saint où l’on peut entendre les anges du ciel inviter les croyants à la prière. De même, depuis le baptême de Clovis, une ferveur chrétienne toute particulière animait les Francs, même s’ils n’entrevoyaient chez les « ismaéliens » qu’une forme nouvelle d’hérésie.

Abdérame et ses compagnons — dont beaucoup étaient berbères et mal convertis — n’avaient qu’une idée assez vague de la « Grande Terre » qui s’étendait au nord des Pyrénées. Sans doute n’y voyaient-ils a priori qu’un champ de rapines à exploiter. Mais une victoire à Poitiers leur aurait permis de s’installer durablement dans la région, de la coloniser et, à terme, de l’intégrer au Dar el-Islam.

Il apparaît ainsi que le mouvement parti de La Mecque un siècle auparavant avait alors atteint sa plus haute crue, comme le flux aux marées d’équinoxe.

Contre-Histoire de France
Ni romance, ni repentance —La vérité sur notre passé
par Philippe Delorme,
aux éditions Ring,
paru le (27 octobre 2022,
à Paris,
496 pages
ISBN-10 : 2 379 340 250
ISBN-13 : 978-2379340253

mercredi 11 octobre 2023

La chute des naissances se confirme en France

Le France aura eu en 2022 le nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. Et ça continue. Un triste palmarès tenu par l’Insee qui mérite d’être examiné de près. Car nous vivons ainsi, et depuis bientôt dix ans, le troisième plongeon de la natalité française depuis la fin du babyboom d’après-guerre : celui-ci aura duré trente ans, jusqu’en 1975. C’est à partir de cette année-là que l’on voit s’effondrer le nombre des naissances qui se situait autour de 850 000 par an ; en 1976, il tombe à 720 000. il y aura certes un redressement ensuite jusqu’à 805 483 en 1981. Mais on ne fera pas mieux.

Que s’est-il passé ? Le retournement qui a suivi le baby-boom a accompagné un événement majeur : la légalisation de l’avortement par la loi Veil du 17 janvier 1975. Nous allions perdre près de 80 000 naissances en deux ans. Valéry Giscard d’Estaing, à qui une partie de l’opinion de droite tint rancune de cette loi, demandera à sa ministre déléguée à la Famille, Monique Pelletier, de présenter, au printemps 1980, un vaste plan d’aide au troisième enfant. Mais ce sera trop tard. Élus en mai et juin 1981, François Mitterrand et sa majorité contestent cette politique et réduisent ce plan d’aide de moitié. Le nombre des naissances baisse à nouveau jusqu’à la récession de 1993.
 

Le retour de la [censément] droite aux affaires, avec Édouard Balladur à la fin de la présidence Mitterrand, puis avec l’élection de Jacques Chirac, redresse la natalité. Cela se poursuit quand Lionel Jospin devient premier ministre en 1997, puis sous le quinquennat de Chirac et celui de Nicolas Sarkozy.

Mais dès son élection, en 2012, François Hollande met fin à la politique familiale qui avait rebâti les bonnes années de notre natalité vis-à-vis de l’Europe ; la baisse reprend et s’aggrave, avec une seule et brève interruption durant l’épidémie de Covid ; elle nous entraîne à un niveau désormais inférieur à 700 000 naissances en France métropolitaine. Une crise quasi générale. « Dans l’ensemble de l’Union européenne, nous dit l’insee, les naissances n’augmentent qu’au Portugal. » 
 
Mais une crise peut en cacher une autre. il y a quarante ans, sur 800 000 naissances, on comptait quelque 100 000 nouveau-nés issus de l’immigration. Cette proportion n’a pas cessé de s’accroître. En 2001, 620 000 bébés avaient deux parents français ; vingt ans après, ils n’étaient plus que 509 000 ; en 2001, 182 000 nouveau-nés avaient au moins un parent étranger ; vingt ans plus tard, ils étaient 233 000… si l’on ajoute que sur les 700 000 naissances actuelles, 65 % ont lieu hors mariage, le tableau s’avère complet.

mardi 10 octobre 2023

Les personnes transgenres plus affectées par les maladies cardiovasculaires

Si « les preuves d’une augmentation ou d’une diminution des taux de diabète chez les hommes et les femmes transgenres restent floues »[1], celles que les personnes transgenres sont confrontées à des taux plus élevés de maladies cardiovasculaires « ne cessent de s’accumuler ». Le Dr Dorte Glintborg, du département d’endocrinologie de l’hôpital universitaire d’Odense, au Danemark, a présenté ses derniers travaux sur le sujet lors de la réunion annuelle de l’Association européenne pour l’étude du diabète qui s’est tenue à Hambourg, du 2 au 6 octobre.

Un surrisque constaté chez les hommes et les femmes transgenres

Dans une étude publiée dans The European Journal of Endocrinology, le Dr Glintborg a analysé avec ses collègues les dossiers médicaux de 2671 personnes transgenres au Danemark [2]. L’âge médian de la cohorte était de 22 ans pour les hommes transgenres (les femmes qui se disent homme), de 26 ans pour les femmes transgenres (les hommes qui se disent femmes). Une population par définition présentant des taux faibles de maladies cardiovasculaires, étant donnée son jeune âge.

Les chercheurs ont constaté un risque de maladies cardiovasculaires « significativement plus élevé chez les hommes et les femmes transgenres que chez les hommes et les femmes témoins ». En effet, les hommes transgenres présentaient un risque 2,2 fois plus élevé que les hommes témoins et un risque accru de 63 % par rapport aux femmes témoins. Les femmes transgenres de leur côté présentaient un risque accru de 93 % par rapport aux hommes témoins, et un risque accru de 73 % par rapport aux femmes témoins.

Des résultats à approfondir

Selon les chercheurs, « environ un tiers du risque accru de maladies cardiovasculaires » pourrait être attribué au traitement hormonal suivi par les hommes transgenres. En revanche, ils ne sont pas parvenus à expliquer le surrisque observé chez les femmes transgenres par l’hormonothérapie. Ils soulignent ne pas avoir été en mesure d’étudier l’influence de l’indice de masse corporelle (IMC), des antécédents familiaux, du « stress de minorité » et des facteurs liés au mode de vie (alimentation, tabagisme, exercice physique), sur les résultats de l’étude.

« De nombreux traitements médicamenteux différents sont utilisés tout au long du parcours de transition des hommes et des femmes transgenres », rappelle le Dr Glintborg qui souhaiterait étudier « le plus grand nombre possible de combinaisons pour déterminer leurs effets sur la santé des personnes transgenres ».

 

[1] Certaines études ont révélé un risque plus élevé de diabète de type 2 chez les femmes transgenres. En effet, « les traitements hormonaux tels que les œstrogènes augmentent la masse grasse et diminuent la masse maigre, et l’augmentation des œstrogènes est généralement associée à un risque accru de maladie auto-immune et d’inflammation ». Toutefois « ces résultats n’ont pas pu être confirmés par d’autres études ».

[2] 1270 hommes transgenres et 1401 femmes transgenres

                                                                 Source : News medical, Megan Craig 6/X/2023 – Via Généthique